PrésentationSaison 2

Les Enquêtes de Murdoch

Saison 1


PRÉSENTATION DE LA SAISON 1

 

La première saison plante le décor et propose des enquêtes indépendantes, sans fil rouge. Les principes de la série sont posés : enquêtes scientifiques très modernes, thèmes actuels revisités au début du XXe siècle, reconstitutions complexes et scénarios dignes des meilleurs romans policiers. La saison possède un charme indéniable et bénéficie de l’essai non transformé des téléfilms. Ceux-ci ont pratiquement servis de pilote à la série et celle-ci démarre sur des bases très solides, des comédiens bien en place, des réalisateurs connaissant leur travail et des scénarios au cordeau. Ceux-ci sont tous originaux, les romans de Jennings n’ayant plus été adaptés.

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1. D’UN COURANT À L’AUTRE
(POWER)

Scénario : R.B. Carney

Réalisation : Farhad Mann

Résumé : L’inspecteur William Murdoch emmène le Docteur Julia Hogden en promenade lors d’une démonstration pour prouver que le courant alternatif est mortel. Mais, ce n’est pas le chien devant servir de cobaye qui est tué mais la jeune femme actionnant la manette. Murdoch fait alors la connaissance de Nikola Tesla, suspect du crime.

Critique

Ce premier épisode n’a pas spécialement les allures classiques d’un pilote. Les personnages ne bénéficient d’aucune scène d’exposition mais ce n’est pas vraiment un problème car nous sommes directement précipités au cœur de l’action. La série imprime déjà son rythme enlevé et rapide. Si elle abuse du style "caméra-épaule épileptique", défaut qui disparaîtra par la suite, elle impose ses caractéristiques. Tout d'abord nous voyons les reconstitutions de Toronto même si elles sont assez laides par moments. Il y a ensuite la morgue du docteur Hogden : véritable musée des horreurs en devenir où la jeune femme semble beaucoup s'amuser. Puis c'est la rencontre avec un personnage historique : Nikola Tesla. Enfin, les rapports entre les personnages sont bien marqués, même si l’idylle entre Murdoch et Hogden est encore à peine esquissée. Ajoutons que la réalisation est efficace, punchy, rythmée et nous avons là l'archétype d'un épisode de Murdoch. 

L’interprétation ne souffre d’aucune faiblesse et nous fait vivre une intrigue plus complexe qu’il n’y paraît de premier abord. Là aussi, la série pose sa marque, elle utilisera souvent ce concept de l’arbre cachant la forêt, parfois jusqu'à l'excès. Il faut rarement prendre pour argent comptant les premiers éléments des enquêtes de Murdoch, car elles réservent souvent nombre de coups de théâtre et retournements de situation.

Un épisode intelligent, bien conçu et efficace.

Anecdotes

  • Première apparition de Nikola Tesla.

  • Première apparition d’Edna Garrison

  • Murdoch aide Tesla à mettre au point une machine utilisant les ondes radios.

  • Le personnage de Julia Hogden n’est pas encore tout à fait au point : elle s’habille comme un sac, semble hésitante et, de fait, apparaît très peu.

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2. LA MALLE ENSANGLANTÉE
(THE GLASS CEILING)

Scénario : Jean Greig & Cal Coons

Réalisation : Shawn Thompson

Résumé : L’inspecteur Brackenreid reçoit une malle qui lui est directement adressé au poste 4. A l’intérieur, se trouve le corps nu d’un avocat et une lettre de menace à l’encontre de Brackenreid. Pendant ce temps, Murdoch postule pour devenir inspecteur chef….

Critique

Le premier épisode centré sur Brackenreid est une belle réussite. Il fallait du culot pour oser, dès le deuxième épisode, se centrer non pas sur le héros de la série mais sur un personnage secondaire (nous n’avons pas écrit d’arrière-plan). L’inspecteur doit faire face à ce qui ressemble à une vengeance machiavélique à son égard. Comme souvent, la vérité sera plus complexe, mais cela nous permet de mieux découvrir Brackenreid. L’amour et l’attention qu’il porte à sa famille, ses penchants pour la violence lors d’interrogatoires de suspects, sa loyauté à Murdoch, qu’il n’affiche pourtant pas devant lui, ainsi qu’un bon sens de la déduction : il résout en partie l’enquête seul.

Peu d’humour ici, le ton ne s’y prête pas. Nous sommes dans une affaire sordide, noire et offre même des images un peu crues : le cadavre dans la malle, l’interrogatoire musclé, ce qui reste une exception à cette époque de la série.

La réalisation est très bonne utilisant beaucoup de gros plans, mieux maitrisés que dans le pilote, sans une « caméra-épaule épileptique » cette fois, inventive dans son montage et dans ses reconstitutions.

L’épisode utilise pour la première fois le principe de la double intrigue et y aura recourt à plusieurs reprises dans la série. Ce principe est la plaie des séries télé. Elle consiste à ne pas raconter une seule histoire mais deux, voire davantage et elles sont de trois types. La première : l’intrigue principale est trop courte, insuffisante pour tenir tout l’épisode et on a rajouté une seconde histoire, pour combler le vide. Ce sont pratiquement toujours des épisodes ratés, bancals, où aucune des deux histoires n’est intéressante. Deuxième espèce de double intrigue : deux histoires apparemment séparées se rejoignent à la fin pour n’en former qu’une seule. Exercice scénaristique périlleux, qui crée des chefs d’œuvre lorsqu’ils sont réussis et des désastres lorsqu’ils sont ratés. Troisième type : l’histoire secondaire, brève, en arrière-plan, à peine esquissée, et qui ne pèse pas lourd. Elle permet des développements de personnages, d’ajouter de l’humour et sont généralement les bienvenues. Ici, nous en avons une, avec les déboires de Murdoch pour devenir inspecteur chef. Apparemment, ce ne sera pas pour demain…

Anecdotes

  • Première apparition de Madame Brackenreid et de ses enfants.

  • Première apparition du Surintendant Stockton.

  • Nous apprenons que Murdoch a été fiancé et que la jeune femme, Lisa, est décédée un an plus tôt.

  • Murdoch roule sur un prototype de moto.

  • Julia Hogden gagne une garde-robe convenable ici et nous découvrons qu’elle apprécie d’écouter de la musique classique à la morgue. 

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3. UN K.O. SI PARFAIT
(THE KNOCK DOWN)

Scénario : Alexandra Zarowny

Réalisation : Shawn Thompson

Résumé : Tandis que l’on célèbre le Jubilé de la Reine Victoria à coups de feu d’artifices dans les rues de Toronto, Amos Robinson, boxeur ayant refusé au cours d’un match décisif, est abattu mort par balle dans sa chambre d’hôtel. Immédiatement les soupçons se tournent vers son épouse, retrouvée avec l’arme du crime en main.

Critique

Premier épisode traitant de l’erreur judiciaire et, en filigrane, du racisme, mais la sauce ne prend pas. Ce n’est pas spécialement mauvais, c’est juste long, pas très intéressant et on se perd dans des méandres de fausses pistes et de digressions. L’enquête est trop lente et ne progresse pas. Seule l’intuition de Murdoch le pousse à s’obstiner dans la bonne direction. L’idée de départ est bonne mais l’ensemble sera bien mieux traité par la suite dans la série. Celle-ci se montre encore trop timide dans le traitement du racisme dans ses scénarios.

De ce fait, ce sont principalement les séquences comiques qui surnagent et nous tirent de notre léthargie. Crabtree obligé de se vêtir d’une robe et de tirer à bout portant sur un cochon mort pour prouver les dires de Murdoch est irrésistible. La chasse à la tache de sang à l’aide d’un furet dans les couloirs de l’hôtel est également très drôle (« Attention monsieur ! Un furet, ça mord ! »).

Quelques jolies séquences supplémentaires font que l’épisode n’est pas totalement un échec : le Docteur Hogden admirant le corps d’athlète d’Amos et sa discussion avec Murdoch à propos des goûts féminins en matière d’homme, l’humanité de Brackenreid pour remonter le moral de Murdoch (à l’aide de ses chaussettes !), la compassion de Murdoch envers la suspecte et la méprise qui s’en suit et la manipulation psychologique de Murdoch envers le meurtrier.

 

Quelques bonnes choses, mais ce n’est clairement pas le meilleur épisode de la saison.

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4. ÉLÉMENTAIRE, MON CHER MURDOCH
(ELEMENTARY, MY DEAR MURDOCH)

Scénario : Jason Sherman

Réalisation : Don McBreaty

Résumé : Murdoch rencontre Arthur Conan Doyle et l’accompagne à une séance de spiritisme. Durant la séance, le médium indique à l’inspecteur qu’une femme vient d’être assassinée. Murdoch et Doyle se rendent sur les lieux désignés du crime et y découvrent le cadavre fraichement enterré d’une jeune femme.

Critique

Intrigant, amusant, mystérieux, l’épisode qui voit la première apparition d’Arthur Conan Doyle est un des meilleurs de la saison. Enlevé, plus sombre que d’ordinaire, il vaut à la fois pour l’intrigue, originale et fort bien troussée, que pour le duo formé par Murdoch et Doyle, basé sur une admiration réciproque et une curiosité aigüe. Murdoch, comme fréquemment lorsqu’il rencontre ses héros, il est un peu déçu par l’homme. Son ingérence dans son enquête agace l’inspecteur mais la sincérité et la bonhommie de Doyle l’empêche de réellement lui en vouloir.

Le scénario met habilement en scène le monde du spiritisme et joue subtilement sur le vrai et le faux, se gardant bien de trancher la question. La série utilisera plusieurs fois cette ambigüité, jouant la carte du paranormal par petites touches et le monde des esprits s’y prête parfaitement. Nous ne sommes pas dans X-files, car il s’agit ici d’un prétexte pour développer la psychologie et les sentiments humains des personnages.

Beaucoup de scènes magnifiques : la reconstitution du meurtre auquel se livre le duo est une merveille de mise en scène, de montage et de trucage, les échanges entre Hogden et Doyle sur la science sont savoureux, ceeux entre Murdoch et Doyle sur la foi et le monde des esprits posent de vraies questions, tandis que l’admiration servile de Brackenreid pour l’auteur de Sherlock Holmes est hilarante. Signalons encore la scène de flashback relatant les instants de bonheur entre Murdoch et sa fiancée décédée ainsi que la scène spirite qui s’en suit et la discussion avec Hogden à ce sujet.

Beaucoup de rebondissements, de coups de théâtre, tout cela nous menant vers des directions inattendues, pour une conclusion parfaitement amenée et originale.

Du tout bon, rondement mené, intelligent, fin et raffiné.

Anecdotes

  • Première apparition d’Arthur Conan Doyle. Personnage amusant, enthousiaste, charmeur, reviendra à plusieurs reprises dans la série, dont une fois dans cette même saison (« La marionnette diabolique »). Précisions qu’à l’époque où se situe le scénario, Doyle n’était pas encore spirite.

  • Première apparition du médium Sarah Pensall

  • Evocation du système de comparaison des balles de revolver mis au point par Alexandre Laccassagne

  • Murdoch a mis au point une lampe électrique portable qui lui permet d’éclairer partiellement une scène de crime la nuit ainsi qu’un détecteur de métaux pour détecter les balles dans un cadavre (inspiré d’une invention de Graham Bell)

  • Brackendreid propose à Doyle une histoire basée sur un chien diabolique, en Ecosse…

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5. MARIAGE DE COMPLAISANCE
(TILL DEATH DO US PART)

Scénario : Janet MacLean

Réalisation : Donc McBrearty

Résumé : Un homme est retrouvé mort dans une église quelques instants avant son mariage. Les premiers examens montrent que la victime avait eu, peu avant, des relations sexuelles avec un homme. Murdoch commence à enquêter parmi la communauté homosexuelle de Montréal.

Critique

Il est très fréquent que le titre original soit bien plus intéressant que le titre français dans cette série (dans les dernières saisons, c’est même toujours le cas) mais ici, pourtant, force est de constater que la VF est bien meilleure. Le film est intelligemment écrit et ménage lui aussi son lot de rebondissements et de fausses pistes. C’est le premier épisode à aborder le thème de l’homosexualité.

Le scénario se concentre autour d’une communauté homosexuelle secrète de Toronto. Rappelons qu’à l’époque, au Canda, l’homosexualité est considérée comme un acte indécent, passible de poursuites et de condamnation criminelle. Les considérations des différents personnages reflètent bien cette époque, le dégoût provoqué à l’idée que des hommes puissent se livrer à de telles pratiques étant particulièrement fort chez Murdoch. Sujet de plaisanterie pour Brackendreid, c’est Julia Hogden qui amène un peu tolérance et de réflexion dans ce monde de brutes. Murdoch, d’abord révulsé, finira par faite preuve de compassion.

L’affaire en elle-même est complexe, faite de différentes strates, et le cheminement jusqu’à la vérité nécessitera beaucoup de patience et d’investigation à Murdoch ainsi qu’un certain sens de l’introspection. Forcé d’infiltrer le groupe d’homosexuels amis de la victime, il se fait déguiser en « folle » par les hommes du poste de police, hilares et rejoint, mal à l’aise, un club de sport servant de lieu de rencontre. La scène, d’abord très drôle, nous éloigne peu à peu de la caricature et met finalement Murdoch face à ses propres convictions, préjugés et conceptions de la vie. De retour au poste, le voir lâchement s’éloigner lorsque Brackenreid décide de « faire parler » son suspect avec ses poings apporte une fragilité supplémentaire au personnage.

La solution est peut-être un peu trop évidente et manque de panache, mais l’enjeu n’est pas là : c’est le cheminement personnel de Murdoch qui nous intéresse. Sans renier ce qu’il est, il fait preuve d’adaptation et se révèle lui aussi capable de beaucoup d’humanité et de davantage de tolérance qu’il ne s’en serait cru capable.

Anecdotes

  • Lorsqu’il tente d’infiltrer la communauté homosexuelle, Murdoch se présente sous le nom de George Crabtree.

  • Higgins a un cousin homosexuel. 

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6. LÂCHEZ LES CHIENS
(LET LOOSE THE DOGS)

Scénario : Jean Creig & Cal Coons

Réalisation : Don McBrearty

Résumé : Un ivrogne et éleveurs de chiens de combats, est assassiné après un match où il a été violemment pris à partie et accusé de tricherie par un ivrogne. Celui-ci est retrouvé près du corps, complètement ivre. L’enquête ne serait pas un problème si l’homme n’était Harry Murdoch, le père de William…

Critique

Un très bel épisode, important pour l’histoire de Murdoch, avec l’entrée en scène de son géniteur. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas été gâté. Les deux hommes ont un lourd passif, Murdoch accusant littéralement son père d’avoir assassiné sa mère alors qu’il n’était qu’un enfant. Ainsi, l’enquêteur brillant qu’il est s’obstine à vouloir son père coupable d’un  nouveau meurtre. Murdoch révèle des défauts bien humains, en refusant d’écouter un homme qu’il hait et qu’il veut voir condamner, quitte à commettre une erreur judiciaire.

Harry Murdoch, figure pathétique de tragédie, n’est qu’un clochard sans un sou, lâche, voleur, menteur, mais qui refuse que son fils puisse le croire de pareilles horreurs. Cela ne sera pas sans mal que l’inspecteur orientera finalement son enquête dans la bonne direction, en écoutant sa raison et non son cœur. Ce sombre passé de Murdoch restera ainsi quelque peu en suspens, appelé à de futurs développements.

L’intérêt de l’épisode ne se limite cependant pas au seul développement de la psyché de Murdoch. Le crime en lui-même révèle bien des surprises et une solution triste, pas très agréable à regarder, mais remarquablement écrite. On ressent une vive émotion à l’énoncé des faits tels qu’ils se sont déroulés. S’il est possible, une fois de plus dans un Murdoch, de se faire une assez juste opinion de la situation avant qu’elle ne soit comprise par l’inspecteur, peu importe ici, car c’est fait avec subtilité. Et l’on n’a pas envie de croire à cette hypothèse qui plus est, car notre sympathie va irrémédiablement au coupable.

Un grand épisode.

Anecdotes

  • Première apparition d’Harry Murdoch

  • Murdoch prétend que son père a assassiné sa mère. Cette histoire trouvera sa conclusion dans le dernier épisode de la saison 2 : « Murdoch père et fils »

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7. LA DIVINE COMÉDIE
(BODY DOUBLE)

Scénario : R. B. Carney

Réalisation : Shawn Thompson

Résumé : Brackenreid se rend au théâtre pour admirer sa comédienne favorite dans le rôle de Lady Macbeth. En plein milieu de la représentation, le plafond s’effondre et un cadavre tombe sur la scène devant les spectateurs…

Critique

Un épisode particulièrement amusant et savoureux, tournant autour de Brackenreid. Nous pénétrons pour la première fois dans l’univers du théâtre, très cher aux yeux de l’inspecteur chef. Amoureux de Shakespeare, il nous apprend d’ailleurs qu’il a failli faire carrière sur les planches, mais que son mariage a contrarié sa vocation. Subjugué par les comédiens, et surtout les comédiennes, il aura bien des déconvenues à errer dans les décors.

Après une spectaculaire introduction, l’enquête progresse au fil d’interrogatoires extrêmement drôles et cocasses. Les acteurs incarnant les comédiens en font trois tonnes, pour notre plus grand plaisir, surjouent beaucoup, et nous offrent de très belles compositions. Se croyant en permanence sur scène, les histoires qu’ils débitent sont autant de merveilleux spectacles.

 

Rapidement, l’enquête s’oriente dans une direction : le crime commun. N’ayant pas de temps de retard sur nous, les investigations de Murdoch sont d’autant plus passionnantes. Persuadés que tous ses suspects lui mentent et ont créé de toute pièce une histoire à leur servir, il va enquêter sur leur passé et sur le théâtre lui-même. La reconstitutions mentale au cours de laquelle Murdoch évolue au milieu de l’ensemble des protagonistes pour déterminer comment s’est déroulé le crime est une des plus belles de toute la série, parfaitement orchestrée, huilée et mis en scène. Un vrai ballet pour le coup. Ajoutons à cela de multiples coups de théâtre (évidemment), un final digne de meilleures tragédies et un humour intense et mordant, voilà bien l’un des tous meilleurs épisodes de la saison.

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8. EAUX MORTELLES
(STILL WATERS)

Scénario : Derek Schreyer

Réalisation : Don McBrearty

Résumé : Un jeune homme de bonne famille est retrouvé noyé dans la rivière, portant une tenue de barreur d’aviron. Il apparaît rapidement qu’il a d’abord été battu et Murdoch s’intéresse alors à ses camarades sportifs.

Critique

Un épisode en deçà, dont l’intrigue est intéressante mais guère originale. Il s’agit de toute évidence d’une transposition policière du Prince et la pauvre, traité du côté du pauvre. La machination à l’œuvre pour détourner notre attention du vrai coupable ne fonctionne pas et nous ne sommes pas dupes une seconde. Tout est fait pour nous dissuader de nous intéresser aux bonnes personnes et nous avons constamment un temps d’avance sur Murdoch lors de ses découvertes, ce qui nous fait perdre l’intérêt de l’enquête.

Alors, il faut saluer les « à côtés » agréables : Murdoch invente une machine à détecter les mensonges qu’il décide de tester et se retourne contre lui lorsqu’il est confronté au Docteur Hogden. C’est la première fois que leurs sentiments respectifs s’animent et c’est avec beaucoup de plaisir et d’amusements que nous découvrons leurs errances amoureuses. Cela deviendra redondant au fil des saisons, mais pour l’instant c’est délectable. Empotés, maladroits, ce sont deux inadaptés sociaux électriquement attirés l’un par l’autre. Hogden n’a aucune vie sociale en dehors de sa morgue et l’un des seuls êtres vivants qu’elle côtoie s’avère être Murdoch. De son côté, ce dernier n’est pas plus doué pour gérer ses émotions, en particulier face à elle. Voir Murdoch se jeter fougueusement sur elle pour l’embrasser et être ensuite tiré de sa rêverie par Julia est un choc magnifique, comme la série en aura d’autres par la suite. Le retour à la réalité est brutal pour l’inspecteur. Non, il n’embrassera pas Julia aujourd’hui… Mais patience, patience…

L’épisode n’est donc pas totalement raté, mais nous passons à côté du sujet principal. Des deux intrigues, c’est la secondaire qui est réussie, car elle explore les personnalités des héros. Mais elle n’occupe pas assez d’importance dans le film pour rendre ce dernier mémorable.

Anecdotes

  • Première apparition de Minerva Fairchild

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9. LA MARIONNETTE DIABOLIQUE
(BELLY SPEAKER)

Scénario : Larry Lalonde & Philip Bedard

Réalisation : Farhad Mann

Résumé : Arthur Conan Doyle est de retour à Toronto. Il s’intéresse à une ancienne affaire de meurtre concernant un Chinois et assiste également Murdoch sur une autre enquête. Celui-ci s’intéresse de près au meurtre de Rod Grimsby. Tout accuse le fils de la victime, un ventriloque. Celui-ci a-t-il pu commettre le crime sous l’influence de sa poupée maléfique, Mycroft ?

Critique

Voici, sans aucun doute possible, le meilleur épisode de la saison. Ingénieux, mystérieux, sombre, cette histoire de marionnette diabolique est une merveille. Exploitant une idée éculée, l’épisode parvient à nous tenir en haleine d’un bout à l’autre, jusqu’au magnifique rebondissement final, laissant un arrière-goût amer dans la bouche.

Le film est divisé en deux intrigues qui fonctionnent parfaitement toutes les deux : l’affaire du ventriloque et l’enquête de Doyle. La première repose sur la possibilité d’être en face d’un fou d’un simulateur. Grimsby est étrange et dérangeant mais sa marionnette l’est bien davantage. Usée, fatiguée, sa personnalité odieuse apporte beaucoup d’ambiance dans l’épisode. Démêler les mensonges de Mycroft et les élucubrations de son maître (mais qui est « réellement » le maître ?) n’est pas une mince affaire, mettant à rude épreuves les nerfs des agents du poste 4, en particulier ceux de Crabtree. Le scénario est brillant, puissamment mis en scène et interprété et il n’y a aucune fausse note à ce sujet.

La seconde intrigue est en réalité une affaire personnelle inhérente au personnage de Doyle, très triste, trouvant un écho chez Murdoch et dans l’affaire Grimsby. Que Doyle soit revenu si tôt dans la saison est la preuve des possibilités offertes par ce personnage. Ses relations avec Murdoch s’étoffent, les deux hommes se rapprochant par la tragédie qui les frappe tous les deux : la maladie d’un être cher. C’est une des forces de la série : insérer au milieu d’enquêtes policières et scientifiques de belles touches d’émotion et de sensibilité, sans tomber dans la mièvrerie. 

Nous l’avons évoqué : le final est de toute beauté. Phénomène rare dans la série, l’enquête se solde par un échec qui, curieusement, ne sera plus jamais évoqué dans la série. Il y avait pourtant de la matière à faire une suite. Mais qu’importe, cette fin n’en a que plus d’importance. Grinçante, dérangeante, la dernière scène est parfaite. Quant à la « vision » dont est témoin Murdoch, elle est la première d’une série apportant une légère touche de surnaturelle au sein d’une série chantre du rationnel. Petite et excellente particularité.

Anecdotes

  • Deuxième apparition d’Arthur Conan Doyle.

  • Mycroft, nom de la marionnette, est avant tout le nom du frère de Sherlock Holmes, créé par Doyle. 

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10. LES NOUVEAUX ESCLAVES
(CHILD’S PLAY)

Scénario : Alexandra Zarowny

Réalisation : Shawn Thompson

Résumé : Un homme important, impliqué dans le placement d’orphelins dans des familles d’accueil est retrouvé mort, juste derrière chez lui, frappé à la tête. Rapidement, les premiers indices matériels indiquent à Murdoch qu’il doit se lancer sur la piste d’un enfant...

Critique

Intelligente réflexion menée autour du travail des enfants qui va bien au-delà de la simple évocation historique, nous renvoyant une fois encore à notre monde contemporain et aux supplices que subissent encore des millions d’enfants sur notre planète à l’heure actuelle. L’histoire qui nous est racontée est donc tragique, horrible à bien des aspects, mais sombre un peu, par moments dans un misérabilisme qu’on croirait sorti de l’esprit de Dickens, et cela amoindrit la portée du film. Les enfants ne jouent pas forcément très bien qui plus est, et c’est une pénalité supplémentaire.

Pourtant, l’épisode est globalement réussi, car les autres personnages sont forts et puissants. Brackenreid, tout de rudesse, dévoile une sensibilité étonnante à la fin de l’épisode, le poussant à agir pour ces enfants défavorisés. Révolté à l’idée de ce que la petite Rockwood a subi de multiples violences et des attouchements de la part de son beau-père, l’inspecteur chef se décide à agir, pour le meilleur bien.

La réalisation quant à elle évoque les horreurs subies mais reste pudique quant à leur vision, plaçant le spectateur comme témoin et non comme voyeur. Plus qu’un moyen d’éviter la censure, il faut y voir un choix délibéré de la série de ne pas verser dans l’exhibition de bas étage, un atout évident pour une série de la qualité de Murdoch.

Un épisode intéressant, pas complètement réussi, mais à la thématique forte et doté d’un subtil traitement.

Anecdotes

  • « Murdoch : A voir ce genre de réaction, je pourrai à mon tour me comporter comme un Brackenreid.

  • Brackenreid : Il y a toujours de l’espoir, Murdoch. Il y a toujours de l’espoir ».

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11. MEURTRES À L'INSTITUT
(BAD MEDICINE)

Scénario : Derek Schreyer

Réalisation : John L’Ecuyer

Résumé : Dans un institut psychiatrique, un homme est abattu par un personnage encapuchonné de trois carreaux d’arbalète. Alors que Murdoch s’intéresse aux pensionnaires de l’établissement, Miss Pensall, médium, vient avertir Murdoch de son prochain assassinat d’un carreau d’arbalète.

Critique

Murdoch chez les fous ! Tel pourrait être le titre de cet épisode ingénieux, amusant et terriblement désuet.

Après une introduction percutante, ou perforante c’est selon, l’épisode prend place dans un institut médical destiné à soigner des patients atteints de troubles psychiques particuliers, peuplé d’êtres étranges et hauts en couleur. Chaque « malade » présente une pathologie particulièrement exacerbée, attisant une atmosphère faite d’étrange et de mystère. Entre le bricoleur voyant en 3D, la violoniste atone, l’autiste expert en dates et calculs et le paralytique seulement capable de bouger un doigt… On se demanderait presque ce que vient faire un fantôme la dedans.

Mais c’est bien cet inquiétant personnage qui emporte le lot, et de loin. Véritable plongée dans le paranormal, renforcée par les scènes médiumniques, nous commençons à nous inquiéter pour Murdoch, dont Miss Pensall a prédit la mort. Dès lors, les meurtres s’enchaînent, véritable carnage dans cet institut. Trop de morts ? Peut-être, mais nous sommes ici clairement dans une fantaisie. Peu d’humour certes, mais l’aspect grandiloquent général, gothique, fait passer l’ensemble pour un épisode léger.

C’est, une fois de plus, dans le passé qu’il faudra chercher les causes de tous ces meurtres, un passé trouble et, à nouveau, assez triste. Pas de grande originalité, mais cela fonctionne bien dans un épisode où la mise en scène est si importante.

La reconstitution des meurtres est brillante et dotée de magnifiques éclairages et d’un montage rythmé, fort séduisant.

Anecdotes

  •  Deuxième apparition de Miss Pensall

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12. COMPLOT ROYAL
(THE PRINCE AND THE REBEL)

Scénario : Alexandra Zarowny

Réalisation : John L’Ecuyer

Résumé : Son Altesse Royale le Prince Alfred, petit-fils de la Reine Victoria, effectue une visite protocolaire à Toronto. Le chef de la sécurité du Prince vient avertir Brackenreid qu’il est possible que des rebelles irlandais pourraient attenter à la vie du jeune homme. Pendant ce temps, une jeune irlandaise, connectée aux activistes, est sauvagement assassinée.

Critique

Le sujet était intéressant, découvrir le dévergondé Prince Alfred, « l’hédoniste », est tout d’abord très plaisant. Chargé de sa surveillance, Murdoch l’abandonne pourtant pour enquêter sur le meurtre d’une jeune femme, laissant Crabtree gérer les affres du Prince. Et c’est là que les problèmes débutent. D’abord amusantes, les séquences de Crabtree tentant d’empêcher le Prince de faire du bruit ou d’aller courir la gueuse deviennent répétitives et ne font que rallonger le métrage. Elles nous donnent un aperçu, certes, peu reluisant de la royauté britannique, mais qui n’apportent rien au scénario en fin de compte. Au moins, nous voyons Crabtree faire preuve d’un courage exemplaire face à l’adversité…

La seconde enquête est bien sûr liée à la première et met en présence un ancien ami de Murdoch. Mais le comédien manque de charisme et son implication dans le complot est bien trop évidente. Quant à son complice, l’acteur est tellement désagréable, hautain et suffisant, que l’on devine aussitôt son rôle dans l’affaire. Trop d’évidences, trop de coïncidences, la suite de l’épisode sombre dans la banalité, jusqu’au final, téléphoné et donnant dans le misérabilisme. Qui plus est, la thématique des terroristes irlandais n’a vraiment rien d’originale ici.

Heureusement que Complot royal n’est pas le dernier de la saison…

Anecdotes

  • Pour empêcher le Prince de commettre de nouvelles frasques, Crabtree lui saute dessus et le plaque vigoureusement au sol :

  • « Le Prince Alfred : Savez-vous que je pourrais vous faire trancher la tête ?

  • Crabtree : Ce serait peut-être un acte de bonté, Votre Altesse. »

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13. LA PLANÈTE ROUGE
(ANNOYING RED PLANET)


Scénario : Paul Aitken

Réalisation : Shawn Thompson

Résumé : Un homme est retrouvé mort, en haut d’un arbre, sans qu’aucune empreinte de pied ne soit visible au sol. L’enquête de Murdoch le mène sur une piste dans laquelle semblent être impliqués les services secrets.

Critique

Après Murdoch chez les fous, voici Murdoch chez les martiens ! Evidemment, ce n’est pas réellement au cœur de la Science-Fiction que nous pénétrons, mais bien dans les arcanes de la science.

Pétri d’X-Files, cet épisode est un excellent divertissement, très mystérieux et exploite habilement la thèse du complot extraterrestre en trouvant un auditeur attentif en la personne de Crabtree. Avec elle, son lot de personnages louches, de rebondissements, d’adeptes des théories martiennes, etc.

La solution de l’énigme amènera bon nombre de surprises, nous permettant de faire la connaissance d’un des personnages récurrents les plus savoureux de la série : Terence Meyers. Homme de l’ombre du gouvernement canadien, secret, menteur, manipulateur, assassin, Meyers sera tantôt adversaire, tantôt partenaire de Murdoch. Ni sympathique ni réellement antipathique, ce personnage fait partie de ces gens que l’on adore détester. Ici, il n’est encore esquissé qu’à gros traits, il gagnera en épaisseur du temps, assurant son apparition annuelle dans chaque saison par la suite.

Avec le gouvernement dans le coup, Murdoch fait participer toute la fine équipe à l’enquête, jusqu’à Brackenreid. Mais face aux services secrets, il ne peut rien et devra renoncer à l’affaire. Ce petit sentiment d’inachevé est cohérent avec le scénario mais laisse une vague sensation brouillonne.

La première saison des Enquêtes de Murdoch s’achève cependant sur un épisode de bonne facture, solide et prometteur.

Anecdotes

  • Deuxième apparition du Surintendant Stockton

  • Première apparition de Terence Meyers

  • Murdoch crée sa première maquette de scène de crime, ici à base de plantes vertes.

  • Crabtree mania : Crabtree est persuadé que les responsables du meurtre sont… des martiens. Par ailleurs, s’il devait cacher un projet gouvernemental d’envergure, il le cacherait au milieu du désert. Hogden lui suggère la Californie mais Murdoch choisirait plutôt le Nouveau Mexique…

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  1. Meurtres à l'institut (Bad Medicine) : un médecin psychiatre est assassiné en pleine nuit dans un parc à l’aide d’une arbalète. Murdoch se rend à l’institut dans lequel la victime travaillait afin d’y enquêter.
  2. Complot royal (The Prince and the Rebel) : Crabtree doit servir de garde du corps à un prince, tandis que Murdoch doit déjouer un complot destiné à assassiner ce même prince durant son voyage à Toronto.
  3. La planète rouge (Annoying Red Planet) : Murdoch enquête sur la mort d’un homme retrouvé dans un arbre alors qu’il n’y a aucune empreinte de pas à proximité.