Foire Aux Questions

Studio Canal

BIOGRAPHIES ET AUTOBIOGRAPHIES

La vie des acteurs de la série a été racontée à travers de nombreux livres, par des journalistes ou par les acteurs eux-mêmes. Quels sont les livres regorgeant le plus d'anecdotes sur la série ? Denis Chauvet et Steed3003 les ont lus et vous donnent leur avis.

1. Stare Back and Smile : Les mémoires de Joanna Lumley

1.1 Editions

1.2 Anecdotes

2. Diana Rigg : the biography

3. Chapeau Melon : Mémoires de Patrick Macnee (Blind in One Ear)

3.1 Editions

3.2 Présentation

3.3 Anecdotes

3.4 Où le trouver ?

3.5 L'avis d'Estuaire44

3.6 Le verdict


1. Stare back and smile : Les mémoires de Joanna Lumley

1.1 Editions :

Publié par Viking (1989), 288 pages.

Couverture :

 

Penguin (1990) en livre de poche, 217 pages.

Couverture :

4ème de couverture :

Le numéro des pages de cette présentation se base sur la première édition Penguin. Il y a un encart de 24 pages de photographies mais seulement trois photos font référence aux New Avengers.

Ce livre existe également en version audio (1992) lu par Joanna Lumley. Sept cassettes pour une durée totale de sept heures et dix minutes.

Il n'est pas traduit en français.

Stare back and smile est une autobiographie de l'actrice. Elle est née au Kashmir puis elle est envoyée dans le Kent et le Sussex pour ses études. Dans les années 60, elle débute une carrière de top model et elle devient actrice grâce d'abord à de petites apparitions comme dans le James Bond, Au service secret de sa Majesté. Le rôle de Purdey lui vaut la consécration. L'actrice retrace le chemin parcouru par des faits souvent cocasses et la rencontre de personnes importantes qui ont jalonné sa vie.

1.2  Anecdotes :

Engagement :

Elle n'est pas retenue mais elle décide de se représenter 'lorsque des grosses de 50 ans et des jeunettes de 16 ans postulent'. Les entretiens ont lieu à Pinewood et durent en moyenne huit minutes. J Lumley insiste auprès du trio Fennell-Clemens-Johnson pour avoir sa chance. Trois semaines d'attente à Amalfi où elle fait des séances de photos. Puis un bout d'essai d'une journée avec le cascadeur Vic Armstrong et Gareth Hunt. Retour en Italie où elle apprend qu'elle a obtenu le rôle. Fiesta et champagne to the New Avengers!

Pré tournage :

- L'équipe est au secret jusqu'à la conférence de presse à l'hôtel Dorchester de Londres. Des bruits courent que la New Avengers girl portera des jarretelles. Les photographes veulent une tenue sexy et A Fennell insiste auprès de Joanna. On se pressa pour trouver la tenue adaptée et une femme rencontrée dans les toilettes de l'hôtel dut céder une partie de ses sous-vêtements. Le bas était trop petit pour Joanna ! Peu importe : un flingue dans le bas et un chapeau melon sur la tête et les photographes sont contents.

- Contre l'avis des producteurs, J Lumley se fait couper les cheveux en promettant de porter une perruque en cas de fiasco.

- Le nom de l'héroïne, Charlie, est abandonné et J Lumley choisit Purdey en l'honneur du célèbre fusil et du métier de la mode : Sue Purdie.

- J Lumley et G Hunt subissent un entraînement physique très dur à Pinewood pendant trois semaines sous la direction de Cyd Child. G Hunt fait également des haltères et J Lumley du ballet pour personnifier Purdey (passé, technique de combat). Le reste du temps est consacré à des interviews avec la presse, intriguée par le nouveau format de la série.

Tournage première saison :

- Le premier épisode est tourné en Ecosse avec des nazis déguisés en moines (cf Le repaire de l'aigle). Peter Cushing offrit à Joanna un bouquet de fleurs dans sa loge.

- Chaque épisode avait une durée de 53 minutes et nécessitait deux semaines et demie de tournage. La plupart dépassait ce créneau mais le tournage d'un nouvel épisode débutait toutes les deux semaines. Parfois, trois épisodes étaient tournés simultanément. Il est arrivé que cinq épisodes soient tournés en même temps. D'où l'importance des doublures (street double) pour les scènes anodines.

- A cause des changements répétés, elle garde les mêmes petites boucles d'oreilles en or et la 'coupe en champignon' qui collent à chaque histoire.

- Epuisée par le tournage, elle fait trois fois le tour d'un rond-point ne sachant plus quelle direction prendre. La production lui octroya alors voiture et chauffeur pour rentrer chez elle.

- 7h30, maquillage aux studios Pinewood : c'est le début d'une journée de tournage.

- Contradictions de la production : G Hunt monte à cheval et J Lumley a des scènes en moto (alors que les rôles auraient du être inversés).

- On lui demanda son avis pour l'appartement de Purdey : 'Pas de mauve' répondit elle. Il fut néanmoins lilas et violet avec un rideau en perles mauves ce qui fit dire à Patrick Macnee : 'Like a tart's boudoir !' (Je vous laisse traduire !).

- Beaucoup de personnels avaient travaillé sur la période Avengers des années 60 et on l'appelait souvent Diana au début. Elle n'avait vu qu'un épisode avec Diana Rigg. Les Avengers girls se sont toujours respectées dans les interviews ; il n'y avait aucune rivalité. Personne n'a mentionné Linda Thorson mais J Lumley considère qu'elle lui doit le rôle dans la série car les Français ont mis beaucoup d'argent espérant qu'elle soit choisie.

- Elle répondait toujours 'oui' aux journalistes qui lui demandaient si elle avait étudié le rôle. En fait, peu importe si le personnage lit du Kafka et a des œufs brouillés pour déjeuner lorsqu'on joue un 'cartoon character' comme dit Patrick Macnee. Elle voulait son personnage compétent et au lit seul à onze heures !

- Beaucoup de rigolades sur le tournage. Le surnom de Patrick Macnee était 'Bits' car il découpait dans les journaux les articles susceptibles de les intéresser.

- Dès que la série fut diffusée, son statut d'anonymat a disparu. Les gens avaient une attitude différente avec elle.

Cascades :

- J Lumley refusait de se faire doubler. Elle avait été entraînée et désirait faire le travail. La seule exception concernait les scènes en moto. Le cascadeur faisait la plupart des scènes et Wendy Cooper prenait le relais pour les séquences nécessitant l'apparence d'une femme.

- J Lumley appréciait les journées de tournages de scènes de cascade plus que les autres. Elle a dû courir sur le toit d'un hôpital désaffecté, quatre étages sans filet (Cible ?), escalader de hauts grillages (Le baiser de Midas), sprinter en ballerines le long d'une voix de chemin de fer (Le S95), démonter et remonter un Baretta (Cible), courir sur des rochers en hauts talons (Bastion pirate)….

- Elle devait apprendre à jouer des claquettes pendant la pause déjeuner (tap dance) mais le résultat ne fut pas concluant et une doublure la remplace dans la scène tournée à Wimbledon Theatre (scène finale de Jeu à trois mains).

- Deux peurs que J Lumley révèle : Elle a dû sauter d'une fenêtre sur une pile de 'stunt boxes' recouverte d'un matelas. On lui avait conseillé de ne pas atterrir sur les pieds car les genoux allaient lui rentrer dans les dents. Lors de la scène du parcours du combattant (Le baiser de Midas), elle devait atteindre en hauts talons une plateforme 'aussi haute que le dôme de St Paul's'. Avant de tourner la scène, elle dit à Jeremy Child : 'I can't do this' et elle s'élança !

Tournage seconde saison :

- Il y eut une pause de plusieurs semaines après les treize premiers épisodes.

- Joanna Lumley fut invitée à la TV hollandaise pour casser des planches et rencontrer un karateka ! Elle a difficilement convaincu la production que Purdey n'était que de la fiction. Le karateka fut renvoyé mais elle dut casser les planches (au trois quart prédécoupées).

- Les Pays-Bas aimait la série. Par contre, la Suède, la Norvège et le Danemark ne l'ont pas achetée car ces pays la jugeaient trop violente. Elle fut néanmoins doublée en grec et en japonais.

- Elle a touché 600£ par épisode pour la première saison et 800£ pour la seconde.

- Elle fut présentée à la Queen Mother comme Carole Lombard (déjà décédée) mais elle n'osa pas rectifier après avoir entendu la Reine Mère déclarer à Gareth Hunt au sujet des TNA : 'I'm afraid we don't watch that !' ("J'ai bien peur que nous ne regardions pas ce programme!").

Tournage à Paris :

- Patrick Macnee parlait français en cas de force majeure ; Gareth Hunt pas un mot.

- Contrairement à Pinewood, toute l'équipe déjeunait ensemble et chaque membre dont c'était la fête payait sa tournée.

- L'hôtel parisien pendant le tournage (été 76) se trouvait près de la Tour Eiffel.

- Lors d'un dîner au restaurant, Gareth Hunt a été pris pour un pigeon par les amuseurs de rues.

- Joanna Lumley a appris des recettes par le cuisinier qui avait travaillé auparavant chez Maxim's.

- Le tournage en France dura sept semaines.

- Pendant Le long sommeil, Pierre Vernier devait passer en revue les corps de vieux soldats mais au mot 'Action', les 'morts' se relevaient, n'ayant pas compris la consigne ! La scène a dü être tournée plusieurs fois.

- Pierre Vernier s'habillait comme un gentleman anglais et traduisait des comptines à J Lumley.

- Lors du tournage d'une scène à la morgue, un acteur est maquillé, grisâtre avec un impact de balle alors que des parents attendaient l'identification de leur fille à quelques mètres.

Tournage à Toronto :

- J Lumley emmène son fils de 11 ans en vacances. Le fils de Gareth Hunt (Gareth Hunt Jr !) est du voyage et une fille au pair est engagée.

- Par manque d'argent, un winnebargo sert de garde-robe, d'abris, de salon de maquillage pour toute l'équipe. Il y eut une fuite d'eau qui endommagea une partie du matériel.

- Pour la scène du lavomatique dans Emily, Joanna Lumley fut recouverte de lessive afin qu'elle mousse abondamment dès qu'elle reçoit l'eau de lavage. Il faisait moins deux de température. La scène fut tournée deux fois mais il n'y avait pas de bain ou d'eau chaude dans les environs et elle fut lavée au jet glacé du lavomatique après le tournage. Joanna passa la pause déjeuner dans un bain pour se réchauffer.

- Elle fut déçue que la série soit estampillée trop violente aux USA alors que la production avait tout fait pour ne pas l'être. Son contract de cinq ans prit donc fin après seulement deux années mais ce rôle eut une grosse répercussion pour l'avenir.

Conclusion :Bien qu'assez vivante et parfois humoristique, la lecture des 217 pages du livre est parfois fastidieuse. Joanna Lumley retrace sa vie en détails (enfance, internat, modèle, actrice, voyage au Kashmir) et nous conte ses rencontres avec Ava Gardner, David Niven et Sting entre autres. Les pages les plus intéressantes concernent le tournage en Suisse du James Bond, Au service secret de sa majesté où Joanna Lumley a une seule réplique (page 84 à 88) et bien entendu, The New Avengers de la page 125 à 148. Ces quelques pages valent l'acquisition du livre.

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 2. Diana Rigg : the biography

Auteur : Kathleen Tracy .

Publié par Benbella en 2004, 283 pages (vingtaine de photos en N&B).

Aucune traduction française à ce jour.

Contenu : Ce livre est une biogaphie exhaustive de Diana Rigg. Il nous fait découvrir une femme pour qui la liberté a toujours primé sur les questions matérielles. A l'aide de nombreuses coupures de journaux, Kathleen Tracy retrace avec minutie toute la carrière de l'actrice et partage de nombreuses anecdotes à son sujet. Sur les 15 chapitres du livre, 4 sont consacrés à Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Pendant 60 pages, Kathleen Tracy nous dévoile tout sur la participation de Diana Rigg à la série, ainsi que l'impact qu'a eu ce rôle sur sa vie.

Anecdotes :

Le personnage de Mrs Peel :

- A l'origine le personnage était prénommé Samantha.

- Mrs Peel devait au départ présider la société fondée par son père, Knight Industries. Son rôle dans cette entreprise devait prendre une part majeure dans la série, ce n'est finalement que dans l'Héritage Diabolique qu'on évoquera Knight Industries.

- Selon Diana Rigg, Mrs Peel a toujours été dépendante de Steed : "Si vous faisiez bien attention, je n'étais jamais une menace pour les méchants. Je passais la moitié d'un tournage à me bagarrer avec trois cascadeurs et ensuite Steed arrivait et les mettait tous à terre avec un coup de parapluie ! "

- Contrairement à Macnee, Diana Rigg pensait que jamais Steed et Mrs Peel n'avaient consommé leur relation : "Mes relations avec lui sont pour résumer ambiguës. Ils ne sont certainement pas actifs à l'écran mais je ne pense pas non plus qu'ils aient eu une relation amoureuse. Je ne pense qu'il s'agit de l'une de ses relations maintenues par la seule promesse qu'il pourrait se passer quelque chose dans le futur. " .

Le casting:

- Diana Rigg se souvient de la 1ère audition : "Je ne connaissais pas le programme car je n'avais pas de télévision. J'étais à deux doigts de ne pas aller à l'audition. Ca n'avait pas l'air d'être pour moi. J'y suis finalement allé pour rire. Le studio était envahi de jeunes femmes incroyablement ambitieuses se bousculant pour avoir le rôle. Il nous avait été demander de porter des pulls et pantalons noirs. Notre assemblée ressemblait à une armée néofasciste. Ensuite, j'ai demandé à un des producteurs : 'Tout cela n'est qu'une perte de temps, n'est-ce pas ? '. ".

- Si peu intéressée par le rôle, elle arriva en retard à la 2nde audition : "J'étais partie déjeuner avec un ami qui habitait à proximité. Nous avions bu quelques verres de vin…Les producteurs étaient un peu en colère contre moi ! " .

- Après l'insuccès d'Elizabeth Shepherd, Diana Rigg est rappelée pour faire un screen test avec Patrick Macnee. La chimie entre les deux acteurs et le magnétisme de l'actrice lui permet d'emporter le rôle : "Je ne savais pas du tout dans quoi je m'étais engagé. Je savais juste que mon personnage se battait." .

Tournage:

- A propos du côté coquin de la série : "Cette série a satisfaite toutes les perversions inimaginables, ce qui n'est pas étonnant au vu de certains des scénaristes que nous avions. Nous avions un fétichiste des pieds, je ne l'oublierai jamais. C'est pourquoi j'étais toujours photographiée en bottes de cuir les pieds dans les airs ! Un autre était fasciné par le bondage donc pour une autre kyrielle d'épisodes, j'étais toujours attachée de manière farfelue. Et le cuir ! Dieu, je pensais que je ne me débarrasserai jamais de tout ce cuir ! ".

- Si Mrs Peel boit souvent à l'écran, Diana Rigg s'imposait une discipline stricte en studio : "Je ne buvais jamais durant les tournages. Ce que Patrick Macnee et moi buvions devant la caméra n'était qu'une limonade gazeuse, bien inoffensive. Je ne touchais pas à la boisson donc. A la maison, eh bien, c'était une autre histoire…".

- Lorsqu'elle travaillait pour la série, elle n'avait regardé que deux épisodes : "Tout, du moins pour moi, est transparent. Je peux voir les rouages de ma pensée et de ma technique. Je me connais trop bien pour me trouver attractive.".

- Chaque matin, elle se levait à 6h30, prenait un bain de 20 minutes, avalait un verre de jus de citron et ensuite un chauffeur venait la chercher pour la conduire sur le plateau.

- A propos de l'argent gagnée grâce à la série, Diana Rigg se montre assez amère : "Patrick et moi supportions une série connaissant une forte succès et j'avais 90 livres/semaine quand le caméraman en avait 120. La vérité est que mon agent de l'époque avait mal négocié pour moi. Je n'ai pas eu besoin de taper du pied. Tout ce que j'ai dit c'est : 'Regardez c'est injuste !'et j'ai eu le double, 180 livres. Ce n'était toujours pas grand-chose. Toute dispute à propos d'argent est vilaine, mais en même temps, je me sentais exploitée et je devais mettre un cran d'arrêt à cette situation. Même aujourd'hui, bien que la série soit montrée à travers le monde, je me considère chanceuse si j'ai occasionnellement un chèque où figure une somme dérisoire. ".

La célébrité soudaine:

- Diana Rigg avoue avoir été un peu dépassée par cette notoriété : "C'était bizarre quand soudainement tout le monde vous reconnaissait. Je donnais des autographes pendant un temps et j'avais ensuite décidé d'arrêter. Je travaillais un jour quand un groupe de vacanciers m'a interpellé pour un autographe. J'ai refusé et ils ont commencé à me huer et à me siffler. J'étais terrifié. J'ai commencé immédiatement à écrire mon nom et maintenant je donne des autographes, même si je ne comprends toujours pas pourquoi les gens en veulent. Je ne comprends simplement pas le syndrome des autographes.".

- Elle n'ouvrait jamais le courrier des fans et laissait des sacs postaux pleins à craquer clos. Elle chargea finalement sa mère de lire et de répondre à ce courrier. Au lettre contenant des invitations sexuelles provenant de jeunes troublés, sa mère répondait : "Ce ne sont pas des pensées très élégantes. En plus, ma fille est trop âgée pour vous. Ce dont vous avez besoin c'est d'une promenade pour vous rafraîchir les idées.".

- Elle a une fois du se barricader dans des toilettes publiques après qu'un groupe de fans l'ait remarqué à une expo automobile et ait commencé à se ruer vers elle.

- Aujourd'hui, Diana Rigg regrette son comportement à cette époque : "J'aurais du mieux gérer tout ça, essayer de m'amuser plus. Je me demande parfois à propos de cette période : 'Pourquoi n'avais-je pas plus confiance ? Pourquoi ne savais-je pas que j'étais plutôt jolie ?'. Cela est probablement du au fait de mon éducation du Yorkshire. Toujours entrain de penser que les gens pourraient dire : 'Mais pour qui elle se prend celle la?'. " .

Sur les raisons de son départ:

- Diana Rigg commençait à être lassée de son rôle : " Je ne pensais plus à Emma Peel. J'apprenais seulement des répliques et ce n'était pas assez. L'un des aspects qui rend le métier d'acteur excitant et merveilleux ce sont les nouveaux personnages. Attention, je ne suis pas ingrate. Je serai la dernière à minimiser tout ce que la télévision a faite pour moi. C'est un phénomène, un média miraculeux qui peut accomplir en 6 mois ce qui prend des années sur les planches. Soudainement, vous êtes célèbres. Soudainement, tout le monde vous reconnaît. Le problème cependant c'est que vous n'êtes plus vous-même. Seulement, l'autre personne que vous incarnez dans la série ? Et là vous vous demandez : cela vaut-il le coup ? . "

- L'actrice voulait aussi partir avant que le succès ne s'érode : "Je n'avais aucune idée quand j'avais succédé à Honor que j'allais acquérir une telle célébrité. Je commençais à me sentir claustrophobe. Je commençais à sentir Chapeau Melon et Bottes de Cuir prenait le pas sur tout. Je savais que je devais partir et pourquoi attendre d'être dépassée quand je pouvais partir en plein succès ? ".

L'impact du rôle sur Diana Rigg

- Un impact personnel : "Emma Peel a beaucoup fait pour moi en plus de m'apporter une notoriété mondiale. J'avais l'habitude d'être timide. J'étais inquiétée par l'avalanche de courriers de fans. La Royal Shakespeare Company ne vous prépare pas à ça. Mais j'ai fini par comprendre et apprécier l'intérêt que le public a pour les acteurs de TV. C'est surprenant et touchant que on continue à m'écrire pour me dire à quel point on regrette mon départ. ".

- Un impact professionnel : "La télévision m'a appris une économie de style que je n'avais pas avant. Je pense que ça ne m'a apporté que du bon. Quand je rencontre des metteurs en scène, mon attitude est maintenant différente. Je peux être constructive au lieu d'être leur simple instrument. ".

Conclusion : Cette biographie est indispensable à tous les admirateurs de l'actrice, ainsi que plus globalement, les fans de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, vu la part conséquente accordée à la série. Fourmillant d'anecdotes, elle nous permet de découvrir quelle actrice et surtout quelle femme est Diana Rigg. On regrettera juste que l'auteur n'ait pas pu bénéficier d'un entretien avec l'actrice et ait du se contenter d'interviews données auparavant. En bref, dans l'attente d'une autobiographie de l'actrice, vous pouvez vous procurer ce livre en toute sérénité.

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3. Chapeau Melon : Mémoires de Patrick Macnee (Blind in One Ear)

3.1 Editions :

Publié au Royaume- Uni par Harrap Ltd en 1988, ce livre fut maintes fois réédité tant en couverture dure qu'en livre de poche dans plusieurs pays. Harrap le réédita l'année même de sa sortie. Il est assez difficile de s'y retrouver ! Les éditions anglo-saxonnes possèdent un encart photos noir et blanc de seize pages.

Il est également sorti en poche en 1989 au Royaume-Uni chez Headline Book Publishing London.

Edition Harrap (UK)
C ouverture dure, 1988

Il est sorti en France en 1989 sous le titre Chapeau Melon : Mémoires (Presses de la Renaissance). 340 pages, 98 FF. La traduction est de Jean Autret.

Edition Presses de la Renaissance (France)
Couverture souple, 1989.


L'année suivante, il fut réédité en poche dans la collection J'ai lu. 410 pages.
Attention, contrairement aux éditions précitées, les versions françaises n'ont pas de photographie.

Edition J'ai lu (France)
Paperback, 1990.

Aux Etats-Unis, il est sorti chez Mercury House, San Francisco en 1989. Le titre US est: Blind in One Ear: The Avenger Returns pour cette édition en couverture dure.

Edition Mercury House (USA)
Couverture dure, 1989.
Exemplaire dédicacé par Patrick Macnee.

Il est également sorti en poche chez Mercury en 1992 (304 pages).

Edition Mercury House (USA)
Paperback, 1992.

Il existe également une édition canadienne publiée en 1988 chez Doubleday Canada, Toronto.

3.1 Présentation :

Auteurs : Patrick Macnee et Marie Cameron.

Blind in one ear retrace la vie de Patrick Macnee de sa naissance jusqu'à 1988 lorsqu'il devient grand-père. La traduction française fait évidemment référence à la série, véritable faire valoir de l'acteur. D'ailleurs, la couverture de l'édition de poche a trois photos d'Emma Peel en arrière plan. Le titre anglais se traduirait littéralement pas 'aveugle d'une oreille'. Il est expliqué dès la préface.

La vie de notre agent au chapeau melon est un véritable roman et pourrait facilement être adapté au cinéma tellement elle fourmille d'anecdotes croustillantes. Comme le souligne Estuaire plus bas, la part consacrée à la série n'est pas la plus importante mais le lecteur n'est jamais lassé par cette suite de péripéties tristes, amusantes ou surprenantes. Patrick Macnee évoque ses succès mais surtout ses déboires de la vie avec recul, ironie et franchise. Les premiers chapitres évoquent son enfance tiraillée entre sa mère mondaine et lesbienne et son père, entraîneur de cheveux, qui n'ont que l'alcool comme point commun. Deux personnages excentriques que n'aurait pas renier la série. Il vécut avec sa mère et son amie 'Uncle Evelyn' qui obligea le jeune Patrick à porter des kilts. Son passage à Eton est financé par l'amie de sa mère et son renvoi pour vente de photos pornographiques est très savoureux ; cette période constituant un moment fort de l'autobiographie. Côté vie privée, il se désole et assume la responsabilité des échecs de ses deux premiers mariages. Il va courir le cachet avec des petits rôles ici et là pour survivre reconnaissant également une mauvaise gestion de sa carrière avant de décrocher le rôle de sa vie.

On découvre une grande complicité avec Ian Hendry, le premier partenaire masculin de la série. Après les tournages, l'alcool coule à flots et Patrick Macnee, qui luttait déjà contre les excès, avait essayé le jus de pruneau comme palliatif sous les quolibets de son collègue.

Il évoque ses partenaires féminines successives dans la série sans rien dévoiler d'extraordinaire car il reste le parfait gentleman aussi bien sur le petit écran que dans la vie. Les cinq derniers chapitres raviront, néanmoins, les amateurs de la série avides d'anecdotes et ils seront un avant goût à la lecture du second livre autobiographique de l'acteur, The Avengers and me ; celui-ci axé uniquement sur la série.

A noter : J'ai deux versions des mémoires de Patrick Macnee mais il est surprenant de constater des disparités entre la version britannique, Harrap (288 pages 'gros') et l'édition J'ai lu (410 pages 'petit'). Ainsi, certains passages sont éludés ou, au contraire, surtraduits. La traduction du livre est parfois très approximative voire erronée. De plus, le traducteur ne devait pas connaître la série. Ainsi, à la page 341, les épisodes cités sont : Il y avait trop d'arbres de Noël, Le cannibale de Surrey Green et La cité du non-retour ! Ce passage correspond à la page 241 de l'édition Harrap. Les titres sont bien sûr : Faîtes de beaux rêves, la mangeuse d'hommes du Surrey et Voyage sans retour.

On se demande pourquoi il y a d'autres erreurs de traduction 'impardonnables' ; par exemple, « The show returned to the air on 28 September 1963 » traduit par « La série revint sur les ondes le 28 février 1963 » !
A noter également que le nom de Marie Cameron n'apparaît jamais sur la couverture mais seulement à l'intérieur quelque soit l'édition et le pays !

3.3 Anecdotes :

Quelques anecdotes du livre (la numérotation des pages correspond à l'édition J'ai lu sauf donnée contraire) :

o Page 5 (éd. Presses de la Renaissance), il déclare que son ancêtre, le peintre Daniel Macnee manifestait une prédilection, qui confinait à la manie, pour le derrière de ces dames. On comprend mieux certains gestes que s'autorise Steed à plusieurs reprises !

o Page 39 (éd. PDLR), on découvre que son « Oncle » le contraint à porter un kilt ; la famille de Macnee est de vieille souche écossaise… Pas étonnant que Steed se montre ainsi à l'aise dans Castle De'Ath !

o Page 76 (éd. PDLR) , on voit que Macnee, contraint par son « oncle » de faire le service, s'aperçoit que les domestiques sont au courant d'une multitude d'informations sur leurs maîtres, souvent à l'insu de ces derniers. On retrouve bien sur ici l'idée de What the Butler Saw.

o Page 106 (éd. PDLR) Macnee réalise un séjour linguistique en France (on s'aperçoit que la noblesse française n'a rien à envier à l'anglaise pour la loufoquerie), Steed montre toujours une excellente maîtrise du français.

o A la page 124 (édition Harrap), Patrick Macnee souligne qu'il y avait au-dessus des couchettes à l'armée : 'If you want a mistress in the night, ring twice'. [Si vous voulez une maîtresse durant la nuit, sonnez deux fois.] Patrick Macnee a sonné mais pas de réponse....Cette anecdote fait penser à l'écriteau presque identique de l'épisode Les aigles : 'If you can't sleep, ring for a mistress'. Certains souvenirs de l'acteur ont sûrement inspirés les scénaristes !

o C'est Peter Arne qui aurait conseillé à Patrick Macnee que le cuir soit utilisé pour Cathy Gale. Peter Arne apparaît dans l'épisode Avec vue imprenable.

o Patrick Macnee a reproché à Honor Blackman son départ de la série au moment où elle atteignait la renommée. Il ne connaissait pas à ce moment les réelles motivations de Honor Blackman. Les deux acteurs sont restés brouillés deux années suite à cette dispute. Patrick Macnee n'était pas au courant de l'accord cinématographique de Honor Blackman. Celle-ci ne devait pas le divulguer trop tôt.

o A la page 349, Patrick Macnee raconte que Ronnie Barker (Chesshire du Tigre caché) l'invita chez lui peu de temps après le tournage de l'épisode pour prendre un verre. Ronnie sortit une bouteille de lait, en versa un verre à Patrick et se versa sa ration dans une soucoupe qu'il lapa à genoux. Se relevant, il dit : 'I'm a ginger tom' [Je suis un matou rouquin].

o Page 366 : Patrick Macnee adhère à une colonie de nudistes, l'Elysium dont il devient un membre...actif ! (Je ne sais pas si les traducteurs se rendent compte des fois...)

o Page 367 : il renonce à l'alcool le jeudi 17 juin 1971 mais il lui faudra encore treize ans pour gagner la bataille !

o Page 368 : visite de Patrick Macnee et Linda Thorson à Paris. L'arrivée de Linda provoqua de véritables émeutes à Paris et Sacha Distel, qui leur remet un trophée, tape dans l'oeil de Linda Thorson.

o Page 381 : Patrick Macnee mentionne le spot publicitaire pour le champagne Laurent Perrier tourné à Elstree avec Linda Thorson.

o Page 384 : Patrick Macnee décrit Joanna Lumley comme 'une jolie blonde, d'apparence délicate qui ressemblait à une bergère de Dresde'. Le personnage devait s'appeler Charley mais la sortie d'un parfum de ce nom obligea à le changer. Joanna Lumley proposa Purdey d'après la marque connue de fusils. Patrick Macnee reconnaît que les premiers épisodes ne lui faisaient pas la partie belle.

o Page 387 : Le commanditaire des New Avengers avait déposé des lingots en banque mais en grattant, on s'aperçut que c'était des barres de fer. Pas de poursuite car le commanditaire avait une liaison avec la fille d'un ministre du gouvernement français !

o Page 405 : Patrick Macnee reconnaît n'avoir pas fait grand-chose depuis les Avengers à part des loups garous et des pubs pour des déodorants.

o Page 406 : Patrick Macnee fait référence à l'émission This is Your Life de 1984 où il revoit ses anciens partenaires dont Ian Hendry et sa mère sera sur le plateau dix semaines avant de décéder. (Vidéo présente sur notre site .

3.4 Où le trouver ?

Il est malheureusement épuisé en anglais comme en français. En français, l'édition J'ai lu se trouve assez facilement et très bon marché (à partir de 2€ sur Amazon…jusqu'à 19€ sur priceminister) mais l'état est, généralement, très moyen (pages jaunies ou piquées, couverture pliée) car il n'a pas été réédité depuis vingt ans. La version Presses de la Renaissance, plus 'luxueuse', peut être meilleur marché que l'édition poche (du simple au double comme en ce moment sur Priceminister). Comparez avant d'acheter !

La version originale peut également se trouver facilement à des prix variés : comptez de 2 à 5 £ pour un 'paperback' et de 4 à 12 £ pour un 'hardcover' pour un livre de bonne tenue.

3.5 L'avis d'Estuaire44 :

Chapeau Melon est vraiment un livre formidable qui ne se contente pas d'être un simple recueil d'excellentes anecdotes sur la série (ce qui serait déjà beaucoup !). La série elle-même n'est, en effet, évoquée qu'assez tard, au chapitre 11 sur un total de 15. On découvre l'envers du décor décrit sans fard, en voyant bien à quel point la survie de ce monument a été une bagarre de tous les instants ! Si les pages sur ses collaboratrices successives sont irrésistibles, j'ai également beaucoup apprécié la description de sa relation assez complexe avec Ian Hendry, que je connaissais beaucoup moins.

L'autre intérêt majeur du livre réside dans la narration très réussie de véritables pages d'histoire de l'Angleterre. Avec son humour et son élégance naturels, et avec un vrai talent de conteur (il sait à merveille alterner accélérations et narrations approfondies) Macnee nous raconte :

o La folie douce de l'aristocratie anglaise des Années Folles, en décalage total avec son époque. On a parfois l'impression d'un vrai carnaval de fous furieux, auprès duquel les excentriques des Avengers font figure d'aimables plaisantins ! Certaines anecdotes sont à mourir de rire !

o L'envers du décor, peu reluisant de l'éducation anglaise, en particulier d'Eton. On comprend le dynamitage des traditions anglaises auquel se livre avec jubilation Macnee (surtout dans la saison 4). Phrase magnifique : Le collège d'Eton a toujours plus ou moins été un asile d'aliénés, une maison de redressement pour aristocrates et une source d'ennuis pour plusieurs gouvernements britanniques. A noter que Macnee fit du théâtre scolaire avec Christopher Lee ! (Page 57, édition francophone des Presses de la Renaissance)

o L'effroi du Blitz, avec une vraie économie d'effets et une grande dignité, Macnee nous fait vraiment toucher du doigt l'horreur de cette période, ainsi que le grand courage des Londoniens. Ses souvenirs de la guerre (pas dans l'aviation, mais dans la marine !) nous sont également offerts sans gloriole ni tapage, sous la patine de l'humour et d'un certain détachement très britannique, Macnee nous fait parfaitement vivre la réalité crue des affrontements.

o Avant et après guerre nous avons droit à une description particulièrement vivace et truculente du petit monde du théâtre du West End londonien, avec ses heures de gloire et ses misères ! Un vrai régal !

3.6 Verdict :

Conclusion : Un livre à posséder dans sa bibliothèque. Il ravira les amateurs de la série mais pas seulement. Ecrit avec cette touche d'humour britannique si particulier, le lecteur ne s'ennuie pas une seule page et, emporté par les frasques de cette vie trépidante, il s'amuse à confondre Patrick Macnee et John Steed tant le personnage de fiction et l'homme ne font qu'un.

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©Denis Chauvet, Steed3003

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