saison 3 saison 5

Médium

Saison 4

 


1. ET MAINTENANT…
(AND THEN)





Allison a été renvoyée. Devalos n’est plus procureur. Joe a perdu son travail.  Scanlon a été muté aux relations publiques. Allison rêve de l’enlèvement d’un enfant dans un supermarché.

Intro originale pour cette saison 4 : les téléspectateurs sont invités à dire où nous en sommes restés à  la fin de la saison 3. Puis commence la stressante intrigue de ce premier épisode. Une marionnette (objet habituel dans les films d’épouvante) a joué un rôle dans le kidnapping d'un enfant par un prédateur sexuel. Joe pointe au chômage. La carte bancaire d’Allison est bloquée. C’est la misère. Mais on en veut un peu à Scanlon de laisser tomber Allison. Le ravisseur du petit Ben est un pédophile. Scanlon est tombé bien bas, non seulement il doit faire des cours de code de la route dans des écoles, mais en plus il a eu la mauvaise idée de garder comme petite amie Lynn DiNovi. Allison reprend son nom de jeune fille, Rollen, pour travailler.

Seule personne heureuse dans ce chaos : Ariel, qui va jouer dans une comédie musicale. Scanlon est particulièrement mis en vedette. Allison, pessimiste, pense que l’enfant kidnappé est mort. Angelica Huston joue le rôle de Cynthia dans l’épisode, femme qui redonne une chance à Allison de travailler. Van Dyke le nouveau procureur est toujours aussi odieux. Il propose à Scanlon de le sortir du placard.

Episode noir, pessimiste, avec un pauvre enfant tué. On trouvera de mauvais goût l’allusion à un danseur, qui fait penser à une star morte qui fut accusée de pédophilie. Pour respirer dans cette atmosphère étouffante, il n’y a que la comédie musicale d’Ariel. Scanlon mène l’enquête dans le magasin de jouets. Devalos ne fait qu’une apparition avec son épouse dans un avion. Il envisage de se mettre à son compte comme avocat. Ariel fait connaître à son professeur de chant une camarade à la voix d’or. Un petit sourire et une lueur d’espoir arrivent au terme d’un  épisode bien tragique.

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2. LA PEUR AU VENTRE
(BUT FOR THE GRACE OF GOD)


 

Allison est engagée par Cynthia Keener pour 800 dollars par semaine. Elle rêve que sa fille Ariel a un accident de voiture. Or, Ariel n’aura 18 ans que dans quatre ans. Cynthia demande à Allison de retrouver une jeune fille, Melanie Daniels. Ariel est l’objet de moqueries au collège à cause de la célébrité de sa mère.

Episode qui commence de façon dramatique avec l’accident d’Ariel dans le futur. Joe tente de rassurer sa femme. Très vite, face à un cas de disparition, Allison se rend compte que Cynthia cherche à tirer de l’argent des enlèvements qu’elle veut résoudre. Les aventures d’Allison sont moins intéressantes que lorsqu’elle oeuvrait pour Devalos. Ariel commence à être une jolie jeune fille de quatorze ans et veut aller avec un garçon de seize ans à un concert. Ariel rêve qu’elle se retrouve à la place de sa mère en 1987. Marchant sur les traces de sa mère, Ariel promet des nuits tourmentées à son futur mari.

Cynthia se montre odieuse avec son « employée », refusant de la payer si elle n’a pas de résultats. En substitut de Devalos, Cynthia est une catastrophe. Et la série malheureusement s’en ressent. On se demande ce qui a pris aux scénaristes d’écarter le procureur. Sofia Vassilieva est convaincante en Ariel, volant presque la vedette à Patricia Arquette. Mais l’épisode ne décolle jamais vraiment. Les rêves d’Ariel sont fondés. Notons que la fille censée jouer Allison à 16 ans est Jennifer Lawrence, et non plus par Jessy Schram comme dans « Le garçon d’à côté » (03.15) mais la nouvelle actrice est encore moins ressemblante. Apparition tardive de Scanlon. L’affaire Melanie Daniels va être résolue par Ariel d’une façon quelque peu alambiquée. Un épisode moyen.

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3. I LOVE PARIS
(TO HAVE AND TO HOLD)


 

Joe a un entretien d’embauche. Allison rêve à un couple en voyage de noces à Paris dont la femme plante un tire-bouchon dans la main ! Le potentiel employeur invite Joe… et sa femme à dîner. Leur fille est la mariée du rêve.

Ce pauvre Joe se voit encore une fois opposer le nom de sa femme qui a fait la une des journaux. La saison continue dans l’ambiance pessimiste qui a vu notre médium être flanquée à la porte de la police. Allison refuse d’être une « bête de foire ». Dans cet épisode, l’affaire Paxton est évoquée. Comme il fallait s’y attendre, la fille de l’employeur, nommée Melissa, est la jeune mariée du cauchemar. La très jolie Kathleen Early incarne Melissa. La scène plutôt « gore » où Melissa plante le tire-bouchon est vue et revue installant un malaise chez le téléspectateur. Cette-fois, Allison rêve du passé et non de l’avenir. Les parents de Melissa, Bonnie et Peter sont incarnés par des acteurs assez convaincants :  Michael Gross et Kate Burton. Allison mène ici une vraie enquête de détective. Elle retrouve l’ex-mari de Melissa qui a disparu : c’est l’homme du rêve. « J’avais besoin de recul après une rupture assez douloureuse » est à prendre au sens propre et figuré ! L’épisode trouve assez vite son rythme, même si le synopsis évoque ici davantage « Mannix » et « Cannon » plutôt que « Medium ».

Notons que notre héroïne en dehors de ses réveils fréquents porte la nuit soit des pyjamas tue l’amour de grand-mère, soit rien du tout. Allison va ici contre les intérêts « professionnels » de son mari. Et cela même si l’ex-mari, que joue Gabriel  Ods a la tête d’un suspect de Columbo dont on sait que les dernières images verront son arrestation.  Le téléspectateur comprend assez vite  où l’on veut le mener et la fin est quelque peu téléphonée, malgré un suspense savamment agencé. Un bon épisode, épaulé par de solides guest stars.

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4. AU CŒUR DU SILENCE
(DO YOU HEAR WHAT I HEAR?)


 

Allison devient sourde, comme une jeune femme qu’elle voit en rêve qui est enlevée après avoir regardé « Godzilla » à la télévision.

Patricia Arquette est bouleversante en jouant la victime d’une surdité soudaine. Son visage, son expression, trahissent une profonde angoisse. Sa collaboration avec Cynthia Keener risque d’être remise en cause. On peut imaginer si cela nous arrivait l’anxiété qui serait la notre. Le pauvre Joe est obligé d’avoir un PC portable sans arrêt et de taper les conversations dessus pour faire « l’interprète ». Cette-fois, c’est donc la situation personnelle de l’héroïne qui crée le suspense avant même que l’enquête soit abordée. Angelica Huston voit de fait son rang dans la distribution avancer. Allison est confrontée à son handicap au quotidien, avec ses filles, et cela nous vaut des répliques tragi-comiques. Lorsqu’elle veut téléphoner en urgence à Cynthia, Joe dissuade son épouse : « Tu ne peux passer aucun coup de fil, tu n’entendras rien ». Les parents de l’enfant kidnappée n’ont que trois sur les cinq millions de dollars réclamés.

Rarement, un épisode de « Medium » nous aura autant plongé dans l’angoisse en si peu de temps. Les parents  comme il faut s’y attendre dans ce genre de situation ajoutent à la tension ambiante. Mais la victime est quasiment davantage Allison que la jeune fille enlevée. La scène où elle doute presque de l’amour de son mari devant son infirmité est poignante. Le reste de la distribution est à la hauteur, ce qui fait de cet opus une réussite totale. Malgré sa surdité, Allison parvient à « voir »que les ravisseurs veulent tuer la fille qui connaît le visage de l’un d’eux. Plus une enquête de Cynthia Keener que d’Allison, « Au cœur du silence » ne ménage aucun répit au téléspectateur.

On a le sentiment que les relations entre les deux femmes deviennent plus complices avec cette mission difficile. Mention spéciale à la méconnue Nancy Travis qui incarne Mrs Swenson, la mère de l’enfant et dont le physique rappelle un peu Lara Fabian. Steven Culp, le père (le docteur Parker dans « Grey’s anatomy ») joue également très juste, mais un cran au dessous. Son personnage complexe et torturé, plus qu’il n’y parait au départ, est difficile à interpréter. La scène finale avec Patricia Arquette au mieux de sa forme au propre comme au figuré est stupéfiante de vérité et d’émotion. Un épisode qui parle plus des sentiments que d’action policière.

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5. LE SACRIFICE
(GIRLS AIN'T NOTHING BUT TROUBLE)


 

Tout débute par un film muet dans lequel Allison et sa famille sont expropriés. Devalos propose à Allison de retravailler avec elle. Joe pour avoir de l’argent hypothèque la maison.

Voir revenir le procureur Devalos est un vrai régal. Dernier des six épisodes avec l’avocat Larry Watt incarné par Conor O’Farrell. Les préoccupations économiques dominent l’épisode, même les sources de l’argent de poche d’Ariel. Allison doit défendre un homme qui plaide non coupable pour le meurtre de sa femme. La fille de l’accusée souffre de déficience intellectuelle. L’accusé a une belle tête de coupable même s’il fait une bonne impression à Allison. Mais dans un rêve, elle voit le meurtre. Aussi, Allison est partagée entre  ses sentiments de dégoût envers Edgemont (William Sadler), l’accusé, et le besoin de gagner sa vie.

L’épisode se concentre sur la procédure, chose dont les américains raffolent. Les programmes parlant de procès comme « Perry Mason » ont toujours eu plus de succès aux Usa que chez nous. Edgemont a un physique ingrat et fait vieux, tandis que l’épouse était un canon. Les rêves que fait l’héroïne embrouillent l’intrigue. Joe s’inquiète car sa fille ment sur la façon dont elle finance ses hobbies en faisant de la voyance. Edgemont s’accuse, selon Allison, à la place de son enfant attardée mentale. L’épisode peine à nous passionner à cause d’un script un peu vide. Les notions de bien et de mal et de gentils et de méchants sont ici bousculées. Conor O’Farrell joue les avocats pourris avec talent, se rendant odieux à souhait. Allison est préoccupée par les talents de sa fille, qui peuvent mettre en doute ses capacités de devoirs en maths. Elle l’incite à rembourser la copine qui l’a payée pour ses dons de voyante. Allison souligne ici son côté justicière désintéressée. On déplore quelques clichés sur les déficients mentaux. La crédibilité de l’épisode s’en ressent très vite. Notons que le regard accusateur de Patricia Arquette nous désigne tout droit le (la) coupable. L’épisode se termine sur un cliffhanger.

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6. APRÈS L'ENFER
(AFTERTASTE)


 

Allison fait un rêve assez gore sur un homme qui dévore sa jambe qui a été « cuisinée » par un cannibale. Celle-ci, surendettée, reçoit des coups de fils harcelants de sa banque.

Episode réalisé par Miguel Sandoval. Devalos veut retrouver son poste de procureur. Un sénateur veut aider Devalos à retrouver son poste. Allison retrouve en cadavre l’homme du cauchemar. Le sort professionnel de Devalos dépend de l’aide d’Allison. Mais le sénateur n’est autre que le cannibale du cauchemar. On comprend mal pourquoi les producteurs ont écartés Miguel Sandoval de la série dont l’absence se fait cruellement sentir. Bridgette rêve que l’homme de la banque qui relance les Dubois va se faire cambrioler. Pour aider Devalos, Allison doit se renier, dire qu’elle n’est pas médium mais seulement intuitive. « Intuitif », dit le sénateur, c’est un mot qui met à l’aise, politiquement correct, à la différence de médium. Allison continue d’avoir des visions de cauchemar qui l’entraînent dans la guerre du Vietnam où notre sénateur serait devenir cannibale.

« Après l’enfer » n’est pas la suite de « Le sacrifice » ce qui nous surprend car nous avons laissé l’accusé dans une situation impossible. Les clichés sur la guerre du Vietnam justifiant le cannibalisme de Garrity, le sénateur, tombent un peu à plat. Scanlon depuis quelques épisodes est de retour sans son insupportable compagne. Le sénateur a une tête de coupable à cent lieues à la ronde. « Après l’enfer » devient plus intéressant lorsqu’il aborde les problèmes financiers du couple Dubois. Allison et Joe suite à la vision de Bridgette font pression sur Reshmi, l’employé de la société de crédit qui travaille depuis le tiers monde sur une hotline. Certains passages de l’histoire sont digne de « Rambo 2 la mission » avec leur manichéisme sur le conflit nord vietnamien. C’est bien dommage car l’épisode bascule dans le grand guignol et perd une bonne part de son intérêt. Devalos d’ailleurs se refuse à croire aux histoires de cannibalisme. A force de partir dans tous les sens (compassion envers Reshmi, l’employé hotline de la banque, les prisonniers américains cannibales), le téléspectateur est désorienté. En fait, la culpabilité du meurtre n’implique pas le sénateur pour tomber sur un second couteau. Après tous les thèmes abordés dans l’opus, voici maintenant les inégalités sociales. Trop pour un seul épisode.

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7. LE MARIÉ, LE DENTISTE ET LA PROSTITUÉE
(1RE PARTIE) (BURN BABY BURN - PART 1)




Episode en deux parties

Ariel voit en rêve une femme s’immoler. Le fantôme du père de Joe veut l’initier au golf. Joe a emprunté de l’argent à sa mère. Celle-ci s’impose chez le couple après avoir vendu des actions pour aider le couple.

Scanlon est à nouveau avec  Lynn DiNovi (On ne voyait plus sa compagne). Le détective est appelé sur un incendie volontaire où l’on trouve un cadavre. Première enquête. Cynthia Keener vient relancer Allison pour le travail. Il s’agit de retrouver Sally, une jeune femme fugueuse et prostituée. Seconde enquête.

Le cauchemar d’Ariel se concrétise : la victime qui s’immole est la mère d’un camarade, Owen. Comme le souligne Allison, Ariel n’a pas l’âge de gérer la situation. L’épisode insiste sur ce passage progressif de relais mère fille en précisant que la jeune file à quinze ans ne peut encore être le substitut de la mère. Son champ d’action est limité, elle ne peut sauver des adultes. L’arrivée de la mère de Joe est vécue comme une intrusion. On ne peut certes lui refuser le gite et le couvert alors qu’elle vient renflouer les finances. Mais la vraie nature d’Allison révélée au public, et donc à sa belle-mère, continue de poser problème.

La prostituée et le dentiste surviennent alors dans le rêve de notre médium, constituant  un trait d’union entre les deux investigations. Cynthia apparait comme vénale, cherchant à faire « durer » les enquêtes pour encaisser plus d’argent des clients, et sans le savoir, Devalos  se présente au téléphone comme l’antithèse, cherchant une employée « par cher ». Loin d’être confus, l’épisode se présente comme un puzzle dont chaque pièce se met en place. Nous, téléspectateurs, sommes privilégiés puisque nous avons plus d’informations que les héros. Nous connaissons les cauchemars d’Ariel et d’Allison, les soupçons de Scanlon, les enquêtes respectives de Cynthia et Scanlon. Allison est de plus en plus angoissée par la visite de sa belle-mère. Cela influe même sur son don de médium. Ariel fait les visions qui manquent à sa mère. Il n’est pas question de chercher une quelconque quiétude dans l’histoire, Devalos et Scanlon se chargeant d’accroître la tension ambiante. Seul Joe trouve la situation « chouette » : « la fille qui prête main forte à sa mère ». Il est fait référence aussi, de façon implicite, au film d’horreur « Le dentiste » de Brian Yuzna. La partition de Sean Callery, avec des chœurs, est un petit hommage à « La malédiction ». Le combat entre Devalos et son successeur Van Dyke sert de toile de fond à l’épisode. L’intrigue complexe aurait pu virer à un canevas catastrophique, mais ce n’est heureusement pas le cas.

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8. LE MARIÉ, LE DENTISTE ET LA PROSTITUÉE (2E PARTIE)
(BURN BABY BURN - PART 2)


 

Atteinte d’une maladie très grave, la mère de Joe doit subir une intervention chirurgicale et est venue pour connaître son avenir auprès de sa belle-fille. Allison rêve que le dentiste torture la prostituée.

Allison doute de ses dons. Elle ne sait pas si sa belle-mère va s’en sortir, ni l’identité du dentiste kidnappeur. A Devalos, notre héroïne donne l’impression de courir deux lièvres à la fois. Et si les deux affaires étaient mêlées ?  Tom Van Dyke continue ses passes d’armes avec Devalos. Van Dyke triomphe en inculpant le mari, Graham Stacey, qui a souscrit une assurance vie. La façon dont le nouveau procureur joue, pour enfoncer Devalos, avec le sort et la vie des gens est détestable. Ariel se voit solliciter par le fils de la défunte, Owen, comme peut l’être habituellement Allison. Pour son âge, Sofia Vassilieva joue de façon étonnante. La mère de Joe se montre envahissante. Ses relations avec Allison deviennent empoisonnées par le secret qu’elle détient sur sa santé et l’incapacité à deviner l’issue du cancer. Scanlon tente de faire un marché avec Devalos pour se mettre en valeur.

Les deux crimes se rejoignent lorsqu’Allison comprend que le dentiste était l’amant de Mrs Stacey. Son mobile pourrait être d’hériter puisque, si le mari est coupable, l’argent reviendra à la fondation qu’il dirige. Scanlon et Devalos prennent tellement d’importance dans l’intrigue qu’Allison est parfois un peu en retrait. Grant Shaud est fabuleux en dentiste dr Crane, homme sans épaisseur, individu lambda, dont personne ne se méfierait. C’est le coup de génie de l’intrigue de ne pas nous proposer un monstre visible mais un homme ordinaire. Le fait que la prostituée, Sally, devienne l’alibi de Crane, brouille les cartes et le téléspectateur est aux aguets. Il croit trouver la solution à chaque indice, à chaque nouvelle scène. Le cauchemar d’Allison montrant le dentiste incendier Mrs Stacey est particulièrement percutant. Dans les écheveaux de cette enquête, Scanlon cherche, si l’on peut dire, à tirer les marrons du feu.

Nos deux médiums mère et fille confrontent leurs expériences. Et de cette discussion, la lumière jaillit. Chacun des comédiens fait de son mieux et se montre brillant : en Van Dyke, John Prosky est aussi effrayant qu’un assassin, tandis que David Cubitt joue fort juste en Scanlon. Les pièces du puzzle se mettent soudain en place. Et l’on se dit que la clef du mystère était effectivement à portée de main, quasiment sous nos yeux en pensant aux cauchemars. Le fantôme  du père de Joe vient renforcer l’aspect surnaturel de la série. Un double épisode passionnant, qui nous en apprend plus sur la famille Dubois.

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9. JEU MACABRE (1RE PARTIE)
(WICKED GAME - PART 1)


 

Allison rêve que la fille de Cynthia Keener est enlevée par le nouvel employé du fast food. Or, celle-ci a été dans la réalité enlevée en 1998. La nouvelle mission d’Allison est précisément de retrouver une adolescente disparue.

Le fait que Cynthia n’ait jamais parlé de la tragédie vécue avec sa fille dix ans plus tôt trouble Allison et rend le personnage joué par Angelica Huston plus humaine. D’emblée l’épisode nous plonge dans un univers glauque et sordide. On comprend que la nouvelle kidnappée et la fille de Cynthia sont prisonnières ensemble. Ces visions de cauchemar se superposent au chômage de Joe qui culpabilise. Bridgette a fait appel à son père pour l’aider à faire une ampoule. Ce dernier se met à avoir des visions, ses fréquentations familiales sont contagieuses. Même si nous sommes loin des cauchemars de son épouse puisqu’il voit une pin- up utiliser son installation électrique pour bronzer les nuits.

La fêlure de Cynthia jamais cicatrisée avec l’enlèvement de sa fille est au cœur de l’intrigue. Allison va peut être lui apporter les réponses aux questions qu’elle se pose depuis dix ans. Le ton est au drame absolu. L’enquête se porte sur les abris antiatomiques de Phoenix, phénomène typiquement américain depuis la guerre froide. L’émotion est à son comble lorsqu’Allison décrit ses visions. C’est un peu comme si elle détruisait sa patronne Cynthia en lui révélant la vérité. Angelica Huston est bouleversante, tout en conservant un jeu sobre d’autant plus efficace. Allison doit remonter le temps en juin 1998 et mener l’enquête si évidente que personne n’a faite. L’ambiance est étouffante lors des séquences montrant les deux prisonnières. L’étranglement de Joanna Wheeler, qui voulait sauver Suzie Keener, dépasse les limites du supportable. Le dessin animé dans lequel sont incrustés Joe et la pin-up en bikini achève de déstabiliser le téléspectateur. Joe désormais a les mêmes réveils brutaux que son épouse. Mais il positive en pensant être capable de créer un amplificateur solaire. Il lui faudrait 30 000 dollars alors que les époux perçoivent 900 dollars de chômage.

La cassure entre Cynthia et Allison est vite consolidée. Comme toujours, la medium a deviné partiellement la vérité. C’est l’émotion (tant le rapprochement avec des drames réels comme l’affaire Marc Dutroux) qui nous submerge et non le suspense. Une réalisation et interprétation magistrales. La dispute entre les époux Dubois, le départ de Joe, alourdissent le pessimisme ambiant. On gardera longtemps en mémoire le fait que l’assassin porte un petit crucifix en or comme la plupart des américains.

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10. JEU MACABRE (2E PARTIE)
(WICKED GAME- PART 2)


 

Cynthia et Allison continuent ensemble l’enquête sur la disparition de Suzie. Joanna serait complice du kidnappeur. Bridgette veut aider son père à financer son invention, car elle a rêvé la situation.

Nous n’aimons pas voir un couple uni comme celui des Dubois se fissurer. Le double-jeu de Joanna devient évident. Cette dernière est rattrapée par le passé. La fausse victime sociopathe hante les cauchemars visionnaires d’Allison. Cynthia semble avoir peur de la vérité. Félicitons Angelica Huston et Patricia Arquette pour leur jeu tout en subtilité, qui mélange complicité et affrontement. Lily Rabe en Joanna Wheeler n’est pas en reste niveau interprétation. L’astuce du scénario qui transforme les visions d’Allison en coup de fil anonyme est géniale. L’absence de Devalos et (provisoire) de Scanlon n’est pas gênante, cette saison 4 se révélant excellente. La crise conjugale des Dubois mêlée à l’horreur du drame de Suzy Keener font trembler l’univers et les fondations de la série. Si l’on adhère à la vision chrétienne et très américaine du script, où les chers disparus peuvent venir retrouver les vivants, on quitte le thème de la série à suspense pour plonger dans le drame humain.

En une semaine, Allison fait le travail de dix ans de recherches que la police a raté. Joanna l’ex-victime est présentée comme la manipulatrice de deux assassins. Scanlon réapparaît en même temps que le squelette de Suzy. Nous en sommes à la 25e minute de cette seconde partie. Nous découvrons que le vrai monstre n’était pas ceux que l’on croyait. La solidité de la famille Dubois bien que mise à l’épreuve nous dresse un rempart de réconfort face à l’ange blond démoniaque. Lily Rabe rien qu’avec son regard  recèle le mal absolu. La série évoque alors les faits divers où l’on découvre des personnes ayant tué cyniquement pour le plaisir. Ce réalisme nous plonge dans une perplexité qui ne saurait s’enfuir de nos pensées en éteignant le poste TV. « Medium » se contente ici d’être le reflet d’une société moderne devenue totalement absente d’humanité.

La fin, bouleversante et inattendue, est reçue comme une gifle. On se gardera bien de la révéler pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur. Tout au plus peut on dire que l’on aura rarement ressenti une telle amertume, une telle frustration, à la fin d’un épisode de série.

Il est fortement recommandé de ne pas regarder ce film un soir de blues.

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11. LE COUGAR
(LADY KILLER)


 

Une femme cougar assassine ses jeunes amants lors de jeux sado-masochistes. Manuel Devalos tente de retrouver son poste et il lui faut assumer son association avec Allison. Mais un donateur corrompu tente de le mettre en difficulté.

Après le choc de l’épisode précédent, nous retrouvons un univers plus paisible, enfin si l’on peut dire. Le personnage de Devalos est de retour afin de retrouver son poste, mais il est indirectement mêlé à l’enquête d’Allison. Cet épisode nous offre des images qui ne sont pas loin d’un érotisme sado-masochisme pur et dur avec maîtresse dominante meurtrière. La mante religieuse est hautement improbable sauf dans certains fantasmes masculins ou dans des jeux consentants moyennant espèce sonnante et trébuchante jadis proposés sur le minitel rose et à présent sur internet dans des sites que la morale réprouve. Il est des pires morts que d’être trucidé après avoir fait l’amour avec une femme ravissante. Mais la perception de cet opus doit certainement offrir une critique différente selon le genre de la personne qui s’y colle. Quel mâle aurait envie de se défendre de Rosanna Arquette ? Que messieurs les menteurs lèvent le doigt !

Dans le rôle de Michelle Todd, Rosanna Arquette (sœur de Patricia)  ressemble à la mère de Sarah Michelle Gellar.  Elle est vraiment très belle, et paraît même jeune pour une « cougar ». Si l’on pouvait choisir entre les deux sœurs, Rosanna est nettement plus affriolante. Elle dégage une sensualité mêlant innocence et perversité.

Scanlon s’entend dire par Allison qu’il n’a rien à craindre : il est beaucoup trop vieux pour la femme cougar. Il doit être bien déçu notre fringuant détective.

On est un peu étonné que cette série puritaine aborde un érotisme assez  suggestif. Quel contraste entre la vie de famille tranquille des Dubois qui suppose une sexualité bien traditionnelle et la sulfureuse mante religieuse. Tout au plus peut-on remarquer que toute nudité est bannie, et que les étreintes nous soient montrées avec des personnages tout habillés !

Nous avons du mal à prendre au sérieux les soucis de Devalos. Malgré la « dureté » des meurtres, on ne peut comparer  cela à l’horreur de « Jeux macabres ». Le donateur ripoux de Devalos pour l’élection, au service de Van Dyke, n’est pas un sujet passionnant.

Autre fantasme masculin lorsque  Michelle Todd/Rosanna ligote l’homme au lit, et qu’elle se trouve en uniforme. Deux fantasmes SM conjugués. Ceux qui avaient des doutes n’en auront plus.

La fin de l’épisode non seulement est toute en légèreté mais n’échappe pas à un certain humour. Peut-être les producteurs ont-ils voulu après le calvaire vécu par le personnage de Cynthia Keener nous permettre de souffler. On dédramatise l’aspect « sanglant » et même les allusions sexuelles au profit du bonheur tranquille des Dubois.

Après, on peut concevoir que le public féminin ne perçoive pas cet épisode de cette manière.

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12. MEURTRE PAR PROCURATION
(PARTNERS IN CRIME)


 

Justicier façon Bronson dans « Un justicier dans la ville », l’agent du FBI Edward Cooper est de retour. Allison le voit tuer un homme en rêve. Joe continue de travailler sur son invention. Allison prévient l’agent qu’elle ne le couvrira pas à nouveau s’il tue quelqu’un.

Retour de Cooper/Kurtwood Smith après l’épisode 03-06 « Une simple intuition ». Le père intransigeant du jeune qui se suicide dans « Le cercle des poètes disparus ». On se souvient qu’Allison avait laissé l’agent Cooper faire justice lui-même sans le dénoncer.

Grand moment d’humour : Bridgette dit qu’avec ses dents de lait et la petite souris qui apporte une récompense, elle devrait faire tomber ses dents, elle a vingt six dollars dans la bouche alors que son père manque d’argent.

Cooper vient aider Scanlon et Allison afin d’élucider une série de meurtres. L’alliance entre Van Dyke et Cooper nous montre d’emblée que ce dernier va poser des problèmes à l’équipe de Devalos. Kurtwood Smith a un visage tellement antipathique que lorsque son personnage parle de protéger les citoyens de Phoenix, on frémit. Mais il remet en selle Allison contre l’avis de Van Dyke.

Cooper défit le tueur à la télévision. Dès le début, on sent que l’épisode ne va pas être passionnant, impression renforcée après un quart d’heure de film. Lorsque Cooper prend fait et cause pour l’héroïne contre Van Dyke, on ne comprend plus trop où s’en va cet opus.

A la 20e minute, Cooper, contre toute attente, est tué, alors qu’on le retrouvera dans la saison 5. Coup de théâtre, Allison le revoit, mais c’est son fantôme ! L’intrigue est décousue. L’action se ralentit ensuite, mais à la différence du dyptique  « Jeux macabres », on ne ressent aucune émotion. Le fantôme continue l’enquête, mais le comédien perd toute crédibilité. D’autres fantômes nous bouleversent comme le père de Joe ou la fille de Cynthia Keener, pas Cooper. Allison doit continuer sa route avec Van Dyke qui la chasse. Quant à l’invention de Joe, l’histoire avec Meghan Doyle (Kelly Preston) est assez ennuyeuse.

Les interventions intempestives du fantôme de Cooper qui notamment vient réveiller Allison lors d’un rêve qui allait lui révéler des éléments fondamentaux sont gênantes. Malgré sa mort, le fantôme continue à « faire justice » lui-même. Comme à la fin de « Psychose », nous avons droit à de longs bavardages pour nous expliquer l’épisode. On se croirait parfois dans « Code Quantum » avec intervention pour modifier le cours des choses. Bref, un Medium inégal qui arrive tout juste aux deux melons.

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13. TUER ENSEMBLE
(A CURE FOR WHAT AILS YOU)



Un voyeur regarde une femme se déshabiller à sa fenêtre. Mais il s’enfuit lorsqu’un homme la bat. Kim Furlong, une amie de Lynn DiNovi meurt en s’empoisonnant avec des médicaments relaxant musculaires, l’adviprin. Joe reçoit son premier salaire mais n’a pas d’assurance maladie pour acheter des lunettes à sa fille Marie.

Allison semble jalouse de l’associée de Joe, Meghan. Nous découvrons ici l’un des aspects les plus inhumains de l’Amérique, l’absence de sécurité sociale. Lorsqu’Allison a un malaise, mais ce qui intéresse l’hôtesse d’accueil de l’hôpital sont les cartes de crédit (à défaut d’assurance) de Joe. Scanlon pense que le mari de Kim, Russell (William Ragsale), l’a tuée. Moment comique chez l’ophtalmo : Marie devine les animaux que le médecin lui faire lire car elle pénètre ses pensées. L’ophtalmo ne  comprend pas l’insistance de Joe à vouloir lui faire porter des lunettes. Scanlon et Allison ne cessent de se déranger en pleine nuit. Il est décidément impossible de dormir dans « Medium ». Le couple Scanlon-Lynn DiNovi semble moins uni que les Dubois.

L’histoire de la standardiste noire licenciée, Marjorie Hastings (Serena Reeder) parce qu’elle quitte son poste est le rêve suivant d’Allison mais le seul point commun avec l’enquête est le médicament relaxant, l’adviprin.  L’épisode finit par brouiller par trop les cartes pour le téléspectateur. Notons qu’Allison n’est pas payée depuis l’arrestation de Cynthia Keener et son travail pour Scanlon est donc pour la gloire. La théorie d’Allison est fumeuse, avec une association de tueurs utilisant tous l’adviprin pour couvrir leurs meurtres. Pour cause de scénario trop compliqué, nous ne parvenons pas  à entrer dans l’épisode.

L’absence de Devalos, la présence néfaste de Van Dyke, mettent en péril Allison. A une minute de la fin, un coup de théâtre inachevé désarçonne le téléspectateur le plus indulgent. Cet épisode ressemble à un paquet mal ficelé qui ne serait pas arrivé à bon port. D’où un sentiment de profonde frustration devant cette fin ouverte qui laisse la voie à toutes les hypothèses.

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14. LE MALHEUR DES UNS…
(CAR TROUBLE)


 

La voiture d’Allison est en panne. Elle a rêvé que celle-ci explosait. Allison rencontre enfin l’associée de Joe. Le brevet de l’invention de Joe aurait déjà été déposé par un hongrois. Le vendeur de la voiture admet que sa femme a été assassinée dedans.

Comment Joe fait-il pour supporter les réveils brutaux de sa femme et éviter la crise cardiaque ? Cela restera le grand mystère de la série. En voix of, Allison nous fait des commentaires agaçants qui rappellent celle sur le voyeur au début et à la fin du précédent épisode. Il n’est pas amusant tous les jours de deviner l’avenir. Ainsi Allison ne veut plus faire démarrer une voiture en pensant qu’elle va sauter.

Les déboires financiers des Dubois continuent avec la panne qui rend la voiture HS. Bien que son mari n’ait rien à se reprocher, Allison est jalouse de la beauté de Meghan  Doyle. La nouvelle voiture que Joe offre à sa femme a des allures de « Christine » de Stephen King.  Le scénario se perd en frivolités comme Allison allant en cachette visiter le bureau de Meghan. Plus singulier, après avoir fait l’amour avec Joe, elle se rend dans la voiture au garage en pleine nuit pour découvrir qu’elle est hantée. La sexualité des Dubois est un peu monotone. Chaque fois qu’ils font un câlin, Allison est ensuite nue avec les draps jusqu’au cou.

Au bout de vingt minutes, on comprend que l’épisode sera un ratage. Manque de solidité du scénario, accumulation de scènes inutiles, redites de thèmes que l’on a déjà vus dans d’autres épisodes. Allison est toujours persona non grata à la mairie. Devant Meghan, Joe semble assez benêt. Allison voit la jolie associée faire des avances à son mari. Elle tente de relier le meurtre de la voiture hantée à celle dont elle est jalouse. Le vendeur (Joshua Malina, aux faux airs de Jeff Goldblum) qui n’a pas voulu reprendre à Joe la voiture se retrouve mêlé aux investigations de la médium. Encore une fois, l’histoire est tarabiscotée. Quel saint ce Joe ! Certes, Allison est la femme de sa vie, mais quel mâle n’aurait pas joué au docteur avec la belle Meghan ? Les petites entailles dans le contrat, ce n’est pas son genre. La jalousie non fondée d’Allison n’en est que plus stupide. On ne sait plus si c’est un hommage ou un plagiat de Stephen King. Medium aurait pu nous épargner le truc éculé de la voiture de l’héroïne qui tombe en panne au mauvais moment. La fin de l’épisode approche encore alors qu’elle va être « ouverte ». Nous avons droit à nouveau aux commentaires sentencieux en voix of d’Allison.

Les fins déconcertantes nuisent à la qualité de la série.

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15. …FAIT LE BONHEUR DES AUTRES
(BEING JOEY CARMICHAEL)


 

Ce n’est pas vraiment la suite de l’épisode précédent comme la production l’indique puisque le meurtrier s’est suicidé.

Deux jumeaux que nous voyons dans le passé et le présent représentent l’un le bien et l’autre le mal. Scanlon demande à Allison de façon officieuse de l’aider pour élucider un meurtre. Joe se plaint du harcèlement de son associée mais ne dit rien à son épouse.

Série/feuilleton, on reparle des lunettes de Marie (04-13 « Tuer ensemble ») et de la première rencontre Meghan-Joe. Cette-fois, les avances de Meghan ne sont plus des rêves. Mais ce crétin de Joe ne veut plus travailler avec la jolie associée. Il parle de « mains baladeuses » et de harcèlement. Pour autant, il n’échappe pas à la jalousie d’Allison qui conçoit des soupçons, perdant ainsi sur les deux tableaux. La nouvelle enquête policière pâtit de ses histoires de couple. Allison doit retrouver un médecin séducteur et assassin. Un homme qui a un jumeau.

Il devient difficile de s’y retrouver entre les rêves et la réalité. Les flash- back viennent encore nous embrouiller avec l’enfance des jumeaux. L’attitude de Meghan devient de plus en plus incompréhensible. Notons que l’épisode est daté par les élections 2004 où l’on voit John Kerry candidat à la présidence une nuit où s’est déroulé un meurtre qu’à vu Allison. Nous revenons en 2008 après des flash back des jumeaux enfants et en 2004. Dans ces conditions, on se perd en route. Allison elle-même en perd les sens puisqu’elle donne à Scanlon l’identité de deux criminels différents.

Nous voyons la crise s’insinuer dans le couple Dubois. Parce qu’elle est jalouse de Meghan et piétine dans son enquête où elle aide Scanlon, Allison devient d’une humeur exécrable avec son mari. Mauvaise période que cette fin de saison de « Médium » qui enchaîne plusieurs épisodes peu inspirés. Maintenant, le fantôme d’un des jumeaux, Teddy, vient parler à Allison un soir où Joe s’attarde au bureau !

Comme dans le James Bond « Le monde ne suffit pas », Joey vit avec une balle dans la tête. Son frère est donc mort. Gibbons, le tueur, est-il celui qui fait croire que Teddy est encore vivant ? Le fantôme se propose de « revenir à la vie » et de remplacer son frère Joey en prison. Bon, les deux scénaristes avaient fumé quelque chose avant de se mettre à écrire.

En effet, le cahier des charges de la série n'est pas ici respecté.

Une scène reste à sauver dans cet épisode, qui montre l’amour indéfectible qui unit Joe à Allison. C’est une de ces séquences émouvantes qui nous prennent aux tripes. Mais elle arrive bien trop tard pour sauver l’épisode du naufrage.

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16. LE TOURBILLON DE LA VIE
(DROWNED WORLD)


 

Joe décide de cesser sa collaboration avec Meghan. Van Dyke demande de l’aide à … Devalos ! Un avocat engage Allison car sa maison est hantée…

Joe met les choses au point avec Meghan, et cette-fois, l’associée ayant mis son ménage en péril, on le comprend. La garce lui oppose qu’elle détient 51% des parts de la société. Manuel Devalos va reprendre sa place et sera le seul candidat. Mais les circonstances de la victoire, ou plutôt du destin, ne permettent pas de faire la fête après le triomphe. Très sollicitée, notre Allison doit résoudre le problème de la maison hantée et aider un Van Dyke rongé par le cancer de la prostate en phase terminale. La situation économique des Dubois s’améliore grâce à Allison.

Cependant, le cauchemar que fait la médium est particulièrement trash. Elle se doit désormais d’intervenir dans le cas de la maison hantée. Elle se demande si elle n’a pas affaire à une future infanticide. La « victime » a des airs de foldingue dangereuse. Le mari ne semble pas non plus franc du collier. Les coups de théâtre de cet opus semblent un peu téléphonés : le cancer de Van Dyke, la belle Meghan qui devient de créature pulpeuse potentielle maîtresse d’un soir une vieille sorcière, la jalousie d’Allison, permettent de donner à cette fin de saison une nouvelle direction. On ne peut qu’approuver Allison lorsqu’elle dit à Joe : « C’est tellement bizarre la façon dont se font les choses ». On aurait aimé un scénario plus creusé, des surprises. Il y a ici trop de manichéisme.

La catastrophe que la médium n’a pu empêcher compromet la bonne humeur ambiante. C’est le moment où le téléspectateur se dit que la saison 4 (qui ne comporte que 16 épisodes) va se terminer de façon surprenante. L’action policière reprend le pas sur le fantastique avec la mort de la cliente d’Allison, Kelly Winters, et son présumé assassin de mari.

On ne comprend plus rien à l’attitude de Joe qui se met à complimenter Meghan. Il s’est fait pourtant bel et bien posséder. A 30 minutes de diffusion, le script de l’épisode part dans une autre direction assez improbable, l’enquête d’Allison avançant dans un sens inattendu. C’est assez maladroit pour un opus de fin de saison. D’une manière générale, « Le tourbillon des jours » est mal agencé. On ne ressent guère d’émotion. L’histoire est si compliquée qu’elle va forcément être bâclée. C’est en fait une explication tirée par les cheveux qui nous est offerte et tombe complètement à plat.

Visiblement, les producteurs avaient prévu le cas où la série ne serait pas renouvelée, avec cette fin très « Petite maison dans la prairie », son côté moraliste, le bon droit qui reprend le dessus, la rédemption et le pardon, thème typiquement religieux. Il est cependant dommage que tout l’épisode ne soit pas à la hauteur des bouleversants adieux de Van Dyke et Allison car l’émotion jusque là absente surgit (mais un peu trop tard) comme l’éruption d’un volcan. John Prosky et Patricia Arquette, avec un formidable numéro d’acteurs, nous bluffent et préfigurent ce qui sera la dernière scène de la saison 7. « Médium » est vraiment la seule série fantastique, à part quelquefois « Code Quantum », où il est conseillé d’avoir des kleenex à porter de main lors de la première vision.

Nous sommes ici très loin du monde réel : le méchant capitaliste qui s’incline devant le pauvre inventeur,  le pardon accordé à celui qui de s alaud intégral devient tout à coup l’homme à plaindre. A ce titre, on peut conclure que » Médium » et le réalisme font deux…. Mais qu’on aimerait mieux que le monde soit meilleur comme dans la série.

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Toucher le fond… (Broken - Part 1)