saison 10 saison 1

X-Files

Classement des saisons de X-Files de la meilleure saison à la pire saison


1) Saison 3

Il s’avère toujours malaisé de déterminer une meilleure saison chez une série que l’on adore, particulièrement lorsque celle-ci se montre  aussi inépuisable que les X-Files. Et pourtant, idéalement lancée par la trépidante conclusion de l’arc Anasazi et son incroyable reconstitution du Nouveau Mexique, la saison 3 est bien celle de toutes les prises de risque et de tous les succès. La période laisse la part belle à l’aventure (Piper Maru/Apocrypha, Nisei/731), s’offre le meilleur antagoniste non mythique qu’aient eu à affronter les Affaires non classées (Modell, Pusher), n’hésite pas à centrer un épisode sur Skinner (Avatar), contemple l’abîme (Oubliette, Grotesque), s’offre des histoires réellement originales (Syzygy, War of the Coprophages), convoque le guest le plus marquant de la série (Roy Thinnes, Talitha Cumi) ou même revisite le mythe de Nessie (Quagmire). Même s’il existe inévitablement des épisodes en dessous, les X-Files brillent ici de tous leurs feux. Mais ce qui positionne définitivement cette troisième saison au pinacle de la série reste la présence des deux joyaux du génial Darin Morgan : le fabuleusement ludique et si riche Clyde Bruckman's Final Repose, sans doute à l’origine de tous les épisodes décalés lui ayant succédé, puis le fascinant, audacieux et labyrinthique Jose Chung's From Outer Space, mon épisode préféré de la série avec l’un des scénarios les plus talentueux et profondément singuliers jamais écrits pour une série télévisée.

2) Saison 4

La saison reste sans doute l’une des plus émotionnellement fortes d’une série au sommet de son talent, le drame du cancer de Scully lui apportant toute une unité et permettant à l’immense talent Gillian Anderson de pleinement s’exprimer. Le relationnel avec Mulder se trouve également propulsé au cœur de la série, avec ce calvaire vécu en commun (Memento Mori, Gethsemane), mais aussi avec le fameux médaillon Apollo, ou encore Never Again, pour la face obscure. La Mythologie connaît plusieurs épisodes particulièrement marquants (Musings of a Cigarette Smocking Man, Tempus Fugit…) et les loners comportent plusieurs des purs chefs d’œuvre des X-Files, comme The Field Where I Died, Home, Small Potatoes ou Paper Hearts. La saison 4 appartient clairement au sommet de l’épopée des X-Files, avec l’audace suprême de maintenir encore et toujours platonique la relation entre les héros, une option singularisant la série, d’autant plus qu’elle se maintiendra encore bien longtemps.

3) Saison 2

Après une première saison aux riches promesses, la suivante marque une claire accélération globale de la série. La Mythologie commence à réellement se dessiner après le préambule précédent et s’offre déjà des moments déterminants, comme l’apparition du Bounty Hunter (Colony) ou l’enlèvement de Scully, à travers des épisodes clés comme Duane Barry ou One Breath. La galerie de portraits des Monstres de la semaine monte également en puissance et abrite d’inoubliables spécimen tels l’Homme-douve de The Host ou encore Donald Pfaster, l’abominable Fétichiste d’Irresistible, sans doute le plus inquiétant d’entre eux car (quasiment) dépourvu de toute dimension fantastique. Même les rares faiblesses de la saison présentent un intérêt puisque l’échec de 3 permet de mesurer à quel point la dynamique du duo Mulder/Scully est nécessaire à la série. La période contient également les premières manifestations du singulier génie de Darin Morgan, avec Blood et Humbug. Cet emballement global d’une série se singularisant toujours davantage par sa qualité trouve un débouché naturel avec Anasazi, premier acte du plus formidable arc intersaison des X-Files.

4) Saison 5

La cinquième saison des X-Files a comme objet principal la mise en orbite du film lui succédant, symbole de la popularité atteinte par les X-Files au zénith de leur audimat. Le sujet de Fight the Future relève de la Mythologie, dès lors Chris Carter procède de la manière la plus judicieuse qui soit, en positionnant plus que jamais ce fil rouge en moteur de la saison, autour des menées extra-terrestres. Les évènements vont permettre à plusieurs personnages très divers d’exprimer le meilleur de leur potentiel, tels Cassandra Spender, Gibson ou Alex Krycek, mais aussi l’Huile Noire. Tout cela après que Redux ait initié ce mouvement avec brio, tout en concluant idéalement la thématique précédente du cancer de Scully. La saison s’adorne encore de loners particulièrement haut de gamme, tels Post Modern Promotheus, Folie à Deux, Travelers ou Bad Blood. La saison 5 permet de conclure dignement la grande première période de la série, à Vancouver,

5) Saison 1

Chris Carter frappe d’entrée un très grand coup lors du pilote des X-Files, sans doute l’un des plus captivants et intrigants jamais tournés pour une série. On ressent immédiatement que débute une série profondément à part grâce à sa qualité. Toutefois la saison 1 manifeste par la suite quelques faiblesses et souffre d’un évident manque de moyens matériels comparativement à la suite de la production. La Mythologie demeure encore en germe, procédant par pouvoir de suggestion plutôt que par récit structuré et développé, un cap franchi en toute fin de période, avec The Erlenmeyer Flask. Certains  loners sont encore en dessous, comme Gender Bender, Young at Heart, Ghost in the Machine ou Born Again, une faiblesse plus que compensée par bien des succès : Ice , Beyond the Sea, EVE, Fire, Darkness Falls… Bien entendu, Engène Tooms demeure l’inoubliable père de tous les Monstres de la semaine et Deep Throat reste encore aujourd’hui la plus attachante Source de Mulder.

6) Saison 7

Outre l’usure naturelle subie par toute série, les X-Files franchissent un cap lors de cette saison, avec la résolution de l’énigme de l’enlèvement de Samantha.. Ce rendez-vous crucial s’avère certes magistralement réussi grâce à Délivrance, mais, en cumulant avec la disparition précédente de la Conspiration et la consommation de la passion entre Mulder et Scully, la série semble avoir rempli son objet et doit dès lors trouver une nouvelle histoire à raconter. Or les brillants scénaristes réunis par Carter et Spotnitz vont plutôt choisir de contourner la difficulté en multipliant les épisodes décalés, souvent plus originaux et débridés que les comédies de la saison précédente. Si le fonds a disparu, la virtuosité perdure, désormais en roue libre. Le feu d’artifice a sans doute pour double sommet X-Cops et Hollywood A. D., mais intègre aussi Hungry, The Goldberg Variation, The Amazing Maleeni, Je souhaite… Inévitablement, le lot comporte quelques échecs (All Things, First person Shooter, Millennium), mais surtout ne fait que reporter la difficulté sur la saison 8, tout en l’aggravant par le départ in fine  de Mulder.

7) Saison 10

Il est difficile de positionner la saison 10 au sein de ce classement, tant elle occupe une place à part dans l’histoire des X-Files, ne serait-ce que par son faible nombre d’épisodes, soit son principal défaut.  La saison remplit amplement son objectif premier, assurer un retour de qualité aux X-Files. Toutefois son format court impose des choix pas toujours probants aux scénaristes, comme des intrigues trop fournies (jusqu’à entasser deux épisodes en un seul lors de Home Again), où une nouvelle Mythologie captivante, mais dont la jonction avec la précédente s’opère avec trop de précipitation. Certains points seront à clarifier ultérieurement (quid des Aliens dans la Conspiration ?). Les épisodes demeurent d’un grand intérêt+ à commencer par Mulder and Scully Meet the Were-Monster, nouveau chef d’œuvre de Darin Morgan, qui justifierait à lui seul toute l’entreprise. La nouvelle mythologie promet de passionnants développements (y compris autour de Monica Reyes), les moments forts abondent, les nouveaux personnages résultent réussis et Mulder et Scully paraissent plus fusionnels que jamais, notamment lors du final de Babylon

8 ) Saison 6

Depuis leurs origines, les X-Files étaient portés par l’atmosphère particulière de Vancouver et de ses impénétrables forêts, domaines propices au mystère et à l’effroi. Tout ceci se voit balayé par le transfert du tournage à Los Angeles, déracinant toute la série et la projetant sous un éclatant soleil totalement contraire à son essence. Au niveau de la réalisation, Carter et  l’équipe de tournage ni ne parviendront, ni ne tenteront grand-chose pour donner le change. Ce changement se ressent d’autant plus fortement qu’il coïncide avec un plus grand écho donné aux épisodes comiques, certes souvent réussis (Dreamland, Three of a Kind, The Rain King) mais sans la grâce des opus de Darin Morgan et désormais trop nombreux pour constituer de précieuses éclaircies dans un univers ténébreux et menaçant. Quelques épisodes s’en sortent néanmoins par leur virtuosité de mise en scène et d’écriture (Milagro, Monday, Triangle…). Curieusement l’évènement majeur de la période, l’annihilation par le feu du Syndicat, ne se situe pas lors du final de saison, considérablement plus terne.

9) Saison 8

La saison 8 marque le pas, car la série a du mal à se relancer après la résolution des principales thématiques installées depuis sa création. Hormis pour l’Homme à la Cigarette, la Conspiration a été annihilée par la destruction de ses membres lors de la saison 6, tandis que la saison 7 voyait Mulder enfin résoudre l’énigme du devenir de Samantha. Si cette dernière saison avait pu s’en sortir grâce à ses épisodes décalés et à « l’épanouissement » du relationnel entre Mulder et Scully, la saison 8 ne parvient pas à embrayer. Elle doit en effet gérer la disparition temporaire de Mulder, qui vient parachever une impression globale de fin de parcours, sinon d’épuisement. L’entrée en scène de John Doggett et celle, encore partielle, de Monica Reyes, signifie certes un second souffle (la qualité de leur apport peut se mesurer en comparant à celui  représenté par les nouveaux Agents du film I Want to Believe), ,autant que le courant passe bien entre Gillian Anderson et Robert Patrick. Mais ce  mouvement n’aurait pris tout son sens que dans le cadre d’une complète relance de la série,

10) Saison 9

Outre une conclusion passablement fourre-tout en forme d’épisode procédural, la dixième saison est plombée par deux fils rouges extrêmement décevants. Malgré la solide prestation d’Adam Baldwin, les Supers Soldats relèvent d’une Science-fiction de pacotille et leur côté ultra démonstratif ne cadre pas avec la Mythologie de la série, jouant davantage sur la suggestion et le mystère. Outre un mélodrame larmoyant et un messianisme en bois annihilé d’une seule piqûre, William a pour conséquence de réduire Scully à sa seule condition de mère. Elle ne fera quasiment plus que de la figuration aux côtés du duo Doggett/Reyes, tout en l’empêchant ainsi de réellement prendre la boutique en main. Même ainsi freinés, John et Monica composent en définitive le seul vrai atout de cette saison quasiment dépourvue de Mulder. Les meilleurs épisodes leur restent d’ailleurs souvent attachés (4D, John Doe, Audrey Pauley, Release...). Après Alex Krycek en saison précédente, Carter parachève sa purge mortifère et contre-productive en assassinant inutilement les Bandits Solitaires, mais aussi l’Homme à la Cigarette, sans autre raison que de s’offrir une spectaculaire explosion.

Retour à l'index