Et maintenant, on l'appelle El MagnificoUn génie, deux associés, une cloche

Saga Westerns Spaghetti

Mon nom est Personne (1973)


MON NOM EST PERSONNE
(IL MIO NOME È NESSUNO)

classe 4

Résumé :

Trois hommes débarquent dans un village perdu de l'ouest, et font prisonnier le barbier et son fils et l'un d'eux prend sa place. Ils sont en fait là pour tuer Jack Beauregard qui doit bientôt quitter le pays à bord d'un bateau. Mais Beauregard les tue tous les trois avant qu'ils n'aient le temps de le faire. Plus tard, Jack Beauregard va retrouver un ami qui vient de se faire tuer lui aussi, en fait les tueurs sont à la solde de Sullivan qui lui-même est de connivence avec une bande de bandits : la horde sauvage. En parallèle, Beauregard fait la connaissance de Personne : un jeune fan qui a l'idée de le faire entrer dans les livres d'histoire. 

Entre rencontres avec des bandits, et Personne, et un marché avec Sullivan au grand désarroi de Personne, ce dernier réussira tout de même à faire en sorte que Jack Beauregard affronte la horde sauvage.  Sullivan a fait tuer le frère de Jack Beauregard car celui-ci devenait trop gourmand, c'est Red l'ami tué auparavant qui a tiré la balle pour assassiner Nevada le frère de Beauregard. Après avoir décimé la horde sauvage, Personne a alors l'idée de monter un duel truqué pour faire croire à la mort de Jack Beauregard et prendre sa place comme justicier de l'ouest. Jack Beauregard part sur un bateau pour l'Europe.

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Critique :

Alors je vais être très partial, car pour moi Mon Nom est Personne est tout simplement le meilleur western spaghetti de tous, et mon préféré. Réalisé par Tonino Valerii (Le Dernier Jour de la Colère, Folie Meurtrière, La Horde des Salopards) dont on dit que sur ce film il n'aurait été en fait qu'un prête nom pour Sergio Leone, ce qui serait fort probable tant on retrouve les gimmicks de Leone, il n'en reste néanmoins qu'il y eut de fortes dissensions entre les deux hommes pendant le tournage du film. On retrouve cette fois-ci pour les vedettes Henry Fonda dans le rôle du justicier Jack Beauregard et qui reprend ici un rôle de gentil, avec face à lui Terrence Hill : un autre habitué des westerns spaghettis. Le duo fonctionne très bien à l'écran, on en redemande.

Viennent compléter autour d'eux : Jean Martin (L'Héritier, L'Aile ou la Cuisse, Peur Sur la Ville) immense acteur français qui est excellent comme d'habitude. Nous avons également Geoffrey Lewis (Le Justicier de Minuit, Tango et Cash, Le Cobaye) qui a toujours des rôles de méchants marquants. Mon Nom est personne c'est plein de moments cultes comme par exemple le début où Jack Beauregard descend les trois hommes qui veulent le tuer, à priori, il s'agit d'une scène toute bête, mais en écoutant un peu mieux il faut entendre le cri de la poule qui semble se moquer tout au long de la scène. 

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Soigné jusqu'aux détails, mais pas seulement : le film égratigne les mauvais côtés de l'homme, il faut voir par exemple la scène du concours de tartes à jeter sur les visages des hommes noirs, la scène avec Sullivan et l'avidité... et le reste. On a aussi une scène impressionnante où Terrence Hill mange une pomme en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, on retrouve évidemment la séance de baffes, mais aussi l'impressionnante scène avec les cavaliers de la horde sauvage ! Lorsque l'on voit le résultat à l'écran, on image le casse-tête que cela a dû être pour la synchroniser correctement.

Le titre du film est d'ailleurs annoncé d'une superbe façon, lorsque l'enfant demande à son père est-ce qu'il y aura quelqu'un de plus rapide que Jack Beauregard, le barbier répond : « Plus rapide que lui ? Personne ! » et le film démarre. Mon Nom est personne c'est aussi des répliques cultes, comme celle de Sullivan avec la mine lorsqu'il parle au chef de la horde sauvage : « je pourrai le crier, le chanter même... Ils deviendraient tous aveugles ! Aveugles et sourds ! ». Et le chef de répondre : « Mais pas muets ! ». Ou encore lorsque Personne dit à Jack Beauregard qu'il doit finir sa carrière en beauté, ce dernier répond : « finir, est souvent plus difficile que de commencer ! », et aussi : « les années ne produisent pas la sagesse, elles ne produisent que des vieillards ! », « J'ai rencontré de tout dans ma vie... Mais un homme qui soit vraiment un homme : jamais ! ». Vous aurez bien évidemment la scène des fayots, les plans de grands espaces déserts, le train, le monde qui est en train de changer avec l'arrivée de celui-ci, les sales gueules, etc. 

 

Pour moi, ce film est tout simplement parfait, soigné dans les moindres détails comme je l'ai déjà dit plus haut, sans aucune longueur et on ne voit pas passer ses 1H50, au contraire même, on aimerait qu'il soit un peu plus long. Le film fait également de nombreuses références à d'autres westerns (Pour une poignée de dollars, Il était une fois dans l'Ouest...) le tout sur une bande originale de Ennio Morricone qui signe pour moi là aussi sa plus belle composition.

Le thème de Personne est tout simplement excellent, mais plus encore celui de Jack Beauregard lorsqu'il arrive au cimetière indien, ou encore lorsqu'il est seul près du rail en attendant le train avec son cheval, l'apothéose étant lorsqu'il affronte la horde de sauvage et que la musique se déchaîne lorsque personne fait le score des bandits abattus : vraiment excellente. Sans compter le thème de la horde sauvage, on retrouve néanmoins quelques similitudes : par exemple la scène où Personne entre dans le saloon pour faire le concours avec les verres d'alcool, au tout début, elle rappelle une musique de Peur sur la Ville avec Minos qui appelait d'une cabine téléphonique près d'une foire. Et il y a un clin d'œil à Il était une fois dans l'Ouest lors du duel entre Jack Beauregard et Personne.

Excellent western, il est indispensable : le film marchera très bien en France et fera un peu plus de 4.7 millions d'entrées, presque 1.8 millions d'entrées en Espagne, un peu plus de 6.2 millions d'entrées en Allemagne et 6.7 millions d'entrées en Italie. Carton plein mérité pour un superbe western. 

Anecdotes :

  • Dans les 3 bandits au début du film qui veulent descendre Jack Beauregard, on peut reconnaître l'acteur Steve Kanaly, qui n'est autre que Ray Krebbs de la série Dallas.

  • Certaines scènes du film ont été tournées par Sergio Leone comme par exemple la scène du duel dans le saloon entre Personne et le cow-boy chauve qui porte ses revolvers à l'envers. Ou bien encore la scène de l'urinoir public avec le cheminot.

  • Personne est habillé comme le personnage de Trinita.

  • Dans le cimetière indien, lorsque Jack Beauregard arrive et que Personne prononce des noms sur les tombes, il mentionne celui de Sam Peckinpah qui n'est autre que le réalisateur du film La Horde Sauvage : nom que porte la bande de bandits dans Mon Nom est Personne. Toujours dans le cimetière, la scène où Jack tire dans le chapeau de Personne, est une référence au film Et Pour quelques Dollars de Plus avec Clint Eastwood et Lee Van Cleef.

  • Le Nom de Jack Beauregard fut utilisé dans un sketch des humoristes Les Inconnus.

  • On peut voir une borne d'incendie juste avant le duel entre Personne et Jack Beauregard, il paraît que c'est une anomalie temporelle, puisqu'elles n'existaient pas encore à l'époque à laquelle est censé se dérouler le film (1899). Bizarre qu'un tel détail soit passé inaperçu aux yeux du réalisateur.

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