Saison 7Saison 9

Supernatural

Saison 9

1. Bienvenue sur Terre (I Think I'm Gonna Like It Here)

2. Que le Diable l'emporte (Devil May Care)

3. Humain, trop humain (I'm No Angel)

4. La Clé d'Oz (Slumber Party)

5. Un après-midi de chien (Dog Dean Afternoon)

6. Les Mains de la miséricorde (Heaven Can't Wait)

7. Mauvaise Graine (Bad Boys)

8. Vœu de chasteté (Rock and a Hard Place)

9. La Sainte Mélodie (Holy Terror)

10. Union sacrée (Road Trip)

11. La Première Lame (First Born)

12. Une faim de loup (Sharp Teeth)

13. Les Pishtacos (The Purge)

14. En attente du paradis (Captives)

15. Façon Scooby-Doo (Thinman)

16. Blade Runners (Blade Runners)

17. Le Couvent des âmes (Mother's Little Helper)

18. Le Héros de l'histoire (Meta Fiction)

19. Le Bal des vampires (Alex Annie Alexis Ann)

20. La Guerre des monstres (Bloodlines)

21. La Nouvelle Reine (King of the Damned)

22. Jeu de dames (Stairway to Heaven)

23. Le Faiseur de miracles (Do You Believe in Miracles?)

 

1. BIENVENUE SUR TERRE
(I THINK I'M GONNA LIKE IT HERE)



Résumé :

Devenus humains, les Anges cherchent à se venger de Castiel. Sam est mourant, suite aux événements précédents et rencontre Bobby en esprit, puis la Mort elle-même. Dean conclue un accord avec l’Ange Ezéquiel : celui-ci va secrètement s’installer dans Sam pour le guérir progressivement, tandis que lui-même se remettra de la Chute.

Critique :

A l'inverse de la saison passée, qui instaurait un hiatus de plusieurs mois, la présente opte pour la continuité immédiate de l'action. Il en découle un épisode essentiellement dédié à régler les affaires laissées pendantes : la destinée des Anges tombés du ciel et devenus humains, mais aussi Sam se trouvant aux portes de la mort suite au processus du sortilège, cessé in extremis. L'abord de ces deux questions va s'avérer prenant, mais aussi imparfait. La découverte du sort des Anges s’effectue en grande partie via Castiel, ce qui autorise autant d'humour que d'émotion lorsqu’il est confronté aux contraintes d'une vie quotidienne sans pouvoirs. Misha Collins nous régale d'une nouvelle grande composition, mais avec l'ami des Winchester nous sommes en terrain connu, qui plus est particulier, puisqu'il constitue sans doute l'Ange ayant la plus grande expérience de la vie sur Terre. Pour les autres, il reste frustrant de ne percevoir les conséquences de la Chute qu'essentiellement à travers leur ressentiment envers Castiel.

Le voyage intérieur de Sam compose sans doute la partie la plus forte de l'opus. Le choix astucieux de Dean figurant son penchant le plus combatif et s'opposant à celui prêt à partir, représenté par Bobby, nous vaut une narration proche d'une transe shamanique, Le voyage est couronné par la rencontre avec la Mort elle-même, personnage toujours aussi succulent. On apprécie que Bobby soit représenté moins en capitulard qu'animé par son réalisme coutumier et que l'épisode ait su aller aussi loin que possible pour rendre envisageable un décès d'un Sam purifié et en paix après l'ordalie des épreuves successives. Évidemment Dean s'acharne au contraire à le sauver (difficile de ne pas songer à Kim face à Jack en fin de Jour 7 dans 24h Chrono). Le recours à l'Ange se montre astucieux, mais nous ramène aussi à une certaine routine du drama entre frères, à base de secrets et de mensonges, alors que la conclusion de la saison 8 avait semblé s'en extraire.

Anecdotes :

  • Durant la traditionnelle séquence récapitulative The Road So Far, on entend Who Do You Love ?, de George Thorogood and the Destroyers. Durant la scène à la laverie, on entend Spanish Serenade, de Juan Vicente Zambrano.

  • Le nom de l'ange Hael est un terme celtique signifiant noble et généreux.

  • Le titre original est celui d'une chanson de la comédie musicale Annie. Elle est interprétée par la jeune héroïne quand elle arrive chez le riche Oliver Warbucks et découvre son nouveau monde.

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2. QUE LE DIABLE L'EMPORTE
(DEVIL MAY CARE)

Résumé :

Abaddon tend un piège aux Winchester mais est repoussé par Ezéquiel, toujours à l’insu de Sam. Sam et Dean emmènent Crowley au Bunker, afin qu’il révèle l’emplacement des Démons sur Terre. Malgré l’annonce que sa mère est toujours vivante, Kevin demeure au Bunker, pour chercher un moyen de contrer le sortilège de Metatron.

Critique :

L'épisode forme un véritable diptyque avec le pilote de saison, achevant de dresser un état des lieux global. Après les Anges, on en vient aux Démons et la situation continue à s'emberlificoter puisque, après le Paradis, voici qu'un conflit s'annonce aux Enfers. L'increvable Abaddon est en effet de retour et de manière particulièrement déchaînée, sensuelle et cruelle. L'abattage d'Alaina Huffman est toujours incroyable, d'autant que la flamboyante actrice a visiblement décidé d'y aller à fond. Elle peut d'autant plus se le permettre que positionner Abaddon en mal absolu permet d'enrichir le conflit avec Crowley au-delà d'une simple rivalité d'ambitions. En effet, certes relative, la partielle humanisation de Crowley porte ses fruits et le Roi des Enfers suscite une certaine émotion dans son désir d'être aimé. Un beau duel s'annonce et il sera intéressant de constater si les nouveaux sentiments de Crowley s’avéreront une force ou une faiblesse.

Les péripéties permettent également d'éclairer la position de Kevin, même si le suspense autour de la survie de sa mère est en bois, le personnage étant beaucoup trop populaire pour disparaître aussi subrepticement. L'apport d'Ezéquiel à Sam est également démontré, même si la situation demeure pour le moins ambiguë. Dean a toute l'attention de la très sensuelle Abaddon, ce qui ne surprendra guère. On regrettera toutefois le manque d’épaisseur des jeunes Chasseurs, même si le côté Tueuse de Vampires à la Buffy de Tracy est assez amusant. D'autant qu'avec les pseudonymes d'Avengers revêtus par Sam & Dean, l'opus finit paR prendre une saveur à la Joss Whedon. Au total la saison se voit lancée de manière prometteuse, d'autant que, si Metatron reste absent, le Scribe de Dieu doit certainement ourdir de nouvelles fourberies.

Anecdotes :

  • Quand Tracy tue le Vampire, on entend Rockin' Down the Highway, de The Doobie Brothers.

  • Le Démon des Carrefours est interprété par Julia Shaw, qui fut notamment la mère de Jason dans Freddy vs. Jason (2003).

  • Pourtant nouvelle Chasseuse alliée des Winchesters, Tracy Bell ne réapparaîtra plus dans la suite de la série.

  • En tant que prétendu agent du FBI, le pseudonyme de Kevin est Kevin Solo, un clin d’œil à Han Solo. Sam et Dean se font passer pour les gents Stark et Banner, soit les Avengers Iron Man et Hulk.

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3. HUMAIN, TROP HUMAIN
(I'M NO ANGEL)

Résumé :

L’Ange Barthélémy a recours à des prédicateurs pour trouver des humains acceptant de servir de Vaisseaux aux Anges. Il a également recours à une Faucheuse, afin qu’elle tende un piège à Castiel et l’assassine. Ezéquiel la tue et ressuscite Castiel, mais il refuse que celui-ci reste auprès des Winschester, ne voulant pas attirer la colère des Anges.

Critique :

Au-delà des péripéties du jour, Humain, trop humain, demeure avant tout un épisode centré sur Castiel. On ne peut que saluer l’audace de l’entreprise consistant à laisser une aussi grande place à un austère apprentissage du quotidien, au sein d’une série de trépidantes aventures fantastiques. En effet, les nombreuses scènes voyant Castiel apprendre péniblement à se conformer aux dures et prosaïques réalités de la condition humaine se montrent bouleversantes grâce à l’immense talent de Misha Collins. Tout au long des multiples et variées vicissitudes vécues par l’Ange du Jeudi, il reste toujours aussi magique de découvrir un grand comédien rencontrer éternellement le rôle de sa vie.

L’épisode va beaucoup plus loin dans la minutie et le détail de cette pénible renaissance que ce que Supernatural nous avait narré à propos d’Anna mais conserve pareillement la jouissance sexuelle comme viatique, comme l’Espérance à pu l’être au sein de la Boite de Pandore. Castiel franchit le Rubicon, une nouvelle audace pour des auteurs achevant par ailleurs de rendre cet épisode détestable pour les amateurs de Destiel. En effet l’ultime cruauté   du reniement de l’Ange par Dean accordant la priorité à Sam apporte une coda achevant de manière cinglante le calvaire vécu par l’Ange.

Le reste de l’épisode apparaît toutefois plus inégal. Ezéquiel autorise de véritables twists, positifs ou négatifs, mais l’imposture organisée de concert avec Dean apparaît de plus en plus improbable au fur et à mesure qu’elle se prolonge. Malgré la plaisante satire des prêcheurs télévisuels, Barthélémy manque de dimension et ressemble trop à un doublon de Dick Roman, il ne fera pas oublier Naomi. Alors que Supernatural a su structurer son univers (contrairement à une série comme Charmed), les Faucheurs rebelles demeurent dans un flou trop pratique (comment réagit la Mort ?).

Anecdotes :

  • On entend Arise My Soul, de Blaire Reinhard quand Sam et Dean regardent le révérend.

  • On découvre ici comment se déroule une possession angélique : de manière très similaire à celle des démons, hormis que la fumée est blanche.

  • Le titre original I'm No Angel reprend celui d'une des chansons constituant l'album No Angel (2001), immense succès de Dido. Un autre tube de cet album, Here with Me, est la chanson du générique de la série Roswell (1999-2002).

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4. LA CLÉ D'OZ
(SLUMBER PARTY)

Résumé :

Héroïne du Magicien d’Oz et Chasseuse de Démons, Dorothy parvient à capturer la Méchante Sorcière de l’Ouest en 1935. Elle l’enferme au Bunker en se sacrifiant pour sceller sa prison. Les deux femmes sont toutefois accidentellement libérées quand Charlie intervient pour remettre à jour l’informatique des Winchester. Après avoir définitivement vaincu la Sorcière, Dorothée et Charlie partent ensemble à Oz.

Critique :

Le premier ressenti que laisse l’opus est un authentique saisissement devant l’audace des auteurs. Auparavant Supernatural avait déjà annexé à son univers des pans entières d’éléments culturels exogènes, et pas des moindres :  mythologies et folklore, voire la Bible elle-même, à chaque fois après un processus d’adaptation.  Ici on se situe au contraire dans le même horizon, la culture populaire américaine moderne dans son approche du Fantastique et dans une acception considérablement plus littérale. Toutes proportions gardées, pour la Science-fiction ce serait assez comme si les protagonistes de Stargate SG-1, autre série empruntant largement aux mythologies, franchissaient la Porte des Etoiles pour se retrouver sur Gallifrey, Trantor ou Arrakis : la sidération est totale.

Heureusement le processus se voit mené avec soin, l’épisode développant tout un continuum afin de bâtir un pont entre l’œuvre de L. Frank Baum et la série, dont tous les éléments relatifs au littéraire se voient ici mobilisés : Hommes de Lettres (l’écrivain en devient un, bien entendu), romans métas de Chuck, Métatron, Charlie etc. Ceci permet de doter le récit d’un corpus apportant un habile alibi supplémentaire à l’entreprise, au-delà de son aspect distrayant, Celui-ci répond néanmoins à l’appel, on s’amuse beaucoup devant les péripéties du jour, auxquelles la Charlie de Félicia Day apporte son  allant et son naturel coutumiers.

Outre le plaisir pas si fréquent dans Supernatural de découvrir un opus centré sur des femmes, an apprécie divers à-côtés du récit, comme l’ordinateur préhistorique (les épisodes Charlie raviront toujours les geeks), l’incontournable mais jouissive, rencontre entre la Méchante Sorcière et Crowley, la même saveur dystopique se retrouvant au pays d’Oz qu’au Paradis ou encore l’adorable romance entre Charlie et Dorothy. On se régale, tout en passant outre l’absence bien pratique de Kevin, ou sur l’inventaire décidément inépuisable du Bunker, (encore un peu et on sera dans Warehouse 13). Un épisode iconoclaste et virtuose, où la série semble s’exclamer : « bienvenue au club, Dorothée ! ».

Anecdotes :

  • Crowley sifflote Over The Rainbow, la célèbre chanson du Magicien d'Oz. Quand Charlie et Dorothy entrent dans Oz, on entend For Those About to Rock (We Salute You) d'AC/DC.

  • Dorothy semble avoir une vingtaine d'années en 1935, alors que le livre fut publié en 1900. Pour expliquer ce décalage, un dialogue devait indiquer que le temps s'écoulait différemment entre l'univers réel et celui du roman, mais cela ne fut pas conservé au montage.

  • L'épisode se base sur le roman, mais les chaussures de Dorothy y sont rouges, comme dans le film. Dans le livre, elles sont argentées.

  • Les protagonistes visionnent la saison 1 de Game of Thrones au Bunker. Charlie a bien entendu lu tous les livres, Sam envisage de le faire, Dean... en aucun cas.  Logique.

  • Outre Le Magicien d’Oz, à travers l’ordinateur, la clef et même Crowley, l’épisode fait également référence à The Master Key (1901), un autre roman de L. Frank Baum. On y voit le Démon de l’électricité révéler à un jeune garçon les potentialités de la « grande clef » du futur que représente cette énergie. Ce livre étonnant a ainsi la prémonition de la micro-informatique ou de la télévision, entre autres.

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5. UN APRÈS-MIDI DE CHIEN
(DOG DEAN AFTERNOON)

Résumé :

Un chaman utilise ses pouvoirs animaliers afin de s’emparer de l’énergie vitale de ses victimes. Grâce à un sortilège, Dean peut communiquer avec le Colonel, chien de l’une des victimes ayant assisté à l’assassinat, mais il acquiert aussi des réflexes canins. Souffrant d’un cancer, le chaman va tenter de dévorer Sam, pour s’emparer de son pouvoir de guérison.

Critique :

Loin des soubresauts d’un univers de plus en plus déglingué en l’absence de son Créateur, Un après -midi de chien constitue le premier pur stand-alone de la saison. On peut déjà être cetain qu’il en demeurera largement l’un des plus drôles. Les auteurs ont en effet clairement décidé de laisser libre cours la vis comica de Jensen Ackles, dont on ne dira jamais assez à quel point il excelle sur le registre de l’humour. Même si Jared apporte également appréciable contribution, cet opus longtemps en forme de comédie animalière assume pleinement sa nature de pur récital pour Jensen. On rit beaucoup, que cela soit quand Dean est très Dean, ou quand il prend des tics de chien (la Méthode revue et corrigée).

On reconnaîtra également au scénario d’élargir son propos à la cause animale, jusqu’à interroger le rapport entre l’homme et ses animaux de compagnie. On apprécie notamment de découvrir des Vegans sympathiques et positifs dans une série nous parlant autant de l’Amérique que Supernatural. Et on éprouve bien entendu un vrai coup de cœur pour le vaillant Colonel. L’opus compose un bel exemple de l’insertion habile de thèmes sociétaux au sein d’une série d’aventures, sans ou impacter l’action ou sombrer dans le déclamatoire. Comme quoi cela demeure possible, sur The CW aussi bien que sur la BBC.

Le récit souffre néanmoins d’un peu d‘épaisseur pour tenir complètement la distance. On rsent l’impression que l’intrigue n’est parfois là que pour permettre une respiration entre deux performances de Jensen. Le Shaman résulte également  à contre-temps, car donnant lieu à des scènes totalement sinistres, en rupture avec la bonne humeur jusque-là installée. Si l’horreur est toujours chez elle dans Supernatural, on goûte également une unité de ton quand on s’essaie à un épisode quasi décalé. L’approche du Shamanisme, ici dépeint avec une palette particulièrement sombre, mériterait une seconde opportunité.

Anecdotes :

  • Quand Dean parle avec le Colonel, on entend I Want to Know What Love Is, de Foreigner.

  • Le titre original est un clin d’œil au film Dog Day Afternoon (Un après-midi de chien, 1975).

  • Le Colonel est joué par un berger allemand de deux ans, nommé Slater. Sa voix est celle d’Al Rodrigo, grand spécialiste de l’exercice, pour des dessins animés ou des jeux vidéo. 

  • Le taxidermiste a représenté divers personnages de Game of Thrones avec des animaux empaillés. Un écureuil a ainsi l’insigne honneur de figurer la Mère des Dragons. Après celui de l’épisode précédent, il s’agit du deuxième clin d’œil de Supernatural à la série phare de HBO, cela se reproduira régulièrement par la suite.

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6. LES MAINS DE LA MISÉRICORDE
(HEAVEN CAN'T WAIT)

Résumé :

Dean et Castiel (désormais employé par une épicerie) enquêtent sur de mystérieux cas de combustion spontanée. Castiel reconnaît l’œuvre d’un Rit Zien, Ange abrégeant les souffrances de ses frères blessés et incurables. Crowley aide Kevin à traduire la tablette, après qu’il lui ait été permis de communiquer avec Abaddon, dont l’influence s’étend en Enfer. Mais le sortilège de Metatron s’avère irréversible.

Critique :

L’épisode a la bonne idée de décrire en parallèle l’évolution concomitante de Crowley et Castiel vers l’Humanité, d’où un joli effet d’optique. Les excellents comédiens que sont encore et toujours acteur Misha Collins et Mark Sheppard s’emparent avec une visible gourmandise de ce nouveau répertoire et en tirent le meilleur parti. Pour autant, aussi intéressante qu’apparaisse cette double approche psychologique, il reste dommage qu’elle s’effectue au détriment du développement de l’action principale de la saison. En effet si l’on comprend que, concernant Castiel, on passe à une étape désormais plus apaisée et résignée que lors du trauma de Humain, trop humain, on ressent malgré tout un doublon partiel. L’impression de surplace se ressent d’autant plus fortement que, si l’intrigue du jour ne manque pas d’originalité, elle ne demeure que partiellement connectée aux intrigues de Métatron. 

Le récit s’en sort mieux avec Crowley. Le cheminement intérieur de Castiel a en réalité débuté voici bien longtemps, tandis que la nouveauté reste encore ici de mise pour le Roi de l’Enfer. En tant que personnage, Crowley reçoit un précieux appui de la part de la belle et au combien diabolique Abaddon. En effet cette dernière lui sert habilement de point de repère mesurant ce qui le sépare désormais du mal absolu, tandis que leur rivalité éclatant au grand jour permet de connecter l’opus au récit principal de la période. Il n’en reste pas moins vrai qu’il devient frustrant de voir Crowley en permanence rivé à sa chaise ! Séparés et placés presque en arrière-plan, les frères Winchester se mettent une nouvelle fois au service des personnages secondaires, comme pour Charlie lors du récent La Clé d'Oz, ce qui pourrait devenir négatif à terme. Au total l’épisode n’est pas déplaisant, mais le fil rouge de la saison a besoin de progresser.

Anecdotes :

  • Believe It or Not, la berceuse chantée par Castiel, est le thème de la série Ralph Super-héros (The Greatest American Hero, 1981-1983).

  • Le titre original est une référence à celui du film Heaven Can Wait (Le Ciel peut attendre, 1943).

  • L'épisode est le sixième de la saison par ordre de diffusion, mais le septième en ordre de production.

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7. MAUVAISE GRAINE
(BAD BOYS)

Résumé :

Dean revient dans une école où il a jadis connu la jeune Robin, avant de la quitter sans explication quand John est venu le reprendre à ses côtés. Le directeur de l’école a appelé Dean à l’aide, suite à un meurtre survenu dans l’établissement. Un élève est protégé par l’esprit de sa mère défunte, mais celle-ci a progressivement sombré dans la folie.

Critique :

Outre le fait que les récits de jeunesse des frères Winchester ne représentent pas la famille d'épisodes nous passionnant le plus, Mauvaise Graine souffre d'un mauvais timing. Cette parenthèse survient en effet au moment où l'on ressent que l'intrigue principale de la saison nécessiterait une relance, dont il constitue l'antithèse absolue. Par ailleurs, si le portrait d'une école pour jeunes délinquants reste assez justement croqué, l'intrigue du jour semble malgré tout anecdotique. Le thème de l'esprit vengeur est un des plus vieux marronniers de Supernatural et ce n'est pas le twist modéré de la mère se substituant à l'adolescent qui contrecarrera une solide impression de déjà-vu. Développée entre des flash-backs guère imaginatifs, la romance entre Dean et Robin ne sort pas non plus des sentiers battus.

L'épisode vaut néanmoins par son évocation de l'amour farouche porté par Dean à John, malgré toutes les erreurs de ce dernier, toujours obnubilé par sa croisade. De ce point de vue il est en résonance avec l'épisode 300 récemment diffusé, où ce sentiment se situait au cœur du récit. Il reste ainsi particulièrement évocateur de voir Dean abandonner son premier amour et une étape en définitive heureuse de sa vie, dès que résonne l'appel du clan. Cela ne sera d'ailleurs pas sans conséquence, Dean apparaissant nettement plus cynique dans son rapport avec les femmes lors de l'épisode suivant dans sa chronologie personnelle (L'Esprit vengeur, 4-13). L'opus bénéficie d'un jeune acteur très convaincant dans le rôle du jeune Dean, mais souffre de l'absence persistante de Jeffrey Dean Morgan, qui le fait tourner partiellement à vide.

Anecdotes :

  • Quand Ruth est tuée, on entend l'Ave Maria de Schubert (1825), à la radio.

  • Le récit autour du jeune Dean prend place en 1995. L'épisode suivant dans sa chronologie, L'Esprit vengeur (4-13) se situera en novembre 1997.

  • Ruth est jouée par Karin Konoval, qui a également interprété la mère incestueuse de l'épisode La Meute des X-Files.

  • Alika Autran (Altered Carbon) joue le fantôme. Installer son maquillage nécessitait trois heures, mais aussi trois heures pour le retirer.

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8. VŒU DE CHASTETÉ
(ROCK AND A HARD PLACE)

Résumé :

Le Shérif Jody Mills demande aux Winchester d’intervenir à propos de mystérieuses disparitions. Sam et Dean découvrent que les victimes appartiennent toutes à un groupe de chasteté, au sein d’une église. Ils vont s’y intégrer afin de mener leur enquête et Dean découvre que le groupe est dirigé par l’une de ses stars du porno préférées, qui a décidé de prendre un nouveau départ ! La déesse païenne Vesta est en fait à l’œuvre.

Critique :

Outre l'ouverture en soi intéressante sur la pratique très américaine formée par les groupes de chasteté, l'épisode vaut largement vaut sa dimension humoristique. En effet placer Dean au sein d'un groupe de pures jeunes femmes permet de dérouler tout un comique plus volontiers gaulois que yankee, pour le coup. Certes tout ceci n'est guère original concernant Dean, mais cela tombe à pic pour souligner le chemin parcouru avec le jeune homme encore timide remémoré lors de l'opus précédent. Si l'on a connu des épisodes humoristiques davantage relevés au cours de Supernatural, celui-ci demeure néanmoins efficace grâce à des dialoguistes déchaînés, au contrepoint aussi décalé qu'hilarant de la pruderie de Sam, et bien entendu à l’inextinguible énergie de Jensen Ackles particulièrement à son affaire.

Cet épisode passablement grivois (les scènes de sexe demeurent en soi assez rare au sein de la série) présente l'habileté de valoir aussi par ses femmes. Avec Vestale, Lindy Booth nous régale d'une Déesse païenne estampillée Supernatural, dans la meilleure tradition du genre. Le Jody effectue un retour appécié, enrichissant l'approche religieuse du récit et assurant l'essentiel du boulot avec Sam, tandis que Dean s'en va baguenauder dans les champs. On apprécie que ce soit elle qui finisse par occire la Déesse. L'irrésistible Jody confirme tout le potentiel lui permettant d'être encore en saison 14 l'indéfectible alliée et amie des Winchester, là où tant d'autres personnages secondaires sont tombés au champ d'honneur. Voici une shérif que des morts vivants n’impressionneraient guère. L'intervention ambivalente d'Ezékiel permet également d'enfin annoncer du nouveau pour le fil rouge de la saison.

Anecdotes :

  • Le titre original reprend celui d’une chanson des Rolling Stones, issue de leur album Steel Heels (1989).

  • Le très écossais MacCarthy's Scottish Motel, où s’installent Sam et Dean, est un clin d’œil au réalisateur de l’épisode, Johnny MacCarthy.

  • Vesta (Hestia chez les Grecs) est la Déesse romaine du foyer et de la famille. Dans une société accordant une grande place aux ancêtres, cette figure importante du Panthéon romain était vénérée par un feu sacré en chaque demeure, en plus de ses temples. Son clergé, le seul demeurant permanent à l'époque, était constitué de prêtresses vierges, les Vestales.

  • Vesta est interprétée par Lindy Booth, notamment connue pour le rôle de Claudia dans Sydney Fox, l'aventurière et de Cassandra dans Flynn Carson et les Nouveaux Aventuriers.

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9.  LA SAINTE MÉLODIE
(HOLY TERROR)

Résumé :

Un conflit éclate entre la faction angélique dirigée par Barthélémy et celle de l’anarchiste Malachi. Celui-ci torture Castiel pour en apprendre plus sur Metatron. Castiel s’échappe après avoir volé la Grâce du lieutenant de Malchi, ce qui lui fait partiellement retrouver ses pouvoirs. Metatron s’associe avec Ezékiel qui s’avère être en réalité Gadreel, jadis gardien du Jardin d’Eden dupé par Lucifer. Gadreel tue Kevin et s’empare des deux tablettes.

Critique :

Holy Terror ne constitue pas seulement un final de mi-saison enthousiasment et au combien dynamique, déboulant tel une avalanche sur le tonitruant cliffhanger de rigueur. Il vient en fit apporter ce que nécessitait une saison 9 semblant s’éparpiller lors d’opus épars, parfois secondaires. Les auteurs réinstallent le fil rouge de la saison au cœur des débats, avec un éclat particulier. Jusque-là essentiellement en arrière fond, la déflagration du paradis bondit au premier plan, confirmant toute la cruauté pouvant animer ces singulières entités que forment les Anges de Supernatural.

L’horreur suscitée par le conflit sait varier ses effets, se montrant aussi bien globale (la massacre des Anges) qu’individuelle, avec le drame absolu signifié par la mort du si attachant Kevin Tran. Les auteurs s’entendent à rendre l’avènement le plus douloureux possible pour le spectateur, en lui refusant le réconfort d’une éventuelle action d’éclat menée par le Prophète. Le récit sait également s’enrichir de toute une acception mystique, entre Livres de Malachie et d’Enoch (avec Gadreel, Gadriel). Les assistants en écriture ont bien travaillé !

Le maelstrom emporte également les destinées, occasionnant deux grands retours. Celui d’un Métatron toujours aussi savoureux et pourri jusqu’à la moelle des os (un pur régal), mais aussi et surtout celui de Castiel, renouant enfin, même partiellement, avec sa nature angélique. Le cliffhanger semble un tantinet moins fort concernant Sam, qui, naguère, fut aussi le Vaisseau de Lucifer, mais l’impact émotionnel perdure. Dean semble aux abois, mais l’on sait qu’il devient alors plus dangereux que jamais. Décidément, Holly Terror reste jusqu’au bout un épisode largement imprévisible, une denrée devenue rare dans cette déjà neuvième saison de Supernatural. 

Anecdotes :

  • Diffusé le 03 décembre 2013, l’épisode est le final de mi saison. La diffusion de Supernatural va s’interrompre durant les Fêtes de fin d’année, avant de reprendre le 14 janvier 2014.

  • Durant la bagarre entre Anges au bar, on entend Bad Luck, de Social Distortion. Durant la conversation entre Dean et Castiel au bar, on entend Tears in My Beer, de Lionel Wendling.

  • Désormais maître du Paradis, Métatron annonce qu’il ne se fera pas désigner comme « Dieu », mais comme « X ». X est l'abréviation grecque désignant le Christ.

  • L'épisode voit le décès de Kevin Tran, personnage très populaire. L'acteur Osric Chau se fendit d'un message d'adieu qui émut l'ensemble du fandom. Les auteurs réussiront à ponctuellement faire réapparaître Kevin au cours des saisons ultérieures.

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10. UNION SACRÉE
(ROAD TRIP)

Résumé :

Gadreel continue à assassiner des opposants à Metatron, mais Sam parvient à l’expulser, avec l’aide de Crowley. La santé de Sam s’est suffisamment restaurée pour qu’il puisse être guéri par Castiel. Dean entreprend de retrouver et détruire Gadreel. La rivalité d’influence se poursuit entre Abaddon et Crowley au sein de l’Enfer.

Critique :

Dans la droite suite de l’opus précédent, union sacrée continue à décrire avec élan le vaste tumulte s’étant emparé des différents Plans de la Création, version Supernatural. Initialement centrée sur le conflit angélique, cette deuxième partie du double épisode de mi saison a la bonne idée d’élargir le panorama sur le duel entre Abaddon et Crowley pour la domination des Enfers, ce qui accroît encore le souffle du récit. Néanmoins, au-delà des moultes péripéties ce sont bien les portraits des personnages qui nous séduisent.

On apprécie ainsi que l’exécuteur Gadreel, impeccablement interprété par Tahmoh Penikett, trouve ici un authentique second souffle, les auteurs sachant lui trouver une nouvelle utilité au-delà de la possession de Sam, désormais révolue. Le duo formé avec son maître Métatron fonctionne fort bien, difficile de ne pas songer au binôme génie du mal / tueur invincible ayant tant apporté aux films de James Bond.

Enfin libéré de sa chaise, Crowley débute une lutte de pouvoir brillamment exploitée par les auteurs en confrontation entre deux personnalités que tout oppose, la flamboyante Abaddon adepte de l’action directe et notre madré Roi des Enfers, nettement plus politique et diplomate une araignée tissant patiemment sa toile. On s’amuse beaucoup, d’autant que l’alliance forgée avec les Winchester constitue un coup de maître. San que cela épuise sa verve maléfique ni ses savoureuses réparties, le Roi de l’Enfer relativement humanisé débute ici sa convergence avec Sam & Dean.

Cette complicité croissante n’est sans pas sans savoureusement évoquer celle de Spike envers le Scooby Gang et va permettre à Mark Sheppard d’apporter une dimension supplémentaire à son talent. Dans cet épisode sachant susciter l’émotion (le bûcher funéraire des Chasseurs attribué à Kevin, Castiel retrouvant son trench coat…), on regrettera simplement que Sam et Dean nous rejouent une énième fois la grande scène d’une séparation fatalement éphémère. Même parfaitement exécutée cette manœuvre sent le réchauffé, comme si la fratrie ne se situait désormais plus au cœur des événements.

Anecdotes :

  • Durant le montage initial centré sur Dean, on entend The Famous Final Scene, de  Bob Seger & The Silver Bullet Band.

  • The Three Amigos ride again, déclare Crowley à prpos des trois héros. Trois amigos est un western humoristique réalisé en 1986 par John Landis, avec Steve Martin.

  • Tahmoh Penikett (Gadreel) est un spécialiste de la boxe thaï, ce qui lui a fait tenir de nombreux rôles d'action : militaire, policier ou... tueur. Il est ainsi l'ancien militaire devenu terroriste, antagoniste de l'épisode 200 de Criminal Minds ou encore l'assassin chargé d'éliminer Castle et Beckett à la fin de la saison 4 et début de la saison 5 de Castle.

  • Kevin a droit à un bûcher funéraire, la tradition pour les Chasseurs de Démons tombés au champ d'honneur.

  • Cecily, l'efficace assistante démoniaque de Crowley, est nommée en clin d’œil à Cecily Schaefer, elle-même assistante du showrunner Jeremy Carver. Cecily est interprétée par Brenna O'Brien, qui fut notamment la diabolique Adria de Stargate SG-1, quand elle était âgée de 12 ans.

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11.  LA PREMIÈRE LAME
(FIRST BORN)

Résumé :

Dean et Crowley s’associent pour retrouver la Première Lame, cette épée mythique étant la seule arme pouvant détruire Abaddon. Ils remontent la piste conduisant à Cain, qui a détruit tous les autres Chevaliers de l’Enfer, avant de vivre retiré. Dean reçoit de lui la Marque jadis apposée par Lucifer, qui permet de contrôler la Première Lame. Cain a depuis jeté celle-ci dans l’océan.

Critique :

Évidemment ou pourra reprocher à l'épisode de lancer une énième chasse à l'artefact miraculeux tombant à point nommé. Il s'agit effectivement de l'un des marronniers de Supernatural (et ce n'est pas fini), tout comme ce l'était jadis chez la Tueuse de Sunnydale. Toutefois l'épisode ne contente pas de cette figure imposée, loin s'en faut. La Lame se voit couplée à la Marque de Caïn, ce qui projette une ombre menaçante pour l'avenir de Dean. Caïn lui-même représentait une vraie prise de risque, concernant l'une des figures les plus connues de l'Ancien Testament. Pari gagné : Supernatural sait intégrer Caïn à son univers, tandis que Timothy Omundson lui apporte une vraie intensité, à mille lieues de l'hilarant Roi Richard de Galavant. La chasseuse Tara compose un personnage féminin fort et attachant, on peut regretter son départ précoce (qui rime avec atroce).

First Born a surtout l'excellente idée d'optimiser la liberté d'action désormais accordée à des protagonistes souvent enfermés dans des routines en première partie de saison. L'étonnant duo formé par un Crowley se pourléchant les babines et un Dean en ayant gros se montre particulièrement amusant. Cela renouvelle les situations et cette alliance promet promet beaucoup pour l'avenir, car l'on se doute bien que le Roi de l'Enfer et de la vanne a son propre agenda. Un peu plus en retrait, l'association entre Sam et Castiel vaut elle apporte elle aussi son lot de nouveautés. Sam a finalement peu eu affaire aux Anges jusqu'ici (même si Lucifer reste techniquement un Archange) et il est bon pour Castiel de ne pas rester collé à Dean, on pourrait finir par jaser. La réalisation de John Badham se montre de grande qualité, nous offrant notamment un spectaculaire affrontement contre les Démons.

Anecdotes :

  • Quand Dean et Crowley discutent, on entend Just Another Night, de Ian Hunter.

  • Le Caïn biblique fait ici son apparition. Il est interprété par Timothy Omundson, qui fut notamment le Roi Richard dans Galavant et  Carlton Lassiter dans Psych : Enquêteur malgré lui.

  • Le livre On the Inner Workings of Angels a été écrit par James Haggerty, l'Homme de Lettres s'étant allié à Dorothy contre la Sorcière.

  • Jensen Ackles effectua lui-même l'ensemble des cascades durant la bataille contre les Démons.

  • La ferme du Missouri est la même que celle occupée par Zelena dans Once Upon A Time. Cette série et Supernatural sont tournées dans la même région de Vancouver et partagent plusieurs décors.

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12. UNE FAIM DE LOUP
(SHARP TEETH)

Résumé :

Sam et Dean découvrent que leur ami Garth, un autre Chasseur de démons, vit désormais avec une Louve-garou. Garth lui-même a été mordu, mais il affirme aux Winchester que son couple ne présente aucun danger pour les Humains. Ils vivent dans une communauté de Lycanthropes vénérant Fenris. Ceux-ci croient que le Ragnarök approche et qu’ensuite les Loups-garous régneront sur les Humains.

Critique :

L’épisode nous permet de retrouver Garth, personnage au long cours toujours sympathique dans sa posture originale du chasseur nettement plus cool que la moyenne. Le récit permet également de combler en partie les trous subsistant dans son parcours, notamment après qu’il ait quitté Kevin. Si les Loups-Garous font partie des créatures déjà largement explorées au fil de la série, cette Église du Ragnarök apporte une idée originale. Celle-ci aurait sans doute été beaucoup mieux exploitée avec un Dieu païen bien gratiné et sanguinaire comme on aime, au lieu d’une lénifiante resucée de Twilight se contentant de substituer les Lycanthropes aux Vampires.

À côté du manque d’intensité de l’histoire, les Loups-garous du jour pâtissent également de maquillages nous ayant semblé inférieurs aux normes usuelles de la série (hormis une courte séquence en CGI) et d’un manque de supervision d’écriture. La situation aurait dû éveiller des réminiscences de Madison (Les Loups-Garous, 2-17), chez Sam, or celle-ci n’est jamais évoquée. On ressent d’autant plus une impression de trous d’air après le tumulte de mi-saison, que la totalité des nombreux et captivants personnages secondaires est aux abonnés absents. L’opus met bien entendu déjà fin à la séparation des deux frères, tout en s’efforçant de prolonger ce drama demeurant là aussi en deçà des ambitions novatrices de la saison.

Anecdotes :

  • La congrégation des Loups-garous chante Bringing In the Sheaves, un populaire Gospel de 1874. Il  est également entendu dans Massacre à la tronçonneuse 2 (1986).

  • Sam conduit une Dodge Dart Demon bleue de 1972.

  • Sam se fait passer pour l'Agent Perry. Joe Perry est le guitariste d'Aerosmith.

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13. LES PISHTACOS
(THE PURGE)

 

Résumé :

Sam et Dean s’intéressent à des meurtres dont les victimes ont inexplicablement minci. Ils remarquent des traces de succion et suivent une piste les menant à un spa en vogue pour ses spectaculaires résultats en matière de perte de poids. L’établissement est en fait tenu par des Pishtacos, créatures péruviennes se nourrissant de graisse humaine.

Critique :

Dix-huit ans avant la diffusion de l’épisode, les X-Files s’attaquaient déjà au phénomène de la liposuccion sous un angle de récit démoniaque, à l’occasion de l’un des épisodes les plus sombres et gores de cette série (Sanguinarium, 4-06). L’amateur de ses deux séries ayant tant de choses en commun pourra ainsi s’amuser des différences de traitement apportées au même sujet, d‘autant que, pour cette fois, Supernatural s’avère moins enténébré que sa devancière. Tout en constituant une Chasse efficacement menée, l’opus résulte ainsi davantage humoristique et léger, sans pour autant verser dans la comédie. Plus lumineux également, à travers sa photographie et son traitement des décors.

Le public féminin saura apprécier à sa juste valeur un épisode où Jared arbore si longtemps un débardeur. Les personnages secondaires valent également le coup d’œil, avec l’épatante Shérif Donna entamant ici son parcours d’alliée fidèle des Winchester. Outre l’agréable ouverture sur un folklore exotique et méconnu, les Pishtacos participent pleinement à la volonté de la saison de rendre moins manichéennes les créatures rencontrées, tout en résultant moins empesés que les Loup-Garous de l’épisode précédent. Les auteurs s’ingénient également à établir la crise entre frère et sœur en tant que miroir de celle traversée par les Winchester.

Mais c’est précisément là que le bât blesse car cette zizanie occupe une place toujours plus exagérée, tout en devenant ridicule par moments. Il en va ainsi d’un Sam s’imaginant que Dean l’a sauvé par égoïsme, ou ce dernier devenant toujours énervé par son cadet, sans raison véritable. Avec le recul, on devine que la Marque de Caïn commence à agir, mais pour l’heure on ressent surtout que la saison s’efforce d’établir un second fil rouge, bien moins prenant que le conflit au sein de la Création. C’est d’autant plus dommage que se débarrasser de ce mélo aurait permis à l’opus de s’améliorer en développant son côté satirique envers liposuccions et autres spas.

Anecdotes :

  • Quand la deuxième victime fait ses exercices, on entend Up Where We Belong, de Joe Cocker et Jennifer Warnes.

  • Sam se présente comme étant l’Agent Frehley. Ace Frehley est le guitariste de Kiss.

  • Le Shérif Donna Hanscum effectue ici sa première apparition, elle va devenir une alliée récurrente des frères Winchester. Son interprète Briana Buckmaster était enceinte de sept mois lors du tournage de l’épisode.

  • Les Pishtacos sont des monstres du folklore andin, associés à l’amincissement. La perte de graisses est en effet associée à la maladie dans cette culture amérindienne. Les Pishtacos sont des humanoïdes blanchâtres, tuant leurs victimes pour se nourrir de leur graisse frite. Les Amérindiens les auraient parfois confondus avec les Conquistadores.

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14. EN ATTENTE DU PARADIS
(CAPTIVES)

Résumé :

A la demande du fantôme de Kevin (empêché d’entrer au Paradis par Metatron), Sam et Dean interviennent pour libérer sa mère Linda. Celle-ci était retenue par des Démons aux ordres de Crowley. Kevin et sa mère vont pouvoir vivre ensemble. Castiel tue l’Ange Barthélémy en légitime défense et se voit rejoint par plusieurs de ses fidèles, désormais privés de chef.

Critique :

Cet épisode d’adieu aux Chan s’adresse bien évidemment avant tout aux fans de cette attachante famille, il est vrai très nombreux au sein du public de la série. La destinée de Linda Tran constituait une béance scénaristique majeure, qu’il convenait de combler. Les retrouvailles entre mère et fils s’avèrent très émouvants, d’autant que chacun des deux personnages conserve ses qualités de cœur. Toutefois, si l’on comprend aisément le désir de happy ending, denrée finalement assez rare dans Supernatural, on perçoit également trop aisément les ficelles employées à cette fin. Mme Chan se débarrasse bien aisément du Démon et on glisse volontiers sur le risque qu’à terme Kévin puisse devenir un esprit vengeur. Après tout c’est bien ce qui est advenu à Bobby !

L’union régnant au sein de la famille Chan sert évidemment à souligner en écho la brouille constituant à subsister entre Sam et Dean, un mélo devant décidément un second fil rouge de cette deuxième partie de saison, alors même que l’on préférerait replonger dans le vaste conflit en cours. Au moins, contrairement au précédent, l’épisode ouvre-t-il une fenêtre sur ces avènements, grâce à l’intrigue secondaire dédiée à Castiel (toujours séparé des Winchesters, nous avons bien deux arcs disjoints). Si la victoire obtenue sur Barthélémy semble un tantinet rapide, elle demeure sans doute logique et débouche sur une saisissante confirmation du besoin atavique des Anges d’avoir un maître. Un élément en définitive plus inquiétant que la perpétuelle foire d’empoigne des Enfers.  

Anecdotes :

  • Au Bunker, Dean écoute Lonely Is the Night, de Billy Squier.

  • Dean et Sam se font passer pour les Agents Nicks et McVie, en référence à Stevie Nicks et  Christine McVie, les deux chanteuses du groupe anglais Fleetwood Mac.

  • Kévin est censé être un fantôme, mais a néanmoins une ombre.

  • Après Les Mains de la miséricorde (9-06), l’épisode est le deuxième écrit pour Supernatural par Richard Berens. Il va devenir un auteur régulier du programme, créditant 21 épisodes à ce jour (saison 14). Il va progressivement gravir les échelons, passant à la supervision des scénarios jusqu’à devenir coproducteur exécutif en saison 13. En 2018, il écrit l’épisode de lancement de Wayward Sisters, série dérivée dont il aurait dû devenir le showrunner, mais le projet ne fut finalement pas retenu par le diffuseur.

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15. FAÇON SCOOBY-DOO
(THINMAN)

Résumé :

Quand le Thinman, une légende urbaine, semble faire de vraies victimes. Sam et Dean interviennent. Ils trouvent une nouvelle fois les Ghostfacers sur leur chemin, désormais réduits à Harry et Ed. Ce dernier avoue avoir inventé le Thinman pour que Harry ne renonce pas au Surnaturel. La créature sert en fait de couverture à des tueurs psychopathes.

Critique :

Dès que l’on aperçoit les Ghostfacers (ou moins leur noyau dur), on se dit que l’on va avoir droit à un épisode bien drôle et déjanté, leur marque de fabrique. Cela tomberait d’ailleurs à pic à ce moment de la saison. Eh bien non, pas du tout, car Supernatural a l’idée pour une fois fois néfaste de se situer derechef dans le sillon des X-Files. La série sacrifie les Facers tout comme naguère Chris Carter le perpétra avec leurs devanciers des Bandits Solitaires (N’abandonnez jamais, 9-15). Certes Harry et Ed survivent, mais ils sont bel et bien morts aux yeux du programme, puisqu’ils ne reviendront jamais dans une série pratiquant aussi largement le retour de personnages. Par ailleurs leur scission à l’âcre goût de la trahison, là où les Bandits étaient demeurés soudés jusqu’au bout. On aurait pu envisager tant d’autres portes de sortie davantage gratifiantes pour le sympathique duo, comme par exemple devenir des Chasseurs à part entière.

Mais ce qui irrite le plus demeure le fait que le duo se voit en définitive sacrifié pour servir d’énième miroir au malaise persistant entre les deux frères, là aussi pour cause de mensonge. Soit exactement la même technique de narration que lors de épisodes précédents, l’impression de répétition s’ajoutant à la maladresse consistant à habiller Ed à la manière de Dean, et Harry à celle de Sam. On a connu Supernatural plus subtil. Par ailleurs le récit constitue une fade resucée de Scream, le fait que les antagonistes soient humains ne suscite pas cette fois une horreur particulière dans la série. Le seul moment réellement marquant de l’opus reste quand Dean abat aussi froidement l’un des tueurs. Contrairement à Buffy, les Chasseurs n’ont pas d’interdit concernant les humains : dès lors que ceux-ci fricotent avec les Ténèbres, ils sont sur la liste. Mais ce n’est justement pas le cas ici et l’on ressent bien que quelque chose ne tourne plus très rond chez Dean Winchester. Pour le reste, un épisode amèrement décevant.

Anecdotes :

  • Avant que Casey ne soit tuée, on entend This House Is a Hotel, de The Wind.

  • Désormais séparés, les Ghostfacers ne sont ensuite plus réapparus dans la série (actuellement en saison 14). Ils étaient présents dans Supernatural dès sa première saison, (A force de volonté, 1-17)

  • La scénariste Jenny Klein effectue un caméo en fin d’épisode, apparaissant fugitivement dans le hall de l’hôtel.

  • Il s’agit du troisième épisode de la série dans lequel les antagonistes sont de simples êtres humains, après Les Chasseurs (1-15) et Entre les murs (4-11).

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16. BLADE RUNNERS
(BLADE RUNNERS)

Résumé :

Sam et Dean refont équipe avec Crowley pour retrouver la Première Lame. Ils sont en compétition avec Magnus, un collectionneur d’objets et créatures ésotériques, qui enlèvent Dean. Libéré par Crowley, Dean tue Magnus avec la Première Lame. Crowley s’empare l’arme, et déclare au Winchester qu’il la leur rendra quand ils auront retrouvé Abaddon.  

Critique :

La quête de la Première lame se poursuit, avec à la clef des péripéties évoquant quelque peu le film de casse. L’ensemble demeure distrayant mais l’épisode n’optimise pas tout à fait ses points forts. Ainsi consacre-t-il sans doute trop de temps aux seuls préparatifs de l’action ainsi qu’au portrait de Magnus. Certes savoureusement interprété par Kavan Smith (Stargate Atlantis), Magnus demeure avant tout un méchant générique dans la tradition des Musées des Horreurs. Sa dimension d’Homme de Lettres ayant sombré dans le Côté Obscur s’exprime avant tout par son repaire, qui résulte comme la parfaite antithèse du Bunker. Là où celui-ci brille par sa simplicité monacale mise au service de l’efficacité, l’opulent domaine de Magnus exprime à merveille sa démesure et sa voracité de collectionneur.

Toutefois ce beau décor, nouvel exploit des artistes de la série, se voit réellement filmé à satiété, ce qui finit par prélever du temps à l’autre grand atout de l’épisode : Crowley. Fort heureusement le conflit entre frères est par contre relativement mis en sourdine, ce qui permet au Roi de l’Enfer (désormais accro au sang humain) de dynamiser le récit grâce à la performance de Mark Sheppard, rendant une nouvelle fois délectable sa récente alliance avec Sam et Dean. Décidément Crowley aura été, au moins passagèrement, le détenteur de la plupart des artefacts majeurs de la série. On se régale, de quoi presque oublier la non présence de la rousse Abaddon. Quoique sympathique et plutôt bien troussée, la prestation de Snooki en Démon des Carrefours demeure assez anecdotique, elle ne fera pas d’ombre à Paris Hilton.

Anecdotes :

  • Quand Crowley tue Lola, on entend Heroin, de The Velvet Underground.

  • Le film que Crowley regarde en ayant la larme à l’œil est Casablanca (1942).

  • La demeure de Magnus est le même décor ayant servi à représenter la prétendue résidence de Jared Padalecki dans The French Mistake (6.15).

  • Le Démon des Carrefours est interprété par Nicole Polizzi, dite « Snooki », vedette de la télé-réalité américaine (Jersey Shore), à la réputation effectivement sulfureuse.

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17. LE COUVENT DES ÂMES 
(MOTHER'S LITTLE HELPER)

Résumé :

Sam découvre un couvent où Abaddon volait les âmes des mortels en 1958, jusqu’à ce qu’intervienne Henry Winchester. Il tue le Démon poursuivant cette sinistre activité. Du coup Sam est désormais autant persuadé que Dean de la nécessité de tuer Abaddon. Pendant ce temps Dean s’inquiète des conséquences de la Marque et en discute avec Crowley.

Critique :

Certes, on regrettera que cette rencontre avec Abaddon le Fléau ne s’effectue en définitive que par procuration, via les flashbacks ouvrant sur les prémices de la confrontation avec Henry Winchester vécue lors de l’épisode Abaddon (8-12). Même si l’on comprend bien qu’un voyage dans le passé de Sam aurait altéré la causalité, les confrontations directes avec ce formidable antagoniste restent trop rares pour que l’on ne ressente pas de la frustration. Il n’en demeure pas moins que la reconstitution d’époque s’avère soignée et qu’il est plaisant de retrouver Henry, même fugacement. L’épopée des diverses ramifications de la famille Winchester apparaît décidément inépuisable ! Le récit au sein du couvent suscite également une réelle épouvante, la tonalité de cette partie de l’épisode résulte d’ailleurs particulièrement sombre (efficace mise en scène de Misha Collins). Les religieuses rencontrées sont croquées avec soin et Alaina Huffman assume parfaitement son double rôle.

Mais l’opus atteint toute sa dimension avec son deuxième volet autour des étonnants dialogues entre un Dean angoissé par la progressive emprise de la Marque de Caïn et un Crowley toujours expert es manipulations. Jensen Ackles et Mark Sheppard se sont bien trouvés et savent donner toute sa saveur à cette nouvelle étape du parcours de leurs personnages. On aime également que la parcelle de sincérité  chez Crowley ne le prive point de toujours tisser sa toile, poussant Dean à se ressaisir pour s’en prendre directement à Abaddon, pour qu’au moins son sacrifice ne soit pas vain. Le récit établit ainsi une belle convergence avec un Sam lui aussi motivé, par l’écho personnel que trouve en lui les menées d’Abaddon, puisqu’il a éprouvé la privation d’âme en saison 6. Un parfait terreau pour la réconciliation des deux frères, avis de tempête pour notre rousse prédatrice en cette fin de saison qui se profile.

Anecdotes :

  • Quand Crowley parle avec Dean au bar, on entend You're No Good, de Linda Ronstadt.

  • Le titre original reprend celui d’une chanson des Stones, figurant dans leur album Aftermath (1966). L’expression Mother's Little Helper désigne en fait le Valium, sédatif alors très populaire chez les femmes.

  • Sœur Julia Wilkinson est nommée en clin d’œil à Jules Wilkinson, responsable administratif du tournage.

  • L’épisode reste le seul à ce jour (saison 14) à avoir été réalisé par Misha Collins pour Supernatural.

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18. LE HÉROS DE L'HISTOIRE
(META FICTION)

Résumé :

Castiel prend la tête des opposants à Metatron mais il se rend compte que le Scribe de Dieu perçoit le conflit angélique comme une histoire dont il serait le héros. Metatron n’hésite d’ailleurs pas à nous questionner sur ce qui fait une bonne histoire. Il libère facilement Gadreel, capturé par les Winchester. Dean semble toujours plus sous l’influence de la Marque de Caïn.

Critique :

Alors que se profilait un classique affrontement de fin de saison, voici que Supernatural nous propose l’un de ses épisodes les plus ambitieux. Certes Meta Fiction ne tient pas tout à fait les promesses de son titre original, en ce sens qu’il résulte en définitive moins méta que de purs OVNIS tels The French Mistake ou Fan Fiction. Ici le récit demeure davantage enchâssé dans la trame de la saison, le côté méta concernant surtout le discours (la master class) que nous délivre Métatron à travers le Quatrième Mur.

Dans sa forme, ce brillant discours autour de l’art de raconter une histoire) n’est pas non plus sans évoquer le mémorable Storyteller de Buffy (7-16). On y trouve la même idée que tout méchant est le héros de sa propre histoire, mais les deux opus divergent de par la nature éminemment singulière du Scribe de Dieu. La narration par Métatron s’avère très riche et prenante, recouvrant l’ensemble des évènements en cours et élevant Castiel au rang d’Archi vilain. Les scénaristes nous parlent avec bonheur de leur métier, mais cela n’empêche ni l’action (Dean contre Gadreel) ou l’insolite du retour (ou pas) de Gabriel.

Métatron se voit encore sublimé par la superbe performance d’un Curtis Amstrong au sommet de son art. Mais au-delà de ce savoureux exercice de style, l’épisode compose un saisissant portrait de ce sincère passionné de littérature aussi bien que de Pop Culture. Métatron s’affirme décidément comme l’un des meilleurs antagonistes de la série et l’une des plus grandes réussites de l’ère Jeremy Carver. Le récit rejoint d’ailleurs la tonalité biblique de l’épisode parce qu’il révèle de Métatron en tant que scénariste.

Le Scribe s’inscrit ainsi dans la tradition d’auteurs la conclusion - l’Eschaton ici – prime sur les péripéties intermédiaires (le combat des Winchester, qu’il méprise). Sa conviction que l’histoire qu’il raconte devient la réalité rejoint également la notion du Verbe divin. En fait Métatron se construit en néo Dieu face à Celui dont l’absence perdure, de même que le crépuscule des Archanges (hormis l’un d’entre eux, mais bon…). Insidieusement se pose la question de savoir si, en dépit de la perversité narcissique du Scribe, il ne vaut pas mieux que le tumulte engloutissant progressivement la Création. Métatron ou le Chaos ?

Anecdotes :

  • Durant le montage final, on entend The Sun Ain't Gonna Shine Anymore, de Frankie Valli.

  • Gabriel apparaît ici pour la première fois depuis la saison 5 et son apparent décès. La question de la mort ou de la survie effective de Gabriel ne sera toutefois tranchée que lors de l’épisode Longue vie au Roi (13.13).

  • Métatron communique à Castiel toutes ses connaissances en matière de livres, films et séries télé. C’est la fin d’un gag récurrent, car par la suite Castiel comprendra enfin les nombreuses et diverses références à la Pop Culture faites au cours de Supernatural.

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19. LE BAL DES VAMPIRES
(ALEX ANNIE ALEXIS ANN)

Résumé :

Le Shérif Jody Mills alerte les Winchester quand elle découvre la jeune Alex. Celle-ci s’est échappée d’un clan vampirique l’ayant gardé prisonnière durant 8 ans. Elle servait à attirer des victimes et les Vampires s’en prennent de nouveau à elle. Sam et Dean parviennent à trouver le clan mais auront besoin de leurs alliées pour le vaincre.

Critique :

Une Chasse aux Vampires, autant dire que l’épisode semblait voué à braconner sur des terres déjà maintes fois exploitées par la série. Mais la jeune Alex et l’intervention de Jody vont sensiblement modifier la donne. Le rôle d’appât joué par Alex au sein du Clan vampirique paraît initialement pour le moins sinistre, d’autant qu’il évoquera le souvenir de terribles faits divers dans notre réalité (comme l’affaire du « Trio diabolique », en 1984). Auteur talentueux, Richard Berens s’entend à faire perdurer aussi longtemps que possible l’ambiguïté autour de la véritable personnalité de la jeune femme. Une question qui est tout sauf abstraite ou morale, car d’ordinaire les Frères Winchester ne tergiversèrent guère à procéder concernant les suppots humains des Ténèbres. Et Dean subit toujours davantage l’emprise de la Marque de Caïn…

L’épisode trouve un second souffle grâce à Jody, qui va prendre Alex sous son aile de manière très émouvante un rapport mère-fille s’établissant pour ces deux femmes entre qui les souffrances vécues battissent un pont. Les deux actrices sont fabuleuses et il est intéressant de voir Berens établir les fondations de ce qui aurait du devenir Wayward Sisters, avec lui en showrunner. L’auteur accompagne efficacement les nouveautés de l’ère Carver, avec des personnages féminins forts et non destinés au trépas (Rowena et Amara vont bientôt frapper à la porte), mais aussi des monstres moins manichéens. Ainsi le Clan manifeste-t-il un certain attachement atavique envers Alex, jusqu’à instaurer un choix qu’Alex doit faire entre Jody et la Mère des Vampires.

A sa manière, l’épisode redore ainsi le blason des vampires au sein de Supernatural. On regrettera toutefois un certain biais dans la présentation d’Alex, car quand on la découvre intervenir en tant qu’appât, la victime est une parfaite ordure alors que cela n’a pas forcément toujours été le cas au cours de toutes ces années. Par ailleurs, la plus-value du récit concerne essentiellement Alex et Jody, pour Dean et Sam, il demeure avant tout une Chasse basique. Déjà des sous-fifres dans le Monde selon Métatron, ils se voient de nouveau mis au second plan. Il ne faudrait pas que le duo vedette soit négligé par un showrunner ayant à cœur d’ouvrir de nouvelles voies.

Anecdotes :

  • Durant le flash-back autour d’Alex, on entend If You Wanna Get to Heaven, de The Ozark Mountain Daredevils.

  • Le titre original est un jeu de mots sur de titre d’un film psychologique à suspense ayant connu un grand succès en 2011, Martha Marcy May Marlene. Le titre français fait lui référence au célèbre film de Roman Polanski (1967).

  • Sam et Dean ont pris Wilson et Fisher comme pseudonymes, soit le nom de membres du groupe rock Heart.

  • Jouée par la jeune Katherine Ramdeen, Alexis Jones effectue ici sa première apparition. Elle va participer à quatre épisodes de la série à ce jour (saison 14) et était appelée à devenir l’une des Wayvards Sisters, série dérivée féminine finalement abandonnée en 2018. Vegan proclamée, Katherine Ramdeen est également une activiste de la cause animalière.

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20. LA GUERRE DES MONSTRES
(BLOODLINES)

Résumé :

Sam et Dean viennent en aide à Ennis, homme menant une vendetta contre les cinq Familles de monstres régentant le Monde des Ténèbres à Chicago. Ils vont particulièrement se confronter à deux de ces clans, ceux des Changeurs de forme et des Loups-garous. Ce conflit va avoir des conséquences politiques au sein des dirigeants des Cinq Familles. Après le départ des Winchester, Ennis demeure à Chicago en tant que Chasseur.

Critique :

Backdoor pilote destiné à lancer une série dérivée du même, Bloodlines va parvenir à cocher à peu près toutes les mauvaises cases. Créer une série dérivée constitue un exercice toujours délicat : il faut susciter une nouveauté justifiant l’existence du nouveau programme, tout en conservant le ressenti de se trouver toujours dans le même univers. Des franchises comme Doctor Who, Stargate ou Star Trek ont toutefois régulièrement réussi l’exercice de style, mais Supernatural va ici connaître l’échec.

Ainsi Ennis, le protagoniste de la nouvelle série, n’a pas été mis en place lors d’aventures précédentes avec les Winchester, il ne dispose donc que de cet unique épisode pour acquérir les faveurs d’un public par ailleurs farouchement attaché à Sam et Dean. Le manque total d’imagination de son écriture (une copie conforme du parcours de Sam) n’aide en rien, pas plus que le manque de charisme de l’interprète. Les Winchester ne font finalement que passer dans l’épisode et, même si Métatron et Abaddon obligent, il reste très gênant de les voir décamper aussi vite alors qu’un conflit est sur le point d’éclater, menaçant également les Humains. Décidément, ici de simples silhouettes, Sam et Dean ne sont guère à la fête en ce moment.

Surtout, Bloodlines n’a vraiment guère à voir avec l’Univers Supernatural. Inséré dans Chicago, le Fantastique à base de monstres de Bloodlines relève de la Fantasy urbaine, ce qui n’a jamais été le cas pour Supernatural, dont les épisodes se déroulent toujours dans l’Amérique profonde et rurale, celle du terroir et des folklores. Bloodlines propose également des créatures organisées en clans mafieux puissants et hiérarchisés. Or, on n’a jamais vu cela dans Supernatural, où les monstres (et les Dieux païens) sont, soit solitaires, soit organisés en très petits groupes. Les Alphas sont des figures légendaires, pas des leaders, et Eve a fait long feu.

Par ailleurs la Fantasy urbaine de l’épisode apparaît sommaire, et moins prenante que des séries comme Kindred (à San Francisco) voire même The Originals (à la Nouvelle-Orléans), sans même parler d’un Jeu de Rôles comme Le Monde des Ténèbres. Elle accumule les clichés, comme les princes de deux clans antagonistes tombant amoureux, ou des personnages de soap opera, semblant davantage relever de Dynasty (ne pas manquer l’inénarrable cheffe des Changeurs de Formes, l’Alexis locale). Le ton Supernatural s’y voit aussi considérablement édulcoré aussi bien musicalement (on passe du Classic Rock à de l’Électro sucrée et contemporaine, une souffrance) que dans les effets horrifiques. Ainsi les transformations des Changeurs de Formes, naguère longues et copieusement gores, deviennent ici immédiates et proprettes, abracadabra.

Non mais, attendez. Des monstres devenus plus mignons, de la musique sirupeuse, des clans, des amours impossibles et larmoyants… Bloodlines ne serait tout de même pas en train de passer de  Supernatural à Twilight ? Cela ne pouvait pas durer.

Anecdotes :

  • Quand Ennis et Tamara entrent dans le restaurant, on entend Somehow, de Caught a Ghost.

  • Sam et Dean se font cette fois passer pour les Agents Bonham et Peart, soit deux célèbres batteurs : John Bonham (Led Zeppelin) et Neil Peart (Rush).

  • Trois des cinq Clans de Chicago sont ici aperçus : Changeurs de formes, Loup-garous et Djinns. Le quatrième (les Goules) est seulement cité, le cinquième demeure inconnu.

  • Bloodlines était destiné à servir de point de départ à une série drivée du même nom. Nettement plus urbaine que Supernatural, elle aurait raconté les rivalités entre clans de monstres de Chicago, mais le projet ne fut finalement pas retenu. L’épisode et sa Fantasy urbaine ne rencontrèrent pas leur public et l’opus demeure à ce jour (saison 14) le plus mal noté de Supernatural sur IMDB, avec un score de 6,1.

  • Le choix d’un total de cinq Clans n’est pas un hasard, il fait écho aux célèbres Cinq Familles ayant régné sur la mafia de New York et de l’Est des USA. Malgré leurs conflits, les familles Gambino, Bonanno, Colombo, Lucchese et Genovese ont régenté leur territoire depuis la partition organisée avant-guerre par Lucky Luciano. Elles sont passées dans la culture populaire à travers films et séries. Dans Les Soprano, Tony est ainsi le lieutenant pour le New Jersey de l’une des Cinq Familles, les Lupertazzi. Présentées comme la plus puissante des Cinq, il s’agirait en réalité des Genovese.

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21. LA NOUVELLE REINE
(KING OF THE DAMNED)

Résumé :

Castiel découvre que Metatron dispose d’une entrée secrète au Paradis et qu’il assemble une armée. Il négocie avec Gadreel pour que celui-ci le rejoigne. Un ultime affrontement a lieu entre Abaddon et Crowley, secrètement allié aux Winchester. Protégé par la Marque de Caïn et détenteur de la Première Lame, Dean parvient à tuer Abaddon, mais son ultra violence semble toujours plus irrépressible.

Critique :

Avec la chute d’Abaddon, La Nouvelle Reine clôt le volet infernal du grand conflit narré cette saison, nous révélant de la sorte que le grand final se centrera exclusivement sur la Guerre du Paradis. Ce choix peut se comprendre, cette partie de l’histoire permettra de regrouper tous les protagonistes du Clan Winchester, puisque Castiel s’y est exclusivement dédié. De plus, à tout prendre, Métatron reste sans doute un adversaire plus riche qu’Abaddon le Fléau. Cela rendra également la tâche plus aisée à des scénaristes n’ayant plus qu’un seul front à gérer. Peut-être est-ce le choix de la sagesse (sage est l’homme qui connaît ses limites), mais l’on reste malgré tout nostalgique d’une immense conflagration finale et globale, nous électrisant par son rythme déchaîné.

D’autre part cette sortie quelque peu précipitée de la flamboyante démone (Alaina Huffman  est incroyable de bout en bout) ravive notre regret d’une trop rare présence et de l’absence de toute rencontre avec Métatron. Mais du moins le dernier tour du piste du Fléau s’avère-t-il à la hauteur de nos attentes, entre un nouveau récital de cruauté débridée quand elle torture le fils de Crowley, on un épique combat final contre Dean. Celui-ci s’offre d’ailleurs le luxe d’appeler la Première Lame tel un Jedi s’ouvrant à la Force : Supernatural et ses références ! Le fait que Dean soit en train de perdre son humanité jette une ombre astucieuse sur le dernier combat à venir, tandis qu’a contrario, Crowley confirme sa (relative) nouvelle sensibilité en étant prêt à capituler pour sauver son fils. Un joli effet de bascule qui promet beaucoup pour la saison prochaine.

Anecdotes :

  • Quand les Anges boivent a bar, on entend You, Me and a Bottle of Whiskey, de The Temporary Thing. On entend la Sonate pour Piano N° 11 in A Major, Rondo Alla Turca, de Mozart, quand Crowley reçoit l’appel de Dean.

  • L’identifiant de Crowley sur le téléphone de Dean est (logiquement) 666.

  • Abaddon quitte ici la série, après avoir été tuée par Dean. Elle ne sera pas ressuscitée par la suite.

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22. JEU DE DAMES
(STAIRWAY TO HEAVEN)

Résumé :

Malgré les ordres de Castiel, des Anges de sa faction devenus fanatiques commettent des attentats suicides. La Faucheuse Tessa en fait également partie, elle s’empale sur la Première Lame lors d’une entrevue avec Dean. Décrédibilisé, Castiel est abandonné par ses partisans, or c’est Metatron qui a fanatisé les terroristes, en se faisant passer pour lui. Scandalisé, Gadreel rejoint Castiel et Sam, qui doivent neutraliser Dean pour l’empêcher de le tuer.

Critique :

Stairway to Heaven se positionne en préambule au grand final, soit une posture bien connue dans le déroulement classique d'une série d'aventures. Dépourvu de souffle et de réelles surprises, l'épisode échoue malheureusement à remplir l'objectif attendu de cet exercice de style : accroître les enjeux dramatiques et électriser le récit afin de catapulter le spectateur vers le dénouement. D'entrée il subit le choix préalable d'en finir avec le versant démoniaque du conflit, qui conduit mécaniquement à se centrer désormais sur le seul enjeu du Paradis, avec comme prolongement très prévisible de contourner sa clôture par Métatron. Le seul autre sujet demeure l'emprise toujours plus marquée de la Marque sur Caïn sur Dean, mais ce thème se voit minoré par le choix en définitive fait par les témoins de demeurer simples spectateurs. Ils s'inquiètent mais ne se mobilisent pas, cela en devient assez artificiel.

Les quelques tentatives d'agrémenter le fil narratif ne parviennent guère à rehausser le niveau, même si au moins elles évitent à l'opus de sombrer dans l'ennui. Évidemment dès que Tessa apparaît on devine qu'elle va mourir, il s'avère décevant de sacrifier un personnage aussi apprécié depuis bien longtemps simplement pour pimenter une intrigue et sans réelle justification. Imaginer que les Faucheurs soient à ce point perturbés par la fermeture du Paradis laisse sceptique, car tout ceci se déroule en aval de leur intervention (et quid de la Mort ?). Transformer les Anges en pathétiques auteurs d'attentats suicides revient à pousser singulièrement loin leur déchéance, jusqu'à atteindre Métatron lui-même. Passer du démiurge préalablement décrit à ce tour de passe-passe malin mais digne d'un Changeur de Formes signifie un rude atterrissage. Le retournement de Gadreel reste sans doute l'élément le plus porteur, mais tout ceci est bien soudain.

Anecdotes :

  • Quand Castiel et Sam arrivent au seuil du Paradis, on entend Cheek to Cheek, de Fred Astaire (du film Top Hat, 1935).

  • Le titre original reprend celui du plus grand tube de Led Zeppelin (1971), le groupe le plus référencé tout au long de Supernatural. 

  • Castiel désigne Sam et Dean comme étant les Agents Spears et Aguilera. Une référence amusée à Britney Spears et Cristina Aguilera.

  • L’épisode marque le départ de Tessa, la sympathique Faucheuse présente dans la série depuis la saison 2. Tessa est très clairement inspirée du personnage de La Mort dans The Sandman, le roman graphique de Neil Gaiman.

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23. LE FAISEUR DE MIRACLES
(DO YOU BELIEVE IN MIRACLES?)

supernatural 7 23

Résumé :

Gadreel et Castiel décident de s’infiltrer au Paradis, afin de détruire la Tablette angélique, source du pouvoir de Métatron. De son côté, Sam affronte directement le Scribe de Dieu, rejoint par Dean avec l’aide de Crowley. Grâce au sacrifice de Gadreel, la tablette est détruite et Metatron, redevenu un Ange quelconque, est enfermé après que Castiel ait révélé son imposture. Dean succombe à ses blessures, mais la Marque de Caïn le transforme alors  en Démon.

Critique :

L'action débute dans la continuité immédiate de Jeu de Dames, ce qui permet à ce véritable double épisode de plus que largement compenser les faiblesses de sa première partie. Ainsi le rythme des péripéties devient plus prenant, et l'ensemble davantage tonique. Le récit sait en particulier parfaitement exploiter le profil psychologique des personnages tel que dépeint au cours de la saison. Gadreel a ainsi droit à une sortie en majesté, via son sacrifice, même si la marche vers celui-ci aura été bien tardive. Curtis Amstrong brille toujours dans l'expression du mégalomane complexe divin de Métatron tandis que toute son expérience humaine influe Castiel au moment de choisir s'il s'empare ou non du pouvoir suprême. On aime en particulier qu'entre les deux Anges la victoire revienne en définitive au meilleur conteur d'histoire.

Mais ce final de saison reste avant celui des surprises. En effet il s'inscrit dans le vent de nouveautés apporté par cette saison avec la survie du Big Bad, Castiel épargnant Métatron, ce qui promet déjà beaucoup par la suite. L'Ange Hannah, alliée indocile de Castiel survit également, ce qui contredit agréablement une certaine malédiction des personnages féminins dans cette série. Mais c'est bien entendu le choc final de la transformation de Dean en Démon qui apporte tout son impact à l'épisode. Outre la sidération du moment, la machination révélée de Crowley se savoure intensément, de même que la possible perspective d'un affrontement entre frères (l'héritage de Caïn). De quoi rebattre toutes les cartes et attendre impatiemment la saison suivante, mais aussi ouvrir des espaces à Sam, qui reste le sacrifié de ce final particulièrement relevé.

Anecdotes :

  • Comme le veut la tradition, on entend Carry On Wayward Son, de Kansas, durant l’ultime séquence récapitulative The Road So Far de la saison.

  • Caractéristiquement, Métatron avait dissimulé la Tablette angélique sous sa machine à écrire.

  • Gadreel quitte définitivement la série, après son sacrifice permettant de vaincre Metatron.

  • Winning a People's Choice Award. Not quite the real deal now, is it ? ironise Metatron. Le fort soutien de ses fans a valu à Supernatural de souvent remporter cette distinction, désignée par les votes du public.

  • La transformation de Dean en Démon avait été prophétisée lors de l'épisode Les Reines de Sabbat (3.09). Le processus de conversion d'Humain à Démon s'y voyait également révélé.

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