Inspecteur la Bavure

Saga Coluche au Cinéma

Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine (1977)


VOUS N'AUREZ PAS L'ALSACE ET LA LORRAINE

classe 4

Résumé :

Le roi Pif 1er, à force de ripailles et d’excès en tout genre, s’est mis à dos des personnages importants à la cour. A la suite d’un complot, il est fait emprisonné, mais le Chevalier Blanc parvient à le faire évader… Réussira-t-il à reprendre le pouvoir?

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Critique :

Objet complètement foutraque très difficile à identifier. Le générique réserve déjà quelques surprises, comme la présence de Serge Gainsbourg signant les chansons ou même celle de Coluche en tant que metteur en scène.

Mais c’est surtout cette histoire qui part dans tous les sens avec plus ou moins de bonheur. Peut-on pour autant parler de série de sketchs ? Une certaine cohérence semble de la partie : le personnage du roi joué par Coluche affronte des courtisans comploteurs avec l’aide du chevalier blanc (Gérard Lanvin).

Reste que la réalisation pas vraiment heureuse et le rythme pas du tout maîtrisé donnent une impression d’amateurisme pénalisant. Certains gags mal filmés perdent en percussion. Un peu plus de lumière et de meilleurs plans sur les acteurs auraient donné plus de clarté et de force à leur jex. Beaucoup de maladresse ou manque de moyens ? Peu importe, le résultat cause une frustration assez nette. 

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La distribution est royale mais on n’en profite pas véritablement. La caméra trop éloignée ou l’image trop floue, la réalisation par Coluche se révèle être une “fausse bonne idée”.

Les décors essaient d’ancrer le récit dans une certaine réalité historique quand le scénario et les personnages s’évertuent à nous en sortir. L’équilibre ne se fait pas vraiment, de sorte qu’on peut même trouver ce traitement rébarbatif parfois. De là à s’ennuyer, il n’y a qu’un pas.

Heureusement que la deuxième moitié du film est un peu plus remuante et drôle. Peut-être est-elle un poil plus débridée aussi ? 

Quoiqu'il en soit de la tenue d’ensemble du film, on est tout de même heureux de retrouver les numéros d’acteurs de Coluche ou de Jean Jacques. Martin Lamotte tient un rôle de bouffon colérique plutôt réjouissant. Comment oublier le chevalier d’opérette concocté par Gérard Lanvin ?

Le détournement de figures historiques est un prétexte récurrent à rire. Celui-ci n’est pas abouti. Ses auteurs manquent encore d’expérience. Néanmoins, la tentative est louable ; il lui arrive même de toucher au but à deux ou trois reprises. Pas une grande comédie, mais une curiosité à voir pour son jeune et prometteur casting.

Anecdotes :

  • Ce film est le premier et le dernier film de Coluche en tant que réalisateur. En effet, il ne s’y essayera plus jamais, ayant constaté que la réalisation est une affaire plus compliquée qu’il le pensait. Il a pu également considérer l’échec du film à sa sortie comme la conséquence directe de son manque de talent dans ce domaine.

  • Gérard Lanvin avait déjà joué le chevalier blanc au café-théâtre dans “La revanche de Louis XI”. La chanson d’opérette “On m’appelle le chevalier blanc” a été composée par Serge Gainsbourg. Olivier Constantin est la véritable voix qui chante cette chanson, Gérard Lanvin la reprenant en play-back.

  • C’est le premier grand rôle de Gérard Lanvin au cinéma. Certes, il avait déjà un petit rôle dans “L’aile ou la cuisse” en tant que collège de Coluche dans le petit cirque itinérant. Curieusement, Gérard Lanvin éprouva quelques difficultés à se voir proposer de nouveaux rôles après celui-ci, tellement pittoresque.

  • Ce film a été imaginée depuis quelques temps déjà par Coluche, Romain Bouteille et l’ensemble de la troupe théâtrale du Café de la Gare. L’élaboration du film a évolué longtemps avant le tournage. Le projet initial a été décrit par un de ses membres majeurs, Patrick Dewaere. Il expliqua sur France Inter en mars 1976 qu’était prévu le tournage d’une comédie sur Robin des Bois avec la troupe du Café de la Gare. Romain Bouteille devait le mettre en scène, à partir de mai 1976. Son titre devait être “Yeomen sans colère”. Le film aurait dû être une satire de mai 68 au coeur du Moyen-Age. Ce projet tomba à l’eau malgré tous les efforts de la troupe. Reste que Coluche s’en inspira très nettement pour écrire “Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine”.

  • La distribution est le fruit d’une collaboration collective complexe. En effet, elle réunit des comédiens de troupes différentes : certains proviennent de la troupe du “Splendid”, d’autres de celle de “La Veuve Pichard”, d’autres encore de celle du “Café de Gare” et enfin de la troupe tout juste créée par Coluche, “Le Vrai Chic parisien”.

  • Hommage à Edith Piaf et aux compagnons de la chanson : un dialogue entre Gérard Lanvin et Coluche est directement tiré de la chanson “Les trois cloches” composée en 1939 : Gérard Lanvin : - “Regardez ce petit village au fond de la vallée!” / Coluche : -”Égaré, presque ignoré…

 

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