saison 2 saison 4

Hercule Poirot

Saison 4


 
 

1. A.B.C. CONTRE POIROT
(THE ABC MURDERS)

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Réalisation : Andrew Grieve

Scénario : Clive Exton

D’après le roman éponyme d’Agatha Christie 

Distribution

Donald Sumpter : Alexander Cust

Donald Douglas : Franklin Clarke

Nicholas Farrell : Donald Fraser

Pippa Guard : Megan Barnard

Cathryn Bradshaw : Mary Drower

Nina Marc : Thora Grey

David McAlister : l'inspecteur Glen

Vivienne Burgess : Lady Clarke

Ann Windsor : Miss Merrion

Michael Mellinger : Franz Ascher

Miranda Forbes : Mrs Turton

Peter Penry-Jones : Superintendent Carter

Lucinda Curtis : Mrs Marbury

Jeremy Hawk : Deveril (le majordome des Clarke)

Allan Mitchell : Dr Kerr

Résumé

Hercule Poirot reçoit d’étranges lettres anonymes signées « A.B.C », un tueur en série qui le met au défi de l’arrêter. A chaque fois, il l’avertit de son prochain meurtre, mais  ses victimes sont choisies par ordre alphabétique. Pour Poirot, ce ne sont pas les actes d’un maniaque mais d’un grand stratège qui souhaite cacher l’identité de sa principale victime.

Critique

L’un des plus grands romans d’Agatha Christie est enfin transposé à l’écran. Difficile de faire mieux : l’adaptation n’est effectivement pas aussi brillante, mais cela peut se comprendre. La distribution reste impeccable, mention très bien pour Donald Sumpter, alias Alexander Cust, qui est un personnage attachant malgré les faits qui lui sont reprochés. L’intrigue souffre peut-être de rares temps morts mais ils demeurent très discrets face à son originalité et à l’interprétation de ses acteurs. Le trio Poirot-Higgins-Japp continue à être l’élément comique au meilleur de sa forme. On sent une production émancipée des contraintes financières car elle nous offre des prises de vue et des décors de grande qualité. Sans aller jusqu’à se mettre à plat ventre devant cet épisode, il faut admettre que c’est un bon cru. 

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Le passage au format long tombe à pic pour que l'épisode rende parfaitement compte de la nature singulière d'A.B.C. contre Poirot au sein de l’œuvre d'Agatha Christie. Le scénario reste très proche de l'original. Avoir le temps de développer chacune des séquences illustre ainsi l'éclatement total du huis-clos coutumier chez l'auteure. La peinture approfondie des personnages souligne à quel point ceux-ci demeurent souvent externes à cette bonne société, londonienne ou provinciale, sur laquelle se centrent tant les écrits de Dame Agatha. En corollaire, l'émoi des proches des victimes est rendu plus expressif qu'à l'accoutumée, conférant à l'ensemble un air de critique sociale feutrée, opposant la sincérité du peuple à l'aristocratie guindée. L'excellent jeu des comédiens apporte une intensité particulière à cette dimension. Une narration bénéficiant de davantage d'espace permet également de mettre en avant le caractère particulièrement diabolique du complot du jour.

Quelques bémols, avec un assassin assez prévisible (mais encore faut-il déterminer le modus operandi) et une légère surexposition de Cust. Un double tranchant du passage au format long réside dans un caractère paisible de la mise en scène désormais rendu davantage sensible. Mais l'épisode, l'un des préférés de David Suchet, y pallie notamment par une reconstitution et une localisation de qualité (superbe station balnéaire de Bexhill-on-Sea, De La Warr Pavilion au style si Art déco...). Par ailleurs, si le trio principal pétille toujours autant (hilarant sketch du caïman), on regrette l'absence inexpliquée de Miss Lemon, qui ne participera pas à cette saison. Le film projeté à Doncaster est Number Seventeen, d'Alfred Hitchcock (1932). L'affiche du De La Warr Pavilion indique la programmation de The Strawberry Blonde. Or l'action est censée se dérouler en 1936 et le film n'est sorti qu'en 1941.

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2. LA MORT DANS LES NUAGES
(DEATH IN THE CLOUDS)

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Réalisation : Stephen Whittaker

Scénario : William Humble

D’après le roman éponyme d’Agatha Christie

Distribution

Sarah Woodward : Jane Grey (l'hôtesse de l'air)

Shaun Scott : Norman Gale

Cathryn Harrison : Lady Horbury

David Firth : Lord Horbury

Amanda Royle : Venetia Kerr

Richard Ireson : l'inspecteur Fournier

Jenny Downham : Anne Giselle

Eve Pearce : Madame Giselle

Roger Heathcott : Daniel Clancy

Guy Manning : Jean Dupont

Gabrielle Lloyd : Elise (la domestique de Mme Giselle)

John Bleasdale : Mitchell (le steward)

Harry Audley : Raymond Barraclough

Résumé

Après un séjour à Paris, Hercule Poirot embarque dans un avion qui le ramène en Angleterre mais s’endort au moment où la très riche Mme. Gisèle est assassinée, victime d’une fléchette empoisonnée. Etonnamment, et compte-tenu de la petite taille de l’appareil, personne n’a rien vu. Quasiment tous les passagers avaient de bonnes raisons de vouloir sa mort. Poirot mène l’enquête et est accompagné dans ses recherches de l’hôtesse de l’air, Jane Grey.

Critique

La mort dans les nuages est un épisode musclé sur tous les plans. Les premières minutes introduisent un décor de carte postale : Paris et ses hauts lieus de culture et de sociabilité. Après un détour par notre capitale, filmée sous un soleil radieux, la caméra s’arrête quelques minutes dans un avion de ligne, un des meilleurs endroits pour mettre en scène un meurtre. Ambiance huis-clos, arme insolite, indices subtiles et suspects au compte-goutte, Agatha Christie nous offre ce qu’elle sait faire de mieux, à l’instar des Dix Petits Nègres, Mort sur le Nil, du Crime de l’Orient Express ou encore des Travaux d’Hercule. Les acteurs, faut-il le rappeler, sont absolument parfaits, et je citerais volontiers parmi eux Cathryn Harrison, petite-fille de Rex. Visiblement, le talent ne se perd pas. La mise en scène est d’une très grande solidité, puisqu’aucune prise n’est inutile. Tous les à-côtés de l’intrigue sont parfaitement justifiés, au moins divertissants, et même l’absence du capitaine Hastings passe quelques temps inaperçue. Le personnage féminin de l’épisode apporte un peu de fraîcheur à la traditionnelle équipe de la série. 

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L’épisode centre la majeure partie de son action sur paris, ce qui ? comme souvent  Quand une série anglaise traverse le Channel, sera très appréciable pour le public français. Cela s’avère d’autant plus appréciable que les monuments visités sont parfaitement mis en valeur sous un ciel radieux (seul bémol, une reconstitution minimaliste de Roland Garros). L’esthétisme demeure une valeur sûre de l’opus, avec les superbes vues aériennes d’un avion d’époque, le fameux Douglas DC-3, dont le bleu et le blanc s’harmonisent à merveille avec l’azur des cieux. Par ailleurs, après l’original  A.B.C. Contre Poirot, l’intrigue revient en terrain classique mais solide (huis clos, haute société souvent détestable, affaires de cœur…).

Le passage à l’écran permet de mieux visualiser la disposition clef des passagers, même si le récit préfère astucieusement se centrer sur les personnages. On apprécie particulièrement quelques jolis portraits de femmes, lumineuses ou tourmentées, excellemment interprétées (notamment de la part de Cathryn Harrison en Lady Horbury). On regrettera toutefois l’absence d’Hastings, le duo formé avec l’hôtesse de l’air demeurant charmant mais assez superficiel. Heureusement le duel amicalement sarcastique entre Japp et Poirot se montre toujours fort distrayant. Death in the Clouds deviendra l’une des inspirations majeures de l’épisode Agatha Christie de Doctor Who (The Unicorn And The Wasp), qui verra notamment le Docteur en présenter un exemplaire imprimé en l’an 5 000 000 000 !

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3. UN, DEUX, TROIS...
(ONE, TWO, BUCKLE MY SHOE)

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Réalisation : Ross Devenish

Scénario : Clive Exton

D’après le roman éponyme d’Agatha Christie

Distribution

Joanna Phillips-Lane: Gerda Grant

Peter Blythe: Alastair Blunt

Carolyn Colquhoun: Mabelle Sainsbury-Seale

Christopher Eccleston : Frank Carter

Karen Gledhill: Gladys Neville

Laurence Harrington: Henry Morley

Rosalind Knight: Georgina Morley

Sara Stewart: Jane Olivera

Helen Horton: Julia Olivera

Kevork Malikyan : Mr Amberiotis

Trilby James : Agnes Fletcher (la cuisinière)

Joe Greco: Alfred Biggs

Oliver Bradshaw: Mr Hendry

Jean Ainslie : Alison Hendry

Bruce Alexander : Albert Chapman

Mary Healey : Beryl Chapman

Résumé

Après la visite d’Hercule Poirot chez son dentiste, Henry Morley, celui-ci est retrouvé mort dans son cabinet, un révolver à la main et un trou dans la tempe. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide, surtout lorsqu’un certain M. Amberiotis trouve lui aussi la mort à la suite d’une crise cardiaque, provoquée par un trop plein de substances anesthésiantes que lui avait injectées Morley. Mais Hercule Poirot ne veut pas se rendre à l’évidence et suspecte un meurtre, intuition confirmée après la disparition et la découverte du corps massacré d’une femme qui n’était pas étrangère aux protagonistes de l’enquête. 

Critique

L’introduction du dernier épisode de la saison manque de faire de l’effet. Image sépia, échos, ralenti, rires de petites filles, musique inquiétante, ce cocktail fantomatique a le malheur d’être devenu un rituel dans notre série. D’autre part, il ne restitue pas véritablement l’esprit de l’épisode, celui-ci n’étant pas aussi angoissant que ne peut l’être un huis-clos ou aussi sombre que les dernières adaptations des romans d’Agatha Christie. En bref, c’est une introduction inadaptée, bien qu’effectivement, certains éléments de l’intrigue laissent perplexes, comme la mort de M. Amberiotis. Le déguisement, si cher à l’auteure, est consternant. Si vous souhaitez faire passer votre femme pour votre secrétaire, mettez-lui des lunettes histoire de la faire passer pour une vieille fille, et voilà, vous avez réussi, elle est moche, et bien et comme il faut en plus. Cependant, il reste à l’épisode quelques éléments positifs : musique, rebondissements, fausses accusations, personnages imbuvables... L’ensemble de l’épisode tient la route, mais j’ai souvenir d’un roman nettement plus passionnant.   

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L'intrigue séduit par sa complexité, optimisant le format long désormais mis en place. L'énigme s'avère passionnante par la multiplicité des options proposées par le va-et-vient de nombreux suspects au sein du fatidique cabinet de dentistes. Ce ballet mortel acquiert une dimension tragique, le Destin de chacun convergeant inexorablement vers le drame. Le piège d'une production télévisuelle reste de se laisser porter par un spectacle de grande qualité, tandis que la lecture oblige à bien suivre mentalement l'ordonnancement des évènements et leur chronologie. De fait, l'épisode nécessite une vraie implication du spectateur pour devenir pleinement appréciable (voire à recourir à la télécommande), même si l'adaptation au format télévisuel est impeccable.

Comme toujours les travestissements résultent identifiables, c'est particulièrement le cas ici. L'ampleur de l'intrigue, mais aussi son prolongement politique, oblige également à minorer les à-côtés humoristiques que l'on apprécie tant entre Japp et Poirot, mais le duo parvient malgré tout à produire quelques étincelles. La reconstitution demeure de qualité, on avouera que la vision d'un cabinet de dentiste d'avant guerre inquiète quelque peu ! La mise en scène abuse un peu trop des passages à la simili David Lynch, assez hors sujets. Le commentaire emphatique des actualités d'époque se montre par contre hilarant. Les amateurs de Docteur Who s'amuseront de la présence de Christopher Ecclestone, très crédible en nazillon.

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Images capturées par Estuaire44.

 

L'Entraide