saison 1 saison 3

DR HOUSE

SAISON 2

 


PRÉSENTATION DE LA SAISON 2

La saison 2 persiste dans la direction entreprise. Après un démarrage en fanfare, la saison enchaîne avec une rare régularité les chefs-d’œuvre. Après une très bonne saison 1 mais devant prendre le temps d'assurer son écriture, la série trouve une confortable vitesse de croisière avant le prochain virage qui aura lieu en saison 4. Au niveau du fond, la série étudie tour à tour le thème de la culpabilité (Peine de vie, Culpabilité), la célébrité à tout prix, et ses effets secondaires (La course au mensonge, Confusion des genres), la jeunesse chaotique, qu’elle soit sévèrement bridée (Protection reprochée), ou se perdant dans des orgies à la chaîne (Partie de chasse), sans oublier bien sûr, depuis Question de fidélité (saison 1), l’impossibilité pour un couple de ne pas faire du mal à l’autre (Bonheur conjugal, Désirs illusoires…)… et bien d’autres thèmes !

Cette saison accentue les contrastes par rapport à la précédente en tournant dans un même épisode autant de moments furieusement comiques qu'implacablement dramatiques, de manière plus flagrante.

Une seule intrigue secondaire brille au milieu de cette saison : la cohabitation House-Stacy initiée dans les deux derniers épisodes de la saison 1 et qui se poursuivra jusqu’à l’épisode 11 de la présente saison. Riche en échanges et actions assassins entre les deux ex, elle dynamise considérablement cette première moitié de saison.

Le trio de médecins devient plus important : Chase est confronté à la bavure médicale (L’erreur), Cameron à la possibilité du SIDA (Partie de Chasse), Foreman devient lui-même un patient en danger de mort (De l’autre côté/Au suivant). Chacun subit des dilemmes moraux, et s’en sort avec des réactions très différentes. Après les sous-entendus du Hameron, le « Huddy » (relation House-Cuddy), commence à émerger à la fin de la saison, il reste cependant marginal.

Par son développement harmonieux des personnages, la haute qualité régulière des scénarios, la psychologie des différents patients, l’intéraction maîtrisée de leurs différents rapports sociaux, ainsi que son humour piquant et acerbe n’excluant pas la tragédie la plus sombre, cette saison 2 s’impose comme un sommet absolu de la série. Elle se paye le luxe de se terminer avec un épisode en feu d’artifice et un étonnant cliffhanger.

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1. PEINE DE VIE
(ACCEPTANCE)




Scénario : Russel Friend et Garrett Lerner
Réalisation : Daniel Attias (crédité comme "Dan Attias")

- She's got metastatic squamous cell lung cancer.
- Have you even looked at the x-ray?
- No, just guessing. It's a new game. If it's wrong, she gets a stuffed bear.

Clarence, condamné pour un quadruple meurtre, attend dans le couloir de la mort son exécution. Mais il est soudain pris d’un accès de rage et de délire qui lui cause une crise cardiaque. Grâce aux relations de Stacy, House parvient à le faire sortir pour traiter son cas. Cameron tente de convaincre House de s’occuper du cas de Cindy, une étudiante qui pourrait être en phase terminale de cancer. Mais House, pas intéressé par ce cas « simple », refuse à la grande fureur de Cameron…


La saison 2 démarre en force avec cet épisode tonique et au rythme enlevé marquant l'entrée en scène d'un fabuleux duo de scénaristes : Russel Friend et Garrett Lerner, qui vont écrire parmi les épisodes les plus originaux et/ou intenses de la série. Grâce à une idée de base géniale (pourquoi soigner un homme condamné à mort ?), l’épisode développe sans temps mort des situations très stimulantes. On note un changement d'esthétique grâce à Roy H. Wagner, le chef opérateur qui opte pour une photographie agréablement plus lumineuse.

Le patient du jour est bourrin, violent, d’une présence massive et inquiétante. Perpetuellement antipathique par son orgueil et son tempéramment sanguin, Clarence révulse et fascine à la fois. Par conséquent, une rencontre avec House ne peut qu’être étincelant ! Et en effet, House parvient à capter son attention en adoptant une attitude « fun », source de plusieurs scènes décalées. La plus symptomatique est la « beuverie » de House et Clarence... sous un prétexte médical justifié ! Les méthodes Housiennes resteront toujours une valeur sûre de la série. L’ambiguité étant une qualité chérie dans la série, Clarence gagne en épaisseur quand il mentionne sa volonté de vouloir contrôler sa vie et sa part d’humanité sans tomber pour autant dans l’angelisme, Foreman ramenant à la réalité un Clarence qui s’épanchait. Foreman a une attitude équivoque dans cet épisode : il donne un coup au cliché des noirs « forcément solidaires avec leurs compagnons de ghetto ». Quant à House, s'il accepte de soigner quelqu'un qui mourra de toute façon, c'est uniquement pour traiter un cas à sa hauteur. La vérité et rien d'autre, comme son modèle Holmesien qui pratiquait son métier par amour de l'art. Une rigueur glaciale qui donne une force intérieure stupéfiante au personnage, et qui rendra d'autant plus fort son évolution future.


L'excellent twist final, est - c'est une rareté - positif, la compassion l’emportant finalement sur cet assassin malgré lui. Armé de ce twist final, le scénariste ne tombe pourtant pas dans la facilité : la décision finale, « humaine » de Foreman est moralement pas irréprochable. D'où l'arrière-goût d'une conclusion qui ne rend pas le happy end totalement « happy ». Quelle adresse ! Le méditatif Hallelujah de Leonard Cohen est d’ailleurs un excellent choix pour finir l’épisode. Comme il le montrera dans NCIS Los Angeles, LL Cool J n'a aucune subtilité dans son jeu (cas classique du rappeur qui veut jouer l'acteur, on aura toutefois une exception en saison 6), mais son personnage ne l'étant pas, la pilule est moins dure à gober.

Le cas de Cindy Kramer permet à Cameron de s’imposer. Elle fait preuve comme d’habitude de son angélisme indéfectible. Défendant bec et ongles la figure tire-larmes de la belle jeune étudiante seule et malade (un classique depuis Love Story), elle se brise à chaque fois devant la froideur de House qui semble devenu plus odieux depuis l’arrivée de Stacy. Cameron s’attache presque viscéralement à cette condamnée et réagit comme une enfant en espérant de tout cœur une erreur de diagnostic, niant l'évidence. Sa conversation avec Wilson est bouleversante où elle explique que la mort de toute bonne personne est une tragédie et qu’il doit exister au moins une personne qui doit souffrir de sa disparition pour ne pas que cette vie soit inutile (raison pour laquelle elle se maria avec un cancéreux incurable). Le personnage de Jennifer Morrison, digne parfois des pires soaps, flirte avec le pathos, mais parvient à ne pas y sombrer grâce à la prudente retenue des auteurs.
Après avoir retardé l’échéance, Cameron parvient enfin à délivrer la terrible nouvelle à Cindy (un progrès donc depuis Panique à la maternité). En même temps, elle se révolte contre le cynisme de House. Le personnage amorce ainsi sa transition mais doit encore perdre ses illusions. Jennifer Morrison surprend en variant son jeu de la colère exacerbée à la sensibilité à fleur de peau. Elle reste plus à l'aise dans le premier registre.

House, ne se réfrénant aucunement en matière d'antipathie vigoureuse, empoisonne la vie de tout le monde, en gâchant l’après-midi de Chase, ou bien disputant un concours de piques avec Stacy. Leurs scènes tournent toutes au duel verbal dès le début, quand House lâche un mensonge énorme à son ex : l'énorme débarquement de policiers dans l’hôpital est à la hauteur du personnage. Cuddy n’est pas en reste et tente de maintenir son employé qui franchit lignes jaunes sur lignes jaunes. Ce trio est vraiment explosif ! Stacy continue de se comporter de manière trouble avec House, instaurant comme une sorte de relation Steed-Cathy. A retenir, sa mise en garde à Cuddy : Il est craquant, faites attention ! Hugh Laurie repousse les limites de la méchanceté de son personnage avec un entrain délicieux. Sela Ward est son pendant parfait en étant aussi piquante que lui.

Un épisode qui fait réfléchir enfin sur quelques thèmes : tout homme a-t-il droit aux mêmes soins, qu’il soit saint homme ou bourreau de la pire espèce ? (Quand House invente une « hiérarchie » volontairement stupide de criminels). Pouquoi sommes-nous jugés sur notre part d’ombre et non notre part lumineuse ? Est-ce la faute à la société paranoïaque dans laquelle nous vivons ? Autant de questions qui naissent à la vue de cet épisode particulièrement réussi, dynamisé par la mise en scène de Daniel Attias, un des plus talentueux réalisateurs de série télé.

Infos supplémentaires

- Le générique français est légèrement réorchestré à partir de cette saison. Ses qualités musicales restent cependant très limitées ! Les décors de l’hôpital sont, eux, plus neufs et plus colorés.

- Le titre de l’épisode original Acceptance (Résignation) désigne en fait le stade final qui précède l’appréhension de la mort, et plus généralement un événement traumatique, comme le mentionne House. Il désigne ici la résignation de Cameron à annoncer la nouvelle fatale à Cindy. Le titre français est plus axé sur Clarence…

- House n’aime pas quand on écrit sur SON tableau blanc ! Il déjeune régulièrement dans la chambre d’un comateux pour être tranquille et regarder la télé. D’après Stacy, il tient mal l’alcool. Il continue de regarder le soap opera Hospital central. Par un curieux hasard, Christie Lynn Smith jouera par la suite dans 8 épisodes de cette série.

- Nous apprenons que Cuddy est juive, House mentionnant à son sujet le site de rencontres J-date, site de rencontres juif (traduit assez fidèlement par chercheunmecjuif.com). Son mot de passe pour accéder à sa base de données est partypants (porte-jarretelles). Le sous-titre français (mais pas la VF heureusement) édulcore par trouble-fête. L'assistant de Cuddy n’apparaît que dans cet épisode.

- Fait surprenant, on voit Stacy en blouse. Elle a rencontré son mari à un gala de charité ; House, dans un bar à strip-tease dont l’entrée était à 2$ (qu’elle regrette depuis avoir dépensés). Dans Des maux d’amour (saison 1), House disait que le café Spoleto était un ancien bar à strip-tease, est-ce là qu’il l’a rencontrée ? Elle dit qu’elle aime le faire souffrir quand elle lui parle. Selon House, elle a une voix stridente.

- Jennifer Morrison s’est teint les cheveux en blond. Sa couleur changera cependant au fil des épisodes. Reflexion de Clarence, le condamné, sur la jeune femme : That's the finest piece I seen in ten years (Le plus beau cul que j’ai vu en dix ans).

- Foreman a un tatouage amérindien au poignet droit, son symbole a pour sens « Force de vie ». Il dealait de l’origan quand il était en prison.

- Chase sait faire de la voile. Il est contre la peine de mort par principe, mais préfère « voir un meurtrier subir cette peine que d’avoir des ennuis avec son patron ».

- House, pour se moquer du moyen mnémotechnique de Chase, mentionne le Yahtzee. C’est un jeu où l’on jette cinq dès. On garde un ou plusieurs des dés et on jette les autres, on refait la même recette une troisième fois. Le but est d’obtenir à la fin (ou avant) une combinaison gagnante. La plus haute combinaison est celle où l'on a cinq fois la même valeur aux dès, ce qu'on appelle le Yahtzee, et qui donne son titre au jeu.

Erreurs médicales :
- Quand Wilson examine la radiographie de Cindy que Cameron lui remet, il la tient à l’envers ! Un clin d'oeil à Scrubs ?
- Quand House examine Clarence au dispensaire, il tient mal son stéthoscope : il le pointe vers l’arrière de sa tête, au lieu de l’avant.

House mentionne le chef-d’œuvre de John Boorman Délivrance quand il envoie Chase interroger les détenus car il a « une belle gueule » (prettier mouth). Quand House appelle Cindy Cindy Lou Who, il fait référence à un fameux dessin animé américain de Noël : Comment le Grinch a volé Noël ! (How the Grinch Stole Christmas!). Quand Cuddy l’apostrophe, House réplique par l’onomatopée ruh-roh, à la manière de Scoubidou.

- La chanson de l’épisode est Hallelujah de Leonard Cohen, interprétée par Jeff Buckley.

Acteurs

LL Cool J (1968), abréviation de "ladies love cool James" est un acteur et rappeur américain. Après avoir vécu une enfance chaotique (voyant son père tuer sous ses yeux sa mère et sa grand-mère), il sort son premier album de rap à 17 ans qui est un succès. Il sort régulièrement plusieurs albums tout en menant une carrière d’acteur au cinéma (Halloween, 20 ans après, Peur bleue, Charlie et ses Drôles de Dames, Le Deal, SWAT…). Il écrit parfois la musique de certains films. Après avoir été Marion Hill dans 76 épisodes de la série In the House, "Uncle L" est revenu aux séries 10 ans plus tard avec 30 Rock, Hawaï 5-0 et surtout NCIS Los Angeles où il joue un rôle principal : Sam Hanna (140 épisodes en 2015).

Christie Lynn Smith a commencé par tourner quelques publicités. Marquée par le film Grease, elle s’oriente vers la comédie. Une pièce de théâtre en 2001 lui permet d’attirer l’attention sur ses capacités à jouer des rôles demandant beaucoup d‘émotion. Cette superbe blonde a joué dans beaucoup de séries comme Les dessous de Palm Beach, Beverly Hills, 7 à la Maison, Charmed, Alerte à Malibu, JAG, Les Experts, Malcolm, Des jours et des vies (2 épisodes), Las Vegas, Monk, Bones, Dexter, Urgences, FBI : portés disparus, Hôpital Central (8 épisodes), Beverly Hills, 90210 nouvelle génération, Castle, Justified, Weeds, NCIS, Esprits criminels... ainsi que quelques téléfilms…

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2. LEÇON D'ESPOIR
(AUTOPSY)


Scénario : Lawrence Kaplow
Réalisation : Deran Sarafian

- If she's never kissed a boy, it's a fair bet she's never had sex.
- Tell that to all the hookers who won't kiss me on the mouth.

Andie, 9 ans, est atteinte d’un cancer incurable. Alors qu’elle était dans sa salle de bain, elle est prise d’hallucinations. Amenée à l’hôpital, elle surprend House par le courage qu’elle manifeste devant l’imminence de sa mort. House et son équipe tentent de trouver ce qui a causé ses hallucinations. Ils ignorent qu’ils seront contraints d’adopter, pour résoudre ce cas, une technique « extrême »…


Cet épisode, un des plus aimés de la série, atteint une grande intensité dramatique, pas fréquent dans une série médicale. Il le doit beaucoup au patient du jour, furieusement atypique et émouvant.

Andie, cancéreuse incurable, fait preuve d’un hallucinant courage : alors que sa vie, dont on sait qu’elle sera tristement brève, risque d’être encore abrégée à cause de sa nouvelle maladie, elle arrive à rester digne, confiante, souriante. Ses deux scènes avec Chase sont à cet égard tout à fait remarquables : dans la première, elle fait montre d’une bonne humeur plutôt décalée, étonnant Chase par sa connaissance de tous les risques. La deuxième est encore meilleure où elle se montre d’une gravité et d’une maturité rarissimes pour une enfant de son âge, désarçonnant tous les médecins et Chase en premier lieu. Leur scène est remarquable de ton et aboutit au fameux baiser entre les deux personnages. Voir une enfant de 9 ans embrasser un homme de 30 ans sans qu’il y ait le moindre sous-entendu obscène est une preuve que cette série est décidément à part dans l’univers médical ! La grande réussite de ces scènes doit beaucoup à la complicité entre Sasha Pieterse et Jesse Spencer.

Contrairement à sa mère - judicieusement à l'arrière-plan pour éviter tout pathos inutile - Andie a déjà fait ce long et douloureux chemin intérieur d'acceptation. Son courage est la grande affaire de l’épisode : alors que tous les médecins sont admiratifs, House entretient une jalousie féroce à son égard : lui qui n’aime pas ses semblables est devant une jeune enfant pure, sans défaut et sans peur, qu’il ne peut rabaisser ou attaquer. Les tentatives de House de nier son courage - cherchant à prouver qu'il serait dû à un dysfonctionnement du centre de la peur du cerveau donc, qui serait caduc - ou à le briser provoquent un suspense original où House pousse à sa limite son antipathie, ce qui provoque un Go to hell ! dégoûté de Wilson. Il essaiera même de l’effrayer en lui disant en quoi va consister la terrible intervention désespérée (par sadisme ou par respect pour sa maturité ? Délicieuse ambiguité) que les chirurgiens vont essayer. Si Andie finit enfin par pleurer ce n’est pas pour elle mais pour sa mère qui serait inconsolable après sa mort : House ne peut rien dire face à une telle déclaration d’amour filial. Kaplow est suffisamment habile pour nuancer l'antipathie massive de House, en réalité une désespérée tentative de compensation devant la perte de ses repères misanthropes face à Andie. Ce que Hugh Laurie fait sentir sans peine. Notons la performance de Robert Sean Leonard, en acharné de la contradiction si généreux.

La noirceur de House se voit tempérée par la scène finale : il descend la voir et Andie le serre dans ses bras. House reste d’une froideur innommable mais son regard puissant et troublé montre bien la confusion qui est en lui : il est capable d’émotion mais par peur de paraître humain (donc faible), il tente de le cacher. Andie, décidément enfant parfaite, devine ce qui se passe dans la tête de House et lui donne conseil de profiter de cette journée, de la Vie, ce qu'il finit par faire. L'on voit que House n’a pas perdu toute son humanité, et un des axes de la série sera la libération de cette humanité de sa prison de glace. On reste pantois devant le talent incroyable de Sasha Pieterse. A 9 ans, elle accomplit une superbe performance d’actrice et parvient dans ses quatre scènes principales, à être impressionnante de vérité et d’émotion, un second rôle hors-classe !

Tout au long de l’épisode, l’intensité dramatique ne faiblit jamais : la recherche médicale est passionnante : Wilson modère les propositions trop risquées de House (scène du balcon, humoristique mais très intense) qui pour une fois l’écoute. Mais aussi l’écoute des battements du cœur d’Andie dans la salle des douches, l’opération à cœur ouvert, les trois diagnostics différentiels. Et bien entendu le coup de théâtre de l'opération finale au suspense effroyable, et une des idées les plus hallucinantes de la série.

Le cas secondaire du jour est drôlement absurde : un homme, pour satisfaire sa copine juive, s’est auto-circoncis avec un cutter… et ça n’a pas très bien marché ! C’est pas tous les jours qu’on voit des patients qui ont un tel grain dans la tête, et House lui-même reste sans voix.
Détail : on remarquera que House est surpris, qu’au début, que Cameron lui sert une boisson. Le bref regard qu’ils échangent est ambigu tout comme le curieux mensonge de House qui prétend apprécier le nouveau mélange de Cameron. Finissons sur Lisa Edelstein, craquante dans ses échanges avec House (On peut faire une autopsie sur quelqu'un de vivant ?……. - Vous êtes raide ?!!). Un épisode superbe.

Infos supplémentaires

- L’introduction de l’épisode dure 1’09, c’est une des plus courtes de la série. La salle de bains est en fait une maquette, nécessaire pour pouvoir filmer le « tremblement de terre ». Le balcon qui relie les bureaux de House et Wilson est en fait un décor intérieur.

- Lawrence Kaplow reçut un Writers Guild of America Award pour cet épisode. Au départ, la patiente devait avoir 40 ans. Son âge fut ramené à 9 car permettant plus d’émotion. Le recours à l’autopsie sur une personne vivante fut le point de départ de l’histoire, Kaplow souhaitant que quelqu’un soit tué pour sauver l’enfant. Finalement, le scénario décida de tuer l’enfant elle-même… pour la sauver ! Détail : Hugh Laurie n’était pas enrhumé pendant l’épisode, c’est simplement une idée de Kaplow. La scène du baiser Andie-Chase inquiéta beaucoup la production qui avait peur qu’elle fut censurée par la chaîne. Heureusement, la direction comprit l’innocence de la scène et la conserva. A noter : certains détails médicaux sont rajoutés en post-production pour les épisodes. Ici, ce fut le cas, avec par exemple le sang dans l’œil d’Andie. De même, les dialogues de la scène finale furent coupés, accompagnés seulement de la chanson. Quant au plan final, il est virtuel : c’est un effet spécial avec ajout par ordinateur d’un motocycliste.

- House a un goût très modéré pour le mélange noix-gingembre (d‘après Shore, cet échange fut improvisé par les comédiens). Il se shooterait tous les mardis et confirme qu’il voit à l’occasion des prostituées. Quand il est trop malade pour écrire au tableau, House délègue cette tâche à Cameron, et sinon, à Foreman. Chase, lui, n’est « pas prêt ». Chase écrira pourtant sur le tableau dans l’épisode House contre Dieu. House prend parfois du « baume du tigre ».

- La balle de House dans la saison 1 fut volée. Dans la saison 2, on a une nouvelle balle. La disparition d’accessoires est courante dans une série. Ainsi, les perruques blondes de Linda Thorson durant la saison 6 de Chapeau melon et bottes de cuir connurent par exemple le même sort.

- House écoute dans les douches de l’hôpital (parce que l’acoustique y est meilleure !) le célèbre air Nessun Dorma, extrait du troisième acte de Turandot, le dernier opéra (inachevé) de Giacomo Puccini (1858-1924). Cet air de ténor, très difficile et éclatant a été rendu populaire par l’interprétation qu’en fit Luciano Pavarotti. C’est une des rares fois où l’on voit House écouter de la musique classique, bien qu’il en joue parfois sur son piano, et un signe de son affection pour la plupart des genres musicaux…

- Chase a 30 ans. Mais Jesse Spencer (26 ans à l‘époque) n’était pas convaincu que le public penserait qu’il aurait réellement cet âge !

- Wilson a une affiche du film Vertigo de Sir Alfred Hitchcock (1958), dans son bureau. Il semble ne pas aimer les chiffres et flirterait avec Debbie, la comptable de l’hôpital, d’après House. Debbie sera mentionnée à nouveau dans Douze ans après.

- House, au sujet du patient qui s’est (mal) autocirconcis, mentionne Rifkah, qui est en fait le prénom Rebecca. La belle-fille d’Abraham est un personnage du livre de la Genèse dans la Bible, et importante figure matriarcale des religions. Elle fut en effet la mère d‘Esaü, fondateur de la branche juive, et de Jacob, fondateur de la branche musulmane. House manifeste donc ici toute sa dérision envers les religions et les exigences stupides de la petite amie du patient…

Erreurs médicales :
- Dans la scène d’introduction, Andie s’injecte du produit contenu dans une seringue… mais la seringue est vide !
- Lorsque Wilson dit à House de prendre du Benedryl, celui-ci répond qu’il en prend des doses de 1000 mg… ce qui est 20 fois la dose recommandée ! Mais on peut supposer qu’il se paye simplement la tête de son ami.

- Erreur de continuité : La moto conduite par House à la fin est un Aprilia RSV 1000 mais le bruit de son moteur évoquerait plutôt un inline-4 bike.

- Mis à part l’opéra de Puccini, la soundtrack est constituée de deux morceaux : In the deep de Michael Becker et Kathleen York, chantée par cette dernière, ainsi que la chanson de Linda Perry Beautiful interprétée dans l’introduction par Christina Aguilera et à la fin par Elvis Costello (qui la chanta exclusivement pour cet épisode). Le choix de Costello s’explique par le fait que Shore ne pensait pas que le style d’Aguliera convenait à la série.

Acteurs

Sasha Pieterse (1996) est une enfant précoce, à la fois actrice, mannequin, et auteur-compositeur-interprète : elle tourne dès l’âge de six ans dans la série Family Affair (8 épisodes) et depuis tourne à la télévision dans des séries comme Stargate SG-1 (épisode Le voyage intérieur), Les Experts : Miami, FBI : portés disparus, Medium (épisode Toi et moi pour l'éternité), Hawaï 5-0, Heroes (11 épisodes)... Sa performance dans cet épisode a beaucoup contribué à la faire connaître. Elle a tourné dans quelques films comme X-Men : le commencement et son rôle le plus connu est celui d'Alison DiLaurentis dans la populaire Pretty little liars (83 épisodes en 2015). Elle est également musicienne de country-rock sudiste et a sorti 4 singles.

Il est à noter que David Shore et Katie Jacobs furent admiratifs de la performance de la jeune comédienne. Elle portait évidemment une perruque chauve qui la plupart du temps ne recouvrait qu’à moitié ses cheveux, aussi ne voit-on jamais l’arrière de son crâne (à l'exception de l'introduction).

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3. CULPABILITÉ
(HUMPTY DUMPTY)


Scénario : Matt Witten
Réalisation : Daniel Attias

- He loses that hand, he loses his job, he loses his home, his kid brother drops out...
- American dream destroyed. Very sad, very emotional. Not one medical fact in the whole pathetic tale. You've lost perspective, Cuddy. You've stopped looking at this as a doctor. You're acting like someone who shoved somebody off their roof. You want to make things right ? Too bad. Nothing's ever right !

Parce qu’elle prépare un dîner, Cuddy demande à Alfredo, son couvreur mexicain, de travailler plus longtemps malgré son asthme. Mais Alfredo finit par tomber du toit. Amené à l’hôpital, tout le monde constate avec horreur que sa main droite noircit : elle se nécrose et il risque de perdre tout espoir de travailler. Cuddy, en proie à une profonde culpabilité, interfère dans le diagnostic de House dans l’espoir de se racheter mais ne fait qu’aggraver son état. Stacy tente de calmer le jeu entre les deux médecins...

Pour la première fois depuis le début de la série, un épisode donne le premier rôle à Cuddy. L’occasion pour Lisa Edelstein de nous éblouir de son talent quand il s’agit de jouer le drame. De plus, cet épisode nous offre un intéressant cas médical couplé à de superbes dialogues. Malgré quelques longueurs, cet épisode est un des plus marquants de cette saison.

Le sujet de l’épisode est l’opposition Cuddy/House, arbitré de loin par Stacy. Cuddy à l'occasion de mettre au premier plan son côté plus humain jusque-là seulement sous-entendu par la froideur qu'exige son métier. Tout comme House dans l'épisode précédent, Cuddy va elle aussi fêler son armure, et tout au long de la série, chercher elle aussi à faire ressortir son côté émotionnel. Il est logique que cet apprentissage commence par la gestion d'une émotion négative : la culpabilité. Le symptôme le plus éloquent étant ses diagnostics axés uniquement sur le fait qu’elle est coupable. Cuddy n'admettant pas ses faiblesses comme House, elle n'arrive pas à en prendre conscience. Stacy doit jouer de son comportement dominateur pour la calmer. Voir Cuddy « qui ne joue pas sa Cuddy » est un agréable changement et permet de mieux considérer la femme derrière le médecin. Lisa Edelstein surjoue dans le premier quart d'heure, mais se rattrape superbement par la suite en femme ravagée par la culpabilité.

Les dialogues sont d’une puissance incroyable. House sermonne Cuddy sur sa faiblesse : elle est attachée à Alfredo, donc son diagnostic n’est pas neutre, donc son jugement est faussé. Curieusement, House subira de temps à autre des pertes d'objectivité (dès cette saison, dans Euphoria). Mais en attendant, House « ayant raison » profite de sa supériorité pour mettre Cuddy en face d’elle-même avec cette fois un ton doux inhabituel. Le final dans le bureau où il prononce une de ses plus belles tirades est un grand moment d'émotion… qu’il réduit immédiatement en pièces en faisant une énorme avance sexuelle ! Eh oui, House, ennemi du sentiment jusqu’au bout.

L'épisode n'édulcore aucunement le sort tragique qui va frapper la famille d'Alfredo ; on pourrait craindre qu’un pathos lourd en découle, mais les auteurs se servent de House pour saboter joyeusement tout début de dégoulinade via réparties grinçantes ou colères contre Cuddy et Stacy (qui parvient toutefois à le mater avec un sec Shut up !), sortant du drame lacrygène vers une attaque amère du rêve américain. Le spectateur prend par ailleurs conscience de la force qui anime Stacy, et comment elle a pu supporter House pendant cinq ans : elle est aussi solide, aussi entière, aussi forte en déduction que Sherlock House, et est la Raison incarnée. Mais comme on le sait, House est le premier mot du dictionnaire des antonymes quand on regarde à "Raison". On aime beaucoup ainsi la scène où House se venge de son ex dans la salle de consultation (où il ne consulte personne bien entendu). Sela Ward enchaîne réprimandes et coups de gueule avec un entrain communicatif.
Un double coup de tonnerre conclut l’épisode : la révélation de la maladie apparaît sous les habits de l’humour noir, et surtout le retournement final qui propulse la fin dans un happy end d’un cynisme dévastateur ! Félicitations au scénariste Matt Witten qui noircit finalement la victime sans pour autant la juger. Ignacio Sericchio est correct dans le rôle du patient, mais sans plus. Il vaut quand même mieux que les comédiens incarnant sa famille, figés dans des figures lacrymales. En lui-même, le cas médical est bien construit, et son suspense (amputation or not amputation ? Vivra ou pas ?) joue avec les nerfs du spectateur, pris dans ce diagnostic difficile.

L’humour n’est pas absent car la fouille de l’appartement de Cuddy est un moment de pure comédie entre paris truqués, farces débiles, et considérations sur les strings et les tampons de Cuddy, ce qui nous vaudra une scène hilarante de cette dernière. Stacy nous prouve qu'elle sait jouer à Sherlock Holmes en devinant ce que lui cache Wilson. Shippers : à vos claviers : une tension sexuelle s’instaure lors des fouilles des appartements avec une Cuddy éludant les questions sur ses rapports avec House (et inversement).

Le cas médical secondaire manque d’humour mais est révélateur de la paranoïa du racisme : un vieil homme noir refuse de prendre un médicament qui a spécialement été conçu pour eux, il veut celui des « blancs » (racisme anti-blanc présent dans les échanges, rappel que le racisme marche dans les deux sens) ce qui nous vaut quelques échanges bien secs entre lui et House - qui le dupe avec son sans-gêne coutumier - La dispute de Foreman avec House sur l’ambiguité de l’attitude des Blancs, même non-racistes, envers les Noirs est également lourde de sens, et fait désespérer qu’un tel fléau disparaîtra. Un épisode très divers, centré avec réussite sur Cuddy.

Infos supplémentaires

- Humpty Dumpty est le titre d’une comptine enfantine à propos d’un personnage qui chute du toit d’une maison. Le titre original de l’épisode s'explique.

- Nous en apprenons davantage sur Cuddy : elle rêvait d’être médecin dès l’âge de 12 ans. Elle fut diplômée d’une l’école de médecine du Michigan à 25 ans, arrivant - à sa grande fureur - deuxième de sa promotion. Bien que cela ne soit pas dit, on peut supposer qu’elle fut dans la même promotion que House et que ce fut lui qui fut le premier. Elle fut nommée médecin-chef à 32 ans, ce qui en fait la deuxième femme médecin-chef la plus jeune de l’histoire de la médecine. Cependant, l'épisode Chacun sa croix (saison 7) nous apprendra qu'elle avait en réalité 29 ans au moment de sa nomination, mais qu'elle tricha sur son âge (prétendant en avoir 31) pour avoir l'air plus mature. Elle ne pratique plus depuis 10 ans. Elle semble affectée de contredire toujours House. Elle habite au 925 de sa rue et c’est la première fois dans la série que nous voyons son appartement. Elle fait régulièrement du jogging. Plus légèrement, elle a dans son tiroir de sous-vêtements des strings roses-rouges (et aucune photo de Chase), et utilise des tampons « super ». Enfin, selon House, elle est très sexy quand elle hurle…

- House a déjà été viré quatre fois d’un hôpital. Bien que Cuddy refuse de dire pourquoi elle a engagé House à Cameron, nous aurons la réponse dans l’épisode L’homme de ses rêves (saison 3). D’après elle, quand House étudiait dans le Michigan, il était « déjà une légende ». House parle également parfaitement espagnol.

- Stacy voulait être avocate depuis l’âge de 6 ans. Nous apprenons que c’est elle qui a plaqué House et non l’inverse.

- House demande à Cuddy de consulter son équipe qu’il surnomme le « scooby-gang ». Il s’agit bien entendu d’une référence au film Scoubidou (1969). Quoiqu’il est possible que ce soit aussi une allusion à l’autre Scooby-gang, le groupe qui lutte contre les forces des ténèbres dans la fameuse série Buffy contre les vampires.

- La soundtrack de l’épisode est constituée de la chanson Delicate de et par Damien Rice, et de la Salsa Habanero de Wayne Jones.

 

Acteurs :

Ignacio Serricchio (1982) a commencé sa carrière avec cet épisode. Il poursuit depuis une bonne carrière avec des rôles récurrents dans plusieurs séries : Hôpital Central (20 épisodes), Ghost Whisperer, Privilegied (6 épisodes chacun), Bones (4 épisodes), Witches of the east end (9 épisodes), The Bay (14 épisodes), Les Experts, Les Experts : Miami, Covert affairs...

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4. ÊTRE OU PARAITRE
(TB OR NOT TB)


Scénario : David Foster
Réalisation : Peter O'Fallon

- You're just mad because he's closer to a Nobel Prize than you are.
- But I've nailed more Swedish babes.

Sebastian Charles, un médecin très populaire, combat la tuberculose en Afrique. Lors d’une réunion avec son sponsor, il s’écroule. Il est certain d’avoir attrapé la maladie mais House pense qu’il souffre d’un mal plus sérieux. House déteste tout de suite son patient « exemplaire ». Lorsque Charles commence à flirter avec Cameron qui ne semble pas insensible, House craint qu'elle perde son objectivité…

La saison 2 a parfaitement réussi son lancement avec trois épisodes de haute qualité. Du coup, la brusque descente du niveau se fait ressentir à la vue de cet épisode qui bien qu’original, subit une surcharge de verbiage et de pathos.

Pourtant le début était prometteur : Charles étant médecin, il produit quelques étincelles avec House - en désaccord, comme par hasard - qui n’apprécie pas vraiment qu’on marche sur ses plates-bandes (ce qui nous vaut quelques vannes joliment acidifiées).
Malheureusement, on doit déchanter car la poursuite du cas est poussive (même l’opération finale manque de suspense). On retient quand même qu’il vaut mieux surveiller House quand il fait le « test de la bascule » car il dépasse vite les normes de sécurité - gagnant au passage un pari stupide - mais sinon, rien de bien palpitant car on n’arrive jamais à s’inquiéter pour Charles, qui ne pâlit pas trop si ce n‘est une peu marquante chute d’escalier. Du coup, l‘atmosphère d‘urgence qui sied si bien à la série est absente. Le « rebondissement » central avec la ridicule décision de Charles nuit à la crédibilité du script. C'est moins de la grandeur d‘âme que de la bêtise. Le patient de la semaine est en fait d’un ennui rare. Il est certes sympathique car « humaniste », mais ses discours ronflants sur le mal qui sévit en Afrique martelés d'un ton moralisateur tout au long de l’épisode tapent sérieusement sur les nerfs. Le fond est bon mais la forme pénible. Ce défaut culmine lors de la scène de télévision, bien trop "pathos".

En fait, l'on voit que Foster a voulu donner une opposition à House avec un médecin gentil, mais sa fadeur le rend insignifiant, et échoue à donner une alternative valable. On comprend alors qu'il ait voulu éviter avec un personnage si faible une confrontation directe avec le diagnosticien (Cameron sert d'intermédiaire), mais cela confirme l'inanité de l'idée de départ. Il faudra attendre Martha Masters en saison 7 pour avoir un médecin gentil qui tienne la dragée haute à House.

L'auteur a voulu en contrepoint montrer un commencement de romance entre Cameron et Charles (avec une pointe de jalousie de Chase, annonciateur de ce qui arrivera dans les épisodes suivants), mais cette facette de l’histoire est d’une médiocrité agaçante : non seulement, les comédiens adoptent un jeu compassé, mais l’académisme des situations plombe le rythme : Cameron défendant Charles, Cameron veillant sur Charles, Cameron souriant à la drague pas très subtile de Charles, etc. Les fans du Hameron (relation Cameron-House) doivent passer ici leur chemin tant House a l’air tout à fait au-dessus de cette amourette sans lendemain. L’étreinte platonique entre les deux intéressés apparaît donc comme logique et constitue le seul point réussi de cette tentative. Ron Livingston sous-joue son personnage, Jennifer Morrison est atone à souhait quand elle ne surjoue pas la colère. L'actrice doit vraiment affiner son jeu (ça ne tardera plus, rassurez-vous).

Heureusement l’épisode est relevé grâce à un House bien salaud qui balance traits sur traits et fait disjoncter toutes les règles de bienséance (interview sabotée, cours sur l‘art d'insulter une patiente, vol de steak à la cantine...) si par hasard on avait encore quelques doutes sur le sujet !

Le cas secondaire marche cette fois à l’humour noir où Foreman commet une bourde… et c’est House qui paye les pots cassés grâce à Cuddy qui semblait n’attendre que ça. C’est finalement la résolution de ce cas qui constitue la meilleure scène de l’épisode : House, profitant de son handicap (la faiblesse devient une force) réussit à s’excuser auprès de la patiente… sans s’excuser ! Ce faux-semblant est tellement énorme qu’il déchaîne le rire. Cameron elle-même en semble amusée. Ca y’est, elle commence enfin sa mue… Hugh Laurie, survolté, et Andrea Bendewald, très cassante sont excellents. Donc un scénario faible, un patient oubliable, mais des dialogues étincelants !


Infos supplémentaires

- Le titre original de l’épisode est évidemment un pastiche de la célèbre phrase To be or not to be inaugurant le monologue d’Hamlet (Acte III scène 1) de William Shakespeare (1564-1616), souvent considéré comme le passage de littérature anglaise le plus renommé au monde. TB désignant en fait l’abréviation du mot tuberculosis.

- Ron Livingston (Sebastien Charles) jouait Jack Berger dans la saison 5 et 6 de Sex and the city, un des (nombreux) amants de Carrie Bradshaw. Curieusement, Cynthia Nixon (Miranda Hobbes), un des principaux rôles de la série, jouera dans un épisode de cette saison : Faux-semblants. Enfin, Jason Lewis (Smith Jerrod), dernier amant de Samantha Jones (jouée par Kim Cattrall) jouera dans deux épisodes de la saison 4 : Trop gentil pour être vrai et Pour l’amour du soap. Trois comédiens de Sex and the city ont donc joué dans la série !

- Première fois que la scène d’introduction se passe à l’étranger (ici en Afrique).

- Le groupe pharmaceutique sponsorisant les actions de Charles s’appelle Stoia Tucker. C’est un clin d’œil à Chris Stoia, premier assistant réalisateur de la série.

Erreurs de continuité :
- A Princeton-Plainsboro, on utilise des pilules qui bougent toutes seules ! Quand Charles regarde les pilules, il y’en a quatre, quand il les verse sur la table, il y’en a plus que trois. Et lorsque Charles manipule les quatre pilules colorées (tiens y’en a une qui est réapparue), elles changent trois fois de place.
- Frederique Tirmont semble avoir eu un moment d’égarement sur le plateau de doublage : En VO, Cuddy dit aux journalistes de la TV que l’état de Charles est stable et non contagieux. En VF il y a un gros blanc à la place !

- Référence à la comédie musicale Spinal Tap (1980) quand House demande « d’aller jusqu’à 11 » (le 11 étant le chiffre central du film).

- La chanson de l’épisode est Stranger in a strange land de et par Leon Russell.

Acteurs

Ron Livingston (1967) a joué dans plusieurs séries comme JAG, The Practice (12 épisodes), Sex and the city (8 épisodes), Boardwalk Empire (6 épisodes)... et un des rôles principaux de l’éphémère Defying gravity (13 épisodes) etc. Il est cependant plus actif au cinéma où il a joué dans une cinquantaine de films pour la plupart inédits hors USA.

Andrea Bendewald (1970) se lance dans la comédie dès sa sortie de l'université. Principalement connue pour son rôle de Maddy Piper dans la populaire série Susan ! (59 épisodes), on l’a vue surtout dans des séries dont F.R.I.E.N.D.S, Les Experts : Miami, Mon Oncle Charlie, FBI portés disparus sont les plus connues. Elle tourne quelquefois au cinéma.

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5. FILS À PAPA
(DADDY'S BOY)


Scénario : Thomas L. Moran
Réalisation : Greg Yaitanes

- Why would you need $5,000 ?
- Bad night at poker or great night with a hooker.

Carnell Hall, un jeune lutteur, termine son année en faisant la fête ; mais en plein milieu de soirée, de violentes décharges électriques le saisissent et le font hurler de douleur. A l’hôpital, House et son équipe se rendent compte que lui et Ken, son père, ne cessent de se mentir l’un l’autre. Quant à House, il reçoit un appel de ses parents qui, de passage, veulent lui rendre visite ; House tente alors par tous les moyens d’éviter de les voir…

Daddy's boy est une mauvaise surprise : en 26 épisodes, la série nous a habitués à des épisodes magistraux, au pire corrects. Voilà qu'elle nous fourgue soudainement ce navet qui est une catastrophe sur tous les plans, tant scénaristiquement qu’émotionnellement. Les clichés les plus sirupeux s’enchaînent durant toute l’histoire, ne permettant que de brefs instants de réjouissance. L’épisode tient surtout à la relation fils-père hélas désastreusement écrite. Elle part d’abord sur une profonde incohérence : mettre un père et son fils dans de bonnes relations mais qui ne cesse de se défier à coups de mensonges et de secrets inavoués. Grévée de ce postulat de départ et d'un tempo soporifique, l'épisode ne convainc pas.

La plus grande erreur de l’épisode est de s’embourber dans le chantage à l’émotion. Rien ne nous est épargné : le père, noir et modeste, qui pousse son fils à « s’en sortir », mais qui en même temps lui met un frein, promet déjà de grosses scènes tire-larmes. Le fils qui désobéit au père en cachant ses vacances qu’il a faites à la sauvette puis qui demande pardon ; et son père qui le comprend lui et les erreurs qu’il a faites en lui imposant trop de travail. Et le père qui a menti sur la mort de sa femme pour ne pas entraver son fils qui est révolté par ce mensonge, puis qui comprend l‘attitude de son père, et que je te mets une réconciliation larmoyante, etc. Si encore les scènes étaient bien écrites, on pourrait supporter un tel étalage de poncifs, mais les dialogues d’une banalité outrageante et une interprétation lourde enlèvent tout intérêt possible. On se croirait dans un de ses vulgaires soaps guimauves, personnification de ce que la télévision peut faire de pire.

La scène finale est ainsi une des plus désolantes écrites pour la série, avec une scène de faux espoirs non seulement insupportable en elle-même mais qui rend vain tout ce qui a précédé : aucune évolution ne s'est faite tant chez le fils que chez le père, positive ou négative. Si le pessimisme est souvent présent dans la série, il est ici lourd, pesant, et vidé de toute émotion par sa vacuité. Seule la surprise du diagnostic final est bien trouvée. Clifton Powell arrive à se dépêtrer dans son rôle lacrymal, ce qui n’est pas le cas de Vicellous Reon Shannon qui s’enfonce sans rémission.

Thomas L. Moran se paie même le luxe de rater complètement l’histoire secondaire avec House confronté à la visite de ses parents. On s’attend à de fulgurants housismes ou des situations rocambolesques, on n'aura que quelques remarques inoffensives sans humour. Moran reste trop sérieux et gâche la découverte des parents de House, ici très inintéressants ;  un comble pour un des médecins les plus flamboyants des séries télé ! Les talents des vétérans Diane Baker et Ronald Lee Ermey tournent à vide face à leurs rôles sans relief. La scène du dîner, géographiquement sommet de l’épisode, n’a aucune saveur : tout est convenu, banal au possible. Certes, c’est pour nous montrer que même House, devant ses parents, se comporte ordinairement (à quelques piques près), mais quel manque de fantaisie, quel manque d’imagination ! Pire, alors qu’on nous a décrit Blythe House comme quelqu’un de sans illusions sur son fils, elle lui dit « tu es parfait comme tu es ! » Euh, au secours ! Sortez-nous de là !
Bon, tout n’est pas mauvais dans cet épisode. House frimant avec sa nouvelle moto par exemple.

Mais la scène la plus réussie demeure celle où House se paye la tête de Wilson en « testant » son amitié. Mais il ne voit pas le retour de bâton venir et Wilson lui répond du tac au tac, le laissant maté. La scène où House demande des consultations nocturnes à Cuddy (c’est le monde à l’envers !) est également bien acérée, chacun rembarrant l’autre avec délectation. Sans oublier LA réplique de l’épisode : House disant Bonjour maman, je suis content de te voir, et sa mère de répondre : Oh Greg, ne mens pas !

Cet épisode est le plus mauvais de cette saison 2 souvent excellente. Une faute d'autant moins excusable.

Infos supplémentaires

- Aka. Devine qui vient dîner.

- Quatrième échec de House. L’échec est total car son unique patient ne peut être sauvé.

- Gregory House est le fils de John, ancien Marine, et Blythe House, femme au foyer. Nous apprendrons ultérieurement qu’en réalité, il y a un lourd secret de famille (L’origine du mal, saison 5). Ses parents sont mariés depuis 47 ans, et Gregory est leur unique enfant. Il décrit sa mère comme « gentille, ayant un super sens de l’humour, ayant horreur de l’affrontement, et qui a un détecteur de mensonges dans la tête », et son père comme « moraliste au point qu’il est incapable de mentir ». House hait son père (une des raisons de ce désamour sera expliquée dans De pièces en pièces, en saison 3), mais aime sa mère à qui il ne ment jamais. Cela fait au moins dix ans qu’ils ne se sont pas vus, puisque lors de leur rencontre, House avait encore sa jambe droite en bon état.

- House avait un chien qui s’appellait Taddy. Il a un nouveau blouson et a emprunté à quatre reprises de belles sommes d’argent à Wilson (qui lui, ment régulièrement quand il fait des compliments à House). Il a acheté une nouvelle deux-roues, une Honda (pouvant aller jusqu’à 290 km/h).

- Wilson a des ennuis avec sa femme qui ne veut plus lui parler. Première référence à la vie sentimentale tourmentée de l’oncologue. Plus légèrement on remarquera que comparé à celle, très claire, de House, Wilson a une écriture de cochon !

- House menace Cuddy de lancer une rumeur comme quoi elle serait transsexuelle. C'est une allusion à un précédent rôle de Lisa Edelstein dans la série Ally McBeal. Durant cinq épisodes de la saison 4, elle incarnait Cindy McCauliff, une transsexuelle qui séduisait malgré elle Mark Albert, un des avocats du cabinet Cage & Fish, ignorant son secret (merci à Dayllahc du forum Dr.House pour cette information).

- Cuddy ment à sa mère depuis l’âge de 12 ans.

- Chase aime bien les Beatles.

- Détail : Vicellous Reon Shannon est censé jouer un étudiant finissant son année… malgré que l’acteur ait 34 ans au moment de l’épisode !

- House cite Evel Knievel (1938-2007), il s’agit d’un fameux motard cascadeur américain connu dans son pays pour avoir réalisé des cascades aussi spectaculaires que dangereuses dont une au-dessus du Snake River Canyon. Sa vie a été l’objet d’une adaptation scénique sous forme d’opéra rock : Ek opera rock. (Source : Wikipédia)

- Erreur de continuité : Lorsque House arbore pour la première fois son nouveau blouson de cuir, on voit écrit sur le côté droit « KTAI Sports ». Mais dans la scène du parking avec Wilson et les autres, le lettrage est devenu « RTAI Sports ».

- La chanson de l‘épisode est Word Up de Larry Blackmon et Tomi Jenkins, interprétée par le groupe Korn.

Acteurs

Diane Baker (1938) sera une des rares personnes qui reviendra dans la série : elle y reviendra dans 3 épisodes (dont le finale de la série). Elle étudia la comédie et le ballet. Elle est connue du grand public pour avoir joué Lil Mainwaring, belle-sœur de Mark Rutland (Sean Connery) dont elle est amoureuse dans le sublime Pas de printemps pour Marnie (1964) de Sir Alfred Hitchcock. Malgré cette prestation remarquée et quelques autres films (Le Journal d’Anne Frank, Voyage au centre de la Terre, le Silence des Agneaux, Mirage avec Gregory Peck et Walter Matthau, etc.) elle se cantonna ensuite dans des petits rôles à la télévision : tout au long de sa longue carrière (débutée en 1959) elle a joué dans des séries aussi diverses que Les Envahisseurs, le Fugitif, Mission : Impossible (triple épisode de la saison 4 : Le Faucon), Night Gallery, Bonanza, Les Rues de San Francisco (épisode La griffe du chat), Columbo (épisode La montre témoin), Kojak (double épisode de la saison 5 : L’été 69), La Croisière s’amuse, L’île fantastique (4 épisodes), Arabesque (3 épisodes), Une nounou d’enfer, Urgences, New York unité spéciale, Lie to me, etc. Elle continue de tourner tout en enseignant la comédie à l’Academy of Art University de San Francisco qu‘elle dirige par ailleurs.

Ronald Lee Ermey (1944) commença sa carrière sous l’étoile de Stanley Kubrick en jouant l’horrible sergent Hartman dans Full metal Jacket (1984). Ce rôle explosif le spécialisa dans les rôles de militaires - il fut lui-même Marine durant 11 ans, et de ce fait conseilla F.F. Coppola dans Apocalypse Now, John House est d’ailleurs un ancien Marine - tant au cinéma (L’école des héros, Terrain miné, Se7en, Massacre à la tronçonneuse, les Toy Story…) qu’à la TV. Il joua notamment dans Deux flics à Miami, Les Simpson, X-Files (épisode Révélations), JAG, Les Griffin, New York unité spéciale, etc.

Clifton Powell (1956) est surtout connu en Amérique comme acteur de cinéma (Rush Hour, Bones, Ray…) Il n’a commencé à tourner qu’au début des années 90 et ce dans beaucoup de séries comme Matlock, Arabesque (2 épisodes), Walker texas Ranger, The practice, New York 911, New York section criminelle, Les Experts, Daybreak, Numb3rs, Cold Case, Mentalist

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6. LA COURSE AU MENSONGE
(SPIN)


Scénario : Sara Hess
Réalisation : Fred Gerber

- Is there a light somewhere that goes on when I have food ?
- Green for food, orange for beverages, red for impure thoughts ; that bulb burns out every two weeks.

Jeff Forster, cycliste de haut niveau, s’effondre en pleine course. Lui et Moira, son manager, ne cachent pas au Dr.House qu’il se dope régulièrement par transfusion sanguine. Mais curieusement, son dopage ne semble pas être la cause de sa maladie. Cameron ressent une vive antipathie pour ce « tricheur » et se demande si elle ne doit pas le dénoncer. De son côté, Stacy hurle après House depuis qu’il a volontairement énervé Mark. Malgré ses démentis, House soupçonne que Stacy n’est pas heureuse auprès de son mari…


La course au mensonge présente un des cas les plus originaux de toute la série, que la conclusion, d’un humour noir féroce mémorable, couronne justement. La tension du trio House-Stacy-Mark apporte une plus-value non négligeable, sans oublier quelques questionnements éthiques proposés par les personnalités de Cameron et de Wilson. Sara Hess impose déjà son écriture virtuose - parfois un peu vaine - mais énergique.

Il est vrai que ce n’est pas tous les jours qu’un sportif avoue spontanément à ses docteurs qu’il se dope en permanence. C’est encore moins fréquent que son dopage n’influe pas sur sa santé ! La chute finale réside moins dans le diagnostic que dans son traitement brillamment amoral. Hors cette belle trouvaille, tout le cas médical reste stimulant au plus haut point, avec cet homme sans regrets de la triche qu’il s’impose (belle scène quand Cameron l’attaque froidement à ce sujet). Plus que Forster, on s'intéresse beaucoup à sa manager, mentant et agissant effrontément avec une constance étonnante : les multiples mensonges qu’elle raconte aux journalistes sur la maladie de son client sont assez gros, mais le sommet reste quand elle paye un gros pot-de-vin à Cuddy pour qu’elle puisse accélérer les traitements ! Sa relation très protectrice envers Jeff (dont elle est peut-être amoureuse) lui donne une plaisante ambiguité. Bien qu’elle ait le mauvais rôle, toutes ses actions sont dictées au moins par un devoir de fidélité envers lui, alors que Jeff se montre négatif, étant d'un sans-gêne et d'un pragmatisme immoral, faisant payer à Moira le prix lourd de ses erreurs, tout comme celles des médecins. Grisé par le succès, Jeff ne voit de plus aucun mal à se doper car il a ainsi l’admiration des foules (sa tirade sur le sentiment d’admiration est très révélatrice) et c’est cette gloriole qui est sa raison de vivre. Un être vraiment superficiel là où Moira est plus affectueuse et volontariste. Dans le duo Henson-Polaha, la première l'emporte largement.

Cameron est mise en avant, seule à ne pas apprécier le malade car ni ses collègues ni House sont choqués de son dopage (désabusés, ils sont à deux doigts de le justifier !). Le bouillonnement de Cameron, sur le point de tout révéler aux journalistes est palpable tandis que Wilson s’interroge avec elle sur le devoir de vérité : faut-il dire la vérité à tout prix ? Certes, Jeff a triché mais sa faute rejaillerait sur ses proches et elle se comporterait en moralisatrice si elle déballait l’affaire : pourquoi faire une révélation qui ne servirait qu’à faire du mal sans autre contrepartie que de sauver la morale ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Finalement, le passé de Cameron vient la rattraper et lui fait prendre sa décision tandis que nous apprenons que Wilson est - comme House - quelqu’un qui assume ses choix et ses erreurs (son infidélité), sans qu’il en tire gloire pour autant. Leurs deux scènes communes marchent parfaitement bien, surtout la deuxième où ils ne peuvent que constater l’amoralité de la situation finale. La colère prend ici les traits de l’ironie et cela accentue l’amertume du happy end. Jennifer Morrison ne parvient toujours pas à débloquer son jeu restreint, à la différence de Robert Sean Leonard, systématiquement bon. On est ravis que son rôle soit plus étendu dans cet épisode.

Le cas secondaire, quoiqu'anodin, se montre joyeusement absurde, et bénéficie de l'inénarrable Tom Lenk que les amateurs du Buffyverse connaissent très bien pour avoir été l'hilarant Andrew, parangon de la geekitude bouffonne ; sans atteindre de tels extrêmes, on s'amuse quand même bien en sa compagnie. Curieusement, quelques visages de marque de Buffy vont défiler au cours de la série (Dawn et Warren cette saison).

L’épisode demeure sous haute tension grâce à la tournure acide que prend la relation entre House et les Warner. Les affrontements entre House et Mark sont des échanges de flèches empoisonnées dégainées à toute vitesse, tandis que House et Stacy s'engueulent à fond la caisse ; c'est rythmé, et rétrospectivement, on aurait pas été contre un prolongement de ce duel des esprits qui épice au tabasco ces épisodes. Finalement, la réconciliation provisoire de « Greg » et Stacy, bien que surprenante, est cohérente, dans la lignée de leur relation agitée. La scène dans le bureau de l’avocate, grâce aux jeux subtils et expressifs de Sela Ward et Hugh Laurie, est la clé de voûte de l’épisode, quand sont dévoilés les sentiments contradictoires de Stacy. Fait rare, l'épisode se finit par un cliffhanger, où l'on sent que le "Houcy" va crépiter encore davantage ! Sela Ward, pleine de cynisme et de fureur, réussit une de ses meilleures interprétations tandis que Currie Graham joue bien son rôle d’opposant ironique et irrité.


Infos supplémentaires

- D’après le chèque barré par Moira, l’épisode a lieu le 15 novembre 2005.

- Nous apprenons que Cameron est tombée amoureuse du meilleur ami de son mari (un certain Joe, qui fut leur témoin). Elle sortait même avec lui alors que son époux était malade. Cependant, elle n’a jamais succombé à la tentation de coucher avec lui. Plus anecdotiquement, c’est elle qui écrit les comptes-rendus de son patron (trop paresseux pour le faire).

- Nous apprenons que Wilson en est à son troisième mariage, et ce n’est pas encore le bon puisque ça se dégrade encore avec sa femme : il couche sur le canapé. Ses deux précédents mariages ont capoté car il trompait ses épouses.

- Cuddy consulte le site de rencontres DocMixer.com (site fictif) et communique avec un certain Maxwell Abatte. Cuddy cherche donc un homme et la suite de la saison ainsi que la suivante vont nous montrer en fait son véritable but.

- House, selon Stacy, aurait un casier judiciaire chargé ; on est les premiers à s’en étonner ! Il participerait à un club littéraire le lundi matin et ferait du poker le jeudi (honnêtement, on y croit pas des masses).

- Stacy aime les bonbons à la menthe et consulte un psy. Mark aime faire du squash.

- Foreman lit le Forbes. Son oncle est capable de cracher un noyau de cerise à 50 mètres.

- Chase cite Mickey Mantle et Barbara Walters.
Mickey Mantle (1931-1995), américain, est considéré comme un des plus grands joueurs de baseball de tous les temps, ayant une puissance de frappe exceptionnelle et étant frappeur ambidextre. Il est 13e au classement des frappeurs (536 coups de circuit dans sa carrière) et 1er ambidextre. Il fait partie de L’équipe du siècle (les meilleurs joueurs de baseball) en tant que voltigeur.
Barbara Walters (1929) est une journaliste américaine connue pour son franc-parler et ses déclarations souvent tranchantes (notamment vis-à-vis du catholicisme). Elle a animé beaucoup d’émissions sur la chaîne ABC. Elle a interviewé tous les présidents américains depuis Nixon, et même Monica Lewinsky.

- Erreur médicale : la seringue qu’utilise House pour piquer son patient est vide.

- Erreur de continuité : lorsque Chase pompe la bulle d’air, il ne porte pas de gants mais à la fin de l’opération, il en porte.

- Référence à La Guerre des étoiles quand House fait une citation sur le sabre laser.

- La chanson de l’épisode est None of us are free de et par Solomon Burke.

 Acteurs

Kristoffer Polaha (1977) est un comédien qui s’est surtout consacré à la télévision. Il a surtout joué dans des séries très populaires et souvent de grande qualité comme Angel (épisode Billy), Roswell, Tru Calling (3 épisodes), North Shore (21 épisodes), Les Experts, Les Experts : Miami, Bones, FBI portés disparus, Dollhouse, Mad Men (4 épisodes), etc. Et joue un des rôles principaux (Henry Gallagher) de la série Ringer aux côtés de Sarah Michelle Gellar (qui joue sa maîtresse).

Taraji Penda Henson (1970), est une descendante de Matthew Henson, le légitime découvreur du Pôle Nord géographique. Chanteuse (elle continue de chanter) et danseuse dans des cafés pendant ses études, elle passe avec brio son examen dans les arts théâtraux. Elle est surtout connue pour avoir joué la mère de Benjamin dans L’Etrange histoire de Benjamin Button, performance saluée par la critique qui lui a décerné plusieurs prix. Elle a d’abord privilégié la télévision avec des rôles dans le téléfilm L’heure de la justice, troisième téléfilm (sur quatre) dérivé de la série Arabesque, et dans les séries Urgences (2 épisodes), Division d’élite (14 épisodes), Boston Justice (12 épisodes), etc. Elle a joué deux rôles principaux : Joss Carter dans Person of Interest (54 épisodes), et Cookie Lyon dans Empire (24 épisodes). Depuis 2005, elle se tourne de plus en plus vers le cinéma.

Tom Lenk (1976) est surtout connu pour avoir été Andrew Wells dans 26 épisodes de Buffy contre les vampires, et 2 de son spin-off d'Angel. Fidèle comparse de Joss Whedon (Beaucoup de bruit pour rien, La cabane dans les bois), il fut également de Six feet under, Joey, How I met your mother, Nip/tuck, The Guild, etc.

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7. PARTIE DE CHASSE
(HUNTING)


Scénario : Liz Friedman
Réalisation : Gloria Muzio

- Where are you ?
- At your girlfriend's place. Ignore the moaning and squeaking.

Kalvin, un jeune homosexuel séropositif qui ne pense qu’au sexe, aux drogues, et à l’alcool, harcèle House pour qu’il s’occupe de lui. Le diagnosticien refuse car selon lui, il n’a pas d’autre maladie que le SIDA. Mais il se voit forcé de l’examiner quand il s’aperçoit qu’il a tort. Pendant les examens, Kalvin projette du sang contaminé sur Cameron qui a maintenant des chances d’avoir attrapé la MST. House, lui, tente de se rapprocher de Stacy…


Cet épisode tonique aux multiples scènes de bravoure reste longtemps dans la tête par la densité de son scénario et ses dialogues rythmés. Liz Friedman confirme dès ce premier épisode une maîtrise certaine de la psychologie des personnages les plus originaux, tout en opérant un virage évolutif du Dr.Cameron. Deux conséquences positives en découleront : une intéressante évolution psychologique, et un jeu moins encombré de lourdeurs chez Jennifer Morrison.

Kalvin s’impose comme un des patients les plus hors-normes de cette saison. Tête brûlée, vivant à 600 à l’heure, jouisseur, alcoolo, hédoniste fervent, ce Sardanapale des temps modernes utilise toute la fougue de sa jeunesse pour vivre pleinement une vie de débauche, saturée de plaisirs éphémères. Kalvin - nom très mal choisi car évoquant l’austérité sévère du calvinisme - marque par son attitude d’écorché vif, draguant ouvertement Chase (Sensitive… and cute !), apportant sa came à l’hôpital tout en récitant son credo à longueur de journée (sexe et drogue). Le revers de la médaille est à la hauteur de la face visible de l'iceberg : Seul, sans repères, brûlant tous ses vaisseaux, il mène une vie sans but, ponctuée seulement de coups d’un soir, de poudre blanche et de bouteilles d’alcool. Une vie remplie à l’extérieur mais désespérément vide à l’intérieur. Sa « culpabilité » le ronge en fait car c’est son mode de vie qui « a tué » sa mère, et l’a poussé définitivement dans ce monde psychédélique.

L’épisode traite aussi efficacement le lien s’instaurant entre Kalvin et Cameron, à l‘opposé complet l‘un de l‘autre : la sainte-nitouche et le jouisseur impénitent. Leurs scènes communes se déroulent selon le principe souvent frucutueux des vases communicants : Cameron fait prendre conscience à son patient de la vacuité de sa vie, tandis que Kalvin réussira à la décoincer de son angélisme excessif, ce qui mènera à son hallucinant coup de folie. Si Cameron va amorcer sa mue, l’épisode se termine sans que l’on sache si Kalvin réussira à changer de vie ou si, piégé dans sa spirale, il la gaspillera jusqu’à ce qu’il s’effondre. Encore un happy end bien amer malgré le possible pardon de son père… Matthew John Armstrong apporte une composition impeccable, bien servi par un personnage profond ; un talent volontaire et enthousiaste ! Ce pan de l'histoire est savamment écrit. Si le cas est très bon, on retient surtout la méthode extrême utilisée par House pour confirmer le diagnostic, on reste pantois devant une telle audace.

House et Stacy prennent le virage opposé de l’épisode précédent. Ils se rapprochent sous l’impulsion d’un House plus manipulateur que jamais. Sachant désormais que Stacy ne couche plus avec son mari, il se montre aimable, gentil (c’est délirant hein !)… et Stacy est touchée par cette soudaine chaleur, ne voyant pas que House cherche à la séparer de Mark. Le rat du grenier est un McGuffin très drôle pour que House squatte chez elle ! Leurs scènes sont de plus en plus intenses jusqu’à la celle du grenier où House semble regretter ses erreurs. Il est impossible de savoir s’il est sincère ou s’il joue son numéro de reconquête - quoique les épisodes suivants inclineront en faveur de la première hypothèse, signe que House peut être vrai dans un processus de manipulation, ce qui le rend encore plus fascinant. Cette suave ambiguïté est toujours très émouvante. Le jeu de leurs regards, le ton de leurs voix est maîtrisé à la perfection ! Sela Ward parvient après son échec dans Cours Magistral (saison 1), à adoucir son personnage de manière convaincante. Mais House, dans la dernière scène, finit par se trahir car il a sous-estimé la connaissance que Stacy a de lui. En plus de ce suspense sentimental, c'est bien à un affrontement mental intense auquel nous assistons.

L’humour domine cet épisode pourtant sombre dans ses thématiques. Une des scènes les plus burlesques est un pastiche de western-spaghetti quand House tente d’attraper le rat du grenier (Ca va saigner !!!) : silence total, gros plans à la Leone, main qui s’avance vers l’arme… Gloria Muzio, en grande forme dans cet épisode, réussit parfaitement cette scène complètement décalée, il ne manque plus que la musique de Morricone… On cite House demandant à Foreman de diagnostiquer la maladie du rat, l'hommage dada à Steve McQueen, et bien sûr LA scène de l’épisode où Cameron, l'ange idéaliste, se transforme en bête de sexe sous l'influence d'un peu de neige qui fait rire. D’ailleurs la descente est difficile car Cameron subit le lendemain une énorme gueule de bois ce qui nous vaut un joli échange sur le port des capotes ! Jennifer Morrison accomplit sa première grande réussite d'actrice dans la série en réussissant tous ses changements d’attitude : jeu normal au début, jeu blanc pour la dépression, cabotinage hilarant pour la scène de défonce et de descente, expressive sans excès dans la colère, poignante dans l'inquiétude.

Bref, un épisode à ne pas manquer !

Infos Supplémentaires

- Cet épisode marque le début du Chaseron, la relation entre Cameron et Chase, qui couchent ensemble pour la première fois. D’ailleurs, d’après Chase, leur première fois « n’était pas nul » (« it didn't suck » ). L’épisode marque aussi l’apparition de Steve McQueen, le rat adopté par House. Il s'agit bien sûr d'un hommage à l'acteur de Bullitt ; le réalisateur éponyme de 12 years a slave était encore relativement inconnu alors.

- La salle de diagnostic est au 3e étage (Cameron appuie sur ce bouton de l’ascenseur).

- Foreman, Chase et House sont prudents : ils mettent toujours des capotes quand ils font l’amour (mais House, c’est parce que sinon, la « tapineuse refuse »). Le débat reste ouvert quant aux exigences de Cameron.

- Dans le grenier de Stacy, House sifflote (en VF seulement) le premier thème du premier mouvement Molto allegro de la Symphonie n° 40 en sol mineur KV550 de W.A.Mozart. Un des thèmes les plus connus du répertoire classique.

- Deuxième épisode où House se fait frapper après A bout de nerfs en saison 1. Mais cette fois, il a tout fait pour !

- Rowan Chase, le père de Robert, a travaillé sur la berylliose aiguë. Son fils connaît donc bien cette maladie.

- Stacy commença à fumer deux semaines après l’opération de House. Des menthol puis des light. Quand elle en fumait une, ça allait ; quand elle en fumait six ou plus, elle avait le moral à zéro.

- House demande si Kalvin connaît par cœur les films 42e rue (1933) et The Wiz (1978), remake décevant du Magicien d’Oz de Victor Fleming (1939). House fait référence aussi à La Grande Évasion (1963) quand dans son bureau, il joue avec sa balle de la même manière que le Capitaine Hilts quand il est enfermé dans le « frigo » du camp du film. House donne d’ailleurs au rat de l’épisode le nom de son interprète : Steve McQueen.

- La chanson de l’épisode est Colors de et par Amos Lee.

Acteurs

Matthew John Armstrong (1973) a surtout joué à la télévision. Notamment dans les séries The Shield, Numb3rs, Heroes (8 épisodes, il y rencontra son épouse), Private Practice, Les Experts : Miami, Mentalist, Bones, Supernatural (épisode Les Mystères de l'ouest), Justified, Body of proof

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8. L'ERREUR
(THE MISTAKE)


Scénario : Peter Blake
Réalisation : David Semel

- If Chase screwed up so badly, why didn't you fire him ?
- He has great hair.

Le Dr.Chase doit comparaître devant ses supérieurs pour avoir, six mois plus tôt, tué par négligence Kayla, une de ses patientes. House, responsable de Chase, est également sur la sellette. Cuddy demande à Stacy de défendre Chase, mais l’avocate doit aussi parler à House, avec qui elle est en conflit total. Pour ne rien arranger, elle s’aperçoit que les deux accusés ne cessent de lui mentir…

A l'exception de Cours Magistral (saison 1), aucun épisode « particulier » brisant le canevas habituel de la série n’avait été réalisé. L’Erreur est donc une plaisante surprise, car changeant un peu la routine. L’épisode étant axé sur Stacy (heureuse idée) menant son enquête policière et judiciaire, tout ce qui fait le sel de la série est présent sous d’autres formes. De plus, il est la parfaite démonstration de l’aphorisme Housien Everybody lies !

Impossible de s’ennuyer durant les interrogatoires de Stacy. Chase n'est pas tout à fait franc, mais quand on a vécu avec House durant cinq ans, on sait très bien quand on vous cache la vérité ! Chase n’a donc aucune possibilité de travestissement d’autant que son interlocutrice, très doucereuse et méthodique, cherche vraiment à l’aider avec un grand professionalisme. Sela Ward parvient à être encore plus féroce que de coutume et mène tout l’épisode avec brio, elle vole la vedette à Jesse Spencer, au jeu un peu trop minimal. Le cas médical de Kayla n’apparaît d’abord guère original, mais on assiste, ébahi, à un improbable engrenage catastrophique vers sa triste issue, déclenché seulement par une risible omission. La série manie toujours avec autant d'adresse l'ironie du sort. Chaque tentative pour rétablir la situation ne fait que l’aggraver. Le sommet est atteint quand Chase est sur le point d’accompagner Kayla pour une transplantation de rein illégale dans des conditions exécrables. On voit combien Chase est effondré par sa bévue et qu’il tente de la réparer par tous les moyens, y compris les plus désespérés, jusqu‘à sa résignation finale. L’issue fatale bien qu’annoncée dès le début de l’épisode, est touchante, après une dernière déclaration d’affection de la condamnée à son frère sonnant très juste. Allison Smith est une patiente très émouvante mais Ryan Hurst a du mal à se dépatouiller de son personnage trop caricatural.

Que Chase apparaisse plutôt transparent dans un épisode centré sur lui montre que l'épisode n'est pas arrivé à aller jusqu'au bout de son concept. La série réussira davantage ses épisodes "conceptuels" en saison 6. House lui vole donc la vedette que ce soit pour engueuler un Chase révolté, ou à répondre du tac au tac à son ex avec qui il multiplie les passes d’armes, etc. On s'autorisera quand même une réserve : pourquoi Chase n’a-t-il pas révélé à Stacy d’entrée la raison de sa distraction ? Cette chute, empreinte de gravité est même un peu forcée. Le verdict final a une part d'imprévisibilité car House subit une sanction inattendue, bénigne et humiliante. Mais il faut noter le mauvais sourire en coin qu’il décoche dans le plan final : il a perdu une partie, mais Foreman n’a qu’à bien se tenir !

La grande force de l’épisode, outre le plaisir de voir Stacy en premier rôle, réside surtout dans sa forte concentration en répliques assassines. L’Erreur est un des épisodes les plus inspirés au niveau des dialogues cinglants, débités à la vitesse de l’éclair par un House défoncé à l’humour sulfurique, que ce soit quand il parle à Stacy ou dans les flash-backs. Les vannes pleuvent : démonstration de sa possible homosexualité, apologie des plans cul à quatre, énorme mensonge à un patient terrorisé, chantage à l’adultère (le clou de l‘épisode), désinvolture outrancière dans les situations les plus graves, coup de gueule final… Hugh Laurie devait jubiler à l’idée d’être aussi caustique et il le montre bien, tellement il a l’air enthousiaste à jouer le son of a bitch qu’il prétend être. Une véritable bacchanale de bons mots brillantissimes !


Dans cet épisode en flashbacks, des fantaisies de mises en scène sont disséminées çà et là comme Stacy apparaissant tout à coup à côté de Chase pour vérifier ses dires, ou des arrêts sur image le temps de revenir à la réalité, ou une scène vue sous différents angles selon que Chase ou House mentent plus ou moins, sans oublier le gag décalé du flacon de vicodine. La grande variété des plans accordée aux scènes de dialogue permet une grande vivacité. David Semel accomplit là un excellent travail.

Un bon épisode, peut-être un peu surestimé.

Infos supplémentaires

- Aka. Erreur Médicale ou Six mois après.

- Cinquième échec de House : sa patiente meurt mais cela est davantage dû aux erreurs combinées de Chase et de Sam.

- On apprend que 40% des procès intentés à l’hôpital sont dus au comportement de House. Sacré Greg !

- Nous apprenons que Rowan Chase s’est remarié après avoir quitté la mère de son fils.

- Chase est un docteur très aimé de ses patients, mais d’après Foreman, ce lien n’est pas réciproque, Chase mépriserait en privé ses patients. Cependant, cela ne sera jamais vraiment affirmé (ou infirmé).

- On remarque, après Symptômes XXL (saison 1), une nouvelle preuve de l’animosité de Foreman envers Chase.

- Robert Sean Leonard a dit s’être inspiré de l’accent du « Never » d’Alfred (Michael Caine) dans Batman Begins (2005) pour parodier la voix de Chase dans cet épisode.

- Il est impossible d’envisager la durée qui sépare deux épisodes car elle ne cesse de varier : ainsi plus d’un an s’est passé depuis que House a engagé les trois docteurs (fraîchement débarqués de la fac dans le pilote) d’après Stacy. Mais il ne s’est écoulé que deux mois entre la visite de Rowan Chase dans le 13e épisode Le Mauvais œil (saison 1) et son décès lors du cas Kayla. Donc au moins 10 mois se sont écoulés entre l’épisode 1 et l’épisode 13 et seulement 8 (2+6) mois entre l’épisode 13 et l’épisode 30.

- L’enfant qui joue du violon dans les toutes premières secondes de l’épisode exécute - également au sens propre - les premières mesures du thème de L’Hymne à la joie, thème principal du dernier mouvement de la Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven (1770-1827).

Acteurs

Allison Smith (1969) se fait remarquer très tôt par son joli timbre de voix dans sa ville de Waldwick (Marta dans La Mélodie du bonheur, Baby June dans Gypsy…). A Broadway, elle tient notamment plus d’un millier de fois le rôle-titre de Little Orphan Annie et joue dans Evita. Elle termine ses études à New York University’s School of Arts and Sciences tout en jouant dans la sitcom populaire Aline et Cathy (95 épisodes). Elle a par la suite continué de chanter et de jouer au théâtre (son activité principale) mais a tourné également au cinéma, aussi bien des comédies que des drames. A la télévision, on l’a vue dans des séries comme Arabesque, Beverly Hills, X-Files (Patti dans Trust no one, saison 9), Urgences, The Closer, FBI portés disparus, Scrubs, Ghost Whisperer, A la Maison Blanche (11 épisodes), Nip/Tuck, Cold Case, Numb3rs, Les Experts (2 épisodes), etc.

Ryan Hurst (1976) est surtout connu pour avoir joué dans Le plus beau des combats (2002), et Michael, le frère d’Allison Dubois de la série Médium (3 épisodes) ainsi que le rôle d‘Opie dans Sons of Anarchy (54 épisodes). Après des études à la Santa Monica High School de Californie, il se tourna vers la comédie en jouant tant au cinéma (Il faut sauver le soldat Ryan…) qu’à la télévision : Beverly Hills, JAG, Emmerdale Farm, Les Experts : Miami, New York Unité Spéciale, Bates Motel...


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9. FAUX-SEMBLANTS
(DECEPTION)


Scénario : Michael Roger Perry (crédité comme "Michael R. Perry")
Réalisation : Deran Sarafian

- What do you expect me to do, House ? Quit ? Cry ?
- Actually, I expect you to act like what you are : my employee, my subordinate, my bitch.
 
Anica Javanovitch s’évanouit dans un bar sous les yeux de House. Cependant, la patiente semble être habituée aux rendez-vous médicaux à tel point que Cameron soupçonne Anica de s’injecter des produits pour se rendre malade et ainsi rester le plus possible dans les lieux médicaux (Syndrome de Munchausen). House pense à autre chose de plus grave. Mais étant désormais sous les ordres de Foreman, sa marge de manœuvre est limitée, ce qui n’est pas sans l’irriter...

Faux-semblants est un épisode d'acteurs, leurs personnages ont l'occasion d'annexer de nouveaux traits de caractère.

Le point négatif de l’épisode est qu’il ne se concentre pas assez sur Anica, le personnage est insuffisamment dessiné. Sa psychose, uniquement suggérée, n’est que rarement marquante, et les promesses de l’introduction qui laissaient supposer une patiente hors-normes ne sont pas tenues. Son cas commence par inquiéter à cause de son inquiétant classicisme. Heureusement, quelques scènes assez joyeuses font rapidement leur apparition, dont la mondre n’est pas la ponction lombaire réalisée par un House faisant exprès d’être maladroit, ou la tordante scène du questionnaire qui permet de mesurer toute la complicité entre Hugh Laurie et Cynthia Nixon. Vers la fin, l’émotion se profile à l’horizon, autorisant une très belle scène entre les deux comédiens. Le cas, tout en rebondissements, nous tient en haleine jusqu’au surprenant retournement final brillamment humoristique. Le comportement inqualifiable de House permet une belle tirade inquiète de Foreman quand il voit Cuddy continuer à défendre House, étonnament prémonitoire. Cuddy va en effet avoir de plus en plus de mal à tenir la bride à son incontrôlable employé, source de scènes autant comiques que dramatiques. Cynthia Nixon est craquante : légèreté, fausse légèreté, stress, négation, ou acceptation, on discerne quelques traces de la fantaisie qu’elle manifestait dans Sex and the city.

Cameron surprend tout le public : elle se transforme en manipulatrice qui refuse de se laisser prendre au jeu d’Anica en lui balançant ce qu’elle pense réellement d’elle. Le piège pervers qu’elle lui tend est machiavélique, digne… de House ! D’ailleurs, lui-même n’a pas l’air d’en revenir ! Cameron, persiste en crachant son venin sur Cuddy qu’elle accuse d’être misogyne car ayant peur qu’une autre femme comme elle ait du pouvoir. Chase et House se montrent peu solidaires ; derrière le vernis comique de leurs vannes, l'on voit à quel point les bonnes relations ne sont que des façades, chaque personnage voulant écraser l’autre sous la couche policée des politesses de rigueur. Rarement, cette fissure aura été si palpable. Jennifer Morrison rend convaincant l'insoupçonné côté intéressé, ambitieux, et manipulateur de Cameron. Il s'agit ici de la première manifestation de l'influence de la méthode House, influence qui nous vaudra de beaux moments sombres.

C’est dans la relation House-Foreman que l’épisode pétille le plus. Forcé d’obéir à son « subordonné », House commence à le tyranniser avec force coups tordus en crescendo burlesque ou carrément amoral (trucage d'examens, un gimmick de la série). Foreman a la possibilité de s’imposer face à son ancien patron et avancer SES hypothèses et SA façon d’agir, coups de gueule à la clé. Mais Foreman ne peut l’égaler en domination comme quand House lui démontre que sa prudence est guidée par sa poltronnerie, et son incapacité à prendre une décision tranchante. Omar Epps, en « boss » dépassé est excellent. House étant limité dans ses mouvements, cela mène à une scène ahurissante : il fait du charme à une belle infirmière pour avoir des résultats, et le pire, c’est que ça marche ! Le sex-appeal de House est décidément très élevé, les fans féminines ne diront pas le contraire. Si le revirement de Cuddy sur ses projets à propos de Foreman était attendu, il reste ambigu : était-elle sincère ou non ? Quoiqu’il en soit, même si Foreman est incontestablement le médecin le plus compétent du trio, il n’arrivera jamais à contrôler House ou à le surpasser en audace ou en coups tordus. Sa nomination provisoire est donc bel et bien un cadeau empoisonné.


Fans du Hameron, vous noterez que Cameron a un grand sourire quand House prend ses mains pour qu’elle l’enlace sur la moto. Plus légèrement, quand Wilson paye quelque chose pour House, ce dernier prend aussi la monnaie. Culot, quand tu nous tiens…
Le cas secondaire est joyeusement dégueulasse : une jeune femme a trouvé dans un produit commun des vertus spermicides mais qui lui cause des irritations au vagin. House a du mal à se retenir de pouffer. A croire qu’il n’y a que des fêlés du bocal qui se présentent en consultations (quelqu'un s'est plaint ?).

Infos supplémentaires

- House est présent dans l’introduction. On y apprend qu’il aime jouer aux courses et prendre des sandwiches au jambon avec de la bière. Il mise davantage sur les jockeys que sur les chevaux.

- Foreman prend son café avec du sucre.

- Cynthia Nixon joua Miranda Hobbes, un des rôles principaux de la série Sex and the city. Elle apparaît dans Dr.House après Ron Livingston, qui jouait Jack Berger, un des (nombreux) amants de Carrie Bradshaw dans la saison 5 et 6 de Sex and the city. Enfin, Jason Lewis, qui jouait Smith Jerrod, dernier amant de Samantha Jones (Kim Cattrall) jouera dans un épisode de la saison 4 : Pour l’amour du soap. Trois comédiens de Sex and the city ont donc joué dans la série.

- Dans la vie d’Anica, le sexe ne semble pas partie importante de sa vie. Quand on sait que Cynthia Nixon a joué un personnage à la vie sexuelle assez riche, on ne peut s’empêcher de sourire !

- Dans l’épisode, Anica fait référence à Franklin Delano Roosevelt. Petite autocitation car Cynthia Nixon venait de jouer dans un film : Warm Springs (2005) où elle interprétait Eleanor, l’épouse du président.

- L’enfant qui criait au loup mentionné par House est une fable d’Esope (620-564 av J.C) : un jeune berger décide de faire une farce aux habitants du village en prétendant qu’un loup est en train de dévorer ses moutons. Les villageois accourent mais ne trouvent évidemment rien. L’enfant rit de sa blague, et la refait le lendemain. Les villageois tombent encore dans le panneau. La troisième fois, hélas, le loup est réel et pensant qu’il leur refait sa farce, les villageois restent sourd aux cris du berger. Le loup dévore les moutons et le berger lui-même (dans certaines fins, seuls les moutons meurent). House rajoute que les parents du berger finissent aussi dans le ventre de la bête. C’est évidemment une pure invention Housienne !

- Erreur de continuité : lors de la conversation entre Anica et House au dehors, la neige s’accumule sur la tête et les épaules de la comédienne mais ne cesse de changer de place ensuite.

- Imelda cite Salma Hayek comme modèle de beauté. Salma Hayek (1966) est une actrice-réalisatrice-productrice mexicano-libanaise, réputée pour son talent d’actrice mais surtout pour sa grande beauté physique. L'infirmière réapparaîtra dans Tout seul (saison 4).

- House est déjà allé à un concert de Ricky Martin (1971). Ce chanteur de pop latino est surtout connu pour son tube Un dos très (1995), très populaire encore aujourd’hui. Il continue de chanter. Il a aussi joué dans quelques séries TV.

- Foreman fait référence à Rosa Parks (1913-2005). Rosa Parks était une couturière noire qui travaillait à Montgomery, ville profondément raciste. Elle refusa, un soir de décembre 1955, de se lever de son siège de bus pour laisser sa place à un blanc, provoquant son arrestation. Ce geste de défi déclencha aux USA une vague de révolte contre la ségrégation raciale qui sévissait en Amérique. Le pasteur Martin Luther King, meneur de cette révolte non-violente, prit sa défense et parvint à abolir peu à peu les lois ségrégationnistes à l'encontre des noirs. Rosa Parks est une icône en Amérique, car porte-drapeau de cette révolution. Elle reçut le titre de Mère du mouvement des droits civiques.

- Deux références cinéma : Le cheval gagnant de l’introduction est Termigator. La référence au célèbre Terminator (1984) est évidente. Enfin, House dit qu’il aime « l’odeur du napalm au matin », ce qui est une citation d’Apocalypse now (1979).

Acteurs

Cynthia Nixon (1966) est surtout connue en tant qu'interprète de Miranda Hobbes dans la série Sex and the city (94 épisodes) et dans les films dérivés. Cette talentueuse comédienne s'est investie d'abord dans le théâtre (Angels in America, The Women... à Broadway), au cinéma (comme Amadeus, Les valeurs de la famille Adams, l'Affaire Pélican). Malgré un Theatre World Award à 14 ans, elle reste discrête jusqu'à ce que la série Sex and the city lui donne la notoriété. On l'a vue dans les séries My body, my child (avec une certaine Sarah Jessica Parker), The Equalizer (épisode Fureur silencieuse), New York (Police judiciaire, Unité spéciale et Section criminelle), Arabesque, Au delà du réel, Urgences, The Big C (10 épisodes), 30 Rock, Hannibal (4 épisodes)... Elle fut candidate au rôle de Dana Scully dans X-Files.

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10. PROBLÈMES DE COMMUNICATION
(FAILURE TO COMMUNICATE)


Scénario : Doris Egan
Réalisation : Jace Alexander

I teach you to lie, cheat, and steal, and as soon as my back is turned you wait in line ?

Lors d’une fête en l’honneur d’une rédactrice en chef d’un journal ; Fletch, l’un des journalistes, s’effondre en plein laïus et se cogne contre un bureau. Le choc lui entraîne une aphasie de Wernicke : il s’exprime avec des suites de mots sans lien logique. Quelle maladie a pu causer la chute et qu’essaye-t-il de dire ? L’équipe doit gérer le cas en l’absence de House, retenu avec Stacy à Baltimore. House tente de les aider au mieux par téléphone tandis que lui et son ex se rapprochent dangereusement…


Cet épisode marque l'entrée en scène de Doris Egan, personnellement ma scénariste préférée de la série (avec Matthew V. Lewis). Chaque épisode écrit par elle est une merveille d'écriture : sa connaissance parfaite des ressorts psychologiques, ses dialogues extrêmement habiles et précis, et son sens brillant de la dramedy en fait l'auteur parfaite pour la série. Pour ce premier épisode, Egan se traîne toutefois un gros handicap : le cas du jour, laborieux et traînard est d’un ennui total (premier et unique faux pas de sa carrière dans le show). Il est heureusement largement relevé par la nouvelle tournure que prend la relation House-Stacy, et l’animosité permanente entre médecins quand leur boss est loin d’eux.

L’épisode réussit en effet la détestable performance de rendre le cas ET les personnages ridicules. Fletch est simplement un idiot qui s’exprime bizarrement, Greta ne sert à rien, et Elisabeth est la figure clichetonneuse de la femme inquiète pour son mari. Cette maladresse dans l'écriture des personnages loupe l’émotion recherchée. Reste qu'on retrouve un autre faux happy end dont la série est passée maître. Le cas médical est lui-même très routinier, sans rythme ni rebondissement, on ne ressent jamais d’urgence. La scène où House finit par déchiffrer les phrases nonsensiques du patient est complètement ratée : longue, bavarde, complexe, aux explications brouillonnes.


Doris Egan a cependant eu la bonne idée de laisser le premier plan à la relation House-Stacy qui franchit un nouveau cap. Après l'hilarante scène judiciaire introductive, la tension sexuelle s'accroît avec un House très chaleureux non par les mots mais par un body language plus intime (quelle précision dans le jeu de Hugh Laurie !), et une Stacy qui se bat pour rester réfrigérante, figée dans la peur de ne pas pouvoir se contrôler. L’adrénaline monte lorsque Stacy réserve pour eux deux une chambre d’hôtel avec lit double : on commence à flirter dangereusement avec la ligne jaune ! Cette scène est le sommet de l’épisode : l'on retient son souffle tandis que Stacy dit la déclaration d’amour la plus épicée des séries TV (God, I really miss curry) où le curry vindaloo, condiment fort et pimenté est la métaphore de leur relation : terriblement addictive et douloureuse à la fois. La série aimera de temps à autre comparer les relations amoureuses avec la nourriture. Cette scène, très intimiste, drôle, et sobre, est excellemment réalisée par Jace Alexander avec des plans bien axés sur le lit à deux places qui attend les amants. House chauffe encore plus l'ambiance avec un jeu d’attraction/répulsion très excitant. Reste que son attitude est encore une fois ambiguë : et s’il avait subitement peur de l’acte et tente de retrouver un semblant de morale ? On ne le saura jamais, le baiser brûlant de Stacy l’interrompant…

... mais voilà : après les coups de sonnette d'Allez coucher ailleurs, les coups de révolver de Max la Menace, et l’abeille de X-Files… succède la sonnerie de portable la plus irritante des séries télé ! Ce n'est toutefois que partie remise car House et Stacy ne sortent pas indemnes de cette incartade, et promettent une tension encore plus forte à leur retour. Hugh Laurie et Sela Ward, plus alchimiques que jamais, assurent le show.


En parallèle, une fronde se met en marche avec l’animosité de Chase qui ne veut pas obéir à Foreman. Le remplaçant de House semble avoir abandonné tout espoir de se faire respecter. Lui-même préfère déléguer la direction du cas à House. Cameron est la seule à réagir avec bon sens en maintenant la diplomatie. Mais tout comme un musicien d’orchestre ne peut s’improviser chef, Foreman n’a pas assez d’autorité comparé au misanthrope diagnosticien. D’ailleurs, on s’aperçoit combien nos trois médecins sont impuissants sans House : l’état s’empirant sans explication, une Cuddy peu encline à leur faire confiance... la scène où le trio se gêne mutuellement dans la séquence d’asphyxie montre leur confusion. Ou comment quelqu’un que l’on déteste et craint reste indispensable. Ce sentiment de haine/respect entre House et ses subordonnés est un atout bien utilisé dans la série. Ils ont besoin de lui, et eux-mêmes l’avoueront à la fin de la saison 3.

On remarquera que la série attaque aussi la modernisation outrancière des hôpitaux. Ainsi, la robotisation générale a failli tuer le patient alors qu’un simple examen empirique de son sang suffit à trouver le diagnostic final. Comme quoi, le progrès n’a pas que de bons côtés ! La machine ne pourra jamais remplacer un cerveau humain nous rappelle salutairement la série. L’humanisme est une valeur défendue par la série, même si pour des besoins dramatiques, elle montre souvent notre face d’ombre.

Infos supplémentaires

- Premier épisode où House est absent de l’hôpital.

-  Chase prononce la devise de la série : Everybody lies !

- La croix de Stacy lui vient de sa mère (décédée depuis). Elle y tient beaucoup au point qu’un jour, alors qu'elle était encore avec House, lorsque les canalisations de leur maison explosèrent, causant une inondation, Stacy plongea dans l’eau et nagea à contre-courant pour récupérer le précieux souvenir. Stacy se maquille également souvent avant de sortir.

- House lit dans l’aéroport Classic lesbian prison stories. Sans commentaire…

- D’après House, Cameron est de nature prévisible.

- Pour une des rares fois de la série, on voit Foreman s’opposer à Cuddy.

- Erreurs de continuité :
Quand Fletch s’effondre dans la scène d’introduction, Elisabeth se lève de son banc. Mais au plan suivant, on la voit assise et en train de se mettre debout.
Stacy possède un stylo vivant ! Quand elle attend avec House dans l’aéroport, elle a le stylo dans sa bouche, au plan suivant, derrière son oreille, et au plan qui suit encore, il a tout bonnement disparu.
Sachant qu’il n’y a que deux heures entre Princeton et Baltimore, on se demande bien pourquoi House et Stacy ne prennent pas un taxi pour les y amener au lieu de patienter des heures dans un aéroport !

- Références cinéma : en dehors de House qui continue de lancer sa balle « à la Hilts » (La grande évasion (1963)), le titre de l’épisode fait référence au film Luke la main froide (1967) qui comporte la réplique : What we have here is a failure to communicate. Le nom du patient évoque le film Fletch aux trousses (1985).

Acteurs

Michael O’Keefe (1955), après des études à la Royal Academy of Dramatic Art de New-York, commence sa carrière par une pub pour Colgate. Il enchaîne ensuite films et séries. Il est surtout un acteur de cinéma, qui a joué dans près de soixante-dix films et téléfilms. Il a joué également dans quelques séries comme Alfred Hitchcock présente, Au-delà du réel l’aventure continue, New York Police judiciaire, New York section criminelle (2 épisodes), New York Unité spéciale (2 épisodes), A la maison blanche, Les Experts, The Closer L.A (épisode Mafia blues), Esprits criminels, Numb3rs, Ghost Whisperer (2 épisodes), Burn Notice, Saving Grace, Brothers & sisters (3 épisodes), Daybreak, Homeland (8 épisodes), etc.

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11. DÉSIRS ILLUSOIRES
(NEED TO KNOW)


Scénario : Pamela Davis
Réalisation : David Semel

- Hyper-vigilance, sudden irritability.
- Symptomatic of... lunch with Cuddy ?

Margot Dalton, mère de famille débordée vivant à cent à l’heure, est prise de spasmes incontrôlables. L'équipe pense d'abord à un effet secondaire de son traitement contre la stérilité, mais son état empire sans explication. De leur côté, House et Stacy sont au pied du mur : doivent-ils se remettre ensemble et abandonner Mark ?…

On se réjouit que le « Houcy » (relation House-Stacy) se termine par ce dernier épisode d’une splendide beauté dramatique. Pamela Davis évite le piège du tire-larmes et du ton moralisateur. De plus, le cas médical du jour se révèle passionnant à suivre, couronné par une chute amère et cynique, même si elle laisse place à un réel espoir, quand bien même fragile et curieusement amoral. Questions philosophiques, humour irrésistible, dialogues festifs, force dramatique puissante… L’épisode réussit tout.

Le cas Margot est excellent. Cette « supermaman » à l’emploi du temps énorme nous intéresse de suite par son caractère ambivalent entre douceur et dureté, tendresse et coups de colère. Un suspense fort prend tout le long, et les séances de diagnostic différentiel se révèlent enlevées et captivantes. La chute finale est terriblement cinglante, dans la lignée de la vision pessimiste du Couple défendue par la série. Le désaccord Foreman-House reste toujours aussi tendu avec des répliques claquantes à chaque scène, rajoutant de l’humour en plus des vannes de House. L’innocence de Stella (la fille du mari de Margot) permet également une scène drolatique avec House. Et tout ça au milieu d’un cas très dramatique. Julie Warner accomplit une mémorable performance.

Malgré le soin apporté au cas, c’est la conclusion du Houcy qui est la raison d’être de cet épisode. Les fuites de House et la confusion de Stacy concourent à une tension très forte. Il est vrai que la situation ici présente a été mille fois vue dans tout feuilleton sentimental, mais la performance des acteurs ainsi que la fin retenue rehausse le niveau. Le running gag grinçant du téléphone sonne au mauvais moment nous rappelle que le travail prime avant tout pour House, même dans ses moments les plus intimes, même à contrecœur.


Alors que Stacy accepte de briser son mariage, l’intervention de Mark chamboule tout. Cette scène est le climax de l’épisode. Mark pressent la vérité, et se lève de son fauteuil roulant pour rattraper un House fuyant son regard. Ce faisant, il ruine entièrement ses trois mois de rééducation. House, mi-méprisant, mi-choqué, prend enfin conscience que bien que Stacy soit la femme de sa vie, Mark l’aime davantage que lui. La scène finale est splendide car jouant à fond sur une de ses meilleures cartes : la psychologie. House choisit un déchirant sacrifice qui n’est pas sans rappeler le final de Casablanca (1942) de Michael Curtiz, en plus triste, car il n’y a pas de « beautiful friendship » qui compenserait ce final bouleversant. La personnalité de House fait que cette fin conventionnelle au premier abord devient originale et inattendue.

Mais c’est à ce moment que Wilson arrive pour remettre brutalement House à sa place. Il détruit toute la beauté de son geste, le considérant non comme un sacrifice courageux mais comme une couardise idiote : House est incapable de s’imaginer heureux. Masochiste au fond de lui-même, il refuse le bonheur car cela le rendrait « humain ». Or House, à aucun prix, ne se défera de son enveloppe de glace, primordiale pour qu’il demeure efficace dans son travail. Le superbe aphorisme de Wilson : Tu ne t’aimes pas mais tu t’admires résume tout le personnage qui n’aurait finalement agi que par égoïsme et stupidité. Cette déclaration fracassante laisse House et le téléspectateur muets, précipitant la fin dans une grande noirceur. Wilson a raison, mais le triste panorama final demande une nuance : House n'a cessé de suggérer de plus en plus explicitement son amour pour Stacy, et il est clair que sa décision finale relève autant de son souhait de bonheur pour elle que de sa capacité à détruire tout sentiment de bonheur en lui. House s'impose décidément comme un des personnages les plus complexes de l'histoire des séries télé. Cet épisode interroge sur le thème du bonheur : sait-on ce qui nous rendrait heureux ? Comment y parvenir si on s’invente mille excuses pour ne pas y arriver ?


Ainsi nous quitte Stacy Warner, qui neuf épisodes durant, nous aura tant apporté. Le Houcy, supérieurement écrit, nous a captivés jusqu‘à son émouvante fin. Les scénaristes ne retrouveront plus un tel niveau dans les écritures amoureuses ultérieures, tout en compensant par une maîtrise sidérante de la psyché humaine. Au revoir aussi à Mark Warner. Le triangle Hugh Laurie-Sela Ward-Currie Graham se met en quatre pour nous émouvoir, et ils y réussissent. Hugh Laurie joue con brio l'équilibriste sur la corde raide d'un personnage bourré de contradictions.

Derrière un fameux bobard qui a fait soupirer bon nombre de fans du Hameron, l’épisode pose une question existentielle : faut-il toujours tout savoir ? Ignorer une information importante mais tragique, est-ce mieux que de tout déballer ? Encore le dilemme éternel de Socrate : vérité ou bonheur ? Comme si ces deux notions restaient tragiquement incompatibles, d'autant que la devise de Cameron dans l’épisode 2.15 semblera le confirmer. Nouvel exploit de l’épisode : il évite la prévisibilité lors de la remise des résultats de Cameron par le comportement de House qui se comporte vraiment en salaud génial pour le coup. On finit en mentionnant l’imitation de Stacy par Cuddy (devil mind au passage), et Wilson préparant de la marijuana pour une de ses patientes. Ca y'est, on tient le fournisseur de la clinique McNamara/Troy !


Infos supplémentaires

- Séla Ward (Stacy Warner) quitte la série après cet épisode. Elle reviendra cependant une dernière fois dans le finale de la série Tout le monde meurt (saison 8). Currie Graham (Mark Warner) quitte lui aussi la série.

- House fut, d’après Wilson, anéanti par le départ de Stacy il y'a cinq ans. Notre docteur a donc bien un p’tit cœur qui bat… Il est connaisseur en tabac et drogues tout comme Sherlock Holmes, modèle du personnage. Il semble être kleptomane : il pique des journaux et tente également d‘escamoter une cigarette de marijuana. Il arrive en avance dans cet épisode, cas unique qui laisse à penser qu’il est systématiquement en retard à son travail.

- L’équipe prend des céréales Animal crackers.

- L’épisode se déroule entre le 4 et le 6 mai.

- Erreur de continuité : dans la scène d’introduction, le reflet du caméraman est visible quand le mari ouvre la porte de la voiture.

- Références cinéma : Quand House surnomme Foreman « Miss Daisy » en comparant le cas à « sa limo », il s’agit bien entendu d’un hommage au film Miss Daisy et son chauffeur (1989). Quand Foreman et Cameron fouillent la maison, on voit un DVD du film Dunston - Panique au palace (1996).

Acteurs

Julie Warner (1965) rencontra à 12 ans un agent qui l’encouragea à se tourner dans la comédie. Après un bref rôle dans le soap opera Haine et Passion, elle décroche un diplôme en art théâtral. Elle travaille à Los Angeles comme serveuse puis commence à se faire connaître au cinéma : Doc Hollywood (avec Michael J.Fox), Mr.Saturday Night (avec Billy Crystal), An Indian Summer, etc. Elle continue au cinéma mais sa carrière fait un bond avec son rôle récurrent de Danny Lipton dans la série Associées pour la loi (49 épisodes). Elle a joué aussi dans les séries Star Trek : la nouvelle génération (2 épisodes), Nip/Tuck, Crash (7 épisodes chacun), Scrubs, Dexter, Grey's anatomy, etc.

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12. CASSE-TÊTE
(DISTRACTIONS)


Scénario : Lawrence Kaplow
Réalisation : Daniel Attias

- I hear bowling is more fun than stalking.
- But I'm better at this.

Adam, un adolescent, et son père, font du quad ensemble quand Adam perd le contrôle de son véhicule qui se crashe, prenant feu. House et son équipe tentent de déterminer la maladie qui a provoqué l’accident, mais Adam étant grièvement brûlé, on ne peut lui faire les tests habituels. Le Dr.Philip Weber, de passage à Princeton-Plainsboro, fait l'éloge de son nouveau médicament à l'hôpital. Il a causé le renvoi de House de l’école de médecine vingt ans plus tôt, et House va se venger en essayant de démontrer que son nouveau médicament n’a aucun effet…


Malgré le départ de Stacy, la série n’accuse pas de baisse de forme et continue à nous fournir des cas aussi intéressants que complexes. L’histoire parallèle avec le Dr.Weber permet un ravissant jeu de massacre.

Le cas réserve son lot de surprises : la condition de grand brûlé d’Adam oblige House a trouver des compromis comme un réveil traumatisant, une utilisation d’un appareil aujourd’hui révolu et d'un scanner pour les femmes enceintes, une ponction lombaire hyperdangereuse, la réaction spéciale d'Adam dans le caisson hyperbare. Si la révélation finale apparaît faible après une telle succession de scènes, elle n’en demeure pas moins ironique tout en dénonçant, une fois de plus après Un témoin encombrant (saison 1), l’achat de médicaments sur Internet. Le tout en posant comme d’habitude un regard pessimiste sur les liens familiaux.


Mais comme souvent dans la série, c’est l’histoire parallèle qui excite notre intérêt. La confrontation Weber-House donne une succession de scènes toutes aussi entraînantes qu’hilarantes, bien entamé par Cuddy bien humiliée par une manipulation Housienne, et poursuivie par House perturbant royalement le cours de Weber sous les yeux épouvantés de Wilson. Le duel verbal entre les deux rivaux est dévastateur en diable, et Weber parvient même à remporter la première manche. L’épisode mentionne une ressemblance de plus entre House et Sherlock Holmes : Dans Une étude en rouge, Stamford dit à Watson que Holmes serait capable de s’administrer lui-même un produit dangereux juste pour connaître les effets du poison. Ainsi, House s’injecte lui-même le fameux produit censé prévenir toutes les migraines possibles après s’être injecté… de la nitroglycérine pour avoir une migraine ! Toutefois, alors que Holmes aurait fait cette expérience par amour de l’art, une raison bien plus perverse a dirigé House dans cette décision. Ainsi, House s’inspire de son modèle mais tout en conservant sa personnalité propre.

Cette raison est révélée dans le moment « psychologie » rituel où Wilson frappe à la porte de la conscience de House. Ce moment est ici particulièrement réussi : House était perdant dans tous les cas : ou il se serait condamné à souffrir physiquement car le médicament ne marche pas, ou il aurait été frustré de ne pouvoir contredire son adversaire. Wilson lie la recrudescence du masochisme de son ami au départ de Stacy. Bien que House le nie, la suite de la saison prouvera que Wilson, comme toujours, ne s’était pas trompé… On mesure à quel point la relation que noue House avec lui-même est complexe : il se déteste profondément, s’obligeant à souffrir comme une sorte d’autopunition inconsciente (sa vengeance envers Weber n’est qu‘un prétexte pour se faire souffrir). Mais en même temps, il a une telle admiration de lui-même qu’il est sûr d’avoir toujours raison. Ainsi la maxime de Wilson de l’épisode précédent Tu ne t’aimes pas mais tu t’admires trouve sa parfaite illustration. Dan Butler est excellent en neurologue aussi caustique que son collègue. Que les intentions de Weber ne soient pas mauvaises au fond évite tout manichéisme.


La scène de résolution où House philosophe en regrettant que « l’univers » devrait tout équilibrer alors qu’il ne le fait pas est plus forte qu’à première vue : elle révèle que House regrette un manque de justice, un manque d’équilibre dans les situations du monde. Sa tristesse devant cette Vie pleine d’aléas est peut-être la cause de son athéisme. C’est d’ailleurs la première raison invoquée par ceux qui se réclament comme non-croyants. Cette scène braque d'ailleurs un premier projecteur vers le finale de la saison 4.

Voir House diriger le diagnostic alors que sa migraine épouvantable le torture est d’un excellent effet : malgré la douleur intense, il trouve le moyen de vanner, de rappeler à l’ordre… Finalement, il se met à délirer, complètement défoncé et voyant des hallucinations : une scène à ne pas manquer avec musique appropriée. La discussion finale avec Cuddy est une des plus dingues de la série. Sa victoire finale permet aussi de dénoncer le manque de rigueur des laboratoires pharmaceutiques ou les pratiques douteuses, appliquées dans des pays pauvres pour diminuer les coûts et faire des tests tout aussi douteux en toute discrétion. Entre autres scènes, on s’amusera des fausses sorties de House, de ses réparties vachardes, ou de la scène finale qui montre le vide de sa vie personnelle et sa frustration sexuelle (superbe plan de House seul dans son grand appartement) : il ne couche plus avec son ex, sa libido crie famine, et il revient aux « tapineuses », symbole de son échec sentimental. Une fin amère.

Infos supplémentaires

- On en sait un peu plus sur House : étudiant à l'université Johns-Hopkins dans la classe dirigée par les Dr. Brightman et Gilmar, il aurait dû décrocher l'envié poste d'interne de la clinique Mayo. Mais il fut renvoyé de la fac quand Weber le dénonça pour tricherie. House l'appelle "von liebermann" (homme aimant en allemand) par dérision. Sinon, on voit House solliciter les services d'une prostituée. On apprend aussi qu'il a de bonnes notions en hindi, et que comme Holmes, il ose tester sur lui-même des produits dangereux.

- Cuddy a une assistante. Toutefois, on ne la voit jamais...

- House mentionne les docteurs Einthoven et Larrey. Willem Einthoven (1860-1927) est un physiologiste néerlandais (et non belge comme le prétend House), lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1924. Il est l'inventeur du galvanomètre à cordes cité par House, premier électrocardiographe du genre. Dominique-Jean Larrey (1766-1842) fut le chirurgien français de la Grande Armée Impériale de Napoléon Bonaparte. Novateur en matière de techniques chirurgicales (dont la fameuse asticothérapie) et de premiers secours aux blessés, il fut très populaire en son temps, et est encore étudié aujourd'hui.

- House mentionne aussi Rabbi Hillel. Hillel l'Ancien (-110 +10) est considéré comme un des plus grands Sages juifs religieux. D'une grande humilité, d'une intelligence hors normes, et d'un esprit tolérant - sa lecture de la Loi est considérée comme assez souple - il dirigea le peuple juif durant les quarante dernières années de sa vie avec sagesse. C'est lui qui énonça la « règle d'or » des religions : Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse (éthique de réciprocité). C'est une des figures juives les plus importantes.

- Wilson, en saluant ironiquement House d'un « Dr. Jekyll, I presume », fait référence à Stevenson et sa nouvelle Dr.Jekyll et Mr.Hyde, ainsi qu'à la fameuse salutation du Dr.Stanley au Dr.Livingstone.

- Erreurs de continuité :
- On voit le reflet de la caméra sur les casques des protagonistes de la scène d'introduction.
- Quand House sort de la douche, il a des sous-vêtements sous sa serviette.
- House s'injecte directement la nitroglycérine mais aurait dû la diluer avant (risque d'hypotension sévère).

- La chanson de l'épisode est Get Miles de et par Gomez.

Acteurs

Dan Butler (1954) migra à San Francisco pour travailler au théâtre régional. Il a par la suite joué souvent au cinéma (les deux premiers Hannibal Lecter), mais cet acteur apprécié a joué dans beaucoup de séries comme X-Files (épisode La Main de l'Enfer), Columbo, Code Quantum (Amour à vendre et Le Grand Voyage), Star Trek : Voyager, Malcolm, Ally McBeal, Supernatural (épisode L'homme au crochet), Monk, New York section criminelle. Son rôle le plus connu est celui de "Bulldog" Briscoe dans la série Frasier (52 épisodes).

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13. CONFUSION DES GENRES
(SKIN DEEP)


Scénario : Russel Friend, Garrett Lerner, et David Shore, d'après une histoire de Russel Friend et Garrett Lerner
Réalisation : James Hayman (crédité comme "Jim Hayman")

- Could we talk about her health instead of her breasts ?
- Come on, Cameron. It's nothing to be ashamed of. Many women develop breasts.
 
Alex, jeune top-model de 15 ans aux formes généreuses et à la féminité exacerbée, est prise de nausées durant un défilé de mode, frappe violemment une autre mannequin, et s’évanouit. House soupçonne une prise d’héroïne, puis son père Martin (aussi son manager), d’abuser sexuellement de sa fille. Toutefois, il a du mal à traiter le cas efficacement car la douleur de sa jambe est devenue subitement plus forte…


Un des meilleurs épisodes de la saison, et un des sommets de la série.

Cet épisode triomphe sur tous les tableaux : le cas médical est absolument passionnant, accumulant fausses pistes et retournements de situation à la chaîne, jusqu’à une chute spectaculaire, l’une des plus impressionnantes de la série entière, avec faux happy end de rigueur. Une grande intensité dramatique se met en place par la mise au jour progressive de la personnalité du mannequin et de son père, de leur relation pervertie, ainsi que de la révolte de Cameron. Pourtant Confusion des genres (quelle horreur ce titre !) est aussi marqué par des moments de burlesque pur, grâce à House et Wilson, et un cas secondaire mémorable. L’épreuve douloureuse de House est très bien narrée alternant comédie et drame. Enfin, l’épisode procède à une attaque en règle contre l’artificialité du métier de mannequin.

Alexandra Robinson est un personnage moins lisse qu’il n’y paraît. Faussement superficielle, vraie manipulatrice arriviste, prête à tout pour briller sous les projecteurs, usant de ses charmes pour mettre son monde dans sa poche. Un portrait adouci par le fait qu'elle soit une femme-enfant : son corps est celui d’un adulte mais son esprit ne suit pas la même vitesse. Elle n’a pas eu le temps de grandir, source de sa souffrance intérieure. Elle est d’ailleurs consciente que son intelligence est limitée et que son corps est son meilleur atout : une blonde sotte pas si sotte… La juste révolte de Cameron touche du doigt un point sensible sur la conservation appropriée ou non du secret médical (que House transgresse ou respecte… à sa guise !). Cela n’est pas sans rappeler le dilemme des chirurgiens de Nip/Tuck dans le pilote où ils doivent changer le visage d’un pédophile activement recherché. L’épisode aborde ainsi le thème tabou de l’inceste père-fille mais le revisite génialement, ni pulsion libidineuse paternelle, ni complexe d’Electre ; simplement un moyen utilisé pour son profit. Le cas se déroule à tempo très vif, multipliant les fausses pistes (la drogue, le sexe, le cancer invisible…) et nous gratifiant de plusieurs scènes marquantes - sevrage express, l’amnésie subite… - jusqu’à la stupéfiante chute finale.

L’humour alimente l’épisode grâce à un House survolté : il adopte tout de suite le cas car c’est une top-model, se moque de Cameron, crie à une femme enceinte trop braillarde de la fermer, s‘amuse à faire apparaître et disparaître les symptômes d‘Alex, ou encore la mauvaise blague de fin… Même les deux révélations finales ont quelque chose de comique. Mais ce sont les scènes avec Wilson qui déchaînent le plus de rires, quand House le frappe avec sa canne, et surtout la scène en plein délire de l’IRM. Il y'a aussi le cas secondaire assez burlesque où Cuddy se retient de pouffer.

En parallèle, les moments psychologiques sont très bons : la jambe de House est douloureuse, plus que d’habitude, et Wilson diagnostique que c’est psychosomatique : House ne s’est pas remis de sa rupture avec Stacy et cette douleur psychique est liée à la douleur physique. House bien entendu n’en croit rien, refusant d’admettre une telle faiblesse. Mais il en est réduit à demander de la morphine à Cuddy. Ses deux scènes avec elle sont impeccablement écrites, la première est sous tension, grave, jusqu’à l’acte à la fois désespéré et ridicule de House, symbole de sa détermination poignante. La deuxième scène est jouissivement ironique avec une chute désopilante où le manipulateur s’est retrouvé manipulé à son tour, acculé devant une évidence qu’il ne peut nier davantage.


L’épisode frappe fort quand il s’agit de dénoncer le monde des apparences dans lequel nous vivons. Après Symptômes XXL (saison 1) et la dictature de la minceur, Confusion des genres exprime bien la dictature de la beauté, atout artificiel érigé en condition sine qua non pour réussir vite et bien. Les filles du défilé de la scène d’intro sont hyperformatées, le père d’Alex utilise un langage aussi formaté, cru pour vanter la beauté de sa fille, distinguant son statut de père et celui de manager. Le fléau de la drogue est également sous-entendu tandis que celui des coucheries est mis en avant avec force lors de la scène Alex-Cameron : Alex, blasée, a couché avec tous les hommes dont elle avait besoin pour grimper les échelons ; elle ne l’a fait ni par plaisir ni par dégoût : prix à payer pour vivre dans un monde de strass, de paillettes, où le clinquant triomphe de tout, qui vous procure gloriole (mais temporaire) et argent (jusqu’à ce que vous ne soyez plus assez belle). Bref, un monde rempli d’apparences, et on a presque pitié de cette pauvre fille dont la féminité est l'unique atout : la révélation finale est donc d’une grande cruauté pour elle car niant cet avantage charnel. D’où un faux happy end flirtant avec le unhappy end tout court. Bonne interprétation de Cameron Richardson, mais Tom Verica est plus limité. Jennifer Morrison confirme les récents progrès de son jeu avec de bonnes scènes de révolte, mais c’est Hugh Laurie et Robert Sean Leonard, dans leurs scènes de pure comédie, qui raflent la mise par les rires qu’ils déchaînent.

Un épisode parfait et complet en tous points.

Infos supplémentaires

- Chase aime regarder les magazines de mannequins.

- House avait un oncle qui aimait raconter des histoires dégueulasses… ça explique bien des choses ! C’est un des rares épisodes où on voit la blessure de House.

- Cameron Richardson avait 26 ans lors de l’épisode, ce qui explique sa féminité très développée pour un personnage qui n’en a que 15 !

Erreurs :
- House dit qu’il faut attendre 3 ans avant qu’Alex, 15 ans, atteigne sa majorité sexuelle. Mais dans le New Jersey, la majorité sexuelle est à 16 ans.
- Lors de l’explication de la biopsie du cerveau, l’attitude d’Alex est fluctuante : tantôt agitée, tantôt calme.
- Dans la scène d’intro, Alex tombe face contre terre. Au plan suivant, elle est sur le dos.
- Si Wilson voit les faux ovaires, comment n’a-t-il pas remarqué l’absence d’utérus ?

- House fait référence au Roi Lion (1994) en évoquant le « cercle de la vie » et Jerry Maguire (1996) en parlant des « teenage supermodel ».

- La soundtrack est constituée de « Desire » de et par Ryan Adams et « Dance With You » par Wayne Jones et Jon Ehrlich.

Acteurs

Cameron Richardson (1979) commença une carrière de mannequin, mais ses agents la persuadèrent de se tourner rapidement vers la comédie. "Cam-Bones" usa sa petite notoriété - étant généralement dans le classement des femmes les plus « hot » de la planète - pour jouer dans plusieurs séries dont Skin (5 épisodes), FBI family (24 épisodes), Point Pleasant (13 épisodes), Les Experts, Shameless US (2 épisodes). Elle se tourne de plus en plus vers le cinéma.

Tom Verica (1964) est un acteur complet (TV, cinéma, théâtre). Sa filmographie compte des films comme Die Hard 2, Dragon rouge, Mémoires de nos pères, Zodiac… mais aussi de nombreuses séries comme son rôle le plus célèbre : Jack Pryor dans 61 épisodes de la série Mes plus belles années, mais aussi Code Quantum (épisode Le kamikaze hilarant), Les 4400 (3 épisodes), New York unité spéciale, Boston Justice, Lie to me, Grey’s anatomy, The Closer L.A (épisode Le cerveau), Médium (épisode La loi des nombres), How to get away with murder (11 épisodes), etc.

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14. MALADIES D'AMOUR
(SEX KILLS)


Scénario : Matt Witten
Réalisation : David Semel

- I assume that you've been in love.
- Is that the one that makes your pants feel funny ?

Henry Errington, 66 ans, a des absences inquiétantes. Son infection, trop avancée, nécessite une transplantation cardiaque. Mais le comité de greffe rejette la demande de House car le patient est trop âgé. House va donc essayer d’obtenir par une voie moins "officielle" le cœur d’une accidentée de la route qui vient de décéder. Les complications ne font que commencer…


Cet épisode original malmène le canevas de la série : au bout de quinze minutes, la maladie du patient est découverte. Car l’intérêt de Maladies d’amour n’est pas le diagnostic, mais le traitement, beaucoup plus compliqué à pratiquer ! La série vire alors dans le pur suspense, multipliant les situations surprenantes, jusqu‘au sinistre twist final. Bonus : le cas secondaire est de plus loin le plus foldingue de la saison.

Le cas démarre sans tambour ni trompette malgré une gratinée tirade de House sur le cancer du testicule. Alors que l’épisode aurait pu donner son point de vue sur un sujet aussi original que la sexualité des séniors, ce point reste en filigrane. La fille du patient est d’un désintérêt total ; la voix de Keri Lynn Pratt est d'ailleurs vite insupportable (en VO comme en VF). Le cas sert uniquement de prétexte jusqu'au vrai démarrage de l'intrigue dans le deuxième tiers de l'épisode. D'où un premier quart d'heure longuet. La course contre la montre pour trouver un cœur est d’un suspense omniprésent, que l’humour caustique de House contrebalance finement : House devant le comité de greffe, House qui imagine une diabolique manipulation burlesque et dramatique (le sommet de l‘épisode, House dans son état le plus pur !), jusqu’à cette ahurissante idée d’un diagnostic différentiel d’une personne décédée. L’élément le plus fort de l’épisode réside dans le chemin de croix de l’infortuné mari, subissant les assauts de House qui veut le cœur de sa femme, alors qu’il n’a même pas le temps de faire son deuil, de réaliser pleinement la mort de sa chère et tendre. Greg Grunberg fait de son mieux, mais l'ayant personnellement vu dans pas mal d'autres rôles, je dois avouer n'avoir jamais été sensible à son jeu très monolithique. A la fois drôle et triste. Le comique acide de House donne beaucoup de force à ces scènes.


Mais le sérieux n’est pas défavorisé avec l’énorme bévue involontaire de l’employée de l’agence, et les souffrances psychiques répétées du mari jusqu’au surprenant double twist final avec deux révélations très noires, symptomatique de la vision de la série toujours pessimiste des époux, qui s’aiment sincèrement, mais jamais francs entre eux. On va d'ailleurs en avoir le nadir dans le terrible épisode suivant. Parallèlement, on s’amuse des difficultés à répétition que rencontre House dans ses quêtes de cœur (sans jeu de mots). A noter que le veuf a tout de suite cerné le personnage de House : "I assume House is a great doctor, because when you're that big a jerk, you're either great or unemployed". Cet épisode n’échappe pas à la veine militantiste de la série qui s’attaque cette fois à ces laissés-pour-compte que sont les séniors. La scène du comité de greffe véhicule ce message : les membres du comité refusent la salvatrice transplantation car le patient est trop âgé. House les accuse de préférer réserver leurs ukases aux jeunes personnes malades (car les grands-pères ont déjà bien vécu…) d’où une démonstration de la différence de traitement accordé aux patients selon leur âge. Mais la scène ne tombe pas dans le manichéisme car la décision des médecins demeure bien difficile à démêler éthiquement. Ce cas de conscience évite l’opposition House a raison/méchants autres médecins.

Wilson est dans une mauvaise forme. Gregory Holmes, très mentaliste décrypte ses attitudes et en conclut qu’il est en froid avec sa femme et qu’il va voir une maîtresse. Evidemment, son ton très léger est peu supportable pour Wilson qui préférait davantage de compassion et non de l’ironie. Finalement, l’épisode annonce un nouvel arc narratif : chassé du domicile conjugal après une énième dispute, Wiwi est forcé d’emménager chez House. Notre imagination vagabonde en se demandant comment va se dérouler la cohabitation… Disons-le tout de suite, ce sera un impitoyable jeu de massacre ! Robert Sean Leonard explore avec réussite une face plus désespérée de son personnage.


Le cas secondaire est absolument hé-nau-rme, avec un jeune homme qui avoue avoir des penchants zoophiles envers les vaches ! La rencontre entre ce malade de première et un House déchaîné permet trois petites scènes de pur burlesque ; d’autant que le jeune homme est interprété par Adam Busch qui retrouve des intonations du supercrétin Warren Mears (du moins, dans ses premiers épisodes de Buffy) avec un festival de mimiques excessives. La conclusion est à se serrer les côtes. Un cas joyeusement barré. D’ailleurs, Michelle Trachtenberg (Dawn) va se retrouver bientôt à Princeton-Plainsboro, de quoi regretter que Sarah Michelle Gellar n'y soit jamais venue (ou Alyson Hannigan ; signé un fan d'Alyson Hannigan). Un cross/over entre les deux séries aurait pu donner quelques scènes croustillantes ; je voyais bien House diagnostiquer Spike pendant qu'ils battent le record du monde du championnat de tchatche, Drusilla en quête d'un coeur tout chaud, ou Buffy tuant un démon avec une seringue…


Infos supplémentaires

- Deuxième épisode où House porte une blouse. On apprend que l’actuelle femme de Wilson (la 3e) le déteste. Nous apprendrons que c'est aussi le cas de sa deuxième femme (Mauvaises décisions, saison 3) et de la première (Amour courtois, saison 6). Un fait toujours en débat sur le sens de la véritable relation entre House et Wilson. Troisième épisode où House se fait frapper.

- House finit son travail à 18h.

- Wilson et sa femme rompent dans cet épisode. Il joue avec House au baby-foot, inaugurant un nouveau rituel dans la série.

- C’est sur le tournage de l’épisode que Greg Grunberg proposa à Hugh Laurie d’intégrer son groupe musical Band from TV. Laurie y fera les claviers et les vocals. Ce groupe de cover band (spécialisé dans les reprises de chansons), composé d’acteurs de séries musiciens, propose CD et concerts dont les bénéfices sont intégralement reversés à des associations caritatives. Jesse Spencer (violon) a rejoint le groupe un peu plus tard. On peut aussi citer parmi les membres James Denton (guitare), et Teri Hatcher (voix) (Desperate Housewives).

- La chanson de l’épisode est Honky Tonk Women de Mick Jagger et Keith Richards, chantée par Taj Mahal.

Acteurs

Greg Grunberg (1966) commença dans la publicité avant de s’engager dans la comédie. Egalement bon musicien amateur (percussions), il est le fondateur du groupe Band from TV. Il milite contre l’épilepsie (un de ses fils en est atteint). On l’a vu souvent à la télévision, notamment dans les productions de son ami J.J.Abrams comme dans les rôles respectifs de Sean Blumberg et Eric Weiss dans Felicity et Alias (66 épisodes chacun). Il fut aussi le Matt Parkman d'Heroes (59 épisodes), le Dale Levlin de The Client list (13 épisodes). Mais il joua aussi dans Lost, Hawaï 5-0 (2 épisodes chacun), Melrose Place, Profiler, What about Brian, Monk, Les Experts, Esprits criminels, Masters of sex (6 épisodes), etc.

Adam Busch (1978) est surtout renommé pour avoir été l'hilarant et sanglant Warren Meers, un membre du « Trio » dans 16 épisodes de Buffy contre les vampires. Il a joué deux rôles principaux de série : Neal de Men at work (31 épisodes), et Indie de MyMusic (58 épisodes). Il a fait partie d'un groupe de jazz-rock : Common Rotation. Il a joué dans les séries New York police judiciaire, Le fugitif, Terminator : les chroniques de Sarah Connor, Point pleasant (7 épisodes), Les Experts, Major Crimes, Grey's anatomy, etc.

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15. BONHEUR CONJUGAL
(CLUELESS)


Scénario : Thomas L. Moran
Réalisation : Deran Sarafian

You do realize that the point of metaphors is to scare people from doing things by telling them that something much scarier is going to happen. God, I wish I had a metaphor to explain that better.

Lors d’un intense ébat sexuel avec sa femme Maria, Bob Palko s’étouffe. House et son équipe se demandent si la cause n’est pas leurs fantasmes sexuels très énergiques. Malgré leur sexualité extravertie, House est certain que le couple n’est pas heureux en ménage (« comme les autres ») et en fait le pari avec Cameron. Pendant ce temps, la cohabitation House-Wilson tourne rapidement à l‘affrontement...


Cet épisode pêche par son côté trop « cérébral ». De trop nombreuses scènes de diagnostic différentiel empâtent un peu l’épisode. Malgré cette petite réserve, un cas médical de la plus grande efficacité dramatique, servi par des comédiens en état de grâce, assure un spectacle permanent. La chute finale est d’une noirceur perverse à couper le souffle, consacrant cet épisode comme un des plus pessimistes de la série entière. A côté, le « Hilson » prend des allures de sitcom très hilarantes !

Le ton est donné avec l'introduction où une jeune femme se fait agresser par un homme masqué qui tente de la violer… mais les apparences sont trompeuses : le violeur n’est autre que son propre mari. Fantasme du viol… un fantasme d’une extrême perversité qui en dit long sur ce couple original et sur ce qui va suivre ! L’effet de répétition des diagnostics est largement compensé par leur contenu, grâce aux vannes de House ou à certains gags assez cinglants. C’est ainsi qu’avec le plus grand sérieux, Cameron, qui a pourtant le moins de chances de faire une telle déclaration, défend le triolisme (modéré) en disant que « une partie à trois tous les sept ans, ça soude un couple » ! C’est aussi une très bonne idée de faire un diagnostic différentiel dans les toilettes des hommes. Le décor très inhabituel donnant un côté décalé à la situation.
Le couple apparaît soudé. Maria est toujours au chevet de Bob, guettant ses moindres réactions. Leur amour dure depuis l’enfance et semble s’être fortifié au cours des années. Beaux, ouverts, confiants, c’est un couple qui semble enviable. L’apogée est atteint lors de la scène de souvenirs, portée par la formidable performance de Samantha Mathis. Aussi, la révélation finale fait partie des moments les plus terrifiants de la série.


La série n’a jamais raté une occasion de pilonner le Couple. Dès Question de fidélité (saison 1), la série donnait sa thèse : l’amour dans le couple est sincère mais les époux restent étrangers l’un à l’autre. Déçu forcément par celui ou celle que l’on aime, la douleur, la tristesse entrent alors dans la vie quotidienne. On peut essayer de détruire la routine par un changement de vie ou par une sexualité débridée (comme ici ou comme le fera le ménage Taub dans Le héros du jour en saison 7), mais ce n’est qu’un écran de fumée masquant de manière éphémère l’échec de la relation. La Vérité est un concept souvent étudié dans la série ; ici, l’épisode nous apprend à la fois son utilité et l’effet destructeur. Lorsque Maria a ouvert les yeux sur l’état réel de son couple, elle en vient à une décision destructrice et désespérée alors que si elle avait maintenu l’illusion, elle aurait pu entretenir un semblant de bonheur. Il est donc logique que la dernière phrase de Cameron sonne si juste et soit devenue une des citations les plus connues de la série. Le choix d'une chanson ayant pour titre Love and Happiness pour accompagner le douloureux final apparaît comme une dernière pointe d'ironie pour conclure cet épisode noir et sans espoir. Samantha Mathis mélange l'amour et la passion de son personnage de manière éblouissante, une des meilleures guest stars de la série.

Le final est un dur revers pour Cameron qui avait parié sur le bonheur des Palko. Jamais la série n’avait poussé à fond l’axiome platonicien de l’incompatibilité des concepts de Vérité et de Bonheur. Sa dernière scène avec House montre bien leur différence : House est pour la Vérité (et il n’est pas heureux d’avoir gagné son pari, il n’a fait que constater) et Cameron pour le Bonheur. Il est fascinant de voir comment Cameron s’éloigne (ses valeurs) et se rapproche (ses attitudes) de House à la fois… Jennifer Morrison comprend de mieux en mieux son personnage, ça fait plaisir.


Les disputes continuelles du Hilson donnent une véritable farandole de situations toujours plus drôles : Wilson perturbant le sommeil de House (qui songe à voir un conseiller conjugal), House arrachant la télécommande, House mangeant à deux reprises le repas de Wilson, House qui préfère les crèpes de Wilson aux 72 vierges de l’Islam, etc. On s’étonne toutefois du dernier plan : House ne souhaite qu’une chose, que Wilson dégage de sa maison. Pourtant, il efface le message adressé à Wilson à propos d’un appartement qu’il aurait trouvé. Conséquence : House, au fond, veut que Wilson reste un peu plus de temps, symbole de son besoin d'avoir près de lui sa présence. Quelle étrange amitié… Ces saynètes détendent l’atmosphère sombre de l’épisode. Le cas secondaire montre un homme ayant un herpès. Autrement dit, lui ou sa femme est infidèle (Hugh Laurie est en pleine forme dans ce passage) et il parvient finalement à trouver qui est coupable grâce uniquement à la psychologie. On ne répétera jamais assez combien House est expert en relations humaines et en mensonges de tout poil !

Infos supplémentaires

- Chase ne parle pas espagnol.

- A noter que l’épisode s’appelle Clueless en VO, titre d’une série où Eddie Mills (Bob Palko) joua.

- House se nourrit essentiellement de soupe en conserve et de beurre de cacahuètes. On se demande comment son corps tient le coup si on ajoute ses manies de drogué. Il adore les pancakes aux noix de macadamia.

- House regarde les séries Blackadder qu’il enregistre fréquemment. Rien d’étonnant puisque Hugh Laurie a joué un des rôles principaux de cette série totalement barrée ! House regarde également les séries The New Yankee workshop, Bob l’éponge, et Newport Beach.

- House fait référence à Keisuke Miyagi, un maître de karaté fictif dans la saga Karaté Kid. Heureusement, en français, nous sommes respectueux de la toute-puissance de Chuck Norris qui prend donc logiquement la place du sensei dans le dialogue.

- La chanson de l’épisode est Love and Happiness de et par Al Green.

Acteurs

Samantha Mathis (1970) fut confrontée très tôt à l’industrie cinématographique et théâtrale et choisit immédiatement cette voie. Après quelques publicités, ses liaisons avec Christian Slater puis River Phoenix (qu’elle accompagna lors de sa mort) lui permirent de se frayer un chemin dans le milieu. Son talent d’actrice fit le reste. Elle a fait une honorable carrière cinématographique (plus de 40 films dont Les quatre filles du Dr. March, American Psycho, The Punisher, Broken Arrow…) et a joué dans des séries comme Harsh Realm (4 épisodes), La Treizième Dimension, New York (unité spéciale et section criminelle), Lost, Curb your enthousiasm, Grey’s anatomy (3 épisodes), New York unité spéciale (2 épisodes), The Good Wife, Under the Dome (7 épisodes), etc.

Eddie Mills (1972) est un acteur de séries, qu’on a pu voir dans Ally McBeal, Dawson (4 épisodes), Wasteland (13 épisodes, rôle principal de Vandy), Dead like me, Les Experts : Manhattan, FBI portés disparus, etc.

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16. PROTECTION REPROCHÉE
(SAFE)


Scénario : Peter Blake
Réalisation : Félix Enríquez Alcalá (crédité comme "Felix Alcala")

- You said... you'd hang the stethoscope if you were having sex.
- I didn't say it had to be with another person.
 
Mélinda Bardach, une adolescente immunodéprimée depuis une transplantation cardiaque, est confinée depuis plusieurs mois dans une chambre stérile chez elle. Alors qu’elle recevait la visite de son petit ami, elle a une violente attaque et est amenée à l’hôpital. Après aggravation de son état, Mélinda se retrouve avec deux puis trois graves symptômes impossibles à corréler. Pendant ce temps, House multiplie les vacheries envers Wilson…

Encore un chef d’œuvre pour cette saison 2 décidément de classe exceptionnelle ! Protection reprochée (excellent titre pour une fois) est très bien construit. Le cas médical fait penser à un pastiche bidon du Mystère de la Chambre jaune : comment Mélinda a pu tomber malade dans une chambre stérile ? Cela amène une intenable situation bloquée avec des symptômes qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Mélinda est un personnage intéressant, et les huit dernières minutes de l’épisode comptent parmi les plus intenses de toute la série. En plus, House bat tous les records en matière de sournoiseries (pas si) gratuites envers Wilson !

Le cas Mélinda, au rythme soutenu et aux diagnostics différentiels à l'humour piquant remporte l’adhésion. Les recherches façon Experts, les bonnes actions qui n’en sont pas (prise d’un antibiotique qui aurait tout déclenché), les complications, ici vraiment inquiétantes, mettent pas mal de tension. Allant des scènes de recherche aux scènes « psychologiques », l’épisode dégage une agréable impression de maîtrise. Les fausses pistes sont disséminées tout au long du scénario, couronnés par un soufflant twist. Les situations d’urgence, plus nombreuses, s'enchaînent inlassablement jusqu'au final sous adrénaline, scène climatique et longue que n’aurait pas renié Hitchcock. La fin est joliment théâtrale et ironique (House passe également à deux doigts de la raclée). Faire l'amour peut tuer, ça on le savait, mais parfois plus vite que vous pourriez le croire !

Incarnée par la sensualissime Michelle Trachtenberg, actrice extraordinaire très à l'aise dans les rôles de casse-pieds - les fans de Six feet under n'ont pas oublié sa composition mémorable de superstar à rendre fou un maître zen - Mélinda n’est pas sans rappeler un des plus fameux rôles de la comédienne : Dawn Summers (en beaucoup moins lourdingue toutefois), de la série Buffy contre les vampires. Mélinda est proche de la sœur de Buffy dans la mesure où les deux personnages ne supportent pas de vivre dans l’ombre d’un être cher - une sœur dans Buffy, la mère dans l’épisode - et sont éprises de liberté et de reconnaissance. Mélinda et Dawn sont deux adolescentes se comportant comme telles, qui ont les doutes existentiels typiques de cet âge, ont leurs caprices, leurs révoltes... mais qui ne dissimulent pas une certaine maturité comme la lucidité envers elles-mêmes : Dawn mûrit progressivement dans Buffy tandis que Mélinda est consciente de sa si brève espérance de vie qu’elle a quand même accepté ; elle n’est pas dupe des airs qui se veulent rassurants de Foreman (scène de l’IRM). Comme Margo Dalton (Empoisonnement, saison 1), Barbara Bardach est une maman couvant trop son enfant malgré un vrai amour maternel. Un distinguo que l'on goûte fort. Mel Harris est très bien en mère surprotectrice.

On notera que Michelle Trachtenberg est certainement la comédienne la plus convaincante de la série dans le domaine des crises convulsives : toutes ses scènes de convulsions, bien plus longues que l’habitude, sont d’une violence réaliste très saisissante, comme celle de la spectaculaire introduction durant près de 40 secondes !

Et bien entendu, l’humour est de la partie, que ce soient les répliques toujours géniales de House, ou bien Cameron insinuant à demi-mot que Chase est éjaculateur précoce, les airs hébétés du petit ami… Mais on retient surtout la sitcom House-Wilson. House démarre en douceur en obligeant « Jimmy » à laver plus de vaisselle, puis le laisse dehors pendant des heures en prétextant être avec une prostituée (la scène est immense !), lui ment à répétition, bouffe toutes les friandises, efface ses messages téléphoniques, fait tremper sa main dans de l’eau pour qu’il urine dans son sommeil… ce défilé de mauvaises blagues est autant jouissivement tordant qu’il met mal à l’aise : pourquoi House se comporte-t-il ainsi ? La réponse est émouvante : il veut que Wilson réagisse. Wilson est en effet trop gentil et encaisse tout ce qu’il subit sans avoir la réaction de révolte appropriée, il se complaît dans sa déprime. House multiplie alors les saloperies les plus emmerdantes pour le mener au point de rupture, pour qu’enfin il cesse de se laisser marcher sur les pieds. D’ailleurs, regardez le visage de House quand Wilson accepte une fois de plus de faire la vaisselle : il est déçu. Et lorsque Wilson, à bout, rend la pareille à House, il sourit : Wilson a enfin réagi ; et en effet, le soir même, Wilson a le courage de divorcer d’avec sa troisième femme. Une thérapie hors normes, et un des plus beaux moments "Hilson".

Infos supplémentaires

- Cuddy porterait souvent des strings. Les strings de Cuddy revêteront une importance capitale dans l’épisode Le dessous des cartes (saison 4). Et elle n’aurait plus couché depuis 6 mois d’après House. Comment connaît-il si bien la vie sexuelle de sa patronne ?

- « Je n’ai jamais vu de mère aussi surprotectrice » déplore Foreman en parlant de Barbara Bardach. Il a manifestement oublié le cas Margo Dalton (Empoisonnement, saison 1).

- House met un stéthoscope - en lieu et place de la traditionnelle chaussette - devant sa porte quand il fait l’amour. Toutefois, il ne précise pas s’il y’a une prostituée dans l’affaire ou s’il est tout seul…

- Wilson regarde Vertigo (1958) de Sir Alfred Hitchcock à la fin de l’épisode.

- La caméra fait un bruit à 17’48.

- House cite Tarzan (1932) dans la chambre de Mélinda, et fait référence à L’enfant bulle (1976) quand il ironise sur la surprotection de la mère « façon John Travolta dans sa bulle ». Barbara Bardach prétend chercher (Le monde de) Némo (2003).

- La soundtrack de l’épisode est constituée de Orange Sky de et par Alexi Murdoch, et de Pain in My Heart de Naomi Neville chantée par Otis Redding.

Acteurs

Michelle Trachtenberg (1985) est surtout renommée pour avoir joué grâce à Sarah Michelle Gellar, amie de longue date, Dawn Summers, la petite sœur de l'héroïne de la série culte Buffy contre les vampires (66 épisodes). Connue aussi pour son rôle de Georgina Sparks dans Gossip girl (28 épisodes), ou pour sa participation à la série Mercy (22 épisodes). Elle a joué dans les séries New York (Police judiciaire et section criminelle), Weeds (5 épisodes), Six feet under (4 épisodes), Weeds, Robot chicken (5 épisodes chacun), Esprits criminels, NCIS : Los Angeles, Sleepy Hollow, etc. Cette superbe femme fut dans plusieurs classements de beauté mondiaux. Elle a commencé la comédie et la danse très tôt et accéda à la célébrité avant ses 18 ans. Elle a débuté une carrière prometteuse au cinéma…

Mel Harris (1956) est une comédienne appréciée en Amérique pour son talent et sa beauté. Elle a surtout joué dans des séries : Alfred Hitchcock présente, Dawson, JAG (2 épisodes), Stargate SG-1 (3 épisodes : Zénith, La dernière chance, Pour la vie), Cold Case, Les Experts : Manhattan, Esprits criminels, New York unité spéciale (2 épisodes), etc. Sa vie privée fut assez mouvementée car elle se maria et divorça cinq fois !

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17. DOUZE ANS APRÈS
(ALL IN)


Scénario : David Foster
Réalisation : Fred Gerber

Hey, how's that anal fissure ? Did it heal yet, or is it still draining ?

Ian Alston, 6 ans, souffre de diarrhées sanglantes. House, Cuddy, et Wilson sont à l’hôpital où ils jouent à un tournoi de poker caritatif. Sans en avertir Cuddy, House quitte la table et se saisit du cas car il est persuadé que Ian est atteint d’une maladie qui a tué douze ans auparavant Esther Doyle, une vieille femme qu’il n’a pas réussi à sauver et encore moins à diagnostiquer. Une course contre la mort s’engage car la maladie inconnue progresse à une rapidité fulgurante…


Quand Dr.House rencontre Cold Case.

L’épisode joue sur deux histoires : un cas médical d’une formidable originalité (House face à ses démons), et l’homérique partie de poker. Le premier se distingue par une urgence permanente, le deuxième est prétexte à de mémorables échanges piquants ! La résolution finale, synthèse des deux tableaux, est à la fois maligne et étonnante.

On démarre très fort avec une introduction réussie (pourtant loin d’être un point fort de la série) puis sur la partie de poker avec un choc : le House débraillé et négligé que l’on connaît est en smoking impeccable (mais quand même pas rasé, y’a des limites tout de même) et fume un gros cigare ! Le costume rigoureusement identique de Wilson donne un effet comique et confirme que Robert Sean Leonard et Hugh Laurie portent beau en tenue de soirée. Mais que dire de Cuddy, à fondre dans sa superbe robe bleue très échancrée où la beauté naturelle de Lisa Edelstein resplendit de mille feux ? Sans doute une de ses tenues les plus affriolantes. Jesse Spencer et Omar Epps sont très élégants dans leurs costumes, et Jennifer Morrison arbore une superbe robe à bustier très sexy.

Le cas renouvelle le genre grâce à sa configuration inédite. House est rongé par le souvenir d’Esther. Il va se jeter tout entier dans ce cas, quitte à saboter la soirée de tout le monde (pauvre Chase). Mais plus qu’un « remake » de ce cas, House semble considérer Ian comme un cas de métempsycose ; il utilise les données d’Esther pour les appliquer à l’enfant, comme s’il était Esther ! House a ainsi un jugement parfois brouillé, à tel point que le quatuor (Wilson participant également) de médecins devra le rappeler à l’ordre plusieurs fois.

Il permet aussi un schéma intéressant. Alors que nos médecins, généralement, sont soumis au déroulement aléatoire du cas, devant réviser leurs positions en permanence ; ici, ils savent exactement comment le cas va se dérouler et traitent donc en avance les symptômes à venir. Mais coup de Jarnac, ils accélèrent la catastrophe ! Cela donne un suspense parfaitement chronométré. L’intervention inopportune de Cuddy précipite la dernière partie de l’épisode sous haute tension jusqu’au dilemme final : 7 maladies envisagées, 3 tests possibles uniquement. La chute finale, très originale, vient au détour d’une main de poker de Wilson : la maladie a fait un coup de bluff ! Cependant, la décision de House, pour la première fois de la série, comporte un élément de hasard : il pourrait aussi bien avoir raison que tort. En fait, c’est l’élégance et la beauté du raisonnement logique final qui fait que House prend le risque de retenir son hypothèse. Ainsi, il confirme son attachement au rasoir d’Occam. Un certain amour de la beauté, visible dans l'enchaînement harmonieux de ses déductions, anime ce personnage. Un goût qui transparaît dans son amour pour la musique (tout ce qui est difficile est beau disait Beethoven). Par opposition, la caméra de Fred Gerber magnifie les belles tenues, les lumières vives, et l’ambiance de fête, donnant un puissant contraste à l’ensemble.

Au milieu du cas, les scènes de poker sont autant de déchaînements de rire ! En plus des délires verbaux de House qui improvise des cours de sexologie animale pour analyser les réactions de ses adversaires et savoir si leurs jeux sont bons ou pas, nous avons le running gag du « code secret » entre Wilson et House pour s’échanger des renseignements sans que Cuddy parvienne à les déchiffrer, savoureux pastiche des mots de passe d’espionnage. House a intérêt à faire durer la partie, et en sachant par téléphone le comportement de Cuddy, peut conduire le jeu à sa guise grâce à son prodigieux don en matière de psychologie humaine - on retient sa déduction surréaliste d'une main exacte de Wilson, les auteurs parviennent quand même à nous faire avaler une telle improbabilité - il fait volontairement perdre Wilson, puis le fait volontairement gagner selon ses besoins, mais il se fait avoir en se trompant la 3e fois ! Oui, il arrive que House se plante... Tout au long de la partie, l’irritation et l’agacement qui gagnent Cuddy (très douée au jeu) avec mimiques outrées et répliques assassines sont autant de moments comiques à savourer.


Hugh Laurie et Robert Sean Leonard (avec un rôle plus étoffé, pour notre plus grande joie), à la fois complices et toujours en opposition, et Lisa Edelstein, en Cuddy sentant la moutarde lui monter en nez, dominent la distribution. Jennifer Morrison retombe hélas dans la niaiserie (les gros yeux suppliants lors du diagnostic final, ouch, quelle lourdeur !). Un nouveau chef-d'oeuvre !

Infos supplémentaires

- House a un chiffre fétiche : le 42. Une référence bien connue des geeks car 42 est la « réponse ultime » à La grande question sur la vie, l'univers, et le reste selon le Guide du voyageur intergalactique de Douglas Adams. Le problème est que la « question ultime » reste inconnue à ce jour.
Avec Wilson, il a imaginé un code pour s’échanger des informations lors de parties de poker. Il est également un peu magicien (s’amusant à faire disparaître des jetons dans la main).

- House arbore une nouvelle canne, plus « luxueuse » que la précédente. Fait rare, on le voit fumer.

- Wilson met du vernis à ongles sur les pieds. Ah la honte ! Et il semble toujours en pincer pour l’arlésienne « Debbie de la compta ».

- Cuddy a un sein plus petit que l’autre. Mais House a toujours eu l’œil sur ce genre de détail existentiel…

- All in (Tapis en français) est un terme de poker désignant l'action d'un joueur misant l'intégralité de ses ressources sur un coup. Cette action est l'unique possible pour un joueur s'il veut suivre des enchères supérieures à la quantité d'argent qu'il lui reste. Dans ce cas, faire ce coup permet de rester dans la partie comme si on avait payé l'enchère demandée, tout en risquant de quitter la table dès ce coup si on perd. C'est donc une action dangereuse mais courante dans ce jeu. Ici, le titre original désigne aussi bien les différents tapis de Wilson que la décision finale de House qui fait tapis de la même manière lors de sa partie de poker métaphorique contre la maladie.

Erreurs :
- Esther est orthographié « Ester » sur le dossier médical.
- On voit un reflet de caméra à 11’46.
- Le cigare de House disparaît entre deux plans lors de la partie de poker.
- Quand Ian est sous respirateur artificiel, l’oreiller change de place plusieurs fois.
- Ian bouge ses mains en état d’inconscience ou en état d’arrêt cardiaque.
- Lors de la biopsie du cœur, les volets sont tour à tour ouverts ou fermés, et les parents sont tantôt derrière les volets, tantôt dans la salle d’attente.

- La chanson de l’épisode est Deed I do de Fred Rose et Walter Hirsch, chantée par Diana Krall. Hugh Laurie joue au piano Hymn to Freedom d'Oscar Peterson.

Acteurs :

Carter Page (1998) ne semble pas avoir poursuivi sa carrière d'acteur. Son rôle dans cet épisode est à l'heure actuelle son unique référencé.

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18. INSOMNIES
(SLEEPING DOGS LIE)


Scénario : Sara Hess
Réalisation : Greg Yaitanes

- Do you have any idea what it feels like to have a six foot long hose shoved into your large intestine ?
- No, but I now have a much greater respect for whatever basketball player you dated in college.

Une jeune femme, Hannah, n’arrive pas à dormir depuis 10 jours entiers ! Une boîte entière de somnifères n’y change rien. Cameron est en conflit ouvert avec Foreman car il a volé son travail à son profit. Bientôt, il faut une greffe de foie à Hannah, et Max, sa compagne, accepte de lui donner le sien. Problème : House et Cameron apprennent qu’Hannah est sur le point de larguer Max, et Cameron souhaite que Max soit au courant. House tente de la contrecarrer pour ne pas hypothéquer la greffe…

Cet épisode est un des plus profonds de la série. L’intrigue médicale se double d’un superbe problème éthique. Cameron, mise en avant, est un pilier excellent pour l’épisode tandis que le couple saphique Hannah-Max est très touchant mais n’échappe pas à la vision pessimiste du Couple prônée par la série. La touche d’espoir finale est par ailleurs très tordue.

La scène d’intro, sans évanouissement ni convulsions théâtraux, donne un climat d’angoisse et de mystère avec ces plans répétés sur les grands yeux cernés de l’insomniaque. La série met au premier plan ce couple sans insister sur l’homosexualité d’Hannah et de Max comme si elle allait de soi. On remarquera que House ne lâchera aucune blague sur cette relation alors qu’il n’hésitera pas ultérieurement à vanner à répétition sur la bisexualité d’un membre de sa future deuxième équipe. La difficulté du cas est ici particulièrement ressentie, avec quelques scènes assez difficiles psychologiquement : la veille forcée de la jeune femme est ainsi prolongée par House pour qu'il fasse ses tests. L’opposition Cameron-House sur l’éthique de la situation domine l'épisode : Hannah vaut-elle la peine que Max lui donne la moitié de son foie, opération lourde, qui peut lui coûter la vie, sachant que comme récompense, Hannah la quittera dès la sortie de l'hôpital ? House résout vite le dilemme car il ne regarde aucunement le facteur humain : il doit sauver une patiente, donc il doit cacher cette révélation. Que Max soit plaquée par la suite, la belle affaire, du moment qu’Hannah guérisse ! Un pragmatisme s'opposant à la morale défendue par Cameron qui ne souhaite pas une telle manipulation. Les dialogues féroces entre l’immunologue et le diagnosticien sont autant de percutantes flèches lancées, et le suspense de Cameron tentant d'échapper à la surveillance de House est maintenu tout le long. Ce duel est une nouvelle déclinaison de l‘éternel duel Vérité contre Bonheur avec ici une inversion puisque c’est House qui soutient le « bonheur » du couple (mais uniquement pour sauver sa patiente).

Max est courageuse et généreuse. Elle est prête à sacrifier sa vie pour Hannah. Devant incertitudes et doutes, elle manifeste une incroyable bravoure. Un personnage d’une sympathie et d’une compassion rares. Les sentiments, en climax permanent (amour fou de Max, colère de Cameron, mépris de Foreman…) donnent un caractère bouleversant, presque opératique, à l’ensemble. Bien qu’Hannah ait le mauvais rôle, elle n’est coupable que de frivolité, faiblesse tristement humaine. On n’est pas si loin de la douce amoureuse qu’est l'Emma Pillsbury de Glee. La surprenante révélation finale est à double tranchant : elle est dans la traditionnelle vision pessimiste du Couple, car Hannah est frivole et Max joue au chantage affectif. Leur relation est désespérément tordue et immorale (au sens des sentiments). Hannah est maintenant otage, prisonnière de sa dette envers Max qu’elle ne peut plus quitter sans culpabiliser. Malgré la lueur d'espérance finale, ça reste bien ironique. Jayma Mays, bien aidée par des maquilleuses efficaces est convaincante en malade souffrant le martyre, et la sobriété de Dahlia Salem sous-entend à merveille toute la passion de Max.

Un autre atout de la série est le conflit Foreman-Cameron, qui prend peu à peu conscience d'être dans un univers d’hypocrites et d’arrivistes. Refusant qu’une telle bassesse soit dans la nature humaine comme le lui dit House, sa naïveté est telle que le réveil n’en est que plus foudroyant. Le cas Martha Masters dans la saison 7 ira même encore plus loin. La force de l’épisode doit beaucoup à leurs affrontements avec un Foreman inhabituellement cynique et manipulateur. Omar Epps est génialement surprenant en opportuniste antipathique. Sa tirade finale à l'adresse de Cameron soutient la comparaison avec les plus grandes méchancetés de House ! Cameron, c’est aussi l’histoire d’une jeune femme qui n’a pas encore troqué son idéalisme béat d’enfant contre un réalisme brut et dur d‘adulte (alors que son veuvage précoce l’a rendue mature sur d’autres points). Elle s’en débarrassera bientôt, mais le prix qu'elle paiera sera cher… La scène où Cuddy lui conseille de se venger enfonce le clou. Cuddy rappelant que la vengeance est un sentiment agréable, qui n’a même pas besoin de motif pour se justifier. Un décidément triste constat sur la nature humaine. Jennifer Morrison réussit très bien son numéro d’idéaliste qui se fait posséder par moins fair-play qu’elle.


La série renoue pour notre plus grande joie avec les cas secondaires : House, à la demande d’une jeune chinoise, lui prescrit la pilule à l‘insu de sa mère présente - qui ne parle que le mandarin - Malheureusement, les choses ne se passeront pas comme prévu : la résolution est d’un burlesque rafraîchissant au milieu du drame intense qui se joue par ailleurs.

Dans la rubrique attention les yeux : gare à l'hideuse chemise à fleurs de Cameron, c'est assez traumatisant...

Infos supplémentaires

- Nouveau talent de House : il parle correctement le mandarin. Il dit à Mrs.Ling dans cette langue « Félicitations, vous allez être grand-mère ! ».

- House, en faisant un somme, utilise comme oreiller Gray’s anatomy ce qui est moins une référence à la série du même nom (à une lettre près) qu’au livre lui-même, classique de la littérature médicale en anatomie humaine, écrit en 1858 par Henry Gray. Il est toujours étudié aujourd'hui.

- Le sous-titrage français est erroné : il indique que sans sommeil, les neurones se régénèrent. Bien entendu, ils ne se régénèrent pas du tout dans ce cas !

Acteurs

Jayma Mays (1979) est surtout connue pour son rôle d’Emma Pillsbury dans la série musicale à succès Glee (61 épisodes), et celui de Debbie dans The Millers (34 épisodes). Son rôle dans Dr.House est un des tous premiers de sa carrière. Elle a joué aussi dans Joey, Six feet under, Studio 60 on the sunset strip, How I met your mother (2 épisodes), Ghost Whisperer, Ugly Betty (8 épisodes), Heroes (6 épisodes), etc. Dotée d’une belle voix et d’un talent naturel de comédienne, elle a obtenu son diplôme en théâtre avec une mention de félicitations unanimes. Elle perce de plus en plus dans le monde du cinéma avec davantage de rôles principaux.

Dahlia Salem (1971) décide de sa vocation d’actrice grâce à Jessica Lange. D’origine égyptienne, cette belle brune s’est lancée tôt dans sa vocation. New York 911, Les Experts, Les Experts : Miami, JAG, Urgences (7 épisodes), Esprits Criminels, Castle, Médium (épisode La femme aux deux visages), US Marshals, Private Practice, Touch, Body of proof... font partie des séries auxquelles elle a participé. Elle reste cependant connue grâce à son rôle de Claire Walsh dans 134 épisodes du soap opera Hôpital central. Elle a également ouvert un laboratoire de chocolat « Amélie » (en hommage à Amélie Poulain).

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19. HOUSE CONTRE DIEU
(HOUSE VS. GOD)


Scénario : Doris Egan
Réalisation : John F. Showalter

You talk to God, you're religious ; God talks to you, you're psychotic.

Boyd, un adolescent de 15 ans, a une foi si grande en Dieu qu’il est capable de faire des miracles de guérison. Lors d’un sermon où il guérit une vieille femme, lui-même est pris de violentes douleurs et s’écroule. House, athée pur et dur, méprise ouvertement son patient qui étonne son équipe par ses dons. Boyd interfère de plus dans le cas de Grace, une cancéreuse condamnée, patiente de Wilson, et prétend l’avoir « guérie ». Quelques heures plus tard, le cancer incurable de Grace se résorbe. House est effaré et tente de trouver et une explication rationnelle et la maladie de Boyd…


On se demande vraiment à quoi carburent les scénaristes qui enchaînent les chefs d’œuvre avec une régularité sidérante ! Les épisodes « religieux » ont souvent été des succès au sein des séries, que ce soit X-Files (L’Eglise des miracles, Révélations…), La Quatrième Dimension (Enfer ou Paradis ? L’homme qui hurle…) et tant d’autres. Dr.House ne fait pas exception avec cet épisode qui s’intéresse à la question de la foi, et celle, souvent risquée, des miracles. La confrontation House/Boyd et l’évocation de la religion permettent des scènes fortes et pleines de réflexion entre les travaillées scènes médicales, jusqu’à son étourdissante conclusion. L’épisode se hisse au niveau du bouleversant L’erreur est humaine (saison 1), il reste un des meilleurs épisodes de toute la série. Il est à noter que Supernatural reprendra le thème d'un "mécréant athée" face à un guérisseur religieux dans le bouleversant Magie noire, avec une réussite égale dans le traitement de la foi et des miracles.

House l’athée est face à Boyd le croyant, et cet affrontement d’acier donne une entraînante saveur pimentée. Leur duel idéologique et verbal est scénarisé avec une maîtrise totale, dont les temps forts sont soulignés par l’hilarant tableau de scores qui compte les points de chaque côté. Le match prendra fin de la meilleure façon possible avec en plus une possible ouverture. Boyd est un des patients auxquels les scénaristes ont attaché le plus de soin. L’ardeur de sa foi le rend ainsi très vivant. Dès l’intro où sa foi donne un enthousiasme communicatif sidérant à l’assemblée, on a une bonne idée du personnage. Mais c’est un garçon qui a de la cervelle car, tout guérisseur qu’il est, il sait que les médecins sont nécessaires et fait donc confiance à House. Il se distingue par-là de sœur Augustine (L’erreur est humaine) qui, animée par sa seule foi, se négligeait alors que lui-même fait attention. Il a la tête dans les cieux mais les pieds sur terre (Just because I believe in prayer doesn't mean I don't believe in germs and toxins). Il donne ainsi ironiquement le mauvais rôle à House, qui l'est non pas à cause de son athéisme mais de son mépris.

Lorsque House est lui-même confronté à plusieurs « miracles » de Boyd, il essaiera (et réussira !) à chaque fois de trouver une explication rationnelle. Une telle opposition permet d’excellents échanges et House contre Dieu n’en est pas avare. Ainsi House tente de destabiliser son patient avec des sarcasmes sur ses pouvoirs de guérison et surtout sur sa foi, principe indémontrable et irrationnel par nature. Boyd répond avec la solidité et la confiance qu’il a en Dieu. Ca crépite ! Le sommet est atteint quand Boyd, en pleine crise (hallucinatoire ou mystique ?), touche Grace, une cancéreuse incurable, en prétendant la guérir... et voilà le cancer résorbé !

Une nouvelle fois après Protection reprochée, on mesure combien les tendres qualités de Wilson le jettent dans des situations pas possibles : son affection pour Grace l'a conduit à coucher avec elle ! Côté jus de crâne concentré, il y a son intense joute verbale avec House d’une grande puissance rhétorique et théologique : Être croyant implique-t-il être soumis à une autorité ? Pourquoi croire à un concept qu’on ne peut prouver scientifiquement ? Les athées ont-ils peur de Dieu et cachent-ils leur peur par la négation de son existence ? Une chute sinistre clôt ce cas de manière éblouissante : Boyd, en dépit de sa croyance solidement ancrée, a « pêché ». Ce « pêché » explique que bien qu’étant presque un saint, Boyd reste homme avec les tentations qui vont avec. Et son père, oubliant que la confiance en Dieu ne le dispensait pas de ses devoirs de père, retrouve la vue à l'issue du cas. La jubilation de House d’avoir trouvé la faille chez Boyd est tempérée par Wilson qui lui rappelle qu’il est mal placé pour donner des leçons. Boyd finit par quitter House en bons termes (et réciproquement) dans une jolie scène pudique. De plus, son « don » n’a pas disparu : il ne provenait pas de sa maladie. Doris Egan ne prend pas parti, présentant simplement les débats avec son brio coutumier.

Mieux encore : la révélation sur le cancer de Grace peut autant s’expliquer comme un miracle que comme un enchaînement rationnel de circonstances hautement improbable (mais possible). Aussi, Dieu et House marquent un point chacun d’où l’évidence du score terminal. On touche au sublime avec le twist final : Boyd a bel et bien guéri Grace mais pas dans le sens physique : dans le sens spirituel. Avant, Grace était résignée et sans joie sur son cancer incurable. Son expérience avec Boyd a ravivé son feu intérieur : animée par une foi toute neuve, elle retrouve le goût de vivre : si son corps va mourir, son esprit, lui, mourra en pleine force ; elle triomphe de ses démons grâce à la foi. N’est-ce pas là une forme de guérison ? D’autant que si on lit attentivement les déclarations de Boyd, il ne lui a jamais promis une rémission corporelle, simplement une « guérison ». Tout était sous-jacent… L’adresse de Doris Egan dans l’écriture de son histoire est admirable. Une fin lumineuse.

On dit parfois que pour un acteur, le sentiment le plus difficile à interpréter est la foi religieuse. Si c’est le cas, on ne peut qu’applaudir vivement la performance de Thomas Dekker qui rend saisissant la foi intense de son personnage. Le choix de Tamara Braun, actrice de soap, pouvait faire ricaner à l’avance ; mais elle livre une composition douce et claire qui surprend agréablement. Royal Hugh Laurie qui se déchaîne sans compter dans son rôle d’athée condescendant mais plus troublé qu’il ne veut le faire paraître. Robert Sean Leonard confirme qu’il est un grand comédien en restituant les errements, les paniques, et les convictions de son personnage. Jesse Spencer a presque un rôle d’amuseur dans cet épisode, qui lui sied très bien. Jennifer Morrison et Omar Epps jouent sous tension. Un sans-faute !

Infos supplémentaires

- Stacy est Taureau.

- Wilson, pour entrer chez House, frappe quatre coups rapprochés. Signe de connivence ?

- Dekker cite l’évangile de Matthieu 13:44-47 : la parabole du trésor caché où le Christ explique à son auditoire que le royaume de Dieu est comme un trésor caché dans un champ. Lorsqu’il l’a trouvé, l’Homme, pour l’avoir, vend tous ses biens pour acheter le champ. Une manière de dire que les biens spirituels sont plus durables et plus forts que les biens terrestres.

- House fait référence à la chanteuse et actrice Lindsay Lohan (1986) dont la trajectoire professionnelle en dents de scie, son investissement dans la mode, et ses démêlés avec la justice (vol ou plus souvent état d’ivresse) ont fait les choux gras des magazines people. Il fait aussi référence à un de ses films où elle jouait : Lolita malgré moi (2004).

Acteurs

Thomas Dekker (1987) a eu le privilège de jouer le rôle principal de John Connor dans 30 épisodes de la série Terminator, les chroniques de Sarah Connor et celui d'Adam Conant dans The secret circle (22 épisodes). Il tourne son premier rôle à 6 ans. On l’a vu également dans Les feux de l’amour, une nounou d’enfer, Star Trek : Générations et Voyager (2 épisodes), Boston Public, Les Experts, Backstrom (8 épisodes), Sept à la maison, Heroes (12 épisodes), etc. Il poursuit une belle carrière au cinéma avec des films comme Kaboom, Freddy les griffes de la nuit (remake), Le village des Damnés (remake), Angels Crest, etc. Il est également compositeur, influencé par le classique, l'électro, et la folk.

Tamara Braun (1971) s’est surtout fait connaître en jouant dans plusieurs soaps : La force du destin (82 épisodes), Des jours et des vies (138 épisodes) et surtout Hôpital central (515 épisodes !!!). Elle est apparue dans 2 épisodes de Saving Grace et Buffy contre les vampires (La métamorphose de Buffy et Un charme déroutant), mais aussi dans Sept à la maison, Cold Case, Le Caméléon, Ghost Whisperer, FBI portés disparus, Les Experts, Castle, La diva du divan, Supernatural (épisode Les trois épreuves), etc.

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20. DE L'AUTRE CÔTÉ...
(EUPHORIA. PART 1)


Scénario : Matthew V. Lewis
Réalisation : Deran Sarafian

- I can't even imagine the backwards logic you used to rationalize shooting a corpse.
- Well if I'd shot a live person, there'd be a lot more paperwork.

Joe Luria, policier, procède à une arrestation quand il est saisi d’euphorie soudaine, n’arrêtant pas de rire bêtement. L’interpellé lui colle alors une balle dans le crâne et Luria s’écroule, toujours en riant. House envoie Foreman inspecter la maison du flic qui est une vraie porcherie. L’état du patient se dégrade mais cela n'attire que les rires et les ricanements de Foreman : il a lui aussi attrapé la maladie, et est confiné dans la chambre stérile où est installé le flic. Une course contre la mort s’engage…


Au milieu de cette cavalcade à en avoir le vertige d’épisodes tous aussi géniaux les uns que les autres, apparaît (tout aussi génial) le premier véritable double épisode de la série, souvent synonyme de réussite. Et en effet, l’épisode joue à fond la carte du suspense et construit une ambiance délétère psychologique qui monte dans un crescendo tendu. Matthew V. Lewis, à mon sens le meilleur auteur de la série avec Doris Egan, imprime d'emblée une écriture d'une intensité continue. Dans cette première partie, il faut un peu de temps pour que s’installe l’angoisse mais elle ne lâchera bientôt plus le téléspectateur.

L’intro en elle-même, presque en caméra subjective, est déjà assez flippante avec ce flic rigolard qui continue de se marrer même après avoir reçu une balle. L’épisode démarre tranquillement mais sous le signe de l’humour noir, avec les piques de House, et aussi celles de Foreman, bien en verve, bien en haine envers la police (lié à son passé de voleur ?) et dont la condescendance (scène de radiographie) fait penser à House. Ou encore la scène énorme de House flinguant un cadavre (défilé de blagues à la clé), ou Luria prétendant que son appartement est « clean » alors que même une soue de cochons est d’une impeccable propreté à côté. Ses vannes foireuses apportent un élément décalé drôlatique… mais Foreman attrape à son tour la maladie ; et par une subtile transition, l’humour s’efface devant l’avancée du drame. Il y'avait déjà des prémices quand Foreman trouvait comique une crise presque fatale de son patient, plus affolante que drôle.
Sinon, on peut remarquer une nouvelle preuve que House (et son interprète) a un certain succès auprès de la gent féminine : regardez le beau sourire de la femme du commissariat...

L’atmosphère se noircit, et on peut l'attribuer à la réalisation de Deran Sarafian (qui fera encore mieux en saison 7 avec The After Hours) et à la photographie de Roy H.Wagner qui jouent intelligemment de lumières plus pâles, lugubres, comme si une ombre maléfique s’étendait sur l’hôpital. La tension prend rapidement une jubilante dimension « crispatoire » quand l'hyperalgésie du flic devient presque insoutenable : il souffre et ni la morphine, ni - pire - le coma, ne peuvent l’empêcher de ressentir une douleur inhumaine. La terreur de Foreman à l’idée d’endurer mille morts à son tour est donc très horrifique. Plus que la peur de la mort, la peur de souffrir est très présente dans l’esprit humain, nous rappelle l'épisode. Le geste désespéré de Foreman sur Cameron, où il semble atteindre le point de non-retour, est frappante. Ses remords tardifs sont tournés en dérision mais cette fois par Chase. Monde cruel… Le cas se poursuit sans réelle avancée et l’effondrement physique des deux patients est vraiment effrayant. Entre euphorie et douleur, Scott Michael Campbell joue remarquablement.

La maladie de Foreman permet à House de faire tomber un masque : il veut rester lui-même mais ne peut s’empêcher de se trahir : il met son cynisme en veilleuse, arbore des expressions pensives et impatientes, et surtout, devant un Wilson toujours aussi observateur, se montre d’une prudence inédite : Foreman est davantage qu’un patient et House ne parvient pas, pour une fois, à être neutre. Le House qui emmerdait tout le temps Foreman, est obligé ici de montrer le lien qui l’unit à lui. A force de côtoyer une personne durant quelque temps, on nourrit un lien envers cette personne, même s’il n’est pas forcément positif (on en reparlera lors du final de la saison 4). House se moquait de l’investissement excessif de sa patronne dans Culpabilité mais se retrouve piégé à son tour.


Cameron n’y échappe pas non plus. Alors qu’elle a toutes les raisons du monde d’haïr ce jerk qu’est Foreman, elle s’investit au maximum pour essayer de le sauver, prétextant qu’elle « ne fait que son job ». Le jeu aussi tranchant que l’acier de Jennifer Morrison nous laisse dans une excitante indécision : est-elle aussi neutre qu’elle le prétend ? Ou un effet de sa nature angélique ? Sans doute les deux comme le remarque House. Malgré qu’elle ne soit pas croyante, Cameron se comporte comme telle, en essayant d’aimer son entourage, qui souvent le lui rend si mal. Elle est décidément le personnage le plus étranger de la série (et donc un des moins intéressants), mais, paradoxe, elle y apporte beaucoup de valeur. Elle est le plus proche de nous et son identification au spectateur est plus évidente que les autres personnages.

On note l’adresse de la fin : quelques scènes lentes et calmes pour donner un sentiment de détente, mais lorsque Cameron se rend compte que la théorie de House est fausse, la scène s’accélère brusquement (eh oui, les portables, c’est pas toujours fiable !) avec un dernier suspense cravaché : les plans filent à toute allure pour déboucher sur un tétanisant cliffhanger qui tombe comme un couperet… To be continued !


Infos supplémentaires

- Premier épisode sans diagnostic final. Cinquième échec de House : son patient meurt d'une maladie inconnue. C'est cependant un semi-échec car Foreman est encore en vie.

- La présence de Scott Michael Campbell n’est pas anodine. Il avait déjà tourné avec Hugh Laurie dans le film Le vol du phénix (2004). Pendant le tournage du film, Laurie passa son audition pour être dans le casting de Dr.House, et c’est Campbell qui lui donna la réplique lors de l’audition filmée (disponible d’ailleurs dans les bonus de la saison 1).

- Foreman n’aime pas les flics. Il a de bonnes connaissances en matière de balistique et en particulier sur les balles de révolver. Rodney, son père, est très croyant.

- House n’est pas fort en mathématiques. Même notre cher docteur a ses limites…

- House fait référence à West Side Story (1961), appelant le flic « officer Krupke ».

Erreurs :
- Lorsque Joe augmente sa dose de morphine, elle atteint le niveau « 16 », mais quand Foreman lui demande d’augmenter encore la dose, Cameron répond qu’il a dépassé 20.
- Quand Baby Shoes tire sur Luria, il tient le révolver dans ses deux mains. Au plan suivant, avec la balle partant au ralenti, il tient le révolver que dans une seule main.
- Lorsque Luria est victime d’un saignement de l'œil, ledit œil, à certains plans, n’a pas de trace de sang.

Acteurs

Scott Michael Campbell (1971) obtient à 20 ans son diplôme en art dramatique. Il a surtout fait sa carrière à la télévision, jouant dans un incroyable nombre de séries, notamment Urgences (7 épisodes), A la maison blanche, Les Experts, Les Experts : Miami, Grey’s anatomy, NCIS, NCIS : Nouvelle-Orléans (épisode Careful What You Wish For), Gilmore girls, Cold Case, 24 heures chrono, Boston Justice, Burn notice, Esprits criminels, The Shield, Private Practice, Southland, Bones, Supernatural (épisode Seuls sur la route), Dexter, Castle, Touch, Masters of sex, etc. On l’a vu cependant dans quelques films dont Mission Evasion, Die hard 5, et Le secret de Brokeback Mountain.

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21. ...AU SUIVANT
(EUPHORIA. PART 2)


Scénario : Russel Friend, Garrett Lerner, et David Shore
Réalisation : Deran Sarafian

- Joe's death elevates this situation to a bio-safety level three.
- Call Jack Bauer.

Luria est mort, et Cuddy, par crainte d’une épidémie, refuse envers et contre tous son autopsie. House, Chase, et Cameron repartent de zéro et tentent par tous les moyens de retarder la mort d’un Foreman brisé par la douleur et l‘angoisse. Rodney, le père de l’infortuné docteur, vient à la clinique tenter de réconforter son fils…

La deuxième partie de l’épisode est un pur joyau de suspense entraînant et angoissant. La crainte d’une fin horrible pour Foreman se fait fortement sentir. ...Au suivant s’impose comme un nouveau chef-d’œuvre total par son scénario implacable et lancinant.

Les confrontations House-Cuddy, laissées de côté depuis un certain temps, reprennent des couleurs. La position que doit prendre Cuddy permet en effet des disputes féroces : seule contre tous, elle assume courageusement sa difficile décision de ne pas entreprendre l’opération qui pourrait sauver Foreman, pour ne pas risquer une épidémie mortelle. Cuddy donne l’image d’une femme émue mais contrainte de faire passer la sécurité de tous avant la vie de son employé. Le jeu magistral de Lisa Edelstein entre femme de cœur que directrice impitoyable semble l'évidence même. Rodney Foreman ne peut que tristement approuver tandis que House bouillonne d’exaspération, ne voyant pas qu'il cède, lui, à l’émotion, contrairement à Cuddy qui parvient à rester neutre, soit une géniale inversion des rôles par rapport à Humpty Dumpty.
Rodney Foreman est un père aimant, réfléchi, et calme, judicieux contrepoint aux autres esprits à fleur de peau. Certes, il est dévoré d’angoisse mais ne veut pas que la douleur ou l’hystérie ne lui fasse perdre la tête. Un beau personnage sincère, et la scène de l’église fait comprendre que House a du respect pour cet homme, ce qui est rare venant de sa part ! La scène où Rodney (excellent Charles Dutton) étreint la main de son fils, tout en pudeur, avant sa plongée dans le coma est très émouvante, sans pathos graisseux. Le cas est toujours aussi passionnant et stressant. Quelques scènes brutales dérogent à la sobriété de la série pour électriser cet épisode plus écorché que la moyenne comme l'énorme cocktail de pilules, le fracas spectaculaire de la fiole, ou démence de Foreman faisant ployer Cuddy sous une rafale de violences verbales.

L'épisode ne laisse aucun réconfort au calvaire de Foreman ; il en est ainsi de l'endurcissement de Cameron refusant de pardonner à Foreman aux portes de la mort, ne lui laissant rien pour apaiser sa conscience. Cette scène surprenante et imprévue est une démonstration éloquente de la série à se tenir éloignée de toute émotion invraisemblable. Alors, le revirement de Cameron n’est pas contradictoire : sa peur et sa sympathie reprennent le dessus, elle le fait au dernier moment, sous la pression, sans réfléchir. La série joue très habilement de la psychologie de ses personnages. Le rebondissement scénaristique central voyant subitement Cameron seul maître à bord est une trouvaille royale. House, meilleur rempart pour Foreman, se voit paralysé, ce qui fait encore monter la sauce. Le jeu métallique de Jennifer Morrison se fond parfaitement dans le suspense de l'épisode, et Hugh Laurie fait sentir dans ses moindres détails tout le trouble de son personnage, avec un talent pantagruelique.

La course contre la montre finale fait penser à un 24 heures chrono hospitalier (référence non anodine à l'agent secret le plus tourmenté des séries télé), avec un taux de Sat O2 chutant inexorablement en guise de tick-tock infernal. La résolution finale, loin de baisser la pression comme à l‘habitude, la renforce encore, et nous sommes suspendus à la coda avec son mini-cliffhanger, dernier trait de génie. On remarquera l’ironie de la situation finale : alors que pendant tout l’épisode, on cherchait la maladie qui a tué Luria, la maladie est trouvée simultanément à la fin par trois moyens différents ! Omar Epps a un jeu d‘une intensité ravageuse hyperréaliste. Sa performance va en crescendo, de la moquerie et du cynisme jusqu‘à ses explosions de rage.

Au milieu des ténèbres, apparaît un cas secondaire vraiment pas piqué des hannetons ! Une mère s’inquiète que sa petite fille ait des troubles corporels bizarres. House trouve rapidement le diagnostic (à tomber par terre !) ce qui lui permet des petites saillies d’un comique enfantin irrésistible. On retient aussi le spectacle de House et Wilson espionnant « Steve McQueen » pour savoir si le rat va tomber malade, une scène d’un surréalisme que n'aurait pas renié Scrubs. Euphoria constitue au final un des sommets du suspense hospitalier.


Infos supplémentaires

- En consultation, House donne une sucette à une petite fille. C’est le monde à l’envers !

- Première apparition de Rodney Foreman, le père d’Eric. La mère de Foreman est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Nous la verrons dans l'épisode Mauvaises décisions (saison 3). Nous apprenons aussi que Foreman a un frère mais nous ignorons tout de lui pour le moment, si ce n’est qu’il s’est éloigné de sa famille. Nous le verrons dans l'épisode Passage à l'offensive (saison 6). Fait rare, Foreman appelle Cameron par son prénom lors de sa crise d’angoisse : Allison.

- House fait référence à la chanteuse Alanis Morissette et à sa chanson Ironic (1996) quand il se moque de Cuddy sur le fait que faire ses heures de consultation est comme s’il pleuvait le jour de son propre mariage.

- House fait référence à la série 24 heures chrono en disant que la situation d’urgence de l’hôpital exige l’intervention de Jack Bauer. Il cite aussi en consultation des petites phrases enfantines inspirées des films Les divins secrets, Le monde de Némo, et La marche de l’empereur pour ne pas prononcer le mot « masturbation ».

- La chanson de l’épisode est One Safe Place de Phil Galdston et Marc Cohn, et chanté par ce dernier.

Acteurs

Charles Stanley Dutton (1951) reviendra dans la série avec le même rôle dans l’épisode Mauvaises décisions (saison 3). Il commença bien mal avec une détention illégale d’armes et un mauvais comportement en prison, ce qui lui valut en tout sept ans et demi en geôle. Il découvrit le théâtre lors de son incarcération, et se reconvertit à sa libération en intégrant un groupe de théâtre. Depuis, il a réussi sa reconversion, en jouant au théâtre, dans plusieurs films (Alien 3, Compte à rebours mortel, Fame…) ou des séries comme Equalizer (épisode Embuscade), Deux flics à Miami, FBI portés disparus (2 épisodes chacun), Cagney et Lacey, Oz, Les Soprano, Esprits criminels, Les Experts : Manhattan, Earl, Esprits criminels, The Good Wife, Longmire (6 épisodes), Los Angeles police judiciaire, sans oublier The L Word (épisodes Locatrices, Lacis, Lancinante, et La croisière s’amuse), etc.

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22. A LA VIE, A LA MORT
(FOREVER)


Scénario : Liz Friedman
Réalisation : Daniel Sackheim

Seizures : cool to watch, boring to diagnose.

Brent Mason surprend sa femme Kara en train de convulser dans sa baignoire. Pire, elle a lâché Mikey, leur bébé, dans l’eau. Le bébé et sa mère sont dans un état critique. L’équipe de House se demande si Kara a eu un délire cérébral ou si elle a voulu tuer consciemment son enfant. Foreman, se remettant de son mal, est désormais d’une sérénité à toute épreuve ce qui irrite son boss qui ne le reconnaît plus. Chase, lui, a pris de la distance en changeant provisoirement de poste. Cuddy a invité Wilson à dîner. Wilson est certain que c’est un rencard, House, non. Qui a raison ?...


Au sein d’une saison 2 d’une richesse à en rester baba, cet épisode détonne brusquement. Trop sérieux, A la vie, à la mort enchaîne les péripéties médicales propres à la série en mode automatique, sans surprise. Malgré une fin bien noire, toute l’histoire reste statique, se résumant à une suite de diagnostics différentiels barbants. Heureusement, les histoires annexes (Foreman sympa, rendez-vous Cuddy-Wilson, motivations de Chase…) donnent un peu de fantaisie à cet épisode trop rigide.

L’introduction est un remarquable trompe-l’œil mais le reste ne suit pas. La série veut nous refaire le coup de la grosse émotion avec un bébé (et sa mère) gravement malade, souvent synonyme d’épisode médiocre dans la série - on en reparlera en saison 5. Ce chantage à l’émotion convoque tous les clichés des autres séries hospitalières (scènes tire-larmes, inquiétude lourde des parents...). Ce cas ne doit son salut qu’à la solide interprétation de comédiens très sobres. Liz Friedman passe d’un cas à l’autre avec un collage douteux, elle n’arrive pas à insuffler la tension nécessaire, du moins pas avant le revirement central. Peu à peu, les atours de l’épisode finissent par devenir de plus en plus sombres, se parant d’un suspense qui joue avec nos nerfs. La fin est malheureusement trop outrancière : la scénariste veut à tout prix plaquer sa fin terrible - c'est en effet un des échecs les plus cinglants de House - mais au mépris de toute psychologie. Kara est peut-être fragile, mais renoncer volontairement à sa planche de salut sous prétexte d'une culpabilité aussi massive que fictive alors qu'elle a toujours son mari, ne passe pas. En mère de famille paniquée par ses pulsions, Hillary Tuck fait du bon travail. Kip Pardue, le mari, est plus anecdotique.

Première apparition d’une relation certes mineure mais originale : le « Wuddy » (relation Wilson-Cuddy).

Cuddy a invité Wilson à dîner. Evénement assez ahurissant qui entraîne des scènes très cocasses dans le triangle House-Cuddy-Wilson : Que ce soit House qui s’introduit dans le bureau de Cuddy, la poubelle de Cuddy étalée sur le bureau de Wilson, le dîner totalement foireux, l’examen secret de la patronne jusqu’à l’abattement final de Wiwi ; on s'amuse. On n'oublie pas la case émotion avec la solitude et la souffrance de Cuddy, décidément très différente entre sa vie professionnelle et sa vie intime si vide. Ce dernier point n'est que suggéré, évitant ainsi un focus sentimentaliste hors sujet. Le comportement de House retient l’attention. Se moquant ouvertement de Wilson, il se démène pour démontrer que le but de Cuddy était davantage professionnel que romantique. Toujours via l'implicité, l'auteur nous fait voir qu'il s'agit moins d'une pique "amour vache" qu’une marque de jalousie. Et on voit ici les premiers symptômes de ce qui deviendra le « Huddy » : avec un House plus intéressé envers sa patronne qu’il ne veut le montrer. Ce genre d'histoire classique dans les séries hospitalières a comme différence un ton aussi pétillant qu'une opérette de Strauss, une absence de sérieux délicieuse. Le Wuddy refera son apparition dans la saison 5, avec le même triste résultat pour l’oncologue.

Le comportement fuyant de Chase nous intrigue mais on est plus attirés par sa sensibilité, qui finit par constituer un des axes de l’épisode. Son désarroi est particulièrement poignant lors de la mort du bébé, n’arrivant plus à travailler. Il faut que House le secoue de manière assez directe pour qu’il arrive à se reprendre. Sa prière avant l'autopsie est mêlée de confiance, de chagrin, et de colère. Une foi peut être ébranlée par un choc (comme Foreman lors de sa maladie) et Chase, déjà en conflit avec Dieu, ne sait comment apprivoiser une telle situation. Chase est un personnage plus intéressant qu’il n’y paraît et on ne peut qu’être énervé de le voir tout le temps à l’arrière-plan. Jesse Spencer - enfin ! - au premier plan, joue remarquablement la crise existentielle et de foi de son personnage, perdu au milieu d’un monde cynique et injuste, au bord de l’abandon.

La comédie de House essayant de casser la sérénité de Foreman est très drôle, mais on ressent un malaise quand il parvient à détruire son calme par un nihilisme ici vu comme triomphant, soit un basculement dans l'excès : l'éthique de House a toujours été plus désespérée que convaincue. La série, pessimiste dans son ton, a toujours défendu les résurrections psychologiques ; ici, elle viole une de ses règles, se complaisant dans du noir mal dosé - elle reproduira la même erreur en début de saison 5.

Infos supplémentaires

- Sixième échec de House. Le bébé meurt avant que la maladie a été découverte, et la mère, se sentant coupable, se laisse mourir.

- House est fan de la série The L Word (sans le son). Il prend son café noir.

- Nous apprenons que Rowan Chase a déshérité son fils Robert.

- Début du « Wuddy », la relation (amicale) entre Wilson et Cuddy.

- Cameron prépare de piètres cafés ; du moins, au goût de House…

- Référence à l’épisode Leçon d’espoir lorsque House demande à Chase s’il a choisi de travailler temporairement en néo-nat pour embrasser des petites filles de 9 ans.

- House fait une allusion au Magicien d’Oz (1939) en comparant Foreman au personnage de Scarecrow.

- La soundtrack de l’épisode est constituée d’Over Yonder d’Howard Hunt Jr, chantée par The American Boychoir, et la Salsa Habanero de Wayne Jones.

- Erreur de continuité : lorsque l’on voit le bébé à l’hôpital pour la première fois, il a un bas noué autour du pied gauche, puis la fois suivante, au droit, et au plan encore suivant, à gauche.

Acteurs

Hillary Tuck (1978) commence à tourner dès l’âge de 15 ans dans quelques publicités avant de s’ouvrir à la télévision et au cinéma. Elle est par ailleurs danseuse accomplie (jazz et moderne). Elle est très active au sein des associations de sourds et malentendants. Elle a joué dans les séries FBI portés disparus, Cold Case, The Closer L.A (épisode Rédemption), Bones, Ghost Whisperer, Grey’s anatomy, US Marshals, 90210 Beverly Hills nouvelle génération, Mentalist, NCIS, etc. Elle est cousine de Dennis Quaid.

Kip Pardue (1975) a commencé par le football américain et le baseball, puis par le mannequinat avant de se tourner vers le cinéma. Il a joué dans quelques films (Les lois de l‘attraction, Le plus beau des combats, Hostel 3, etc.) avec un certain succès. Il n’a pas suivi de carrière à la télévision. On citera entre autres Sept à la maison, Urgences (6 épisodes), Mad men (2 épisodes), et Ray Donovan (5 épisodes).

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23. DE PÈRE INCONNU
(WHO'S YOUR DADDY ?) 


Scénario : Lawrence Kaplow et John Mankiewicz, d'après une histoire de Charles M. Duncan et John Mankiewicz
Réalisation : Martha Mitchell

I'm a really good secret keeper, I never told anybody that Wilson wets his bed... Oh, you tricked me.

Dylan Crandall, une vieille connaissance de House, lui confie Leona, sa fille malade qu’il vient de retrouver 16 ans après sa naissance, et victime de l‘ouragan Katrina. House est persuadé que Leona n’est pas sa fille et qu’elle tente d’escroquer son « père ». Cuddy souhaite un don de sperme et demande conseil à House pour choisir le bon donneur…


Cet épisode nous laisse encore plus frustrés que le précédent. Le cas, trop présent, est d’une indigence rare. Heureusement, cet épisode plat est sauvé d’extrême justesse par des scènes « Huddy » piquantes et drôles. De père inconnu peut être considéré comme le plus correct des épisodes mauvais ou le plus mauvais des épisodes corrects.

L’épisode tente de s’intéresser à l’actualité avec le fameux ouragan Katrina qui dévasta la Nouvelle-Orléans en 2005. Mais alors qu’on aurait pu s’attendre à des critiques vitriolées sur tout ce qui concernait la catastrophe (gestion calamiteuse, misère, inégalités ethniques…), l’épisode reste en surface, sans jamais étudier la question. La superbe série Treme est à conseiller pour ceux que ça intéresse. Diagnostics différentiels secs, manque d’humour, tempo soporifique, rebondissements mous du genou, interprétation mécanique… l’épisode ne décolle jamais. Les états d’âme de Crandall sont téléphonés. Ses scènes où il veut se convaincre qu’il est bien le père ne tiennent que grâce à la performance du comédien. Le trio des docteurs est impuissant, même l'acidité de House semble s’être diluée au contact du lénifiant général de l’épisode. La recrudescence de la douleur de House aurait pu donner des scènes intéressantes mais se limite seulement à plus de déambulations dans l’hôpital. Inoffensif…

On distingue ça et là quelques perles dans la fange générale : House vannant son camarade naïf, se montrant faussement sadique avec Leona (Supernatural n'aurait pas renié la scène d'hallucination). L’interrogation Dylan est-il le père ? donne un suspense relatif qui se résout assez élégamment par un énième mensonge de House mais permettant une belle scène de réconciliation. C'est une des rares fois où notre docteur ne respecte pas son credo de vérité, laissant en paix Crandall. House se révèle comme quelqu'un de secrètement généreux. Il l'est à sa manière : en étant ironique, méprisant, froid. D.B.Sweeney est correcte, mais Aasha Davis qui ne fait que crier ou ne rien dire est vite crispante.

Le Huddy fait une belle avancée. D’abord, la tenue de Lisa Edelstein est diablement sexy, mettant bien en avant sa poitrine et ses longues jambes. Cuddy cherche un donneur de sperme et consulte House sur la personnalité des prétendants. Cette intrigue aurait pu être indigente, mais les scénaristes envoient balader toute lourdeur par un humour permanent. House se déchaîne contre Cuddy (la scène du prétendant 613 avec un Christopher Carley en benêt hors classe est un superbe peloton d'exécution), mais on sent qu'il est frustré d’être tenu à l’écart de sa vie privée. Fait rare, il gardera le secret de Cuddy, alors qu’il ne l’aurait fait pour personne d’autre (même pas Wilson) : preuve de son intérêt.

Les deux scènes d'injection sont appetissantes par leur soupçon d'érotisme et les attitudes d'House et Cuddy faisant penser à deux amants interdits s‘accordant une brève étreinte illicite. La scène finale est un modèle de litote amoureuse où Cuddy (plus belle que jamais), les yeux humides par l’émotion, refuse au dernier moment d'accorder à House la preuve de confiance qu'il lui demandait implicitement - House préfererait crever que d'avouer ce qu'il ressent, mais ne trompe personne - Plus que Laurie, mal servi par des dialogues moyens, c'est Lisa Edelstein qui est en vedette, elle trouve de savoureuses expressions à chaque séquence, et rend vivant les premières étincelles du Huddy.

La scène où Ingrid (America Olivo, déjà vue dans A bout de nerfs) fait le massage à House dans une position, euh… équivoque, est franchement hilarante, et compense un cas secondaire peu travaillé. On remarquera que le répondeur de House est très accueillant envers ceux qui veulent le contacter (Huhum), et que notre médecin favori s’adonne à la morphine, ce qui n’est pas sans rappeler le modèle Holmésien.

Infos supplémentaires

- Unique scénario de la carrière de Charles M. Duncan.

- Aasha Davis joue la possible fille de D.B.Sweeney bien qu'elle n'ait que trois ans de moins que lui.

- House n’aime pas Mozart (Wolfgang Amadeus). Personne n’est parfait…

- Wilson pisserait au lit d’après House. On se demande comment il est au courant…

- L’ami de House s’appelle Crandall comme la costumière de la série Cathy Crandall.

- House fait référence au show Bill Nye, the science guy (1993-1998), émission scientifique pour enfants qui fut très appréciée. Nye est reconnu pour ses talents de pédagogue.

- House fait remarquer à Cuddy que le patient 613 a un « numéro juif ». En effet, La Torah compte 613 mitzvoth ou « commandements » que doivent respecter les juifs pratiquants. Les mitzvoth comportent 365 prescriptions négatives (nombre de jours dans une année terrestre) et 248 prescriptions positives (nombre de parties du corps humain). Le choix de ce numéro s’explique par la valeur du mot « Torah » en hébreu, qui en notation guematria classique - l‘alphabet hébraïque donne aux lettres des valeurs numériques - vaut 611. Si on ajoute les deux premiers commandements du Décalogue que les juifs entendirent de Dieu lui-même, on obtient 613. D’ailleurs l’expression be Torah (« dans la Torah » ) vaut aussi 613.

- La chanson de l’épisode est Tipitina de et par Roy Bird.

Acteurs

Daniel Bernard Sweeney (1971) eut un accident de moto qui mit fin à ses rêves de joueur de baseball professionnel. Il se tourna vers le théâtre puis commença à apparaître au cinéma avec plusieurs films (dont deux sur le baseball), surtout au cours des années 90. Il a ensuite diversifié son activité en l’étendant à la télévision. Il a joué dans les séries Harsh Realm (9 épisodes), Au-delà du réel - l’aventure continue, Les Experts, Les Experts : Miami, Les Experts : Manhattan, Esprits Criminels (3 épisodes), 24 heures chrono, Major crimes (2 épisodes chacun), Hawaï 5-0, Castle, The Closer L.A (épisode Sous surveillance), Touch (4 épisodes), Mon oncle Charlie (10 épisodes), etc.

Aasha Devis (1974) a surtout fait sa carrière à la télévision. Son rôle le plus connu étant celui de Racey Jones dans The Unwritten rules (30 épisodes). Elle a joué dans les séries Boston Public, Gilmore girls, The Shield, Urgences, Grey’s anatomy (2 épisodes), Esprits criminels, Castle, etc.

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24. HOUSE À TERRE
(NO REASON)


Scénario : David Shore, d'après une histoire de Lawrence Kaplow et David Shore
Réalisation : David Shore

You pretend to buck the system, pretend to be a rebel, claim to hate rules. But all you do is substitute your own rules for society's. And it's a nice, simple rule: tell the blunt, honest truth in the starkest, darkest way. And what will be, will be. What will be, should be. And everyone else is a coward. But you're wrong. It's not cowardly to not call someone an idiot. People aren't tactful or polite just because it's nice. They do it because they've got an ounce of humility. 'Cause they know that they will make mistakes. They know that their actions have consequences. And they know that those consequences are their fault. Why do you want so bad not to be human, House ?

Alors que House et son équipe travaillent sur Vince, un patient à la langue enflée ; Jack Moriarty, un de ses anciens patients, entre, et tire deux balles de révolver sur House !! House se réveille deux jours plus tard aux côtés de son agresseur, touché par un vigile et transporté dans la même salle que lui. House s’aperçoit que sa jambe est guérie, mais que son cerveau a été atteint suite au traitement expérimental décidé par Cuddy. House veut résoudre le cas du patient à la langue enflée mais ce cas devient vite absurde, d’autant qu'il n’arrive à plus à distinguer le réel de l’imaginaire…

Quand Dr.House rencontre Inception

Un de mes épisodes préférés. La saison 2 se termine en feu d’artifice avec ce brillant scénario à tiroirs, multipliant fausses pistes, réalité, et illusions, plongeant le spectateur dans un effarant labyrinthe logico-sémantique. L’épisode revisite le principe du verrou temporel - on se croirait devant une version sombre et onirique d'Un jour sans fin - que House doit absolument briser pour sortir de cette situation ubuesque. Cet épisode co-écrit et réalisé par David Shore, le créateur de la série, est un pic absolu.

Tout comme le Lundi des X-Files, cet épisode de piège temporel est parsemé de scènes d’humour à croquer. Mais à la différence de Vince Gilligan et John Shiban, Shore se sert du comique pour renforcer l'impression d'enfermement insoluble et stressant. Le cas médical devient rapidement d’une absurdité démente. Les symptômes deviennent tellement abscons que House envisage les possibilités les plus débiles (le patient n’est pas humain, son corps n’en est pas un, aucun appareil ne marche…), symptomatique de la confusion générale. L’état du patient devient si catastrophique qu’il en devient comique - mention aux explosions de l'oeil et du testicule - On se prend à rêver de ce que Dana Scully aurait dit si elle avait dû autopsier le corps. Les discussions de l’équipe, larguée, donnent un savoureux comique de répétition, mais ce crescendo de bizarrerie loufoque imprime simultanément un crescendo de malaise et d'effroi alors que la frontière réel/imaginaire ne cesse de s'estomper et d'emprisonner House.

La première bascule dans l'imaginaire se produit sans qu'on s'en aperçoive. L'affrontement à fleurets mouchetés entre House et la belle Judy est une scène forte où l'âme du diagnosticien mise à nu n’offre aucune défense. Mais nous ne nous attendons pas non plus aux autres hallucinations qui se multiplient. Du coup, le labyrinthe infernal se referme aussi sur le téléspectateur, prisonnier de ce scénario en vase clos. Plus nous avançons, plus nous prenons conscience que House passe de plus en plus de temps dans l’imaginaire. Voir House et Moriarty manger tranquillement dans un restaurant en blouse de malade est d’un surréalisme tordant, car en réalité, ils ne sont pas là et seul House parle, Moriarty devenant son double, l’interrogeant sur le sens des réalités et de la vie avec des dialogues merveilleusement écrits. Leurs discours sur la nature du réel rappellent un autre classique du verrou temporel : Peine Capitale, épisode très ambigu de La Quatrième Dimension.

Moriarty (un nom très Holmésien) devient le Némésis de House, qui pointe ses contradictions : Pour fuir à tout prix son appartenance au genre humain, House ne respecte pas les règles iniques de la société. Mais en les remplaçant par ses propres règles, son "anti-système" devient en lui-même un système, version ironique du paradoxe de Russell. En mode hallucinatoire, le trio n’est qu’une émanation d’un autre double de House. Aussi, les diagnostics différentiels tournent toujours court, puisque il ne parle qu'avec lui-même (sous-texte : House n'est pas performant sans les autres, le comble pour un misanthrope), il faut donc qu'il accepte de perdre le contrôle, dans l'espoir de trouver la sortie de son cauchemar fractal, telle est la conclusion de Moriarty. Mais à la vue des multiples illusions qui frappent House, on voit que cette méthode, perversement, l'empêche de résoudre ce problème : dans les deux cas, il est perdant. Le piège de Moriarty semble indestructible.

La séance de psychologie avec Wilson est encore plus réussie : Si House n’est pas heureux d’avoir retrouvé sa jambe grâce au traitement de Cuddy, ce n'est pas parce que son cerveau qui est tout ce qui lui importe chez lui a été grillé au passage, c’est parce que son handicap était partie intégrante de sa personnalité : le martyr qui souffre mais n'en tire aucune leçon. Son amour de l’anti-conformisme jusqu’àu pathétisme est une excellente définition du personnage. Mais la séance vire à un interrogatoire terrible lors d'une séquence d’une intensité dramatique à couper le souffle, avec des angles de caméra bizarres comme une réalité qui commence à perdre pied. Piégé dans ses niveaux oniriques à rendre fou, House voit que son cerveau est grillé. Lorsque Moriarty lui fait comprendre avec justesse que, cerveau grillé, il n'a plus aucune raison de vivre, House comprend qu’on l’invite à accepter la mort. Mais le twist final des ultimes secondes est particulièrement stupéfiant, nous faisant voir TOUT l’épisode avec un autre œil ! D’autant qu’il vient juste après la scène de « révélation » qui restera comme la scène la plus gore de toute la série. Une brutale bascule.

Les fans du Hameron sont à la fête avec deux scènes très suggestives. Dans la première, House défie Cameron qu’elle ne pourra pas le toucher car cela impliquerait « un contact physique trop sexuel »… mais elle le touche et l’échange de regards entre les deux est très révélateur : Cameron est fascinée derrière sa dureté, House est entre sarcasme et désir. S'il n’a jamais aimé Cameron, il l’a désirée, certainement. La deuxième scène est plus explicite avec la machine à microcoupures relevant lentement le chemisier de la jeune femme… une charge sexuelle intense se dégage de cette scène, aussi lourde de sens qu’une étreinte charnelle... mais pas encore de baiser (rendez-vous en saison 3). On apprécie fort la savante ambiguité entre Hugh Laurie sur orbite durant tout l'épisode et une Jennifer Morrison au jeu expressif libéré de ses cabotinages précédents.

La réalisation de David Shore est très agitée : c'est sans doute l’enthousiasme du débutant. Mais la fièvre permanente de son jeu de caméra est brillante dans un épisode aussi puissant, réussissant quelques plans ingénieux (panoramique du bureau de Cuddy, zoom arrière et floutage de visage, cadrages audacieux). Bref, le créateur de la série montre qu’il est à l’aise derrière une caméra. Elias Koteas est le choix parfait pour jouer tant l'assassin menaçant que le double inconscient et tordu de House.

Cet épisode est un vrai miracle de scénario et de réalisation. La quintessence de la série est tout entière concentrée dans cet épisode, pourtant très particulier et sortant du carcan habituel de la série. A ne manquer sous aucun prétexte !


Infos supplémentaires

- Première réalisation de David Shore (sur un de ses scenarii), le créateur de la série. Il explique que « pour réaliser cet épisode assez barré, il fallait prendre quelqu’un qui n’y connaissait rien ! ». Shore réalisera un deuxième épisode : Tout le monde meurt (saison 8), qui est le final de la série.

- Premier épisode où on voit House marcher normalement.

- Deuxième épisode sans diagnostic final. Mais là, il s'agit d'une erreur des scénaristes : Vince, le patient à la langue enflée, est bel et bien réel, mais on ne saura jamais sa maladie, ni s'il en a réchappé.

- Gregory House est né en Ohio le 11 juin 1959 selon le bracelet médical qu’il porte. Il s’agit également de la date de naissance de Hugh Laurie. House a les narines qui bougent quand il dort. Il compare Vince à Harpo Marx, un des cinq frères Marx qui dans les films ne parlait jamais, se contentant d’un comique intégralement visuel.

- Des membres de l’équipe ainsi que Hugh lui-même étaient embarrassés lors de la scène où House utilise le robot pour ouvrir le chemisier de Cameron. La légendaire pudibonderie américaine...

- Hugh Laurie insista pour que la scène d’intro le montre en bonne santé, pour rendre un vrai contraste avec le reste de l’épisode. Elle fut difficile à tourner car le faux sang ne jaillissait pas au bon moment lors du coup de feu.

- La langue boursouflée est bien entendue une prothèse, et l’aiguille à biopser une aiguille rétractable. Shore devait jouer le chirurgien mais finit par refuser, arguant qu’il « passe mal à l’écran ». Cette scène fut tournée 8 fois !

- La femme décédée du patient s’appelle Judy dans le script. Il s’agit du prénom de la femme de David Shore. Sympa ! Le nom du tireur, Moriarty (le pire ennemi de Sherlock Holmes, modèle de House) est dans le script, mais jamais prononcé dans l’épisode car « C’était trop gros » prétend David. Pourtant, Wilson ne se généra pas pour mentionner une certaine Irène Adler - la seule femme qui tint en échec le célèbre détective - dans l’épisode Le divin enfant (saison 5). A noter qu’Elias Koteas fut le premier choix de David Shore pour jouer le personnage.

- Le plan partant du haut du restaurant mexicain pour aller jusqu’à House en train de parler est inspiré du premier plan du pilote (hors intro et générique) : Bryan Singer filmait les pieds de Wilson et House parlant pour remonter jusqu’à eux. Dans plusieurs plans de la scène du restaurant, on voit l’image de la « main de Dieu » extrait du tableau La création d’Adam de Michel-Ange, un ajout fait par Shore. Par ailleurs, 8 prises furent nécéssaires pour tourner le monologue de Moriarty avec House feignant de dormir.

- Robert Sean Leonard et Jesse Spencer faisaient semblant de marcher sur le tapis roulant : en marche, il était trop bruyant et couvrait le dialogue.

- Le dialogue House-Cuddy sur le seuil de la salle de consultation fut la première scène tournée de l’épisode. Ce simple dialogue convenait pour assurer les débuts de Shore derrière la caméra.

- La scène du testicule qui explose est une idée de Lawrence Kaplow.

- Les trois robinets des toilettes marchaient véritablement, ce qui est rare dans un décor crée de toutes pièces.

- Shore avait envisagé de supprimer la scène avec Cameron étendue sur la table d’opération, mais l’équipe lui en dissuada. La machine à microcoupures (ainsi que le garage) a été inventée de toutes pièces spécialement pour l’épisode.

Acteurs

Elias Koteas (1961) a étudié à l’American Academy of Dramatic Arts puis à l’Actors Studio de New York. Il décroche par la suite beaucoup de rôles cinématographiques (près de 70 films), devenant un des acteurs canadiens les plus populaires, dont la notoriété s’étend grâce à son interprétation d’un scientifique pervers dans Crash de David Cronenberg, dont il est un comédien récurrent dans ses films (tout comme ceux d’Atom Egoyan). Jouant aussi au théâtre (Broadway…), c’est surtout au cinéma qu’il est le plus connu : Les Tortues Ninja, Bienvenue à Gattaca, La Ligne rouge, Zodiac, Two lovers, L’Etrange histoire de Benjamin Button, The Killer inside me, Shutter Island, etc. Son investissement dans le grand écran fait qu’il ne s’est pas beaucoup intéressé à la télévision. Il a joué dans Les Soprano, Traffic, Les Experts : Manhattan, The Killing US (10 épisodes), etc. et a joué Alvin Olinsky dans Chicago P.D. (33 épisodes).  

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TOP 5 DE LA SAISON 2

1. House à terre : Labyrinthe onirique infernal mélangeant un cas médical exceptionnel, le thème du verrou temporel, les questionnements sur la réalité et sur nos désirs, les joutes rhétoriques, le monde de l’absurde, la frontière réalité-imaginaire, et du bon gore ! Une ambiance de cauchemar sans fin se dégage de cet épisode qui dose savamment humour et drame jusqu'à sa chute retentissante.

2. House contre Dieu : La série aborde la question des miracles et de la foi religieuse avec une intensité qui laisse pantois. Sans prosélytisme, la série nous offre un superbe duel spirituel entre le rationnel et l’inexplicable, grâce à des dialogues ciselés au millimètre.

3. Confusion des genres : Une attaque en règle contre le triomphe des apparences via le mannequinat. Le cas médical est un des plus passionnants de la série, l’humour, dévastateur, les situations, très insolites, et la chute spectaculaire est digne de La Quatrième Dimension !

4. De l'autre côté/Au suivant : Ce double épisode est un bijou de suspense féroce et d'humour noir. Cette haletante course-poursuite Hitchcockienne contre un ennemi inconnu est soutenue par la composition hallucinante d’Omar Epps.

5. Bonheur conjugal : Un choix douloureux pour cette cinquième place. Leçon d’espoir, Partie de Chasse, Désirs Illusoires, Douze ans après, ou Insomnies la méritaient tous. Mais Clueless se distingue par sa noirceur indélébile et tragique, et par Samantha Mathis, en état de grâce.


Accessits d’honneur : Désirs Illusoires, Douze ans après, Insomnies.

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Crédits photo: FOX.

Images capturées par Clément Diaz.