Saison 6Présentation

Once Upon a Time

Saison 7



PRÉSENTATION DE LA SAISON 7

En renouvelant la série pour une septième saison, ABC lui a fait un cadeau empoisonné. Certes, on y verra encore de belles choses et la qualité est bien meilleure que la saison précédente. Les acteurs sont excellents et les nouveaux trouvent leur place à quelques exceptions près. Le problème vient de la volonté de « renouveler » la série ; de la recommencer pour la relancer. Sauf que les choix faits seront calamiteux entre quasi-remake de la saison 1, réécriture de morceaux de la série, réalisme assumé des décors et des situations qui ôtent toute magie.

Tout cela donne la sensation de ne plus tout à fait regarder Once upon a time et c’est gênant. L’impression donnée est celle de vouloir oublier le passé (six saisons quand même) pour repartir d’une feuille blanche mais les séries ne fonctionnent pas comme ça. La relance ne prendra pas et la série sera annulée. Heureusement, les fans auront droit à une fin de toute beauté.

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1. LA PANTOUFLE DE VERRE
(HYPERION HEIGHTS)



 

Scénario : Edward Kitsis et Adam Horowitz

Réalisation : Ralph Hemecker

Résumé :

Henry Mills, écrivain en panne d’inspiration et chauffeur VTC pour gagner sa vie, rencontre la jeune Lucy qui lui affirme qu’elle est sa fille, que sa mère est Cendrillon et que les personnages de contes vivent pour le moment dans le quartier d’Hypérion Heights dont veut les chasser Victoria Belfrey, belle-mère de Jacinda alias Cendrillon.

Critique :

Un démarrage de saison qui pose parfaitement les fondations de ce que sera cette saison 7 avec ses forces et ses défauts.

Question « forces », le renouvellement du casting a porté ses fruits. Andrew J. West est excellent dans le rôle d’un homme perdu et qui se raccroche à de pauvres certitudes matérielles. Dania Ramirez voulait jouer une version plus « badasse » de Cendrillon et c’est amplement réussi ; d’entrée de jeu, elle fait oublier la précédente interprète. Jacinda dans le monde non magique est une femme écrasée par le sort mais qui a gardé sa fierté qui est toute prête à ressurgir. Alison Fernandez est très attachante et la conviction de l’existence de la magie de Lucy est touchante sans encore pouvoir être séparée du rêve enfantin. Entrée en scène toute aussi réussie pour Gabrielle Anwar dont la Victoria Belfrey est d’une hauteur qui asphyxie l’air autour d’elle, dominatrice et manipulatrice. Pourtant, elle va rencontrer ses premières résistances. Quand Roni rejette son offre, il est curieux de voir une légère expression angoissée sur les traits de Victoria ; comme si elle craignait que ce moment n’arrive. Plus anecdotique, Rose Reynolds est Alice qui ne cesse de se retrouver sur le chemin d’Henry.

Le scénario ne manque pas d’humour (Cendrillon a moto, il fallait y penser !) et on retrouve quelques aphorismes comme dans la première saison tels que « La magie n’est pas le vrai pouvoir car la magie peut être retirée » ou, plus poétique : « Aucune histoire n’est parfaite. Il faut juste se lancer ». Au-delà du côté bien tourné, ces phrases donnent le ton de la saison et les axes de son histoire. A la différence de la saison précédente, celle-ci a des bases et sait où elle veut aller.

Néanmoins, il y a des faiblesses. Certaines sont anecdotiques comme le rabaissement de Regina en Roni, gérante de bar coiffée à la diable même si on ne peut pas retirer sa classe à Lana Parilla. Avoir fait de Crochet et de Rumpelstilskin des policiers est amusant mais c’est surtout un signe de facilité puisque le genre policier permet à peu près tout sauf que Once upon a time traite des contes de fées. Le genre policier lui est étranger. Plus gênant, les décors d’Hypérion Heights sont très laids et, surtout, trop réalistes. On ne croit pas une seconde que des personnages de contes puissent vivre ici alors que le côté hors du temps de Storybrooke le permettait aisément. A l’instar de Supernatural, Once upon a time ne peut s’épanouir en milieu urbain. Dans les bonus de la saison, Colin O’Donoghue dira très justement que « Storybrooke est le cœur de Once upon a time. Le pire est encore l’aspect de déjà-vu de l’épisode. Vendue comme un « reboot » de la série, la saison 7 débute par un quasi-remake de la saison 1 ! L’enfant qui vient retrouver un adulte lui disant qu’il est son fils/sa fille ; l’adulte ramenant l’enfant chez lui à Storybrooke/Hypérion Heights ; la méchante classieuse et hautaine qui prétend être la parente de l’enfant (Regina/Victoria ; deux prénoms royaux d’ailleurs) ; l’adulte qui veut mais ne peut repartir etc. Trop peu d’originalité alors qu’il y avait les interprètes pour une relance plus audacieuse.

Anecdotes :

  • Renouvellement très large du casting : Andrew James West (Henry), Dania Ramirez (Cendrillon), Alison Fernandez (Lucy), Mekia Cox (Sabine) arrivent comme acteurs principaux ; Gabrielle Anwar (Victoria Belfrey) sera présente au casting principal durant les dix premiers épisodes. Seuls Lana Parrilla, Colin O’Donoghue et Robert Carlyle sont reconduits.

  • Quand Henry jette ses clés sur son bureau, son trousseau porte un cygne. Emma Swan est sa mère.

  • La série a été déplacée du dimanche soir au vendredi soir.

  • Le numéro d’appartement d’Henry est le 815. La tour de l’horloge à Storybrooke était bloquée à 8h15 jusqu’à ce qu’Emma rompe le sort.

  • La plupart, sinon la totalité, des lieux de tournage de la saison 7 sont centrés autour de Columbia Street (généralement entre les sixième et huitième rues) à New Westminster, en Colombie-Britannique, au Canada.

  • L’épisode 3 de la saison 6 porte en français le titre de « Le soulier de verre » et parle évidemment de Cendrillon.

  • Il y a une université à Storybrooke !

  • La plaque d’immatriculation de Victoria Belfrey est VB1 !

  • Andrew James West/Henry : acteur américain, il tourne surtout pour la télévision : Bones (2009), Greek (2009-2010), Body of Proof (2011), Castle (2012), The Walking Dead (2014).

  • Dania Ramirez/Cendrillon : actrice américano-dominicaine, vue au cinéma dans La 25ème heure (2002), X-men : L’affrontement final (2006), American Pie 4 (2012) et aussi à la télévision : Buffy contre les vampires (7 épisodes, 2003), Les Soprano (2006-2007), Heroes (2007-2008), Devious Maids (2013-2016), Tell me a story (2018-2019).  

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2. DOUBLE VIE
(A PIRATE'S LIFE)

Scénario : Jane Espenson et Jérôme Schwartz

Réalisation : Tara Nicole Wayr

Résumé :

Autrefois, dans un autre royaume, Henry est menacé par un sbire engagé par lady Tremayne. Il appelle Emma, Regina et Crochet à l’aide. A Hypérion Heights, Jacinda cherche un moyen pour assister au spectacle de danse de Lucy.

Critique :

Parfois lent et avec peu de matière, cet épisode contient pourtant pas mal de germes qui pousseront dans les suivants. Il clôt l’introduction de la saison en soldant la présence d’Emma (qui trouve là une belle porte de sortie) tout en trouvant un moyen de conserver Crochet et Regina dans le jeu. En revanche, toutes les scènes à Hypérion Heights sont grandement pénibles par leur réalisme sauvé de la banalité par les acteurs.

Clairement, la série installe lady Tremayne/Victoria Belfrey dans le rôle de l’antagoniste. Pour l’instant, ses motivations restent floues mais la détermination qu’elle met dans ses actions ainsi que cette étrange angoisse qui semble la tenailler en font un adversaire redoutable que Gabrielle Anwar campe avec brio et éloigne du « modèle » de Regina façon saison 1. Robert Carlyle a plus de temps de jeu ici et il joue le lieutenant Weaver comme il a joué Rumpelstilskin, mettant en exergue l’ambigüité chez un personnage qu’on pourrait trop vite qualifier. Reste qu’un policier aux méthodes « limites », ce n’est pas ce qu’on peut appeler un personnage original. Son association avec Colin O’Donoghue, qui joue parfaitement l’enquêteur débutant, peu sûr de lui mais plus fort intérieurement qu’il ne le paraît, est amusante pour qui connaît la série mais, sinon, ce n’est qu’un énième tandem mentor/élève.

Colin O’Donoghue est le personnage central ici car il joue trois rôles en fait. Le capitaine Crochet, qui vient secourir Henry (pris comme cible par Tremayne), le lieutenant Rogers qui sauve Henry (pris pour cible par Victoria) et le capitaine Crochet alternatif du Royaume des Vœux ! L’acteur irlandais s’amuse à jouer cette version mal dégrossie de son personnage mais aussi réussit à lui insuffler une épaisseur morale qu’on n’aurait pas cru. Si les deux segments se distinguent par une classique opposition jour/nuit, ils se concluent de la même façon.

Anecdotes :

  • Cet épisode devait marquer la dernière apparition de Jennifer Morrison dans la série (son dernier jour de tournage était le 19 juillet 2017), pour offrir ainsi une conclusion à son personnage d’Emma Swan. Cependant, après l’annonce de l’annulation de la série à la fin de cette septième saison, l’actrice décide de faire son retour à l’occasion du dernier épisode.

  • Le Royaume des Vœux est un univers alternatif apparaissant pour la première fois dans l’épisode 6-10 : Trois Voeux.

  • La musique de ballet au récital de la fille de Cendrillon, Lucy, est en fait l’ouverture de l’opéra de Rossini, La Cenerentola (Cendrillon).

  • Alison Fernandez/Lucy : actrice américaine vue au cinéma dans Ninja Turtle (2014) et Logan (2017) ; vue à la télévision dans New York Unité spéciale (10 épisodes, 2011-2015), Orange is the new black (4 épisodes, 2013-2015), Jane the virgin (2016-2017).

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3. ANASTASIE
(THE GARDEN OF FORKING PATHS)

Scénario : Brigitte Hales et David H. Goodman

Réalisation : Ron Underwood

Résumé :

Autrefois, Cendrillon rencontre la princesse Tania qui lutte contre Tremayne mais celle-ci dispose de quelque chose qui effraye Cendrillon. A Hypérion Heights, Victoria veut détruire un jardin partagé. Lucy est certaine qu’elle veut déterrer quelque chose.

Critique :

Avec cet épisode, on entre dans le vif du sujet avec le plan de Tremayne/Victoria ; quel que soit le monde dans lequel elle se trouve, elle poursuit le même sinistre plan. Gabrielle Anwar montre une nouvelle et effrayante facette de son personnage : une folle meurtrière prête à tout pour accomplir une besogne impossible, un véritable blasphème. Dans les deux mondes, cette révélation s’accomplit dans les mêmes couleurs : l’ocre et l’obscur. On découvre également l’origine de la haine inexpiable de lady Tremayne envers Cendrillon ainsi que la cause de la culpabilité qui ronge celle-ci et la rend impuissante.

Ces scènes entre Gabrielle Anwar (une des meilleures antagonistes depuis longtemps) et Dania Ramirez sont les meilleures de l’épisode et le rehaussent fortement. A la froideur hautaine de la première répond l’émouvante fragilité de la seconde. On appréciera aussi le regard que lance Cendrillon à Henry : Twilight à côté, c’est polaire ! Les scènes qui sauvent ensuite l’épisode sont celles entre Cendrillon et Regina parce que l’expérience de la seconde sauve la première. Avec netteté mais sans aigreur ni dolorisme, la Reine, à la lumière de ce qu’elle a vécu, comprend ce que vit l’ancienne souillon et sa perspicacité renverse la situation et restaure l’espoir en Cendrillon. Il n’est pas sans humour que de remarquer que ce qui a maintenu en vie Blanche-Neige quand elle luttait contre la Reine sert aujourd’hui à cette même Reine pour lutter contre un autre despote !

Le reste de l’épisode est nettement plus quelconque. Tout ce qui se passe à Hypérion Heights sert à meubler, hormis les troublantes scènes finales. La symétrie des scènes entre les mondes ne surprend pas puisque c’est là-dessus que s’est bâtie la série mais, là, on frise le systématisme. Les trois conspirateurs ressemblent plus à une bande de guérilleros d’opérette qu’à une résistance organisée. La preuve est également faite que le côté policier lasse plutôt qu’il anime.

Anecdotes :

  • Avec cet épisode, il est montré que dans l’épisode 1 de cette saison, la princesse qui avait refusé les amuse-gueules en disant : « Euh non, cuisse de grenouille » était en fait Tiana du film La Princesse et la grenouille.

  • Clin d’œil au spectateur quand Roni s’exclame : « Je suis faite pour être reine » !

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4. AUX CONFINS DES ROYAUMES
(BEAUTY)

Scénario : Leah Fong et Dana Horgan

Réalisation : Mick Garris

Résumé :

Autrefois, Rumpelstilskin cherche à se débarrasser de la dague. A Hypérion Heights, Weaver est chargé par Victoria d’en finir avec une sauvageonne nommée Tilly.

Critique :

« Les choses changent » proclame Tilly et, effectivement, il y a quelques variations dans l’air mais c’est vraiment mené de façon plan-plan. A l’instar de la saison 1, la saison 7 s’est dotée de son « voyant », un être qui a des visions de la vérité. Mais, là, où le Chapelier fou était réellement éveillé, Tilly alias Alice est à moitié folle car le réalisme obère cette saison qui joue avec le pied sur le frein. Rose Reynolds profite de son temps de jeu pour tenter de densifier son personnage mais les énigmes de Tilly finissent par lasser. Pas de surprise qu’elle ne puisse aller jusqu’au bout car la malédiction fonctionne toujours. Quoique le final laisse penser que quelqu’un s’est réveillé à Hypérion Heights. Ce n’est pas pour cela qu’il s’y passera quelque chose. Autre personnage qui s’affine, Ivy, à qui Adelaïde Kane donne une allure branchée très sexy tout en étant garce avec Jacinda (superbes échanges cinglants et c’est Cendrillon qui gagne) et plutôt douce avec Henry.

L’autre segment met en scène Rumpelstilskin mais un Rumpelstilskin domestiqué ! Foin de la Bête, le maître magicien a visage humain et n’aspire qu’à une vie auprès de Belle. Le maquillage pour vieillir Émilie de Ravin est appliqué avec délicatesse et on la voit vraiment vieillir. Il ne se passe rien dans ce « confins des Royaumes » mais c’est magnifique, plein de douceur et délicatesse ; beaucoup d’émotion aussi quand Belle achève son parcours. Robert Carlyle est époustouflant de justesse. En revanche, il faut interdire d’ordinateur ceux qui ont conçu les effets spéciaux de ce « confins » car on atteint le nadir de la nullité en la matière. C’est hideux, c’est épouvantable mais, heureusement, c’est bref.

En revenant dans son monde, Rumpelstilskin croise Alice pour la première fois. C’est le lien qui explique la connivence Weaver/Tilly mais cela montre que le personnage d’Alice/Tilly est bien plus central qu’on ne l’aurait pensé.

Anecdotes :

  • Le 22 juillet 2017, il a été confirmé qu’Emilie de Ravin (Belle) et Giles Matthey (Gideon) reviendraient pour cet épisode.

  • La musique qui a été jouée pendant que Belle et Gold dansaient chez eux était le thème des films de La Belle et la Bête.

  • Ivy se demande pourquoi Jacinda n’a pas été « exilée au Canada ». C’est précisément au Canada que la série est tournée !

  • Le cocktail de Roni s’appelle « la pomme empoisonné » : scotch, schnaps, glace carbonique et cannelle.

  • « Victoria veut que je redevienne petite » lance Tilly. Allusion à une scène bien connue d’Alice au Pays des Merveilles.

  • Gabrielle Anwar/Victoria Belfrey : actrice anglaise, vue au cinéma dans Pour une nuit d’amour (1988), Le temps d’un weekend (1992), Les trois mousquetaires (1993) mais, principalement, à la télévision : Mystères de la jungle noire (1991), Beverly Hills (1992), The practice : Bobby Donnell & Associés (2001), Sherlock (2002), Les aventures de Flynn Carson-le trésor du roi Salomon (2006), Les Tudors (2007), Burn Notice (2007-2013).

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5. LE RUBIS LUCIOLE
(GREENBACKS)

Scénario : Adam Karp et Christopher Hollier

Réalisation : Geofrey Hildrew

Résumé :

Autrefois, la princesse Tiana rencontre l’étrange Docteur Facilier. A Hypérion Heights, Sabine convainc Jacinda de se lancer dans la fabrication de beignets.

Critique :

Quasiment dénué d’intérêt, cet épisode lasse par la faiblesse de l’avancée de l’intrigue et son inquiétant surplace.

Le segment « magique » est consacré à raconter l’histoire de Tiana, personnage pratiquement créé par Disney pour son film La Princesse et la Grenouille. La production de la série tente ici de séduire un public jeune plus familier des longs métrages de la firme de Burbank que des contes de fées. Mekia Cox hérite de ce rôle et se débrouille plutôt bien mais son histoire n’intéresse que fort peu. La dimension vaudou est réduite soit au charlatanisme soit à la magie la plus banale. Daniel Francis la joue mystérieux et veut avoir un sourire carnassier. Soit mais le personnage est trop peu développé pour être intéressant.

Symétriquement, Mekia Cox hérite du temps de présence le plus important pour Sabine à Hypérion Heights. Le problème, c’est qu’on s’en moque de ses histoires de beignets ! On se croirait n’importe où mais pas dans Once upon a time !! C’est d’un banal que de voir les héros se débattre avec l’adversité ; on en a tellement vu avant et de bien mieux. Le plus intéressant, c’est de voir le jeu d’intrigues croisées entre Victoria et sa prisonnière d’un côté et entre Ivy, pardon Javotte (ce qui signale qu’elle est éveillée), et la même prisonnière. Gabrielle Anwar, Adelaïde Kane et Emma Booth composent un trio qui apporte les meilleures scènes et les jeux de manipulation et de tromperies réciproques entre leurs personnages sont très intéressants à suivre et potentiellement palpitants. Le souci, ici, est que ces mêmes éléments peuvent se lire d’une manière très prosaïque et qu’on attend autre chose de la série.

Anecdotes :

  • La Princesse et la Grenouille : 115ème long-métrage d’animation et 49ème « Classique d’animation » de Disney sorti en 2009 et lointainement adapté du conte des frères Grimm, Le Roi Grenouille.
  • Mekia Cox/Sabine : actrice américaine, vue à la télévision dans Les Experts : Manhattan (2005), 90210 Beverly Hills-Nouvelle génération (2009-2011), Undercovers (2010-2012), Gotham (2014), Chicago Med (2016-2019).

  • Robin Givens/Eudora : actrice américaine, vue à la télévision dans Sois prof et tais-toi ! (1986-1991), Le Prince de Bel-Air (1994), Sparks (1996-1998), House of Payne (2007-2008), Drop Dead Diva (2010), 90210 Beverly Hills-Nouvelle generation (2013), Lucifer (2016), Riverdale (2017-2019).

  • Daniel Francis/Dr Facilier : acteur anglais, vu à la télévision dans Londres police judiciaire (2010), Homefront (2012).

  • Absence de Robert Carlyle

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6. RÉVEIL FORCÉ
(WAKE UP CALL)

Scénario : Jérôme Schwartz et Jane Espenson

Réalisation : Sharat Raju

Résumé :

Dans le monde magique, Regina apprend la magie à Javotte. A Hypérion Heights, Henry se rapproche de Jacinda.

Critique :

Plus près, si loin. Dans cet épisode, les personnages jouent volontairement ou à leur corps défendant le jeu délicat du rapprochement et de l’éloignement. A tout jeu, il faut un maître et, pour celui-ci, c’est Javotte qui tient le rôle et d’une main aussi ferme que bien manucurée (et les fans de séries télé savent combien sont dangereux les personnages aux mains bien manucurées).

Le rôle grandissant de Javotte avait été bien accompagné par une Adelaïde Kane qui monte en puissance et a réussi à passer de souffre-douleur soumis à Maman à diablesse. Du coup, on se demande si l’antagoniste, ce ne serait pas plutôt elle ! Que ce soit à Hypérion Heights ou dans le monde magique, elle mène son monde, non pas à la baguette mais en jouant sur son image de fille sage et attentive. Il faut voir la savante et effroyable manœuvre qu’elle mène pour noircir son cœur et battre sa mère. Sur cette scène, Adelaïde Kane en remonte à Gabrielle Anwar qui rend parfaitement combien Tremayne est sur la défensive. Symétriquement, Victoria est en retrait à Seattle et sa fille mène ses affaires dans son dos. La symétrie entre les mondes apporte enfin le dynamisme et la profondeur qui manquaient aux intrigues.

Le maître mot autour de Javotte, c’est cruauté. Son discours haineux et qui fait froid dans le dos par sa froideur montre le gouffre creusé entre elle et sa mère. Alors que Regina avait esquissé un rapprochement professeur/élève avec elle (montrant qu’elle est douée pour transmettre mais Javotte n’est pas Emma), la voilà brusquement rejetée. Alors qu’Henry et Jacinda amorcent le rapprochement qui doit conduire à renouveler les vœux d’Henry et Cendrillon, la diabolique jeune fille réveille Regina et la charge d’y mettre fin. La cruauté qu’elle distille dans son discours n’a d’égal que le plaisir qu’elle prend à faire souffrir son ennemie ; n’a d’égal que la souffrance éprouvée par une Regina qui n’a pas le choix. Et qui n’a d’égal que le désarroi violent du spectateur éprouvé par la symétrie des scènes finales dans les deux mondes qui appelaient tant d’amour. Un amour désormais mortifère !

Anecdotes :

  • Henry dit à Roni que, malgré tous les chiens errants, Bella Notte a de bonnes pizzas. Dans le film de Disney La Belle et le clochard de 1955, le chef du restaurant Tony’s offre aux deux chiens un dîner de spaghetti romantique pendant que l’on entend la chanson « Bella Notte ».

  • Si la version française dit « Javotte », la version originale parle de « Drizella ».

  • Adelaïde Kane/Javotte : actrice australienne, vue au cinéma dans American Nightmare (2013) mais surtout à la télévision : Power Rangers RPM (2009), Teen Wolf (2013), Reign-Le destin d’une reine (2013-2017). Elle sera récurrente cette saison.

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7. ELOISE GARDENER
(ELOISE GARDENER)

Scénario : Brigitte Hales et David H. Goodman

Réalisation : Alex Kalymnios

Résumé :

L’obstination du lieutenant Rogers à retrouver Éloïse Gardener provoque la colère de Victoria Belfrey. Dans le monde des vœux, le capitaine Crochet « alternatif » se lance à l’assaut d’une Tour enchantée.

Critique :

Trahison. Voilà le maître mot de l’épisode. Dans tous les mondes on trouve soit des « bonnes poires » soit des êtres à trahir. Et il y a l’embarras du choix pour les motifs.

Colin O’Donoghue est à l’honneur dans les deux segments de cet épisode. Comme il s’agit du « monde des vœux », il interprète donc le capitaine Crochet qui n’a pas connu la malédiction. Voici donc son histoire et elle est touchante car, sous la défroque du pirate, l’acteur rend palpable la sincérité et la profonde noblesse de son personnage. Mais sa naïveté lui jouera des tours (en fait, une seule !) face à la sorcière nommée Gothel. A Hypérion Heights, le lieutenant Rogers va réussir à aller malgré tous jusqu’au bout et à retrouver « Eloïse Gardener ». Or, c’est la même personne que Gothel ! Et une sorcière qui effraye Victoria Belfrey n’est clairement pas à prendre à la légère. Après avoir tant manipulé autrui, c’est au tour de l’altière Victoria d’éprouver le goût amer de la trahison. Et l’on n’est jamais mieux trahi que par les siens. Il y a un autre genre de trahison, celle que l’on commet avec de bonnes intentions. Voir Regina savonner la planche de la relation naissante entre Henry et Jacinda fend le cœur et l’actrice restitue avec force le déchirement qu’éprouve Regina. Dernière trahison, celle que l’on commet contraint et forcé : Tilly trahit Rogers qui la punit par son dédain. Sobre mais violent.

L’épisode, très bien réalisé et aux très beaux décors (la Tour notamment), recèle pourtant un vice problématique. En effet, c’est à partir de là que s’opère franchement la réécriture du passé de la série. La Tour, que gravit d’ailleurs avec une facilité invraisemblable Crochet, est celle qui retient prisonnière Raiponce. Ici, c’est une demoiselle blonde, coiffée à l’allemande du temps des frères Grimm. Or, le personnage est déjà apparu dans la série (épisode 3-14) et il était joué par Alexandra Metz qui est métisse ! Rien de dramatique pour le moment mais c’est un indice déjà inquiétant.

Anecdotes :

  • Lorsque Tilly parle à l’homme sous le pont qui vend des montres volées, le visage de sa montre est surmonté d’un Mickey Mouse noir et blanc.

  • Emma Booth/Mère Gothel/Éloïse Gardener : actrice australienne, surtout active à la télévision : Bush Patrol (1996-1997), All Saints (2007), Glitch (2015-2019). Elle sera récurrente cette saison.

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8. AU PAYS DES MERVEILLES
(PRETTY IN BLUE)

Scénario : Leah Fong et Dana Horgan

Réalisation : Ralph Hemecker

Résumé :

Autrefois, dans le monde magique, Cendrillon se rend au Pays des Merveilles pour avoir des réponses sur un élément de son passé. A Hypérion Heights, Jacinda fait appel à son ex pour récupérer sa fille.

Critique :

Beaucoup de choses dans cet épisode d’où une impression de brouillon. On retrouve la « résistance » mais qui n’a pas l’air d’avancer beaucoup. Quant à la situation dans le « monde réel », elle se rapproche dangereusement de la zone du soap et ce n’est clairement pas ce que l’on attend.

Chronologiquement, le segment magique se déroule après les évènements survenus dans l’épisode précédent mais on ajoute l’élément du « cœur empoisonné » qui sépare les êtres qui s’aiment mieux que la mort puisqu’en sus, cette magie les fait cruellement souffrir. Et quand on dit « cruauté », on entend « Javotte ». Elle est très à son aise dans le Pays des Merveilles – qui a plus une allure à la Tim Burton qu’à la Disney - sans qu’on sache trop comment elle y est venue (Henry non plus d’ailleurs). Par contre, la manière dont elle en sort est bien trop facile pour être crédible. Tout ce passage n’a pour but que de densifier Cendrillon à qui Dania Ramirez confère beaucoup de dignité et donne de la véracité à sa tristesse et à son amertume. Mais tomber amoureuse du petit-fils de Blanche-Neige présente le risque de se laisser contaminer par le virus familial : l’espoir, et son corollaire, le risque. C’est très beau et Andrew J. West donne aussi parfaitement la réplique, jouant un Henry, qui se retrouve à prendre lui aussi des risques. Héros, c’est un métier mais, dans sa famille, Sauveur est un sacerdoce ! En revanche, deuxième réécriture fâcheuse de la série quand nous présente « Jack », qui combattit les Géants. Sauf que le personnage est déjà apparu là aussi et qu’il s’agissait d’une femme, Jack étant le diminutif de Jacqueline (2-13) ! La réécriture du passé n’est clairement pas un accident ; c’est un choix scénaristique.

Le segment à Hypérion Heights est très lent et très haché. Si Adelaïde Kane est toujours très bien (et elle a la meilleure réplique quand elle ironise sur « le méchant qui dit tout dans un monologue » et s’en va !) mais, si son but est désormais clair (à défaut d’être très moral), ça n’avance pas vite. Le seul véritable intérêt est de faire survenir Nick, l’ex de Jacinda et dont la vraie fonction est de rendre Henry jaloux pour qu’il saisisse qu’il est amoureux de la jeune femme. L’entendre et le voir raisonnable est douloureux. On dirait Castle donnant le feu vert à Demming pour courtiser Beckett. Évidemment, on nous serine que Jacinda aurait « encore » des sentiments pour son ex ; ce dont elle se défend bien sûr. Quelqu’un connaît un exorcisme contre les telenovelas ?

Anecdotes :

  • Le nouveau restaurant dans lequel Nick emmène Jacinda s’appelle Walrus & Company, en référence au poème « Le morse et le charpentier » dans le roman de Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir.

  • Bien que promue au rang d’actrice principale dans Le Rubis luciole, il s’agit du premier épisode dans lequel Mekia Cox est créditée en tant que personnage régulier.

  • Rose Reynolds joue Alice, fille du capitaine Crochet, interprétée par Colin O’Donoghue, alors qu’il n’a que 10 ans de plus dans la vie réelle.

  • Rose Reynolds/Alice : actrice anglaise, vue dans les séries Doctors (2014), Wasted (2016).

  • Nathan Parsons/ Jack / Nick Branson : acteur australien, surtout vu à la télévision : Nadia, le secret de l’eau bleu (doublage VO, 1990-1991), Hôpital Central (2009-2015), Tru Bloods (2014), The Originals (2014-2018), Roswell, New Mexico (2019-2020).

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9.  RIEN QU'UNE PETITE LARME
(ONE LITTLE TEAR)

Scénario : Adam Karp et Christophe Hollier

Réalisation : Steve Pearlman

Résumé :

Autrefois, Raiponce est emprisonnée dans une Tour par Gothel parce qu’elle était prête à tout pour sa famille. A Hypérion Heights, Victoria Belfrey est sur le point d’obtenir ce qu’elle voulait.

Critique :

Splendide épisode dont les deux parties sont aussi structurées et intéressantes l’une que l’autre. Le procédé de réécriture du passé est contestable en soi mais il faut reconnaître qu’ici, il permet la création d’un personnage de grande qualité, Raiponce, en renouant avec les pratiques d’antan qui consistaient à mêler des éléments de différents contes pour créer un personnage. Ainsi Rumpelstilskin était-il un mélange du lutin du conte avec la Bête et le Crocodile. Ici la Raiponce de Once upon a time mêle le personnage des frères Grimm à lady Tremaine créant Victoria Belfrey !

Meegan Warner reprend le rôle de Raiponce dans le monde magique. L’actrice y met une belle énergie, sachant être dans l’émotion sans tomber dans la mièvrerie mais montrant aussi comment la pure jeune femme a glissé dans la noirceur. Comme le dira Victoria, elle n’a fait que dire ce que disent toujours les héros ; qu’ils sont prêts à tout. Ce que les contes ne disent pas, c’est la réponse cinglante et cruelle de Gothel : « Ce sera suffisant ». Emma Booth se hisse encore plus haut et compose un personnage dont les motifs sont encore flous mais la dangerosité certaine. Du coup, entre une Victoria que l’amour maternelle a rendu folle (splendide dialogue entre elle et Rumpelstilskin autour du chagrin d’avoir perdu un être cher, sur la difficulté nécessaire d’essayer de se réconcilier avec les vivants : quelque part, c’est le débat sur le rapport entre les morts et les vivants), Javotte folle de jalousie et d’aigreur et maintenant Gothel, qui paraît pour le coup, plutôt lucide et froidement rationnelle, le spectateur voit un trio d’antagonistes pour les héros de la plus belle eau. On est loin du quatuor de méchantes sans envergure que la saison 4 nous avait offerte : ici, ce trio est magistral.

L’épisode explique pourquoi Raiponce voue un amour insensé à Anastasie et le sort tragique de celle-ci ; pourquoi entre Javotte et sa mère un gouffre a commencé à se creuser jusqu’à devenir démentiel et comment est née l’inexpiable haine de Raiponce envers Cendrillon. Pour le coup, cette Raiponce s’éloigne radicalement du personnage de Disney et c’est pleinement appréciable. Ajoutons des décors variés aussi plaisant que le jardin de Gothel (souvenons-nous que son personnage à Seattle s’appelle « Gardener » soit « Jardinier »), la Tour, la maison de Raiponce…Soulignons que Victoria accomplit ce geste emblématique de la série : elle embrasse sur le front.

Anecdotes :

  • En prison, quand Ivy dit à sa mère Victoria : « L’orange te va moins bien qu’aux femmes de la série télé », elle parle de la série Orange is the New Black.

  • Sabine compare la dague du Ténébreux à « un couteau issu d’un film de Tim Burton ».

  • Raiponce : en allemand Rapunzel, personnage de conte, son histoire est recueillie dans le premier volume des Contes des frères Grimm. Son nom vient d’une plante (la raiponce) de la famille des campanules. Les feuilles sont mangées en salade et les racines râpées ou cuites à l’eau.

  • Dans la version allemande, « Gothel » désigne d’une façon générale une marraine.

  • Raiponce est le 118ème long-métrage d’animation de Disney (2010) et le 50ème « Classique d’animation ».
  • Meegan Warner/Rapunzel : actrice américaine, vue dans les séries Beauty and the Beast (2012), TURN (2014-2017)

  • Anna Cathcart/Javotte adolescente : actrice canadienne, surtout connue pour avoir tenu le rôle de Javotte dans les téléfilms Descendants sur Disney Channel (2017, 2018, 2019).

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10. LE SABBAT DES HUIT
(THE EIGHT WITCH)

Scénario : Jane Espenson et Jérôme Schwartz

Réalisation : Ralph Hemecker

Résumé :

Autrefois, Javotte et Gothel s’apprêtent à lancer le sort noir. A Hypérion Heights, Anastasie est un objet de convoitise pour les sorcières.

Critique :

Si cet épisode est sans temps mort, il ne mène pas très loin. En effet, toute sa partie dans le passé sert à nous montrer comment a été – encore une fois, c’est la cinquième depuis le début de la série – lancé le sort noir. Il pose les enjeux (au 10ème épisode, il est temps) et explique (enfin) les difficultés dans lesquelles se débattent les personnages. Pour une fois, c’est la partie à Hypérion Heights qui est la plus intéressante. Le réveil d’Anastasie a symétriquement plongé Lucy dans le coma. Ses convictions brisées par Victoria, elle est désormais inaccessible à la médecine moderne comme à la magie traditionnelle. On a donc un fort enjeu émotionnel tout comme un élément rapprochant Henry et Jacinda.

Javotte et Gothel ont eu recours au « sabbat des Huit », une réunion de sorcières dont c’est la première fois que la série nous parle alors que tout le monde à l’air au courant. La scène sur le plateau ressemble à celle au tout début de la saison 1 quand la Reine avait échoué à lancer sa malédiction. Le décor est sublimé par les jeux de lumière et une très belle photographie. Les deux sorcières vont réussir parce qu’elles ont prévu une riposte à la contre-attaque des héros. Avouons que c’est intelligent et cruel. Cela le devient encore plus quand le spectateur comprend que les héros sont coincés : soit ils abdiquent soit l’un d’entre eux meurt et, mieux encore, la malédiction maintiendra ce héros en vie ! Les héros n’ont donc aucun intérêt à la rompre, quand bien même ils seraient réveillés ! C’est une des leçons du totalitarisme : on ne contrôle vraiment quelqu’un qu’avec son consentement.

Parmi les points positifs de l’épisode, il y a l’émotion toujours présente. Il y a Yael Yurman qui rend bien la déstabilisation d’Anastasie, perdue dans un monde inconnu et incapable de contrôler ses pouvoirs. Il y a le coup fourré final qui fait à la fois plaisir et froid dans le dos. Il y a le retour de Rebecca Mader, la sorcière aux beaux yeux, même si elle est à peu près inutile. Il y a enfin la présence de l’histoire d’amour entre Alice et Robyn, la fille de Zéléna. Contrairement à l’histoire entre Scarlett et Dorothy qui sonnait faux et se montrait sans intérêt, on a ici un vrai couple lesbien. Tant Rose Reynolds que Tiera Skovbye réussissent à faire passer de l’émotion, à rendre crédible et palpable la tendresse entre leurs personnages. Ici, c’est le moment où elles sont séparées qui est montré. Il y a donc à venir la naissance de leur amour puis leurs retrouvailles. Cette fois, les scénaristes ont une vraie histoire à raconter et non un prétexte. Et puis, c’est plus rigolo de voir la liaison entre la fille du capitaine Crochet et la fille de la Méchante Sorcière de l’Ouest ! Sacré pedigree !

Anecdotes :

  • Roni (Regina) met une potion dans du whisky MacCutcheon et la donne à Kelly (Zelena) pour l'obliger à se souvenir de sa vie à Storybrooke. MacCutcheon Whiskey est apparu pour la première fois dans Lost, où Rebecca Mader, qui joue Zéléna, a également jouée.

  • Le panneau de la ferme de Zéléna et Robyn a pour devise « There’s No Place Like Home » (« On n’est Jamais Aussi Bien que Chez Soi »), la formule permettant à Dorothy de rentrer au Kansas.

  • Yael Yurman/Anastasie : actrice américaine, vue dans la série The Man in the High Castle (2015-2018).

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11. L'ORCHIDÉE SACRÉE
(SECRET GARDEN)

Scénario : Edward Kitsis et Adam Horowitz

Réalisation : Mick Garris

Résumé :

Autrefois, la relation entre Zéléna et Robyn est tendue à se rompre. A Hypérion Heights, Zéléna et Regina cherchent le moyen de sauver Lucy mais elles se font contrer par Victoria.

Critique :

Un épisode un peu bancal car son segment « réaliste » est trop rempli qu’il en devient confus (et justement trop réaliste pour être captivant) quand son segment « magique » concentre son attention sur un seul sujet.

En fait, dans les deux mondes, c’est le même thème qui est traité : l’amour d’une mère pour son enfant. Jacinda est désespérée de voir Lucy dans le coma. Zéléna vacille face à l’hostilité de Robyn avant de se reprendre. Victoria commet sa dernière erreur (superbe prestation de Gabrielle Anwar) mais se rachète en admettant son amour pour Javotte.

En antagoniste principale, Emma Booth se pose avec talent. Elle rend perceptible par son sourire ambigu et quelque peu sinistre qu’elle cache quelque chose et quelque chose qui ne peut être qu’effroyable puisqu’elle a besoin de procéder à un sacrifice humain ! Zéléna apporte un élément d’explication quand elle rappelle que Gothel était autrefois appelée « Mère Nature ». La Nature, en tant qu’entité, n’a que faire des sentiments qui sont l’apanage des humains, avec ou sans pouvoirs magiques. Sa cruauté ne s’en explique que mieux ; ce qui n’est pas rassurant pour autant ! Face à ce monument de dureté, on apprécie l’innocence d’Anastasie (parfois appelée « Anastasia ») ou les différentes formes que prend l’amour maternel quand il n’est pas dévoyé. L’épisode est clair quand il affirme avec force que le rôle des parents est aussi de prendre en compte les désirs des enfants, de les accepter et de les aimer tels qu’ils sont.

Anecdotes :

  • La phrase de Gothel : « Tu n’as qu’à choisir la meilleure mère » est une référence à la chanson « Mother Knows Best », chanté par Donna Murphy dans Raiponce, qui contient également Mother Gothel.

  • Le code secret pour entrer dans la boutique de sorcellerie est « Memento Mori » soit « Souviens-toi que tu vas mourir ». Cette phrase apparaissait dans les œuvres d’art appelées « vanités » parce qu’elles rappelaient aux hommes leur condition.

  • Dernière apparition de Gabrielle Anwar.

  • Tiera Skovbye/Robyn : actrice canadienne, également mannequin, elle a joué à la télévision dans Pankiller Jane (2007), Supernatural (2008, 2013), Arrow (2015), Riverdale (2017-2019)

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12. LE MÉDAILLON DE LA DISCORDE
(A TASTE OF THE HEIGHTS)

Scénario : David H. Goodman et Brigitte Hales

Réalisation : Nina Lopez-Corrado

Résumé :

Autrefois, Facilier a mis Tiana au défi. A Hypérion Heights, Sabine se lance dans la production de beignets.

Critique :

Épisode résolument mineur. Beaucoup trop réaliste dans sa partie « humaine », il manque d’intérêt également dans sa partie « magique ». Mekia Cox est certes douée mais son personnage peine à intéresser.

La question du podcast d’Henry – on est résolument « moderne » à Hypérion Height ! – qui est « Que va-t-il se passer maintenant ? » est effectivement la bonne. Sans Victoria, Javotte et Gothel absentes, que reste-t-il comme antagoniste ? Facilier alias Baron Samdi dont le costume apparaît trop grand pour Daniel Francis. Vêtu en rouge et noir, il se donne de grands airs copiés sur Dracula mais n’en a ni le charme ni l’élégance. Toute sa posture est grotesque. En fait, c’est un phraseur et un poseur. Nullement un méchant sinon d’opérette. Comprendre que cet individu fut l’amant de Regina manque en outre de faire s’étrangler le spectateur ! Le nouveau venu dans la personne de Jeff Pierce ne passionne pas non plus. Très fade, celui qui se prend pour un héros est donc destiné à être le cavalier de Mekia Cox. On en est ravi pour eux et on s’en moque pas mal aussi.

Une nouvelle fois, on se moque des beignets de Sabine et l’enquête policière de Weaver (qui se fait connaître comme Rumpelstilskin par Regina et Zéléna) ferait très bien dans n’importe quelle série policière sauf qu’on ne regarde pas une série policière et que ça commence à bien faire ! Le seul fait réellement intéressant à Hypérion Heights, c’est Lucy comprenant (un peu aidée) qu’elle ne peut pas laisser se briser la malédiction maintenant ! Et c’était moins une ! Là, on sourit un peu après avoir tremblé un peu tout en se disant que les autres héros parlent beaucoup de « protéger » Henry sans faire le moindre progrès sur cette voie.

Anecdotes :

  • Un tag représentant Roger Rabbit peut être vu dans le skatepark où se déroule le festival.

  • Alors qu’il traque un alligator géant avec Tiana, Cendrillon et Naveen, Crochet se demande où est le « Crocodile ». Une référence à Peter Pan et au passé du personnage dans la série.

  • Jeff Pierre/Naveen/Drew : acteur américain, il tourne surtout pour la télévision : Les Experts (2014), Shameless (2016), NCIS (2018).

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13. LE TALISMAN MAGIQUE
(KNIGHTFALL)

Scénario : Miguel Ian Raya et Jérôme Schwartz

Réalisation : Steve Miner

Résumé :

Dans le passé, le capitaine Crochet cherche un moyen de sauver Alice mais va, en fait, tomber dans le piège tendu par Gothel. A Hypérion Heights, Weaver et Rodgers cherchent le tueur de sorcières.

Critique :

Un des épisodes les plus ennuyeux de la saison avec du bavardage incessant et des péripéties en guise d’action.

Si Colin O’Donoghue est toujours aussi bon, il rame quand même pour nous intéresser à la quête d’un hameçon qui pourrait l’aider à briser le charme qui retient Alice dans la Tour. L’ajout du capitaine Achab laisse froid d’autant qu’on a confié le rôle à un blanc-bec sans envergure et beaucoup trop jeune pour le personnage. Sera-t-il un obstacle ? A peine ! On apprécie de revoir le Ténébreux en plein délire extatique mais c’est trop peu et c’est surtout du déjà-vu. Tout juste a-t-on de la peine pour ce Crochet car nous comprenons que c’est de ce moment que date sa déchéance.

A Seattle, ce n’est plus de l’ennui ; c’est du coma. Éloïse Gardener vient tailler une bavette avec Rodgers. Emma Booth donne toujours de l’allure et une aura menaçante à son personnage mais ça ne mène nulle part. Toute l’enquête, tout le décorum policier ; tout cela ennuie par son manque d’originalité ; son manque de décalage avec le strict réalisme. On apprécie le curieux rapprochement d’Ivy et d’Henry en se demandant ce que la fille de Raiponce a en tête. Ces scènes entre Andrew J. West et Adelaïde Kane sont agréables par la douceur et la gentillesse qu’elles dégagent. Vérité ou faux-semblant ? Rose Reynolds s’agite mais le réalisme balourd de cette saison fait passer l’agitation de la « voyante » pour l’hystérie d’une folle. On peine à croire à la magie ! Voilà le crime de cette saison !

Anecdotes :

  • L’hameçon de Maui est tiré du film Vaiana, la Légende du Bout du Monde de 2016.

  • Absence de Mekia Cox

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14. LA FILLE DE LA TOUR
(THE GIRL IN THE TOWER)

Scénario : Leah Fong et Dana Horgan

Réalisation : Antonio Negret

Résumé :

Autrefois, Alice s’est échappée de la Tour grâce à un Troll qu’elle doit maintenant protéger de villageois furieux et d’une archère nommée Robyn. A Hypérion Heights, Tilly est recherchée pour meurtres et la jeune fille se sent invisible.

Critique :

Episode ambivalent. Son segment « réaliste » est assez oiseux et, si Rose Reynolds, bouge beaucoup et parle tout autant, il s’en faut de beaucoup que l’intrigue avance. Personne ne doute de son innocence mais ça manque de fantaisie. En revanche, le moyen de l’innocenter est assez bien vu et fait le pont avec le segment « magique » beaucoup plus intéressant.

Classiquement, l’épisode joue sur deux teintes. Grise de jour à Hypérion Heights, bleu de nuit dans le monde magique. C’est dans ce segment où Rose Reynolds joue pleinement Alice que l’actrice est la meilleure. Elle fait ressentir la solitude de son personnage (avec cet aphorisme : « A quoi bon être libre si l’on est seul ? »), la haine qu’elle éprouve envers la Tour où elle doit revenir, la colère et l’amertume d’être séparée de son père qu’elle chérit mais aussi le bien-être qu’elle ressent quand Alice est avec Robyn.

Comme prévue, la série nous conte la rencontre de celles qui vont s’aimer et c’est écrit avec finesse et tendresse. Leurs chamailleries d’entrée amuse et fait comme un écho à la rencontre de Blanche-Neige et de Charmant. Un beau moment, c’est lorsqu’elles se racontent leurs vies antérieures et constatent, qu’à leur façon, elles ont été seules chacune de leur côté et que cette solitude pesante peut disparaître pour autant qu’elles veulent être libres. Et si les personnes les plus intéressantes sont les plus folles, dit la fille de Robin des Bois, alors elles ont bien fait de se trouver !

Anecdotes :

  • Alice mentionne la Deuxième Étoile à Droite tirée de Peter Pan.

  • Alice allume une bougie sur un cupcake pour fêter son anniversaire, tout comme Emma l’a fait dans les épisodes 1-1 (2011) et 6-10 (2016), et Zéléna dans 5-16 (2016).

  • Alice dit qu’elle a passé 6 204 jours dans la Tour, ce qui signifie qu’elle s’est échappée le jour de son 17e anniversaire.

  • Quand Alice est dans l’épicerie Hyperion, elle s’adresse à une « Mme Lewis » et à « M. Charles ». Tous deux portent le nom de Lewis Caroll, auteur des livres originaux Alice à travers le miroir. « Charles » était le nom de naissance de Lewis Caroll.

  • Lorsque Robyn libère Alice de la cage, le treuil laisse sortir la corde et la cage remonte ; ce qui n’est pas possible.

  • L’aspect de la Tour après le départ d’Alice montre une erreur de continuité : le Troll arrache d’abord le toit ; lorsque Regina la découvre des années plus tard, il n’en reste que le pied (« Réveil Forcé », 7-6), or le sommet est de nouveau présent quand le Troll revient la démolir.

  • Lors de l’annonce du personnage au San Diego Comic-Con International 2017, Edward Kitsis a expliqué avec humour que la ré-adaptation d'Alice en saison 7 était due au manque de succès du spin-off Once Upon a Time in Wonderland.

  • Absence de Mekia Cox, Dania Ramirez et Robert Carlyle.

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15. LE CERCLE DES SŒURS
(SISTERHOOD)

Scénario : Adam Karp et Christopher Hollier

Réalisation : Ellen S. Pressman

Résumé :

Autrefois, comme aujourd’hui, Javotte cherche une sœur et craint une sorcière.

Critique :

Centré sur Adelaïde Kane, qui quitte la série à cette occasion, cet épisode relance la saison et lui redonne de l’intérêt après un sévère passage à vide.

Dans les épisodes les plus intéressants de la série, il y a un point commun : les deux segments se répondent en présentant une même histoire sous deux angles différents. L’ouverture de l’épisode donne même la lecture des deux segments : dans un cas, Javotte conclue un accord avec Gothel ; dans l’autre, elle le refuse. Mais la présence de Facilier complique la donne. Voilà enfin un épisode qui donne un peu de consistance au « chaman » (appellation grotesque puisque les vrais chamans ne sont pas des sorciers vaudous mais des prêtres des cultes indigènes) et le pose sinon en antagoniste, au moins en élément perturbateur. De son côté, Emma Booth est toujours aussi intéressante en Mère Gothel, manipulatrice de bonne facture dans une série qui en a compté quelques-uns ! Sa cruauté est toujours aussi réjouissante.

On sera plus dubitatif sur le personnage d’Henry. Même si Andrew J. West est toujours aussi sympathique, il ne se passe pas grand-chose de nouveau pour lui. On a quelque peu l’impression que les scénaristes ne savent pas trop quoi en faire. Au moins, ils ont trouvé quelques scènes agréables et le petit coup de jouer avec le destin est amusant.

Le plus beau et les meilleurs moments sont cependant ceux que l’on passe avec Adelaïde Kane qui nous régale. En jouant sur les temporalités, le scénario permet à l’actrice de jouer diverses facettes du personnage et au spectateur de mesurer la distance qui sépare la Javotte du sabbat des sorcières de celle d’Hypérion Heights. Elle n’a jamais été vraiment libre autrefois et sa haine, sa colère ; tout a été motivé par un cuisant sentiment de solitude. C’est ce que prouve son attitude avec Gretel tout comme son comportement avec Anastasie. Elle a les meilleures répliques, de superbes discours sur l’amour sororal. C’est sur un parcours réussi qu’elle quitte la série.

Anecdotes :

  • Le lieu de tournage du Flynn’s Barcade se trouve à quelques pâtés de maisons de la rue Clarkson, à partir des extérieurs du Roni’s Bar et du commissariat de police. Flynn's Barcade est tiré du film Tron.

  • Pendant la scène d’arcade, à certains moments, un son de jeu vidéo très important ne figure pas dans la scène. Ce jeu est Space Firebird, créé par Nintendo en 1980.

  • Sara Canning/Gretel : actrice canadienne, surtout active à la télévision : Smallville (2008), Vampire Diaries (2009-2017), Supernatural (2012), Hell on Wheel (2014), Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (2017-2018), Take Two (2018).

  • Absence de Mekia Cox 

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16. LE GRAND TOURBILLON
(BREADCRUMBS)

Scénario : Jane Espenson et Jérôme Schwartz

Réalisation : Ron Underwood

Résumé :

Autrefois, Henry cherche son histoire en compagnie de Crochet. A Hypérion Heights, il aide Weaver et Rogers à identifier le tueur de sorcières. Et le trouve.

Critique :

Très riche, cet épisode se disperse un peu mais a le mérite de faire d’Henry son héros. Il était temps !

Que ce soit dans le monde magique ou dans celui qui ne l’est pas, son but est le même : trouver sa place. Autrefois, il cherchait une aventure (superbe scène de tempête ; pour une fois qu’on a des effets spéciaux de qualité !), écrasé par la figure héroïque de ses grands-parents (un bon point pour les scénaristes qui ont osé relever que descendre d’une lignée de héros n’est pas quelque chose de simple). A Hypérion Heights, il a une opportunité de boulot…à New York, soit loin de Jacinda. Finalement, il ne partira pas (ça, on s’en serait douté) mais ce ne sera pas de son fait.

On commence tout doucement à quitter la piste strictement réaliste concernant le « tueur au chocolat » qui assassine les sorcières, pardon les membres d’une secte. C’est encore timide mais on avance. Sauf que le personnage de conte qui est derrière tous ces meurtres est une complète réécriture d’un personnage déjà vu dans la série et c’est gênant. Tout comme le fait qu’il apprécie d’entendre son « vrai nom » ; cela rappelle le Chapelier Fou de la saison 1. La volonté homicide en plus.

Jane Espenson et Jérôme Schwartz sont aussi des cœurs tendres. Ils ne se résolvent pas à brouiller Zéléna…pardon Kelly et Margot (avec un « T » à la fin) et ajoutent une pointe de poésie et de tendresse en faisant de Tilly la confidente de Margot qui lui donne le bon conseil. On ne peut que sourire à cette scène.

Anecdotes :

  • Le nom de famille de Kelly se révèle être West… puisque Zéléna est la méchante sorcière de l’Ouest.

  • Comme on peut le voir sur le téléphone de Jacinda, l’adresse de Henry est 23 King Street, Seattle, WA ; ce qui en réalité est une intersection sous une autoroute surélevée.

  • Absence de Lana Parilla

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17. MAUVAISE CARTE
(CHOSEN)

Scénario : Paul Karp et Brian Ridings

Résumé :

Autrefois, Zéléna eut une rencontre houleuse avec la famille d’Hansel. Aujourd’hui, ce dernier veut tuer la sorcière.

Critique :

Pour son avant-dernière apparition dans la série, Rebecca Mader a droit à une belle et forte histoire que Lana Parrilla met plutôt bien en boîte à quelques longueurs près et une fin qui se traîne un peu. On aurait aimé que l’avant-dernière scène permute avec la dernière pour plus d’impact émotionnel. Mais l’un dans l’autre, c’est un des meilleurs épisodes depuis longtemps et, à ce stade, on prend.

Si on ne saisit pas bien pourquoi Nick s’obstine à garder Henry (même s’il n’est pas pensable de se passer d’Andrew J. West et c’est sûrement la raison cachée), reconnaissons à Nathan Parsons qu’il est très juste dans son rôle à multiples facettes. Il montre bien le déséquilibre psychologique de Jack/Hansel mais aussi rend visible le besoin qu’il aurait qu’Henry comprenne et surtout que le « vrai » Henry sache tout et comprenne tout. Mais, obstiné comme sa mère, le podcasteur refuse d’admettre la vérité et a même un monologue d’une rare virulence envoyant valser le monde des contes ! Un discours que l’Emma de la saison 1 n’aurait pas renié !

Si Jack est si déséquilibré, c’est qu’Hansel a vécu un cauchemar étant enfant. Le petit plus de la série, une idée brillante comme la série en a désormais peu mais dont elle fut prodigue autrefois, c’est d’y ajouter Zéléna. Certes, on tique sur la défaite expresse et beaucoup trop facile de la méchante sorcière de l’Ouest face à la sorcière au pain d’épices mais Rebecca Mader emporte sans encombre notre conviction par son jeu nuancé tantôt forte et cruelle tantôt faible et sensible ; mais surtout elle rend palpable le désir de changement de Zéléna. La maîtresse du pays d’Oz est fatiguée. La méchanceté est une boisson enivrante mais elle ne soutient qu’un temps. Tout le passage avec le bûcheron aveugle est traité avec beaucoup de sensibilité. Il est dommage que la série « oublie » que le rôle du père d’Hansel et Gretel avait été déjà tenu avec talent par Nicholas Lea (1-9) tout comme celui de Jack (par Cassidy Freeman) ; ce qui gâche le personnage. Dommage certes mais les bons côtés l’emportent aisément sur les mauvais dans cet opus qui a su dire au revoir (même si elle fera une apparition dans le final) à la meilleure des sorcières et à son excellente interprète.

Anecdotes :

  • Cet épisode est le premier réalisé par Lana Parrilla. Elle savait précisément ce qu’elle voulait et, notamment, que l’intérieur de la maison en pain d’épices inspire l’horreur.

  • C’est le 150ème épisode de Once Upon a Time.
  • Hansel garde Henry dans son appartement de l’unité 1812. C’est la même année que le conte de fées de Grimm original a été écrit.

  • Mickey caché : alors que Jacinda prépare le petit-déjeuner, on remarque que les pancakes ont la forme de petites têtes de Mickey Mouse.

  • L’intrigue de l'épisode en flash-back se rapproche beaucoup de celle de « Hansel et Gretel » (1-9) : Regina et Zéléna affrontent chacune une sorcière vivant dans une maison en pain d’épice, et rencontrent toutes les deux le père des jeunes jumeaux Hansel et Gretel avant d’être rejetées par eux. Zéléna lisait justement le conte Hansel et Gretel à Robyn peu avant son accouchement (5-8).

  • Chilton Crane/Hilda, la Sorcière aveugle : actrice américaine, elle travaille surtout pour la télévision : 21 Jump Street (1988), X-Files (1994, 1995, 1997), Highlander (1995), Au-delà du réel : l’aventure continue (1997, 2001),  La Treizième Dimension (2003), Les 4400 (2004-2007), Star Gate SG-1 (2005), The L Word (2006, 2007), Supernatural (2006, 2012, 2019), V (2011), Fringe (2012), iZombie (2017)

  • Le rôle de la sorcière avait précédemment été tenu par Emma Caulfield.

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18. LA GARDIENNE
(THE GUARDIAN)

Scénario : David H. Goodman et Brigitte Hales

Réalisation : Geofrey Hildrew

Résumé :

Dans le passé, Rumpelstilskin soumet Alice à une épreuve pour savoir si elle est la Gardienne qu’il espère. A Hypérion Heights, Tilly entend des bourdonnements qui la perturbe.

Critique :

Comme souvent, l’épisode est ambivalent avec une partie « magique » infiniment plus intéressante que la partie « réaliste » dont on ne sait pas où elle va.

Un des rares enjeux clairs de cette saison, c’est la possibilité pour Rumpelstilskin de déposer la dague entre les mains d’un « Gardien » (une Gardienne en fait) renonçant à être le Ténébreux (et donc à l’immortalité). Depuis l’épisode 7-4, on sait que l’objectif du maître magicien est de retrouver Belle. Le parallèle peut être fait avec Zéléna à l’épisode précédent ; de même que la méchante sorcière de l’Ouest s’était lassée de sa méchanceté, le Ténébreux (rongé par le Mal qui lui fait perdre l’aspect humain qu’il avait en début de saison) commence à flancher sous le poids des siècles et en l’absence de toute raison de vivre. Comme il le dit très bien, l’immortalité est une « autre Tour », une prison. Autrement dit, une malédiction.

L’épisode offre trois tandems inégaux. On assiste à l’approfondissement des sentiments entre Tilly et Margot à Hypérion Heights. Il suffirait de peu de choses pour qu’Alice et Robyn percent les carapaces dont elles sont affublées. Cela prouve que la malédiction lancée par Gothel fonctionne toujours mais que les choses bougent jusqu’au point de rupture. Mineur mais touchant. Résolument déséquilibré est le tandem Facilier/Rumpelstilskin. Faire passer le charlatan vaudou (et au passage, le vaudou est une véritable religion. Le placer au même rang que la magie est un manque de respect complet et le signe d’une méconnaissance certaine) pour un rival du maître magicien est risible. Dans le monde magique, il ne fait pas le poids et, dans le monde sans magie, il n’est qu’un beau parleur qui s’en tire avec des phrases creuses et des sourires prétendument menaçant. Le troisième tandem est le plus fort car il est l’arc-boutant de cet épisode, c’est celui de Rumpelstilskin et d’Alice. Robert Carlyle, toujours impeccable, retrouve ici les accents fous de son personnage et c’est glaçant et inquiétant de l’entendre parler comme la Bête d’autrefois alors qu’Alice est à ses côtés ! Son duo avec Rose Reynolds fonctionne parfaitement et nous offre de beaux moments. Quant au final de l’épisode, il souffle brusquement le chaud et le froid.

Anecdotes :

  • Les premières images reprennent les dernières de l’épisode précédent mais les montre différemment.

  • La librairie à laquelle Alice / Tilly emmène Robyn s’appelle Dodgson’s Books. (Le nom est brièvement lu sur la porte.) Charles Dodgson est le vrai nom de Lewis Carroll, auteur d’Alice au pays des merveilles.

  • À partir de cet épisode, Robert Carlyle a dépassé Jennifer Morrison en tant que membre du casting avec le deuxième plus grand nombre d’apparition au cours de la série.

  • L’épisode a été diffusé pour la première fois le 4/20 (le 20 avril) aux États-Unis, vers 14 h 28. Lorsque Tilly (Alice) et Margot (Robyn) entrent dans la librairie, le numéro sur la porte étant également le 420.

  • Absence d’Alison Fernandez et Mekia Cox.

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19. LA CLÉ DU BOSQUET
(FLOWER CHILD)

Scénario : Edward Kitsis et Adam Horowitz

Réalisation : Tessa Blake

Résumé :

Autrefois, Gothel était fascinée par les Humains. Devenue Mère Gothel, elle veut les éradiquer.

Critique :

Enfin il se passe quelque chose à Hypérion Heights ! Le très lent puzzle commence à se mettre en place avec la révélation du plan de Gothel, le grand méchant de cette saison, même si par intermittence et dont on avait du mal à tout suivre. C’est désormais plus clair. Le puzzle s’agence aussi pour Henry et Jacinda, Tilly et Rogers mais il manque les maîtres magiciens du monde des contes, la Reine et Rumpelstilskin. Et ils manquent vraiment.

L’essentiel de l’épisode tient en un laborieux exercice de présentation des origines de Gothel et du pourquoi de son plan. Emma Booth profite à plein du temps de jeu qu’on lui donne et elle est excellente, montrant notamment le désarroi de Gothel lorsqu’elle comprend qu’elle a été trahie et quelles horribles conséquences ont eu ses actes. Par contre, la naïveté ne lui sied pas. Elle est plus convaincante en Mère vengeresse et en génie du Mal. Sans être mal fait, c’est un récit fort peu original sur le fond. Sans compter le maquillage atroce et les robes épouvantables des nymphes du bosquet.

La constitution du sabbat des sorcières met en branle le final mais la malédiction exerce encore son emprise malgré les efforts de Lucy alliée à Facilier (pourquoi n’est-on pas surpris que le sorcier échoue ?) et l’aboutissement du rapprochement de Jacinda et Henry. La vérité commence pourtant à se faire mais sous forme d’affirmations et non de souvenirs. En fait, Gothel et Facilier ont raison sur un point, et ce pourrait être le résumé de cette saison : il y a trop peu de magie.

Anecdotes :

  • L’histoire de Gothel ressemble à celle de Carrie, héroïne du roman éponyme de Stephen King. Elle est abordée par des filles qui la haïssent mais qui font semblant de l’apprécier. Ignorant les conseils de sa mère, elle se rend à un bal où elle se fait cruellement humilier. Pour se venger, elle utilise ses pouvoirs pour tuer la quasi-totalité des personnes présentes.

  • Bruce Blain/sergent Ryce : acteur canadien, vu à la télévision dans Supernatural (2013, 2015), iZombie (2016),Timeless (2016), DC : Legends of Tomorrow (2017), Riverdale (2017-2019), Arrow (2018).Il est récurrent sur cette saison.

  • Absence de Mekia Cox, Lana Parilla et Robert Carlyle

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20. L'AUTRE MOI
(IS THIS HENRY MILLS?)

Scénario : Dana Horgan et Leah Fong

Réalisation : Ron Underwood

Résumé :

Le sort de Gothel est sur le point d’être lancé. Lucy et Regina échouent à réveiller Henry mais un évènement inattendu fait tout basculer.

Critique :

Quelque part, la nécessité pour Henry de croire en la magie pour que les héros puissent vaincre Mère Gothel fait en creux et implicitement la critique de cette septième et ultime saison : la rationalisation à outrance et le réalisme à tout crin ont retiré sa magie à la série et les spectateurs ont cessé d’y croire.

C’est une histoire solide qui nous est proposé ici. Le cynisme tranquille de Gothel s’appuie sur un fait indéniable : les adultes n’ont plus la même capacité d’y croire que les enfants. Voilà pourquoi ce sont des enfants, Henry tout d’abord puis Lucy qui impulsent le processus menant au réveil de ceux qui se sont endormis. Lovecraft, dans ses récits sur le monde du rêve, parlait déjà de rêves qui sont plus vrais que la situation censée être la réalité. Le scénario pose également les questions sur l’identité : qui suis-je ? se demande Henry et cette question lancinante, qui lançait la saison, trouve ici sa réponse. Le dyptique de scènes entre Hypérion Heights et Storybrooke est une idée géniale. Andrew James West réalise ici sa meilleure prestation ; son monologue déchirant face à Regina, l’aveu qu’il voudrait croire pour que sa souffrance cesse mais ne le peut, désarçonné psychologiquement comme il l’est, sonne juste et donne à voir un homme brisé par le chagrin et rongé par l’amertume.

C’est par le geste des héros d’Once upon a time qu’il parviendra finalement à rompre la malédiction comme un retour des choses puisque, c’est en l’embrassant lui qu’Emma avait brisé la première. Bel hommage. Rose Reynolds est également superbe, inquiétante lorsqu’elle est envoûtée, radieuse quand Alice reconnaît son grand amour Robyn, déterminée lorsqu’elle affronte Gothel. L’union fait la force et l’amour est un ciment puissant et la plus puissante des magies. Toute la série le proclame.

Véritable conclusion de la saison, cet épisode se prolonge d’un appendice qui solde le sort de Facilier dont on se débarrasse d’autant plus aisément qu’il n’a jamais servi à rien, et lance le grand final de la série.

Anecdotes :

  • Cet épisode a réalisé la plus mauvaise audience historique de la série, en termes de nombre de téléspectateurs, en passant sous la barre des 2 millions de fidèles, et en termes de part de marché sur les 18-49 ans.

  • Leah Fong trouvait « dingue » de travailler dans une série où un personnage se parle à lui-même. « Mais ici, tout est possible ».

  • Premier épisode de cette saison où Granny apparaît.

  • En voyant le cercle de sorcières, Robyn déclare : « Une fois, je suis allé à une cérémonie d’Ayahuasca (chamanique en VF) à Iquitos. » L’Ayahuasca est un breuvage chamaniste amazonien utilisé pour les cérémonies religieuses. Iquitos est une ville du nord du Pérou qui a construit une petite industrie touristique autour de celle qui propose des expériences spirituelles supposées authentiques. 

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21. LA PLUME DE LA SAGESSE
(HOMECOMING)

Scénario : David H. Goodman

Réalisation : Steve Pearlman

Résumé :

Venu du monde des vœux, le Ténébreux défie Rumpelstilskin et, à travers lui, tous les héros. En allant le combattre chez lui, ils tombent dans un piège des plus noirs.

Critique :

Quand on se donne la peine d’écrire de bonnes histoires avec de la magie dedans, elles fonctionnent ! En laissant Hypérion Heights derrière eux, les héros (Regina, Henry, Crochet et Rumpelstilskin ; on notera que cette liste eût été incroyable autrefois) redeviennent ce qu’ils étaient, des héros justement. Mais c’est une tâche noble mais très compliqué surtout quand on affronte un magicien dont l’arme la plus atroce est le désespoir qu’il cultive avec l’art d’un herboriste et qu’il récolte avec la méticulosité d’un vigneron.

L’histoire est à plusieurs détente. L’élément qui lance l’aventure se retrouve remplacé par un tout autre à la fin ; donnant ainsi sa cohérence aux différents tableaux que l’on a parcourus. C’est glaçant, absolument terrifiant et très bien agencé. Difficile de trouver une faille dans l’écheveau tressé par ce lutin qui sait jouer du rouet.

Côté décor, on appréciera le château du Ténébreux, encore plus macabre que celui de l’original avec cette décoration sombre et ces nombreuses vanités. L’épisode fonctionne aussi à coups de doubles. La vision des deux Henry, l’un aveuglé par son désespoir immédiat et l’autre rongé par une vie d’impuissance, est sidérante de violence psychologique. Superbe composition d’Andrew J. West et Jared S. Gilmore qui joue très bien une version ennoircie d’Henry. Mais le clou du clou, c’est bien entendu le duo/duel des deux Ténébreux ; celui qui ne veut plus l’être et celui qui ne veut que le rester. Robert Carlyle est souverain et joue à la perfection ces deux facettes de son personnage. Si c’est avec un certain plaisir que l’on a retrouvé le Ténébreux de jadis avec ses persiflages, sa folie qui lui illumine le regard et sa gestuelle de Commedia dell’arte, on se souvient brusquement que c’était alors un méchant redoutable, le maître magicien et que peu de choses pouvaient l’atteindre et moins encore le vaincre. Quand l’épisode se termine, on tremble pour nos héros.

Anecdotes :

  • La musique du combat entre Cruella et Henry est une version remixée de celle du combat entre Crochet et Rumpelstilskin dans l’épisode « Le Crocodile » (2-4).

  • Retour de Robbie Kay (Peter Pan), Victoria Smurfit (Cruella), Joanna Garcia (Ariel) et Timothy Webber (L’Apprenti).

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22. LA RÉUNION DES MONDES
(LEAVING STORYBROOK)

Scénario : Edward Kitsis et Adam Horowitz

Réalisation : Ralph Hemecker

Résumé :

Le terrible plan du Ténébreux est sur le point de s’accomplir mais, heureusement, Robyn et Alice sont parvenues à ramener de l’aide. Rien de moins que Blanche-Neige et le Prince Charmant !

Critique :

Magistral épisode qui clôt de la plus belle des manières une série souvent brillante mais qui s’est parfois perdue.

Les auteurs connaissent on ne peut mieux leur œuvre. Ils jouent avec maestria de différentes harmonies. Comédie quand les deux jeunes femmes débarquent à Storybrooke de manière un peu cavalière et délivrent un récit on ne peut plus décousu. Drame quand le Henry du monde des vœux défie Regina à l’épée après l’avoir humilié dans l’ancienne salle du trône. Épopée quand Blanche-Neige et Charmant (plaisir de revoir Josh Dallas et Ginnifer Goodwin qui s’amusent et jouent à fond les rôles qu’ils ont l’air de n’avoir jamais quitté) réunissent le conseil de guerre pour lever une nouvelle fois l’étendard de l’espoir contre le Mal. Terreur quand le Ténébreux lance le sort qui doit envoyer chacun des héros dans une histoire où il sera seul (superbe idée des livres de contes noirs). Émotion quand Rumpelstilskin accomplit son dernier tour de magie, son plus grand acte de courage (splendide autocritique sans concession) qui lave à jamais la tache de lâcheté qui donna naissance au Ténébreux, et qu’il reçoit l’oraison funèbre prononcée par Regina. Cette scène est une des plus belles de toute la série ; une des plus émouvantes et qui serre la gorge et embue les yeux. C’est juste magnifique.

Si tous les acteurs sont bons, si l’on constate que les nouveaux acteurs de cette saison sont plus ou moins mis sous le boisseau, on relèvera les grands numéros de trois d’entre eux. Colin O’Donoghue campe avec panache le Crochet alternatif à qui il a su apporter les nuances qui le différencie de son double de Storybrooke. Lana Parrilla bien sûr qui sait apporter de l’émotion sans sacrifier la noblesse de Regina. Saluons enfin l’ultime performance de Robert Carlyle qui joue deux personnages ou plus exactement deux versions de son personnage mais de manière si différente, si convaincante qu’on peine à croire qu’il n’y ait pas deux acteurs face à face !

En se recentrant in extremis sur ses héros, la série accomplit le miracle de se ressourcer et de briller de mille feux. Les décors sont variés et les fans apprécieront cette revue opérée : la grande salle et le cachot du Ténébreux, la salle du conseil, le balcon de la Reine et, bien évidemment, la salle du Trône où se tient le dernier acte : la réunion des mondes pour que plus jamais personne ne soit séparé. Certes, avec un peu de mauvais esprit, et sachant que Disney est le diffuseur et le producteur, cette image finale des royaumes unis ressemble un peu à un parc d’attraction. Mais foin de médisances lorsque l’on assiste au couronnement de Regina. Mieux que jamais elle mérite pleinement son titre de Reine. Longue vie à la Reine !

Ainsi s’achève Once upon a time.

Anecdotes :

  • Pour résumer la série, Edward Kitsis et Adam Horowitz aimaient l’idée que ce soit une série sur un petit garçon qui garde l’espoir de pouvoir réunir sa famille.

  • Lorsque le capitaine Crochet arrive au couronnement, son crochet est « protégé » pour porter un bébé.

  • Les fans ont enfin pu savoir deux choses à la fin de l’épisode qui les préoccupaient beaucoup : 1- Maléfique a retrouvé le père de Lily : Zorro (Zéléna et Regina en parlent). Selon les scénaristes, il n’apparaît pas dans l’épisode en raison d’un souci de droits d’auteur. 2- Le bébé de Crochet et d’Emma est une fille appelée Hope.

  • Le générique de l’épisode présente le panneau de sortie de Storybrooke.

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PLUS JAMAIS SEULE (WHERE BLUEBIRDS FLY)