Saison 3Présentation

Super Jaimie

Téléfilms

 

1. Mission bionique (The Return of the Six-Million-Dollar Man and the Bionic Woman) - 1987 

2. L'Espion bionique (Bionic Showdown: The Six Million Dollar Man and the Bionic Woman) - 1989

3. Mariage bionique (Bionic Ever After ?) - 1994

 

  


1. MISSION BIONIQUE
(THE RETURN OF THE SIX-MILLION-DOLLAR MAN AND THE BIONIC WOMAN)


- Why didn't you tell me?

- Because it was secret. It happened a long time ago. I was in a sky-diving accident and your father made the same life or death decision for me. That's the closeness you feel. That's what binds us together.

Résumé :

L’organisation paramilitaire Forteresse se reconstitue, des années après que Steve Austin ait arrêté son leader Lyle Stenning. D’abord réticents. Steve et Jaimie reprennent du service à la demande d’Oscar, après que Forteresse aient tenté de les enlever afin de s’emparer de la technologie bionique. L’affrontement final se déroule entre les mercenaires de Forteresse et les agents de l’OSI menés par le duo bionique, après que Rudy et Michael, le fils de Steve, aient aussi été enlevés. Ce dernier, pilote de chasse comme son père, a également acquis des prothèses bioniques après un crash aérien. Après s’être retrouvés, Steve et Jaimie peuvent désormais poursuivre leur idylle.

Critique :

Après un générique reprenant les images des génériques des séries 70’s mais accompagnées d’une pop électro totalement 80’s, l’un des indéniables attraits de ce téléfilm consiste à intégrer les protagonistes dans une nouvelle époque. Le comparer avec la série permet de vérifier à quel point une décennie suffit à bouleverser le cadre de nos vies : vêtements, coiffures, technologies, tout a changé. D’ailleurs par forcément toujours pour le meilleur, les tenues de Jaimie semblent ainsi bien moins seyantes que jadis, mais ceux d’entre nous ayant traversé les rugissantes années 80 savent à quel point cela aurait pu être bien pire encore. La différence d’époque se retrouve également dans le scénario et la mise en scène, Mission bionique se révélant autrement plus violent que Super Jaimie, même si cette dernière se voit relativement épargnée, conformément à la charte de sa série. Outre de jolies vues d’une marina californienne ensoleillée, la mise en scène bénéficie d’ailleurs de cascades assez spectaculaires, parfaitement filmées par Ray Austin, bien connu des amateurs des Avengers. S’il demeure modeste, le budget résulte manifestement en hausse vis-à-vis des épisodes précédents. 

Toutes les retrouvailles entre Jaimie et Steve s’avèrent à la fois émouvantes et teintés d’humour bon enfant, avec Oscar se dévouant vaillamment pour jour les Cupidons. Les deux comédiens n’ont rien perdu de leur charme, même si les années se sont montrées un peu plus cruelles pour Lee Major, plus vieux d’une décennie que Lindsay Wagner. L’alchimie de leurs épisodes en commun de naguère répond toujours à l’appel, tandis que leur dimension bionique n’interfère en rien avec l’aspect universel de ce récit narrant comment deux amoureux s’offrent une seconde chance après que la vie les eut séparés. Même si les scènes initiales (un brin mécaniques) et les flashbacks campent efficacement la situation, cette histoire touchera évidemment avant tout les amateurs des séries  bioniques. Telle quelle, tout en accordant des scènes sympathiques à Oscar et Rudy, elle s’équilibre à peu près entre les deux héros. Après une première partie où l’on s’attache au point de vue de Steve, Jaimie peut ensuite largement installer sa propre sensibilité.

Efficace continuateur des séries bioniques, le téléfilm en perpétue assez inévitablement les défauts. En particulier, les antagonistes souffrent d’une très faible caractérisation, se voyant, hier comme aujourd’hui réduits à de simples prétextes. Leurs motivations apparaissent schématiques et ils n’apparaissent quasiment que lors des scènes d’action. La présence de quelques trognes connues des productions américaines et, bien entendu, celle de Martin Landau dans le rôle de Stenning, relèvent quelque peu la sauce, mais les acteurs n’ont guère matière à exprimer leur talent. L’aspect de Formula Show des séries se retrouve également au milieu du récit, quand celui-ci se limite à une succession de tentatives d’enlèvements infailliblement contrecarrées par le duo bionique. On regrettera par ailleurs des moments inutilement mélodramatiques, comme le parallèle très appuyé entre le parcours de Steve Austin et celui de son fils, avec la circonstance aggravante du très mauvais jeu du jeune Tom Schanley. Les nouvelles prothèses introduisent des effets vidéos très 80’s, vieillissant en définitive plus mal que les astuces artisanales des séries.

Anecdotes :

  • A la fin du téléfilm, l’Agent Jim Castillian déclare à Steve Austin qu’il aimerait avoir un père tel que lui. Il s’agit d’un clin d’œil, Castillian étant interprété par le fils de Lee Majors, Lee Majors II.

  • Durant Super Jaimie, Oscar Goldman expédiait ses mémos au Secrétaire d’Etat,  ce qui servait  parfois à présenter l’action en cours. Le début du téléfilm procède pareillement, mais Oscar rend désormais compte au Chef de cabinet de la Maison-Blanche (Chief of State), homme de confiance entre tous du Président (Léo puis C.J. dans A la Maison Blanche). Lors de la diffusion, du téléfilm (17 mai 1987), Howard Baker vient de prendre ses fonctions sous la mandature de Ronald Reagan. Il était célèbre notamment pour le rôle déterminant qu’il tint dans la commission sénatoriale en charge de l’affaire du Watergate.

  • Suite à un choc, Jaimie a désormais pleinement retrouvé la méoire, et doc ses sentiments, envers Steve.

  • Peggy Callahan, la fidèle secrétaire d’Oscar durant les séries bioniques, n’apparaît plus ici. Il en va de même pour Max, le chien bionique, mais celui-ci est évoqué par Rudy lorsque Steve vient le voir dans son laboratoire. Neuf ans après la fin de Super Jaimie, Max aurait été un très vieux chien.

  • Chris Williams, le fiancé de Jaimie durant la saison 3 de Super Jaimie, est décédé en mission durant la période séparant la fin de cette série et le téléfilm, comme le révèle Steve.

  • Le titre de travail de l’épisode était The Bionic Reunion.

  • Le téléfilm fut l’un des plus grands succès d’audience de NBC sur l’ensemble de la saison.

  • Rita Egleston devint de nouveau la doublure de Lindsay Wagner, mais elle se cassa le pied durant le tournage d’un des sauts bioniques de Jaimie. Elle fut remplacée par une autre cascadeuse, Donna Evans.

  • Martin Landau (Stenning), après son passage à l'Actor's Studio, participe à plusieurs grands films : La Mort aux trousses (1959), Cléopâtre (1963), Ed Wood (1994, inoubliable en Bela Lugosi)... et X-Files : Fight the Future en 1998 ! Il reste néanmoins immortalisé pour sa participation marquante à deux séries cultissimes : Mission : Impossible et Cosmos 1999. En 1957, il avait épousé Barbara Bain, également élève de l'Actor's Studio, qui sera sa partenaire dans ces deux séries (leur fille Juliet sera la Drusilla de Buffy). Toujours actif, Landau est également apparu dans Alfred Hitchcock présente, La Quatrième Dimension, Des agents très spéciaux, Les Incorruptibles, Les Mystères de l'Ouest, Arabesque, Columbo…).

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2. L'ESPION BIONIQUE
(BIONIC SHOWDOWN: THE SIX MILLION DOLLAR MAN AND THE BIONIC WOMAN)

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- What if I'm not a Jaime Sommers?

- Hey, they don't want a clone of me, okay, They couldn't handle it. They've had too many problems with me over the years.

Résumé :

Jaimie prend sous son aile la jeune Kate Mason, jeune handicapée devenue une nouvelle femme bionique grâce à des composants révolutionnaires incorporés par Rudy. L’OSI traverse une crise très grave : Oscar est enlevé par les adversaires et son organisation est remise en cause par le Pentagone, car compromise par des traîtres. L’opposition s’est dotée d’un agent bionique, dont le but ultime est le sabotage d’une réunion sportive internationale se déroulant à Toronto et censée favoriser la Détente. Steve et Jaimie sont eux-mêmes suspectés, mais le courage et l’astuce de Kate sauvent in extremis la situation. La jeune fille connaît également une idylle avec Jimmy, neveu d’Oscar, tandis que Steve se décide enfin à demander la main de Jaimie. 

Critique :

Ce nouveau téléfilm-réunion doit composer avec plusieurs difficultés. L’effet retrouvailles joue évidemment avec moins d’impact que lors de Mission bionique, survenu à peine deux années auparavant. Cette moindre spécificité se ressent d’autant plus fortement que le scénario du jour connaît quelques doublons avec le précédent. Le lien de mentor bionique établi entre Jaimie et Kate évoque ainsi clairement celui instauré entre Steve et son fils précédemment.

Alors même que la mise en scène, assez neutre, ne bénéficie plus de la patte de Ray Austin concernant les scènes d’action, certaines maladresses narratives soulignent que les auteurs n’ont qu’imparfaitement intégré la bible des séries. Il est ainsi inenvisageable qu’un simple employé de parking connaisse la technologie bionique (niveau 6 !). L’identité des traitres se devine également très vite, certains personnages résultant inutiles sans cela (le vil séducteur) ou se voyant d’entrée identifiés par leur interprète (Josef Sommer, quatre ans après Witness).

L’espion bionique ne manque toutefois pas d’intérêt. Pour aussi bateau qu’il paraisse, le thème de l’agent bionique hostile (jamais rencontré dans Super Jaimie) permet de dramatiser quelque peu les enjeux et de relever le niveau de l’opposition, faiblesse récurrente de la série. Les coups portés à l’OSI finissent par parvenir à donner l’impression d’une crise sortant de l’ordinaire. La composante technologique de l’histoire fait mesurer le chemin parcouru en une décennie par l’informatique, depuis un épisode comme All for One. La transposition de l’action à Toronto, bien loin de la Californie, permet de varier l’ambiance, tout en apportant quelques jolies localisations.

Surtout, la relation entre Jaimie et Kate suscite un axe très porteur pour le scénario, car la relation entre les deux femmes se montre réellement émouvante. Les talents conjugués de Lindsay Wagner et Sandra Bullock y comptent évidemment pour beaucoup, d’autant que cette dernière rode ici son personnage fétiche de Girl Next Door s’avérant une héroïne. Par ailleurs, la volonté manifeste de mettre en avant Kate, supposément future protagoniste d’une série dérivée, n’empêche pas le récit d’accorder une belle place au duo formé par Steve et Jaimie et de nous permettre ainsi de retrouver pleinement nos héros bioniques.

Anecdotes :

  • Oscar Goldman indique qu’il n’existe que quatre individus bioniques : Steve Austin, Jamie Sommers, Michael Austin et Kate Mason. Mais deux autres ont été découverts au cours de L’Homme qui valait trois milliards : Barney (The Seven Million Dollar Man), et Andy (The Bionic Boy). Leur devenir n’est pas précisé.

  • Le téléfilm enregistre le premier rôle crédité de Sandra Bullock à la télévision. Il était destiné à servir de pilote à une série dérivée narrant les aventures de Kate Mason (The Bionic Girl), mais le projet ne se concrétisa pas. Sandra Bullock devra attendre les succès des films Demolition Man (1993) et Speed (1994) pour voir sa carrière réellement décoller.

  • Il s’agit de l’unique tournage des séries et téléfilms bioniques à ne pas s’être déroulé aux Etats-Unis. Il s’effectua en effet à Toronto, au Canada. La scène de la course fut filmée aux Royal Botanical Gardens d’Hamilton, dans l’Ontario. Les scènes prenant place lors des Jeux le furent au Copps Coliseum, également à Hamilton.

  • Jaimie apparaît essoufflée après avoir couru avec Kate, ce qui ne semble pas cohérent avec le fonctionnement de ses jambes bioniques.

  • Steve évoque avec Jaimie la fameuse gravure de leurs initiales sur un arbre d’Ojai, durant leur jeunesse. Il situe l’évènement comme survenu dix ans plus tôt, ce qui ne cadre pas du tout avec la chronologie des séries bioniques, on peut facilement doubler ce chiffre. 

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3. MARIAGE BIONIQUE
(BIONIC EVER AFTER ?)

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- Now, can we talk about kids ?

Résumé :

Jaimie est désormais devenue la psychothérapeute de l’OSI et s’apprête à épouser Steve. Mais soudain ses implants bioniques commencent à gravement dysfonctionner, menaçant sa vie. En fait des virus informatiques lui ont été implantés par une agente renégate. Celle-ci rend l’OSI responsable de la mort de son père et devient la complice d’un terroriste menant une action de grande envergure à Nassau. Elle implante le virus à Steve parti sur place, mais Rudy sauve la situation en découvrant le pot aux roses. Guérie, Jamie arrive in extremis à Nassau pour donner l’antidote à Steve. Le duo bionique triomphe une fois de plus et peut dès lors se marier en présence d’Oscar et Rudy.

Critique :

Le versant action de l’épisode souffre d’un évident manque de moyens. Sans revenir tout à fait au standard des séries 70’s, la mise en scène paraît très en-deçà des programmes d’action diffusés durant les 90’s. Avec l’environnement ensoleillé d’un simili Nassau, on se situe plutôt à hauteur d’un Agence Acapulco (1993-1996), avec un niveau de jeu d’ailleurs équivalent chez les seconds rôles et les adversaires, une nouvelle fois réduits à des clichés. Toutefois cette faiblesse de moyens comporte des éléments positifs, puisque, loin des effets vidéo des deux premiers téléfilms, on découvre ici une artisanerie renouant avec la saveur des épisodes de Super Jaimie. De même la claire réduction du nombre de personnages permet de cette fois totalement se centrer sur le duo bionique historique. Et c’est bien sous cet angle que l’opus va trouver son véritable intérêt.

Le scénario parvient à insérer quelques habiles clins d’œil aux origines de la relation entre Jaimie et Steve, principalement lors des épisodes de L’homme qui valait trois milliards introduisant l’héroïne (la partie de squash). La détérioration de l’état de santé de Jaimie du fait de prothèses en apparence déficientes apporte tout un écho supplémentaire au récit, grâce à l’effet miroir suscité par sa (quasi) mort survenue jadis sur un mode très similaire.  Le téléfilm concrétise un cauchemar demeuré suspendu au-dessus de Jaimie durant toute sa série, La force du sentiment existant entre elle et Steve se voit également soulignée par l’évidente complicité existant entre Lindsay Wagner et Lee Majors, les nuages des premiers temps de leur collaboration sont à l’évidence bien loin. Si les deux acteurs n’ont certes plus tout à fait l’âge de jouer les héros d’action, les dialogues entre les personnages intègrent pleinement cette dimension du temps qui passe, pour un émouvant adieu aux armes

Anecdotes :

  • Le téléfilm n’est disponible qu’en version originale sous-titrée.

  • Le réalisateur Steve Stafford a indiqué que le scénario était initialement beaucoup plus riche en scènes d’action et autres exploits bioniques, mais que le manque de budget avait rogné cette ambition.

  • Le tournage ne dura que 20 jours, pour un budget de 3,7 millions de dollars, équivalent à celui de L’espion bionique. Mission bionique atteignit les 4,8 millions de dollars.

  • Le titre de travail de l’épisode était Bionic Breakdown. La première version décrivait en effet Steve esseulé au pied de l’autel, ignorant que Jaimie avait été enlevée.

  • Durant les trois téléfilms, le sigle OSI est décrit comme signifiant Office of Scientific Information, au lieu d’Office of Scientific Intelligence, comme au cours des séries.

  • Le tournage ne se déroula pas à Nassau, où se situe l’action, mais à Charleston, en Caroline du Sud.

  • L’hôpital où Rudy soigne Jaimie est représenté par le Hoover Building, siège du FBI à Washington, bien connu des amateurs des X-Files.

  • Le téléfilm fut diffusé par CBS, ce qui fait que la franchise bionique a été programmée sur les trois grands networks américains à un moment ou l’autre de son histoire, un évènement rarissime.

  • Lindsay Wagner et Lee Major interprètent ici pour la dernière fois leur personnage bionique. En 2007, Super Jaimie connaîtra toutefois un remake avec la série Bionic Woman (avec l’excellente Michelle Ryan), mais les deux séries n’auront guère d’éléments en commun. 

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