Saison 2 - Partie 2Présentation

Night Gallery

Saison 3



1. THE RETURN OF THE SORCERER 



 

Date de diffusion : 24 septembre 1972

Scénario : Halsted Welles, d'après une nouvelle de Clark Ashton Smith

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 26’13’’

Résumé :

Noël Evans est recruté par le riche occultiste John Carnby, afin de traduire le Nécronomicon un grimoire mystique écrit en arabe ancien. Evans va progressivement s’apercevoir que Carnby et Fern, sa mystérieuse compagne, s’adonnent à la magie noire. Tous deux s’efforcent de faire face à une effroyable menace.

Critique :

Sous bien des aspects la narration apparait bancale tout au long de l’épisode. On ne comprend jamais réellement la motivation profonde des évènements, car noyée dans un discours en permanence théâtral et sensationnaliste dissimulant un flou constant. Si on entraperçoit malgré tout une partie du but recherché par Carnby et Fern, Evans résulte à l’inverse à peu près totalement incohérent danses attitudes, ne cessant de changer de position vis-à-vis du duo à peu près à chaque scène. Mais l’opus à la bonne idée de compenser ce manque de fond par le rythme des péripéties, ce qui évite au spectateur de trop réfléchir à ce qu’on lui raconte ici. Surtout, il présente le mérite de reconstituer le duo gagnant de Class of 99, l’un des sommets de l’anthologie, en faisant se retrouver Vincent Price et Jeannot Szwarc.

 Si ce dernier n’évite pas quelques passages davantage grotesques qu’effrayants (le bou, le pied se déplaçant comme la Chose de la famille Addams), il sait fort bien mettre en valeur des décors étonnants, improbables alliages de Gothique et de Disco. Sa mise en scène dédie talentueusement à la mise en valeur de l’incroyable numéro de Vincent Price, auquel l’unit toujours une parfaite complicité. Price se donne totalement dans cette recréation 70’s de la grande époque de l’épouvante à la Hammer, la sublimant jusqu’à renouer avec l’intensité des œuvres de Clark Ashton Smith. L’épisode devient de la sorte un pur hommage au grand acteur, ceci constitue à la fois son intérêt et sa limite. Si Tisha Sterling se montre iconique à souhait dans son rôle de femme fatale, la fadeur de Bixby n’apporte rien à l’ensemble.

Anecdotes :

  • Vincent Price (John Carnby) fut l’une des plus grandes figures du cinéma d’épouvante, genre qu’il marqua par sa présence élégante, son rire diabolique et son timbre de voix particulier, à la fois inquiétant et caressant. Il devient ainsi un acteur fétiche de Roger Corman et participe à de nombreux classiques du genre : La Chute de la Maison Usher, Le Corbeau, la Mouche, L'Abominable Docteur Phibes, Je suis une légende... . Il se parodie dans Batman 1966 avec l’inénarrable Crâne d’œuf, mais aussi dans Le théâtre de sang aux côtés de Diana Rigg (1973). Egalement un important acteur de voix, il assura celle du clip Thriller de Michael Jackson, mais aussi celle de l’attraction Phantom Manor, à Disneyland Paris. 
  • Bill Bixby (Noël Evans) a été l’interprète du Docteur Banner dans la série L'Incroyable Hulk (1977-1982). Également réalisateur, il a travaillé pour Mannix, Drôles de Dames et de nombreux téléfilms.
  • Avec cet épisode, la troisième saison introduit plusieurs modifications dans le rituel de la Galerie de Nuit, avec des tableaux désormais mobiles, une nouvelle musique, et les acteurs du jour apparaissant non plus dans le générique, mais dans un cadre fixé au mur.
  • L'épisode est basé sur la nouvelle The Return of the Sorcerer, de Clark Ashton Smith. Elle fut d'abord publiée dans le Pulp Strange Tales of Mystery and Terror, en septembre 1931.
  • Noël Evans est chargé de traduire le Nécronomicon. Cet ouvrage ésotérique et sulfureux, volontiers présenté comme fictif, occupe une place majeure dans l'univers de Lovecraft. En effet il révèle plusieurs éléments majeurs du Mythe de Cthulhu et des autres Grands Anciens. Il fut repris par les divers disciples du Maître de Providence poursuivant ses travaux (dont Clark Ashton Smith) et il est désormais passé dans la culture populaire. Il figure ainsi dans la saga des films Evil Dead, de Sam Raimi et est devenu une référence pour de nombreux groupes de Métal.
  • Sous différentes versions, le Nécronomicon se retrouve dans de multiples Univers, sa nature mystique et profanatrice transgressant la Réalité. Sous le titre de Nécrotelicomnicon, l'aventurier érudit pourra ainsi en trouver un exemplaire conservé dans la section la plus secrète et interdite de la Bibliothèque de l'Université de l'Invisible, siège des Mages d'Ankh-Morpork, la grande cité humaine du Disque-Monde. La lecture de la moindre de ses pages est réputée rendre complètement fou, mais semble curieusement n’avoir aucun effet particulier sur les Mages.  

 

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2. THE GIRL WITH THE HUNGRY EYES

Date de diffusion : 01 octobre 1972

Scénario : Robert Malcolm Young

Mise en scène : John Badham

Durée : 25’20’’

Résumé :

Le photographe de publicité Philip Faulkner s’associe avec une séduisante et mystérieuse modèle « Hungry Eyes », dont le charme promet à ses photos de connaître un immense succès. Mais la dame demeure inaccessible jusqu’à lui dissimuler son nom. Faulkner découvre également que les hommes se montrant trop pressants envers la jeune femme, dont un important client, sont retrouvés morts. Mais qui est-elle vraiment ?

Critique :

The oldest and strongest emotion of Mankind is fear, and the oldest and strongest kind of fear is fear of the Unknown. (H.P. Lovecraft)

L’épisode reconstitue fort bien le merveilleux horrifique propre à l’œuvre de Fritz Leiber Jr, sous son aspect de continuateur de Lovecraft, avec lequel il tint une correspondance passionnée durant les années 30. Toute la première partie du récit se montre ainsi captivante, avec la montée d’une insidieuse épouvante autour de l’énigmatique Hungry Eyes. L’intrigue accompagne par ailleurs son progressif dévoilement de l’Indicible par toute une critique sociale des mœurs machistes du monde de la publicité dans les années 70, que l’on peut volontiers élargir à l’ensemble de la condition féminine. Outre la mise en scène électrique de John Badham, l’épisode bénéficie de l’impact des œuvres d’Harry Langdon, Jr, ce grand photographe sachant à merveille mettre en valeur la fascinante beauté de Joanna Pettet, dans des atours irrésistiblement 70’s.

L’actrice effectue d’ailleurs une formidable prestation à l’issue de sa quatrième et ultime participation à une anthologie dont elle demeure l’un des visages les plus séduisants et inoubliables. La voir croiser John Astin, autre grand habitué de la Galerie de Nuit, suscite d’ailleurs une amusante curiosité. La solidité de James Farentino dans le rôle de Philip Faulkner complète une idéale distribution. On peut certes regretter que la situation se dénoue trop brusquement et que la seconde partie de l’intrigue ne dévoile pas tout à fait assez de la véritable nature et surtout des motivations de la créature semi vampirique, mais, après tout, le mystère sied si bien à Joanna Pettet… John Badham sait également doper la conclusion par un montage hyper nerveux et quelques étonnants trucages. L’un des ultimes chefs d’œuvre de Night Gallery.

Anecdotes :

  • Grâce à l’entremise du réalisateur John Badham, les différents clichés de Joanna Pettet ont été pris au studio du photographe Harry Langdon, Jr. Ce dernier a été l’un des plus grands photographes professionnels d’Hollywood et de Los Angeles durant quatre décennies, des années 70 aux 2010, assurant de grandes campagnes publicitaires et les portraits de nombreuses stars.
  • Joanna Pettet (la modèle) se fit connaître dans le cinéma de son Angleterre natale au cours des années 60, ainsi qu’à Broadway. Elle est ainsi la Mata Bond de Casino Royale (1967). A partir des années 70 elle apparaît davantage dans les séries télévisées américaines (Banacek, Mannix, L’Île fantastique, La croisière s’amuse, Arabesque...). Elle va également participer quatre fois à Night Gallery. Elle se retire au début des années 90, après la mort de son unique enfant suite à une overdose.
  • L’épisode adapte la nouvelle The Girl with the Hungry Eyes, de Fritz Leiber. Elle a été initialement publiée dans l’anthologie The Girl With the Hungry Eyes, and Other Stories (1949).

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3. RARE OBJECTS 

Date de diffusion : 22 octobre 1972

Scénario : Rod Serling

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 24’54’’

Résumé :

Le gangster August Kolodney a été condamné à mort par ses rivaux. Aux abois, il fait appel à un certain Dr. Glendon, qui lui propose un sanctuaire contre forte rémunération. Mais une grande surprise attend Kolodney quand il découvre la très particulière collection de trophées du Dr. Glendon.

Critique :

L’épisode vaut pour la sensible composition de Mikey Rooney en personnage à la fort et au bout du rouleau, qui n’est d’ailleurs pas sans évoquer celui qu’il a interprété pour La Quatrième Dimension, lors de The Last Night of a Jockey. La présentation du protagoniste s’accompagne par ailleurs d’un long plan magistralement ordonnancé par Jeannot Szwarc. De son côté, Raymond Massey apporte un agréable charme suranné au docteur. Mais le scénario compte parmi les plus malhabiles de Rod Serling.

En effet, dès que le pacte se noue entre le bon docteur et le gangster, on devine d’emblée que ce dernier commet une terrible erreur. Dès lors la conclusion devient en soi très prévisible, quelque soit son modus operandi. De plus sa chute se montre également maladroite, sa soudaineté manquant d’explications et jouant tout sur la simple image au lieu de se profiler en écho ironique à la vie de  Kolodney. L’ensemble manque également de logique : on ne perçoit pas clairement pourquoi un « collectionneur » s’étant jusqu’ici consacré à des figures histoires s’intéresserait d’un coup à un gangster de seconde zone.

Anecdotes :

  • Mikey Rooney (August Kolodney) est un très populaire acteur, réputé pour la longévité de sa carrière. Celle-ci fut lancée dans les années 30, notamment en association avec Judy Garland. En 2009, il participe encore à Une nuit au musée, succédant à un nombre particulièrement imposant de films très divers. Il rivalise également avec Liz Taylor, puisqu'il défraya la chronique avec un total de 8 mariages. En 1983, il reçut un Oscar pour l'ensemble de sa carrière.
  • Les membres de la collection du docteur se composent de personnalités célèbres mystérieusement ou supposément disparues, (Anastasia, Hitler, Roald Amundsen) mais aussi d’autres peut-être moins connues du public français.
  • Amelia Earhart (1897-1937) fut une légendaire pionnière de l’aviation. Elle fut la première femme à traverser l’Atlantique en solitaire aux commandes d’un avion et disparut dans le Pacifique lors d’une tentative de tour du monde. Elle fut une ardente militante du droit de vote pour les femmes.
  • Joseph Crater (1889-1930) fut un juge new-yorkais aux troubles connexions politiques. Sa soudaine disparition demeurée inexpliquée devint l’un des cas de personnes escamotées lds plus fameux aux USA et est désormais entrée dans la culture populaire du pays.

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4. SPECTRE IN TAP SHOES 

Date de diffusion : 29 octobre 1972

Scénario : Jack Laird et Gene R. Kearney

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 25’02’’

Résumé :

Marion, une danseuse de claquettes, se suicide par pendaison. Sa sœur jumelle Millicent entend la défunte danser au-dessus de sa chambre, précisément dans la pièce où celle-ci s’est pendue. Elle entend cette danse à plusieurs reprises, ce qui la plonge progressivement dans une dépression suicidaire. Pendant ce temps un entrepreneur tente d’acquérir la propriété familiale.

Critique :

L’intrigue de Jack Laird a la bonne idée de croiser deux thèmes fantastiques en eux-mêmes très classiques, les liens psychiques entre jumeaux et la maison hantée, afin d’obtenir une histoire solide et raisonnablement dense. Les évènements se succèdent de manière assez attendue, mais produisent néanmoins leur effet. Une conclusion un rien tarabiscotée (tout n’est pas réellement explicité), et surtout quasiment dépourvue de tout surnaturel, pourra décevoir les aficionados du genre.

Mais, si dans la grande tradition de Scooby-Doo la chute s’avère prévisible, elle parvient malgré tout à susciter la surprise lors de son ultime prolongement. Sandra Dee fait de son mieux pour animer le récit dans son double rôle de jumelles et s’en sort honorablement, même si l’épisode se repose trop sur son talent. Derrière la caméra, Jeannot Szwarc, l’inépuisable mettre en scène, parvient à insuffler un surcroît d’énergie à cet épisode de bonne facture, à défaut d’être inoubliable.

Anecdotes :

 

  • Sandra Dee fut une jeune vedette durant les années 50, où elle connut la popularité grâce à de nombreux rôles d’ingénues (Gidget, 1959). Elle fut l’épouse du chanteur Bobby Darin. Elle avait déjà participé à l’épisode tell David, la saison précédente.

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5-A. YOU CAN COME UP NOW, MRS. MILLIKAN

Date de diffusion : 12 novembre 1972

Scénario : Rod Serling

Mise en scène : John Badham

Durée : 23’21’

Résumé :

Désireux de rétablir son crédit auprès de collègues doutant de la pertinence de ses travaux, le scientifique Henry Millikan décide de frapper un grand coup en ressuscitant son épouse, tout en la rendant plus vive d’esprit au passge. Seul problème :  celle-ci n’est pas encore décédée.

Critique :

Sans bénéficier des résonnances caractérisant les grands scénarios de Rod Serling, l’opus se montre plaisant. En effet, il opère un astucieux contrepoint humoristique sur une situation potentiellement sinistre, et qui évoque d’ailleurs plusieurs classiques de l’épouvante, de Réanimator à L’Expérience interdite. Le pari de la comédie fonctionne globalement, même si l’épisode aurait pu gagner à être légèrement plus bref. Le récit capitalise à plein sur la complicité du couple réel formé par Ozzie et Harriet Nelson, tout en incorporant d’efficaces rouages de vaudeville grinçant, comme l’intervention du neveu du scientifique. La conclusion relève du même registre se montrant astucieuse dans son déroulement car puisant sa source dans le récit antérieur au lieu de tomber comme un cheveu sur la soupe comme lors du précédent scénario de Serling, Rare Objects.  L’inventive mise en scène de Badham vient encore agrémenter cet épisode aussi léger que distrayant.

Anecdotes :

  • Ozzie et Harriet Nelson interprètent le scientifique et son épouse. Ce véritable couple est très populaire aux USA pour avoir joué les protagonistes de la sitcom The Adventures of Ozzie and Harriet, sur ABC, de 1952 à 1966 (après avoir été lancée durant les années 40 sous forme radiodiffusée). Les Nelson sont entrés dans la culture populaire américaine comme incarnant la famille idéale des années 50. Avec 14 saisons et 434 épisodes, il s’agit encore de la plus longue sitcom américaine recensée à ce jour.
  • L’épisode est basé sur la nouvelle The Secret of the Vault, de J. Wesley Rosenquist. Il devait initialement s’intituler The Vault.

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5-B. SMILE, PLEASE 

Date de diffusion : 12 novembre 1972

Scénario : Jack Laird

Mise en scène : Jack Laird

Durée : 1’30’’

Résumé :

Une jeune photographe veut être la première à photographier un Vampire endormi. Un guide la conduit dans une crypte, mais le cercueil s’avère vide !

Critique :

L’épisode marque le retour des vignettes ourdies par un Jack Laird prétendant jeter un regard moderne et humoristique sur les figures classiques de l’épouvante gothique. Bien davantage creuses que divertissantes, elles encombrèrent le plus souvent inutilement la saison 2, mais vont heureusement demeurer bien plus rares dans la présente. Celle-ci ne déroge pas à la règle avec son traitement expéditif et sa chute ultra prévisible tombant plat, mais les comédiens parviennent à lui apporter un semblant d’intérêt. Il en va ainsi du charme de la présence toujours suave de Cesare Donova, mais aussi et surtout de la pimpante prestation d’une Lindsay Wagner très expressive et piquante avec son chapeau rouge et son accent anglais joyeusement caricatural. L’actrice va bientôt devenir Super Jaimie et l’opus revêt de ce fait une valeur documentaire pour les amateurs de la Femme bionique.

Anecdotes :

 

  • Lindsay Wagner accomplit ici sa seconde et ultime brève apparition au sein de l’anthologie, après avoir participé à The Diary en saison 2. Trois ans après la diffusion de l’épisode, elle va accéder à la gloire en devenant Jaimie Sommers, la Femme bionique. 

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6. THE OTHER WAY OUT 

Date de diffusion : 19 novembre 1972

Scénario : Gene R. Kearney, d'après une nouvelle de Kurt van Elting

Mise en scène : Gene Kearney

Durée : 25’30’’

Résumé :

Le riche homme d’affaires Bradley Meredith est responsable de la mort d’une jeune danseuse, sans être inquiété par la justice. Le grand père de la victime l’attire dans une maison déserte, où il va exercer une terrible vengeance.

Critique :

L’anthologie renonce ici une nouvelle fois au Fantastique pour puiser l’horreur au sein de l’âme humaine, une nouvelle fois avec une totale réussite. Le côté démentiellement cruel de cette vengeance saisit d’autant plus le spectateur qu’elle passe par une habile inversion de postures, le justicier devenant un bourreau monstrueux bourreau et l’initialement égoïste protagoniste se mue en victime pour qui le spectateur prend fait et cause.

L’amateur des Avengers pourra ici discerner comme un écho de L’Héritage diabolique, le récit perdant en sophistication ce qu’il gagne en impact brut. La mise en scène de Gene Kearney choist d’ailleurs de renoncer à toute afféterie, pour filmer au plus près le jeu terriblement réaliste de Burl Ives dans le rôle du vengeur et d’un Ross martin étonnant de crédibilité tout au long du cauchemar vécu par son personnage, bien loin des irrésistibles pitreries d’Artemus Gordon. Un récit d’une force rare, ayant le mérite de n’opérer aucune concession, jusqu’à sa terrible chute.

Anecdotes :

 

  • Ross Martin (Bradley Meredith) reste bien entendu l'interprète du célèbre Artemus Gordon des Mystères de l'Ouest (1965-1969). Ce comédien polyglotte eut également une belle carrière au cinéma, jouant notamment régulièrement dans les films de Blake Edwards (La Grande Course autour du monde, 1965...). Il participa également à de nombreuses séries télé des années 60 et 70 : La Quatrième Dimension, Wonder Woman, Columbo, Hawaï Police d'État, Drôles de Dames… Il décède d'une crise cardiaque survenue durant une partie de tennis. 

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7. FRIGHT NIGHT

Date de diffusion : 10 décembre 1972

Scénario : Robert Malcolm Young d'après une nouvelle de Kurt van Elting

Mise en scène : Jeff Corey

Durée : 24’58’’

Résumé :

L’écrivain Tom Ogilvy et son épouse Léona s’installent dans une grande maison isolée, dont ils ont hérité d’un cousin, Zachariah. Sur le départ, une domestique les conjure de ne pas ouvrir un coffre se trouvant au grenier. Plusieurs étranges évènements surviennent et le coffre semble se déplacer tout seul.

Critique :

L’épisode introduit une énième histoire de maison hantée au sein d’une anthologie ayant déjà eu amplement recours à ce thème. Toutefois pour redondant et classique que demeure le déroulement de l’histoire, il s’effectue de manière efficace. La litanie des évènements explicables et la tension psychologique s’exerçant sur le couple vont croissant et stimulent la curiosité du spectateur envers la clef de l’énigme. C’est d’autant plus vrai que le récit sait intégrer différents éléments ludiques, tels le mystère du coffre où la sensibilité d’écrivain du protagoniste, éventuellement dévoré par son œuvre.

Cela permet au scénario d’introduire un trouble plaisant quant à la véritable nature de ce qui est en train de se dérouler, évènement purement paranormal ou dédoublement de la personnalité (une dualité explorée avec brio par Stephen King dans La Part des Ténèbres). La distribution et la mise en scène s’avèrent corrects mais guère plus relevés que cela. Mais l’ensemble se voit gâché par une conclusion précitée et trop floue dans ce qu’elle révèle du dessous des cartes.

Anecdotes :

  • Stuart Whitman (Tom Ogilvy) fut un grand acteur de western, aussi bien au cinéma (Les Comancheros, 1961) qu’à la télévision (Cimarron, 1967-1968). Après s’être retiré il s’est reconverti avec succès dans les affaires et les investissements en bourse.
  • La résidence des Ogilvy est très reconnaissable, puisqu’il s’agit de la maison des Bates dans Psychose. Ce décor des Studios Universal a été utilisé à diverses reprises au cours du tournage de l’anthologie, notamment lors de A Question of Fear et du précédent opus, The Other Way Out.

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8. FINNEGAN'S FLIGHT 

 

Date de diffusion : 17 décembre 1972

Scénario : Rod Serling

Mise en scène : Gene Kearney

Durée : 25’03’’

Résumé :

Charlie Finnegan a été condamné à la prison à vie et souhaite désespérément s’échapper. Mais son compagnon de cellule Pete Tuttle, ancien artiste de cirque, lui propose un original moyen d’évasion, via des séances d’hypnose très particulières, où son pouvoir de suggestion fait vivre d’autres expériences à Finnegan.

Critique :

Après The Little Black Bag, en saison 1, l’épisode marque de nouvelles retrouvailles entre Rod Serling et Burguess Meredith, son acteur fétiche de La Quatrième Dimension. Ceci se ressent  d‘autant plus fortement que l’on perçoit que le sujet de l’opus consiste à exalter l’imagination humain comme pouvant surplomber tous les contraintes. Soit une résonance du fameux exergue de cette précédente anthologie (you unlock this door with the key of imagination), ou encore du sujet de Time Enough at Last, le plus célèbre des épisodes avec Meredith, malgré son épilogue cruel. Par ailleurs l’acteur se contre toujours aussi irrésistiblement caméléon et son talent assure une indéniable valeur ajoutée à Finnegan's Flight.

Malheureusement Serling ne parvient pas ici à exploiter efficacement son idée initiale. En effet le récit achoppe sur les motivations des divers protagonistes de l’action. Ainsi l’on ne comprend pas vraiment pourquoi Finnegan accepte de se plier à des séances virant infailliblement à la torture (doigts brisés en cognant un mur, expérience d’un crash aérien). Par ailleurs les différentes reconstitutions des expériences passent à l’écran, avec quelques effets visuels s’avérant assez ridicules, comme le visage de héros changeant de couleurs. L’opus confirme un certain essoufflement créatif de Serling dans cette ultime étape de Night Gallery, alors qu’il s’épuise à faire face à l’hostilité de Jack Laird.

Anecdotes :

  • Burgess Meredith (Finnegan) connaît un début de carrière prometteur au théâtre et au cinéma (Des souris et des hommes, 1939...) avant d'être inscrit sur la liste noire du MacCarthysme. Revenu à la fin de cette triste période, il apparaît dans de très nombreux films, dont la série des Rocky où il interprète le vieil entraîneur de Balboa. À la télévision, il incarna le Pingouin, l'un des pires ennemis de Batman (1966-1968). Il apparaît également dans Les Mystères de l'Ouest, Bonanza, Mannix, L'Homme de Fer… Avec quatre rôles, il détient le record de participations à La Quatrième Dimension, à égalité avec Jack Klugman. En 1983, il se substitue d'ailleurs à Rod Serling, décédé, pour devenir le narrateur de l'adaptation filmique de la série.  

 

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9. SHE'LL BE COMPANY FOR YOU 

Date de diffusion : 24 décembre 1972

Scénario : David Rayfield

Mise en scène : Gerald Perry Finnerman

Durée : 25’02’’

Résumé :

Après s’être occupé de sa femme invalide durant des années, Henry Auden apprécie sa solitude une fois devenu veuf. La situation n’est pas au goût de la meilleure amie de la disparue. A l’occasion  d‘un départ en vacances elle confie son chat à Auden, pour qu’il lui tienne compagnie.

Critique :

L’écrivaine anglaise Andrea Newman s’est souvent adonnée à la description de relation amoureuses hors normes ou à des récits de désagrégation de couples (A Bouquet of Barbed Wire, 1969) . Il s’agit ici de l’une de ses très rares incursions dans le domaine du Fantastique et cela se ressent avec force tout au long de ce qui constitue l’un des opus les plus faibles de l’anthologie. Ainsi les quelques ressorts surnaturels résultent-ils plus ridicules qu’effrayants (les transformations du chat), au sin d’un récit virant le plus souvent au mauvais mélodrame.

Le scénario demeure en permanence particulièrement confus, jusqu’à une chute particulièrement pesante. Celle-ci vient aussi en contradiction définitive d’un trouble psychologique vécu par le protagoniste, avec un refoulé et des remords le conduisant à des hallucinations. A contrario, si le chat est réellement surnaturel rien n’indique que sa maîtresse soit au courant, ce qui semble malgré tout étonnant. Avec énergie et talent, Leonard Nimoy s’efforce de sauver ce mauvais script, mais ne peut rien contre son inanité, doublée d’une mise en scène très mécanique.

Anecdotes :

  • Leonard Nimoy (Henry Auden) incarna le célèbre M. Spock dans Star Trek Classic (1966-1969), mais participa également à bien d'autres séries (Mission : Impossible, Bonanza, Night Gallery, Columbo…). Il annonce sa retraite en 2010 alors qu'il participe encore à Fringe, mais apparaît encore dans le film Star trek Into Darkness (2013).
  • L’épisode est basé sur la nouvelle She'll Be Company for You, d’Andrea Newman. Le texte fut initialement publié dans l’anthologie More Tales of Unease (1969).

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10. THE RING WITH THE RED VELVET ROPES

Date de diffusion : 07 janvier 1973

Scénario : Robert Malcolm Young

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 25’01’’

Résumé :

Jim Figg prend une douche après le combat l’ayant vu devenir champion de monde de boxe. En en sortant il se retrouve dans un endroit totalement différent, une luxueuse et insolite demeure. Il apprend que ses hôtes inattendus ont organisé une rencontre entre lui et un adversaire particulièrement redoutable, invaincu depuis… toujours.

Critique :

Comme trop souvent cette saison, l’épisode se montre formellement réussi grâce au savoir-faire de studios, mais il souffre néanmoins d’une histoire tournant à vide, avec une chute en grande partie ventée et dépourvue de toute résonance morale. Le basculement initial produit ainsi un effet insolite réussi, d’autant que le côté savamment étrange du luxueux décor induit bien que nous nous situons désormais dans une autre réalité, de l’autre côté du Miroir. La distribution s’avère également de qualité, avec Gary Lockwood et Chuck Connors se montrant convaincants en adversaires déterminés, même si le show est largement volé par une très sexy Joan Van Ark pré Valérie Ewing, joliment perverse en organisatrice du combat.

La réussite de l’épisode demeure toutefois insatisfaisante. Ainsi Jeannot Szwarc s’escrime-t-il en vain pour filmer le combat en dissimulant le fait que les acteurs sont remplacés par des doublures, un problème bien connu des amateurs de Chapeau Melon. De plus la résolution de l’affaire reste Très paresseuse, se contentant de vagues réminiscences du mythe de Sisyphe. Aucun effort ne se voit mené afin d’expliciter le volet surnaturel de l’intrigue et la chute ne développe aucune ambition moraliste, a contrario des épisodes de La Quatrième Dimension dédiés à la boxe (Steel, The Big Tall Wish).

Anecdotes :

  • Gary Lockwood (Jim Figg) a débuté sa carrière à la fin des années 50, en tant que cascadeur. Par la suite il a tenu une multitude de seconds rôles, aussi bien à la télévision qu’au cinéma, dans des domaines très divers. Son rôle le plus connu demeure celui de l’astronaute Franck Poole, dans 2001, Odyssée de l’Espace (1968). il est une figure régulière des conventions Star Trek, pour sa participation à Where No Man Has Gone Before, épisode considéré comme le second pilote de la série. De 1966 à 1972, il a été l’époux de Stefanie Powers.
  • Joan Van Ark (Sondra) est connue pour sa belle carrière à Broadway (elle est membre à vie de l’Actors Studio) mais aussi pour le rôle de Valérie Ewing dans les séries Dallas et Côte Ouest. Au fil de ces productions, Valérie s’est ainsi mariée trois fois à Gary Ewing, sans oublier deux autres mariages. Couronnée de nombreux prix pour le rôle de Valérie (de 1978 à 1993 et dans la reprise de Dallas en 2013), Joan Van Ark est considérée comme l’une des reines des Soap-operas américains.
  • L’épisode est basé sur la nouvelle The Ring with the Velvet Ropes, d’Edward D. Hoch. Le texte est initialement paru dans l’anthologie With Malice Toward All (1968).

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11. SOMETHING IN THE WOODWORK 

Date de diffusion : 14 janvier 1973

Scénario : Rod Serling

Mise en scène : Edward M. Abroms

Durée : 24’58’’

Résumé :

Femme alcoolique et divorcée, Molly achète une superbe maison en forêt, pour une bouchée de pain. La maison est en effet réputée hantée par l’esprit d’un criminel, avec lequel Molly établit d’ailleurs bientôt un contact. En menaçant de mettre le feu à la maison, elle va obtenir du fantôme qu’il se prête à un piège qu’elle va tendre à son ex-mari, par vengeance.

Critique :

L’épisode présente le mérite de permettre à Rod Serling de quitter l’anthologie sur un ultime succès. On peut certes regretter un certain manque d’originalité du sujet, le thème de la maison hantée comptant certainement parmi ceux les plus explorés par la Galerie de Nuit. Mais c’est avec talent et sensibilité que Serling adapte un intéressant texte de R. Chetwynd-Hayes, l’un des maîtres anglais de la nouvelle horrifique. Ce dernier s’est en effet particulièrement complu à écrire des histoires renouvelant l’approche du Fantôme et il y parvient ici totalement en faisant in fine provenir l’épouvante non pas de la créature surnaturelle mais au contraire de l’inépuisable capacité de l’être humain à haïr. Le portrait psychologique de Molly s’avère ainsi particulièrement éprouvant et porté avec force par Geraldine Page. Il accompagne naturellement la marche des évènements jusqu’à une conclusion particulièrement sombre. La mise en scène d’Abroms dynamise le huis clos tout en insérant d’astucieux trucages, sans pour autant oublier de mettre au premier plan le jeu de l’actrice.

Anecdotes :

  • Geraldine Page (Molly) fut oscarisée en 1985 pour Mémoires du Texas, après avoir été proposée sept autres fois à cette distinction au cours de sa longue carrière. Elle reste néanmoins surtout remémorée comme une importante professeure d’art dramatique et découvreuse de nombreux talents.
  • L’épisode est basé sur la nouvelle Housebound, de  R. Chetwynd-Hayes 

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12. DEATH ON A BARGE

Date de diffusion : 04 mars 1973

Scénario : Halsted Welles

Mise en scène : Leonard Nimoy

Durée : 25’03’’

Résumé :

La sublime Hyacinthe réside dans une barge amarrée le long d’un paisible canal. Toutefois elle craint l’eau vive et passe ses journées à dormir dans un cercueil. Reconnaissons-le : Hyacinthe est une Vampire. Mais elle va néanmoins connaître une belle (mais tragique) histoire d’amour avec un jeune homme des environs.

Critique :

Plusieurs éléments ne fonctionnent pas du tout au sein de cet épisode inégal. Ainsi, durant sa traditionnelle présentation, Rod Serling a beau jeu de mentionner de prestigieuses références horrifiques en matière de Vampires (Bela Lugosi, Christopher Lee) mais Hyacinthe n’en demeure pas moins fondamentalement une créature émotive et romantique. Pourquoi ? bien évidemment parce qu’il s’agit d’une femme et à ce titre se voit cantonnée dans un registre lénifiant et inoffensif. Cela date terriblement le récit, d’autant que nous avons depuis appris à apprécier Darla et Drusilla. Par ailleurs l’amoureux de Hyacinthe se montre tellement fade et ennuyeux (et lesté de dialogues empesés), que l’on peine à croire à cette relation. Au lieu de donner lieu à une romance enténébrée et passionnée à la Anne Rice, celle-ci verse d’ailleurs vite dans le mélodrame outré, aboutissant à une conclusion dépourvue de toute finesse.

Et pourtant, malgré toutes ces réserves, l’opus demeure l’une des belles réussites du crépuscule de l’anthologie. Le critique n’est qu’un homme mais se doit d’être honnête, aussi indiquera-t-il ici que le succès de Death on a Barge tient avant tout en un nom : Lesley Anne Warren. Sublime, solaire (paradoxalement), merveilleusement charnelle… Et excellente actrice, elle tient réellement à bout de bars l’ensemble de l’entreprise. D’ailleurs Leonard Nimoy, son ancien complice de Mission Impossible (1970-1971), a parfaitement compris l’atout qu’elle représente et met à son service un sens accompli de l’esthétisme, lors de ce qui demeure pourtant sa toute première réalisation. Il sait également par moments instiller une vraie atmosphère étrange autour de l’héroïne. L’une des plus mémorables compositions de l’anthologie, malheureusement au sein d’une version guère enthousiasmante du mythe du Vampire.

Anecdotes :

  • Il s’agit de la toute première réalisation de Leonard Nimoy, qui va par la suite mettre en scène deux films de la saga Star Trek, entre autres. Nimoy sut convaincre Jack Laird de lui donner sa chance, le producteur étant toujours à l’affut de nouveaux talents. Laird fut ravi du résultat et proposa à Nimoy de tourner un autre épisode, mais l’acteur dut renoncer, du fait d’un engagement au théâtre.
  • En charge du casting, Nimoy proposa d’emblée le rôle de la belle Hyacinthe à Lesley Anne Warren, avec laquelle il avait sympathisé sur le tournage de Mission Impossible.
  • Lesley Anne Warren débuta au Broadway et à 17 ans, devient la plus jeune comédienne à avoir intégré l’Actors Studio. Après être devenu une actrice de Disney durant les années 60, elle change totalement de registre et accède au vedettariat en intégrant Mission Impossible après le départ de Lee Meriwether. Par la suite elle connaît une très belle carrière au cinéma et à la télévision, riche rn rôles très divers. En 1982 elle est proposée aux Oscars pour Victor, Victoria. En 1975 elle devint Lois Lane dans le remarquable Nanar musical It’s a Bird... It's a Plane... It's Superman ! Elle fut ensuite pressentie pour reprendre le rôle aux côtés de Christopher Reeve dans le film de 1978, mais Margot Kidder lui fut préférée.
  • L’épisode est basé sur la nouvelle The Canal, d’Everil Worrell. Le texte fut initialement publié dans Weird Tales, en décembre 1927.

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13. WHISPER

Date de diffusion : 13 mai 1973

Scénario : David Rayfiel

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 25’02’’

Résumé :

Irène est une medium, à qui s’adressent de plus en plus souvent les morts.  La jeune femme s’efforce de comprendre ce qu’ils déclarent à travers elle, ce qui inquiète son mari Charlie, craignant qu’un jour elle ne revienne pas de l’une de ses transes.

Critique :

Une femme extralucide ne prenant pas l’initiative de contacts venus de l’Au-delà pouvant la déstabiliser, un mari attentionné… Avec le recul, l’épisode préfigure de manière amusante le futur succès de la série Medium (2005-2011). On apprécie également qu’avec les moyens du bord, le talent de metteur en scène de Jeannot Szwarc suscite quelques moments authentiquement étranges, à l’occasion de cette ultime participation à l’anthologie. Et pourtant l’opus s’avère moins fort qu’il aurait pu l’être.

De fait le talent d’une jeune Slly Field demeure encore en devenir et sa prestation résulte en deçà de ce que proposeront Patricia Arquette ou Kristen Cloke dans le The Field Where I Died des X-Files (1996). Le jeu de Dean Stackwell semble également très en retrait, comme si son personnage était insuffisamment concerné. L’acteur se voit également défavorisé par un mode de narration inadéquat, voyant Charlie s’adresser régulièrement au spectateur à travers le Quatrième Mur, à l’occasion d’une relation très cérébrale de ce qui survient. Le procédé se veut sans doute expérimental, mais s’avère surtout anti climatique au possible.

Anecdotes :

  • Sally Field (Irène) interprétera en 1976 une femme pareillement aux multiples personnalités, lors du téléfilm Sybil, connaissant un grand succès. Cela propulse une prolifique carrière, qui la verra notamment obtenir deux Oscars et une Palme cannoise. Elle fut la compagne de l’acteur Burt Reynolds.
  • Dean Stockwell (Charlie) fut un enfant star d'Hollywood durant les années 40 (Les vertes années, 1946...). Hormis quelques rôles marquants chez David Lynch (Blue Velvet, 1986) et dans Veuve mais pas trop (1988), il reste principalement connu pour son rôle de Al dans Code Quantum (1989-1993).

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14. THE DOLL OF DEATH

Date de diffusion : 20 mai 1973

Scénario : Jack Guss

Mise en scène : John Badham

Durée : 25’02’’

Résumé :

De nos jours, aux Antilles britanniques, Alec Brandon, un riche planteur se voit ravir sa fiancée Sheila au pied de l’autel, celle-ci lui préférant Raphael, un aventurier. Afin de se venger de son rival, Brandon va faire appel à un praticien du Vaudou.

Critique :

Après The Doll puis Lagoda’s Heads, Night Gallery en revient ici aux histoires de vaudou, un genre particulièrement balisé. Cela se ressent d’autant plus fortement que le scénario du jour demeure particulièrement enferré dans les poncifs de ce type d’histoire, jusque dans sa chute (qui d’ailleurs n’est pas sans évoquer celle de The Caterpillar, la saison passée). De plus l’adaptation du texte initial (1927) dans la période contemporaine n’a été que superficiellement traitée, d’où des tournures de phrases et autres exaltées ou mélodramatiques ne fonctionnant pas du tout dans le contexte. L’actrice Susan Strasberg dut reprendre inopinément le rôle du Sheila et cela se ressent à l’écran, tandis que ses deux partenaires masculins ne brillent pas particulièrement non plus. John Badham signe au moins une mise en scène élégante à défaut de réellement imaginative. Au total l’épisode ne résulte certes pas honteux, mais ne soulève guère d’enthousiasme.

Anecdotes :

  • L’épisode est adapté d’une nouvelle de Vivian Meik, parue en 1927.
  • Le rôle de Sheila devait être initialement tenu par Barbara Perkins, mais celle-ci fut remplacée au dernier moment par Susan Strasberg, après une mauvaise chute de cheval survenue au début du tournage.
  • Apparue dans de nombreuses séries télévisées, Susan est la fille de Lee Strasberg, l’un des fondateurs de l’Actors Studio et grand artisan de la Méthode, selon laquelle l'acteur doit créer son personnage par sa mémoire affective et son vécu propre. Elle est l’auteure de mémoires où elle relate les relations, parfois conflictuelles mais toujours passionnelles, ayant existé entre ses parents et de nombreuses stars d’Hollywood.

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15-A. HATRED UNTO DEATH 

Date de diffusion : 27 mai 1973

Scénario : Halsted Welles

Mise en scène : Gerald Perry Finnerman

Durée : 23’04’’

Résumé :

Deux anthropologues, Grant et Ruth, ramènent un puissant gorille du Kenya. L’animal semble très sensible à la présence de Ruth mais aussi percevoir Grant comme un rival. De retour à l’institut, le gorille s’échappe suite à une erreur de Ruth et dès lors une lutte à mort s’engage entre les deux mâles.

Critique :

Formant très probablement le nadir d’une anthologie désormais entrée en agonie, Hatred unto Death se résume à une mise en place laborieuse, suivie d’une interminable course poursuite entre le singe et l’humain. Les événements se voient filmés sans génie particulier et, surtout, rendus particulièrement grotesques par l’évident déguisement de gorille dont est affublé un acteur aussi valeureux que malhabile. Le rendu s’avère encore plus ridicule que lors du Slay, Gipsy, Slay, d’Honey West, où cette séquence restait assez courte et où l’on se prenait autrement moins au sérieux qu’ici. Ni les comédiens, ni le metteur en scène ne semblent particulièrement concernés par cette farce et on les comprend. Afin d’améliorer le niveau on se sent parfois tenté de couper le son et de visionner l’épisode en écoutant le truculent Gare au Gorille, de Brassens.

Anecdotes :

 

  • Steve Forrest (Grant) a tenu le rôle-titre d’Alias le Baron (1966-1967). Il est le frère cadet de l’acteur Dana Andrews.

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15-B. HOW TO CURE THE COMMON VAMPIRE

Date de diffusion : 27 mai 1973

Scénario : Jack Laird

Mise en scène : Jack Laird

Durée : 1’50’’

Résumé :

Des gens entreprennent de planter un pieu dans le cœur d’un Vampire endormi. Mais à quelle fin ?

Critique :

Night Gallery, anthologie fantastique-horrifique ayant connu de grandes heures, s’achève malheureusement sur une ultime vignette de Jack Laird, sketch indigent ne se montrant pas davantage humoristique que nombre de ces prédécesseurs. Les Avengers ne connaissent pas leur chance de d’avoir pris congé avec Emily.

Anecdotes :

  • Les décors sont absolument les mêmes que ceux utilisés lors du précédent Smile Please, cette saison.
  • Ces deux sketchs furent en fait tournés en saison 2, mais ne trouvèrent alors pas d’espace où se placer. Laird les intégra en saison 3, afin de compléter des épisodes un peu trop brefs.

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