saison 1 saison 3

Les Brigades du Tigre - Dossier spécial: 40 ans, 40 témoignages

Partie 1


8. Philippe Brigaud (acteur - divers)

9. Marie-Catherine Conti (Lisa Montovani dans Le réseau Brutus)

10. Raoul Curet (acteur - divers)

11. Dominique Delpierre (Anna dans Le crime du sultan)

12. Etienne Dirand (Le gendarme Mouche dans Ce siècle avait 7 ans…)

13. Alain Flick (acteur - divers)

14. Lucien Froidebise (Kupljeka dans La Main noire)


 

1. JEAN-CLAUDE BOUILLON
(LE COMMISSAIRE PAUL VALENTIN)

Entre deux représentations d’Opus Cœur au Théâtre des Béliers Parisiens, M. Bouillon me confia qu’il était surpris que la série fasse toujours parler d’elle. Elle tient encore le coup et il ne se passe pas une semaine sans qu’on lui dise : ‘Ah, vous étiez…’ et les gens ont toujours une anecdote à raconter. La musique est d’ailleurs un code et certaines personnes entonnent trois notes pour lui faire comprendre qu’ils l’ont reconnu.

Il a évoqué la séquence où Claude Simonot joue une cascade avec lui et son fils est accouru pour le défendre. Il avait cinq ans à l’époque et il en a maintenant quarante-trois et il s’est marié récemment ! La complicité sur le tournage a cimenté l’amitié entre l’acteur et ses complices, Jean-Paul Tribout et Pierre Maguelon. Ce dernier était un immense copain et on sent que sa disparition a profondément touché Jean-Claude Bouillon.

Les blagues avec Victor Vicas sont d’excellents souvenirs et les trois acteurs ne se privaient pas de faire peur au réalisateur qui était très ‘speed’. Il reconnaît qu’ils en ont fait voir de toutes les couleurs à Victor Vicas, qui craignait que ses acteurs dérapent. La série est un grand moment de la vie de Jean-Claude Bouillon. Il y avait un confort de tournage extraordinaire et le trio se comprenait entre les lignes.  Il a continué sa carrière avec Jean-Paul Tribout et Pierre Maguelon dans des pièces ensemble ou séparément, mais les gens se souviennent souvent que du rôle du commissaire Valentin.

Jean-Claude Bouillon m’a raconté que leur vieille voiture des Brigades était tombée en panne d’essence aux alentours d’Orléans au moment où ils devaient la ramener pour la pause-déjeuner. Une caravane de Roms s’est arrêtée et les occupants ont commencé à négocier le prix du véhicule, alors que les acteurs étaient en costume de tournage ! Tandis que les Hommes du Tigre faisaient monter les enchères, un régisseur est venu aux nouvelles, inquiet de ne pas voir arriver les acteurs pour le repas ! 

Retour à l'index


2. CLAUDE BOLLING 
(COMPOSITEUR DE LA MUSIQUE DE LA SERIE
& CHANTEUR DE RUE DANS L’HOMME A LA CASQUETTE)


« Au moment où cette série TV s'est réalisée, je ne pensais pas qu'elle aurait un tel succès. A chaque fois, c’était une bonne surprise d’apprendre que nous repartions pour une nouvelle saison de six épisodes. J'ai composé les musiques en fonction des actions et des caractères des personnages que m'inspiraient les évènements et les intrigues des différents épisodes.

Je dois dire que les situations demandaient des musiques très caractéristiques inspirées par l'époque dans laquelle se déroulaient les images que Victor Vicas avait filmées. Je me suis appliqué à évoluer sur l’échelle du temps comme les histoires.

Chaque épisode relatait une histoire complète sur un thème musical approprié, situé dans des univers très différents, ce qui en fait une partie de l’intérêt, d’où mon insistance pour réaliser des thèmes spécifiques pour chaque épisode, en dehors de celui du générique commun. »

Retour à l'index


3. CHARLES PAVIOT 
(SECOND ASSISTANT REALISATEUR SUR LA SIXIÈME SAISON)

« Félicitations ! Le travail que vous entreprenez rendra justice à l'auteur-réalisateur Victor Vicas qui formait avec son épouse Li Erben (dont j'ai été le second assistant pour la sixième et dernière série) un duo d'une capacité de travail redoutable. Jacques Deray, avec lequel j'avais déjà collaboré à plusieurs reprises, m'avait encouragé à accepter le défi à relever en collaborant à une série télévisée : très formateur pour le tout jeune assistant réalisateur que j'étais à l'époque.

Je n'ai hélas aucun souvenir pertinent à vous transmettre car le rythme soutenu de tournage n'était pas propice à la moindre perte de temps, voire même de blague de la part des techniciens juniors. Seul Victor Vicas pouvait se permettre de détendre l'atmosphère. J'ai le souvenir d'une grande solidarité au sein de l'équipe, tous les techniciens voués et dévoués à la mission de servir le tournage et respecter le plan de travail.

D'un point de vue personnel, venant du cinéma, je me souviens avoir été impressionné par la qualité de la distribution artistique, l'ensemble des interprètes donnant le meilleur d'eux mêmes à Victor Vicas, véritable showrunner avant l'heure. Outre Jean-Claude Bouillon, Jean-Paul Tribout et Pierre Maguelon qui constituaient le cœur vibrant de la troupe, j'étais impressionné de voir évoluer autant d'interprètes de talent, à savoir Yves Beneyton, Madeleine Barbulée, Elisabeth Margoni, Annick Blancheteau, Béatrice Agenin, Michel Vitold, Michel Fortin, Odile Mallet, Françoise Brion, Laurence Badie, Jacqueline Fontaine ...Bon courage pour le travail que vous entreprenez. »

ROLAND GRITTI
(PRODUCTEUR DÉLÉGUÉ)

M. Gritti n’était pas impliqué dans les détails en tant que producteur délégué et il me donna les coordonnées de Serge Lebeau, directeur de production puis producteur exécutif. Néanmoins, l’idée de modifier le titre Les Brigades Mobiles en Brigades du Tigre est de lui, mais M. Gritti considère que Claude Désiré est à l’initiative de la série. M. Gritti me conta les péripéties concernant le film. Stéphane Parthenay devait produire le film basé sur un scénario de Claude Desailly mais le projet n’aboutit pas. Les écrits de Claude Desailly furent bouleversés par la nouvelle production, ce qui désolidarisa le scénariste du film. Le résultat fut un échec justifié. La discussion avec Roland Gritti évolua vers la série Downton Abbey, qu’il apprécie particulièrement pour la qualité des décors et de l’interprétation. Une série qu’il aurait aimé produire avec ses nombreux rebondissements ! Il me confia aussi que Châteauvallon, série aussi à suites, très célèbre dans les années 80, aurait eu de nombreuses saisons si Chantal Nobel n’avait pas eu son accident. 

Retour à l'index


4. CLAUDE SIMONOT
(MONITEUR DE BOXE DES BRIGADES MOBILES & CASCADEUR ET COORDINATEUR
DES COMBATS SUR LES QUATRE PREMIERES SAISONS. )

M. Claude Simonot avait participé à une scène de boxe française pour le film Le tatoué avec Jean Gabin et Louis de Funès en 1968. Il était connu pour cela et il conseilla au scénariste Claude Desailly, qui faisait de la gym dans la salle où il enseignait, de donner une couleur locale à la série et d’y intégrer de la boxe française. C’est comme cela que Claude Simonot participa aux cascades et à la coordination des combats sur les quatre premières saisons des Brigades du Tigre. Lors de la première saison, Jean-Pierre Julémont en fit de même pour l’épisode tourné en Belgique, La Main noire. Les scènes de gymnastique, comme beaucoup de séquences d’action, furent tournées à Orléans et toutes les unes derrière les autres (ndlr : ce gymnase est celui de la rue des Quatre-Fils-Aymon). 

Claude Simonot garde un très bon souvenir du tournage, car l’entente avec Jean- Paul Tribout, Pierre Maguelon, François Maistre, Jean-Claude Bouillon et Guy Grosso fut très sympathique et l’ambiance était extraordinaire. Il me conta plusieurs anecdotes intéressantes.

Une bobine fut perdue à la gare d’Austerlitz, ce qui représentait un jour de tournage. Tout le monde fut rappelé – acteurs, cascadeurs, cameramen - pour retourner les scènes perdues et Telecip paya le voyage aller-retour en Caravelle de Montpellier à Claude Simonot qui se souvient encore d’avoir voyagé dans cet avion prestigieux.

Pour une scène, Claude Simonot est grimé avec une moustache en guidon de vélo et il est l’un des malfrats qui agresse Valentin. Lors du tournage, Claude Simonot renverse Jean-Claude Bouillon et le fils de l’acteur, âgé de cinq ans, saute sur Simonot en criant : ‘Ne fais pas de mal à mon papa !’, ce qui a fait fondre Jean-Claude Bouillon.

Dans l’épisode L’auxiliaire, Marie-Claude Mestral, la fille d’Armand Mestral, fait diversion en jetant un pot de fleur, puis elle attrape le truand et lui fait une prise de judo – o’goshi – mais l’acteur, (ndlr : Bruno Dietrich), avait peur de mal tomber. Claude Simonot proposa de prendre sa place, ce qui aurait fait gagner du temps, mais Victor Vicas ne voulait pas. On plaça des plaques de mousse sous les vêtements de l’acteur, et on montra à Marie-Claude Mestral comme le retenir dans la chute (ndlr : on remarque qu’au montage, la scène est vite coupée à la chute de l’acteur). Bruno Dietrich était tellement crispé et paniqué qu’il s’agrippa si fort qu’il déchira le chemisier de sa partenaire.

Pour le tournage du final de Collection 1909 – un épisode qu’aime beaucoup Claude Simonot –, un cascadeur impressionnant devait étrangler Valentin dans un souterrain. Il faisait partie de l’équipe du regretté Gil Delamare, qui a trouvé la mort lors du tournage du Saint prend l’affût en 1966. Alors que le cascadeur prenait le dessus sur Valentin, Mireille Audibert, qui incarne le mannequin Coco Bertin, devait se saisir d’une bûche sur une réserve de bois et assommer l’homme de main. L’actrice pensait que la bûche serait en polystyrène, mais les moyens de la série n’étaient pas ceux de la MGM. Simonot montra à l’actrice comment donner un coup crédible au type qui étrangle le commissaire, mais Mireille Audibert assena un bon coup qui occasionna une bosse au cascadeur. Celui-ci en prit une seconde lorsqu’il courra dans le souterrain bien trop bas pour sa grande stature.

Claude Simonot se souvient que la série a fait tourner de belles actrices. Il se rappelle aussi de Raoul Lamy, un grand spécialiste du karaté, dont je lui appris le décès (survenu en 2009). Dans L’auxiliaire, Raoul Lamy interprète Okada qui enseigne un nouvel art – le jujitsu - à Terrasson.  Simonot se souvient de quelqu’un de très gentil et réservé. Souvent raillé sur les arts martiaux, lorsqu’on lui disait qu’il devait connaître tous les Bruce Lee (ce qui est exact pour la profession), Simonot aimait dire qu’il appréciait surtout Manhattan de Woody Allen.

Lorsque Jean-Claude Bouillon s’est fait voler sa voiture, les policiers du commissariat lui ont dit : ‘T’en fais pas patron, on va la retrouver ta caisse !’. Quant à François Maistre, il aimait raconter que lorsqu’il traversait l’Ile de la Cité, il regardait dans les yeux le planton. Lorsqu’il était reconnu, il se faisait sauter les amendes, ce qui est normal vu le nombre d’années qu’il a vanté la police !

Retour à l'index


5. CATHERINE ALRIC
(MARTHE VILLERET DANS LE TEMPS DES GARÇONNES.)

« Cette série culte Les Brigades du Tigre a été à son époque une série remarquablement bien faite. Je garde un merveilleux souvenir du tournage. J'étais alors une toute jeune comédienne qui s'est sentie très vite en confiance grâce à mes partenaires, au metteur en scène et à toute l'équipe. Je suis désolée car je n'ai pas de témoignage autre que ce sentiment de bonheur d'avoir participé à une belle aventure. Avec toute ma reconnaissance aux fidèles de cette prestigieuse série populaire. Bon anniversaire pour sa quarantième année d'existence. » 

Retour à l'index


6. YVES BICAL
(LE FAUX MAITRE D’HOTEL DANS VISITE INCOGNITO)

M. Bical a tourné deux jours au lieu d’un comme prévu, car le tournage avait du retard. Un cheval avait pris peur des câbles, qui ont dû être déplacés, et cela a engendré une demi-journée de retard. L’acteur n’avait pas vu l’épisode jusqu’à il y a cinq-six ans lorsque sa mère lui a passé le DVD. Yves Bical se souvient d’un tournage pénible à cause de la chaleur. Il devait porter un plateau chargé d’un seau à glace et d’une bouteille de champagne sur le bras dans des escaliers et il fallait changer régulièrement les glaçons lors des prises car on devait les entendre cliqueter (ndlr : on entend effectivement les glaçons lorsque le maitre d’hôtel présente le champagne au prince de Galles et qu’il dépose le plateau sur la table). 

Retour à l'index


7. JACQUES BOUANICH
(UN COUREUR DANS L’ANGE BLANC.)

L’acteur n’a tourné qu’une seule journée sur l’épisode, c’était le premier véritable rôle de sa carrière. Faire du vélo sur ces engins du début du XXe siècle était hallucinant. Le tournage s’est effectué dans le village de Rochefort-en-Yvelines. M. Bouanich a demandé à l’époque à la production la raison du choix de cette localité ; c’était le premier village dont les lignes téléphoniques avaient été enterrées. Il n’y avait pas non plus d’antenne de télévision apparente, ce qui était le cauchemar des producteurs. Durant le tournage, Jacques Bouanich se souvient avoir mangé une guêpe qui s’était glissée dans son sandwich. Il a cru y laisser sa peau et le toubib a dû lui faire une piqure tellement sa joue était enflée. L’acteur suggère la rediffusion de cet épisode pour commémorer le centième Tour de France. 

Retour à l'index


8. PHILIPPE BRIGAUD
(BERVAL, LE DIRECTEUR DU NEMROD, DANS VISITE INCOGNITO)

(ORTEGA, LE CONSUL D’ARGENTINE, DANS COLLECTION 1909)

(HENRI DUCOROY DANS DON DE SCOTLAND YARD)

(LE COLONEL DE VILLEDIEU DANS LES DEMOISELLES DU VESINET)

(LEON DESFOSSES, LE COUREUR DE JUPONS, DANS LACS ET ENTRELACS)

 « Je viens d'avoir votre message. Je suis touché que vous ayez pensé à moi. A ma connaissance, je suis le seul comédien, à l'exception des personnages récurrents, à qui Victor Vicas a fait appel pour lui confier un rôle plus ou moins important dans un film de chacune des séries des Brigades du Tigre. Une sorte de mascotte ?! Un beau et bon souvenir. »

M. Brigaud connaissait Victor Vicas avant le tournage de la série et le réalisateur insistait pour qu’il participe à chaque saison. Pour ne pas être reconnu, l’acteur devait porter perruque et barbe et parler avec un accent étranger qu’il devait apprendre (espagnol pour Collection 1909, canadien pour Lacs et entrelacs). Il se rendit ainsi au centre culturel de l’ambassade canadienne pour se faire conseiller sur l’accent à emprunter, sans que cela soit caricatural. Victor Vicas ne trouva pas le résultat assez ‘corsé’.

Philippe Brigaud considère que le rôle le plus intéressant et amusant est le dernier, celui du coureur de jupons, mais l’acteur a bien aimé son apparition, bien que courte, dans Don de Scotland Yard. Il est Henri Ducoroy, un châtelain, et pour le final, il organise une somptueuse réception. L’acteur se souvient que son très beau costume d’opéra de Méphisto avait été loué et qu’il ne fallait pas l’abimer. On décousait et recousait le costume sur l’acteur à chaque pause !

Le tournage des différentes scènes de la série s’effectuait suivant les lieux, les décors ou les voitures ; c’était une sorte de puzzle. Un bout d’épisode était tourné puis un acteur pouvait se reposer plusieurs heures car le décor servait aux scènes d’un autre épisode. Il y avait beaucoup de tournages en province pour des problèmes de circulation (Orléans, banlieue parisienne ou Belgique comme Visite incognito).

A la fin des années 70, Philippe Brigaud tourna dans une autre série réalisée par Victor Vicas, intitulée L’étrange Monsieur Duvallier avec Louis Velle, Sabine Azéma et Guy Grosso (ndlr : la musique était composée par Claude Bolling). Le tournage eut lieu en Sicile et Victor Vicas et l’acteur furent invités à une fête locale, traditionnelle les samedis, dans la banlieue de Palerme. L’acteur fut surpris de la renommée des Brigades du Tigre en Italie.

L’acteur était en tournée théâtrale l’année dernière pour une pièce d’Oscar Wilde, Un mari idéal. Au théâtre du Casino de Val André, le directeur fut ravi de recevoir la pièce, car il allait enfin pouvoir parler avec quelqu’un des Brigades du Tigre !

Philippe Brigaud a souligné le professionnalisme de Victor Vicas, qui vérifiait l’exactitude de chaque détail. Comme d’autres acteurs contactés pour la série, j’appris à Philippe Brigaud l’existence d’un livre aux éditions Yris !

Retour à l'index


9. MARIE-CATHERINE CONTI
(LISA MONTOVANI DANS LE RESEAU BRUTUS)

J’eus une longue discussion avec l’actrice très sympathique. Elle se souvient particulièrement de la scène finale tournée avec un vent extrêmement violent, qui posa des problèmes à l’ingénieur du son (Ndlr : on voit les acteurs décoiffés à l’écran). Un tournage qui s’est très bien passé ; Mme Conti, d’origine italienne, devait prendre l’accent italien en français pour interpréter le personnage de Lisa, ce qui fut cocasse (ndlr : il y a aussi quelques passages en italien dans l’épisode). Elle est restée en très bons termes avec Jean-Paul Tribout, qui habitait comme elle dans le Marais à l’époque. Elle a fait aussi des lectures avec Pierre Maguelon. Le tournage de l’épisode a permis de développer une amitié et elle se rappelle la pièce de Balzac Petites misères de la vie conjugale qu’elle joua avec Jean-Paul Tribout à Tourcoing (ndlr : photo page 238 du livre Les Brigades du tigre, les limiers des temps modernes). Marie-Catherine Conti me félicita de mon initiative pour les quarante de la série et me demanda l’adresse de notre site. Elle reçoit toujours des lettres de fans de la série pour son rôle dans Le réseau Brutus. Pour la petite histoire, j’ai eu de la chance de m’entretenir avec l’actrice, car elle ne décroche généralement pas au numéro où je l’ai appelée !

Retour à l'index


10. RAOUL CURET
(GEORGES CLEMENCEAU DANS COLLECTION 1909)

Victor Vicas était un homme délicieux, continuellement chahuté par le trio d’acteurs vedettes. Sur leur conseil amusé, un métis devait jouer initialement Clémenceau et le maquilleur essayait tant bien que mal d’arranger la peau de l’acteur mal à l’aise. C’est alors que Jean-Claude Bouillon conseilla à Vicas de prendre Raoul Curet, en lui précisant qu’avec une moustache, il serait un parfait Clémenceau. D’ailleurs, le réalisateur demanda aux passants s’ils le reconnaissaient, ce qu’ils firent correctement. 

(RAYMOND POINCARÉ DANS LE COMPLOT)

Une cérémonie se tient à un monument aux morts et Poincaré y dépose une gerbe de fleurs, et un coup de feu est tiré au loin (ndlr : final de l’épisode). Une rangée de figurants jouait les soldats avec des armes de l’époque. Lorsqu’il fut crié : ‘Garde à vous, présentez armes’, le réalisateur se rendit compte que les figurants n’avaient pas fait l’armée et il fallut leur apprendre pendant une heure les gestes de militaires pour que leur action soit coordonnée et l’ensemble cohérent.

Je fus très honoré de converser avec Raoul Curet, âgé de 92 ans, à qui j’appris que Victor Vicas était décédé depuis bien longtemps. 

Retour à l'index


11. DOMINIQUE DELPIERRE
(ANNA DANS LE CRIME DU SULTAN)

« J’ai une anecdote, mais elle n'a rien d'agréable. En effet, l'acteur qui jouait le sultan s'est autorisé à m'embrasser pour ‘de vrai' (ndlr : l’acteur suisse Hans Wyprächtiger). Ce qui ne se fait jamais ! J'étais choquée et dégoutée. D’autant que le commissaire Valentin n'était autre que mon mari. Mais, je n'ai rien dit pour ne pas retarder le tournage. Conscience professionnelle exige. »

Retour à l'index


12. ÉTIENNE DIRAND
(LE GENDARME MOUCHE DANS CE SIÈCLE AVAIT 7 ANS…,)

Il se souvient simplement qu’il était au fond d’un bureau. 

Retour à l'index


13. ALAIN FLICK
(L’AVOCAT DANS MADE IN USA)

(LE GARDE-BARRIÈRE DANS LACS ET ENTRELACS)

Alain Flick m’avait donné rendez-vous à 14h à son ‘quartier général’, le Mad & Mariette, rue Lebouteux dans le 17ème à Paris . Philo et moi, nous nous y sommes rendus avec un peu de retard, le temps de trouver, et nous y sommes restés deux heures !

L’acteur nous a raconté son métier avec passion, agrémenté de nombreuses anecdotes de tournages, comme celles du film Et la tendresse ? Bordel ! Alain Flick est un homme de théâtre et aussi un doubleur et sa voix vous est peut-être familière, surtout pour les fans de Game of Thrones.

Les Brigades du Tigre est une série de qualité, dans l’écriture, le casting et la réalisation. On laissait au réalisateur le temps de tourner, car dans l’ensemble, l’audiovisuel a perdu de sa qualité depuis le temps du tournage des Brigades. Il y avait un confort et une qualité des conditions de travail. Alain Flick souligne que le nombre d’angles de prises de vues compte pour la réalisation ; quatre ou cinq minutes par jour étaient tournées à l’époque contre une vingtaine aujourd’hui. Plusieurs prises étaient réalisées et il y avait le temps de faire des lumières à l’époque, le temps d’éclairer une scène.

En 1983, le tournage se faisait toujours en son direct. C’est un grand souvenir d’avoir tourné avec Eddie Constantine (Made in USA). Le tournage dura une journée et le recrutement pour une ‘vignette’ (courte apparition d'un acteur ) était effectué par Li Erben, la compagne de Victor Vicas.

Pour Alain Flick, Chapeau melon et bottes de cuir représente l’esthétisme anglais et l’actrice de la série qu’il affectionne est Joanna Lumley/Purdey.  

Retour à l'index


14. LUCIEN FROIDEBISE
(KUPLJEKA DANS LA MAIN NOIRE)

J’ai obtenu les coordonnées téléphoniques de M. Lucien Froidebise grâce à l’amabilité de M. Pierre De Paduwa du Théâtre du Flétry. L’appel en Belgique fut très bref et sec: 'Je n'ai rien à dire, c'est du passé pour moi. Au revoir'. M. Froidebise fut l’interlocuteur le plus…froid avec qui je me suis entretenu, en accord avec son personnage de la série !

Retour à l'index

Copyright, Denis Chauvet, 2013.



- So it's possible there's an alternate version of myself out there, that actually understands what the Hell you're talking about ?

 

Une Sam et un Kawalsky alternatifs franchissent le Miroir Quantique. Ils proviennent d'un autre univers que celui précédemment visité par Daniel. Les nouveaux venus demandent asile, leur monde étant envahi par Apophis. Sam découvre également que dans cette autre réalité; elle est une civile ayant épousé Jack mais que ce dernier est mort au combat. L'autre Carter et Jack deviennent proches, mais, suite à un dérèglement spatio-temporel, elle tombe malade et doit réintégrer son univers. SG-1, hormis Sam, et les visiteurs partent alors en expédition pour contacter les Asgards alternatifs (encore inconnus) et leur demander de sauver l'autre Terre. L'infiltration du SGA réussit temporairement, car Teal'c tue son double et se fait passer pour le Primat d'Apophis. L'autre Sam parvient à franchir la Porte et à rallier les mondes asgards, grâce aux connaissances de SG-1. Apophis se rend alors compte de la supercherie et s'apprête à exécuter nos héros, quand les Asgards interviennent. Le Faux Dieu est enlevé par le vaisseau de Thor et ses Jaffas doivent s'enfuir. SG-1 regagne son monde, non sans que l'autre Sam n'ait embrassé Jack.

 

Après There But for the Grace of God, Point of View constitue une nouvelle incursion de Stargate SG-1 au sein de l'inépuisable source d'inspiration que représentent les univers parallèles. Le retour du Miroir Quantique constitue une excellente nouvelle, avec une saveur à la Sliders que l'on adore. Le principal regret que laisse le scénario demeure cependant la trop grande proximité entre les deux réalités alternatives visitées : hormis quelques aspects secondaires ou relationnels, leur caractéristique essentielle reste identique : la victoire sans appel des Kromaggs, enfin d'Apophis. Un manque de variété dommageable, même s'il souligne éloquemment la spécificité de celui de la série au sein du Multivers.

 

En pinaillant un tantinet, ou pourra également discerner quelques failles dans le scénario. Il semble assez surprenant que les deux Carter parviennent aussi aisément à retrouver la technologie hyper avancée des Anciens. Et si cela était possible, on se demande pourquoi Sam n'a pas élaboré cette génératrice plus tôt. Les Asgards, y compris en vitesse supraluminique, interviennent trop rapidement, ou alors il nous faut supposer que le vaisseau indétectable de Thor était déjà en orbite et qu'il gardait les bras croisés tandis que la Terre était écrasée.

 

Mais qu'importent ces quelques réserves, l'épique Point of View s'affirme comme un palpitant épisode, aux nombreux retournements de situation et au rythme échevelé, le tout porté par un vibrant suspense. Les possibilités combinées du Miroir et de la Porte se voient optimisées, avec une véritable débauche d'excellentes idées. On retient ainsi un nombre impressionnant de scènes marquantes, aux tonalités des plus diverses : torture de l'héroïque Hammond par Apophis, spectaculaire survenue des Asgards et de leur vaisseau, amusant calibrage du Miroir par Daniel etc. Les dialogues se montrent également excellents, notamment pour Jack.

 

Le récit, à l'évolution parfaitement maîtrisée,  se décompose en deux parties distinctes. Avant le feu d'artifice de l'épopée au sein du SGA se voit ainsi précédée par une partie pouvant sembler davantage statique mais se montrant irrésistible par la part belle qu'elle accorde au relationnel. La rencontre des deux Carter se montre piquante à souhait, tandis que l'on retrouve avec un vif plaisir l'attachant Kawalsky. Mais le plus remarquable reste certainement la romance très émouvante entre Jack et la Carter alternative, sachant trouver un ton juste et non mélodramatique. Jamais la série ne s'était encore montrée aussi explicite sur le sujet et elle le redeviendra rarement par la suite.

 

Épisode étonnamment complet et abouti, s'adressant à tous les publics de Stargate SG-1, shippers, amateurs de Science-fiction pure et dure ou de scènes action, l'enthousiasmante réussite de Point of View vient parfaitement ponctuer le cinquantième opus d'une série ayant encore un prometteur parcours devant elle.

 

  • Selon les cas, le son passe ou non à travers le miroir, sans qu'une explication de cette variation soit donnée.

 

  • Hammond déclare que le Miroir Quantique a été découvert sur P3X-233, or il s'agissait de P3R-233 dans There But for the Grace of God.

 

  • Le réalisateur Peter DeLuise accomplit ici deux de ces caméos dont il est friand. C'est sa voix que l'on entend interviewer Sam sur l'enregistrement et il joue l'un des Jaffas se tenant derrière Apophis.

 

  • Le Teal'c alternatif porte cette fois une barbiche, de même pour Apophis. Ils ressemblent ainsi au Spock négatif de Mirror, Mirror (Star Trek Classic, 2-04), un clin d'œil à cet épisode au thème similaire.

 

  • Comme dans There But for the Grace of God, l'acronyme SGA remplace SGC, sans que la différence soit non plus expliquée ici. S'agit-il de Stargate Alternative ?

 

  • Carter indique que le générateur permettant à la Porte d'atteindre les mondes asgards a été offert par ces derniers. Or il a été construit par Jack, grâce aux connaissances des Anciens (The Fifth Race). 

 

  • La longue chevelure sied merveilleusement à Amanda Tapping, une idée à retenir. Tiens, elle serait également très bien en brune.

 

  • Il s’agit du cinquantième épisode de la série.