saison 3 saison 5

Alias


Saison 4


1. JEUX D'ESPIONS - 1RE PARTIE
(AUTHORIZED PERSONNEL ONLY - PART 1)

Scénario : J.J.Abrams et Jeff Melvoin

Réalisation : Ken Olin et J.J.Abrams (non crédité)

Résumé

Six mois après la mort de Lauren, Sydney et Vaughn démissionnent de la CIA. Sydney, Vaughn, Jack Bristow et Dixon travaillent désormais pour un département secret du service : l’APO  (Authorized Personnel Only) Le chef de l’APO, au grand effroi de Sydney, n’est autre que… Arvin Sloane. L’APO est une sorte de SD6 de la CIA. Sentimentalement, Vaughn et Sydney sont séparés. La jeune femme ne veut pas renouer leur liaison.

La critique de Patrick Sansano



Jennifer Garner s’est trompée de carrière. Au lieu de vouloir être comédienne, ce qui est hautement au-dessus de ses capacités, elle aurait dû faire des films érotiques. Physiquement, elle est plus jolie que Brigitte Lahaie ou La Cicciolina, est égale de Clara Morgane. Elle n’attire l’œil que lorsqu’elle est en sous vêtements. Le reste du temps, elle est transparente et insignifiante. Voilà une belle vocation ratée. Après la sombre et sanglante fin de la saison 3, la saison 4 débute par Sydney en lingerie féminine devant un vieux vicelard. Quant à Michael Vartan, il se prend pour un boxeur. Il assouvit sa rage d’avoir tué sa femme. Si Garner avait une vocation toute tracée dans le porno, Vartan a lui aussi raté son destin : il est la parfaite gravure de mode pour romans photos ou pour jouer aux côtés de Victor/Eric Braeden dans « Les feux de l’amour ».

Grosse déception : Bradley Cooper n’est pas de retour après une saison d’absence dans le rôle de Tippin.

La bonne surprise, c’est Ron Rifkin en chef de l’APO. Il retrouve cet aspect racé et seigneur qu’il avait partiellement perdu dans la saison 3. Il est de nouveau le tréteau qui porte à lui seul tout l’édifice.  Carl Lumbly (Dixon) a un jeu limité, Victor Garber, le père de Sydney, conserve son jeu monolithique.

Dans une longue scène où elle doit attirer l’attention d’un homme, Jennifer Garner excelle dans son personnage de garce d’une façon bigrement convaincante au point d’en devenir inquiétante.mais Clara Morgane en lieu et place n’aurait pas mieux ou pire. Sauf que Clara dans la scène d’amour avec Vaughn n’aurait pas gardé son tricot de peau bleu !

Cet épisode nous laisse sur notre faim quant à plusieurs questions restées à suspens à la fin de la saison 3. Le Covenant existe-t-il toujours ? Katya Derevko/Isabella Rossellini a-t-elle survécu à la fléchette qu’elle a reçu dans le cou ?

Les deux héros ne parviennent pas à plomber la série. Tout de même, avec une actrice belle ET intelligente comme Gillian Anderson pour ne citer qu’elle, la série aurait une autre allure. Dans les scènes de dialogues entre Ron Rifkin et Jennifer Garner, c’est un désastre. Rifkin est un comédien. Garner non. Et le jour où sa jeunesse s’enfuiera et où il ne lui restera plus ce semblant de sex appeal, elle sera au chômage. Son talent n’existe que lorsqu’elle est en lingerie sexy.

La critique de Clément Diaz


Alias
change de saison, ce qui dans le cerveau de J.J.Abrams signifie changement d’ère. Le créateur de la série revient aux sources en imaginant une division secrète de la CIA dirigée par Arvin Sloane dans laquelle font équipe Dixon, Sydney, et Jack (bon et Vaughn aussi) !! Mais avec une exception : on est bien chez la CIA ! La saison 4 peut se décrire en fait comme une version de J.J.Abrams du fameux thème d’une cellule d’espionnage indépendante, qui a fait le miel de bien des séries : les superhéros des Professionnels, le trio de Département S, l’IMF de Mission : Impossible… Conséquence : nous allons assister à une saison globalement remplie de loners, d’épisodes indépendants. Ce faisant, Alias perd de sa spécificité. Heureusement, cette saison renoue avec la formule gagnante de la saison 1 : missions et déguisements à gogo à cadence infernale, après la plus relative modération des saisons 2 et 3. Cette ouverture de saison frappe très fort en nous aspirant d’entrée dans un tourbillon d’action explosif, tout en nous présentant sans temps mort les enjeux de la saison : un exploit de la part d’Abrams et Jeff Melvoin !

Sydney joue une adorable écervelée pour séduire un agent ennemi, puis se lance dans une bagarre tapageuse avec un gars, une des bagarres les plus musclées de la série ! Quand soudain, Sydney est poussée vers l’extérieur du train et se raccroche à des sangles. Son assaillant commence à couper les sangles… et retour 72 heures plus tôt lors d’une poursuite frénétique à Shanghai entre des « méchants » et un agent de la CIA et Sydney - dans une de ses tenues les plus aguicheuses - qui rentrent dans une boîte de métalleux. Dix minutes de pure adrénaline. J.J.Abrams nous rassure : notre indestructible héroïne a toujours la pêche ! Pas le temps de s’arrêter, on assiste, incrédules, au procès à charge de Sydney pour insubordination, mené par l’agent Chase, interprétée par une guest star de prestige : Angela Bassett ! A la fin, Sydney démissionne de la CIA !! Ce n’est pas fini : un twist génial vient remettre en cause tout ce qu’on vient de voir. Ce n’est pas fini : nous visitons pour la première fois le siège de l’APO, quartier général souterrain luxueux. Les scènes sont extrêmement intéressantes car la caméra de Ken Olin suit bien le point de vue de Sydney qui découvre comme nous ce QG et ses habitants.

Tout au long de l’épisode se succèdent dialogues certes explicatifs mais très intéressants car contenant leur part de mystère - comment est-on arrivé à cette situation ? - On apprécie de voir les personnages devant tous composer avec leurs conflits personnels que ce soit envers eux-mêmes (Vaughn) ou envers d’autres (Sydney en colère contre Sloane et son père), ce qui donne des scènes à la tension omniprésente. La double mission du train, se penchant sur le bluff incertain de Vaughn face à l’acheteur de l’isotope, acquiert encore plus d’épaisseur par ses liens avec l’action des premières minutes de l’épisode. A la fin, les conflits ne sont nullement débloqués. Suspense et psychologie fusent à vitesse supersonique dans cet épisode qui ouvre parfaitement cette saison 4.

Les infos supplémentaires

Rick Yune qui incarne Tamazaki était Zao dans le James Bond « Meurs un autre jour ».

La scène où Vaughn se bat avec un géant dans le train évoque l’affrontement entre Bond et Requin dans « L’espion qui m’aimait ».

Mia Maestro (Nadia Santos) est désormais créditée au générique après 3 participations à la série en tant que guest star. Elle n’est cependant pas présente dans cet épisode. David Anders (Julian Sark) n’est plus crédité en revanche ; mais il jouera dans 2 épisodes de cette saison, et aura un rôle récurrent dans la saison 5.

Un nouveau générique est créé pour cette saison. Le thème musical de J.J.Abrams est un peu rallongé, et le design a changé, en beaucoup plus flashy et spectaculaire : nous voyons en 25 secondes 52 déguisements de Sydney extraits des saisons antérieures. Malgré que ce générique soit un vrai panégyrique aux déguisements et au physique de l’actrice, Jennifer Garner déclara le détester.

L’idéogramme chinois que Sydney écrit sur le T-shirt de Brodien signifie « chien ».

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2. JEUX D'ESPIONS - 2E PARTIE
(AUTHORIZED PERSONNEL ONLY - PART 2)

Scénario : J.J.Abrams et Jeff Melvoin

Réalisation : Ken Olin et J.J.Abrams (non crédité)

Résumé

En Argentine, Sydney revoit Nadia. Puis elle se heurte à son père qu’elle hait désormais. Elle se confie à Vaughn. La mission de APO est désormais de retrouver Tamazaki. Marshall est recruté par l’unité de Sloane. Pour piéger Tamazaki, un vol est organisé dans un musée où se trouve un sabre qui l’attire et qu’il a déjà tenté de dérober.

La critique de Patrick Sansano

 



Bien qu’empruntant un nouvel arc narratif, « Alias » récupère peu à peu tous les personnages récurrents (Ici Marshall puis la dernière venue Nadia). La routine reprend avec ici un vol qui rappelle Tom Cruise dans le premier « Mission Impossible ». Il n’est jamais plus fait allusion au meurtre de Danny Hecht, et Arvin Sloane deviendrait presque un personnage fréquentable si, lorsqu’il pause sa main sur l’épaule de Sydney, on ne voyait le regard haineux et effaré de l’espionne. Les scénaristes échafaudent de nouveaux secrets.

Ainsi, le mystère le plus entier règne sur la mort potentielle de la mère de Sydney, Irina. En chef de l’APO, Sloane a beaucoup de scènes ce qui nous permet de nous régaler avec le meilleur atout de la série, Ron Rifkin. Que serait « Alias » sans lui ? Il a retrouvé toute sa prestance d’antan. L’épisode est un honnête suspense, ni  plus ni moins. Mia Maestro devient un substitut de Melissa George, soit la jolie fille second rôle féminin après Sydney. Rick Yune est aussi cinglé que dans le Bond « Meurs un autre jour ». La bonne surprise de l’épisode, venant épauler Rifkin, c’est Mia Maestro dont le rôle devient plus important et développé. Et son charme qui n’était pas si évident à son arrivée est mis en valeur. Un peu aux dépends de la crédibilité de son personnage.

Il y a ceux qui ne sont pas encore dans la confidence de l’APO et restés à la CIA, c’est le cas du fade Eric Weiss. Quant à Irina, on nous la jure tellement morte que nous ne serions pas surpris outre mesure qu’elle réapparaisse. Lena Olin n’a pas dit son dernier mot.

A travers les saisons qui repartent à chaque fois sur de nouveaux canevas, « Alias » tente d’attirer le téléspectateur qui prend le train en route. On peut ainsi expliquer l’absence de références continues aux évènements et personnages importants des trois premières saisons. Si références il y a, elles sont sélectives et sont mises au service des nouveaux scripts.

La critique de Clément Diaz


La deuxième partie de ce double épisode est caractérisée par l’intronisation de Nadia Santos en tant qu’agent au service de l’APO. Mia Maestro accapare aussitôt l’écran, en marchant sur les traces de Jennifer Garner : glamour et baston. Disons-le tout de suite, elle n’a pas grand-chose à envier à la vedette du show. Malgré tout, cette bonne nouvelle est nuancée par les lenteurs frappant cet épisode, et surtout le choix malheureux de Rick Yune en méchant du jour.

L’épisode commence plutôt bien avec le « recrutement » comique de Marshall, précédant le vol du sabre japonais, pépite de suspense et d’équipement high-tech. Que Sydney manque de se faire tuer par une simple bouteille de coca-cola nous rappelle qu’Alias adore les grains de sable qui enrayent les belles mécaniques. La révélation de la véritable identité de Vadik est très bien trouvée, un alias de plus qui rejoint la cohorte des surnoms délirants utilisés par la série. On a vraiment l’impression de regarder un épisode de cette glorieuse saison que fut la saison 1. Toutefois, lors de la deuxième mission voyant Sydney prisonnière, le rythme s’essouffle. Rick Yune, déjà fade dans la première partie, a un jeu qui frappe tout le temps à côté ; il est d’un ridicule achevé. La scène de torture de Sydney est copiée sur celle du dentiste sadique (on regrette Ric Young), en remplaçant simplement l’arrachement de dents par la noyade.

L’arrivée de Nadia est accueillie certes avec plaisir par le spectateur, mais est un rien trop brusque. Elle permet de voir quand même ses deux facettes : séduction quand elle se débarrasse d’un garde (on renoue avec les bons vieux gadgets en folie de Marshall), et lutte furieuse contre un bad guy. Le twist final sur le commanditaire du « contrat » non seulement nous surprend, mais pose immédiatement une batterie de questions sur un tel comportement. Bon, apparemment Irina est morte, mais comme on ne voit pas son cadavre, on se dit qu’il y’a anguille sous roche… Bien, les bases sont lancées, en avant pour une nouvelle saison !

Les infos supplémentaires 

J J Abrams a réalisé une partie de l’épisode, bien que le metteur en scène principal soit Ken Olin.

Marshall a réchappé au massacre de la fin de la saison 3.

Selon Marshall, Sark est toujours prisonnier de la CIA.

Dernier scénario de J.J.Abrams pour sa série.

Irina Derevko est née en 1950. Elle a donc cinq ans de plus que son interprète Lena Olin (née en 1955).

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3. CRUELLE VÉRITÉ
(THE AWFUL TRUTH)

Scénario : Jesse Alexander

Réalisation : Lawrence Trilling

- So, what's your real name, Charlene ?

- Ima.

- Ima what ?

- I'm a gonna kick your ass !

Résumé

Sydney propose à sa sœur Nadia (dont Eric Weiss est amoureux) de vivre chez elle. Elle a envie de révéler à Nadia que leur père a tué Irina. Un ordinateur ultra-secret a été volé à la NSA par un certain Bishop  pour le vendre à des terroristes allemands. Jack Bristow veut soumettre Nadia à une évaluation pour l’écarter de  l’APO. En Andalousie, Sydney va tenter de séduire Bishop.

La critique de Patrick Sansano



Mia Maestro apporte une indéniable plus value à la distribution. Ce n’est pas dû à son physique avantageux mais à l’aisance avec laquelle elle se coule dans son personnage. Elle écrase son partenaire Victor Garber lors des scènes de tests psychologiques et de confrontations. Elle apporte une dimension émotionnelle à son personnage que Garber n’a pas.

Notons quelques petites variations avec les habitudes de la série : aux Bahamas, Sydney se fait prendre la main dans le sac en tentant de percer le secret d’un ordinateur recelant des comptes bancaires.  Jusqu’à présent, dans ce genre de scènes, elle aurait eu le temps de reprendre sa place, ici comme cliente de la banque dont le directeur a été distrait par l’équipe de l’APO. Le résultat reste le même puisqu’en avouant ce qu’elle fait, l’homme ne la croit pas tellement la chose est énorme et elle s’en tire à bon compte. La facilité avec laquelle elle s’introduit dans la forteresse de Bishop, vu les moyens énormes mis à sa disposition par l’APO, nuit assez au suspense. Dans le rôle de Bishop, Peter O’Meara a l’air bien trop gentil. Quand l’agneau devient loup, on peine à le croire. La coexistence de la CIA « officielle » de Langley (à laquelle appartient toujours Eric Weiss) et l’APO complique inutilement les scripts.

Par certains côtés, l’histoire montrant Sydney demeurant dans la propriété tandis que Bishop l'y laisse libre lorsqu’il en sort rappelle Bond et Sanchez dans « Permis de tuer ». Après une longue scène d’exposition montrant la façon dont le méchant sera piégé, donnant à Sydney une couverture parfaite, un déséquilibre s’installe dans la cohésion de l’histoire et la chute est assez brutale et éludée. Remettre en fil rouge au centre de l’intrigue les rapports complexes entre Sydney et son père nécessite de nombreuses scènes, alors que la haine viscérale et justifiée de l’héroïne envers Sloane n’a pas besoin de discours.

Sans l’évoquer de façon explicite, ce qui perturberait le téléspectateur qui prend le feuilleton en cours de route, la mort du fiancé de Sydney Danny Hecht n’a pas été digérée malgré les mille visages qu’aura empruntés  Sloane au fil des saisons. Là où les scénaristes flanchent, c’est dans la façon assez artificielle de réunir toute la distribution au sein de l’APO. Il s’agit de reprendre les mêmes (Mia Maestro remplaçant Melissa George) et de recommencer.

La critique de Clément Diaz

 

Alias nous a souvent régalé par des méchants très convaincants. Malheureusement la série ne traverse pas une passe heureuse dans ce domaine : après Rick Yune, c’est au tour de Peter O’Meara d’incarner un vilain dépourvu d’aura. L’intrigue tournant autour de lui, elle s’en voit dévalorisée. Mais Jennifer Garner tient une forme olympique, et tient cet épisode sur ses épaules. On retient également Jack Bristow (toujours impeccable Victor Garber) qui trouve une porte de sortie gonflée à la situation compliquée où l’a mis le meurtre de sa femme.

On commence par une mission bien dingo aux Bahamas avec Sydney en greluche (Garner est immensément belle dans sa robe très décolletée), Marshall en plombier… Marshallien, Vaughn en râleur, et Dixon en rasta !! Ça, c’est du Alias en plein délire comme on aime ! La réplique qui tue de Sydney quand elle se fait surprendre près du coffre par le propriétaire est une heureuse trouvaille. L’épisode s’enchaîne à l’infiltration de la maison de Bishop, avec Sydney jouant à la blonde éplorée pour se faire inviter chez ce trafiquant coureur/tueur de jolies filles. Hélas, à cause de son interprète, et aussi d’une écriture limitée du personnage, Bishop n’inquiète jamais. La tension est vite réduite quand il est pris entre deux feux à la fin. Le moment le plus mémorable de l’épisode, outre l’inattendu « shut up » hurlé par Marshall à un Vaughn trop bavard (c’est le monde à l’envers !) est finalement quand il est abattu de 9 coups de révolver (!!!) par une Nadia furibarde. Sydney tient notre attention par ses numéros de séduction, ou en se promenant à ses risques et périls dans la maison ultrasécurisée, mais tout ça manque de rythme, malgré la caméra pointilleuse de Lawrence Trilling.

Weiss se rendant compte au fur et à mesure que tous ses amis sont en fait toujours à la CIA est certes amusant, mais c’est vraiment Jack qui a la part du lion. Sydney est sur le point de révéler à Nadia que Jack a tué leur mère. Du coup, Jack lui balance un bobard tellement énorme… qu’il passe ! Il faut voir la consternation dans les yeux de Sydney, mais on ne peut qu’applaudir ce maître coup qui conclut l’épisode.

Les infos supplémentaires


Peter O’Meara (Bishop) est né en Irlande en 1969. Il a été révélé par les séries « Band of brothers » et « Peacemakers ».

A partir de cet épisode, Eric Weiss rejoint l’APO.

Lorsque Nadia interrompt la discussion Jack-Sydney lors de la fête, on entend la chanson You are everybody. C’est un clin d’œil à la dernière série que venait de co-créer J.J.Abrams : Lost, où elle est la chanson-clé du personnage de Charlie.

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4. CRYO 5
(ICE) 

Scénario : Jeffrey Bell

Réalisation : Jeffrey Bell

Résumé

Un homme propose à l’APO une nouvelle arme, le Cryo 5, qu’il a avale comme une capsule. Mais la chose fuit dans son corps et il se « cryogénise » et explose en mille morceaux. La mission de Sydney est de partir au Montenegro pour récupérer auprès d'un certain  Fintan Keene l’arme secrète.

La critique de Patrick Sansano



Les intrigues de « Alias » sont parsemées de fils rouges : ici la quête de la mère par Nadia, Vaughn qui compare le fait d’avoir tué Lauren à l’histoire de Jack Bristow et Irina. Les ravages provoqués par le Cryo 5 donnent des trucages assez risibles et ratés. Cela nous prive de toute compassion envers les cobayes que le méchant utilise avec son arme. Michael Vartan en prêtre rendrait athée le plus fervent des croyants. La comédienne écossaise Kelly Macdonald, vue dans « Trainspotting » joue ici une ex-terroriste de l’IRA. Son frère est le méchant Fintan Keene (Mark Aiken). Pour les américains, le Monténégro a des relents de guerre froide et d’URSS, et  les terroristes qu’ils soient irlandais ou de l’est sont identiques. Une absence de nuances  qui montre que le téléspectateur américain lambda se moque de l’histoire contemporaine, surtout lorsqu’elle n’est pas américaine. Mélanger l’identité de « prêtre » de Vaughn et  ses remords d’avoir tué Lauren est tiré par les cheveux.

Le scénariste Jeffrey Bell n’est visiblement pas inspiré. Il ne suffit pas le comédien Mark Aiken  soit irlandais pour en faire un ex-militant de l’IRA crédible. Il ressemble, ainsi que sa sœur, à un mercenaire. Après un début de saison moyen, voilà un gros ratage. Seule Mia Maestro tire son épingle du jeu. Ron Rifkin a peu de scènes à défendre, et on le regrette. Il se contente en Sloane de diriger les opérations à la façon de M dans les James Bond. Plus de nouvelles, mais c'est courant dans "Alias", de l'énigme Rambaldi.

Vaughn ayant tué Lauren pour sauver la vie de Sydney, on conçoit difficilement qu’il ait eu des remords. Lauren n’a laissé aucune chance à son mari de la prendre vivante. Aussi, tout le discours mélodramatique ici (que le scénariste croit favoriser par la couverture de « prêtre » de Vaughn) n’a pas lieu d’être. Les seuls bons moments de cet épisode ridicule dès le pré générique sont les séquences avec la photo d’Irina et le bébé, et la quête de savoir de Nadia.

Cette saison 4 connut dans un premier temps une embellie d’audience aux Etats-Unis due à une programmation sur ABC après « Lost ».  Mais le public va déserter et avec un épisode comme  ce « Cryo  5 » grotesque, on ne peut lui en tenir rigueur.

La critique de Clément Diaz


Nouveau venu dans le staff, Jeffrey Bell montre qu’il a tout de suite compris les délires d’Alias. Son scénario y va à la truelle pour les idées les plus saugrenues. Malheureusement, il a la main trop optimiste sur la psychologie des personnages, et décrédibilise ainsi son histoire. Mais Bell a grande confiance en ses acteurs, et permet à Michael Vartan de faire une composition foudroyante. La constatation s’impose : Vartan, souvent médiocre, se métamorphose chaque fois qu’il a l’occasion de creuser la darkside de son personnage (un plaisir hélas rare). Au final, c’est pour son portrait et celui des Keene qu’on s’intéresse vraiment à Ice, plus que pour ses intrigues.

Un homme explose en mille morceaux !!! Voilà une intro qui pourrait participer au concours des introductions d’épisodes les plus givrées (sans jeu de mots). L’épisode se penche ensuite sur ses deux personnages-clés : Vaughn et Meghan Keene (la magnifique Kelly McDonald). Cette dernière, prisonnière d’un frère violent et tyrannique, se réfugie dans la religion et son métier altruiste, espérant compenser ses mauvaises actions par un extérieur honorable. Opprimée par son dilemme, elle reste sympathique, même au moment de sa trahison. En contraste, son frère est un monstre intégral (horrible scène des cobayes) auquel Mark Aiken impose sa présence.

Le déguisement de Vaughn en prêtre alcoolique est chargé de symbolisme fort. Il est du « bon côté », mais son esprit est corrompu par son passé qu’il porte comme une croix. Avant la mission, Vaughn faisait allusion à Lauren qui continue de le tourmenter. Son récit est bouleversant, car montrant tous les dilemmes qui compriment son cœur, sa crainte de se perdre dans une vie amère et frustrée. Vartan signe sa meilleure performance de la série, bien aidé par les mots expressifs du scénariste. On regrettera donc le peu de crédibilité de la dernière partie de l’épisode : comment Meghan peut-elle faire confiance à Vaughn sans savoir qui il est réellement ? Le final précipité s’enfonce dans un pathos mélo vulgaire, lestée de plus de l’arrivée forcée de Syd. Parallèlement, l’intrigue du bébé sur la photo d’Irina allonge artificiellement un scénario au souffle court. Retenons simplement le rapprochement Weiss-Nadia, qui sera la caution comique bien qu’inutile de cette saison.

Les infos supplémentaires

Nadia croit désormais que l’assassin de sa mère est puni et qu’il s’agissait de  Bishop (épisode précédent).

L’irlandais Mark Aiken sera Nichols dans la saison 7 de « 24h chrono ».

Outre « Trainspotting », on a vu Kelly Macdonald dans « Harry Potter et les reliques de la mort ».

Meghan Keene est décrite comme la sœur d’un ancien membre de l’IRA. Elle est donc irlandaise… mais les chargés de casting ont engagé Kelly McDonald, une écossaise : elle n’a donc pas le bon accent ! Cette confusion entre deux pays étrangers comme l’Ecosse et l’Irlande est un défaut récurrent dans les séries américaines.

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5. LE VILLAGE
(WELCOME TO LIBERTY VILLAGE) 

Scénario : Drew Goddard

Réalisation : Kevin Hooks

Résumé

Une bombe est volée en Russie. Vaughn et Sydney doivent la récupérer, et infiltrer le réseau de voleurs. Sloane veut en savoir plus et dit à Jack Bristow de se mettre en contact avec un certain Vasilevich. Nos héros se retrouvent invités dans « le village de la liberté ».

La critique de Patrick Sansano



« Alias » n’avait pas encore rendu hommage à Patrick Mc Goohan. Ici, d’emblée, l’épisode évoque « La  ville fantôme/Colony Three », épisode de « Destination danger » qui préfigurait le village du numéro six. Dans cet endroit, on retrouve évidemment des anciens agents secrets. Tout est trop parfait, artificiel, des images rappellent un peu  le décor « The Stepford Wives », film d’anticipation,  de « The Truman Show », ou de « Bienvenue en Arcadie », épisode de la saison 6 de « X Files », plus que Portmeiron ou encore la ville fantôme dont c’est une sorte de remake libre. On ressent les sourires forcés, les menaces derrières les visages de voisins affables.

Lorsque Sydney veut enquêter la nuit « au dehors », cela rappelle le Santa Mira de « Halloween 3, le sang du sorcier », ville d’un fabriquant de jouets diaboliques. L’infiltration dans un camp ennemi et la tentative de vouloir en sortir est l’archétype de nombreux récits des années 60 comme l’épisode du « Saint » : « Les mercenaires ». On reprochera cependant au chef opérateur une lumière trop sombre pendant le premier quart d’heure. Tom et Diane qui ont « invité» Sydney et Vaughn au village ne tardent pas à se montrer menaçants. Il suffit d’une petite reconnaissance de Sydney aux alentours de la maison pour éveiller les soupçons. C’est un ancien camp d’entrainement soviétique. Dès que la lumière du jour jaillit, notre intérêt est davantage présent. C’est un recyclage de nombreuses choses vues ailleurs. Le couple doit apprendre à devenir de parfaits américains comme les pensionnaires de la Midlands Academy dans l’épisode des « Envahisseurs » : « Le rideau de lierre ».

Le mot « liberté » revient dans l’épisode (alors qu’il s’agit d’une prison) autant de fois que lorsque le Numéro six voulait se faire élire dans « La liberté pour tous » dans « Le Prisonnier ».. Lorsque nos tourtereaux veulent acheter une magnifique décapotable, d’autres références nous viennent en tête : « Le prix du danger » ou son remake « Running man ». Cet épisode d’Alias est un hors série comme ont pu l’être pour « Chapeau melon et bottes de cuir » les épisodes « L’héritage diabolique », « Le Joker » ou « Mademoiselle Pandora ». Drew Goddard, le scénariste, doit quand même beaucoup à Patrick Mc Goohan. L’existence d’un grand complot à l’échelle « Bondienne » qui vient se greffer vers la fin semble un peu difficile à développer dans ce format 40 minutes.

Comme pour « Colony Three/La ville fantôme » avec John Drake/Mc Goohan, la chute est un peu rapide. Malgré des moyens financiers supérieurs côté production, cet épisode d’Alias n’atteint pas le charme de celui de « Destination danger ». Faute à un manque d’aspect dramatique (ici, même dans les situations critiques, nos héros ne perdent pas leur self control et leur bonne humeur). Faute aussi à des décors insuffisamment exploités. Dommage. Nous aurions aimé voir ce camp d’entrainement aux allures de ville de banlieue bourgeoise davantage, et trop de scènes de huis clos nous en privent.

La critique de Clément Diaz


L’idée d’un Eden comme vitrine de l’enfer a inspiré maints et maints auteurs du septième art, depuis
Enfer ou paradis ? un des épisodes les plus aboutis de La Quatrième Dimension, où sous le charme des fausses apparences se cache une réalité bien plus sordide… chacun des épisodes ou films ayant repris ce thème eut ainsi l’occasion de donner un sous-texte métaphorique en plus du premier degré : Le Prisonnier (et son intéressant remake) trône au sommet des références, mais on pense aussi à la dénonciation d’un monde aseptisé et ultraconservateur dans l’Arcadia des X-Files, la déshumanisation de la société de Blue Velvet, ou l’intolérance des esprits rebelles dans Evergreen, l’épisode le plus réussi de La Treizième Dimension, etc. Le regard de Drew Goddard est celui d’une critique virulente contre l’american way of life, l’hypocrisie des rapports humains. Le classicisme de l’intrigue est relevé par la bizarrerie omniprésente de l’action ; le décalage entre les belles apparences et un réel très noir.

Sydney et Vaughn, dans la peau d’un couple marié, se font passer pour des terroristes russes qui infiltrent un camp d’entraînement dans le but de récupérer une arme électromagnétique (le McGuffin de l’épisode). D’emblée, les apparences sont trompeuses. La fête des voisins chez nos héros a un gros décalage entre les sourires et les cadeaux des invités, et leur véritable nature : que des criminels sanguinaires ! Il y’a aussi le pistolet en kit à monter soi-même servi entre deux plats de cuisine, ou les allusions menaçantes de Tom et Diane entre deux éclats de rire qui font frissonner. Syd et Vaughn doivent jouer le change : on admire l’improvisation de la première lorsqu’elle se fait surprendre par Tom près de sa maison. La description du système du sécurité n’est pas sans évoquer celle du Village du Prisonnier (le Rôdeur en moins), et contribue à cette ambiance anxiogène.

La scène du magasin de voitures est une des plus fortes de la série où notre couple doit réussir à acheter une décapotable convoitée par un autre couple. Le départage se fera… aux flingues ! On peut y discerner une réflexion désabusée sur la course à la consommation, de notre capacité à vendre nos valeurs et idéaux contre de l’argent et du luxe (système déjà appliqué dans Le Prisonnier). Cet épisode reste unique en son genre dans une série marquée par le sceau du divertissement pur. On retient cette nouveauté davantage que l’intrigue, même si réussie : le plan secret du Contingent d’Octobre étant fichtrement roublard, et anticipe déjà sur la très aboutie série The Americans. Dans un irrespect total du protocole, Syd et Vaughn s’accordent des vacances improvisées. Ca fait du bien de voir notre duo propret s’encanailler quelque peu !

Épisode au sujet trop large pour une durée aussi restreinte, mais qui mérite l’attention.

Les infos supplémentaires

Rick Overton  (Vasilevich) était Ralph dans « Un jour sans fin » (1993).

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6. CONFUSION MENTALE
(NOCTURNE) 

Scénario : Jeff Pinkner

Réalisation : Lawrence Trilling

Résumé

Suite au suicide de l’agent de la CIA Nancy Cahill, Sloane cherche à retrouver son mari à Amsterdam et à récupérer des documents secrets. La maison des Cahill est un vrai cauchemar où le mari, tel un vampire, mort au cou Sydney avant d’être abattu par Jack. Sur les murs, des graffitis de démons. Sloane réprimande Dixon qui met en doute le bien fondé de ses ordres.



La critique de Patrick Sansano



Tels Mulder et Scully, Sydney et son père s’introduisent à la lumière de torches électriques chez les Cahill. Le début de l’épisode a tout d’un film d’épouvante/horreur jusqu’à la table d’autopsie où l’on voit l’intérieur d’un crâne. Le scénario de Jeff Pinkner (il a aussi travaillé sur « Profiler » et « Fringe ») est un travail d'orfèvre. Le compositeur Michael Giacchino nous propose une musique inquiétante à souhait. Une drogue doit avoir atteint les Cahill. Ceux-ci avaient rendez-vous avec un comte. Nous nageons en plein fantastique : lorsque Sydney prend sa température, elle a 44 degrés. Elle est victime d’hallucinations  qui la plongent en plein film d’horreur.

Le costume qu’utilise Sydney lors de la rencontre dans une discothèque gothique avec le comte évoque la Hammer. Un épisode de « Alias » qui ne ressemble pas à « Alias » et qui se révèle une bonne surprise. En fait, nous pourrions être en plein « X Files ». Voilà un « loner », un épisode que l’on peut regarder sans avoir vu le reste de la série (ou plutôt du feuilleton).

Michael A Goorjan est un peu jeune pour le personnage. On se régale avec les hallucinations de Sydney qui sont autant de scènes d’épouvante pour le téléspectateur, sans que cela remette en cause l’intrigue. Le titre original, « Nocturne », est le nom de la drogue à l’origine de tout. Nous vivons l’épisode à partir de la drogue qui affecte Sydney et entrons de plein pied dans le monde du cauchemar. Segment atypique, filmé en majeure partie dans l’obscurité, « Confusion mentale » est une réussite. Nous sommes en pleine quatrième dimension.

Si l’intrigue trouve une solution expresse qui nous est à peine expliquée, le diable, une fois sortis du cauchemar, nous apparaît, comme à Dixon, porter le nom d’Arvin Sloane. Une incursion fort réussie aux frontières du surnaturel.

La critique de Clément Diaz


Contrainte à un plus grand classicisme par la production, Alias doit marcher sur des thèmes plus standards, comme ici l’héroïne victime d’hallucinations. Mais Jeff Pinkner a une riche idée : au lieu d’hallucinations de monstres géants, Sydney voit en fait sa plus grande peur : la trahison de son entourage. L’alternance réel/imaginaire est de plus en plus frénétique à mesure que Sydney s’enfonce dans la folie paranoïaque.

L’introduction où une professeur d’anglais perd tout contrôle avant de se suicider nous indique d’entrée la tonalité dramatique de l’épisode. Pour choquer le spectateur, les auteurs font de la scène de contamination un pastiche de film de vampire où Syd se fait mordre par un cousin de Dracula (en fait un fou dément). Après quelques parlotes de rigueur, l’action commence vraiment quand Syd perd le sommeil et commence à errer dans son début de folie. Une petite bébête par ci, un thermomètre qui affiche 44° de température corporelle par là, cela constitue un prélude frissonnant à la grande idée de Pinkner : nos peurs les plus profondes sont liées à nos relations à autrui, et non à des visions monstrueuses (thème qui n'est pas sans rappeler le Nightmares de Buffy contre les vampires). Sloane qui surgit de la télé pour tourmenter Sydney est plus effrayant que la tarentule de la tasse de café. Ce sont surtout les échanges entre Sydney et son père qui sont remarquables où elle entend tour à tour ce que dit vraiment son père et ce qu’elle a peur de l’entendre dire (Sydney, en voyant ton visage, je vois ta mère, je ne le supporte pas, tu mourras comme elle…). La scène de la voiture, avec les plans variés sur Victor Garber, est le sommet de l’épisode. En schizophrène, Jennifer Garner fait une performance remarquable, qui devient d’une grande violence quand elle menace Vaughn avec le pistolet (encore un twist dans cette scène) où elle lâche toute sa peur à l’idée qu’il l’abandonne. La bagarre « fratricide » entre les deux ex est une idée inédite et vraiment géniale.

L’intrigue est minimaliste : Sydney contaminée-Sydney folle-Sydney guérie. Et Vaughn trouve bien trop rapidement l’antidote. Mais ce qui compte, c’est l’ambiance délétère de Trilling qui emprisonne chaque scène de folie dans une lumière mortuaire et des ombres glaciales. C’est si réussi qu’il est impossible de ne pas respirer bruyamment lorsque le cauchemar se dissipe. On apprécie aussi les duels verbaux Sloane-Dixon, dont les atours policés ne dissimulent aucunement leur haine réciproque. La tirade finale de Dixon, portée par un Carl Lumbly tout en rage contrôlée, est un des highlights du personnage. Sloane lui répond par des regards de défi pervers « Tu penses que je suis pas clean ? Alors prouve-le moi, j’ai hâte de voir ça ». Ron Rifkin fait chuter la température de vingt crans. Grandiose. 

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Michael A Goorjan a joué dans « Pluie d’enfer » en 1998 avec Morgan Freeman et Christian Slater.

L’épisode est dédié à Tricia Goken (1969-2005). Superviseur de scénarios sur Alias, elle décéda d’un accident de voiture.

Dans le générique de fin, il est indiqué que Ryan Gentry, qui joue l’homme embrassant une femme dans la boîte et que Sydney prend pour Vaughn, joue le rôle de  « Not Vaughn » !!

Dans cet épisode, Sydney et Vaughn se rapprochent sentimentalement. Ironiquement, c’est durant le tournage de cet épisode que Jennifer Garner et Michael Vartan rompirent !! Les deux acteurs sont toutefois restés bons amis.

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7. THORINE NOIRE
(DÉTENTE) 

Scénario : Alison Schapker et Monica Breen

Réalisation : Craig Zisk

Résumé

Un russe, Tambor, a fabriqué de la thorine noire et l’APO doit récupérer ce dangereux produit. Sydney et Nadia s’affrontent au sujet de Sloane. Nadia y est attachée. Lors de la mission, elles désobéissent toutes deux à l’ex dirigeant du SD6. Mais Leo Orissa, un ami de Sloane, vise l’empire de Tambor.

La critique de Patrick Sansano  



Episode qui cherche à toucher le téléspectateur avec les rêves de Dixon au sujet de Diane, les scrupules de Sydney par rapport au fait de travailler avec Sloane. J J Abrams laisse quelques repères du passé, mais tend à faire de cette saison une sorte de renouveau d’Alias. Mia Maestro joue tellement bien qu’elle donne, en quelque sorte, du talent à Jennifer Garner. Pendant un instant, on reste rêveur en imaginant ce qu’aurait été le feuilleton avec Mia Maestro dans le rôle de Sydney. La tâche de Mia Maestro n’était pas aisée : se faire accepter dans le rôle d’un personnage important alors que la série a déjà des heures de vol.  La réussite n’est pas due seulement au talent de la comédienne, car le personnage est fort bien écrit. Il est complémentaire de celui de Sydney et prend une place que Melissa George (très douée) n’a pu obtenir avec Lauren en raison du scénario.

Notons que l’une des scènes est cruelle pour l’interprète de Sydney, celle où Bridget (la petite amie du méchant), Nadia et l’héroïne forment un trio. Olga Vilner (Bridget) est une bimbo qui n’a pas fait un parcours mémorable, menant une carrière en donnant sa voix au jeu vidéo « Medal of honor »  et jouant dans le soap « Hôpital central ». En dépit de ces handicaps, elle joue mieux que Jennifer Garner (là, cela donne une idée assez effarante du niveau  abyssal où il faut aller chercher le "talent" de cette actrice, totalement en roue libre dans les scènes de dialogue, quand elle ne se bat pas). Mais grâce à un excellent scénario, elle peut déclamer un texte vraiment efficace. Lorsque Sydney évoque Fran et Danny et le « pardon » dérisoire de Sloane, Jennifer Garner nous émeut. Le talent qui lui manque, ce sont ses partenaires qui le lui donnent, ici le magnifique Ron Rifkin, tellement odieux, un méchant qu’aurait aimé Hitchock.

On donnera un prix d’excellence aux scénaristes  Monica Breen et  Alison Schapker. Après tant de scripts bâclés et répétitifs, voilà une histoire de haute tenue. Quant on voit Sydney face à un Sloane en col mao avec un ensemble qui évoque Blofeld sans le côté caricatural, on se dit qu’il est impossible que cela ne finisse pas mal entre ces deux là, que Sloane mérite de payer au centuple ses crimes. Mais tel le Christopher Lee en Dracula de la Hammer, Ron Rifkin a le beauté du mal, le magnétisme. Il redevient aussi menaçant et infâme que dans les premiers épisodes de la saison 1. L’aspect « rédemption » est gommé dans cet épisode. Grosse erreur de distribution avec l’interprète de Tambor, un fade bad guy sans envergure en la personne du producteur-directeur de la photo et réalisateur Aengus  James, qui a sagement décidé de ne pas renouveler son expérience ratée d’acteur. Voilà une preuve d’intelligence qui devrait faire méditer la vedette de la série. En dehors de Rifkin, nous avons ici un magnifique salaud avec le trafiquant russe Leo Orissa. Michael Kagan, son interprète, est terrifiant de réalisme. On comprend que « Cold case », « Desperate housewives » et « How I met your mother » aient employé ses talents. Quelle trogne ! Que Leo soit un ami de Sloane n’étonnera personne. Sauf que là où Rifkin s’approche d’un Christopher Lee, l’autre serait plutôt le monstre de Frankenstein !

Saluons aussi le réalisateur qui nous offre un plan inouï : réfugiées sous l’eau dans la mer, Sydney et Nadia voient passer le cadavre de Tambor. Un plan original et audacieux. Voilà un épisode qui ne vous donnera pas envie de boire une cannette de Redbul (boisson à la Thorine).

Mia Maestro se défend fort bien lors des scènes de combat. La distribution décidément destinée à nous éblouir propose le comédien Boris Lee Krutonog, vu dans « A la poursuite d’Octobre rouge » en homme de main du déjà excellent  Michael Kagan. Bon, Nadia, on t’aime tu sais, mais tu n’étais pas obligée de sauver ta sœur dont une simple bimbo a eu raison et nous aurait permis d’assister aux funérailles, sortie honorable pour Sydney, et qui t’aurait permis de prendre le premier rôle. Je crois bien qu’on en aurait repris pour plusieurs saisons avec toi. On ne peut terminer sans adresser un immense merci à Michael Vartan qui s’est fait très discret, tout au plus quelques apparitions fugitives.

 

La critique de Clément Diaz


Thorine noire
est un épisode inhabituellement lumineux au sein de la série. Bien sûr, suspense, action, et haines à peine enfouies sont légion, mais le scénario du duo Schapker-Breen a un caractère presque léger, entre la mission de l’hôtel, qui confine à la comédie, et celle du yacht sous un éclatant soleil. Des missions de luxe pour des espionnes de luxe, car c’est le premier épisode où Nadia et Sydney sont ensemble sur le terrain. Le duo est aussi efficace qu’attachant, alliant charme et bastonnades.

Dixon veut apaiser son esprit à l’égard de Sloane. Il explique vouloir non chasser le passé, mais le transformer : il en tire une force qui l’aide à faire son travail. La différence avec Sydney, incapable de prendre du recul, saute aux yeux. Carl Lumbly est toujours bon, mais le numéro de Jennifer Garner tourne en rond. La haine inextinguible de son personnage blesse réellement Sloane, qui espérait toujours le pardon de celle qu’il considérait comme sa fille. La fin de l’épisode, où on le voit les larmes aux yeux, est une image étonnante d’une humanité pas encore morte. De son côté, Nadia est partagée entre joie d’avoir un père, et défiance envers celui-ci.

La mission de l’hôtel a une allure de fête comique. Les déductions des deux sœurs sur les objets de femme de la chambre de Tambor ont un côté décalé amusant. On rit franchement quand on les voit, pompettes, avec la petite amie de Tambor. Dans la scène d’infiltration, Nadia en fan de football et Sydney en lectrice de potins racoleurs, s’éclatent vraiment. Les commentaires admiratifs de Vaughn et Weiss renforcent cette ambiance d’opérette, à peine troublée par le suspense classique.

La mission sur le luxueux yacht (avec doubles jeux toutes les deux minutes) se déroule avec entrain : pendant que Nadia fout des taloches aux gardes, Sydney joue les trouble-fêtes en menaçant l’acheteur de la thorine de ce que peut faire Arvin Sloane. Que Sloane participe à son portrait de noirceur, répété mot à mot par Sydney qui se permet d’en rajouter, donne un effet sidérant. On termine par un duel féminin bien tapageur, et une coda faussement calme. Nadia et Sydney, et leurs interprètes, forment un duo excellent et très « fun ». Un épisode prenant et original.

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Si Marshall Flinkman parle de son épouse, on ne la voit plus à l’écran.

Premier épisode depuis des lustres qui évoque le pauvre Danny Hecht, ainsi que Fran et Diane.

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8. FACE À FACE
(ECHOES)

 

Scénario : Josh Appelbaum et André Nemec

Réalisation : Daniel Attias

Résumé

Eric est amoureux de Nadia. Pour l’affaire en cours, Sydney y étant mêlée, Jack Bristow remplace Sloane. Anna Espinosa, que l’on croyait morte, refait surface. Nadia fait de terribles cauchemars où elle tue Sydney. Anna prend en otage Nadia. Sark réapparaît.

La critique de Patrick Sansano

Avec ce segment, on revient à la formule feuilleton et « Cliffhanger ».

Retour d’un personnage mythique de la série, Anna Espinosa. On évoque à nouveau le secret de Rambaldi, d’abord  le temps d’une confession de Nadia puis en remettant le prophète au cœur de l’intrigue. La saison 4 continue de bénéficier de bons scénarii. On se demande pourquoi J J Abrams n’y a pas pensé avant. Episode très violent où l’APO coupe des doigts et Espinosa joue avec le feu au détriment d’Anna. Au début, on se lamente de l’absence de Ron Rifkin, mais il revient très vite.

De toute façon, que serait « Alias » sans lui ? Sur une musique sirupeuse et dans un décor de boutique de luxe, nous assistons à un combat fort bien chorégraphié et inattendu entre Anna et Sydney. Sark en prison dit que tous ses os se sont ressoudés, or nous l’avions laissé bien mal en point et l’on peine à croire que David Anders se présente à nous tout beau tout neuf. La CIA de bisounours du monde de Sydney commence à s’approcher de la vraie : on sectionne un doigt, on promet à un détenu de finir sa vie enfermé dans le noir. Cette série post 11 septembre prend ici des allures de Guantanamo, avec  la situation de non droit dans laquelle se retrouve Sark. Sa fausse évasion est une ficelle un peu grosse, et l’on se demande s’il était bien nécessaire de faire revenir ce trop juvénile méchant au physique de minet qui serait plus à l’aise en héros de série télé pour adolescentes. Si Roger Moore se vantait avec « Le Saint » d’avoir fait le tour du monde… dans les studios d’Elstree,

Jennifer Garner peut en dire autant avec « Alias ». Bruxelles, l’Afrique du Sud, l’Estonie défilent sans qu’elle y mette les pieds. Des cartons touristiques remplacent de vrais déplacements qui eux ont lieu dans les James Bond. A nouveau, félicitons les scénaristes, cette-fois André Nemec et Josh Appelbaum, qui ont construit une histoire bien structurée réservant son lot d’émotions fortes et de surprises. On retient son souffle lorsque l’affreuse Anna Espinosa va défigurer la belle Nadia (nous n’en dirons pas plus, cela relève du spoiler) et l’épisode se termine sans que l’on soit certain que cette dernière soit présente dans la suite. On espérait en Estonie un affrontement final Gina Torres (savoureusement odieuse en Espinosa) et Jennifer Garner. Pas de temps faible dans ce segment, pas de parlottes inutiles habituellement si insupportables, pas de jérémiades roucoulantes du couple vedette, et l’on en est vraiment heureux. Quatre melons encore donc, mais Jennifer Garner n’y est pour rien. A nouveau, comme dans la saison 1, nous attendons la suite avec impatience. Trois bons acteurs (Rifkin, Gina Torres des  "Matrix" et de "Gossip Girl", et Mia Maestro) et de bons scénaristes et "Alias" retrouve le chemin des quatre melons.

La critique de Clément Diaz

 

Retour de Sark, et surtout de cette bonne vieille Anna Espinosa, invisible depuis le 8e épisode de la saison 1 ! Le scénario du duo Appelbaum-Némec est davantage un prétexte pour imaginer des numéros flamboyants aux deux guest stars qu’une vraie histoire, mais qu’importe. On se laisse guider par une architecture tripartite en forme de scherzo, où l’histoire de Sark sépare les parties extrêmes consacrées à Anna. Chacun des trois volets est réussi, et l’épisode se paye le luxe de finir sur un cliffhanger dont la sauvagerie balaye tout sur son passage. 

La série a eu la main heureuse en recrutant Mia Maestro. La comédienne n’a pas démérité son nom de famille ! C’est particulièrement visible quand Nadia raconte son rêve à Sydney, mais aussi quand elle refuse de croire aux prédictions de Rambaldi qui condamnent une des deux sœurs. Elle est émouvante dans ces scènes. Gina Torres renfile avec aisance le costume de l’ex agent du KD. Comme toujours, il y’a un décalage entre son comportement très fair-play et souriant, et l’horreur de ses actes. Elle rafle toutes les scènes : son apparition spectaculaire dans le café, sa torture au fer rouge de Nadia entre deux menaces proférées d’un ton affectueux, l’homérique bagarre contre Sydney (l’impressionnante carrure de Torres est un atout de choix). On se demande d’ailleurs si elle n’éprouve pas une vague attirance pour Syd en voyant son comportement caressant, ce qui rendrait le personnage définitivement tordu ! La mission où Sydney se fait passer pour une call-girl est remarquable d’intelligence, de vitesse stratégique, et de dureté (le doigt coupé). Garner est très convaincante en call-girl au parler grave et haché, on s’y croit. Elle aura d'ailleurs l'occasion de jouer une poule de luxe dans une amusante scène du très réussi Attrape-moi si tu peux réalisé par Steven Spielberg. La dernière partie est une superbe poursuite dans une semi-obscurité, baignée par la musique en vagues bouillonnantes de Michael Giacchino. Flingues et baffes pleuvent, jusqu’à un cliffhanger horrifiant. Aaaaaargh !! 

Quant à Sark, il a tous les meilleurs dialogues. Y’a rien à faire : face à Vaughn, ou cerné par dix mitraillettes, il est toujours d’un flegme impossible et dégaine des vannes plus vite que Lucky Luke ; Vaughn en prend plein la figure ! Ça compense le segment tortueux et prévisible de son histoire. David Anders ne semble pas dissimuler son plaisir de revenir dans la série, on ne dissimule pas non plus le nôtre !

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Les comparses de Willem Karg se nomment Anton Matteo et Peter Geiger. Serait-ce une référence à Anthony Geiger, le personnage de Rutger Hauer dans Phase Un (saison 2) ?

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9. DERNIER RECOURS
(A MAN OF HIS WORD) 

Scénario : Breen Frazier

Réalisation : Marita Grabiak

Résumé

Grièvement blessée par Anna Espinosa, Nadia Santos est dans le coma. Sloane négocie avec Sark pour que l’APO retrouve la bombe qu’Anna détient pour le compte de terroristes. Pour le prix de sa collaboration, Sark demande qu’on lui montre le cadavre de Lauren Reed  et que Vaughn ouvre le cercueil!

La critique de Patrick Sansano


L’effondrement de Sark en larmes devant le corps de Lauren est ridicule. C’est en déphasage total avec l’écriture du personnage. Quant à Anna Espinosa, vouloir tuer Nadia à l’hôpital dont nous ne sommes pas sûrs qu’elle s’en sortira est tout aussi idiot. Le scénariste Breen Frazier a deux idées à la suite  bien saugrenues. Dans « Alias », les pires criminels comme Sloane et Sark (voire auparavant Irina) demandent pardon et s’imaginent que l’on va passer l’éponge sur le sang de leurs victimes. Sont-ils naïfs à ce point ? Jennifer Garner se voit contrainte en raison du scénario de jouer le rôle de … Melissa George.

On ne tirera pas sur l’ambulance encore une fois. San’ko en chef du front révolutionnaire ressemble à un vulgaire mercenaire et la connotation « politique » n’est pas crédible une seconde, preuve que le public américain se moque totalement de la géopolitique. Les bonnes résolutions de Sark auront fait long feu lorsqu’il s’échappe et il retrouve là son « naturel » de tueur sanguinaire, mangeant à tous les rateliers. Gina Torres, plaisante à regarder dans d’autres films, nous donne vraiment envie de détester son personnage d’Anna Espinosa. La comédienne joue fort bien et très juste. Elle a beau être très sexy, son jeu fait que le téléspectateur de la série la hait Pour faire un jeu de mot, Anna est une bombe qui ici vend une bombe. C’est là le gros problème avec d’autres membres de la distribution qui ne sont pas une seconde crédibles lorsqu’ils veulent se montrer durs et impitoyables et quitter leurs masques de gentils. David Anders, lui, parvient à nous faire croire à son « Julian Sark » mais jamais à l’importance qu’il a dans le milieu du crime. Roger Wybot, qui créa la DST était un « dur » mais avait un physique d’étudiant angélique et dans ses mémoires, il raconte qu’on avait toujours du mal, pour cette raison, à le prendre au sérieux.  

Voilà l’erreur de casting faite par Abrams avec Anders. Lorsque la production et le réalisateur arrivent (soit-disant) à Venise, le décor fait toc, surtout si l’on compare avec l’excellente série policière allemande « Commissaire Brunetti » (Donna Leon) en production depuis 2000 et réellement tournée sur place. Ce décor de carton pâte et quelques maladresses du scénario font que l’épisode est en dessous, au niveau qualité, des précédents opus. On a envie de dire à Sydney Bristow que sa gentillesse la perdra. Qui a sa place n’aurait pas réglé son compte à Anna Espinosa au lieu de lui passer les menottes ? C’est encore son côté boy scout horripilant. On remarquera que les acheteurs successifs de la bombe, joués par Ilia Volok puis Anthony Cistaro sont loin d’avoir le charisme d’un Benito  Del Toro que la production aurait pu s’offrir en guest star. En 2008, en Che Guevara, il était l’incarnation idéale de ce type de personnage. Ou Edgar Ramirez, si criant de vérité en Carlos.

Dommage que l’on ait préféré deux comédiens obscurs sans charisme. Le fil rouge Rambaldi reste présent à travers les déclarations de Nadia et de Jack Bristow, un peu comme si on voulait faire une piqure de rappel au téléspectateur et raccorder cet affrontement avec Anna Espinosa à la mythologie. Malgré les réserves émises, "Dernier recours" permet à la saison 4 de se maintenir à un niveau de qualité suffisant. Pourvu que ça dure!

La critique de Clément Diaz


Breen Frazier exploite au maximum l’atout Sark qui nous montre ici plusieurs facettes inattendues. Anna sort de sa traditionnelle figure de flingueuse (déjà, elle cause plus), et développe des talents de tacticienne très plaisants. Face à un tel duo, le couple Sydney-Vaughn doit courir pour ne pas être distancé, tandis que l’harmonie fragile entre Jack et Sloane se voit assez compromise. Encore une réussite totale.
 

On se dit que Sark ne changera jamais : découvrant que Sloane est toujours vivant, il réplique This is… classic ! Mais fidèles à leur principe de montrer une part d’humain chez les méchants, les auteurs nous le font voir s’effondrer devant le corps de Lauren. Même envahi par le chagrin, Sark a un exact schéma de chaque situation et peut donc poser des exigences claires et réalisables à ses ennemis ; admirable ! En « homme de parole » très opportuniste, David Anders est le roi de l’épisode. On aime le rendez-vous dans la boîte où Sydney doit se faire passer pour Lauren. En bad girl, Jennifer Garner est au top, et son baiser-morsure très hot à Sark restera comme le baiser le plus inoubliable de la série ! (tant pis pour les fans du couple Sydney-Vaughn). Pendant ce temps, Anna vide quinze chargeurs, fait un plongeon énorme par une fenêtre, fait tourner en bourrique nos héros, liquide son employeur, désactive une bombe… et s’allie avec Sark ! Outre que Gina Torres nous éblouit physiquement, elle est brillante en femme recherchant le pouvoir. Son partenariat avec Sark, scellé au cours d’un dîner mémorable, prépare le rebondissement final (avec nouvelle bagarre cynégétique entre Anna et Syd), et Sark nous quitte non sans un dernier coup d’éclat !

Sloane n’arrive à tenir bon que par sa foi en les prophéties de Rambaldi. Sydney ne peut comprendre une telle attitude, ni ses sentiments paternels sincères, pourtant point incompatibles avec son esprit corrompu, qui, on le sait, se réveillera tôt ou tard. La décision de Jack de risquer la vie de Nadia sert surtout à rendre plus fragile sa relation et son mystérieux « pacte » avec Sloane. La coda où chacun rappelle à l’autre qu’il joue avec la vie de la fille de l’autre est brillamment interprétée. Victor Garber et Ron Rifkin sont parfaits en hommes piégés par leurs propres règles. La saison 4 prouve que sa nouvelle formule continue de marcher.

Les infos supplémentaires

David Anders (Julian Sark) réapparaîtra dans six épisodes de la saison 5 (dont le finale de la série). Gina Torres (Anna Espinosa) dans un seul épisode de la saison 5 : L’Élue. Mais Anna Espinosa sera également présente dans les épisodes 30 secondes et Sixième sens sous les traits de... Jennifer Garner !!

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10. INTIME CONVICTION
(THE INDEX)

 

Scénario : Alison Schapker et J.R.Orci

Réalisation : Lawrence Trilling

Résumé

Sloane a contacté à l’insu de la CIA un ancien membre de l’Alliance. Dixon le découvre. Mais sa supérieure Hayden Chase refuse d’ouvrir les yeux. Sloane maintient son opération pour récupérer un décodeur en France. Sydney et Dixon tendent un piège à Sloane.

La critique de Patrick Sansano


Paris est mieux restitué ici que Venise dans le précédent épisode. Le scénario est palpitant, évoquant la trahison potentielle d’Arvin Sloane. Un jeu du chat et de la souris se met en place, avec d’un côté Dixon, Eric et Sydney et de l’autre l’ex chef du SD6. J J Abrams a décidé pour cette saison de payer au prix fort les scénaristes (ici J R Orci et Alison Schapker), chose qui faisait tant défaut dans les saisons 2 et 3.

Sans de bonnes histoires, pas de série. Le réalisateur  Lawrence Trilling mériterait un blâme pour filmer Jennifer Garner en décolleté sexy dans une scène avec  Mia Maestro elle trop vêtue, quelle faute de goût ! Ron Rifkin continue de jouer les pères idéaux avec conviction, malgré le fait que son personnage pour aboutir à ses fins n’hésite pas à mettre en danger la vie de sa progéniture (cf  l’épisode 03-21 « La traque infernale »).  Sloane aura été l’incarnation humaine de Kaa, le serpent du livre de la jungle. Vaughn a la bonne idée de ne pas participer aux trois quarts de l’épisode et personne ne s’en plaindra.  La scène de l’anniversaire de Nadia permet à Mia Maestro de faire un très beau numéro d’actrice. Elle sait ne pas en faire trop, ne pas tomber dans la mièvrerie. Elle a l’habileté aussi de montrer son déchirement entre son père et sa sœur.

Autre point positif : rarement le personnage de Dixon aura été aussi bien creusé et écrit. Il passe du comparse des missions de Sydney (saison 1) avec ensuite une longue phase de personnage inutile dans le décor  au rôle primordial de déclencheur de la chute de Sloane. Mais le téléspectateur avisé sait que le serpent ne se fera pas prendre aussi facilement et a plus d’un tour de prestidigitateur pour une pirouette de plus qui le mettra hors de cause. Une roublardise de plus au compte d’Arvin. Quel bonheur de voir Mia Maestro prendre la place de l’héroïne. Le sauvetage périlleux de Jack est le genre de scènes qui est habituellement attribuée à Jennifer Garner. Dédoubler l’héroïne en lui donnant quelqu’un d’aussi brillant et charmant est une idée géniale. Revenons sur Angela Bassett (« Malcolm X ») qui incarnait dans le premier épisode de cette saison 4 Hayden Chase. Dans l’histoire de la trahison de Sloane, elle joue un rôle crucial, et apporte une plus value indéniable.

L’épisode se termine à nouveau par un cliffhanger au suspense indéniable. Encore un opus qui mérite largement ses quatre melons. Voilà une série qui revient de très loin après avoir touché le fonds. Notons que l’on a nettement diminué la formule des missions TGV et stéréotypées de Sydney Bristow pour rechercher des intrigues bien soignées.

La critique de Clément Diaz

 


Dans cette saison, les membres de l’APO ont tous plus ou moins des tensions internes : Sydney-Sloane, Jack-Sloane, Jack-Nadia, Sydney-Jack, Sloane-Dixon, Sydney-Vaughn… mais Nadia-Sydney, ça, on l’avait pas encore eu ! Une curiosité découlant de la possible trahison de Sloane, au centre de cet épisode. Le suspense de Schapker et Orci, très présent, remplace l’action et la vitesse, ici en sourdine.

En temps normal, Syd aurait crié victoire de pouvoir légitimement soupçonner Sloane, mais depuis qu’il est le pôpa de sa sœur chérie, Sydney espère au contraire qu’elle se trompe. L’interrogation de Thorine noire sur la recherche de l’apaisement de son esprit envers Sloane trouve une solution : c’est par l’amour sororal que Syd évite de se transformer en boule de haine vengeresse, et cela change de ses déclarations de haine systématiques. Dans cette saison 4, la psychologie des personnages est on le voit plus travaillée. Plus même que les missions, car celle de Paris est certes amusante, mais vite oubliable (sauf le look toujours démentiel de Sydney en casseuse hardcore, et un saut vers l’hélicoptère que n'aurait pas renié Matrix). Grâce à l’ambiguïté dont fait preuve Ron Rifkin, le spectateur ne sait rien de la loyauté de Sloane. La scène du dîner d’anniversaire est l’occasion d’un remake de Page 47 (saison 1) où Sydney s’absente de table le temps de traficoter dans le bureau de Sloane… sauf que là, elle se fait surprendre par Nadia ! Mia Maestro est décidément une grande actrice : jouant presque toujours sur l’émotion (contrairement au rôle plus physique de Garner), elle nous bouleverse à chaque fois. Son discours à double sens, et sa peine de se voir « trahie » par sa sœur et peut-être par son père, sont poignants. En passant, les deux actrices sont à tomber dans leurs robes de soirées. 

Le premier twist final aura peut-être été anticipé, mais le deuxième est moins devinable ! Le tragi-comique de la situation, causé uniquement par Sydney et Dixon, permet une coda décidée (Nadia qui joue à la voiture-bélier), mais qui jette soudainement un froid dans les dernières secondes. La petite intrigue de Vaughn nous laisse de glace jusqu’à la découverte du carnet (twist !) et de l’identité de l’infirmière (twist !!). Un épisode un peu en-dessous des précédents, mais très honorable.

Les infos supplémentaires

Nous apprenons qu’Irina a tué le père de Vaughn en 1979.

Cet épisode date du 9 mars 2005 et il est question de disquette d’ordinateur, technologie dépassée alors depuis plusieurs années par les clés USB.

Anomalie de l’accessoiriste : lorsque Vaughn trouve un carnet secret destiné à son père cadeau de son oncle mourant : on commence en avril 1975, juillet 1975, février 1979, on saute au 15 avril 1990, pour qu’à la page suivante, le carnet s’achève le 21 décembre 1981. En VF, « je ne comprends pourquoi le carnet de Papa va jusqu’en 1982 alors qu’il est mort en 1979 ».

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11. SERVICE COMMANDÉ
(THE ROAD HOME)

 

Scénario : Josh Appelbaum et André Nemec

 

Réalisation : Maryann Brandon

Résumé

En Autriche, le réseau d’un certain Korjev développe une arme secrète, un « viseur biométrique ». Vaughn pense que son père est peut être toujours en vie. Jack Bristow veut approcher Korjev qu’il connaît pour le tuer, alors que la mission a été confiée par l’APO à Dixon.


La critique de Patrick Sansano  

Comme dirait Sir Alfred, le viseur biométrique qui permet à un gadget sniper de tuer quelqu’un  en le traçant  à partir de son ADN, c’est le « MacGuffin », le truc dont tout le monde se fiche mais qui permet de lancer l’intrigue.  Plus tard, il devient « concret » comme nous allons le voir. On regrette vraiment que le budget ne permette pas des déplacements et tournages sur place, l’Autriche étant photogénique. On abuse ainsi de scènes d’intérieur qui elles mêmes ne sont pas authentiques.  On peut comparer les intérieurs de Venise dans l’épisode 04-09 « Dernier recours » aux intérieurs vénitiens de la série « Commissaire Brunetti » pour se rendre compte à quel point les décors de Alias sont cheap.  Sydney compromet un quidam (un serveur) qu’il faut rapatrier en Amérique pour le sauver de Korjev. L’enquête de Vaughn est tout sauf palpitante. Au bout de 21 minutes, on est passé de Saltzburg à Madagascar, de San Diego en Angola mais l’intrigue piétine. Sam Hauser, le type que Sydney a compromis, nous fait penser à Danny Hetch. Celui qui découvre le monde cruel et criminel de l’espionnage.

Cet épisode comporte une séquence qui semble sortir tout droit d’un jeu vidéo : Sydney est poursuivie par l’arme biométrique, une sorte d’hélicoptère jouet télécommandé. On apprécie beaucoup les scènes de Sam/Jason Segel qui assiste au changement brutal de sa vie pour avoir osé draguer Sydney en mission. Il apporte un sel à l’histoire qui sans lui serait fade. « Service commandé » alterne des scènes « humaines » (Bristow devant tuer le mari d’une femme enceinte, Sydney contrainte d’échapper d’Autriche avec Sam) et de l’action high tech. Le dosage est bien équilibré.

Corey Stoll est beaucoup trop jeune pour incarner un ancien complice de Jack Bristow. Encore une belle erreur de casting. On va beaucoup gronder  Mia Maestro qui nous a vraiment manqué, se contentant de quelques scènes, cette « privation » montre l’importance qu’elle a prise dans la série.

On ne sait pas trop où les scénaristes veulent en venir avec le père de Vaughn. Le savaient-ils eux même à ce stade d’écriture de la saison ? C’est l’une de ces intrigues à tiroirs typiques d’Alias.

Mention très bien à Jason Segel, qui a su donner de l’épaisseur à son personnage. Dommage que la production n’ait pas décidé de l’intégrer à l’équipe, il aurait été un substitut de Bradley Cooper. Enfin, peu de scènes de Ron Rifkin dans l’épisode qui malgré tout tient la route.

La critique de Clément Diaz


L’idée de l’épisode avait déjà été traitée de manière plus mineure dans Jeux de piste (saison 3), où Sydney devait réussir une mission, flanquée d’un civil (Will). Ici, Sydney embarque un pauvre civil qui ne lui avait rien demandé, avec autant de succès. L’autre intrigue avec Jack crée un certain malaise, car il doit exécuter un monstre qui est presque son alter ego, en plus souriant et lumineux. L’intrigue tertiaire avec Vaughn ne manque pas d’ironie : tout comme Sydney découvrit le vrai visage de sa mère, Vaughn risque d’être contrarié dans son idéalisation du père. Problème : les deux intrigues principales du duo Appelbaum-Némec sont excellentes, mais leur coexistence nuit au développement de chacune. La réalisation brinquebalante de Maryann Brandon perturbe aussi le plaisir à voir cet épisode.
 

C’est pas tous les jours qu’un tueur assassine votre contact, que vous le rattrapez… et qu’il se suicide ! Passée cette étonnante intro, la mission de Salzbourg nous accroche par le jeu de séduction on/off de Sydney envers Sam (Jason Segel, tout à fait bien en « normal guy »). Compromis par elle, il finit par suivre cette inconnue qui lui déclare qu’il est en danger de mort, et qu’ils doivent fuir. Dans cette collusion entre le monde réel et celui d’Alias, on s’attache rapidement au point de vue de Sam tout à fait dépassé. La scène du contact (encore un double jeu, un !) s’inscrit bien dans la paranoïa ambiante, tandis que le final s’affirme comme un pastiche gratiné de la célébrissime scène de l’avion de La mort aux trousses. Sydney étant poursuivie par un hélicoptère miniature en folie. Une des scènes les plus délirantes de la série ! 

Passons vite sur Vaughn, qui apprend que son père était peut-être un monstre : ça fait de l’effet, mais l’arc doit encore se développer. Jack traque le méchant du jour : un ancien ami. Mis à part un tir dans une rotule, la noirceur de Sasha Korjev n’est jamais montrée, seulement évoquée. Nous ne voyons qu’un personnage chaleureux, attentionné, dont la compagne enceinte est heureuse. L’interprétation nuancée de Corey Stoll est magnifique, très troublante. On sent d’ailleurs, grâce au fin Victor Garber, que Jack éprouve des difficultés à passer à l’acte. Cela rend le dénouement assez dur. Un épisode encore une fois original et recommandable.

Les infos supplémentaires

Flinkman montre une photo de son enfant sur une vidéo.

Corey Stoll, qui incarne Korjev, a joué dans « Jason Bourne l’héritage ».

Jason Segel, l’innocent  Sam, est acteur et musicien.  Il est surtout connu pour son rôle dans la série « Freaks and geeks ».

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12. CICATRICE INTÉRIEURE
(THE ORPHAN)

Scénario : Jeffrey Bell et Monica Breen

Réalisation : Ken Olin

Résumé

L’APO doit neutraliser un certain Cesar Martinez que Nadia Santos a connu durant son adolescence. Nadia, bien qu’impliquée personnellement, ne renonce pas à la mission. De nombreux flash back nous montrent l’histoire de Nadia Santos. En Biélorussie, les chercheurs ont développé un nouveau composant optique appelé verre amplificateur qui a la capacité d’augmenter la puissance d’un rayon laser. Cesar Martinez a été recruté par le groupe « la faction de Djakarta » pour acheter cette arme.

La critique de Patrick Sansano


Dès le début, on comprend que cela va être un « must » de la série. Heureusement que  Mia Maestro est là pour sauver la série haut la main. Parmi les bons comédiens, elle brille de toute sa splendeur. Oublions Sydney et ses  perruques blondes débordantes de vulgarité pour nous concentrer sur Nadia. Dans les scènes de flash back, nous la voyons avec  Sophia Vargas/Sonia Braga, la directrice de l’orphelinat. Dans l’actualité de l’histoire, elle sauve sa sœur et retrouve son complice Cesar Martinez, qu’elle a connu à la sortie de l’orphelinat. L’épisode alterne de façon subtile flash back en noir et blanc et actualité en couleurs.

L’histoire de Nadia occulte totalement l’affaire du père de Vaughn. Ainsi voit-on  Nadia enfant dans un orphelinat en 1992, Nadia ado délinquante, avec toute son évolution. Nadia engagée par les pseudo services secrets argentins. Son histoire d’amour avec Roberto, un homme plus âgé qu’elle, alter ego d’Arvin Sloane. L’histoire d’un SD6 argentin nous est contée, reproduisant grosso modo l’aventure de Sydney Bristow. « Cicatrices intérieures » est un voyage entre le passé et le présent, entre le mensonge et la vérité. C’est un parallèle du passé de Sydney. Mais porté par le talent de la comédienne, la fibre dramatique en fait l’un des meilleurs épisodes de la série.

La mort de Diego, un agent avec lequel travaillait Nadia Santos,  l’exécution du traître Roberto qu’elle commet en toute légitimité mais en désaccord avec Cesar, autant de drames auxquels a été confronté la jeune femme. La présence de Mia Maestro et Sonia Braga est cruelle pour le couple Vartan/Garner qui devient totalement inexistant.  On soupçonnait une enfance maltraitée et douloureuse en voyant se mouvoir Nadia, en percevant sa fragilité lors des précédents épisodes. Nous avons là l’explication d’une grande partie du mystère.

La mise en scène est grandiose. Ken Olin filme l’orphelinat de nuit. L’endroit est glauque et la caméra joue avec la lumière, celle d’une lampe de poche puis le réveil lorsque Sophia arrive. L’aspect  sordide est renforcé par le combat entre l’homme venu enlever une petite fille et Nadia. Puis adolescente, Nadia vole la caisse d’un commerçant avec la complicité de Cesar Martinez. Nous sommes dans un registre infiniment plus grave que les jérémiades habituelles de la boy scout. Lorsqu’ Olin filme la ruelle et le policier qui bat Nadia à terre, on atteint les sommets de la tension.

Sans révéler l’intrigue, Sophia est un personnage qui œuvre totalement dans le registre de l’ambiguité, par exemple lorsqu’elle approuve l’engagement de Nadia dans les services de Roberto et la pousse à continuer dans cette voie. Les révélations finales de l’épisode à Vaughn confirme le trouble qui s’agite autour de Sophia, même si l’intrigue est ici un peu artificiellement rattaché au père de l’agent.

Un épisode porté par deux comédiennes magnifiques, Sonia Braga et Mia Maestro. Dans la galerie des bons acteurs de la série, elles rejoignent pêle mêle Terry O’Quinn, Ron Rifkin,  Melissa George (trop vite sacrifiée), Faye Dunaway, Kurt Fuller, Isabella Rossellini (parfois inégale dans « Alias »). La qualité compte et non la quantité. Les quatre melons sont ici le fruit des deux actrices cités et de Ken Olin.

Parlons de la partition musicale, car « Alias » a fait l’objet de plusieurs volumes en CD par le compositeur Michael Giacchino qui œuvre maintenant sur le reboot de « Star Trek ». Les musiques sont vraiment réussies pour une série qui n’en méritait pas tant. L’épisode recèle quelques joyaux de chansons sud américaines qui parviennent encore à alourdir le climat dramatique et trouble.

La critique de Clément Diaz


Raconter le passé d’un personnage est un défi. Le récit du passé de Nadia selon Jeffrey Bell et Monica Breen est classique, certes, mais s’articule bien aux scènes se déroulant dans le présent. Les longs passages en flash-back (plus de la moitié de l’épisode) bénéficient d’une superbe photographie de Donald E. Thorin Jr. Loin du noir et blanc, il propose une couleur poussiéreuse, remplie d’ombres et tons obscurs. La performance de Mia Maestro achève de faire de cet épisode un pic de la saison.
 

La mission de Syd et la quête de Vaughn passent vite à l’as pour cause de réveil de fantômes du passé de Nadia. Son histoire rappelle celle de Nikita, l’héroïne du film de Luc Besson, dont la première série dérivée, La femme Nikita, est d’ailleurs la grande influence d’Alias. Nous voyons qu’elle a dès son plus jeune âge un tempérament entier, fonceur (maligne évasion d’un orphelinat), bagarreur, mais surtout très gai. Il y’a une fraîcheur joyeuse lorsqu’elle vole, se faufile, ou s’entraîne à la base avec ses amis Diego et César. Une facette que l’on pressentait chez elle, mais qui est ici évidente, grâce à la composition animée de Mia Maestro. 

Sa relation amoureuse avec Roberto sera la cause d’un traumatisme émotionnel irréversible. Une analyse superficielle reprocherait aux auteurs de copier/coller l’histoire de Sydney sur Nadia (toutes deux découvrent qu’elles travaillent pour l’ennemi), mais elle sert en fait à montrer le tempérament plus explosif de la sœur cadette, qui n’hésitera pas à faire payer à son mentor le prix de sa trahison. Sydney, malgré toute sa haine, n’a jamais eu l’intention de tuer Sloane de ses mains, et attend que justice soit faite. Soudain, l’attitude plus intériorisée de Nadia prend tout son sens : sa joie naturelle a été brisée par cette épreuve. Pourtant, Nadia ne regrette pas sa décision comme le confirme son affrontement quasi fratricide avec César (Kevin Alejandro, bel ange tentateur), l’ambigu méchant du jour. César a perdu tout sens du Bien et du Mal, il vénère tel un fils la mémoire de l’homme qui l’a sauvé lui aussi des rues. Au final, c’est un portrait désenchanté d’un sympathique personnage qui ressort de ce magnifique mais souvent cruel retour vers le passé.

Les infos supplémentaires

Première apparition du personnage de Sophia Vargas, interprétée par Sonia Braga. L'actrice est une star en Amérique du Sud. Brésilienne, elle a joué dans « Donna flor et ses deux maris » (1975), « Le baiser de la femme araignée » (1985), et à la télénovela « Gabriela ». Elle apparaîtra dans en tout cinq épisodes de cette saison.

Kevin Alejandro est Jesus Velasquez dans la série « True blood ».

Le principe de l’arme laser qui peut, depuis l’espace, découper des chars, rappelle le plan de Blofeld dans « Les diamants sont éternels ».

Nadia enfant est jouée par Gisselle Castelanos.

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13. LE FANTÔME
(TUESDAY)

Scénario : Drew Goddard et Breen Frazier

Réalisation : Frederick E.O.Toye

Résumé

Sydney est prise au piège lors d’une mission à La Havane et enterrée vivante. Marshall, dont le fils était malade, ne s’est pas rendu au siège de l’APO. Il est le seul à pouvoir  sauver Sydney et mener la mission. En effet, tout le personnel de l’APO suite à un sabotage est prisonnier du quartier général, et la vie de Dixon exposé à un agent pathogène, est en danger. En fait, l’APO a été attaqué par du gaz sarin.

La critique de Patrick Sansano


Toute l’équipe des comédiens d’Alias ayant demandé une augmentation (tous les acteurs sauf un), et J J Abrams ayant sèchement refusé, nos lascars se sont mis en grève. Ou bien toute la distribution a obtenu un congé sauf un acteur. Résultat, Jerry Lewis, pardon Kevin Weisman, ou si vous préférez Marshall Flinkman est seul aux commandes de cet épisode. Le désastre, si l’on est réfractaire à l’humour débile, est à la hauteur  que l’on peut aisément imaginer. Les bons, comme les mauvais comédiens, sont sur la touche ou presque. Avec des vannes qui ne font rire que lui et une vieille commerçante, Marshall va gesticuler, bidouiller une radio, arracher des yeux à un dangereux ennemi, retrouver in extremis Sydney enterrée vivante devant le téléspectateur consterné qui se demande s’il s’est trompé de chaîne et n’est pas en train de voir un remake de « Max la menace ».

Cette-fois, la production a fait fort, puisque l’épisode est à reléguer derrière les pires roucoulades de Sydney et Vaughn. Rien n’est plus atroce qu’un comique qui ne fait pas rire, et tenir quarante minutes devant cette idiotie relève de la torture.

L’épisode n’approfondit même pas les rapports entre Marshall et sa compagne Carrie Bowman.  Cela aurait été l’occasion de faire le point sur leur relation, Carrie n’étant depuis des lustres qu’évoquée. L’inégalité d’Alias se confirme, et après quelques excellents épisodes, on trébuche sur cette ânerie consternante.

Si habituellement, la crédibilité n’est pas le point fort d’Alias, cette-fois nous nageons dans l’absurde. Ainsi, devant un tueur impitoyable, Ulrich Kottor (Ulrich Thomsen), et alors même qu’il ne sait pas parler allemand (on lui souffle ce qu’il doit dire dans l’oreillette), Marshall, qui normalement n’aurait pas dû faire un pas avant d’être froidement abattu, réussit à duper son monde. C’est affligeant de bêtise et grotesque. Après le meilleur, le pire épisode d’Alias.

Il se trouvera quelques esprits forts pour dire que c’est du non sense, de l’humour au vingtième degré, que l’on peut trouver du Mel Brooks ici et là. Pourquoi pas Woody Allen en Jimmy Bond dans le pastiche bondien de 1967 « Casino Royale ». Déjà, Marshall agace dans les épisodes habituels, alors ici, que dire ? Que c’est triste à pleurer d’avoir gâcher 40 minutes de pellicule, et qu’après une série de bons épisodes, on aurait voulu saborder la saison 4 que l’on ne s’y serait pas pris autrement.

La critique de Clément Diaz

 


Le parti pris de donner le premier rôle à Marshall divise obligatoirement : si on n’aime pas le personnage, l’épisode est interminable ; si on le tolère (point de vue de cette critique) voire si on l’aime, alors on y trouve quelques qualités. L’ambiance d’Alias ne se présente pas à la comédie, et les instants comiques de l’épisode apparaissent pesants et déplacés. Drew Goddard et Breen Frazier ont heureusement le réflexe salutaire de ne pas débrider le comique lourdingue du personnage, préférant bâtir de bons suspenses. On marche, avec en prime en plus d’une des meilleures partitions de Michael Giacchino. A la première mission ratée, on préférera l’intro et la deuxième.
 

Les dix premières minutes sont très énergiques : Sydney fait un charmant numéro de salsa, transmet une info à Dixon, se fait capturer par les méchants qui tuent son contact et… l’enterrent vivante ! Sydney n’étant pas la black mamba de Kill Bill, elle est dans une m erde noire. Pendant ce temps, dans un effet aussi dévastateur que l’invasion du SD-6 dans The Box (saison 1), l’APO voit son sanctuaire violé par un disque dur pathogène qui met tout le monde en quarantaine : un coup de Jarnac qui donne à Marshall, par ailleurs auteur d’une berceuse hilarante, la position de dernier espoir. 

La mission de sauvetage peine à convaincre : humour pas drôle (les bidouillages de Marshall), plan de campagne bâclé (pourquoi ne pas faire appel directement au satellite ?), artificielle scène de Sydney délirant sous le manque d’oxygène… Mais la deuxième mission joue à fond sur le décalage entre le peu d’aisance de Marshall et les gars à trognes patibulaires qui l’entourent (la saison suivante réitéra ce procédé avec Rachel Gibson). Son face-à-face avec le méchant du jour est crédible du moins dans la fantasmagorie d’Alias car il compense son inexpérience par son intelligence surdéveloppée. Ok, la balle perdue, c’est vraiment une grosse ficelle à la Max la Menace, mais le gag gore de l’énucléation (l’œil est inutilisable, découpez l’autre !) ainsi que le final en fusillades (Sydney à la rescousse !) finissent convenablement un épisode dont la qualité principale, bizarrement, est de ne pas être allé au bout de son idée peu convaincante de départ. 

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Nous voyons dans cet épisode la compagne de Marshall Flinkman, Carrie (Amanda Foreman),  et son enfant.

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14. CONTRE-MISSIONS
(NIGHTINGALE)

 

Scénario : Breen Frazier

Réalisation : Lawrence Trilling

Résumé

Vaughn cherche la vérité sur son père. Avec Sydney, il découvre une piste qui mène à deux hommes. Bizarrement, Jack Bristow et Arvin Sloane complotent contre le couple.

La critique de Patrick Sansano


L’embellie d’Alias n’aura pas duré longtemps. Nous devons subir à nouveau le couple Vartan/Garner. On retrouve les relations conflictuelles Sydney/Jack je t’aime ma fille, je ne t’aime pas mon père. Michael Vartan ayant le charisme d’une endive, nous sombrons dans une somnolence inévitable. Le double jeu de Sloane et de Jack Bristow ne suffit pas à nous réveiller. On comprend que ces deux-là ont des secrets cachés. C’est à nouveau l’atmosphère saison 2/saison 3 qui règne. Retour des missions à deux balles de la gymnaste. La vérité sur le père de Vaughn est censée nous passionner.

Soyons tout de même rationnels : il ne s’agit pas à nouveau d’un épisode atroce comme « Fantôme », mais ici le niveau ne se démarque jamais du minimum syndical de la série. C’est très bavard. Ron Rifkin et Victor Garber ne parviennent pas à nous passionner avec leur secret. Pour une fois, Rifkin, le meilleur comédien d’Alias, est ennuyeux. Un comble. Tout a un air de déjà vu. Mia Maestro est occultée. Nous n’avons pas envie d’accabler la série qui vient de nous offrir une série de belles histoires, mais nous restons frustrés. Vers la trentième minute, Sydney enfermée dans la chambre du réacteur d’une centrale nucléaire nous sort de notre torpeur. On notera que Vaughn a de drôles de façon de dire je t’aime (spoiler).

Pour la première fois, la duplicité de Vaughn et de Sydney dépassent celle d’Arvin Sloane. La belle musique de Giacchino est gâchée par un insupportable slow braillard digne d’alerte à Malibu. Limité à des apparitions homéopathiques après "fantôme", Marshall devient supportable. Un épisode mineur.

La critique de Clément Diaz

 


Baisse de forme dans cet épisode. Il n’y a rien d’honteux en soi dans le scénario de Breen Frazier, mais le rythme reste à la traîne. Globalement, on dénote une panne d’inspiration dans les missions de cet épisode, rapidement expédiées. Mais le complot Sloane-Jack qui prend ici plus de chair, ainsi que le mystère (eh oui encore un !) entourant le père de Vaughn, évitent que Nightingale soit trop indolent.
 

Dans l’introduction, nous voyons les effets du projet Nightingale, ou comment transformer en quelques secondes de la chair humaine en bouille pâteuse. La scène est d’une horreur assez inédite dans Alias ! Mais très vite, le soufflet retombe. Si on est attiré par les messes basses des deux ennemis Jack et Sloane, ici alliés par et pour des raisons qui nous échappent encore (mention d’Elena Derevko, la 3e sœur), on est un peu dubitatif devant la mission en Allemagne, dont on ne retiendra que deux moments : le déguisement fort ravissant de Syd, et la petite empoignade saluée par une tablée qui lève ses verres : une petite pointe d’humour !

La mission Nightingale peine autant à nous intéresser, avec son plan très froidement appliqué, sa mise en scène peu animée, et un suspense qui ne prend pas (le compte à rebours ralentit pas mal, même avant le processus de ralentissement). Il n’y a pas de scènes inutiles, mais on ne s’intéresse tout simplement pas à l’histoire, très conventionnelle. Les acteurs font le minimum syndical, sauf Victor Garber, qui accroît avec intensité la dimension de tueur glacé de son personnage. 

La scène de la bibliothèque est bien plus intéressante avec le contact de Vaughn qui a des méthodes bien à lui pour organiser un rendez-vous (ah, faut reconnaître que le coup de la seringue, ça, on ne nous l’avait pas encore fait !). Quant au plan B de nos héros, il est téléphoné, et même téméraire. Mais pour une fois, ils se montrent plus roublards que Sloane lui-même, ce qui est à noter. 

Episode pas désagréable mais très mollasson.

Les infos supplémentaires

Michael Kenneth Williams (Roberts) est au générique de « Infiltrés » avec Susan Sarandon (2013).

On évoque à nouveau Katya Derevko, la tante de Sydney.

Premier épisode où nous entendons Vaughn dire ouvertement à Sydney « I love you ».

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15. HAUTE VOLTIGE
(PANDORA)

Scénario : J.R.Orci et Jeff Pinkner

Réalisation : Kevin Hooks

Résumé

Vaughn a disparu avec une bobine, suivant l’enquête sur son père. Il devient un paria. Il retrouve  Roberts et veut toujours des informations sur son père en échange de la bobine. Katya Derevko téléphone à Nadia Santos. Vaughn est appâté par des photos de son père vivant. Katya fait des révélations à Sydney.

La critique de Patrick Sansano


Un épisode qui commence par une confrontation entre Isabella Rossellini et Mia Maestro réconforte après les deux précédents opus. Marshall se fait du soucis pour le père de Sydney qui a été irradié dans l’épisode d’avant mais se fera réprimander par Sloane et par la personne concernée. L’enquête et les états d’âme de Vaughn fait baisser l’intérêt. Vaughn pour savoir la vérité est entraîné dans un vol. L’équipe de Roberts comporte une certaine Sabrina (Izabella Scorupco, une des James Bond girl les plus fades de la saga, celle de GoldenEye). Dixon est envoyé remplir une mission secrète.

Mia Maestro a vraiment beaucoup de talent. Elle apparaît et occupe immédiatement l’écran à elle seule. Quelle mauvaise idée par contre d’avoir invité la 007 girl  cuvée 1995 Izabella Scorupco, que l’on ne reconnaît d’ailleurs pas. Ron Rifkin et Isabella Rossellini rivalisent avec Mia Maestro comme plus talentueux comédien de l’épisode. Cette émulation est bénéfique à la série. L’échange Nadia/Arvin Sloane nous ravit, deux bons acteurs qui se renvoient la balle comme des champions de tennis. Dans les scènes d’émotion, Mia Maestro est plus que convaincante.

Le gros point faible de l’épisode est l’aventure de Vaughn avec la bande de Roberts, qui se croise avec la mission de Dixon.  Les rebondissements style Irina est morte, le père de Vaughn est vivant finissent par fatiguer. L’épisode se termine sur une image étonnante. Les comédiens sont brillants mais le scénario ne suit pas. A trop surenchérir dans les scènes chocs et nous faire entrer de plein pied dans l’incroyable, la série ne gagne rien. On regrette beaucoup l’atmosphère de « Cicatrices intérieures » qui avait orienté Alias dans une meilleure voie.

La critique de Clément Diaz

 


Attention, révolution dans cet épisode : davantage que la venue d’Izabella Scorupco (la James Bond girl de GoldenEye entre autres) c’est de voir Sydney rester bien au chaud à la maison ou à l’APO, pendant que Vaughn se tape tout le boulot ! Le choix audacieux de J.R.Orci et Jeff Pinkner se justifie par l’arc Bill Vaughn, quête personnelle de Michael. L’alliance volontaire du jeune homme avec les terroristes est non seulement pleine d’action enlevée, et bénéficie d’un superbe méchant, mais elle approfondit en plus son personnage, sa détermination à connaître la vérité. Le premier twist final aura été deviné par les plus malins, mais n’en reste pas moins un bon moment d’ironie, tandis que la bombshell finale est, elle, véritablement explosive !
 

Le piège se referme doucement sur Vaughn, qui ne comprend que peu à peu ce à quoi il a été entraîné. L’épisode doit beaucoup au fantastique Michael K.Williams en méchant qui s’assume, qui sait autant contrôler Vaughn que lui laisser un peu de marge. L’atout charme Izabella Scorupco, aussi convaincante en tueuse qu’en séductrice (malchanceuse envers Vaughn, preuve du non-réalisme de la série), donne à la mission de l’hôpital beaucoup de cachet. Les duels cinglants entre Roberts et Vaughn, avec force bluffs et manipulations, rythment régulièrement cette intrigue efficace. Le vol du manuscrit de Rambaldi est parfaitement minuté, avec en point d’orgue les trois balles que reçoit Dixon (comme lui, on se pince pour y croire). 

A l’APO, nous avons un amusant comique de répétition de Sloane qui ne contrôle plus trop ses employés : en sus de la désertion de Vaughn, Sydney nie avoir reçu un SMS de Vaughn, et ne change pas de tête quand son boss la confronte à son mensonge. Pendant ce temps, Jack expédie Dixon dans une mission secrète sans avertir Sloane, et même Marshall fait des analyses en douce. Ajoutez le diabolique piège dans lequel Sloane s’apprête à tomber, c’est décidément un sale temps pour lui. La réapparition de Katya Derevko est éclatante : en plus de son auto-empoisonnement avec un poison très… particulier, elle nous fait une révélation (pour changer) qui modifie encore quelques cartes de la série. Ajoutez les étourdissantes dernières secondes, et l’épisode n’a aucun mal à s’ancrer durablement dans la mémoire.

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16. SLOANE & SLOANE
(ANOTHER MISTER SLOANE)

Scénario : Luke McMullen

Réalisation : Greg Yaitanes

Résumé

Le chef de Roberts, un homme qui ressemble à Sloane et se fait appeler ainsi, enlève une jeune femme, le docteur  Maggie Sinclair, pour travailler sur le secret de Rambaldi. Tout cela compromet le vrai Arvin Sloane.

La critique de Patrick Sansano


Le faux Sloane n’est pas à la hauteur du premier. La ressemblance n’est pas évidente, moins flagrante lorsqu’il enlève ses lunettes. C’est Joel Grey qui incarne le « double ». Toutefois, le script cette fois tient la route. Un piège est tendu dans un hôtel avec  un petit côté « Mission Impossible » pas désagréable. Sydney aperçoit le clone de Sloane. Le plan tourne mal. Les scènes de torture de la pauvre Maggie Sinclair sont difficiles à supporter. La mythologie Rambaldi revient au premier plan. On fait ainsi le lien avec les autres saisons. Le côté science-fiction est bien plus passionnant que les intrigues d’espionnage sur le père de Vaughn.

Les rapports père fille entre Sloane et Nadia sont creusés au travers de plusieurs échanges et dialogues percutants. Lorsque de bons comédiens parlent, ce n’est jamais bavard. L’imposteur provoque une panique dans le réseau des relations de l’original. Pas bileux ni rancunier, Dixon accepte de repartir en mission avec un Vaughn qui a bien failli le tuer dans « Haute voltige ». Devant les créations rambaldiennes  de son clone, Sloane a des yeux d’enfants entré dans un magasin de confiseries sans surveillance que le vendeur aurait déserté.

A part quelques ratés comme « Fantôme », cette saison 4 a décidément le vent en poupe. La folie d’Arvin (le vrai) est plus que jamais présente en lui.  Mention spéciale à Ron Rifkin dans la scène dantesque où il massacre un complice de son clone. Il est digne d’être comparé à un Hannibal Lecter/Anthony Hopkins dans ce genre de scènes. Un excellent épisode.

La critique de Clément Diaz

 


Another Mister Sloane
prend comme prétexte l’idée d’un double de Sloane pour mieux analyser le vrai Sloane. Sur ce point-là, Luke McMullen peut se reposer pleinement sur la performance-choc de Ron Rifkin. Après 15 épisodes dans le droit chemin, Sloane plonge temporairement dans la folie dévorante inspirée par Rambaldi, dont les inventions agissent comme une fumée corruptrice sur son esprit. La dernière scène, une des plus insoutenables de la série, vaut tous les cliffhangers du monde. 

Malgré un très bon Joel Grey, le faux Sloane est loin d’impressionner ; la copie ne vaut pas l’original ! D’ailleurs, l’apparition de ce double sorti du diable vauvert est avouons-le un peu grosse, on aurait déjà dû en entendre parler. Mais en fait, la vérité est ailleurs : elle est d’abord dans la double mission. Celle se déroulant à l’hôtel est pleine de suspense avec un remake pétrifiant de la scène de l’ascenseur de Talon d’Achille (saison 2). L’invasion du repaire d’« Arvin Clone » est un concentré d’action trépidante dans des galeries et souterrains qui semblent infinis (les claustrophobes apprécieront), avec la participation de Sloane himself ! 

Mais le plus important, c’est la métamorphose de Sloane. Au début, il est plein de sincérité et de bonne volonté. Alors que Jack menace de le tuer, il se défend avec calme et logique. Lorsqu’il déclare tout son amour à Nadia, pour qui il a abandonné Rambaldi, il est émouvant (et Mia Maestro lui donne parfaitement bien la réplique). Le voir contraint de se replonger dans son obsession séculaire est donc un déchirement, comme s’il savait déjà que l’attraction funeste du génial inventeur allait le reprendre. Et ça ne rate pas : les regards fous de Sloane devant les artefacts de Rambaldi sont d’une force terrible, où un désir monstrueux se lit en lui. On les revoit lorsqu’il se retrouve devant la sphère rouge qui hante la série depuis le pilote. Notre esprit s’interroge momentanément sur le sens qu’a pour Sloane le mot de passe « Jacquelyn », mais est vite accaparé par le massacre du second du faux Sloane par un Sloane (le vrai) enragé. Dans le top 5 des plus grandes scènes de la série ! Un déchaînement de violence sanguinaire qui finit sur une image terrifiante : Sloane ayant basculé dans une démence inédite. Ron Rifkin n’a jamais été aussi glaçant, et on sera soulagés de le voir "retourner à la normale" dans les épisodes suivants.

Les infos supplémentaires

Joel Grey est né en 1932. Il est surtout connu pour « Cabaret » (1972). Le choix de Joel Grey pour jouer le clône d’Arvin Sloane s’explique par le fait qu’il était courant que lui et Ron Rifkin soient confondus dans le milieu.

Michelle Roberts, qui incarne Maggie Sinclair, a joué un rôle récurrent dans « Star trek la nouvelle génération ».  On l’a vue aussi dans « Homicide », « 24 heures chrono », dans le remake de « Galactica », et enfin dans « True Blood ».
Pour la première fois, il est question de mariage entre Nadia et Eric

Sloane déclare que c’est la première fois qu’il est sur le terrain avec Sydney. C’est à demi-vrai : il est ici partie prenante de l’action, mais il l’était déjà dans une moindre mesure dans Sans issue (saison 3). 

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17. EN SURSIS
(A CLEAN CONSCIENCE) 

 

Scénario : J.R.Orci

Réalisation : Lawrence Trilling

Résumé

La faction de Belgrade, groupe terroriste, vient de frapper en Indonésie. Un agent de la CIA, Raimes, infiltre le groupe. Nadia reçoit un appel de Sophia. Celle-ci a été agressée violemment. Jack est soigné pour les radiations qui l’ont mis à mal. Il apprend qu’il est condamné.

La critique de Patrick Sansano


Retour de l’excellente Sonia Braga. Lorsqu’il est au chevet de Sophia Vargas, Arvin Sloane a des airs de brave type à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Difficile de croire que c'est le même qui massacre à froid un homme qui ose toucher à son secret de Rambaldi, tel le Michael Meyers enfant dans le remake de Halloween en 2007 de Rob Zombie qui tue à coup de branches de bois un camarade de classe qui s'est moqué de lui.

 La perspective de la disparition du fade Jack Bristow ne nous fait ni chaud ni froid , le docteur lui dit que son état se dégrade de jour en jour .. Après un opus rambaldien, on revient au contre espionnage classique et à la lutte anti-terroriste typique post 11 septembre (l’attentat en Indonésie). L’intrigue « classique » est réhaussée par les échanges entre Sloane et Sophia.

L’épisode connaît cependant un essoufflement rapide. Raimes l’agent infiltré évoque avec Dixon ses souvenirs, scène de « remplissage ». Le méchant du jour, Kradic, ressemble à de multiples terroristes vus au cours des précédentes saisons. La mission tombe dans les redites. A la CIA, on sauve la vie de ses collègues en leur tirant dessus et en les ratant plus ou  moins involontairement. Ce fut le cas de Vaughn « tué » par Sydney pour prouver sa loyauté il y a longtemps, ici c’est Dixon qui s’y colle avec le malheureux Raimes. Drôle de métier !

L’épisode se termine sur une révélation absolument saugrenue. Les scénaristes commencent à ne plus contenir leur imagination.

La critique de Clément Diaz

 


Après un intermède Rambaldi, retour à un bon vieux loner : c’est ce qu’on se dit pendant la majorité de l’épisode. Ben non, tout faux, le scénario de J.R.Orci arrache dans les dernières secondes un cliffhanger dantesque tout en raccordant avec surprise les deux tronçons de l’épisode. Sophia Vargas, patronne de l’orphelinat de Nadia, revient dans cet épisode (après The orphan). On sent que sa venue n’est pas gratuite, et le mystère plane autour d’elle. La mission de… Dixon (Syd a-t-elle posé des RTT ?) est palpitante avec une mission d’infiltration plus coriace que l’habitude. Pendant ce temps, le volet Jack irradié (Nightingale) ouvre de nouvelles perspectives. Ces éléments sont autant de graines semées qui vont germer dans le final en trois parties.

Dixon revient à l’avant-garde, ça faisait longtemps ! A rebours du cliché habituel, Vaughn a quelques difficultés à neutraliser le vrai hacker (très bonne poursuite), dont Dixon usurpe l’identité. Il fait équipe avec l’autre agent infiltré, Raimes. Raimes est un espion inhabituellement plus réaliste dans la série, qui doit opter pour des choix éthiques douloureux (tuer quelques innocents pour en sauver des milliers d’autres). Amer, solitaire, et fatigué, c’est un des personnages les plus torturés de la série, que Nestor Serrano rend plus vrai que nature. Son sacrifice final, acte de bravoure et de résignation mêlées, est un grand moment d’Alias. Pendant que Vaughn renoue avec son côté obscur (lacérations de prévenus), Dixon joue les bluffeurs (Carl Lumbly toujours bon). La scène des toilettes puis celle du rendez-vous où il joue les vantards sont autant d’excellents moments.

Jack doit composer avec la nouvelle de son irradiation. Entre rendez-vous graves avec son médecin (Michael McKean, aussi génial que dans les X-Files), silence qu’il s’impose à sa fille, et arrachage de peau évoquant Alien, Victor Garber met tout son talent pour nous faire partager les douleurs de son personnage. Grâce à l’interprétation tout en aspérités de Sonia Braga, Sophia Vargas sort vite de sa figure de victime par son comportement ambigu : amour profond pour Nadia suspect, passé chargé, dureté de ton... La révélation finale est tout simplement énorme !

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Nestor Serrano (Raimes) n’est pas un inconnu. On l’a vu dans « L’Arme fatale 2 », l’épisode  « Milagro » des X Files », « 24 heures chrono »

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18. RÊVE EMPOISONNÉ
(MIRAGE)

Scénario : Steven Kane

Réalisation : Brad Turner

Résumé

Le cancer que Jack Bristow a contracté en étant irradié provoque chez lui des hallucinations. Sophia est en fait la troisième sœur Derevko. Jack disparaît. On retrouve sa veste sur un vagabond. Sloane suggère de « transfèrer » le père de Sydney dans le passé pour retrouver le docteur Liddell.

La critique de Patrick Sansano


Une troisième sœur Derevko, mais c’est un véritable élevage ! Etant la responsable de l’orphelinat de Nadia, cette identité est complètement absurde. A vouloir trop en faire, on tombe dans l’absurde. Quand aux hallucinations de Jack, le docteur qui le soigne en ferait partie. Jack se croit encore marié avec Laura/Irina. Sydney doit jouer auprès de son père le rôle de sa mère. Sloane suggère de faire croire à Jack que l’on est en 1981.

Plus sobre que d’habitude, Jennifer Garner est « supportable ». Malgré le peu de compassion qu’inspire Jack, l’histoire est émouvante. La belle partition de Giacchino aide les scènes à mieux passer. L’épisode a un petit côté « Code Quantum » avec la télévision qui parle de l’attentat contre Ronald Reegan. Le scénario bien construit parvient à nous captiver.

Comme quoi, ce n’était pas si difficile de faire de la qualité, et il a fallu attendre la quatrième saison pour que cela arrive. Il y a ici une véritable intrigue et non une mission TGV dupliquée à l’infini et toujours sur le même schéma. Jennifer Garner gagne à éviter l’aspect geignard dans les scènes  d’émotion.

Celui que nous saluons ici, c’est Steven Kane, le scénariste. Il est vraiment très bon. On regrette par contre le développement de Sonia en sœur Derevko qui date de la fin de l’épisode précédent.

On ne cache pas notre plaisir de voir beaucoup Nadia Santos. Du bon boulot.

La critique de Clément Diaz

 


Dans Facade (saison 3), la CIA reconstruisait une chambre d’hôtel pour leurrer un contact du Covenant. Steven Kane reprend le concept mais avec encore plus de force : Jack, perdu dans ses hallucinations, se croit 25 ans plus tôt, obligeant l’APO à reconstruire la maison d’époque pour lui soutirer l’info capable de le guérir, qu’il cache dans son cerveau malade. C’est une des séquences les plus mirifiques d’Alias, où le temps semble s’arrêter. Entre-temps, l’épisode nous permet de voir Sophia/Elena en agent double froide et efficace (bin voyons), et nous régale d’un brillant twist après le générique. Victor Garber et Jennifer Garner accomplissent un formidable numéro d’acteurs, parachevant la réussite de cet épisode inattendu.
 

Le début de l’épisode joue sur l’adrénaline avec succès : la mission de Dixon s’achève avec force bagarres, rebondissements (la tierce personne), bluffs (l’hydrosek menaçant de tomber dans la canalisation), sans oublier une très belle tenue de Sydney. Mais l’épisode vire rapidement dans le drame psychologique où Jack se remet entre les mains de Liddell pour guérir. On sent comme une menace émanant de cette situation, grâce à la révélation du vrai état de Jack, et le jeu faussement lisse du génial Michael McKean. Lorsque le voile de l’illusion se déchire, on ne peut qu’applaudir ces scénaristes qui après 84 épisodes, réussissent encore à nous mener par le bout du nez ! Pendant ce temps, Sonia Braga passe incessamment de la douceur à la cruauté maléfique : elle oppresse son acolyte (on a pas envie d’être à sa place), sourit à pleines dents à Nadia et Weiss, tout en ayant la main sur un révolver. Décidément, les dîners tranquilles ne sont pas l’habitude de la série ! La contre-attaque finale est pleine de suspense, on passe très près d’un clash mémorable ! 

L’épisode doit beaucoup à son cœur : c’est une excellente idée de mettre Jack en pleine crise d’hallucinations. Outre que Victor Garber suscite l’effroi par les délires de son personnage, cela permet la grande séquence du « retour dans le passé » avec Sydney incarnant Irina Derevko !! Jennifer Garner est divine dans ce double rôle, et elle a un charme inouï grimée en Laura Bristow. Kane développe cette idée excitante avec un succès unanime, rien ne manque : Sydney/Irina jouant à l’épouse aimante, la petite fille incarnant l’innocente jeune Sydney, Jack d’abord méfiant (torrents de suspense) puis se laissant convaincre de cette réalité alternative, le décor de la maison, vestige ressuscité pour quelques temps d’un passé heureux mais révolu (l’épisode joue beaucoup sur la corde de la nostalgie de ce temps perdu). Le souhait final de Jack est à tirer les larmes, c’est une des plus belles déclarations d’amour du personnage. La coda est pleine d’espérance. Un des joyaux sublimes de cette saison.

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Première (et dernière) fois que nous voyons l’appartement de Jack Bristow.

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19. L'ORCHIDÉE SAUVAGE
(IN DREAMS)

Scénario : Jon Robin Baitz

Réalisation : Jennifer Garner

Résumé

Le faux Sloane se rend dans un monastère en rapport avec Rambaldi. On y a établi des ruches avec des abeilles sans agressivité. Mais surtout on trouve une orchidée rare. Avec l’invention de Rambaldi (la boule rouge), le faux Sloane rend les abeilles tueuses.

La critique de Patrick Sansano

 

Dans le James Bond « Moonraker », il était déjà question d’une orchidée (orchidea negra) que Drax utilisait pour faire un gaz mortel. Ici, c’est une fleur faite sur la base des écrits de Rambaldi. L’orchidée est donc une source d’inspiration pour les scénaristes. On découvre que la boule rouge (la machine de Muller), œuvre de Rambaldi réalisée par Sloane, est un instrument de mort.

L’épisode est réalisé par Jennifer Garner. Il n’est ni moins bien ni pire que les autres au niveau mise en scène. Mais bon, si cela pouvait donner à l’idée à la dame de rester derrière la caméra… Le faux Sloane tente de discréditer le vrai. Il veut aussi compromettre Jack Bristow.

Nous trouvons alors un personnage bien connu des amateurs de fantastique, ici dans le rôle de Calvin Mc Cullow. Une face de cauchemar. Angus Scrimm, le fossoyeur  aux boules  d’acier volantes tueuses qui transpercent les crânes. Par contre, une certaine confusion s’installe entre le faux et le vrai Sloane. Le faux Sloane se dit « dans le camp des gentils » et « pour l’éradication du mal ». Ce qui contraste avec la façon dont le clone a tué froidement le moine dans le pré-générique. Nadia continue d’apporter sa plus value (à la limite, on aimerait mieux deux Nadia que deux Sloane). Joel Grey en clone en fait trop et est un peu à limite du ridicule. Heureusement, il ne gâche pas l’épisode. Dans cette intrigue, on peut scanner et transférer un cerveau, voilà qui servirait bien aux Miss France et aux pseudo- vedettes de la télé réalité.

Soumis à une expérience d’hypnose, Sloane retrouve Emily (Amy Irving). Ce flash back nous permet de retrouver un personnage mort. S’il y avait eu une saison 6, on aurait pu par ce stratagème ressusciter Lauren. A nouveau, Ron Rifkin retrouve sa dimension de grand comédien. Nous découvrons (spoiler) un drame caché du couple Emily-Arvin.  L’épisode se hisse à un excellent niveau grâce à Rifkin, l’intrigue étant parfois un peu confuse. Mais nous avons de belles images, celles des rêves. L’épisode rappelle parfois « L’innocent » et le cauchemar provoqué par les envahisseurs à David Vincent. Quant à Mia Maestro, elle renvoie très bien la balle à Rifkin. Un bien bel  épisode.

La critique de Clément Diaz

 

 

Le plus bel épisode de la série. 

Cet épisode est une pause dans la succession des loners et de la Mythologie. Il est unique, à part. Pas d’action, pas de conflit d’intérêts, pas de gros méchant. Seulement une nouvelle exploration du personnage d’Arvin Sloane, qui à travers une expérience d’hypnose régressive, nous montre une face cachée de sa personnalité. La réalisation de Jennifer Garner trouve de superbes idées pour filmer somptueusement les scènes oniriques, on peut regretter qu’elle n’ait pas continué dans cette voie. L’idée démente de Jon Robin Baitz consistant à faire du faux Sloane une copie cérébralement parfaite du vrai permet des situations rocambolesques d’un humour très noir. Ron Rifkin est d’une majesté insurpassable : à chaque scène, il est immense. 

On commence en fanfare par le faux Sloane s’invitant dans un monastère particulier : il est dévoué à Rambaldi, le père supérieur est dans un bureau de travail, les gardes ont des fusils… le McGuffin est une orchidée du XIIIe siècle convoitée par Arvin Clone. Grâce à la Machine Muller, il enclenche une invasion d’abeilles tueuses ; bref, une intro sous acides ! « Arvin Clone » est une copie exacte d’Arvin Sloane : souvenirs, actions, émotions, il EST Arvin Sloane ; il connaît même Sydney, Dixon, Jack alors qu’ils ne se sont jamais vus… Les dialogues entre lui et les membres ébahis de l’APO sont pleines d’humour grinçant. Sa fin tragique liquéfie le sang, un choc. La sortie héroïque de McCullough, invisible depuis Phase Un (saison 2), est aussi une excellente idée. La révélation de l’objectif ultime des Sloane est un foudroyant retournement : Sloane a accompli des actes cruels pour la cause la plus humaine qui soit : le endgame caché de Rambaldi. C’est d’une virtuosité étourdissante.

Nous pénétrons dans la plus intime partie du cœur de Sloane, où couve un traumatisme dévastateur dont il ne s’est jamais remis. Les images idylliques sont filmées par Jennifer Garner avec une maestria stupéfiante. Si elle a été conseillée, elle a bien suivi les conseils de l’équipe ! Outre le plaisir de revoir Amy Irving, il y’a une émotion magnifique qui déborde, grâce aux mots mesurés de Baitz et au gargantuesque talent de Rifkin, dont c’est l’unique fois de la série qu’il s’effondre en larmes. La tentative de Sloane de demeurer dans un imaginaire paradisiaque, à l’abri de sa conscience tourmentée, est bouleversante. L’imaginaire comme ultime refuge, voilà une thèse que n’aurait pas renié le réalisateur de Brazil ! Michael Giacchino se surpasse : sa musique enchantée, jusqu’à de vibrants violons, est inoubliable.

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Angus Scrimm était « the tall man » dans la saga horrifique « Phantasm ».

Unique réalisation par un acteur principal de la série : Jennifer Garner elle-même. Aucun réalisateur n’étant disponible pour cet épisode, elle accepta de le diriger. Elle n’a jamais réitéré l’expérience, expliquant qu’elle n’a pas l’intention de poursuivre cette voie.

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20. DE CHARYBDE...
(THE DESCENT)

Scénario : Jeffrey Bell

Réalisation : Jeffrey Bell

Résumé

Vaughn demande la main de Sydney à Jack ! Hayden Chase, qui supervise l’APO lance une perquisition au quartier général et s’en prend à notre chère Nadia. Sophia Vargas étant Elena Derevko, elle a compromis Nadia.

La critique de Patrick Sansano


Cela pourrait bien commencer (Nadia Santos sous la douche) mais l’atmosphère dramatique nous submerge. Il n’est pas trop tard pour dire que le générique de cette saison 4 mettant en valeur la seule Sydney n’est pas représentatif, car nous voyons à l’œuvre une équipe et non une héroïne seule. Pour en revenir à nos moutons, Elena Derevko est un peu la sœur de trop. Dans le chaudron scénarique, c’est la goutte qui fait tout déborder. « Alias » repose sur une alchimie fragile. Après un début de saison 1 génial (le drame de Danny Hecht), nous avons subi une fin de saison et deux saisons catastrophiques. L’embellie est revenue avec la saison 4. Mais la série n’a jamais reposé sur des fondations qui ne soient pas de sable, à la différence de tant d’autres (« Mission Impossible », « Hawaii police d’état », « Columbo ») qui peuvent être revues à l’infini. Une fois les cinq saisons vues on n’a nulle envie de se repasser la série. C’est une série à révélations et une fois celles-ci faites, l’effet de surprise disparaît. Cela pour dire qu’après les sommets, la suite peut retomber dans la médiocrité.

Et malgré Mia Maestro et Ron Rifkin, « De Charybde » sent vite le ratage. Par faute d’un script de Jeffrey Bell faible. La surenchère de faits de plus en plus abracadabrants nuit à l’ensemble. Ici, on veut éloigner Sloane de Rambaldi comme un alcoolique de sa bouteille. Hayden Chase est une pimbêche avec laquelle rien n’est négociable et aucune discussion possible. Mais en faire la maîtresse d’un des personnages principaux (spoiler) n’est pas une bonne idée. D’ailleurs, on arrête pas de promettre à des méchants des peines moins dures voire des pardons s’ils font tomber d’autres méchants. C’est devenu une habitude de la série. Combien de criminels méritant la chambre à gaz se voient promettre l’impunité contre une confidence, une trahison. Dans « Alias », on passe son temps à mentir, à promettre pour mieux trahir, à faire des marchés.

Rambaldi et Arvin Sloane, c’est l’histoire d’une véritable obsession semblable à la recherche du Graal. Quant aux faux coups d’éclats (les personnages tués mais qui ont survécu miraculeusement), ils deviennent tellement répétitifs que le public se lasse. On ne peut quand même s’empêcher de rire lorsque Sloane ose encore dire « Faites moi confiance ». Trop de péripéties et l’alchimie d’Alias s’effondre. J J Abrams s’est lui-même enfermé dans la spirale de la surenchère permanente, chose qui a des limites. Elles commencent à être sérieusement dépassées ici. Cet épisode a un titre anglais dangereusement révélateur : la descente.

Quant aux morts, ils passent leur temps à ressusciter. Ben voyons. Qui veut parier que dans une saison 6. Lauren Reed/Melissa George serait revenue car c’est un sosie qui aurait été tué fin de la saison 3, etc…

La critique de Clément Diaz

 


Les fils bien embrouillés de la Mythologie commencent à se dénouer brutalement dans cet épisode, premier d’un arc de trois. Elena passe à l’action et est sur le point d’accomplir le premier projet ultime de Rambaldi (il y'en aura un deuxième dans la saison 5), ce qui mènerait le monde à la catastrophe. Plus que sa marche vigoureuse vers son but, le spectacle est assuré par Arvin Sloane qui enchaîne trahisons et doubles jeux comme des perles. On ne sait plus du tout ce qu’il a en tête : veut-il arrêter Elena, ou l’aider ? En plus, Jeffrey Bell nous révèle ce qui s’est passé pendant le hiatus entre la saison 3 et la saison 4, à la clé un numéro énorme de Ron Rifkin, en homme dévoré, aspiré par sa passion Rambaldienne. Malheureusement, pour la vraie première fois de la série, le cliffhanger final tombe dans une lourde surenchère avec le retour annoncé d’un personnage clé qui n’aurait normalement jamais dû revenir. Et cela suffit à affaiblir toute l’intrigue du finale de cette saison dirigée par J.J.Abrams (toujours showrunner).

L’épisode est à couper le souffle. Après l’introduction voyant le vol théâtral des artefacts, nous avons un moment de comédie où Vaughn demande Sydney en mariage à son père. Cela nous vaut un massacre hilarant de Jack, qui répond à celui de Danny dans le pilote. La scène trouvera une résolution dans le beau dialogue final entre les deux hommes. La scène de révélation vaut surtout pour le déchirement de Nadia, trahie par une femme qui faisait semblant de l’aimer, et qui ne fit que l’utiliser. Mia Maestro joue magnifiquement cette scène. Le flash-back un an auparavant, quand Sloane et Nadia partent à la recherche de la « Sphère de Vie », est l’occasion d’un dialogue passionnant entre eux et le gardien des prophéties, mais surtout d’un numéro de cinglé intégral de Ron Rifkin quand Sloane est devant le coffret. Rendu fou par le pouvoir de la Sphère, Sloane fait basculer l’épisode dans l’horreur pure, oubliant toute prudence. L’effarement de Nadia renvoie à celui du spectateur. La chute de Sloane et sa résolution sont filmées avec brio. 

Souvenir des missions passées avec Sydney en « dame de la haute » qui manipule délicieusement le serviteur de Rambaldi, pendant que Chase embrasse son amant (inattendu, mais gratuit, ça n’a pas vraiment d’intérêt). La prestance de Sonia Braga est telle qu’Elena apparaît encore plus diabolique (pauvre Dixon !) qu’Irina et Katya. Elle domine tous les débats. On ne sait pas du tout quel rôle se donne Sloane, qui passe son temps à trahir les deux camps en présence. Grâce à Rifkin, on se laisse prendre au jeu. Quel suspense, mes aïeux, quel suspense ! Ah, et puis Isabella Rossellini qui nous refait son numéro de charmeuse friande de doubles sens et de psychologie (elle déshabille l’esprit de Jack avec une netteté imparable), là, c’est fromage et dessert. On peut regretter que Katya ne soit pas revenue plus souvent dans la série. Dommage que la révélation finale soit bien trop exagérée.

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Marshall a travaillé 6 ans au SD-6. 

La musique entendue dans le magasin de Cannes est le deuxième mouvement (Andante) de la Symphonie n° 94 en sol majeur « La surprise » de Franz Joseph Haydn.

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21. EN SCYLLA...
(SEARCH AND RESCUE)

Scénario : Monica Breen et Alison Schapker

Réalisation : Lawrence Trilling

Résumé

Jack retrouve Irina et il l’enlace, avant de la tuer. Ce n’est qu’une hallucination de plus. Un certain Lucien Nisard aurait été vu avec…Irina. Nadia apprend que Jack a tué sa mère. En Russie, le chaos règne.

La critique de Patrick Sansano


L’épisode a une atmosphère de fin de saison. Le moment où toutes les cartes peuvent changer de main, les comédiens ne pas renouveler leur contrat et voir leur personnage mourir, la série peut être annulée. Vaughn qui n’arrive pas à faire sa demande en mariage à Sydney devient vite une situation répétitive et ridicule. L’épisode revient sur le projet Helix qui prévoyait la création de duplicatas. Irina n’est pas morte.

C’est un mélange de SF et de délire bondien.  Après tout, nous retrouvons l’idée des multiples sosies de Blofeld/Charles Gray dans « les diamants sont éternels » qui était le gros point faible scénarique de ce James Bond. Au bout de 25 minutes, l’intrigue stagne. On a le sentiment que les auteurs ne savent plus quoi inventer, qu’ils sont poussés dans leurs derniers rétranchements, que le citron a donné tout son jus.

Après avoir atteint des sommets, la saison 4 est sur le déclin. Une vie de plus pour Irina qui est pire qu’un chat. Il n’y a vraiment que Nadia Santos qui soit heureuse. On peine à croire à cette résurrection de trop. Les ficelles sont trop grosses. Le sort d’Irina et sa détention ne parviennent pas à nous émouvoir.  On pourrait s’arrêter avec cette saison 4 et imaginer une conclusion, la machine de Muller, arme de Rambaldi étant en marche, Sloane ayant une nouvelle fois retourné sa veste. Notons que malgré ses conditions de détention, il suffit d’une douche à Irina pour retrouver son aspect d’avant.

Lena Olin a du mal à nous convaincre. On se croirait revenu dans les pires errances de la saison 2 ou de la 3. Nous devons subir  le pathétique Michael Vartan et ses mièvreries surannées. Les roucoulades insupportables et géignardes reprennent. A la fin de l’épisode, Giacchino nous propose une musique style Bond seconde génération, c'est-à-dire David Arnold.

Bref, Alias change comme la météo, et elle est redevenue mauvaise.

La critique de Clément Diaz

 

Search and Rescue fait partie de ces épisodes où le spectateur est en danger de faire une crise d’asthme devant l’accumulation serrée d’action et de rebondissements. Monica Breen et Alison Schapker ont dû écrire le scénario sous LSD tant celui-ci file à la vitesse de la lumière. Ce prodigieux effort n’est grevé que par les contorsions scénaristiques forcées pour légitimer le retour de Lena Olin en Irina Derevko. Malgré tout, on est pris dans cet épisode qui plonge dans le Fantastique pur. L’interruption du récit au moment où l’APO se lance dans la bataille est un tremplin dont la simplicité n’a d’égale que l’envie de se jeter sur l’épisode suivant. 

La scène de danse, 18 mois plus tôt, entre Jack et (la fausse) Irina, très affectueuse, est un superbe duel d’acier et de velours. Malheureusement, on n’arrive pas à avaler l’improbable rebondissement : ainsi une adepte de Rambaldi se serait soumise au projet Hélix et se serait laissée tuer pour protéger sous ordre d’Elena Irina et ses secrets. Même à l’échelle de la série, c’est limite ! De plus, le comique de répétition de Vaughn n’arrivant jamais à demander Sydney en mariage introduit un humour qui n’a pas sa place dans un épisode aussi sérieux. D’ailleurs, quand il arrive enfin à faire sa demande, les acteurs retombent dans les travers de leurs jeux. Ce couple n’a décidément pas l’alchimie souhaitée par le créateur. Toutefois, quand l’épisode fait un bilan de la saison, regardant comme des souvenirs ses aventures passées (l’affaire Bishop, l’index Blackwell, l’orchidée…), on ne peut s’empêcher d’avoir un sourire. 

Jennifer Garner sort la grosse artillerie pour la mission au paradis de la luxure : Ibiza. En bombasse nymphomane, elle explose tous les records de sensualité vulgaire. « L’interrogation » de Nasard, l’allié d’Elena, montre pour la première fois Sydney torturer quelqu’un (supplice de la noyade), un fait unique à mentionner. C’est vraiment une mission tonitruante. Breen et Schapker se déchaînent comme jamais lors de la mission de délivrance de la vraie Irina au Guatemala, dans une forêt sans fin aux dangers cachés (réalisation ample de Trilling). On a droit à tout le paquet : bagarre épique de Nadia (une des meilleures de la série), Sydney piégée dans le nœud coulant, fusillades nourries, sans oublier la grenade qui balaye tout. Quant à Irina, elle a une manière bien à elle de saluer son mari (Hum !). Lena Olin fait un retour gagnant : femme d’action entêtée, aussi bien que mère aimant malgré sa nature ses enfants. Irina Derevko n’a rien perdu de son charme vénéneux. La scène de l’avion avec la réunification progressive des liens familiaux est bien faite, c’est touchant. 

La dernière partie voit l’invasion d’une démesurée machine Mueller activée par Elena (et Sloane ?) qui déclenche le début d’une apocalypse planétaire. La vision des citadins transformés en tueurs fous est réellement saisissante. Le saut en parachute de nos amis, prêts à affronter et un ennemi inconnu et le compte à rebours final à la fois, est un excellent cliffhanger vers le final de la saison.

Les infos supplémentaires

Episode qui marque le retour d'Irina Derevko alias Lena Olin, absente toute une saison.

Andrew Divoff a été deux fois le partenaire d’Harrison Ford : « Air force one » et « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal ».

Ron Rifkin est absent de l’épisode.

Pensant que Lena Olin ne reviendrait pas (préférant se consacrer à sa famille), les auteurs tuèrent le personnage d’Irina Derevko au début de la saison. Lorsque l’actrice leur communiqua qu’elle accepterait de revenir dans la série, ils durent imaginer cette contorsion du scénario pour la faire revenir. On ne refuse rien à l’égérie d’Ingmar Bergman ! 

Quand Sydney téléphone en russe à l’APO, elle mentionne « M.Nemec ». Clin d’œil à André Nemec, scénariste et producteur superviseur de la série. 

La musique entendue pendant le bal de l’ambassade est l’ouverture de La Traviata de Giuseppe Verdi.

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22. IL DILUVIO
(BEFORE THE FLOOD)

Scénario : Josh Appelbaum et André Nemec

Réalisation : Lawrence Trilling

Résumé

Dans une ambiance fin du monde, Vaughn, Sydney avec sa sœur, sa mère, son père arrivent en Russie.  Les personnes infectées sont comme des morts vivants. Irina doit désactiver la machine de Rambaldi.

La critique de Patrick Sansano  


Sonia Braga, excellente dans les films d’auteur, est ici à côté de la plaque. On peut même dire qu’elle joue mal, mais le rôle qu’on lui a donné n’est pas un cadeau. La terre pourrait bien cesser de tourner, Marshall Flinkman continuerait ses vannes à deux balles. Lena Olin est pathétique en prenant des airs sérieux. Le directeur de la photo et son ambiance rougêatre sont vite pénibles. Le parti pris ici est de jouer l’apocalypse façon film d’épouvante. Devant un tel massacre, on aimerait bien que la série s’arrête. Dialogue surréaliste entre Irina et Vaughn dont elle a tué le père.  L’obscurité règne, et cela évite à J J Abrams de faire trop de frais pour les décors. T'as raison mon gars, c'est de l'argent gâché. Croisement entre « La nuit des morts vivants » et « L’invasion des profanateurs de sépulture », avec un ultime retournement de veste de Sloane, nous tombons dans le nanar façon « Highlander ». On s’attend à voir Christophe Lambert sortir de l’ombre comme dans le pathétique « Highlander 2 », vous savez, quand il est tout vieux et a perdu ses capacités, parlant avec une voix de vieillard.

Le scénario rappelle les outrances de certains arcs de X Files. Dans ce navet général, même les bons comédiens jouent faux.  Mia Maestro et Ron Rifkin gesticulent mais semblent ne plus croire en leurs rôles. On a moins de surprises avec les mauvais. La grande Sonia Braga avait sûrement des arriérés d’impôt ou des contraventions à payer. Comment peut-on jouer à la fois dans « Le baiser de la femme araignée » et dans « Alias » ? On évite des fous rires en entendant la platitude des propos échangés : Sydney « Je sais que je peux arrêter cette machine toute seule », Vaughn « Je sais que tu y arriveras ». Sans doute que le couple Vartan/Garner n’est pas dépaysé. Perle des perles, c’est à la suite de ce dialogue mémorable que Sydney accepte de se marier avec Vaughn. Le monteur a mélangé des images des « Feux de l’amour », des pires séries Z vendues à deux euros chez les buralistes ou diffusées en programme de nuit sur RTL9. Va-t-on nous sortir du chapeau une quatrième sœur Derevko ? Au point où on en est, on a atteint le niveau zéro télévisuel. C’est rassurant, on ne peut pas tomber plus bas désormais.

Arriver à garder son sérieux pour les acteurs doit être un supplice. Episode entièrement tourné sous un filtre rouge (les scénaristes ont dû écrire sous acide), on s’attend absolument à tout. La montagne accouche d’une souris. Cela relève du miracle que Michael Giacchino puisse sur des images aussi atroces composer une belle suite finale. Crime suprême : on utilise « La Lady lay » de Bob Dylan pour le final digne de « Hélène et les garçons ». Et puis il y a le cliffhanger final. Au fond, on est sûr cette fois que la série va être annulée. Comment ? Il y a une saison 5 ? Au secours….

La critique de Clément Diaz

 

Le finale de la saison 4 peine à tenir ses promesses. En voyant nos héros affronter des humains transformés en zombies, on se dit que les scénaristes Josh Appelbaum et André Nemec ont porté Alias à son plus haut niveau de délire. On voudrait s’en réjouir, mais ils commettent l’erreur fatale d’hésiter entre plusieurs influences sans se fixer sur une : survivor à la Romero, défouloir à la Resident Evil, espionnage avec compte à rebours apocalyptique… le tout donne une pâte molle, anticlimatique. Quelques âneries et hors sujet d’écriture sont aussi à relever.

Pourtant, Il Diluvio bénéficie d’atouts si forts qu’on enrage d’autant plus l’intrigue mal dégrossie des auteurs : la réalisation angoissante sous filtre rouge névrotique de Lawrence Trilling, signant là sa meilleure et dernière collaboration à la série ; la confrontation d’Irina et Jack face à Elena, l’accomplissement cataclysmique de la prophétie du Passager, et surtout le pardon général entre les différents protagonistes. Sur ce dernier point, l’épisode aurait pu conclure la série, et ce avec satisfaction, tous les arcs et conflits étant désormais clôturés. Pour autant, il faut reconnaître que le cliffhanger ultime de la saison est tout simplement ENORMISSIME !! Pétrifié par ce que vient de dire Vaughn, le spectateur est à deux doigts d’avoir un arrêt cardiaque lorsqu’il reçoit en pleine figure le plan final !

Dans une ville déserte, peuplée de morts-vivants, cinq sauveurs contemplent l’enfer sur Terre (le premier qui dit The Walking Dead…). La mise en scène, la lumière rouge, les décors de fin du monde, la musique dissonante… tout concourt à faire de Sovogda un pandémonium terrorisant. Passée cette mise en bouche, l’épisode se perd dans des directions contradictoires : il y’a trop peu d’action (une seule attaque de zombies, un empalement, et pis basta), et le côté survivor est gommé par des dialogues bavards virant parfois dans le déphasage consternant. Sydney parlant de son prochain mariage à tout le monde, c’est déjà lourd (le sommet est atteint lors de son échange de serments d’amour avec Vaughn, stop !), mais on souhaite encore plus que J.J.Abrams retire du cahier des charges les passages d’humour obbligato à chaque épisode : les blagues foireuses de Marshall et Weiss sont carrément insupportables dans une situation aussi sérieuse que la fin du monde. D’autant que leurs interventions n’auront finalement pas le moindre impact sur l’action. Bon, et puis Nadia qui se fait attaquer par une centaine de zombies et qui s’en tire sans une égratignure, là, c’est sacrément pompant. Il est aussi énervant d’imaginer qu’un type aussi intelligent que Sloane allait croire qu’il lui suffirait de se présenter comme ça devant l’équipe pour qu’on l’accueille à bras ouverts. Les poings de Jack le détrompent heureusement. La fascination qu’exerce les labyrinthes du métro (les auteurs ont-ils pensé à l’excellent Medusa des X-Files ?) est passée à l’as devant tant d’erreurs.

Et c’est cet épisode-là que choisit Sonia Braga pour nous infliger une prestation ratée de Génie du Mal. Elena, la même expression corporelle tout le long, n’a plus l’ampleur qu’on percevait chez elle naguère. Elle casse en partie l’effet de sa scène avec Nadia, qui rencontre un destin pire que la mort (Mia Maestro est en revanche d’un charisme époustouflant). Heureusement, la dernière partie de la mission raccroche enfin les wagons du suspense : disparition de Sloane, lutte fratricide entre Sydney et Nadia jusqu’à une conclusion terrible, et surtout la partie de bluff magistrale entre les époux Bristow et la sœur renégate, d’une tension phénoménale. Lena Olin, d’une fougue inimaginable, forme avec Victor Garber en mode sadique vengeur un duo aussi énorme que la machine Mueller. La réconciliation générale qui survient à la toute fin, est crédible : les personnages ont tant souffert qu’ils peuvent enfin goûter le repos, et on ne peut s’empêcher de penser que la série aurait pu se finir là. L’harmonie générale fait plaisir à voir. Mais il y’a une saison encore ! Alors, les auteurs imaginent une coda à l’effet dévastateur. Vaughn lâche une révélation qui nous laisse sur le cul, puis BADABOUM ! Cliffhanger mortel, noir. L’efficacité monumentale de ce procédé est telle que Supernatural ne se privera pas de le réutiliser à la fin de sa saison 1. Allez, jetez-vous vite sur la dernière saison !

Les infos supplémentaires

Lorsque la caméra filme les cinq agents en train de sauter de l’avion, on aperçoit sur le côté un sixième personnage. Un membre de l’équipe technique trop visible ?

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Images capturées par Patrick Sansano.