Présentation Saison 3

Miss Marple (2004-2013) - Geraldine McEwan

Saison 2


1. LA DERNIERE ÉNIGME
(SLEEPING MURDER)



Résumé :

Gwenda Halliday quitte l’Inde, pour l’Angleterre, où elle va désormais s’installer et bientôt se marier. Elle fait l’acquisition d’une belle mais ancienne demeure située en bord de mer, qu’elle entreprend de rénover. Elle est progressivement gagnée par l’impression d’avoir déjà vécu auparavant dans cette maison et même d’y avoir assisté à un meurtre. Hugh, un employé de son fiancé, s’inquiète de la voir de plus en plus troublée et appelle à la rescousse une amie à l’esprit perspicace, Miss Marple. Celle-ci va mettre à jour une stupéfiante vérité.

Critique :

Après le succès rencontré par sa première saison, la série a visiblement décidé d’accentuer ses choix narratifs à l’orée de la deuxième. En effet, alors qu’elle avait déjà pu apporter des modifications parfois sensibles aux romans adaptés, elle franchit ci un nouveau cap en réécrivant toute la majeure partie de Sleeping Murder, ne conservant réellement que le postulat rituel. Mais même celui-ci se voit altéré, l’aspect « maison hantée » de la première partie du livre se voyant considérablement minoré, alors que l’on rentre plus rapidement dans le Whodunit traditionnel, dont la résolution du mystère diverge largement avec l’initial. La partie du public attachée à la fidélité à l’œuvre d’Agatha Christie pourra donc se plaindre à bon droit.

Toutefois cette nouvelle version de l’intrigue ne manque pas d’intérêt. Elle conserve ainsi la dimension originelle de traitement d’un meurtre ancien. Outre les difficultés inhérentes pimentant la situation, le récit exprime avec sensibilité la mélancolie du temps qui passe et des destinées parfois différentes de qu’envisageaient les protagonistes. Outre l’intérêt culturel de relater l’existence de ces petites compagnies théâtrales d’avant-guerre, l’insertion des Funnybones se montre très propice à cet égard. L’intrigue se suit clairement et reste suffisamment complexe pour intéresser, même si l’ultime meurtre désigne un peu trop aisément la personne coupable. La description du même fatidique et lointain évènement par les divers témoins reste un procédé efficace pour entremêler les pièces de puzzle, La série Poirot agira pareillement lors de l’un de ses tous meilleurs épisodes, Five Little Pigs. La romance entre Gwenda et Hugh, totalement importée, nous vaut également quelques charmants moments.

Même si le scénario ne se contente pas de se reposer sur une excellente distribution, cette dernière, particulièrement riche en visages connus et appréciés de la télévision britannique, constitue un formidable atout pour l’opus. Sophia Myles se montre parfaite dans le rôle à la fois fort et sensible de Gwenda, dont le portrait forme l’élément central du téléfilm, tout comme celui du roman. Une nouvelle fois au sein de la série l’amateur de Docteur Who sera à la fête avec nombre d’acteurs reliés à cette série (Paul McGann se montre d’ailleurs particulièrement impressionnant). La mise ne scène se montre tonique et nous vaut une nouvelle fois reconstitution historique, encore agrémentée par de superbes locations et une photographie subtilement travaillée. Les paysages marins du Devon s’avèrent magnifiques, l’épisode rend d’ailleurs un bel hommage à cette région chère à Agatha Christie. Le récit incorpore d’ailleurs un joli clin d’œil à Torquay.

Anecdotes :

  • L’épisode est adapté du roman éponyme, publié en octobre 1976, après la mort d’Agatha Christie. Il fut en fait écrit durant la seconde guerre mondiale et son action prend place durant les années 30 et non 50, comme ici.

  • Le téléfilm présente de nombreuses différences vis-à-vis du roman, changeant le nom et le vécu de plusieurs personnages (les Funnybones), ainsi que le déroulement des meurtres. En fin de récit, la mère de l’héroïne et la seconde compagne de son père se voient ainsi fondues en un seul personnage. Giles n’est plus le mari mais le fiancé de Brenda et il reste périphérique au récit, au terme duquel Brenda lui préfère Hugh.

  • Sophia Myles (Gwenda Halliday) est notamment connue pour divers rôles dans des productions fantastiques ou de Science-fiction. Elle est notamment Lady Pénélope dans la version filmée des Thunderbirds (2004), la Bette Turner de la série Moonlight ou l’Erika de la saga Underworld. Elle interprète également Mme de Pompadour dans le Doctor Who moderne (La Cheminées des Temps, 2006)

  • Anna-Louise Plowman (Helen Marsden) a été le Goa’uld Osiris dans la série Stargate SG-1 et Diana Goddard dans l’épisode Dalek du nouveau Doctor Who (2005). Elle est la belle-fille de Maggie Smith, ayant épousé Toby Stephens en 2001.

  • Una Stubbs (Mrs Pagett) est l’irrésistible Mrs Hudson affirmant souvent n’être pas la logeuse de Sherlock Holmes et John Watson dans la série Sherlock de la BBC.

  • Sarah Parish (Evie Ballantine) figure dans de nombreuses séries anglaises. Elle est également connue pour ses nombreuses collaborations avec David Tennant, notamment dans Blackpool ou Broadchurch. Dans le nouveau Doctor Who, elle est l’effroyable Impératrice des Racknoss, lors de l’épisode Le Mariage de Noël (2007).

  • Julian Wadham (Kelvin Halliday) est l’interprète de John Steed dans les différentes adaptations audio des Avengers réalisées par Big Finish.

  • Paul McGann (Dickie Erskine) a été l’interprète du huitième Docteur dans Doctor Who.

  • Totalisant 8,4 millions de spectateurs lors de sa diffusion initiale, l’épisode est celui de la série qui connaîtra la plus grande audience. Il précède de peu le pilote, Un cadavre dans la bibliothèque.

  • Durant l’un des flashbacks, Elvie entonne La Danse du Sabre, célèbre dernier mouvement du ballet arménien Gayaneh. L’œuvre a été créée en 1942, ce qui subsiste un léger anachronisme, puisque la scène est censée se dérouler en 1934.

  • De même la carte postale envoyée par Helen comporte un timbre à l’effigie de la Reine Elizabeth II. Or Helen a disparu durant les années 30, alors qu’Elizabeth est montée sur le trône en 1952.

  • Dillmouth est en fait représentée par Sidmouth, dans le Devon. Originellement un petit port de pêche, la ville est aujourd’hui une station balnéaire très fréquentée par les touristes. 

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2. LA PLUME EMPOISONNÉE
(THE MOVING FINGER)

Résumé :

Accompagné par sa sœur Joanna, le dépressif vétéran de guerre Jerry Burton s’installe dans la paisible petite cité de Lymstock, afin de s’y remettre de ses blessures dues à un accident de moto. Mais l’atmosphère locale s’avère troublée par les lettres anonymes d’un corbeau révélant les secrets peu glorieux de la population. Cette campagne finit par provoquer par deux suicides et Jerry se décide à tirer cette histoire au clair. Il va recevoir l’aide inattendue de Miss Marple, qui séjourne elle-aussi à Lymstock.

Critique :

La série marque ici un grand virage, à double titre. En effet elle s’est régulièrement disjointe des romans qu’elle adapte, cette liberté s’avérant d’ailleurs particulièrement marquée lors de l’opus précédent. Or, hormis quelques points de détail, l’intrigue demeure ici très fidèle au livre originel et s’offre même le luxe d’y résulter davantage conforme que la version donnée de The Moving Finger par la série Joan Hickson. De fait, si les deux productions font, inévitablement, intervenir Miss Marple bien plus rapidement que dans le roman, elle ne vole en effet pas ici la vedette à Jerry Burton. Celui-ci se voit doté d’une plus forte personnalité que dans le livre, ce qui permet de maintenir à niveau d’une Jane elle-même dynamisée par sa pétillante interprète. Le subtil talent de James d’Arcy lui apporte également une dimension supplémentaire, d’autant plus précise qu’à côté de l’enquête la narration développe fort bien la forte relation avec sa sœur (excellente Emilia Fox), mais aussi tout le volet romantique avec Elsie et Megan.

L’autre singularité de cet épisode, au sein d’une série fondamentalement divertissante et souvent humoristique, reste le ton très sombre qu’il emprunte là aussi au roman. L’adaptation manifeste une vraie compréhension du texte d’Agatha Christie, concernant l’impact des ravages exercés par le corbeau. Ce dernier atteint des individualités mais aussi le corps socila que constitue un village. Malheureusement l’expression de cette idée, pour réelle qu’elle soit, butte sur des notables locaux bien trop outrés, avec des comédiens en rajoutant volontiers dans le grotesque. Isolément ces caricatures de médecin ou de pasteur (avec son sermon très explicite sur la fornication) auraient pu composer des Excentriques assez bruts, mais ensemble ils rendent la description du village par trop surréaliste. L’écho des lettres anonymes aurait été plus sonore dans une enceinte davantage réaliste. Très travaillée, la mise en scène ajoute également à cet aspect fantaisiste, par une luminosité surexposée et tout un travail sur les couleurs des vêtements, parfois très criardes. Il en va de même des scènes de voitures délibérément truquées à la manière des séries des années 60.  

Anecdotes :

  • L’épisode est adapté du roman éponyme, publié en 1942. Il lui reste assez fidèle, en dehors du déplacement de l’action dans les années 50 (période de l’ensemble de la série) et quelques modifications non fondamentales de la personnalité de personnages, notamment pour Jerry Burton, plus rude ici (la cause de son accident est également changée). Miss Marple apparaît également plus rapidement que dans le roman.

  • James D'Arcy (Jerry Burton) mène une belle double carrière, au cinéma comme à la télévision. Il a notamment tenu les rôles récurrents de Duncan dans Journal intime d’une call girl, de Lee Ashworth dans Broadchurch et de Jarvis dans Agent Carter.

  • Frances de la Tour (Mrs Maud) est un actrice anglaise ayant une ascendance française, élève de Michel Saint-Denis. Dans la saga Hatty Potter, cette figure de la RSC interprète Mme Olympe Maxime, la directrice de l’Académie de Magie de Beauxbâtons. Tout comme Joanna Lumley, elle fut l’une des actrices un temps considérées pour un Docteur féminin succédant au Septième, interprété par Sylvester McCoy.

  • Sean Pertwee (Dr Owen Griffith) joue actuellement Alfred, le fameux majordome anglais de Bruce Wayne, dans la série Gotham. Il est le fils de Jon Pertwee, qui incarna le Troisième Docteur dans la série Doctor Who.

  • Stephen Churchett, adaptateur régulier des romans pour la série, effectue ici un caméo. Il tient ici le bref rôle du coroner, tout comme lors de The Murder at the Vicarage.

  • Lors du tournage de l’épisode, une rumeur non fondée indiquait que David Suchet serait l’invité du jour, bien entendu sous les traits d’hercule Poirot. En définitive il n’y aura jamais de crossover entre les deux séries d’ITV. Suchet a plusieurs fois indiqué qu’il n’envisageait pas de participer à une enquête de Poirot non écrite par Agatha Christie.

  • La petite ville de Lymstock est en fait représentée par celle de Chilham, dans le Kent. Elle est renommée pour son centre composé de demeures remontant jusqu’au XVIe siècle et parfaitement conservées. Ce cachet d’Angleterre traditionnelle lui vaut apparaître dans de nombreuses productions (Hercule Poirot's Christmas, Emma…).

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3. MON PETIT DOIGT M'A DIT
(BY THE PRICKING OF MY THUMBS)

Résumé :

Tommy & Tuppence, couple désormais mûrissant, rendent visite à Tante Ada, dans sa belle résidence pour personne âgées. Peu de temps après, Tuppence apprend la mort soudaine d’Ada. Elle découvre un message de la défunte, indiquant que l’une de ses amies, Mrs Lancaster, est au courant d’un meurtre, des indices étant insérés dans un intrigant tableau. Or Mrs Lancaster a disparu le même jour qu’est survenue la mort soudain très suspecte d’Ada. Tuppence rencontre également Miss Marple, venue visiter une ancienne voisine de St Mary Mead. Les deux femmes sympathisent et mènent une enquête les conduisant au village de Farrell St Edmund, où elles mettent à jour un ancien et sinistre secret.

Critique :

Avec cet opus la série franchit un nouveau cap en matière de liberté d’adaptation, en installant Miss Marple au sein d’histoires où elle ne figurait nullement sous la plume d’Agatha Christie. L’évènement irritera certainement les puristes et mateurs de la littérature originelle, m^me si les protagonistes d’origine s’avèrent encore présents ici, ce qui ne sera même plus le cas par la suite. Il faut dire que le couple Beresford bénéficie d’une solide popularité, liée à son intérêt propre et à leur statut de héros semi récurrents dans l’œuvre de la Duchesse de la Mort. Leur éviction aurait sans doute contrarié une trop large part du public. L’idée semble cependant avoir du potentiel, d’autant qu’elle avoisine la notion de crossover, chère aux amateurs de séries télévisées. Encore faut-il que la qualité du résultat puisse justifier la modification apportée au texte originel.

Malheureusement, l’exercice de style ne convainc ici que fugacement, après une entrée pourtant prometteuse grâce à un générique indiquant élégamment via des portraits de famille que le couple Tommy & Tuppence est désormais bien avancé en l’âge mûr. On apprécie que l’épisode ne cède pas au jeunisme et conserve aux Beresford leur précieuse caractéristique d’avoir vieilli parallèlement à leur auteure. On déchante très vite car après le scénario cède à la facilité d’avoir à gérer un duo plutôt qu’un trio, en expulsant promptement Tommy sur le Continent, sans même s’embarrasser d’un prétexte construit. Tommy va demeurer totalement périphérique à l’action et n’être avec Tuppence qu’en tou début et en toute fin de récit. Or le duo Tommy & Tuppence forme un tout et l’épisode se prive quasi totalement de leur dynamique.  Quel dommage !

De plus, durant toute la première moitié de l’épisode, la série tombe dans le piège de trop mettre en avant sa figure centrale. Miss Marple ne cesse de donner la leçon à Tuppence, son expérience issue de la sagace observation de St Mary Mead réussissant infailliblement là où les fameuses intuitions de Tuppence échouent. Qui plus est, le couple Beresford est présenté comme ne crise, avec une Tuppence est présenté comme en crise sombrant doucement mais sûrement dans l’alcoolisme. Une situation que Miss Marple va bien évidemment solutionner. Il faudra attendre l’arrivée à Farrell St Edmund et surtout l’exploration de la Maison de l’horreur pour voir Tuppence marquer des points et reprendre quelques couleurs, il est alors bien tard. Tout ceci se montre particulièrement frustrant pour les amateurs du fin duo, même si Greta Scacchi s’avère parfaite dans le rôle et très complice avec Geraldine McEwan. Elle et Anthony Andrews parviennent d’ailleurs à rendre pétillants les trop rares échanges entre les Beresford.

Cet acte manqué empêche de pleinement profiter des atouts de l’opus, pourtant bien réels. On apprécie ainsi une musique agréablement variée et une production de qualité, entre belles demeures, pubs typiques et superbes voitures (mention spéciale au bolide rouge écarlate de Tuppence). La mise en scène anime avec entrain un scénario solidement construit autour d’une enquête solidement articulée, avec l’énigme du tableau comme agréable fil rouge. Le village se voit peuplé de caractères certes marqués, mais pas outrés comme lors de l’épisode précédent. La distribution quatre étoiles dépasse la norme pourtant élevée de la série en la matière. On apprécie particulièrement la présence de Charles Dance (toujours cette voix incomparable) ou la fraicheur d’une Michelle Ryan tout juste issue d’EastEnders et n’ayant pas encore connu ses rôles les plus notables. Comme souvent ici, les Whovians seront à la fête, notamment avec la présence de Claire Bloom (la femme mystère de The End of Time) ou de June Whitfield (l’inoubliable mère d’Ab Fab, mais aussi Minnie Hooper dans le même The End of Time). Prédomine malgré tout la sensation d’une rencontre décevante.

Anecdotes :

  • Diffusé le 9 février 2006, l’épisode est adapté du roman éponyme, publié en novembre 1968. De très nombreux changements se voient apportés à l’intrigue, le principal étant bien entendu que Miss Marple n’y figure pas aux côtés de Tommy & Tuppence Beresford.

  • By the Pricking of My Thumbs est le premier opus de la série à intégrer un récit d’Agatha Christie ne comportant pas initialement Miss Marple, un procédé auquel la série de Joan Hickson n’a jamais recouru (de même pour le Poirot de David Suchet). En tout neuf épisodes, sur un total de vingt-trois, seront écrits de la sorte.
  • Un an avant sa diffusion, ‘le roman avait déjà été adapté par le film français Mon petit doigt m'a dit (Pascal thomas, 2005), avec André Dussollier et Catherine Frot dans le rôle de Tommy & Tuppence.

  • Anthony Andrews (Tommy Beresford), apparenté à la famille royale, interprété de nombreux rôles d’autorité au cours de sa carrière. Il fut initialement envisagé pour le rôle de William Bodie dans Les Professionnels (1977-1983), mais, alors que le tournage avait déjà débuté, Brian Clemens décida de le remplacer par Lewis Collins, estimant qu’il y aurait une meilleure empathie avec la co vedette Martin Shaw (Raymond Doyle).

  • Greta Scacchi (Tuppence Beresford) est une actrice très présente au cinéma depuis les années 80 (The Player, Good Morning, Babylon, Présumé innocent…). Elle joue actuellement Madeleine de Foix dans la série Versailles. Greta Scacchi a été l’épouse de Vincent D'Onofrio.

  • Michelle Ryan (Rose Waters) est un visage régulier des séries fantastiques ou de Science-fiction. Elle apparait dans Jeckyll, Merlin, Bionic Woman ou encore Doctor Who (Lady Christina de Souza), après s’être faite connaître dans le soap EastEnders, sur la BBC depuis 1985. Elle fut une candidate malheureuse au rôle de Vesper Lynd, dans Casino Royale (2006),

  • Charles Dance (Septimus Bligh), fut le partenaire de Diana Rigg à la Royal Shakespeare Company. Il est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes es vilains de grande classe, au cinéma (The Golden Child, Alien 3, Last Action Hero, Dracula Untold…) comme à la télévision (Lord Tywin Lannister dans Game of Thrones). Il a été anobli en 2006.

  • La résidence de Sir Philip est en fait Loseley Park, dans le Surrey. Ce manoir du XVIe Siècle et ses somptueux jardins ont servi à de nombreuses reprises de décor, notamment pour diverses adaptations de Jane Austen ou d’Agatha Christie.

  • Agatha Christie a régulièrement utilisé des reprises de textes célèbres comme titres de ses ouvrages. Ici il s’agit d’une citation de Macbeth (acte 1, scène 4) : By the pricking of my thumbs, something wicked this way comes.

  • Tant par son affiche que par les références faites aux acteurs, le film produit par Sir Philip est en fait Jane Eyre (1943), avec Orson Wells et Joan Fontaine. Le rôle de l’amie défunte de l’héroïne, ici tenu par l’une des jeunes filles du village, l’a en fait été par Liz Taylor.

  • Outre Hitchcock, Sir Philip déclare en relation avec Sir Balcon. Sir Michael Balcon (1896–1977) fut un important producteur anglais, des années 20 aux années 50. Il a effectivement plusieurs des premiers succès du Maître du Suspense (Les 39 marches). Il est le grand-père de l’acteur Daniel Day-Lewis.

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4. LE MYSTÈRE DE SITTAFORD
(THE SITTAFORD MYSTERY)

Résumé :

Miss Marple est amenée à intervenir quand Clive Trevelyan, membre en vue du Parlement et probable successeur de Winston Churchill est assassiné au poignard. L’homme a un passé brillant, ayant été un héros de guerre, mais aussi mystérieux, à propos de la fortune qu’il aurait acquise en Egypte. Son meurtre est survenu durant une violente tempête de neige, ce qui circonscrit les suspects aux personnes résidant dans le même hôtel, un groupe très disparate. Durant les évènements un criminel s’est également évadé de la prison toute proche de Dartmoor, ce qui complique la tâche de Miss Marple.

Critique :

La saison 2 se conclue malheureusement sur la première véritable déception suscitée par la série. By the Pricking of My Thumbs près on vampirise derechef un roman où ne figurait pas initialement Miss Marple, mais avec un résultat encore bien moindre. En effet tant la réécriture des personnages que celle de l’intrigue se révèlent uniquement orientées vers le sensationnalisme. Les différents protagonistes deviennent tous des caricatures faiblesse récurrente de la série ici portée à un point extrême, on avoisine par moments un mauvais burlesque.

C’est notamment le cas pour Emily, qui non contente de se voir déchue de son titre de détective amatrice, devient ainsi un personnage assez vulgaire et empesé. C’est d’autant plus dommage qu’elle évoquait assez la Lucy Eyelesbarrow de 4.50 from Paddington, en creusant dans ce sens il y avait de quoi fournir une vraie partenaire à une Miss Marple ici très esseulée, quitte à tout réécrire. Dans le roman le Fantastique agrémentait l’intrigue en apportant une énigme supplémentaire, sans que l’on soit dupe un seul instant de ce que la conclusion allait apporter comme démenti à son sujet. Ici il devient au contraire littéral, en s’accompagnant d’une grande quantité de clichés (spiritisme, malédiction du tombeau égyptien…), une évolution préjudiciable à l’ensemble.

Pour obtenir une image choc, on veut que Trevelyan assiste à la séance de divination, mais en écartant Miss Marple, ce qui se traduit par des allées et venues passablement fastidieuses entre l’hôtel et Sittaford House. Demeure le sens de l’image, avec de superbes décors et  l’ouija remplaçant le spiritisme classique de manière réussie, ainsi que l’interprétation. On appréciera particulièrement l’impressionnante démonstration de Timothy Dalton en homme charismatique mais en proie à ses démons intérieurs, mais aussi l’amusante présence de Carey Mulligan (l’inoubliable Sally Sparrow de Blink), complétant une distribution une nouvelle fois distrayante pour les amateurs de Doctor Who. Toutefois le téléfilm reste avant tout indigeste.

Anecdotes :

  • Diffusé le 30 avril es2006, le téléfilm est adapté du roman Cinq heures vingt-cinq (1931), dans lequel ne figure pas le personnage de Miss Marple. La véritable détective roman, Emily, se voit réduite au simple statut de fiancée d’un des suspects.

  • L’histoire subit en outre de grands changements. Ainsi, dans le roman, Trevelyan n’est en rien connecté à la politique et il n’assiste pas à la séance de divination annonçant son assassinat. Les noms et les profils des personnages sont souvent modifiés et l’identité du coupable est également changée.

  • Timothy Dalton (Clive Trevelyan) a évidemment été James Bond lors de deux films des années 80 (Tuer n’est pas jouer et Permis de tuer) mais il est avant tout un grand acteur de théâtre. A la télévision, il a notamment incarné Sir Malcolm Murray dans la série Penny Dreadfull et le Lord Président Rassilon, dirigeant de Gallifrey, dans la série Doctor Who. Dalton avit également joué le premier mari d’Agatha Christie, Archibald Christie, lors du film Agatha, en 1979.

  • Michael Brandon (Martin Zimmerman) est connu pour le rôle de Jim Dempsey dans la série Mission casse-cou (1984-1986). Il a épousé sa partenaire Glynis Barber, après avoir été le mari de Lindsay Wagner durant les années 70. Il a également incarné le général Sanchez, haut gradé de UNIT, dans l’épisode de Doctor Who, The Stolen Earth.

  • Winston Churchill est ici interprété par Robert Hardy, grand spécialiste en la matière puisqu’il l’aura incarné cinq fois durant sa carrière.

  • En 1955, le véritable successeur de Winston Churchill, à l’issue de son troisième mandat de Premier Ministre, deviendra Anthony Eden, effectivement évoqué en cours d’épisode. 

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