Tchao PantinLa vengeance du serpent à plumes

Saga Coluche au Cinéma

Le Bon Roi Dagobert (1984)


LE BON ROI DAGOBERT

classe 4

Résumé :

Après avoir survécu de justesse à une attaque ennemie, le roi Dagobert, sous la surveillance de son moine Otarius qui fustige son comportement sexuel et son manque de respect à l’égard de la spiritualité chrétienne, décide de s’amender auprès du Pape à Rome.

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Critique :

J’ai pour Dino Risi, de même que pour la comédie italienne en général, beaucoup d’affection, surtout une admiration sans borne. Pourtant, avec tout le respect que l’on doit à ce pan immense du cinéma mondial, on se voit contraint de déclarer que ce “bon roi Dagobert” n’a pas mis uniquement sa culotte à l’envers. Cela ne fonctionne pas. Jamais.

Il y a quelque chose qui cloche dans ce scénario, dans ces dialogues trop peu percutants. Malgré les présences d’Age et de Gérard Brach au générique, le récit ne décolle pas, les personnages restent peu pertinents et le rythme est piètrement trop mollasson. Il est vrai que sur ce dernier point le montage peut être le premier responsable, ou du moins davantage que le scénario.

Mais, fondamentalement, je cherche encore en quoi cette histoire a pu paraître intéressante à tous ces créateurs, souvent géniaux par ailleurs. 

L’aspect historique semble avoir été à peu près respecté sur le plan formel. Le réalisme, la crudité de l’époque pourrait être un argument en faveur d’une satire féroce de la société médiévale, quand l'Église et le pouvoir commençaient à lier des relations hautement cyniques. Cependant, le résultat manque de nerf, de verve. Il n’y a guère de risque pris là-dedans. Point d'égratignure contre les institutions ou les puissants. En fait, on s’ennuie.

Encore heureux que l’historien qui sommeille en moi s'intéresse naturellement à la peinture que nous propose Risi de la période. Encore heureux que la distribution soit alléchante. Sinon que nous resterait-il de ce film? Pour être honnête : rien! 

Tout le film repose sur son trio d’acteurs phénoménaux (Coluche, Serrault, Tognazzi). Or, aucun n’est en mesure de sauver le film. Coluche paraît un peu paresseux. Je me demande si ce n’est pas la post-synchro qui donne cette impression, mais dans sa voix un manque de conviction se fait sentir avec force. De même, Ugo Tognazzi ne parvient pas à faire friser son œil habituellement plus moqueur. Alors que Michel Serrault a un rôle en or, de moine dont la foi est mise à rude épreuve, il ne donne pas toute l’ampleur, la folie qu’on espère de lui. Forcément, on est déçu.

Voilà un Risi mineur, un Coluche en demi-teinte : le film n’est pas indispensable, vous l’aurez compris.

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Anecdotes :

  • La chanson concernant le "bon roi Dagobert" (roi des Francs de 632 à 639), qui est reprise comme de bien entendu dans le film, date en fait de la Révolution Française. En effet, elle a été écrite pour fustiger et ridiculiser la royauté. Évidemment, elle aurait bien été cependant inspirée de la vie plutôt débauchée du vrai roi Dagobert et qui se serait rendu à un conseil avec son pantalon mal ajusté.

  • Le bon roi Dagobert est le premier film tourné par Coluche avec Dino Risi. Ils collaboreront l’année suivante une nouvelle et dernière fois pour Le fou de guerre. Les deux films ne connaîtront pas le succès, pas même critique.

  • Plutôt satisfait, Coluche a résumé son personnage en disant qu’il jouait dans ce film “un gros con”.

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