PrésentationPrésentation

Les Nouvelles Aventures de Vidocq

Guide des épisodes


1. LA CAISSE DE FER




Parallèlement à la mise en place de ses services, l'ancien bagnard François Vidocq, nommé chef de la Sûreté par la police de l'empereur Napoléon 1er, cherche à innocenter un ex-forçat de ses amis, accusé à tort d'un meurtre, et à récupérer des lettres compromettantes pour la sœur de l'Empereur, missives dont Joseph Fouché s'est emparé.

Cet épisode peut être considéré comme un véritable pilote puisqu'il montre Vidocq en train d'organiser ses services. L'ancien bagnard a eu l'idée de créer cette nouvelle police chargée d'infiltrer divers milieux de délinquants et de criminels. Pour le récompenser, M. Henry, le directeur de la police, lui a confié la direction du service.

Le début de l'épisode montre Vidocq s'introduire à une réception mondaine sous l'identité d'un certain « Monsieur de Saint-Firmin », dans le but de recruter le « marquis de Modène » pour son service. De son vrai nom Richetti, le pseudo-marquis est en fait un escroc. Ancien secrétaire du marquis, il a subtilisé ses papiers après sa mort et depuis se fait passer pour lui. Forcé de s'exécuter, ce « virtuose de la dame de trèfle » sera utile à la Sûreté, aux fins de surveillance des clubs et tripots de Paris.

Les méthodes de Vidocq sont donc explicites : sa brigade va être une sorte de regroupement d'indicateurs infiltrés parmi les malfrats grâce à la confiance qu'ils inspirent, du fait de leurs activités certes passées, mais que les malfaiteurs croient actuelles. Les histoires rocambolesques vécues sur la série sont évidemment inventées, mais les procédés d'infiltration développés par Vidocq sont basés sur la réalité de son action au sein de la police. L'ancien bagnard apparaît donc comme le précurseur de la police moderne, celle des flics infiltrés et des « indics ». Qui mieux qu'un ancien délinquant pouvait développer un tel plan ? Comme dit le proverbe, les anciennes prostituées font les meilleures grenouilles de bénitier...

L'adjoint de Vidocq, l'inspecteur de première classe Flambart, s'inquiète de ce recrutement de petits voyous et de « saltimbanques ». Il confie ses états d'âme à M. Henry. Remarquablement interprété par Marcel Cuvelier, dont la bonhomie et l'aspect débonnaire sont bien adaptés au personnage, le protecteur de Vidocq oblige le brave Flambart à poursuivre sa collaboration avec Vidocq. Pour se débarrasser de lui, il lui assure que, s'il parvient à trouver des preuves d'indélicatesse de la part de Vidocq ou de ses agents, la Sûreté sera dissoute et Vidocq retournera au bagne.

Desfossés, un ancien compagnon de bagne de Vidocq, se réfugie à la Sûreté alors qu'il se trouve poursuivi par les gendarmes pour avoir assassiné un rentier. Il jure qu'il est innocent de ce crime et demande la protection de Vidocq. Contraint d'arrêter son ami en raison de la présence des gendarmes, François s'arrange pour le faire évader, de façon fort habile, et demande trois jours à Savary, le ministre de la police, pour trouver les preuves de son innocence.

Savary, justement, est informé par la sœur de Napoléon que Fouché, son prédécesseur à la tête de la police, possède une caisse de fer contenant des documents compromettants pour des personnalités connues, et notamment les lettres échangées avec son amant. Vidocq, qui a surpris la conversation, propose à la dame en détresse de lui venir en aide. Fouché a l'intention d'utiliser les lettres pour faire pression sur l'Empereur, afin de récupérer son poste de ministre.

Les péripéties vécues par Vidocq et sa bande pour retrouver la caisse de fer sont variées et palpitantes. Il s'agit tout d'abord d'éloigner le trop curieux Flambart, déterminé à trouver des preuves de la malhonnêteté des anciens malfrats. Vidocq fait croire à ce zélé fonctionnaire qu'un colonel anglais exerce des activités d'espionnage sous la couverture d'un innocent pêcheur à la ligne. Flambart arrête le premier pêcheur qu'il trouve au bord de la Seine !

Tradition sur la série, les déguisements de Vidocq rivalisent d'ingéniosité et d'excentricité. Claude Brasseur est excellent et méconnaissable en gendarme roulant les « R », et tout aussi hilarant vêtu en prêtre, avec tonsure de rigueur, lorsqu'il s'empare enfin des documents tant recherchés. Lors de l'intrusion chez la sœur de Napoléon, il n'est pas grimé, mais ressemble à un charbonnier, après s'être introduit par la cheminée.

Une pirouette du scénario relie les deux affaires sur lesquelles Vidocq enquête. Lorsqu'il fait chou blanc à sa première tentative de récupération des lettres, il trouve à la place la liste des agents de Fouché, sur laquelle il remarque la présence de Rouvelard, le rentier dont Desfossés est accusé du meurtre. Il n'a plus qu'à remonter la piste et découvre que Rouvelard est encore en vie. Le gredin, dépositaire des fameuses lettres, a simulé la mort afin d'échapper à Fouché et à celles et ceux qui veulent s'emparer des documents par tous les moyens.

Vidocq comprend que la caisse de fer est dissimulée dans le prétendu cercueil de Rouvelard. Et c'est alors qu'apparaît la baronne de Saint-Gély. Il a fallu attendre la 38ème minute pour faire la connaissance de la méchante récurrente, l'adversaire à la fois honnie et aimée du courageux François.

L'amour entre la baronne et Vidocq n'est pas affiché ouvertement dès ce premier épisode, mais paraît déjà évident. Bien entendu, la prétendue baronne n'est qu'une aventurière, et le parallèle entre Saint-Gély, son nom d'emprunt, et celui de « M. de Saint-Firmin » endossé par Vidocq pour avoir accès aux réunions mondaines est probablement un clin d'œil du scénariste au téléspectateur, histoire de lui faire comprendre que, même situés d'un côté et de l'autre de la barrière, l'ancien forçat et la fausse baronne sont destinés à s'entendre...

Les hommes de la baronne surprennent Vidocq et Rouvelard en pleine négociation. Ils tuent Rouvelard -pour de bon, cette fois-ci- et font Vidocq prisonnier. Tout est prêt pour le clou de l'épisode, une scène qui va devenir habituelle sur la série : le numéro de compassion de la baronne face à un Vidocq en mauvaise posture. Ligoté sur des caisses, au fond de la cale d'un bateau, notre chef de la Sûreté voit la baronne de Saint-Gély, toute de violet vêtue, descendre majestueusement les marches pour venir lui faire ses adieux, avant que son homme de main ne lui règle son compte.

La baronne sort son jeu de malheureuse intrigante attirée par son adversaire, mais forcée de se débarrasser de lui car, elle aussi, veut trouver la caisse de fer à tout prix. Cynique, elle va jusqu'à dire à François qu'elle est la personne qui le regrettera le plus.

Mais Bosco, le tueur désigné, est un ancien du bagne de Toulon, comme sa future victime. Vidocq réussit à l'amadouer, le conduit à tergiverser suffisamment longtemps pour que Desfossés arrive à son secours. Bosco est tué et Vidocq retrouve la liberté.

Le cercueil de Rouvelard contient effectivement la caisse de fer et les lettres, que le chef de la sûreté choisit de garder pour son usage personnel, à l'exception de celles concernant la sœur de l'Empereur, évidemment restituées à sa propriétaire. En échange, il obtient comme convenu la grâce de Desfossés.

A noter la présence de Robert Lombard, interprète du préfet du Rhône, porteur d'un message de Savary pour Joseph Fouché. Cet acteur est un habitué des films et séries des années 70 et 80, et c''est un comédien que l'on remarque, même dans des petits rôles.

Avec un tel scénario à rebondissements, ce pilote aurait dû, de toute évidence, parvenir à la note maximum. Pourtant, il atteint un niveau intéressant, mais pas les plus hauts sommets. On touche là à la limite de la série. La plupart des épisodes manquent de ce petit rien qui transforme les bons épisodes en épisodes excellents... et sépare les bonnes séries des séries exceptionnelles. 

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2. LES TROIS CRIMES DE VIDOCQ


Vidocq est accusé d'avoir assassiné deux hommes qui l'avaient dénoncé à la police pour avoir exercé sur eux un chantage. Arrêté et emprisonné, il parvient à s'évader et découvre un complot ourdi par la baronne de Saint-Gély : la criminelle a engagé un faux Vidocq qui arrête des malfrats richissimes et les fait chanter en échange de leur libération. Ceux qui préviennent la police sont exécutés et le vrai Vidocq accusé des meurtres.

Le thème du héros courageux et innocent accusé à tort des pires forfaits, bien que galvaudé par la littérature policière et les films ou séries du même genre, demeure efficace. Avant qu'il n'occupe la majeure partie de l'aventure, ce sont les hommes de Vidocq qui vont être visés par les autres services de la police, histoire de montrer la haine des policiers traditionnels envers ces anciens bagnards : un portefeuille bourré de billets est laissé en évidence à la portée de l'Acrobate, qui ne se laisse pas abuser. Beaucoup moins futé, Desfossés se retrouve en mauvaise posture lorsqu'il découvre qu'on lui a opportunément glissé une montre en or volée dans sa poche.

Flambart est particulièrement stupide dans ses investigations pour retrouver la montre. L'Aveugle et ses compagnons n'ont aucune peine à se jouer de lui. Non seulement il ne trouve rien sur Louis, mais ses adversaires se débarrassent de l'objet compromettant, finalement retrouvé... sur Flambart lui-même !

Ces escarmouches passées, le vif du sujet démarre avec les accusations qui pleuvent sur le chef de la Sûreté. Et il faut bien reconnaître que Vidocq, après le premier assassinat, se montre incroyablement naïf en se jetant dans la gueule du loup chez sa seconde prétendue victime, ce qui facilite la tâche de ceux qui veulent le compromettre.

Après son évasion, Vidocq enquête à l'insu de la police officielle sur ses prétendues victimes et suit la piste d'une étrange maison de bienfaisance tenue par de peu sympathiques malabars. Il se déguise en clochard et surprend une conversation révélatrice : l'instigatrice du complot est la baronne de Saint-Gély !

Il est rassurant, après l'échec initial, de retrouver un Vidocq malin et ingénieux, qui s'arrange pour être surpris en pleine tentative de vol chez la baronne, et lui propose de travailler pour elle, suite à sa suspension de la police. Pour le début de leur association, il lui indique un riche trafiquant espagnol venu en France acheter des armes au prix fort.

Le nommé Don Isidro Del Castelbuono n'est autre que Vidocq déguisé. Prestement arrêté, il est conduit à la « maison de bienfaisance » et emprisonné. Un homme prétendant être Vidocq lui propose de le faire évader, moyennant finances. Le face-à-face entre le vrai et le faux Vidocq est fort cocasse. « Don Isidro » refuse, s'évade par ses propres moyens et simule son assassinat. Les malfrats tentent de faire endosser ce troisième meurtre par le vrai Vidocq, ce qui permet de les confondre. François peut alors être innocenté par M. Henry et le piteux Flambart.

Le pilote avait présenté la baronne sans fournir de détails à son sujet. On va en apprendre un peu plus dans ce deuxième épisode. Roxane prétend avoir épousé le baron de Saint-Gély lorsqu'elle se trouvait à Philadelphie... alors qu'elle n'a jamais quitté la France. La piste de l'aventurière affabulatrice se trouve ainsi confirmée.

Les deux rencontres entre François et Roxane sont un régal, magnifié par le jeu malicieux de Claude Brasseur et Danièle Lebrun. Lors de la seconde, Vidocq passe les menottes aux poignets de la baronne, avant de succomber à son charme. Lorsqu'il se réveille, la belle s'est évadée, remplacée par sa femme de chambre.

Le faux Vidocq est interprété par Gabriel Cattand, la voix française de Doug dans la série Au cœur du temps. Georges Staquet incarne un malfrat, et Roger Riffard le naïf gardien de prison.

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3. LES CHEVALIERS DE LA NUIT


Le collier rose de l'impératrice, hérité de François Ier, a été volé. Vidocq est chargé de le retrouver avant la réception au cours de laquelle l'impératrice doit le porter. C'est la baronne, à la tête de l'organisation des « Chevaliers de la nuit », qui a dérobé le collier et doit le transmettre à des émissaires du futur Louis XVIII, alors réfugié en Angleterre.

Un épisode de dimension inférieure aux deux précédents, surtout dans sa seconde partie, où l'intérêt s'amenuise inexorablement. La conséquence, c'est que Flambart constitue un dérivatif agréable (faute de grives, on mange des merles...). Moins stupide que dans l'épisode précédent, il cherche avant tout à résoudre l'affaire avant son chef.

Le début de l'épisode, tout à fait satisfaisant, montre que Vidocq a le sens de la réplique, et même de la réplique cinglante. Extraits de dialogues :

Mme de Rémuzat : « Je peux compter sur votre discrétion ? »

Vidocq : « Madame, dans la police, il faut avoir beaucoup de mémoire pour tout oublier. »

L'impératrice : « Qu'est-ce que vous attendez pour faire quelque chose ? »

Vidocq : « Que vous ayez fini de parler. »

En ce début d'aventure, Roxane est devenue dame d'honneur de l'impératrice, ce qui peut paraître bien étrange de la part de quelqu'un prétendant appartenir à l'aristocratie, mais démontre que la baronne est prête à tout pour parvenir à ses fins.

Après avoir échappé à une tentative d'enlèvement, Vidocq se rend chez Mosco, dit l'Alchimiste, seul voleur capable d'avoir percé le coffre-fort avec de l'acide pour dérober le collier. L'Alchimiste lui apprend que le coffre était vide ! Il a servi de bouc-émissaire et c'est vraisemblablement la baronne qui s'est emparée du collier.

Les « Chevaliers de la nuit », de faux policiers à la solde de la baronne, arrêtent Vidocq et le jettent en prison en le faisant passer pour Mosco, qui est condamné à mort. Ils exigent du directeur que la sanction soit exécutée dans les 24 heures. C’est à ce point du récit que l’intérêt faiblit : les scènes dans la prison traînent en longueur. Vidocq retarde l'exécution en simulant un suicide, puis finit par s'évader. Enfin, pourrait-on écrire, car l'on commençait à s'ennuyer ferme...

Les péripéties suivantes se déroulent à Dunkerque. Il s'agit de la partie la plus décevante de l'épisode. Le scénario est trop confus pour être réellement captivant. Le seul éclair dans la grisaille est apporté par Flambart et surtout par la façon dont Vidocq se débarrasse de lui, fort drôle : il l'arrête et le fait passer pour un colonel anglais ! Et le malheureux, emmené par deux policiers, se débat en hurlant :

« Je ne parle même pas l'anglais. I don't speak english ! I don't speak english ! »

L'ami Flambart a voulu trop bien faire : en changeant de veste pour se déguiser, il a omis de garder ses papiers d'identité.

L'enquête menée à Dunkerque ne permet pas de retrouver le collier. C'est alors que Vidocq fait preuve de sens psychologique. Selon lui, la baronne a un principe : le seul endroit où l'on ne risque pas de chercher un objet volé est le domicile de la victime. Fort de cette règle, il se rend à la réception donnée par l'impératrice, déguisé en prestidigitateur oriental. Si le jeu de magicien de Claude Brasseur est amusant, la façon dont il retrouve le collier, qui plus est juste au moment où sa propriétaire va en avoir besoin, est tout de même tirée par les cheveux. Psychologie, pourquoi pas ? Mais il y a des limites...

Même le premier face-à-face François-Roxane est moins flamboyant qu'à l'accoutumée : aucune effusion, Saint-Gély se contente de mettre en garde son adversaire contre les dangers de cette enquête. Le second se déroule dans un fiacre et constitue l'épilogue. Plus dans la lignée des joutes entre les deux amis-ennemis, il permet une conclusion joyeuse puisque la baronne accepte de donner sa nuit à celui qui vient de la vaincre une nouvelle fois.

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4. LES CHAUFFEURS DU NORD


Vidocq est chargé de mettre fin aux agissements d'une bande de pillards qui sévissent dans le Nord de la France. Ces malfaiteurs attaquent les fermes isolées et forcent les paysans à avouer où se cachent leurs économies en brûlant leurs pieds, d'où leur nom de « chauffeurs du Nord ».

Un épisode atypique puisqu'il se déroule intégralement en dehors de Paris et que la baronne de Saint-Gély n'apparaît pas. Le périmètre d'action de la Sûreté est limité au département de la Seine : voilà sans doute pourquoi Vidocq va mener une enquête discrète sous l'identité d'un fonctionnaire naïf, chasseur de papillons ; légalement, il ne peut intervenir dans le Nord.

Georges Neveux tenait beaucoup à cette histoire inspirée de faits réels : des bandes de « chauffeurs » ont effectivement sévi dans le Nord sous l'Empire. Mais ce n'est point François Vidocq qui les a arrêtées...

Alors que l'épisode s'annonçait passionnant, le déroulement de l'intrigue va vite laisser la place à une déception. Le défaut congénital de l'épisode est que l'on comprend qui sont les chauffeurs dès l'arrivée de Vidocq dans le village menacé. Le prétendu maire et son « adjoint », la mégère interprétée par Andrée Tainsy, tous sont facilement reconnaissables. D'où une certaine naïveté, qui n'est pas sans rappeler certains épisodes de la série Arsène Lupin.

Pourtant, l'idée d'un village entièrement aux mains de malfrats n'est pas mal trouvée, on peut remarquer certaines analogies avec l'épisode des Avengers intitulé « Le Village de la mort ». Mais l'atmosphère de Paris et de ses intrigues bonapartistes ou monarchistes manque évidemment beaucoup. Bon point tout de même pour la distribution, où l'on reconnaît Pierre Tornade en préfet du Nord et Bernard Lajarrige, l'inspecteur Lognon des Maigret avec Jean Richard, dans le rôle du vrai maire.

Le principal intérêt de l'aventure ne sera donc pas la bande de pillards, caricaturale et consternante de bêtise, mais la romance entre Vidocq et une complice des chauffeurs chargée d'espionner cet étrange chasseur de papillons.

Sylvia, la jeune femme, est interprétée par Hélène Manesse, remarquable de naturel dans ce rôle d'intrigante séduite par celui qu'elle est chargée de surveiller, et prête à trahir ses employeurs. Un personnage précurseur de celui qu'elle composera dans « Les vautours », un des premiers épisodes des Brigades du Tigre : une jolie femme un peu canaille liée à des bandits, mais débrouillarde et finalement bonne fille. Le baiser fougueux entre les deux tourtereaux fait vrai, on n'a pas l'impression que les partenaires font semblant, comme dans tant de films ou séries. Sa reprise dans les images du générique de la première saison est fort judicieuse.

Georges Neveux souhaitait offrir une possibilité d'alternative féminine au personnage de la baronne. Après que Flambart, pour une fois utile, ait opportunément arrêté Sylvia alors qu'elle cherchait à fuir, François l'engage dans sa brigade pour une durée de cinq ans. Cette piste semble sérieuse puisqu'elle constitue l'épilogue, et semble annoncer un tournant dans la série. Hélas ! Elle n'aura aucune suite puisque jamais la charmante Sylvia ne fera sa réapparition. Le fait confirmera à posteriori Les Chauffeurs du Nord dans son rôle d'OVNI de la série.

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5. ÉCHEC À VIDOCQ


A l'aube de la Restauration, M. Henry, désireux de protéger Vidocq des moments difficiles qui se préparent, l'envoie enquêter en Bretagne au sujet de la disparition mystérieuse d'émigrés rentrés clandestinement en France. Le chef de la Sûreté va découvrir une organisation criminelle qui assassine les émigrés à leur retour pour s'emparer de leur fortune.

Cet épisode marque un tournant avec le début d'une série de cinq épisodes se déroulant pendant la période trouble de la Restauration et des Cents-Jours. Cette insertion dans le contexte historique de l'époque est une excellente idée qui va relancer la série.

La politique fait irruption partout, y compris chez les hommes de Vidocq, qui étalent leurs divergences sans modération : Desfossés est bonapartiste (je l'aurais juré !...), l'Acrobate royaliste, comme tous les gens du cirque, selon lui, car « le Roi, c'est la tradition ! ». L'Aveugle met tous ces « tyrans » dans le même sac et se proclame républicain. Que voici une scène amusante !

Moins drôles sont les sentiments de M. Henry, très ennuyé par le changement de régime : pur produit du bonapartisme, il sait que ses jours à la tête de la police sont comptés. Souvent moins engagés, les fonctionnaires et les notables s'adaptent au nouveau régime : puisque le Roi a pris le pouvoir, ils deviennent les rois... du retournement de veste.

Le résultat, c'est un épisode enlevé, au scénario bien monté et pourvu de comédiens parfois inattendus dans les petits rôles. Ainsi, Marie-Pierre Casey, avant d'être engagée par Stéphane Collaro, aura-t-elle joué au moins une fois une femme en train d'accoucher. Puisqu'à l'époque, l'insémination artificielle n'existait pas, sans doute a-t-elle trouvé un mari aveugle... Jean Bouise interprète le maire breton et Henri Djanik est méconnaissable en policier royaliste coiffé d'un haut-de-forme.

Empereur ou Roi, rien ne change chez Flambart, aussi ridicule que d'habitude : le voilà amoureux de la baronne de Saint-Gély ! En revanche, tout est bouleversé pour Vidocq : à son retour de Bretagne, il tombe sur le successeur de M. Henry, un grotesque royaliste à perruque qui le congédie sur le champ. Mais ceci ne va pas interrompre l'enquête.

En Bretagne, Vidocq s’était fait passer pour un émigré de retour, un prétendu comte de Richebourg. Il s'introduit chez le faux comte déguisé en cocher, et fait engager ses hommes parmi le personnel de Richebourg. Notre policier a tôt fait de démasquer Poulardeau, un bagnard évadé engagé par la baronne pour donner le change avant de faire main basse sur la fortune de celui qu'elle prend pour un vrai noble assassiné par ses hommes de main bretons.

Satisfaite par l'issue de cette affaire, la police royaliste réintègre Vidocq dans ses fonctions, une conclusion que l'on retrouvera à plusieurs reprises, et apparaît crédible pour sa première apparition.

Admirons le cynisme parfait de la baronne, qui se présente pour une royaliste donnant asile aux émigrés et se trouve en réalité à la tête du réseau qui les assassine pour s'emparer de leurs biens. Et plus encore le tour de passe-passe génial utilisé par cette criminelle pour ne pas avoir à s'enfuir, une fois son trafic dévoilé : elle n'hésite pas à se faire passer pour la « vraie » baronne de Saint-Gély, revenue à Paris depuis Philadelphie pour démasquer et remplacer « l'aventurière » qui a eu l'outrecuidance d'usurper son identité. Et avec quel objectif ?  Monter une sordide affaire dont ont été victimes des proches du nouveau pouvoir. Ah ! La friponne ! Du grand art ! Pas dupe, Vidocq ne tarde pas à profiter des charmes de la « vraie » baronne...

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6. LES BANQUIERS DU CRIME


A l'approche des Cents-jours, Vidocq enquête sur des faits étranges survenus au bagne de Toulon : des détenus se mutinent, d'autres disparaissent. Le chef de la Sûreté découvre une organisation criminelle dirigée par la baronne de Saint-Gély : une « banque du crime », chargée de gérer la fortune de riches prisonniers, garde l'argent pour son seul profit et assassine les bagnards venus demander des comptes à leur  libération ou après s'être évadés.

1815 : Napoléon quitte l'île d'Elbe et marche sur Paris. Déconcerté, le frère du Roi, qui détient le pouvoir réel, offre à Fouché, disgracié par l'Empereur quatre ans auparavant, le ministère de la police. Fouché, qui joue le double jeu et croit au succès de Napoléon, refuse. Le futur Charles X se tourne vers Bourrienne, ami d'enfance de Bonaparte mais fâché avec lui, et le nomme préfet de police.

Bourrienne ordonne l'arrestation de 1500 personnes, dont Fouché en premier lieu. Vidocq aide Fouché à s'enfuir, mais Bourrienne a vent de l'opération. Il envoie Vidocq enquêter au bagne de Toulon, où sévissent des mutins. En sous-main, il charge Flambart, qui va accompagner Vidocq, de remettre au directeur de la prison une lettre de destitution du chef de la Sûreté. Redevenu un forçat en fuite, Vidocq ne peut que se retrouver incarcéré. Bourrienne promet à Flambart le poste de chef de la Sûreté.

La réaction de Flambart est significative. Le Flambart des premiers épisodes aurait profité de l'aubaine pour se débarrasser de l'ancien bagnard. Mais depuis, il a appris à apprécier son chef de service, dont il admire les qualités de policier. Flambart se trouve face à un choix cornélien : trahir les ordres en prévenant son chef ou trahir son chef en obéissant aux ordres du préfet. Prudent, il suggère à Vidocq de lire la lettre à son insu, et ce dernier va en profiter pour éprouver la fidélité de son adjoint.

Cette évolution intéressante, ce Flambart beaucoup plus nuancé, offraient des perspectives différentes en vue de la seconde saison. Il est regrettable que cette piste n'ait pas eu de suites. Car ici, on découvre un Flambart transformé, qui s'encanaille furieusement : il va jusqu'à s'enivrer et à tutoyer non seulement le forçat évadé, mais aussi (Oh ! Le sacrilège...) son chef de service ! Il est vrai que ce comportement singulier est la conséquence de son désespoir d'avoir trahi les ordres de Bourrienne et d'avoir participé à son insu à l'évasion d'un détenu, organisée par Vidocq.

On retrouve avec satisfaction un bel affrontement entre Roxane de Saint-Gély et François Vidocq. D'abord, lors de la scène où Vidocq est ligoté à fond de cale, copier-coller de l'épisode pilote avec la baronne qui avoue ses regrets d'être contrainte d'envoyer par le fond « le seul homme qu'elle ait jamais aimé ». Ensuite, ce sont les retrouvailles : soulagement et rires de Roxane, heureuse de constater que sa tentative de meurtre a échoué. Après une nuit d'amour que la baronne passe avec les menottes, la jeune femme s'évade et notre fier policier se réveille avec un chaton à la place de la main de sa maîtresse dans la menotte attachée à son poignet ! Bien entendu, la baronne a emmené les clefs...

Le rire de Flambart et du copain bagnard (excellemment interprété par Michel Robin) lorsqu'ils découvrent Vidocq attaché à un chat vaut le coup d'œil. Même remarque concernant la façon dont François se tire d'une mauvaise situation due à la malfaisante Roxane. C'est parce qu'elle a subtilisé la lettre de destitution écrite par Bourrienne, puis l'a transmise à la police locale, que Vidocq se retrouve arrêté. On peut alors constater la dextérité avec laquelle le chef de la Sûreté sait utiliser à son profit la gabegie qui règne lors de cette période trouble des Cents-Jours : il va usurper l'identité du magistrat chargé de le juger, au grand étonnement de Flambart !

La conclusion va confirmer la qualité de cet épisode, probablement le meilleur de la série, puisque les dix mille pièces d'or du trésor des « banquiers du crime », dissimulées dans des cercueils ( !), sont remises par Vidocq au bénéfice du peuple, avec l'assentiment de la baronne, qui trouve ainsi l'occasion d'échapper à des poursuites.

C'est alors que parvient la nouvelle de la victoire de Napoléon, accompagnée du retour de Fouché au ministère de la police. Même la baronne, habituellement dans la mouvance royaliste, se sent obligée de crier « Vive l'Empereur ! ». Quant à Vidocq, il quitte Toulon acclamé par le peuple, et savoure cette douce revanche dans un fiacre en compagnie de Flambart.

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7. LA BANDE À VIDOCQ




Vidocq et sa bande vont tenter de prouver l'innocence de Mosco, « l'Alchimiste », condamné à mort pour fabrication de faux billets. Le chef de la Sûreté remonte la piste des faussaires jusqu'en Vendée, chez les Chouans, accompagné de la baronne, très intéressée par la planche à billets...

Pendant les Cents-Jours, Paris est inondée de faux billets. Mosco, dit « l'Alchimiste », membre de la bande à Vidocq, est accusé d'être à la tête de la bande des faussaires, un crime grave au moment où l'économie doit financer la guerre que Napoléon va devoir mener contre la coalition étrangère. L'Alchimiste est condamné à mort.

Fouché, le ministre de la police, refuse de gracier Mosco, mais accorde un sursis de trois jours avant l'exécution en échange de sa correspondance secrète avec Louis XVIII, alors réfugié en Belgique, et dont Vidocq est entré en possession.

Le chef de la Sûreté entend profiter de ce court délai pour trouver le moyen de faire évader Mosco, mais l'Alchimiste, persuadé d'être sur le point de découvrir enfin le moyen de transformer le plomb en or, entend poursuivre ses recherches à l'endroit où se trouvent ses calculs. Or, il a débuté ses recherches en prison, et les formules secrètes sont écrites sur les murs de sa cellule. Donc, il refuse de s'évader !

C'est alors qu'intervient Flambart. Pour cette nouvelle saison, on le retrouve avec une nouvelle coiffure. Ses cheveux sont devenus bouclés, ce qui lui donne l'air encore plus ridicule. Vidocq lui demande de participer à l'évasion de Mosco. Il commence par refuser, mais se voit contraint d'accepter lorsque son chef menace de révéler sa liaison avec une femme mariée, ce qui risque de compromettre sa promotion au grade d'inspecteur principal. L'opération réussit, mais Mosco choisit de retourner en prison pour achever ses calculs.

Alors que l'épisode s'annonçait passionnant, notamment du fait de son insertion dans le contexte des Cents-Jours, il s'enlise avec les interminables manœuvres de Vidocq pour sauver Mosco, et ce malgré le pittoresque de la séquence de la guillotine volée pendant que le bourreau confie ses souvenirs à Vidocq.

L'accord entre la pègre et le chef de la Sûreté pour retrouver les vrais faussaires, dont les deux parties sont victimes, va relancer le scénario. Cette union sacrée réussit puisqu'elle démontre que les faux billets sortent de la banque de France. Vidocq pense que l'opération a été montée par les Chouans. Sur ordre de Fouché, il part enquêter en Vendée en compagnie de... la baronne de Saint-Gély, mandatée par Fouché en raison de ses relations dans les milieux royalistes.

François est réticent, les souvenirs des tentatives de meurtres de la baronne sur sa personne ne sont pas effacés. Néanmoins, il est contraint d'accepter la mission, et c'est tant mieux pour le téléspectateur car les scènes entre Roxane et lui sont à nouveau les meilleures de l'épisode.

Pour convaincre Vidocq, la baronne lui assure qu'elle accepte de l'introduire chez les Chouans en échange de la destruction du rapport rédigé sur elle par le chef de la Sûreté suite à l'affaire de Toulon, destruction promise par Fouché. En réalité, le projet de la baronne est de s'emparer de la planche à billets des royalistes et de s'enfuir au Portugal avec son cher François pour mener la belle vie avec la fausse monnaie. Elle espère imprimer pour des millions de francs de faux billets !

Pour forcer la main de son amoureux, Roxane révèle son identité aux Chouans, qui s'empressent de le condamner à mort. Ainsi, Vidocq n'a le choix qu'entre la mort ou la fuite dorée avec la baronne. Mais ses hommes, déguisés en confesseurs jésuites, viennent à son secours et il parvient à faire échouer le plan de Miss Saint-Gély. De retour à Paris avec la planche à billets, il ne reste plus qu'à sauver Mosco de la guillotine. Roxane aide François dans cette entreprise, alors que lui-même se déguise en magistrat à fière allure, avec sa robe rouge et sa barbe à la Jules Ferry.

Au final, un épisode agréable pimenté par quelques apparitions d'acteurs bien connus, de Marc Eyraud, hilarant en bourreau, à Patrick Préjean dans un petit rôle de malfrat, en passant par le retour de Roger Riffard pour l'interprétation du gardien de prison.

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8. LES ASSASSINS DE L'EMPEREUR


Fouché charge Vidocq de protéger la vie de l'Empereur, menacée par un complot royaliste. Vidocq et ses hommes partent pour le Nord, peu avant la bataille de Waterloo. Pour déjouer la conjuration, Vidocq engage un sosie de Napoléon, chargé de brouiller les pistes. Mais il n'est pas au bout de ses surprises...

Alors que la fin des Cents-Jours approche, Vidocq n'a plus le cœur au travail, trop occupé par son idylle avec la baronne. Envoyée en mission par Fouché, Roxane quitte la France sans crier gare, ce qui engendre chez son amant un accès de mauvaise humeur dont les premières victimes sont ses hommes.

Résigné, Vidocq emmène à l'opéra, à la place de la baronne, la fille de son concierge, une gamine de quinze ans amoureuse de lui. Neveux et Bluwal en profitent pour se payer la tête des cantatrices : la compagne de  Vidocq s'extasie devant la « beauté » des chants... avant de s'endormir. Quant à Desfossés, il a eu la prudence de placer du coton dans ses oreilles. Si cette scène est assez drôle, tel n'est pas le cas du numéro joué par les hommes de Vidocq pour échapper à l'incorporation dans l'armée pourtant ordonnée par leur chef : les soldats récalcitrants se font passer pour des fous. Desfossés force le trait avec son imitation d'un chien de garde. Voilà qui ne fait même pas sourire.

Vidocq ne brille pas par sa perspicacité au cours des séquences avec le sosie qu'il a engagé pour tromper les assassins, et qui s'avère être... le meneur des conjurés. D'ailleurs, il reconnaît avoir été « le roi des imbéciles ». Ce point de scénario ne tient pas debout : Napoléon visé par un sosie, c'est n'importe quoi. Toute cette partie s'avère particulièrement plate, malgré la façon dont le sosie fausse compagnie à Vidocq : la simulation d'un attentat à l'hostie empoisonnée n'est pas mal trouvée.

Alors que François se reprend et neutralise l'assassin, ce sont ses hommes qui prennent le relais dans le domaine de la gaffe en tuant le meurtrier, seule personne capable de livrer le nom du véritable cerveau de la conjuration. Néanmoins, Vidocq apprend par un comparse de l'assassin que ce dernier était en réalité un agitateur royaliste bien connu. Plus intéressant, l'homme connaît le mot de passe de l'organisation, ce qui permet au chef de la Sûreté de remonter à la source du complot.

Pour tout habitué de la série, il ne fait aucun doute que la tradition va être respectée, que l'inéluctable va forcément arriver : le cerveau démoniaque de la conjuration ne peut être que la baronne. Eh ! Bien, non ! Il s'agit de Fouché en personne, un Fouché persuadé que Napoléon va être défait à Waterloo, et qu'il est préférable pour sa carrière de prendre les devants afin de conserver son poste au retour de Louis XVIII.

La noirceur du scénario est accentuée par l'absence de Flambart (la seule dans la série), qui retire les scènes comiques habituelles. Quant à la baronne, on ne la voit qu'au début de l'histoire, dans les bras de Vidocq, et son absence par la suite entraîne celle, préjudiciable, des fameuses scènes de comédie entre les deux amants-ennemis, ces affrontements au ton si léger qui ont fait en grande partie le charme, et même l'âme de la série.

Du coup, l'épisode s'achève en quenouille avec un télégramme de la baronne, annonçant en avant-première à Fouché la défaite de « l'Usurpateur ». Notre chef de la Sûreté en reste pantois et reconnaît sa naïveté. Voilà qui parachève l'échec de cette histoire : ce que l'on attend de Vidocq, c'est qu'il soit malin et débrouillard, et pas le roi des corniauds, comme on le découvre dans cet épisode à oublier bien vite.

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9. LES BIJOUX DU ROI


Suite à l'abdication de Napoléon, Fouché entend démontrer à Louis XVIII qu'il est le seul homme en France capable d'assurer la sécurité intérieure. Vidocq, à qui Napoléon avait promis la réhabilitation complète, est contraint d'exécuter les ordres de Fouché, sous peine de retourner au bagne. Pour entrer dans les bonnes grâces du nouveau régime, Fouché lui ordonne d'assurer le retour de Belgique à Paris des bijoux du Roi.

Sur cette mission, Vidocq et ses hommes, très liés au bonapartisme, ont des états d'âme. Même le marquis de Modène (qui, il est vrai, n'est pas un véritable noble...) s'écrie en voyant le drapeau blanc :

« Voilà un drapeau que j'espérais bien ne plus jamais revoir flotter... »

Nos amis ne sont pas bien accueillis en Belgique, dans l'entourage du Roi. Ainsi, le duc de Blacas, un ultra caricatural interprété avec conviction par un André Falcon idéal pour ce type de rôle, refuse d'écouter Vidocq :

« Je tiens Fouché pour un gredin, et vous êtes un bandit. Fouché est le responsable des massacres de Lyon en 1793, le régicide qui vota la mort de Louis XVI, le suppôt de Bonaparte ! »

Face à ce flot d'injures, Vidocq choisit de fuir de but en blanc. Estomaqué, Blacas ajoute son nom à la liste des personnes à faire pendre de toute urgence et lance ses soldats à ses trousses.

Le marquis de Modène et Vidocq sont sauvés par la baronne de Saint-Gély, qui les fait amener chez elle puis les expédie dans un vieux chariot sur la route de Copenhague, déguisés en pêcheurs. François flaire le coup monté destiné à l'éloigner, la baronne étant trop liée aux royalistes pour les trahir en sa faveur. Il reste en Belgique et fait venir tous ses hommes.

Vidocq tient à convoyer lui-même les bijoux à Paris pour démontrer au nouveau pouvoir l'utilité de sa brigade, et éviter ainsi sa dissolution, voire le retour au bagne. Pendant ce temps, Flambart, après s'être remis de la grippe (au mois de juin...), se met au service du nouveau pouvoir. Le duc de Blacas lui ordonne de trouver Vidocq et de l'arrêter.

Face à l'hostilité des royalistes, Vidocq décide de voler les bijoux afin de les restituer lui-même au Roi. Grâce à un habile stratagème, il s'empare du fourgon aux bijoux, mais ce dernier est vide : le convoi exhibé ostensiblement n'était qu'un leurre.

Vidocq en conclut alors que les bijoux du Roi ont dû être volés. En fait, Louis XVIII, ruiné par son exil, avait confié à la baronne le soin de vendre les joyaux. De retour au pouvoir, il souhaite les racheter, et pour ce faire charge Blacas de s'adresser à nouveau à Mme de Saint-Gély, qu'il pense dévouée à la cause de la monarchie. Évidemment, Roxane n'est guère intéressée par le service du Roi. Ce qu'elle souhaite, c'est garder les bijoux pour son seul profit.

François se rend à Anvers pour trouver les bijoux, mais il est arrêté et n'échappe à la fusillade que grâce à l'intervention de Desfossés et d'un complice bonapartiste, receleur notoire. Il se réfugie à nouveau chez la baronne, juste au moment où celle-ci tente d'escroquer Blacas : elle essaie de revendre les bijoux dix plus cher qu'elle les avait achetés, en mettant l'escroquerie sur le compte de revendeurs malhonnêtes. Mais Vidocq s'empare des bijoux, ce qui amène le complice de la baronne à croire qu'elle l'a doublé.

Roxane se retrouve en mauvaise posture, mais François lui sauve la vie et restitue les bijoux au Roi. Toujours chevaleresque, il laisse la baronne s'enfuir et impute la responsabilité de l'escroquerie à son complice.

Satisfait, Fouché octroie une semaine de vacances à Vidocq, congés à passer avec... la baronne, qui l'attend dans son fiacre, toute émoustillée de désir.

Dans cet épisode à rebondissements, on remarque la présence de Robert Dalban, excellent en receleur corse bonapartiste, et celle de Francis Lemaire dans le rôle éphémère d'un soldat belge.

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10. VIDOCQ ET L'ARCHANGE


Vidocq, destitué par le nouveau pouvoir royaliste, enquête pour son propre compte sur un complot fomenté par les ultras et dirigé par la baronne de Saint-Gély. Le but des conjurés est d'assassiner Louis XVIII afin que son frère le comte d'Artois monte sur le trône. Révulsé par les ultras, Vidocq espère aussi retrouver son poste en sauvant la vie du Roi.

Juillet 1815 : alors que la Terreur Blanche se déchaîne contre les jacobins et les bonapartistes, la France, vaincue, se retrouve occupée. Les monarchies étrangères exigent de Louis XVIII l'épuration de l'administration et la constitution d'un gouvernement conforme à leurs aspirations.

Le Roi, faible et malade, cède et congédie Fouché, contraint à l'exil, ainsi que M. Henry. Vidocq est destitué et remplacé par Flambart à la tête de la Sûreté. Prévenu par lettres anonymes d'un complot contre la vie du Roi, Vidocq persiste et mène son enquête personnelle. Ses hommes ne comprennent pas son obstination à servir un pouvoir qui le persécute. Il leur rétorque qu'il travaille pour son propre compte car « les ultras, je ne peux pas les sentir. »

Vidocq ne tarde pas à découvrir le cerveau du complot, qui n'est autre que la baronne de Saint-Gély. A la tête d'un groupe d'ultras exaspérés par la mollesse de Louis XVIII, elle met au point l'assassinat du Roi afin que son frère le comte d'Artois, icône des royalistes radicaux, monte sur le trône.

Un des points forts de l'épisode est justement la description amusante des ultras, à peine caricaturale. Morceaux choisis de leurs conversations :

« J'ai entendu un ministre parler de progrès ! »

« Tout homme qui a serré la main de Bonaparte devrait être pendu ! »

Sous leurs perruques, on distingue parmi les ultras quelques acteurs connus, tels Hubert Deschamps et Pascal Mazzotti. Tous sont donc de parfaits crétins, et Vidocq ne cache pas son étonnement de voir la baronne s'associer avec de telles personnes.

Roxane va lui répondre et lui dévoiler ses plans. Elle le fait emprisonner, ainsi que Desfossés, pour pourvoir agir à sa guise. Vidocq a raison : il paraît curieux de voir la baronne, qui a fait assassiner des émigrés pour s'emparer de leur fortune, et qui vient encore de tenter d'escroquer le royaume dans l'affaire des bijoux, se retrouver à la tête d'un groupe d'ultras.

La criminelle va s'expliquer avec François, qu'elle retient dans une cave en compagnie de Desfossés. Mortifiée d'avoir eu la vie sauve du fait du bon vouloir de Vidocq lors de l'affaire des bijoux du Roi, elle veut  à son tour le sauver et de dominer définitivement à la faveur de son emprise sur les ultras, qui ne pourront plus rien lui refuser après l'avènement du comte d'Artois. La conversation est explicite :

Roxane : « Tu travailles pour ton compte ? »

François : « Je n'aime pas tes amis... »

Roxane : « Il y a un plaisir rare à gouverner à travers les imbéciles. »

La chère baronne utilise un prédicateur naïf pour arriver à ses fins : elle se déguise en archange Gabriel et l'incite à aller soigner le Roi avec une poudre qu'elle lui fournit aimablement, et qui contient évidemment du poison. Au sein de cet épisode de bonne facture, cette séquence de la baronne-archange détonne par son aspect particulièrement ridicule. Elle rappelle les épisodes ratés de la série Mission impossible, basés sur les fantômes ou le surnaturel.

On peut critiquer aussi l’aspect réchauffé du combat que doit mener Vidocq pour gagner la confiance d’un nouveau pouvoir, un type de scénario utilisé pour la troisième fois. Après s’être fait adouber par le pouvoir royaliste à la fin de l’épisode précédent, à quoi rime le retournement de veste des monarchistes dès le début de celui-ci, si ce n’est à une incohérence ?

Heureusement, la suite va se révéler nettement plus captivante. Vidocq s'évade, mais lui et ses hommes sont capturés par les occupants autrichiens, et attachés aux poteaux afin d'être fusillés. Prévenue, la baronne ne l'entend pas de cette oreille et tergiverse avant de donner l'ordre de tirer. Cela laisse le temps à Vidocq de retourner la situation en sa faveur et d'échapper à ses ennemis.

Vidocq prend la place du « guérisseur » et prévient le Roi de l'existence du complot. Louis XVIII le fait réintégrer à son poste de chef de la Sûreté. Jacques Morel est excellent dans le rôle du Roi, dépeint comme un homme malade se trouvant dans une position inconfortable : il doit lutter à gauche contre les jacobins qui le traitent de tyran, et à droite contre les ultras qui le traitent de jacobin.

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11. LES DEUX COLONELS


Un ancien bagnard met Vidocq sur la piste de Blanchet, un cambrioleur vivant désormais sous l'identité d'un colonel de l'armée française, et dont la position de notable facilite l'exercice de ses activités illégales. L'informateur ne peut donner plus de détails car il est assassiné. Vidocq va remonter la piste jusqu'en Angleterre, où il découvre une bande bien organisée.

C'est dans cet épisode que l'on assiste à l'enquête se rapprochant probablement le plus des activités réelles du vrai Vidocq à la tête de la Sûreté, à savoir des opérations d'infiltration au sein de la pègre. Pour une fois, le scénario délaisse donc les intrigues politiques.

Flambart est omniprésent, et ses relations avec son chef sont toujours aussi tendues. Vidocq reproche vertement à son adjoint d'avoir refusé d'écouter Darius, l'informateur, et de l'avoir mis à la porte. Aussitôt sorti, le malheureux Darius avait été liquidé. Les dialogues entre les deux hommes sont pittoresques :

« Quelle est la meilleure méthode, Flambart, pour savoir si le ver est dans la pomme ?

-Je ne sais pas.

-Ouvrir la pomme ! »

« Sachez, Monsieur Vidocq, que le rôle d'un policier est de châtier le vice, et non d'encourager la vertu. »

Flambart manque de s'étrangler lorsque Vidocq lui ordonne d'effectuer un cambriolage pour le compte de la bande de Blanchet. Cette opération ne peut être menée que par un policier au-dessus de tout soupçon. Or, le passé de Vidocq lui interdit d'agir lui-même. Donc, Flambart fera l'affaire. Au cours du cambriolage, Flambart n'a pas eu de peine à se montrer convaincant lorsqu'il s'est plaint d'avoir le vertige, juché sur le mur qu'il venait d'escalader. En effet, Marc Dudicourt est réellement sujet au vertige, et Marcel Bluwal l'avait piégé en s'abstenant de l'informer de la hauteur qu'il allait découvrir de l'autre côté du mur, plus importante que prévue.

L'épisode suscite l'intérêt jusqu'à cet instant du récit, bien servi par le talent des acteurs récurrents et des vedettes invitées. Au premier rang, Jacques François, époustouflant dans le double rôle de sosies au caractère très différents : le bagnard Blanchet, une crapule cynique dissimulée sous l'identité du colonel de Thierval, et le vrai colonel, enfermé à sa place et devenu amnésique. Il est vrai qu'il était habitué aux rôles de militaires un peu raides... mais pas à celui plus singulier de chef de bande !  Citons aussi Guy Grosso, promu directeur du bagne de Toulon, et Dominique Zardi, roi du second rôle, ici dans celui de Darius.

Mais le scénario va partir dans tous les sens dès l'instant où Vidocq découvre que le trafic de marchandises volées cache un réseau d'espionnage d'envergure, et où il entreprend d'infiltrer cette organisation. Cambriolage, espionnage, Paris, Londres, le bagne de Toulon pour vérifier l'identité de Blanchet : on ne sait plus où donner de la tête tellement l'histoire devient confuse. Et le rôle trouble joué par l'étrange Darmontel ne contribue pas à éclaircir les idées du spectateur... L'histoire devient vraiment languissante lors de sa dernière phase, en Angleterre. Le scénario continue à se déliter, et l'on subit un quart d'heure final parmi les plus ennuyeux de la série.

Comme pour Les assassins de l'Empereur, on attend l'inéluctable, c'est-à-dire la découverte de la baronne à la tête de l'organisation criminelle, mais l'inéluctable ne se produit pas. On n'aperçoit Mme de Saint-Gély que pendant les dernières secondes de l'épisode, où elle est présentée en tant que compagne de Darmontel exilée en Angleterre, et tenue à l'écart de ses activités crapuleuses. Vidocq lui-même s'ennuie un peu : il exprime sa nostalgie des affrontements avec la baronne, et il a raison !

Néanmoins, la séquence finale de la substitution, permettant le retour de Blanchet au bagne et la réintégration du vrai colonel de Thierval dans ses fonctions, est fort agréable et permet de conclure sur une note positive.

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12. L'ÉPINGLE NOIRE


Le chef de la Sûreté est chargé d'enquêter sur une succession de personnes, pour la plupart bonapartistes notoires, ayant trouvé la mort au cours de duels. Il découvre une organisation secrète bonapartiste dont les membres sont décimés par un système de duels truqués mis en place par la baronne de Saint-Gély, avec l'appui d'éléments policiers au service du Roi.

Après une enquête dans les milieux de la pègre, voici le retour à une intrigue éminemment politique, type de scénario qui convient le plus à l'épanouissement de la série. L'histoire est particulièrement habile et astucieuse : des agents provocateurs à la solde des royalistes, aidés par un traître du camp adverse, incitent les membres de l'organisation secrète bonapartiste à se battre en duel. En fait, le duel est joué d'avance car l'arme du bonapartiste est chargée à blanc, et il est prestement abattu par le fusil de guerre d'un tireur embusqué.

La succession d'escarmouches entre les royalistes et les bonapartistes est passionnante, probablement plus que l'histoire en elle-même. Les royalistes sont bien entendus coiffés de perruques, alors que les bonapartistes portent des hauts-de-forme. Quelques anecdotes savoureuses parsèment le récit. Ainsi, les monarchistes qui enlèvent les as d'un jeu de cartes avant d'entamer une bataille, car ce sont des cartes « usurpatrices » qui prétendent battre le Roi. Ou bien le porc coiffé d'une couronne que les bonapartistes expédient dans le café fief de leurs adversaires. Et encore le partisan de Napoléon cerné par des royalistes et qui s'écrie :

« A la santé du Roi... de Rome ! »

Autre réussite incontestable, l'infiltration de Vidocq dans l'organisation secrète bonapartiste. Claude Brasseur a fière allure en homme d'affaires moustachu et excentrique avec son magnifique haut-de-forme, venu offrir des moyens conséquents aux partisans de l'Empire, afin qu'ils puissent financer leur retour au pouvoir.

Vidocq comprend que les bonapartistes entretiennent surtout des chimères. Comment pourrait-il en être autrement avec un chef miné par la passion du jeu, et dont l'adjoint travaille en sous-main pour l'ennemi ? Il va donc tenter de les sauver du complot qui menace leur vie. A cette occasion, il va montrer que, malgré son ralliement opportuniste à Louis XVIII, il conserve des sympathies bonapartistes notoires.

L'événement de l'épisode, ce sont les retrouvailles de Vidocq avec la baronne, de retour en France après quatre ans d'absence. Après quelques galipettes, François repousse les offres de Roxane en ces termes :

« Je préfère être étranglé par l'administration que libre avec toi ! »

Eh ! Oui ! Les deux amants ne retrouvent plus leurs sensations d'autrefois. L'atmosphère joyeuse, insouciante des aventures vécues sous l'Empire et les Cents-Jours fait place à une ambiance noire, un certain désenchantement perceptible tant de la part de la baronne que chez Vidocq, comme si leur relation singulière ne pouvait reprendre à l'identique après ces années de séparation, comme si la monarchie ne pouvait plus servir de cadre à leurs amours.

Le résultat,  c'est un épisode plus sombre et pessimiste que la moyenne, annonciateur d'une fin de série dramatique. Pour preuve, la scène finale entre Vidocq et sa maîtresse, après qu'il ait une nouvelle fois fait échouer ses démoniaques projets :

Saint-Gély : « Je te déteste ! »

Vidocq : « Je te le rends bien ! »

Et ils s'embrassent !

Il est regrettable que Leblanc, le traître à la cause bonapartiste, soit trop rapidement identifiable. Un certain suspense en ce domaine aurait été de meilleur aloi. En revanche, la révélation du fait qu'il travaille pour la baronne et la police du Roi est une vraie surprise. Roxane explique ses motivations : elle a monté de toutes pièces cette organisation bonapartiste pour identifier les partisans de l'Empereur et pousser le Roi à prendre les mesures répressives jugées nécessaires par les ultras. Leblanc s'apprête à liquider les chefs bonapartistes, mais Vidocq parvient à les sauver en offrant à leur réunion souterraine une voie de sortie par les égouts. Leblanc meurt dans l'explosion déclenchée par Vidocq pour protéger leur fuite. Le chef des bonapartistes, s'estimant responsable de leur échec, se suicide.

A noter la présence dans un petit rôle d'André Badin, interprète d'un mari trompé qui a tué sa femme, et celle de Jean-Pierre Rambal dans un rôle... de prêtre !

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13. VIDOCQ ET COMPAGNIE


La baronne de Saint-Gély utilise une certaine « Confrérie des Vigilants » pour faire renvoyer Vidocq de la police. L'ancien chef de la sûreté ouvre une papeterie avec un personnel composé d'anciens bagnards. Il se retrouve accusé de meurtre et emprisonné à la suite d'une machination ourdie par la baronne.

La dégradation des relations entre Vidocq et la baronne le laissait présager : après tant d'échecs endurés par la faute de son amant, la haine a pris le pas sur l'amour chez Roxane, qui désormais ne va reculer devant rien pour assouvir sa vengeance. La série connaît donc une véritable conclusion avec la fin de l'histoire d'amour entre Vidocq et la baronne. Une fin un peu triste, mais fort réussie sur le plan artistique.

Notre baronne de Saint-Gély appartient à la « Confrérie des Vigilants », dont le but est la « défense de l'ordre moral ». Que la baronne se préoccupe de morale prête à sourire, mais il est vrai qu'elle fait preuve d'un sens particulier de ce que doit être la morale, exprimé de manière explicite :

« Aujourd'hui, c'est l'argent qui mène le monde. Et c'est l'argent que nous devons respecter. » Décidément, Saint-Gély a engendré beaucoup d'héritiers : à notre époque, tant de personnes célèbres ont adopté ce sens particulier de la morale...

Société secrète oblige, les membres de cette confrérie portent des cagoules de type Ku Klux Klan. Ils manipulent le crédule préfet de police et l'obligent à fermer les yeux sur le prétendu suicide d'un financier, puis à congédier Vidocq, malgré ses très bons résultats à la tête de la Sûreté.

Le préfet supprime purement et simplement la Sûreté et propose à son chef de s'occuper des archives à la préfecture de police, alors que ses hommes sont remerciés. Vidocq refuse ce placard et préfère démissionner. Il ouvre avec ses hommes une fabrique de papier infalsifiable. Ce point du scénario utilise un aspect réel de la vie du vrai Vidocq, qui a effectivement ouvert une papeterie après avoir quitté la police.

Notre nouveau chef d'entreprise reçoit la visite de Flambart, devenu chef de la Sûreté à sa place (alors que la dissolution du service avait été annoncée cinq minutes auparavant...). Son ancien adjoint lui demande de l'aider à résoudre l'affaire du meurtre d'un notaire. Vidocq accepte, au nom de « l'amitié ». Il découvre que la victime était chargée de la succession du financier « suicidé ».

Le lendemain, le premier clerc du notaire est retrouvé assassiné à deux cents mètres de la papeterie, le visage défiguré au vitriol. La baronne en profite pour lancer le peuple à l'assaut de la fabrique de Vidocq, ce « repaire d'assassins ». Il est dommage qu'à cette occasion, Flambart redevienne complètement idiot, lui qu'on l'avait connu si mesuré lors du dernier épisode de la saison 1. Ici, il va se déchaîner à nouveau, et sans retenue, contre Vidocq et ses amis. Persuadé de la culpabilité de Vidocq et de Desfossés, il les fait arrêter, malgré les incohérences de cette affaire, qui n'ont pourtant pas échappé à son adjoint.

L'incursion de Vidocq parmi les mendiants, après son évasion, est assez surréaliste : a-t-on déjà vu une organisation de clochards se réunir et voter, à la manière d'un syndicat du crime, pour savoir s'ils vont répondre favorablement aux sollicitations d'un ancien bagnard devenu chef de la police ? C'est surtout Desfossés qui va orienter Vidocq sur la bonne voie, par sa découverte de la substitution de cadavre. Découverte d'ailleurs assez tardive, car tout spectateur averti sait très bien que les visages de cadavres passés au vitriol dans un film ou une série sont synonymes de telles substitutions...

Vidocq n'a plus qu'à remonter la filière jusqu'à la source, en l'espèce le notaire et ses deux clercs. Les trois lascars avaient tué le financier afin de s'emparer de sa fortune par le biais d'un faux testament. Ils avaient choisi de s'enfuir en Amérique après avoir fait croire à leur mort à l'aide de faux cadavres. Et ce sont ces malfrats qui se dissimulaient derrière les cagoules des défenseurs de l'ordre moral ! On remarque l'excellent Philippe Brigaud, un coutumier des petits rôles dans films et séries, qui interprète ici l'un des deux clercs.

François prévient Roxane que, cette fois-ci, elle ne s'en sortira pas. Mais Saint-Gély est la reine du coup de théâtre, la spécialiste des lapins sortis de son chapeau de prestidigitateur. Elle a anticipé l'échec possible et pris les devants en trahissant ses complices et travaillant pour l'État. Pour ce faire, elle a fait établir, sur le papier infalsifiable commercialisé par Vidocq, un faux testament du financier assassiné, au bénéfice de l'État (comme toujours en manque d'argent...) En échange de ce service, les autorités la laisseront en liberté.

Au-delà du machiavélisme de la baronne, qui confine au génie (du mal), il ressort de cette conclusion la fin de l'histoire d'amour-haine entre François et Roxane, et surtout que c'est Vidocq qui provoque cette rupture apparemment définitive. Comme d'habitude, la baronne lui propose de l'accompagner chez elle (et donc dans son lit...), mais contre toute attente (du moins du côté de Roxane, car le téléspectateur l'avait pressenti...), François refuse.

Roxane, les yeux embués de larmes : « Tu ne m'aimes plus ? »

François : « Quelle importance... »

En fait, Vidocq est toujours amoureux de la baronne, mais ne peux plus supporter sa perfidie. Comment pourrait-il oublier qu'elle la fait renvoyer de la police, qu'elle a cherché à le détruire complètement, qu'elle a lancé le populo crédule contre son usine aux fins de lynchage de ses hommes, et accessoirement de lui-même ? Roxane n'a pas compris que pour François, il restait des limites à ne pas franchir, que leur classique petit jeu sado-maso ne l'amusait plus. Vidocq regarde partir le fiacre de la baronne et s'éloigne, accablé de tristesse. Un épilogue magnifique et poignant.

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