Les Aigles4-23-03 saison 11

L'HÉRITAGE DIABOLIQUE
(THE HOUSE THAT JACK BUILT)

Steed takes a wrong turn – Emma holds the key to all

Tournage : 9 au 18 janvier 1966

Diffusion : ITV, 5 mars 1966 – FR3, 6 juillet 1991 en VOST

Scénario : Brian Clemens

Réalisation : Don Leaver

Michael Goodliffe (Professor Keller), Griffith Davies (Burton), Michael Wynne (Withers/Pongo), Keith Pyott (Pennington).

Résumé

Mrs Peel se rend dans une maison à la campagne qui vient de lui être léguée par un oncle inconnu. Elle s'aperçoit très vite que la demeure a des aspects inquiétants et qu'elle est retenue prisonnière. Le piège lui a été tendu par un ingénieur en automatisation qu'Emma avait licencié lorsqu'elle avait repris l'entreprise de son père. L'ingénieur, décédé, avait conçu cette maison diabolique gérée par un ordinateur dans le but de faire perdre la raison à Mrs Peel.

Épilogue

Steed et Mrs Peel quittent les lieux en tandem. Steed explique qu'il avait demandé au pauvre Pongo d'effectuer une surveillance discrète, ne voulant pas alarmer sa partenaire, d'où le jeu de mot avec "soft pedal". Peut-être un jeu de mot à triple entrée...


CRITIQUES

4-23-01

 


Denis Chauvet 6 octobre 2004

The House That Jack Built est curieux, angoissant et particulièrement prenant pour le téléspectateur. C'est bien évidemment un épisode incontournable de la saison et même de la série. Je lui ai mis quatre melons mais il ne figure pas, à mon avis, parmi les trois meilleurs épisodes toutes saisons confondues, car il lui manque deux aspects indispensables sans lesquels The Avengers n'est pas la série telle qu'on la connaît : la bagarre finale et surtout l'humour ! L'histoire ne s'y prête pas du tout et les scènes entre les Avengers propices à ce genre de situation sont réduites au minimum. Nous avons deux scènes avec Steed et Mrs Peel. Celle du début où nous découvrons la mystérieuse clé au pouvoir étrange. Steed demande si c'est celle de la Bastille et conseille à Emma de visiter la cave à vin ! Dans la scène finale, nous avons droit à un regard langoureux d'Emma pour Steed bien qu'il soit arrivé, pour une fois, après le dénouement. "What happened to the shining armour ?", "It's still at the laundry". Pas de place pour l'humour dans cet épisode sérieux et lugubre.

Nous découvrons une Emma différente dans L'héritage diabolique. Grâce à l'excellente réalisation de Don Leaver, le spectateur participe à la peur de Mrs Peel, qui se transforme même en panique devant l'ordinateur ; il a une place privilégiée et c'est une sorte d'épisode pour voyeurs. L'atmosphère oppressante est parfaitement rendue par une succession d'événements lents, mais somme toute logiques. Le suspense est à son paroxysme, mais nous découvrons assez tôt l'auteur de ce plan machiavélique. Le Professor Keller est en fait de la même lignée que le Doctor Armstrong : l'automatisation à tout prix, "replace man with machine", ce qui était un sujet précurseur à l'époque ! Il n'y a pas de bagarre finale car le "méchant" est déjà mort, mais la présence du cadavre de Keller sous verre renforce le côté sinistre de l'épisode. Le thème de la vengeance est très bien exploité et elle trouve ses racines dans le passé de Mrs Peel. Elle a repris l'entreprise de son père à 21 ans alors qu'elle s'appelait encore Knight et s'est débarrassée du Professor Keller, fou d'automatisation. Le mémorial à Emma Peel est morbide, mais très enrichissant pour la connaissance du personnage (cela me fait penser aux vignettes du générique d'Amicalement vôtre). À noter également un petit effet intéressant du réalisateur lorsque Mrs Peel jette un coup d'œil à travers son portrait géant.

La distribution est réduite au minimum mais les seconds rôles sont tous convaincants. Professor Keller (Michael Goodliffe) est revanchard et aigri. Il est perdu mais sa maison va lui rendre justice tôt ou tard. C'est un méchant plus démoniaque encore que Prendergast dans Le joker, l'épisode pendant de la saison cinq. Burton (Griffith Davies), l'échappé de prison, a été vaincu par l'invention du professeur et sa composition de fou est assez saisissante (bien plus en tout cas que celle d'Ola !). Par contre, Steed n'a pas choisi en Pongo (Michael Wynne), le meilleur agent. Il a un regard en coin inquiétant et des attitudes efféminées (d'où la triple entrée de l'épilogue). La scène où ses genoux sont au premier plan dans la Lotus est assez... obscène !

Les longues séquences sans dialogue sont une autre particularité de cet épisode. Emma est seule tellement longtemps qu'une voix off est utilisée pour éclairer son raisonnement, indispensable à la compréhension de l'intrigue. Le mécanisme de la porte fait se déplacer les pièces, ce qui explique la scène du labyrinthe. Cette dernière peut néanmoins paraître trop longue à la rediffusion. En tout cas, nous apprenons que Mrs Peel ne se déplace jamais sans son bâton de rouge à lèvres !

À noter des extérieurs intéressants dans la campagne hivernale anglaise où la Lotus Elan et la Bentley sont mises en valeur. L'intérieur de la maison est étonnant, mélangeant passé et futur. La musique est de circonstance et parfois agréable (Burton se dirigeant vers la maison – Pongo allant à la rencontre de Mrs Peel). Lorsque Steed découvre la Lotus garée près de la maison, je suis persuadé que Patrick Macnee est doublé : la silhouette n'est en effet pas familière !

The House That Jack Built est un chef-d'œuvre incontournable et tient une place particulière dans la saison quatre, mais il n'est pas à voir en pilote pour découvrir la série tant les aspects traditionnels sont ignorés. "Good bye, dear lady".

EN BREF : Mrs Peel est attirée dans un piège machiavélique pour un épisode grandiose.



Steed3003 26 mai 2006

Après avoir trouvé son rythme de croisière et une identité propre, la série commence à prendre un peu de recul avec ses schémas narratifs habituels et nous offre un épisode au ton inattendu.

Avec L'héritage diabolique, Brian Clemens ouvre l'ère des épisodes ludiques : ceux qui jouent ouvertement avec le téléspectateur, et ses nerfs, sans souci de la vraisemblance. Caméra meurtre, Le joker ou Jeux s'engouffreront dans cette voie. Le concept de l'épisode est simple : Mrs Peel prise au piège dans un immense labyrinthe. Concept aisément "casse-gueule" et qui aurait pu facilement ennuyer sur la longueur. Surtout quand, cas unique, les 2/3 de l'épisode sont silencieux ! Au contraire, Brian Clemens s'en tire brillamment, grâce à une intrigue extrêmement resserrée et à un approfondissement bienvenu, mais un peu tardif tout de même, du personnage de Mrs Peel. En effet, si le déroulement de l'épisode est plutôt lent, il est, oh combien ! efficace ! En recentrant exclusivement l'épisode sur son héroïne (personnages secondaires limités au maximum, rôle de Steed accessoire) et en offrant des rebondissements inattendus, Brian Clemens dynamite les poncifs de la série et réussit à surprendre le spectateur. Il lui offre au final un petit film d'angoisse complètement maîtrisé. Il n'hésite pas à plonger le spectateur dans une ambiance lourde – très peu d'humour dans cet épisode – et à faire passer Mrs Peel par les pires tourments. La tension ne relâche jamais ! Par ailleurs, on saluera aussi un des méchants les plus efficaces de la série, avec une machination superbement huilée.

La réussite du passage à l'écran de ce type de scénario nécessitait un réalisateur à la hauteur ; un réalisateur qui réussirait à retranscrire son ambiance oppressante. C'est à Don Leaver qu'on a confié cette mission. Ce nom peut inquiéter, surtout quand on a vu son travail pour Meurtre par téléphone. Cet épisode s'apparentait plus à du théâtre filmé qu'autre chose. Heureusement pour nous, sa mise en scène est ici d'une toute autre qualité. Disons le tout de go : Don Leaver a réalisé ici l'épisode le plus angoissant des Avengers. Il utilise toutes les facettes d'un décor unique avec un talent et une inventivité qui forcent l'admiration. Sa mise en scène rappelle le génie du réalisateur du film Cube, reposant sur le même concept. Sa mise en scène est dynamique et rythmée, tout en préservant la certaine lenteur du scénario. Il retranscrit parfaitement à l'écran les différents mécanismes du piège dans lequel est tombée Mrs Peel. On ne pourra s'empêcher de regretter néanmoins quelques effets outrés : comme ce lion bondissant apparaissant à deux reprises dans l'épisode vraiment pas crédibles, ces scènes de voitures grossièrement tournées en studio ou l'usage pénible (mais heureusement limité) d'une voix off explicative pour Mrs Peel plutôt redondante. Néanmoins, il faut bien reconnaître que le travail de Don Leaver ne manque pas d'audace, avec une belle variété de plans. Il offre aussi au spectateur un final impressionnant, c'est malheureusement peu souvent le cas dans la série, avec des effets spéciaux à la hauteur. Diana Rigg est magnifiée tout au long de cet épisode. C'est véritablement là qu'elle prend ses galons d'héroïne culte. Sa performance est à la hauteur du scénario. Le reste de la distribution est dans la moyenne de la série, avec mention spéciale pour Michael Goodliffe, effrayant dans le rôle du revanchard de service.

Premier épisode solo pour Mrs Peel. Ces derniers se multiplieront dans la saison suivante : Caméra meurtre, Le joker et Le village de la mort. Tara King y aura aussi droit avec Pandora et Étrange hôtel , à l'ambiance certes plus légère. Cet épisode nous permet de mieux connaître l'histoire du personnage, au détour d'une exposition qui lui est consacrée. Des choix qu'elle a faits dans le passé ressurgissent violemment dans un effet boomerang. Par ailleurs, Steed développe lui-même ses photos ! À noter que ce dernier n'arrive finalement que lorsque que sa partenaire s'est déjà tirée d'affaire, ce ne sera pas toujours le cas pour les autres épisodes solos.

Décors absolument splendides et d'une rare créativité, notamment le labyrinthe en trompe-l'œil dans lequel va se perdre Mrs Peel, digne de celui réalisé en clin d'œil à cet épisode pour le film. Mrs Peel porte le voile au début de cet épisode, ce qui lui donne des airs d'héroïne hitchcockienne lorsqu'elle est au volant de sa voiture. Sa tenue toute blanche (encore une fois) est sympathique sans être sexy. Chapeau melon et costume de rigueur pour Steed, of course !

La musique est de qualité, avec des sonorités agréablement variées.

EN BREF: Un chef-d'œuvre d'angoisse !

 

Estuaire44 27 avril 2013

L’héritage diabolique apparaît comme un épisode profondément singulier, doté d’une rare intensité dramatique. D’une manière certes étonnante sous la plume de Brian Clemens, il diverge totalement de l’humour fantaisiste caractérisant l’ensemble de cette quatrième saison. Totalement a contrario, il s’aventure aux confins du récit d’épouvante, jouant brillamment de divers ressorts effrayants implacablement orientés vers le cœur de toute terreur : l’esprit.

Bien supérieurement aux techniques traditionnelles de l’horreur, le récit s’attache à décrire finement l’effroi intérieur minant Mrs Peel. La formule toujours efficace du huis clos se double du poison psychologique de la solitude, un redoutable cocktail. Fort intelligemment, Brian Clemens refuse la facilité du péril physique direct, qui perturberait inutilement le délitement subi par l’horaire. Ce dérivatif aurait sans doute été le le bienvenue pour cette femme d’action qu’aura toujours campé Emma Peel, mais ce soulagement lui sera refusé. L’immense talent de Diana Rigg  trouve ici de nouveaux domaines d’expression dans cet épisode d’un théâtral absolu, au meilleur sens du terme  (quasi respect de la règle des trois unités).

 En outre, Brian Clemens y introduit quelques superbes innovations. L’emploi de la  voix hors-champ révélant les pensées de Mrs Peel ne se limite pas à un simple gadget d’écriture, unique exemple d’usage de cette technique durant le parcours des Avengers. Bien au contraire, il permet de démultiplier l’expressivité de l’image, afin de plonger au sein d’un esprit d’abord terrifié, puis combattif. Cela soutient idéalement l’ensemble de la démarche entreprise. Il en va pareillement pour l’exposition mortuaire consacrée à la défunte Emma Peel. Au-delà du plaisant effet de curiosité sur ces informations soudainement révélées, cette audacieuse initiative de Brian Clemens apparaît comme une humanisation d’Emma Peel. Ainsi déchue de son mystère et de son aura de quasi déesse (sinon de pur fantasme) par le banal relatif de son parcours d’héritière, elle devient soudainement sujette à une humaine panique. Un maître coup de la part de Clemens, n’hésitant pas à jeter à bas toute l’édification du personnage emblématique de la saison, avec un admirable succès à la clef.

L’autre versant de ce remarquable thriller psychologique, quasi hitchcockien, réside bien entendu dans la personnalité hors normes de Keller, sans aucun doute à la fois le plus mémorable et inquiétant Diabolical Mastermind de cette saison, sinon de l’ensemble de la série. Interprété avec une confondante conviction par le vétéran Michael Goodliffe, il interpelle directement un spectateur ne pouvant constater la clairvoyance de sa vision d’un monde futur (désormais si contemporain) d’un monde automatisé et déshumanisé, où règne l’informatique et , bientôt, l’intelligence artificielle. L’oracle s’exprime de manière autrement plus suggestive et éloquente que les robots basiques et antédiluviens du Dr. Amstrong. Les années 60, entre autres spéculatives innovations, donnent lieu à un première vague Cyber, marquée par des ordinateurs encore non structurés en réseaux. Plusieurs machines diaboliques se révèlent particulièrement savoureuses et la létale machinerie du bon Professeur (cabine à suicide incorporée) se situe clairement comme l’un des parangons du genre. On y distingue une annonce du prochain HAL 9000 (1968) ou encore un écho de l’amusante Agnès de The Twilight Zone (1964).

Mais, outre sa dimension de sorcier technologique de haut niveau, Keller fascine par la véhémence et le caractère absolu de sa haine. Ses interventions post-mortem scandent efficacement le récit et lui confèrent un impact particulier, à l’instar de son morbide mausolée. L’effet obtenu apparaît encore supérieur à celui de Teddy Bear. Il est toujours dramatiquement préférable qu’un contentieux personnel existe entre le héros et son antagoniste (Cf. Dead Men Are Dangerous) et l’on renoue ici pleinement avec l’inusable thème de la vengeance, si fort dès lors qu’il n’est pas dévoyé par des auteurs sans imagination. Keller irradie littéralement de passion obsessionnelle, cela change agréablement des poncifs si présents de l’époque, recherche de la fortune ou de la domination mondiale.

La mise en scène de Don Leaver, certainement son chef d’œuvre au sein de la série, contribue puissamment au charme vénéneux de l’épisode. Sa palette de gros plans anxiogènes et d’angles de vue biscornus installe une atmosphère paranoïaque et claustrophobe à souhait. L’héritage diabolique constitue un véritable bréviaire d’animation d’un huis clos, à l’usage des auteurs et réalisateurs nécessiteux. La mise en scène revêt également un aspect onirique, proche d’un merveilleux teinté de noir, comme a pu l’être Too Many Christmas Trees. Une judicieuse symbolique se voit employée, comme la clef magnétique évoquant celle en or grâce à laquelle Alice pénètre dans le Pays des Merveilles. Les apparitions suspendues de Keller nous valent d’ailleurs une version pertinente du Chat du Cheshire, le personnage le plus remarquable de Lewis Carroll (Nous sommes tous fous, ici). Le superbe décor, aux réussites parfois fulgurantes (l’exposition, le mécanisme gyroscopique, le mausolée, l’ordinateur, etc.) apporte un précieux écot à l’ensemble, de même que les compositions si suggestives de Laurie Johnson. On remarque, à l’instar du bon Professeur, Johnson se montre visionnaire en ayant recours aux sonorités électronique, ce type de bruitages et musiques demeurant encore balbutiants. A cette époque peu de séries y ont déjà recours, même si l’exemple le plus fameux en demeure le Tardis’ Whooshing du Docteur.

L’héritage diabolique met en avant Mrs Peel, comme aucun autre épisode de la saison, une originalité positive, même si cela avait déjà été pratiqué pour Cathy Gale. Situer ainsi une femme comme protagoniste de l’action et la faire triompher par son astuce et sa combativité représente l’un des plus beaux exemples de l’avancée signifiée en ce domaine par les Avengers. La grande Diana Rigg se montre à la hauteur de l’enjeu, exprimant à merveille les émotions de son personnage, sur des registres encore inédits. Les autres rôles ne sont pas négligés pour autant, Burton participant activement à ces évènements, ainsi qu’à la foli prégnante des lieux. Steed dispose malgré tout de plusieurs scènes intéressantes. Evidemment On retient évidemment avant tout celle des retrouvailles, avec son dialogue affuté (la scintillante armure renouant avec l’imagerie des contes) et son regard si explicite sur la vraie nature de la relation unissant nos Avengers.

Quelques regrets perdurent, comme le moindre impact de Pongo ou une nouvelle vue de hauteur absurdement élevée cette saison. On peut aussi se demander comment diable Keller a pu édifier tout ce dispositif sans attirer l’attention. Surtout, les indications fournies sur le passé d’Emma peuvent résulter contradictoires avec ce que l’on sait d’elle par ailleurs. Si elle a repris les entreprises de son père à 21 ans, elle a don c réalisé des études relativement courtes et s’interroge de ce fait sur l’origine de sa proverbiale et universelle érudition. Elle apparaît ici comme une personnalité médiatisée, alors que personne ne la reconnaît jamais,  y compris dans le monde des affaires. Mais, après tout, nous sommes dans le Monde des Avengers !

EN BREF: L’héritage diabolique compose l’un des sommets de la série et le Professeur Keller s’impose comme l’un des esprits diaboliques les plus remarquables affrontés par les Avengers.


VIDÉO


Mrs Peel découvre son mémorial !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

4-23-02


Tournage

o L'extérieur de la maison est en réalité celui d'un asile psychiatrique, Shenley Lodge ! La maison est censée se trouver à Pendlesham, Seven Pines, Hampshire. En fait, c'est la région de Hertfordshire qui est filmée. La demeure réapparait dans L'homme transparent, saison cinq.

o Mrs Peel prend la route qui domine Ivinghoe Beacon en se rendant à la maison. Elle prend en stop le scout qui vient de dévaler Beacon Hill. Mrs Peel aperçoit plus tard Ivinghoe Beacon en regardant par la fenêtre de la demeure.


Continuité

o Après avoir défoncé la barrière, la Bentley de Steed a un phare en piteux état ; il est néanmoins réparé au plan suivant.

o Quand Emma Peel déchire sa photo pour rentrer dans la pièce, elle est déchirée d'une manière différente dans le plan suivant.

o À la 21e minute, Emma s'apprête à appuyer avec le pouce sur le bouton qui fait tourner tout le décor, puis gros plan sur sa main et elle appuie avec... l'index ! Puis retour sur Emma et c'est toujours le pouce qui est au-dessus du bouton.

o À la 12e minute, on voit un cadreur au détour d'un reflet :


Détails

o Titre du journal : "Emma Knight Takes the Helm of Father's Industries". Le nom de jeune fille d'Emma Peel est donc Knight.

o Le caisson pour se suicider est l'ascenseur de l'usine du Docteur Armstrong dans l'épisode Les cybernautes, saison quatre.

o Les lions en pierre de la porte d'entrée reviennent dans l'épisode La porte de la mort devant le centre de conférence, ainsi que dans le bout de film montrant un lion bondir dans Le tigre caché, tous les deux de la cinquième saison.

o L'escalier en colimaçon est également dans la scène finale du Club de l'enfer, saison quatre.

o Les vêtements de la famille de Mrs Peel ne sont pas de la période à laquelle ses parents sont censés avoir vécu (années 30).

o La "B31" n'existe pas.

o Le titre en VO de cet épisode est également le titre d'une comptine qui sert de trame. Elle est disponible en intégralité sur le site de David Smith.

o A coté de l’article montrant Emma reprendre les entreprises paternelles, on remarque un billet de David Malbert, City Editor. City Editor désigne un poste fort prisé dans la presse anglaise, éditorialiste chargé d’analyser l’actualité de la City, soit du monde de la finance et des entreprises. David Malbert a réellement existé. Il fut durant de nombreuses années l’avisé et très renseigné City Editor du London Evening Standard, le principal quotidien régional du Grand Londres, fondé en 1827. Malbert décède en 1977, à l’âge de 57 ans, laissant le souvenir d’un grand professionnel et d’un parfait gentleman de la City.

o L’aspect ensoleillé des photos de vacances de Steed, ainsi que le style des demeures et églises, montrant qu’elles ont sans doute été prises au Mexique ou en Californie. Peut-être les clichés ont-ils été réalisés durant le séjour de Patrick Macnee au royaume du cinéma, avant le tournage de la série (Blind In One Ear).

o L’énergie de la machinerie  de Keller est fournie par énergie solaire, comme il le déclare dans son message enregistré. Keller est là aussi visionnaire, car les panneaux solaires sont alors encore loin d’avoir gagné le grand public. Durant le XIXème siècle, des premières transformations de rayonnement solaire en électricité se déroulent en laboratoire, notamment en France. Il faut cependant attendre 1905 pour que le processus soit réellement mis au point, par Albert Einstein. La technologie connaît certes un développement prononcé durant les années 50, lié aux nécessités de la conquête spatiale. Les premiers satellites fonctionnant à l’énergie solaire sont ainsi lancés en 1958. Cependant la généralisation du procédé aux particuliers ne sera réellement recherchée qu’à partir des années 70, après les deux chocs pétroliers. Lors du tournage de l’épisode, l’énergie solaire demeure l’apanage d’une poignée de scientifiques.

o Les différents dessins de petits enfants apparaissant dans la première section de l’exposition dédiée à la défunte Emma Peel sont des articles de nurserie effectivement parus au début des années 60. On peut retrouver divers articles de cette série graphique, encore en vente sur des sites spécialisés. 

heritage 1

heritage 2

 Acteurs – Actrices

o Deux acteurs de cet épisode, à l'atmosphère si particulière, se sont suicidés.

o Michael Goodliffe (1914-1976) fut prisonnier de guerre en Allemagne pendant cinq ans lors de la seconde guerre mondiale. Il a joué dans de nombreux films des années 50 à 70 dont L'Express du colonel Ryan et Les 39 marches. À la télévision, il est apparu dans L'homme à la valise et Destination danger. Dépressif, il a sauté de la fenêtre d'un hôpital.

o Alan Lake (1940-1984) a eu une vie bien mouvementée. Emprisonné après une rixe dans un pub, il fut également victime d'un grave accident de la circulation. Il a tourné dans de nombreuses séries : Le Saint, Département S, Madigan, Poigne de fer et séduction, L'aventurier, Regan. Il s'est donné la mort le jour anniversaire de la rencontre avec sa femme, l'actrice Diana Dors décédée quelques mois plus tôt. C'est le gardien de prison du début de L'héritage diabolique mais son nom n'apparaît pas au générique contrairement à sa seconde participation dans la série : Ne m'oubliez pas, saison six.

o Michael Wynne (1932) n'a fait qu'une apparition chez les Avengers mais il a tourné dans de nombreuses séries à succès : Le Saint (trois épisodes), Les champions, Amicalement vôtre, L'aventurier, Colditz, Les mémoires de Sherlock Holmes, Wycliffe.

À noter que…

o Pour l'édition Optimum sortie en 2010 au Royaume-Uni, un commentaire audio de cet épisode a été fait avec Don Leaver, réalisateur, et la participation de Jaz Wiseman.

o Diffusé pour la première fois en France dans l'émission Continentales en VOST sous le titre La maison que Jack a construite.

o Le passage du lion bondissant est tiré du film Nor the Moon by Night de Ken Annakin (1958) avec, entre autres, Patrick Mac Goohan. Je ne sais pas si ce film a un titre français. Ce film anglais est connu aux États-Unis sous le titre Elephant Gun.

o Le Blu-ray britannique a une très belle image restaurée et l’épisode est en intégralité.

o Le réalisateur Don Leaver souligne que Julian Wintle voulait sa propre équipe, qu’il ne faisait pas confiance aux autres et que l’expérience ne fut pas plaisante. Leaver déclare qu’il n’était pas bien accueilli, simplement toléré. Il régnait une certaine antipathie des gens du cinéma pour ceux de la télévision (commentaires de Don Leaver, édition britannique).

o Leaver se souvient qu’il n’y avait qu’une seule équipe sur l’épisode. Il n’y avait pas la possibilité de tourner en extérieur d’où souvent l’utilisation du terme ‘back projection’ qui signifie que la scène est tournée en studio avec une image projetée à l’arrière-plan. Il n’y a pas eu beaucoup de prises pour chaque scène, pas beaucoup de répétitions. C’était merveilleux de travailler avec Diana Rigg  et Leaver était au courant du passage d’Elizabeth Shepherd mais il ne fut pas impliqué (commentaires de Don Leaver, édition britannique). Au sujet des ces ‘back projection’, il est à noter que toutes les scènes en extérieur furent tournées avec les doublures de Diana Rigg et Patrick Macnee.

o Comparaison Studio Canal/Optimum (par Denis Chauvet) :

Après un générique original atroce sur la version Canal française, l’image devient progressivement acceptable sans valoir celle d’Optimum, superbement remasterisée. La version française dure 49'12 et celle d’Optimum 49'45 ; les 33 secondes manquantes se découvrent lors de la rencontre Mrs Peel/Withers alias Pongo. Mrs Peel accepte de prendre Pongo en stop et sur la version Canal, on a une vue en gros plan sur la clé puis furtivement la Lotus Elan. A ce moment, il y a la première coupe : Mrs Peel demande à Pongo ce qu’il fait là et il répond qu’il étudie les oiseaux et qu’il aime beaucoup les oiseaux. On retrouve ensuite le plan connu où Pongo se caresse le genou d’une façon obscène puis la Lotus prend le virage et le panneau ‘Pendlesham 9 miles’ apparaît. C’est ensuite la seconde coupe : Pongo dit : ‘It’s a very pleasant countryside, quiet and empty’ puis demande à Mrs Peel s’il lui a vraiment fait la peur de sa vie. Elle répond : ‘Just a figure of speech’ [Façon de parler] et la version française reprend juste après la réplique car on devine l’air amusé sur le visage de Mrs Peel.

Fiche de L'héritage diabolique des sites étrangers

En anglais
http://theavengers.tv/forever/peel1-23.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmabw/423.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS1-23-HouseJackBuilt.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel24.htm
En italien
http://www.avengers.it/23bn.htm
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_house.htm

Retour à la saison 4