PrésentationSaison 1

L'Homme de l'Atlantide

Présentation 


L'Homme de l'Atlantide se présente sous la forme de trois téléfilms d'une heure trente, dont le pilote, et d'un téléfilm d'une heure précédant le démarrage de la série, elle-même composée d'une saison de treize épisodes de 45 minutes. C'est une des premières séries « écologistes », en ce milieu des années 70 où ce thème commençait à émerger au sein des sociétés développées. L'environnement devenait à la mode et ce n'est probablement pas un hasard si les caractères du générique sont de couleur verte...

Le sujet de l'écologie est assez habilement mêlé à de la science-fiction et aux démêlés des héros avec un méchant récurrent. Il s'agit des aventures d'un homme surgi de l'océan, qui possède la caractéristique d'avoir les mains palmées et des cellules pulmonaires ressemblant à celles de branchies, ce qui lui permet de respirer sous l'eau et même de descendre à de grandes profondeurs.

Le point faible de notre homme-poisson, appelé Mark Harris, c'est qu'il ne peut vivre longtemps sans se plonger dans l'eau. Mais dès que son corps est immergé, le liquide lui confère une force surhumaine. Son style de nage est très particulier : il ondule son corps, à la manière des dauphins. Autre particularité : Mark a le don de communiquer en parlant sous les eaux. En ceci, il défie les lois élémentaires de la physique qui disposent que le son, vibration de l'air, ne saurait exister dans l'eau...

Il existe un doute au sujet de l'origine de Mark. Ce sujet le tracasse et la série n'apportera aucune réponse claire. On suggère qu'il serait le dernier survivant de l'Atlantide, cette cité sous-marine mystérieuse, mais il ne se souvient pas d'où il vient. L'hypothèse d'une origine extraterrestre est même évoquée dans l'un des premiers téléfilms.

Mark Harris, désireux de découvrir le monde des hommes, accepte de mettre ses qualités exceptionnelles au service de la fondation de recherche océanique, qui travaille plus souvent qu'à son tour pour la marine et le gouvernement américain. Il est chargé de détecter les phénomènes sous-marins mystérieux, ou de récupérer objets ou sondes à de très grandes profondeurs, à un point tel qu'on se demande comment la marine américaine aurait pu s'extirper de certaines situations délicates sans son aide...

La naïveté de Mark envers le monde des humains offre de bons moments humoristiques, tout comme son apprentissage progressif de la vie dans l'Amérique des années 70.

Le beau et musclé Patrick Duffy, prototype du gendre idéal, est l'interprète mondialement connu de Mark Harris. Sa célébrité n'est pas due à cette série, mais viendra par la suite, au début des années 80, lorsqu'il deviendra le gentil Bobby Ewing de la série Dallas, face à son méchant frère J.R. On remarque que les deux rôles présentent des similitudes puisque tant Mark Harris que Bobby Ewing sont gentils et candides. Patrick Duffy restera souvent cantonné à ce type de personnages sympathiques, mais un peu niais. Il est aussi connu en France pour ses deux duos avec Mireille Mathieu : quand le kitsch américain rencontre le kitsch français, devinez ce que cela peut donner...

L'autre personnage principal est le docteur Élisabeth Merrill, parfaitement interprétée par Belinda J. Montgomery. Miss Montgomery n'est autre que la sœur d'Élisabeth (justement...) Montgomery, l'interprète de Samantha, dite Ma Sorcière bien-aimée. Le docteur Merrill a sauvé la vie de Mark lorsqu'il a été retrouvé gravement blessé sur une plage de Californie. Spécialiste des milieux aquatiques, elle a eu l'idée de le plonger dans l'eau, alors que ses confrères s'ingéniaient à lui faire respirer de l'air... Élisabeth est pour beaucoup dans la décision de Mark de rester parmi les humains. Tout démontre l'existence d'une forme d'amour entre eux, bien que la série ne l'exprime pas formellement.

Mark et le docteur Merrill travaillent pour la fondation de recherche océanique dirigée d'une main de fer par C.W. Crawford. Crawford est interprété par Alan Fudge, acteur bien connu de séries télévisées. Dans les téléfilms (sauf le pilote), Élisabeth est l'adjointe d'un certain docteur Miller Simon, mais ce personnage interprété par Kenneth Tigar disparaîtra au commencement de la série. Sans doute était-il préférable de laisser Mark et le docteur Merrill en tête-à-tête, seulement chapeautés par Crawford, dit « Dieu-le-Père »...

La fondation utilise un vaste sous-marin composé de quatre énormes sphères juxtaposées. Appelé le Cétacé, il constitue probablement le marqueur le plus puissant de la série. Les images du Cétacé entrant et sortant de la base, et se déplaçant au fond de l'océan, sont immanquablement celles qu'on se remémore spontanément en pensant à la série, en dehors de Mark Harris lui-même et de sa façon de nager. Si Mark est le symbole humain de la série, le Cétacé en est le symbole matériel. On peut ajouter un symbole sonore avec la musique du générique, signée Fred Karlin, peut-être la seule réussite incontestable de la série tant elle s'avère excellente.

On ne saurait bâtir une série basée uniquement sur des explorations sous-marines, sous peine de créer un doublon avec les célèbres odyssées du commandant Cousteau... Donc, un méchant récurrent a été créé en la personne de M. Schubert, un savant surdoué et mégalomane, véritable génie du mal, personnage idéal pour un acteur comme Victor Buono (parfaitement doublé par Roger Carel). M. Schubert est un véritable excentrique, qui accompagne ses violonistes pour jouer... du Schubert, bien entendu. Le jeu exceptionnel de Victor Buono parvient à donner des côtés sympathiques au personnage, parfois presque bon enfant.

Présent dans le pilote, M. Schubert fait son retour dès les premiers épisodes lorsque la série est lancée pour de bon. A ce moment-là, il se retrouve flanqué de Brent (Robert Lussier), son assistant, un savant qui lui sert de souffre-douleur, et dont on se demande comment il peut se montrer aussi stupide (c'est un scientifique, tout de même !). A noter que le Cétacé était le submersible de Schubert dans l'épisode pilote, avant que Crawford et Cie ne le récupèrent pour les besoins de la fondation.

Tout ceci semble fort alléchant, alors pourquoi cette série conserve-t-elle une image aussi peu flatteuse ? Sans doute en raison de ses aspects kitsch, presque ringards. Voir par exemple l'uniforme créé au lancement de la série pour l'équipage du Cétacé. Avec ses rayures verticales aux différents tons de bleu, il fait penser... au maillot de l'équipe de football du Havre ! Du point de vue vestimentaire, on ne peut que regretter les téléfilms qui ont précédé...

Autre explication, le fait que les scénarios se soient rapidement épuisés, malgré le faible nombre d'épisodes. Les scripts des épisodes avec Schubert ne furent guère travaillés, et les autres étaient souvent axés sur des passages sous-marins conduisant à des « autres mondes », d'où l'aspect science-fiction de la série. On ne peut que songer avec regret à ce qu'aurait pu devenir L'Homme de l'Atlantide avec de meilleures histoires.

 

Finalement, on pourra classer cette série dans la même catégorie que les soap-opéras ou les séries sentimentales du style La petite maison dans la prairie. Celle des séries dont on va publiquement se gausser, tout en prenant toujours un certain plaisir nostalgique à les revoir, sourire aux lèvres.

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Toucher le fond… (Broken - Part 1)