Le Complexe du kangourou (1986)L'Étudiante (1988)

Comédies françaises Années 80

La vie est un long fleuve tranquille (1988) par Sébastien Raymond


LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE (1988)

Résumé :

Deux familles, l’une de la grande bourgeoisie et l’autre issue du sous-prolétariat, sont bouleversées par la nouvelle que l’un de leurs enfants a été échangé à la naissance : le petit Le Quesnoy, Maurice a été élevé par les Groseille, alors que la petite Bernadette Groseille a vécu chez les Le Quesnoy. Explosion sociale garantie !

Critique :

Ce film a été et reste pour un certain nombre de spectateurs un film culte, un film qui a marqué son époque. Malheureusement pour moi, je suis resté sur le bas-côté de cette route. Aujourd’hui encore je revois ce film sans en être embarrassé mais sans grand plaisir non plus. Est-ce que je peux dire qu’il me laisse froid ?

J’aime bien le numéro de Patrick Bouchitey, son enthousiasme presque effrayant. J’aime beaucoup la lente érosion mentale à laquelle Hélène Vincent donne une note comique redoutable pour son personnage. Je redécouvre aussi la composition du personnage totalement débordé que nous livre André Wilms.

Et pourtant, tout cela réuni ne parvient pas à créer pour moi une histoire et des enjeux cruciaux : je m’ennuie un peu. À la fin du film, je m’interroge sur le pourquoi fondamental : pourquoi Étienne Chatiliez et Florence Quentin ont écrit ça ? Ça veut dire quoi au juste ? Est-ce que c’est drôle de se moquer de cette famille de bourgeois béni-oui-oui et engoncée dans un univers hypocrite ?

J’ai du mal à ressentir de l’empathie de la part du scénario pour tous ses personnages. Cela aurait dû me plaire, une satire sociale, mais je trouve l’humour du film un peu trop léger, pas assez mordant, peut-être pas suffisamment méchant (ou trop, je ne sais pas ? Je suis paumé devant ce peu de gaieté).

En tout cas, il y a de la redondance et les personnages abusés font plus pitié que rire. Les hypocrisies des humbles répondent à celle des nantis ; l’idée du film est en fin de compte déprimante, manque de joie.

Certes, ce sont les enfants qui se chargent de mettre de la vie là-dedans, mais est-ce que cela permet au film de sortir de sentiers déjà battus avec beaucoup plus de verve (Affreux, sales et méchants )? Je ne crois pas.

Anecdotes :

  • Le film fut nommé pour 6 Césars : meilleur film, meilleur scénario, meilleur premier film, meilleur second rôle masculin pour Patrick Bouchitey, meilleur second rôle féminin pour Hélène Vincent et meilleur espoir féminin pour Catherine Jacob. Le film en obtiendra 4 : scénario, premier film, second rôle féminin, espoir féminin.

  • Le film a été tourné dans plusieurs villes du Nord : Hénin-Beaumont, Tourcoing, Villeneuve d’Ascq, Lille et Roubaix.

  • Parmi les acteurs enfants, seuls deux d’entre eux ont poursuivi leurs carrières : Benoit Magimel et Tara Römer

  • Jean Yanne fut un temps pressenti pour jouer le rôle du Docteur, obtenu finalement par Daniel Gélin.

  • Outre un grand succès public avec plus de 4 millions d’entrées, le film connut un accueil critique unanime et dithyrambique.

Séquences cultes :

Jésus revient

Marie-Thérèse, ne jurez pas !

Oh la salope !

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