Les Aigles saison 11

MEURTRE PAR TÉLÉPHONE
(DIAL A DEADLY NUMBER)

Steed plays Bulls and Bears - Emma has no option

Tournage : 11 au 22 janvier 1965

Diffusion : ITV, 4 décembre 1965 – 2e chaîne ORTF, 4 avril 1967

Scénario : Roger Marshall

Réalisation : Don Leaver

Clifford Evans (Henry Boardman), Jan Holden (Ruth Boardman), Anthony Newlands (Ben Jago), John Carson (Fitch), Peter Bowles (John Harvey), Gerald Sim (Frederick Yuill), Michael Trubshawe (The General), Norman Chappell (Macombie), John Bailey (Warner), Edward Cast (Waiter).

Résumé

Todhunter est le sixième homme d'affaires de la City à décéder apparemment d'une crise cardiaque. Ils avaient tous le même banquier, Henry Boardman, qui est rapidement suspecté par les Avengers d'éliminer ses rivaux afin d'enregistrer des plus-values boursières. Steed rend visite à Boardman en se faisant passer pour un millionnaire désirant investir, tandis que Mrs Peel enquête chez le manufacturier d'un système de récepteur radio. Steed poursuit ses investigations dans le milieu de la finance et échappe à un guet-apens après un dîner chez les Boardman. Mrs Peel est démasquée par Fitch, l'homme de main, et doit son salut à la rapidité d'esprit de Steed. Les Avengers découvrent alors que les récepteurs en forme de stylo sont équipés d'une aiguille provoquant la mort sous l'apparence d'un arrêt cardiaque. Henry Boardman a été trompé par sa femme et John Harvey, son associé, et après un duel final dans la cave à vins, les Avengers mettent fin aux agissements criminels des boursicoteurs.

Épilogue

Steed et Mrs Peel goûtent une bouteille de Bordeaux de la réserve dans un taxi londonien. Steed est étonné des dons de Mrs Peel : "Nose or palate ?", "Eyes... I read the label". Ils trinquent en français "À votre santé", "À la vôtre".


CRITIQUES

4-02-02

 


Denis Chauvet 24 mars 2004

Cet épisode a pour thèmes la finance et le vin et il se laisse déguster, même si je ne le classe pas parmi les dix meilleurs de la série comme le font la plupart des sites anglo-saxons. Roger Marshall démontre qu'il est bien un des meilleurs scénaristes de la série et qu'il possède, de surcroît, une bonne connaissance du monde de la finance. Ce milieu financier, assez rébarbatif a priori, est en effet dépeint avec un certain humour et même si l'intrigue est parfois un peu confuse, Meurtre par téléphone a les caractéristiques d'un bon Avengers.

L'humour de certaines scènes et répliques fait passer quarante-neuf minutes agréablement ! Il faut néanmoins supporter les rituels du milieu ("sherry and biscuits") et la définition d'une put option par le courtier Frederick Yuill ! Ne comptez pas sur moi pour vous expliquer ce que c'est ! Les nombreuses situations cocasses prennent heureusement le dessus : Mrs Peel évoque le mauvais état de la montre de Steed léguée par son oncle : "German bullet ?", "Canadian mule" ; Steed écoute les recommandations du serveur : "Splendid, at least one of us will enjoy it !" et est en grande forme avec la gent féminine : d'abord, avec Suzanne, la secrétaire de Yuill ("round figures" étant à double sens) puis avec Ruth Boardman ("not tactful, optimistic ! The hope that history may repeat itself"). La meilleure scène de l'épisode n'a pas d'influence sur l'intrigue mais fait partie des best of : la dégustation des vins, le duel entre Steed et Henry Boardman, recèle plus de tension qu'un duel au pistolet ! "From the Northern end of the vineyard !" et le banquier en fait tomber son monocle ! Pour la deuxième fois (voir Dans sept jours le déluge), Steed démontre des connaissances sur le vin. Que penser enfin de la réplique de John Harvey : "We still judge a man by the colour of his socks"! Il faudra y penser en s'habillant le matin !

Deux scènes notables entre Avengers. Steed met en difficulté Emma par ses remarques sur la Barbade et nous apprenons que Mrs Peel a abandonné ses études de médecine lorsque Steed l'a contactée : une transition avec Cathy Gale aurait pu faire l'objet d'un épisode. Sans oublier l'élégante Mrs Peel crachant une gorgée de Pouilly Blanc fumé !

Dial a deadly number bénéficie de très beaux seconds rôles : Clifford Evans est un banquier dupé très réaliste, la ravissante Jan Holden ne recule devant rien pour arriver à ses fins ("cold as ice" comme la décrit Mrs Peel). A-t-on pensé à elle pour succéder à Diana Rigg ? John Carson personnifie à merveille l'ignoble tueur fétichiste Fitch. Rarement un personnage aura été aussi antipathique dans toute la série : sa façon d'arrêter ses horloges à chaque meurtre et de "tripoter" Mrs Peel fait froid dans le dos ! ("It would be bestial to perforate that skin"). Anthony Newlands est Ben Jago, le financier cynique à souhait. Quant à Peter Bowles, il sera plus à l'aise dans Remontons le temps.

La réalisation de Don Leaver présente certains faits notables et originaux : la partie mécanique des vieux téléphones, les images rapprochées sur le poisson ("It was quite a killing"), la scène du guet-apens dans le garage avec la caméra sur la mobylette, les plans à l'annonce des résultats de la bourse (moustache lissée, bouche entrouverte).

L'épisode n'a pas de prise en extérieur (à part les vues de la circulation londonienne dans l'épilogue) et la musique est composée de thèmes déjà entendus. Par exemple, la musique utilisée lors de l'arrivée de Steed chez les Boardman est celle employée pour les rendez-vous galants de Cœur à cœur.

Steed a un revolver et il s'en sert, chose assez rare pour être soulignée ! On apprend également qu'il garde son thé dans le pot "pearl barley" (orge perlé) ! La bagarre finale est assez conventionnelle si ce n'est par l'utilisation que Steed fait d'un bouchon de liège !

Les "bleepers" montrent de nouveau que la série était en avance sur son époque après l'automatisation dans Les cybernautes. L'intrigue a néanmoins des trous : comment Steed est-il démasqué si tôt ? Comment se fait-il que Mrs Peel soit immédiatement sur les lieux dans le parking ? D'où provient le petit film de Fitch ? Comment Steed fait-il pour glisser un "bleeper" dans toutes les vestes des suspects ? Le film (version kiosque) est à de nombreux moments de mauvaise qualité (lorsque Steed prend congé des Boardman par exemple).

EN BREF : En définitive, Dial a Deadly Number est un épisode intéressant pour ses dialogues, ses seconds rôles et sa réalisation, un peu moins si les activités bancaires sont un mystère "complex and definitively not for the amateur".


Steed3003
23 février 2005

Voilà une nouvelle énigme pour nos Avengers : comment un épisode au demeurant aussi moyen a-t-il obtenu tant de chapeaux des deux côtés de l'Atlantique ? Le site The Avengers forever et notre Denis national, bien connu pour sa main légère pour les épisodes de la 4e saison, lui en ont tous deux adressé quatre.

Est-ce le scénario de Roger Marshall ? Sûrement pas ! Roger Marshall avait déjà écrit pour les saisons précédentes. Il nous montre que la série se cherche encore. On pourrait même croire que l'intrigue, désespérément classique et sans extérieurs, a été écrite pour l'ère Mrs Gale. Pourtant, quelle idée ingénieuse et moderne de faire mourir ainsi les gens à distance, tout en faisant croire à un arrêt cardiaque : le crime parfait ! Mais, cette idée est mal exploitée… Tout d'abord, avoir placé l'intrigue dans l'ennuyeux milieu de la finance rappelle trop les facilités des saisons précédentes : répéter à chaque fois quasiment la même histoire tout en la plaçant dans un milieu différent pour donner l'illusion d'une histoire différente. Et c'est bien ce qui se passe ici. Tout donne l'impression d'avoir été vu et revu : encore une fois ce sont les patrons qui sont les victimes (à croire parfois que la CGT a participé à l'écriture de la série), ficelle connue – Steed approche le banquier en client pour lui faire parler du meurtre d'un de leurs soi-disant amis communs… Bref, c'est le moule habituel des Avengers et c'est déjà lassant. L'ambiance générale est beaucoup trop sérieuse et les longueurs s'enchaînent. Le fait de voir Steed porter un revolver ou les plans d'un Londres grouillant nous confirme que la série n'a pas encore trouvé son nouveau style et qu'elle se terre dans ces intrigues conventionnelles, qui l'assimilent à une série d'espionnage standard comme Le Saint. Ce n'est définitivement pas le Chapeau Melon que nous connaissons et apprécions, quoiqu'en disent certains ! C'est d'ailleurs la scène, annonciatrice de ce que deviendra la série, s'éloignant le plus de cette intrigue ordinaire, qui est la plus réussie : je veux parler bien sûr de l'épique duel lors de la dégustation des vins, premier signe de l' absurde distingué auquel la série aimera souvent avoir recours par la suite ! Néanmoins, une qualité du script attire notre attention : le soin apporté aux dialogues, un des points forts de cette saison. En effet, ces derniers sont étonnants d'humour et d'esprit, surtout ceux entre nos deux partenaires. Quant à Steed et Mrs Peel, même si cette dernière nous fait toujours énormément penser à Mrs Gale (voir Les aigles), leur duo devient plus complice et il fait quasiment tout l'intérêt de cet épisode. En bref, voilà un scénario qui nous rappelle trop l'ambiance réaliste des saisons précédentes. Un scénario auquel, de plus, il est difficile d'accrocher tant l'intrigue est poussive.

Don Leaver a lui aussi travaillé pour les saisons précédentes. Il a, entre autres chose, réalisé le pilote de la série : Neige brûlante. Les trois premières saisons furent tournées en vidéo. Don Leaver n'est visiblement pas très à l'aise avec le support film. En effet, il reste lui aussi trop conventionnel dans sa manière de filmer. Parfois, on croirait même assister à du théâtre filmé (ce qu'étaient presque les saisons précédentes, le tournage en vidéo ne permettant qu'un montage minimum), tant les angles choisis sont toujours les mêmes ; d'autant plus que l'action de l'épisode ne se déroule quasiment qu'en studio. De plus, quand il essaye d'innover, c'est franchement raté. Par exemple, la caméra qui tourne éperdument lors de l'agression de Steed. Ou parfois sans intérêt, comme avoir placé le dîner chez les Boardman dans une obscurité totale. Quant au seul combat de l'épisode, il est encore une fois gâché par la doublure de Macnee mille fois trop visible. Les acteurs sont, eux, impeccables. Si Diana Rigg a toujours du mal à trouver ses repères avec un personnage qui, il est vrai, ne se démarque toujours pas clairement de Mrs Gale, elle sert les superbes répliques de Marshall avec panache. Quant à Macnee, il dynamise à lui seul un épisode par ailleurs morose par son jeu énergique et plein d'humour. Ne manquez pas la scène où il reconnaît un vin grâce à sa couleur, il y est tout simplement génial, digne, dans une certaine mesure, du talentueux Louis de Funès dans L'Aile ou la Cuisse. Les seconds rôles sont, eux aussi, tous parfaitement dirigés. En bref, dynamisme, punch et rythme ne sont pas les mots par lesquels on pourrait décrire la réalisation de Don Leaver. Il sera nettement plus inspiré par la suite, avec un scénario d'une toute autre qualité, pour L'héritage diabolique.

Cet épisode permet à Mrs Peel de nous faire part de ses connaissances approfondies en économie ; contrairement à Steed, visiblement plus porté sur les courbes d'une jeune analyste financière que sur celles du Dow Jones. Ce dernier a aussi l'air féru d'œnologie, comme sa partenaire (mais existe-t-il un seul domaine auquel elle serait étrangère ?), tant il reconnaît avec aisance l'origine d'un vin. On apprend aussi dans cet épisode que Mrs Peel suit des études de médecine ; cette piste narrative ne sera pas explorée par la suite. Ne manquez pas la scène où Steed assomme son adversaire avec... un bouchon de champagne bien sûr ! Indescriptiblement Steedesque. Nous avons droit dans le tag final, dans un français gentiment phonétique, à : "À votre santé" (Steed), "À la vôtre" (Mrs Peel).

Beaucoup de décors dans cet épisode qui se déroule uniquement en studio. Le bureau de Fitch (et ses nombreuses horloges) se démarque, mais le reste est plutôt convenu et sans imagination.

Mrs Peel fait très star hollywoodienne dans cet épisode : son manteau de fourrure, sa veste et sa jupe blanche… Elle évoluera vers un style plus moderne pour mieux trancher avec Steed par la suite ; mais comme le montre cet Emmapeeler en cuir (qui rappelle une nouvelle fois… Mrs Gale !), il y a du chemin à parcourir ! Steed est lui définitivement mis en place : chapeau melon, costume et parapluie. La panoplie du parfait gentleman que Macnee porte déjà admirablement bien.

La musique est très discrète dans cet épisode, n'appuyant que les moments forts comme les saisons précédentes, encore et toujours ! On retiendra néanmoins deux remix réussis du thème principal.

EN BREF : Un épisode d'une banalité affligeante, sauvé par d'excellents dialogues et quelques bons moments. La série a toujours du mal à se démarquer des saisons précédentes.

 

Estuaire4427 avril 2013

De prime abord, l’épisode captive par son intersection entre deux époques majeures des Avengers. S’y entrecoupent simultanément divers aspects relevant de l’ère Cathy Gale, tandis que celle d’Emma Peel commence à émerger. Après les lumineux extérieurs de The Master Minds, l’on retrouve ainsi un opus intégralement tourné en décors, soit un assez magistral retour à cette technique caractéristique des saisons antérieures. D’où une diminution du champ et parfois une certaine impression d’étouffement. Cela s’avère particulièrement dommageable pour certaines scènes, notamment celle de l’agression à moto, à l’effet considérablement amoindri.

Toutefois cette régression ne s’avère que partielle, la nouvelle période conservant bel et bien l’atout du film, avec un superbe Noir et Blanc et une mise en scène davantage fluide. L’habile Don Leaver en profite d’ailleurs pour insérer quelques jolis effets, comme ces gros plans successifs sur un prédateur aquatique ou une bouche humaine figée dans l’attente des résultats du Stock Exchange, frappantes allégories de l’avidité sans freins,  la mécanique implacable du téléphone mortel, ou les grands yeux inquiets d’Emma reflétés dans le grand verre de Steed. On note également un insert fort charmant et excellemment  chois de la circulation londonienne. En fait on arrive à une situation intermédiaire, finalement assez proche de ce que l’on peut apercevoir à l’époque dans Le Saint, la splendeur des décors en moins, car bien davantage ternes et convenus ici. La différence de budget semble perdurer.

Ce positionnement particulier de Dial a Deadly Number se retrouve également dans l’écriture des personnages, l’aspect le plus dommageable résidant dans le néfaste retour du révolver employé par Steed. Pour le coup, c’est jusqu’à la saison deux que l’on s’élance gaillardement, le Grand Bond en Arrière, en quelque sorte. Emma Peel conserve encore quelques accents évoquant Cathy Gale, d’autant qu’elle manifeste un très léger agacement supplémentaire que lors de The Master Minds, notamment lors de l’échange concernant la Barbade. On se situe néanmoins loin des tempêtes de naguère, tout juste distingue-t-on un doux zéphyr. La passerelle établie avec la saison deux se retrouve chez le redoutable Fitch, tant les similitudes avec Teddy Bear sautent aux yeux.

Même goût pour d’infernaux mécanismes électroniques, même passé durant la guerre, même trouble suspect à l’idée de tuer pour le première fois une femme et confrontation directe avec l’associée de Steed. La différence réside cependant dans le caractère sexuel nettement plus explicite de la présente rencontre (voire étonnamment sadomasochiste) et effectivement Mrs Peel jouera plus ouvertement cette carte que Mrs Gale. D’ailleurs, si elle revêt, à son tour, le cuir, sa combinaison souligne déjà plus harmonieusement ses formes. La formidable prestation de John Carson, l’un des grands atouts de l’opus, rejoint également la période précédente, puisqu’il y brilla par deux fois. Il continue par ailleurs ses prestations toujours aussi variées dans Le Saint.

A côté de ce si intéressant aspect de pont jeté entre deux ères de la série, Dial a Deadly Number souffre néanmoins d’un trop grand nombre de personnages et d’un exposé longtemps confus de son argument principal. Cela conduit à un émiettement d’un récit, privé dès ors d’une véritable intensité dramatique. Par ailleurs on découvre déjà l’un des marronniers des Avengers avec cette succession de meurtres se déroulant au fil de l’épisode, un procédé scénaristique finalement bien moins présent durant les années Cathy Gale qu’a posteriori. De plus quelques imprécisions fort gênantes perdurent. On ne sait jamais vraiment comment ni quand les comploteurs découvrent le pot aux roses, ce qui les amène à se méfier de nos Avengers, ni pourquoi au juste ils assassinent leur propre courtier, pour aboutir au final à une conclusion très accélérée. Et pourtant cet épisode se déguste comme un verre de bon vin !

Le mérite en revient à ses dialogues, le plus souvent brillants et incisifs. On y retrouve la griffe de Roger Marshall, qui sait profiter de chacune des nombreuses confrontations orales (entre Avengers ou avec leurs antagonistes) pour placer de véritables mots d’esprit, relevant de sarcasmes à froid très britanniques. Patrick Macnee excelle particulièrement à ce jeu, que cela soit lors d’un des fameux numéros de Steed lors de ses identités d’emprunt ou durant le duel de dégustation, le véritable clou du spectacle de l’épisode. Outre Fitch, l’écriture des personnages se secondaires se révèle également magistrale, à l’image d’une parfaite distribution. Peter Bowles se montre aussi grandiose en adversaire classieux et vipérin que lors de Seconde Vue en attendant sa grande œuvre d’Escape in Time. La diaphane et magnifique Jan Holden compose un portait sensible et dramatique d’une femme perdue parmi les impitoyables fauves de la finance, tous savoureusement croqués.

Et c’est d’ailleurs dans ce portrait de l’émergence de la City contemporaine au sein des années 60, technologique et déshumanisée, que le récit trouve un précieux second souffle. Le panorama impressionne par le sérieux de son étude et son actualité prophétique. En effet les modernes options à terme d’achats et de vente judicieusement (les Put et les Call) constituent les éléments de base de l’ingénierie financière moderne. C’est leur emploi, complexifié et démultiplié par le progrès informatique, qui joue un rôle majeur dans la spéculation actuelle contre l’Euro au sein de la crise des dettes souveraines, une action contre toute régulation semble pour l’heure  impuissante. Le monstre naît littéralement sous nous yeux, emportant  la banque traditionnelle encore incarnée par Boardman.

En visionnant l’opus, on ressent le même vertige qu’en lisant L’Argent, le chef d’œuvre des Rougon-Macquart, en découvrant l’éternel appétit de lucre s’accroître comme un brasier grâce aux techniques nouvelles, financières et scientifiques, du Second Empire jusqu’à nos temps troublés. Le beeper, ancêtre des merveilles contemporaines de connectique, symbolise parfaitement ce facteur scientifique. Dial a Deadly Number ajoute ainsi un ultime écho avec les années Cathy Gale, établit un passionnant diptyque avec Le Point de Mire, où les effets de ce mouvement s’observent du point de vue d’une entreprise, avant d’aborder ici le cœur financier du système.

Après une scène de combat séduisant plus par sa vitalité et son humour échevelé que par ses qualités martiales, le tag de fin se montre irrésistible par sa malice, sa tonalité française, son épicurisme et la complicité des deux héros. Un antidote parfait à cette éprouvante expédition au sein de la City !

EN BREF : Malgré un récit quelque peu confus, séduit par ses dialogues et sa galerie de portraits, mais aussi par un Steed impérial. La description de la City moderne se montre aussi affutée que toujours d’actualité !


VIDÉO


Le duel dans la cave à vins !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
 
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Tournage

o Cet épisode n'a pas de scène en extérieur. Il a été tourné en studio à l'instar des saisons Cathy Gale.


Continuité

o Pendant que Mrs Peel examine le corps de Frederick Yuill, ce dernier avale sa salive !

o Lorsque Steed rencontre Jago pour la première fois, il lui dit qu'ils ont tous les deux le même courtier : "Brian Yuill" (au lieu de Frederick Yuill).

o Lors de la dégustation de vin, Steed teste un Latour 59 et crache la gorgée sur sa veste !


Détails

o "Too large for the pocket, the answer service BLEEP solves the problem" peut on lire sur l'écriteau du manufacturier Warner. "Keeping in Touch" est le titre de la brochure.

o Dans la scène du parking, il est écrit "danger" sur le sol. Un des motards traverse une caisse en bois où il est écrit : "handle with care – London".

o Steed regarde son agenda chez les Boardman et évoque 'Ladysmith's relief'. C'est un épisode célèbre de la guerre des Boers en 1900.

o Dans le tag, le taxi est suivi par un bus de la ligne 3 : il relie Crystal Palace à Oxford Circus en passant par les lieux prestigieux de Piccadilly Circus, Trafalgar Square et Westminster.

o La façade de la Banque d’Angleterre à la fenêtre de Yuill est un fake flagrant.

o En V.O., lorsque Steed s’étonne qu’il n’y ait pas de glaçon dans son verre, le serveur lui explique que c’est une règle de la maison. Un jour, un courtier de Wall Street a demandé un ‘bourbon on the rocks’ et deux courtiers en entendant ça sont tombés raide. Une différence entre l’anglais et l’américain : ‘on the rocks’ signifiant dans le langage de la City faire banqueroute !

Boardman possède un Canaletto. Ce peintre vénitien du XVIIIème siècle fut une grande figure du mouvement vétudiste. Le vétudisme consiste à élaborer de vastes et détaillés panoramas urbains, en opposition aux paysages naturels traditionnels. Canaletto est célèbre pour ses plus de 900 peintures consacrées à Venise. Ses œuvres connurent en effet un succès particulier en Grande Bretagne, où elles furent introduites par son ami et admirateur, Joseph Smith, consul britannique dans la Cité des Doges. Par la suite Canaletto résida plusieurs années à Londres, pour asseoir son succès. Smith vendit ses 35 toiles de l’artiste au roi George III, ce qui jeta la base de la Royal Collection du Château de Windsor. En 2007, l’un des Canaletto les plus célèbres, Le Grand Canal, fut adjugé pour sept millions de Livres.

Son patron déclare que Fitch peut concevoir un engin en moins de temps qu’il ne faut pour prononcer Marconi. L’Italien Guglielmo Marconi (1874-1937), Prix Nobel de physique en 1909, reste célèbre pour ses grandes avancées concernant la télégraphie sans fil : communications en morses puis radios et radio téléphonie. Homme d’affaire, il contribua également à la diffusion de la radio, dont il bâtit la première usine de production en Angleterre. Il appartient au consortium fondant la BBC en 1922. 

Acteurs – Actrices

o Avez-vous reconnu John Carson (1927) qui est Freddy dans l'épisode Le baiser de Midas des New Avengers ? Il a également tourné dans deux épisodes de la période Cathy Gale (Le clan des grenouilles et Seconde vue), ainsi que dans trois de la série Poirot.

o Michael Trubshawe (1905-1985) était un ami de David Niven ; ce dernier l'évoque dans sa biographie The Moon's a balloon.

o Peter Bowles (1936) a tourné dans trois autres épisodes de la série : Seconde vue (saison trois), Remontons le temps (saison cinq) et Les évadés du monastère (saison six). Il a tourné dans de nombreuses séries ITC des années 60 même si "elles rapportaient plus d'amusement que d'argent" : Le Saint, Destination Danger, Département S, Amicalement Vôtre, Cosmos 1999. Il est l'infâme A dans l'épisode A, B et C du Prisonnier. Très peu de films à son actif mais des sitcoms au début des années 80. Il s'est tourné vers le théâtre ces dernières années. Il participe régulièrement à des interviews et reportages sur la série.

o Clifford Evans (1912-1985) était un acteur, écrivain et metteur en scène gallois. Il a tourné dans deux autres épisodes de la série : La porte de la mort (saison cinq) et George et Fred (saison six). Il fut un des nombreux numéros deux dans la série Le Prisonnier et participa également aux séries Les Champions et Le Saint. Il était également grand amateur d'échecs.

o Jan Holden (1931-2005) a joué un autre épisode des Avengers : Les Fossoyeurs de la troisième saison. Elle a souvent joué le rôle de femmes élégantes dans des comédies et a également tourné dans des séries des années 50 et 60 dont Le Saint et Les Champions. Comédienne de théâtre réputée, elle connaît également de nombreux succès au West End. De 1952 à 1973, elle fut l’épouse d’Edwin Richfield, acteur apparaissant dans six épisodes de la série.

À noter que…

o Pour l'édition Optimum sortie en 2010 au Royaume-Uni, un commentaire audio de cet épisode a été fait avec Roger Marshall, avec la participation de Jaz Wiseman.

o Les Beatles ont probablement vu cet épisode à Newcastle City Hall en décembre 1965, comme l'écrit Philip Norman dans son livre Shout. (source : The Avengers dossier)

o Cet épisode est 3e dans le Top 5 des meilleurs épisodes de la saison 4 du livre The Avengers dossier.

o Meurtre par téléphone marque l'apparition de la série sur les écrans français : le mardi 4 avril 1967 sur la seconde chaîne de l'ORTF.

o Roger Marshall ne savait pas qui serait Mrs Peel lorsqu’il a commencé à écrire le scénario de Dial a Deadly Number. Il se souvient d’avoir été sur le tournage de The Town of No Return dans le Norfolk avec Brian Clemens et il vit Elisabeth Shepherd dans le rôle. Un après-midi, ils ont trouvé l’aérodrome qui servira de tournage à l’épisode The Hour That Never Was (commentaire de Roger Marshall, édition britannique).

o Dans le final, Marshall précise que l’idée de lire l’étiquette de la bouteille est de lui et il est triste lors du générique de voir tous ces noms d'acteurs si chers aujourd'hui disparus (commentaire de Roger Marshall, édition britannique).

o Le son est légèrement plus bas au début de la scène de la cave lorsque Steed s’entretient avec le général (Blu-ray britannique).

o Pour une critique détaillée du DVD de cet épisode (son, image...), c'est sur le site Kino Digital.

Comparaison éditions DVD Studio Canal / Optimum (par Denis Chauvet):

Pas de coupe sur l’édition française. Par contre, l’image était abimée tout au long de l’épisode avec des passages plus ou moins touchés. L’édition Optimum présente une édition superbement restaurée…mais pas parfaite.

Prenons trois passages restaurés au hasard : lorsque Henry Boardman remet la carte de Yuill à Steed, la zébrure a disparu ; lorsque Steed prend congé des Boardman, l’image est parfaite (c’était le passage le plus abimé, ce que je soulignais dans ma critique de 2004) ; Les Avengers  découvrent le corps de Yuill et au moment où Mrs Peel déclare : ’A true gentleman doesn’t know about a lady’s promiscuity’, l’image était endommagée de son coté, ce n’est plus le cas.

Par contre, l’édition Optimum présente toujours des imperfections lorsque Ruth Boardman explique à ses convives l’avantage de cet appartement pour son mari, regardez le bras de Mrs Peel. Ce détail subsiste sur le Blu-ray. D’ailleurs, à cette occasion, on remarque que l’image permet d’avoir un angle plus large sur l’édition Optimum (sur l’édition Canal, le bras est ‘coupé’). Evidement, la définition et le rendu noir et blanc sont superbes sur Optimum et seulement convenables sur Studio Canal.

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé Magazine

Télé 7 Jours

Fiche de Meurtre par téléphone des sites étrangers :

En anglais
http://theavengers.tv/forever/peel1-10.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmabw/410.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS1-10-DeadlyNumber.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/%7Epvandew1/avengers/peel11.htm
En italien
http://www.intrigo.net/Avengers/10bn.htm
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_dial.htm

 

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