saison 4Téléfilms

Kojak

Saison 5


1. LA CHUTE D'UN CAÏD
(THE QUEEN OF HEARTS IS WILD)



La compagne d’un caïd, qui déteste Kojak, est le témoin capital du meurtre d’un officier de police.

Janet Carlisle, la ravissante petite amie du voyou local, Arnie Brace, est témoin d’une fusillade dans un parking souterrain qui coûte la vie à un inspecteur parti acheter un pack de bières pour le precinct.  Janet quitte les lieux précipitamment, mais le second témoin, une femme âgée, permet de dresser un portrait-robot et l’arrestation de l’individu dans une séquence mouvementée. 

C’est le quatrième meurtre en six mois dans des épiceries et Kojak a besoin du témoignage de Janet dont l’identité a été découverte. La jeune femme hésite à coopérer avec le lieutenant car Brace voue une haine profonde au policier, qui l'a envoyé en prison à deux reprises, mais l'assassin sera relâché dans les trois jours si elle refuse de témoigner. Pendant ce temps, Kojak est sommé par l’agent fédéral Robinson de lâcher l’affaire car les Fédéraux ont Arnie Brace dans leur viseur. Le lieutenant va devoir obtenir la coopération de Janet, en fait un agent infiltré, sans mettre en danger l’enquête fédérale ni éveiller les soupçons de Brace qui se montre violent envers sa maitresse. Il s’emploie à provoquer le truand pour le faire sortir de ses gonds et précipiter les évènements.

L’ultime opus débute par un épisode très ‘compétitif’, et il ne faut pas gâcher notre plaisir pour une saison qui a mauvaise réputation. Le jeu des acteurs est particulièrement convaincant : Charles Cioffi en salopard patenté et Paula Kelly en pin-up sexy (sa robe de soirée lors de la première scène laisse peu de place à l’imagination), tandis que Kojak/Savalas distille toujours des répliques percutantes qui font mouche. La première séquence est formidable : la partie de cartes, la poursuite et la fusillade puis Kojak et ses détectives qui assistent impuissants aux derniers instants de leur collègue. Si la trame de l’intrigue peut paraître usée avec la police et le FBI en conflit, on s’attache aux agissements du lieutenant, qui harcèle la jolie Janet pour arriver à ses fins. Cela commence à la boutique de fringues chics, puis se poursuit à la salle de jeux et se termine dans les toilettes pour dames du restaurant. Même si ce passage est un peu longuet, le policier touche au but en plaçant une réplique assassine au criminel.

‘...if you come near her again, I'm going to splatter your brain all over Manhattan.’

o La diffusion de la cinquième saison a débuté le 2 octobre 1977 sur CBS.

o Le nouveau générique n’enthousiasme guère. Il est constitué d’une succession d’images zoomées et fixes, tirées pour la plupart de la quatrième saison, et d’une musique disco faisant penser à la bande annonce des Drôles de dames. Ce n’est vraiment pas du meilleur goût ! Ensuite, on reste conforme à la tradition avec une vue du World Trade Center dans le premier plan post-générique.

o Le titre fait référence à une variante du poker énoncée par Stavros dans la première scène. Le jeu s’appelle: ‘Alice in wonderland’ et ‘the queen of hearts is wild’. Stavros fait une référence directe à un personnage du livre, The Knave of Hearts, dans la réplique avec Rizzo ‘What’s a knave ?’ ‘That’s a jack, stupid’. Les deux termes signifient ‘le valet’ dans un jeu de cartes et ‘knave’ est plus utilisé au Royaume-Uni.

o Les scènes à l’épicerie et l’arrestation de Billy Altman furent tournées à Los Angeles.

o Leo Penn (1921-1998) a réalisé six épisodes de Kojak. Père du comédien Sean Penn, il a mis en scène de nombreux épisodes de séries. Citons, parmi les plus connues, Match contre la vie (8 ép.), Annie agent très spécial, Bonanza (11 ép.), Hawaii, police d'état (2 ép.), Matlock (30 ép.)….

o Charles Cioffi (1935), Arnie Brace, a joué dans un grand nombre de séries. Il a commencé sa carrière au cinéma en 1971 dans des films policiers (Klute, Shaft) mais il fut très présent à la télévision : Madigan, Cannon, Matt Helm, Les rues de San Francisco, Hawaii police d'état (quatre épisodes), Columbo. Il est le major Caldwell, supérieur de Webster/Robert Conrad, dans L'homme de Vienne et le lieutenant Kramer dans trois épisodes d'Equalizer.

o Paula Kelly (1943), Janet Carlisle, a débuté sa carrière en 1968. Elle a joué dans trois épisodes des Rues de San Francisco dont The Thrill Killers qui marque le départ de Michael Douglas. Au cinéma, Soleil Vert.

o Carole Cook (1924), Marie Stella, aura le même rôle dans deux autres épisodes de la saison : A Strange Kind of Love, The Summer of ’69.

o Lynne Topping (1949-2011), Charlene, a le même rôle dans A Strange Kind of Love.

o Connie Sawyer (1912), Mary Benson, a joué dans Therapy in Dynamite (saison 1) et deux épisodes des Rues de San Francisco (Requiem for Murder, The Drop). Elle est surtout connue pour Quand Harry rencontre Sally…Ici, elle a déjà 65 ans et elle est le témoin qui fournit le portrait-robot tout en demandant du whiskey dans son thé. A 102 ans, elle tourne toujours !

o Kojak à Tony, qui rechigne à aller chercher de la bière : ‘You’re detective third and I’m a lieutenant’.

o Brace au sujet de sa ‘poule’ : ‘She’d sell me for a dollar after taxes’.

o New York Chronicle est toujours le journal fictif de la série.

Retour à l'index


2. ONDE DE CHOC
(A STRANGE KIND OF LOVE)

Un chauffeur de taxi, dérangé mental, part en croisade en appliquant les propos d’une présentatrice d’une émission nocturne radiophonique.


Terry Lawson, un chauffeur de taxi, est obsédé par Rita McCall, la célèbre présentatrice satirique d'une émission de radio diffusée la nuit. Suivant fidèlement ses propos, il est persuadé
qu'elle l’encourage à assassiner ceux qu'elle dénonce lors des retransmissions. Il abat ainsi Bradford, le patron de la chaine, dans un parking puis une prostituée dans une chambre d’hôtel. A cette occasion, il raconte son enfance pitoyable et branche la radio sur l’émission, alors que la femme commence à se dévêtir. L’animatrice fait son talk-show de la semaine derrière la vitrine d’un grand magasin à la vue de tous les badauds. Kojak y place un officier chargé de sa protection, mais celui-ci est également abattu après que Rita se soit plainte à l’antenne de cette étroite surveillance. La protection rapprochée n’est pas satisfaisante et un enregistrement mènera rapidement Kojak vers l’assassin dérangé. Lawson sera neutralisé alors qu'il allait s'en prendre à son idole, qui l’avait surnommé son ‘avenging hero’.  


Une solide intrigue qui rappelle par certains côtés Play Misty for Me de Clint Eastwood et Taxi Driver de Scorcese. Lawson est un chauffeur de taxi reclus et subjugué par la voix de Rita. Il écoute l’émission dans son véhicule et chez lui ; un appartement sordide qu’il partage avec sa sœur au chômage. Après le travail, il s’isole, écouteurs dans les oreilles, sur son lit contre un mur nu égayé seulement par une photo de McCall (Rita pas Robert !) et une icône religieuse. C’est une superbe scène dépeignant deux êtres frustres qui s’ignorent.
La devise de McCall: ‘It’s time to rise up and take action. Now, do it’ est prise au premier degré et Lawson, tel un disciple, exécute un représentant de chaque corps de métier vilipendé par la présentatrice : les patrons, les prostituées, les officiers de police. Lors d’un appel téléphonique de Lawson à Rita, un excité heurte, en klaxonnant frénétiquement, son cab qui bouche la sortie et on se doute que cela aura des conséquences sur l’enquête. C’est le cas. Heureusement car les descentes sur les cabines téléphoniques sont infructueuses.


D’une certaine façon, Rita McCall est également frustrée par la société et derrière ses airs hautains et désapprobateurs envers la police – elle refuse d’être sur écoutes-, elle cache un échec qu’elle finit par confier à Kojak, qui est, quant à lui, très affecté par la mort du jeune officier (excellente conversation téléphonique avec le père).


Peu d’enquête, surtout dans le premier quart d’heure, un peu de bavardages, mais l’atmosphère est pesante, l’interprétation juste et l’intrigue noire à souhait.
Un très bon épisode exclusivement nocturne.


‘Crocker, see what the street people are talking about. Even a hooker dies for a reason’.

o Troisième et dernière histoire de la série écrite par Joseph Polizzi. On lui doit également The Betrayal (saison 2, sur une réalisation de Telly Savalas) et The Godson (saison 4).

o C’est le seul épisode de Kojak réalisé par Sutton Roley, habitué de Mannix (16  épisodes). Il avait commenté Quinn Martin, disant qu’il plaçait la qualité avant tout : ‘Quand une scène se déroulait la nuit, il voulait que la scène soit tournée la nuit et non pas le jour comme d’autres réalisateurs le font’.

o Lee Bryant (1945), Rita McCall, avait déjà un petit rôle dans Deadly Innocence de la troisième saison.

o James Sutorius (1944), Lawson, est Benny, l’ami d’enfance de Crocker, dans Unwanted Partners de la seconde saison.

o Juno Dawson (1941), la prostituée, connaît le même sort dans Dead on His Feet de la première saison.

o Lynne Topping (1949-2011), Charlene, a le même rôle dans l’épisode précédent.

o Pour la seconde fois consécutive, le bar de Stella est une sorte de lieu de rendez-vous pour le lieutenant. Kojak réprimande d’ailleurs Crocker qui fait la cour à Charlene sous les yeux de Stella : ‘Do me a favor. Keep your eyes down. I want to enjoy my beer in peace.’

o McNeil à Rita: ‘Mrs McCall, you have a mouth. Close it.’

o En V.O., l’enregistrement entre Lawson et l’homme irascible révèle le mot ‘hack’. Kojak sait alors qu’il doit rechercher un chauffeur de taxi : ‘Hack, he’s saying a hack, it’s a cabbie’. 

Retour à l'index


3. MEURTRE À MANHATTAN
(LAID OFF)

Un chauffeur de taxi, ancien policier, est empêtré dans des difficultés financières et familiales. Afin de s’en sortir, il accepte d’effectuer des livraisons pour son usurier.

Kenny Murray a été victime des restrictions budgétaires et il a perdu son emploi de policier. Reconverti en chauffeur de taxi, il consent à ne pas témoigner contre Simpson, qui a essayé de le braquer, moyennant une somme d'argent qui remboursera quelques-uns de ses emprunts. Murray a contracté une dette importante auprès de Hobart, un usurier sans scrupule qui a manigancé la sortie de prison de Simpson afin de le punir définitivement de l’avoir volé. Murray fait face à une situation difficile, d’autant que sa femme a des tendances suicidaires et qu’elle risque d’être internée à Bellevue.  Il accepte le marché d’Hobart et de ses sbires et livre des paquets suspects dans son taxi. Pendant ce temps, Kojak recherche le cab qu’un témoin a aperçu sur les lieux du meurtre. Murray n’a pas perdu l’espoir de réintégrer la police et il informe Kojak des activités criminelles auxquelles il est mêlé.

Ce scénario a des relents de déjà-vu d’autres épisodes de la série ; ainsi, l’histoire de Vince Palmerance, le flic endetté de Monkey on a String, ressemble beaucoup à celle de Murray (mais la fin est plus dramatique) et Ann Murray, comme Molly Braddock dans A Summer Madness, a des problèmes psychologiques, qui sont ici cependant moins graves. Malgré ces similitudes – on approche de la centaine d’épisodes et cela est inévitable –, le récit est plaisant et, surtout, très bien interprété par le couple Michael Durrell et Jenny O’Hara. Telly Savalas est plus débraillé que d’habitude, histoire de faire monter l’audience féminine.  Néanmoins, ses répliques sont toujours aiguisées telle la répartie de McNeil qu’il compare à celle d’une femme demandant si elle est belle : ‘What kind of a question is that, Frank ? it’s like a woman asking you if she’s beautiful’.

Une intrigue pas très originale dans laquelle un flic licencié possède deux emplois –chauffeur de taxi et employé de pompes funèbres – pour faire vivre son couple et leur petit garçon. Il a dû contracter des dettes colossales et il doit bientôt travailler pour un truand usurier afin de boucler les fins de mois, mais Kojak souligne lors de sa conclusion qu’il aurait très bien pu agir pareillement dans cette situation. Crocker aussi trouve plus tôt des circonstances atténuantes aux agissements de son ex-collègue acculé. Murray commence l’épisode comme un héros mais, en définitive, il symbolise la crise new-yorkaise des années 70, lorsque la ville a frôlé la faillite.

‘It’s too nice a day to die even for him’.

o Laid off (licencié) est bien plus proche de l’histoire de cet épisode que le titre français banal.

o Scènes tournées à Los Angeles : Sam’s restaurant, l’imprimerie (où se déroule le final),  la visite au garage des taxis Red Star, Kojak et ses hommes bloquent Duff sur un parking.

o Neuvième et dernière histoire de la série écrite par Burton Armus. Le scénariste a passé vingt années dans la police new yorkaise et sa seconde carrière très inattendue a débuté lorsqu’il fut recruté comme conseiller technique.  Son plus long emploi dans cette fonction fut pour la série Kojak. Il établit sa réputation d’écrivain de talent avec ses scripts compliqués et d’une authenticité remarquable. L’interview de Burton Armus sur le site. Les huit autres épisodes écrits par Armus:  saison 2 - The Best War in Town, Unwanted Partners; saison 3 –Sweeter Than Life, Over the Water, The Frame; saison 4 – An Unfair Trade, Dead Again, Lady in the Squad Room.

o Michael Durrell (1943), Kenny Murray, a débuté sa carrière en 1969. Il a joué dans Birthday Party, le premier épisode de la quatrième saison.

o Jenny O’Hara (1942), Ann Murray,  a joué dans de nombreux épisodes de séries dont Dead Air (des Rues de San Francisco) au début de sa carrière. Elle est connue pour avoir participé à Mystic River et Devil.

o Anthony Charnota (1936), Victor, a participé également à One for the Morgue et Deadly Innocence. Antony Ponzini (1933-2002), ici le truand Duff, a aussi joué dans Deadly Innocence de la troisième saison.

o Joe George (1927-1992), Lewis, a joué dans Requiem for a Cop et Law Dance.

o Les autres péripéties de cabbies de la série: Leon (I Want to Report a Dream –saison 2), Lawson (A Strange Kind of Love –saison 5). 

o Stavros se plaint du nombre de taxis new yorkais à vérifier et il estime le chiffre à 10 000. En 2012, 13 237 taxis jaunes pour 42 000 chauffeurs étaient répertoriés à New York.

Retour à l'index


4. LES NOUVEAUX TUEURS
(CRY FOR THE KIDS)

Kojak soupçonne fortement un adolescent d’avoir tué un voyou local. Travaillant occasionnellement pour un caïd, le jeune homme est de nouveau sollicité pour abattre un autre concurrent. Le lieutenant est démuni face à la juridiction en vigueur.

Le jeune Billy Sherback travaille occasionnellement pour le caïd Jason Kreiger par l’intermédiaire d’Hackford et il abat accidentellement Lenny Malone en essayant de le dévaliser. Il est ensuite contraint de supprimer Art Largo, un autre ennemi de Kreiger. Kojak est rapidement sur la piste du jeune garçon car un sac en papier est retrouvé à côté du corps de Malone ; il provient du petit restaurant tenu par les parents de Billy. Trop occupés par leur commerce, ils n’ont aucune emprise sur leur fils, qui est tombé dans la délinquance en ne fréquentant plus l’école. Le lieutenant a également peu de prise sur le voyou, mais ce dernier est blessé lorsque l’opposition le force à tendre un piège à Kreiger.

Le centième épisode de la série est intéressant et le syndrome de la dernière saison n’a pas – jusqu’à présent – touché Kojak. Dans cette histoire, l’intrigue est l’occasion de souligner les imperfections du système judiciaire américain, qui ne donne pas la possibilité de condamner des mineurs, même pour des actes gravissimes. Ainsi, ces jeunes restent une opportunité pour les gangs qui peuvent les utiliser en tant que tueurs sans que la justice puisse agir. Les mineurs ne sont pas jugés comme des adultes pour des faits comparables. Pire, Kojak ne peut être mis au courant des antécédents de Billy Sherback (les dossiers sont tenus secret) et le lieutenant est obligé de questionner les parents, qui sont démunis, indifférents mais aussi bienveillants (surtout la mère). Le message du récit est souligné par la voix-off de Telly Savalas –juste avant le générique final – qui répète les répliques marquantes et déterminantes, qui doivent faire réfléchir le téléspectateur.

La délinquance juvénile était un fléau américain répandu dans les années 70 mais il a franchi l’Atlantique depuis le tournage de cet épisode ; l’entretien crédible et contemporain de Kojak avec Sister Catherine, l’institutrice, n’est plus depuis longtemps de la fiction pour nous, ni le comportement malsain de la jeune racaille. A ce propos, l’excellente attitude du lieutenant –surtout préoccupé par les victimes - lors de l’interrogatoire de l’individu est stoppée par la sergente engluée dans les règlements et la loi inappropriés.

Plus qu’une intrigue, cet épisode est un excellent plaidoyer, comme la série nous a déjà concoctés. Très bien filmé et interprété, il reste terriblement d’actualité.

‘We are creating a new set of criminals that nobody can touch’.

o Scènes tournées à Los Angeles : la rencontre de Billy avec ses amis avant le meurtre de Malone, la rencontre Billy/ Karl Scheer, Kojak attrape et menace l’homme de main de Kreiger, le final où Billy est blessé (ce n’est pas Central Park !).

o Barry Miller (1958), Billy Sherback, a commencé sa carrière en 1971 et il joue dans l’épisode Merchants of Death des SOSF.

o Phillip Pine (1920-2006), Jason Kreiger, a joué dans cinq épisodes des Incorruptibles et quatre des Rues de San Francisco. Il est connu pour être le colonel Green dans Star Trek (1966). Vu dans de nombreuses autres séries dont Les mystères de l’Ouest, Match contre la vie, Bonanza, Le fugitif, Les envahisseurs, Le virginien, Mission impossible, Hawaii police d’état, Banacek, L’homme de fer, Mannix, Sergent Anderson, Cannon, Baretta, Police Story, Section contre-enquête, La petite maison dans la prairie, Santa Barbara… 

o Al Ruscio (1924-2013), Jonas Vukich, a joué dans un autre épisode, A Wind from Corsica, et trois des Incorruptibles. Également vu dans Baretta, Un shérif à New York, Sergent Anderson, L'homme invisible, Joe Forrester, Starsky et Hutch, Mrs Columbo, McGyver, Hunter, NYPD Blue, X Files…

o Regina Baff (1949), Sister Catherine, a joué dans deux épisodes d’Equalizer : Unpunished Crimes, saison 1, et le dernier de la série, Suicide Squad. Elle n’a rien tourné depuis !

o Louis Guss (1918-2008), Karl Scheer le plongeur du restaurant, a joué dans l’épisode By Silence Betrayed, saison 4. Au cinéma, on a pu le voir dans The Laughing Policeman (Le flic ricanant) avec Walter Matthau et Bruce Dern.

o Jack Ging (1931), Hackford, est le lieutenant Becker dans The Goodluck Bomber de la saison 2. Il est aussi présent dans quelques Clint Eastwood dans de petits rôles : Pendez-les haut et court, Un frisson dans la nuit, L'homme des hautes plaines. Il est aussi le lieutenant Dan Ives dans 8 Mannix.

o Carmine Caridi (1934), Stan Sherback, est Grubert dans Unwanted Partners de la seconde saison. Il est le détective Gotelli dans New York Police Blues.

o Sixième et dernier épisode réalisé par Leo Penn (1921-1998). On lui doit Die Before They Wake, Down a Long and Lonely River, Therapy in Dynamite (saison 1), The Best Judge Money Can Buy (saison 2), The Queen of Hearts Is Wild (saison 5).

o Kojak devant le corps de Malone: ‘Lenny Malone: former bagman, former punk, former enforcer, formerly alive.’

o Stravos:  ‘He didn’t see nobody’. Kojak répond: ‘You talk better English than that, don’t’ you?’ Intraduisible !

o Kojak vient raconter une ‘histoire’ au truand Vukich, le rival de Kreiger, et déclare à sa maitresse: ‘You can stay, it isn’t dirty!’.

o Le fait que les dossiers des mineurs (juveniles) ne soient pas consultables (‘The records are sealed’) met en rage Kojak. Personne n’est au courant de leurs antécédents criminels à part les victimes elles-mêmes !

Retour à l'index


5. QUAND UN RÊVE SE RÉALISE
(ONCE MORE FROM BIRDLAND)

Après quatorze ans passés en prison, un homme veut prouver son innocence, tandis que sa fille, aidée par Kojak, tente d’éviter qu’il commette l’irréparable.

Injustement incarcéré pour un meurtre qu’il n’a pas commis, K.C. Milano a un désir de vengeance exacerbé et il se lance à la recherche des responsables de son emprisonnement. Il pénètre dans l’appartement de sa fille Francesca pour retrouver la trace de Joe Addison, le véritable assassin, et de Robert Smith, le témoin à charge. La jeune chanteuse tente d’éloigner la police lorsqu’elle s’aperçoit que c’est son père qui s’est introduit chez elle, mais elle commet un acte stupide et inconsidéré en se rendant au repaire d’Addison pour essayer de l’amadouer. L’intervention du lieutenant la tire d’un mauvais pas et renforce les liens de Francesca avec le policier, qui vont unir leur effort afin d’éviter un drame.

L’intrigue simple et le happy-end prévisible ne sont pas les points qui retiennent l’attention dans un scénario qui fait la part belle aux qualités de chanteuse d’Andrea Marcovicci, dont le charme ne laisse pas Kojak/Savalas indifférent (‘We’re strangers unless you choose otherwise’). L’épisode débute et se conclut par une chanson de la belle brune, ce qui enlève dix bonnes minutes, génériques compris, à la durée totale. Si on aime le style, ce n’est pas désagréable, mais cela peut aussi s’apparenter à du bouche-trou vu la simplicité de l’histoire.

K.C. Milano – interprété sans consistance par William Windom - a été le dindon de la farce et a passé quatorze ans en taule pour un crime qu’il n’a pas commis. Il profite d’une remise de peine due à un problème cardiaque pour se lancer dans une vendetta. Sa condamnation fut basée sur le faux témoignage de Robert Smith, victime d’un odieux chantage. Le véritable méchant est joué par Julius Harris, bien connu des amateurs de James Bond, et, malheureusement, il n’y a qu’une seule confrontation de son personnage, l’infâme Addison, avec le lieutenant. Ce passage est de loin le meilleur de l’épisode, surtout qu’Addison se fait trucider (hors caméra) et ne réapparait donc pas. Un gâchis car l’acteur possède des talents incontestables pour jouer les crapules.  

Une intrigue moyenne et quelques longueurs pour un épisode qui reste dans les mémoires pour ses deux extrêmes : la jolie Andrea Marcovicci au jeu juste et à la voix splendide et le ‘vilain’ Julius Harris à la participation bien trop brève.

‘Animals don’t murder, they just kill’.

o Andrea Marcovicci (1948), Francesca Milano, est Lisa Walden dans le superbe épisode de la seconde saison, Cross Your Heart and Hope to Die. Elle a fait aussi, avec succès, du théâtre. Dans cet épisode, elle est chanteuse ce qu’elle est aussi réellement car c’était en fait sa première vocation. Elle interprète deux chansons : You Don’t Know Me et For All We Know. Elle publia près d’une vingtaine d’albums et reçut des récompenses. J’ai contacté l’actrice et je l’ai félicitée pour ses prestations et je lui ai demandé si les deux chansons sont dans un de ses albums. Elle m’a répondu: ‘Unfortunately, those songs were recorded for the series in 1976! They are not on any of my current recordings. Thank you for your sweet compliments and please visit my website at www.marcovicci.com to check out the many albums I have made. Perhaps some of the other songs will please you! Yours, Andrea’ (Facebook, 10 mars 2014).

o William Windom (1923-2012), K.C. Milano, au visage très connu des amateurs de séries US, a joué, entre autres, dans trois épisodes des Rues de San Francisco : il est le représentant qui prend la ravissante auto-stoppeuse, ce qui va l'entraîner dans un terrible engrenage, dans 45 Minutes from Home. Il est John Kovic, personnage ambigu acoquiné avec la mafia, dans Letters from the Grave, et Monsignor Frank Carruthers dans le superbe Requiem for Murder.

o Julius Harris (1923-2004), Joe Addison, est Tee Hee dans le James Bond Vivre et laisser mourir. Il a participé à de nombreux films ‘blaxploitation’ comme Les nouveaux exploits de Shaft en 1972.

o Joshua Shelley (1920-1990), Bob Harris, a joué dans le pilote, The Marcus-Nelson Murders, et Two-Four-Six for Two Hundred (saison 2).

o Bob Minor (1944), Blood, est surtout réputé pour ses cascades. Il est la doublure, entre autres, de Sidney Poitier.

o Quelques répliques particulières de l’épisode. Addison s’adresse à Kojak par ‘honky cop’. ‘Honky’ est une insulte raciste vis-à-vis des blancs, surtout employée aux USA. A la fin de la même scène, Kojak quitte la pièce en répondant à la menace de Blood par : ‘‘Ta-ta, toots’. Cela signifie en langage plus correct : ‘Goodbye, sweetie’.

o Milano est sorti de prison pour un meurtre censé avoir été commis en 1963. 

o Kojak à Crocker qui rechigne à l’accompagner: ‘I need a real charmer. Don’t complain until you see the victim. Come, my son.’

Retour à l'index


6. LES MORTS ONT DE L'OSEILLE
(CAPER ON A QUIET STREET)

Kojak compte sur une prostituée pour mettre la main sur l’argent d’un casse.


Un gang de truands s’emploie à retrouver six millions de dollars dérobés lors du braquage d’une banque qui a coûté la vie à trois personnes. Un membre de la bande a caché le magot le temps que l’histoire soit oubliée, mais il décède d’une crise cardiaque et met ses complices dans l’obligation d’employer les grands moyens pour récupérer le butin. Ils investissent une résidence de haut standing, pourtant très bien protégée, et la mettent à sac allant jusqu’à sonder les murs. Kojak ne peut compter que sur Milly Blasky, une prostituée, qui doit le renseigner sur les agissements du chef de la clique, Tom Ryan, qui est aussi son julot.


Cette histoire de truands, prostituée et flics n’est pas originale et l’interprétation reste dans le correct sans atteindre l’inoubliable. Armand Assante est le seul à tirer vraiment son épingle du jeu. Même si certaines séquences sont pittoresques, comme le long passage de Crocker et Stavros déguisés en peintres sur un échafaudage, l’épisode ne surprend pas. On pense que le final, bien enclenché, va rehausser l’ensemble, mais sa conclusion déçoit.


L’épisode n’est néanmoins pas dépourvu d’intérêt et quelques passages sont très intéressants. La séquence d’ouverture avec la filature de Denny et Milly qui se termine tragiquement pour l’homme, la surveillance de l’appartement par les ‘peintres’ qui s’avère être un leurre et l’entourloupe de Milly qui menace d’une arme Crocker et Kojak. Mais c’est surtout le début du final dans les escaliers et la stratégie de prendre en tenaille ‘squeeze’ les gangsters qui est intéressant ; dommage que la conclusion – la chute du couple dans l’escalier – ne soit pas très recherchée. Par contre, les longues palabres des membres du gang à l’appartement, la présence de Bobby, la ‘copine’ du moustachu Jess (on est presque à la ‘gay pride’) et l’inconsistance des otages sont à oublier.


Un divertissement ‘honnête’ mais l’épisode n’est pas un des meilleurs de la série, ni de l’ultime saison, à l’image du coup du robinet…


‘I’m looking for Jess Hoffstetter’s girlfriend, Bobby.’


o Armand Assante (1949), Tom Ryan,  a débuté sa carrière en 1974. On a pu le voir au cinéma dans le rôle de Mike Hammer (J’aurai ta peau, 1982) et le téléfilm Jack l’éventreur avec Michael Caine (1988) entre autres.


o Candice Azzara (1945), Milly Blasky, a participé à Close Cover Before Killing, saison 2.


o Chuck Bergansky, Brad Quinn, a joué dans Night of the Piraeus et By Silence Betrayed.


o Lieu de tournage: The Langham Apartments à Los Angeles, une location déjà vue dans les épisodes When You Hear the Beep, Drop Dead et Letters of Death.


o Une grosse erreur de continuité dans la première scène (l’arrivée de Kojak sur les lieux). Sur des images repiquées d’épisodes précédents, le lieutenant est d’abord en costume beige (gros plan), puis en costume noir (lorsque la Buick prend un virage) pour arriver à destination en costume gris !

 

o Stavros : ‘Gesundheit’ (en allemand), lorsque Crocker éternue, étant allergique à la peinture. 

o Dans un des six appartements que la bande passe au détecteur (pour retrouver la valise contenant l’argent), on remarque une affiche des Jeux Olympiques de 1976 (qui se sont déroulés à Montréal).

Retour à l'index


7. LES DEUX SŒURS
(LETTERS OF DEATH)

 

Des messages anonymes informent un mannequin que des personnes de son entourage sont en danger de mort.


Kojak enquête sur le meurtre de Bradley Sloane, le directeur d'une agence de mannequins. Sur les lieux du crime, il rencontre Janelle Rawlings, un top model en vogue qui vient de recevoir une lettre anonyme lui annonçant l’assassinat de son patron. Le lieutenant Kojak soupçonne Bert Marino, un associé très énigmatique qui a découvert le corps. Bientôt, deux autres meurtres surviennent et, à chaque fois, un témoin donne aux enquêteurs la description d’une femme que Janelle identifie comme Margareth, sa sœur décédée cinq ans plus tôt. Pendant ce temps, le mannequin doit s’occuper de son père, victime d’une attaque et complètement dépendant.
Kojak va découvrir que cette jolie femme souffre d'un dédoublement de personnalité: lorsqu'elle se sent Margareth, qui a mené une vie dépravée, elle commet des meurtres par jalousie envers Janelle !


Une histoire intéressante mais la solution a un goût familier. Les hommes autour de la belle Janelle tombent comme des mouches – en filigranes, on devine que ce sont ceux qui ont couché avec elle - et le téléspectateur n’a pas beaucoup de mal à pressentir la conclusion avant le lieutenant, malgré quelques fausses pistes pas très appuyées. Il y a un léger doute, vite dissipé, lorsque Janelle va à l’hôtel et qu’elle se renseigne sur sa sœur. Elle n’accepte pas sa mort. Sinon, l’intrigue présente des situations cocasses comme Stavros subjugué par la ravissante modèle qu’il interroge (‘She’s gorgeous’). Kojak n’est pas en reste avec la blonde April qui fume son cigare ! Les jolies femmes, Cristina Raines en tête, sont un atout incontestable d’un synopsis qui sent le réchauffé.


Le thème du dédoublement de personnalité a en effet déjà été traité ; souvent d’ailleurs par un homme qui se travestit en femme aussi bien chez Hitchcock, que de Palma ou dans l’excellent épisode des Rues de San Francisco, Mask of Death. Il n’y a pas de changement de sexe cette fois –seulement de coiffure -, mais le transfert prend toute sa signification pendant la dernière séquence, la meilleure, d’un très bon divertissement accompagné d’une excellente musique de John Cacavas. Soudainement, Janelle devient Margareth, et elle crache sur son père avant de menacer Kojak d’une arme. Le lieutenant la raisonne et répond à son interrogation: ‘Yes, Margareth was here’ et il pose sa main sur la tête de Janelle d’un geste compatissant, confirmant ainsi qu’elle est complètement folle. Seul son père a entrevu la vérité qu’il ne peut exprimer vu qu’il est privé de la parole.


L’intrigue est également très instructive sur les dessous nébuleux de ce milieu, comme le démontre la réplique de Kojak à Marino (‘I understand you are in a habit to make promises to pretty girls’) et les agissements du ‘vieux’ Marshall Tyler avec la belle Janelle.
Un monde de fric et de coucheries. 


‘Someone is killing people. That someone is a woman, someone close to you, as close as your sister’.

o Lieux de tournage: The Langham Apartments.

o Cristina Raines (1952), Janelle Rawlings, a commencé sa carrière en 1973 et elle a joué au cinéma dans Duellistes. Ses rôles les plus connus sont dans le film d’horreur The Sentinel et le soap Flamingo Road. Peu d’apparitions, mais elle aurait pu faire du mannequinat vu la première séquence crédible de l’épisode.

o Stanley Kamel (1943-2008), Bert Marino, est Clyde, un petit truand dans Last Rites for a Dead Priest de la première saison. Il a débuté dans un épisode de Mission Impossible. Le docteur Charles Kroger dans Monk (44 ép.) fut un de ses derniers rôles. Son agent l'a découvert décédé à son domicile d'Hollywood.

o Ward Wood, Bob Lawrence, est le lieutenant Art Malcolm dans 68 épisodes de Mannix.

o Jason Wingreen (1920), Eddie Hogan, a joué dans huit épisodes des Incorruptibles et deux autres de Kojak (Girl in the River, Out of the Frying Pan…) entre autres.

o Nick Dennis (1904-1980) a joué dans neuf épisodes de la série dont six fois le rôle de l'oncle Constantine et trois fois, comme ici, celui de Charlie.  Il parlait couramment le grec.

o Leigh Hamilton (1949-2012), April Daily, était passionnée d’arts et elle possédait une galerie. On lui doit la superbe réplique à Kojak : ‘Thanks for the cigar !’.

 

o Lors de la première séquence de l’épisode, Janelle Rawlings fait une séance photos pour le parfum Midnight Mist. A la dernière scène, Kojak aperçoit la publicité sur un véhicule qui passe.

o Kojak à Marino, sur les lieux du premier meurtre : ‘I’m the sweetest guy in the world, but, even I, have enemies!’

o Dans une réplique, Stavros est Watson et Crocker devient Sherlock pour Kojak.

o La scène de l’hôtel est énigmatique et pimente le récit. Eddie Hogan lit The New York Globe, qui conte l’histoire du premier meurtre. Il semble avoir deviné. C’est la chambre de ‘Margareth’ : ‘The lady in Room 412’.

 

o The New York Globe est un journal qui a existé entre 1904 et 1923. 

o Le portrait-robot établi sur les souvenirs d’une voisine après le premier meurtre est très (trop) ressemblant.

o Bert Marino cite l’exemple de l’actrice Candice Bergen à Janelle Rawlings. Candice Bergen (1946) fut en effet mannequin et elle se fit remarquer en faisant la une du magazine Vogue. Elle fit ainsi ses débuts au cinéma en 1966.

o Kojak apprend à Janelle Rawlings que Sloane, son amant, était ‘a swinger’. Ce terme a deux sens : ‘échangiste’ et ‘personne qui couche à gauche et à droite’. Dans le cas présent, c’est le second terme qui convient.

Retour à l'index


8. TOUS CEUX QUI L'ONT AIMÉE
(TEARS FOR ALL WHO LOVE HER)

Kojak délègue l’enquête sur le meurtre d’un truand au détective Crocker, car l’épouse de la victime, la principale suspecte, est une ancienne conquête du lieutenant. 

Carol Austin, la femme d'un caïd notoire, tue son mari, avec la complicité du chauffeur et garde du corps, puis elle simule un cambriolage pour égarer les soupçons de Kojak. A la surprise générale, le lieutenant, se sentant trop impliqué, confie l'affaire à Crocker, mais Papa, le parrain local, n'est pas dupe et il veut également trouver l’assassin. Crocker tombe peu à peu sous le charme de la meurtrière manipulatrice et, au cours de l’enquête, le jeune inspecteur apprend que Carol a été la maîtresse de son supérieur. Kojak suit les investigations ‘en coulisses’, mais ce sont les agissements du chauffeur, qui a conservé l’arme avec les empreintes de Carol pour la faire chanter, qui vont débloquer la situation. 

Une intrigue simple et des à-côtés qui ont tendance, à plusieurs reprises, à donner un ton ridicule à l’ensemble (Carol tient la main de Crocker dans la voiture) caractérisent l’épisode. La jeune femme est prête à tout pour toucher l’héritage de trois millions de dollars, mais Fred Tumy, le garde du corps, qui semble bien timoré lors de l’assassinat de son patron, a gardé la tête froide afin d’essayer de tirer profit de la situation. La meurtrière fut la compagne du lieutenant, la maitresse de l’homme de main de son mari et elle jette ensuite son dévolu sur le naïf Crocker. Cela fait un peu trop pour le personnage de femme fatale incarné par Jennifer Warren au visage émacié, qui, sans lui faire injure, ne casse pas trois pattes à un canard !

On se retrouve dans une sorte de ménage à trois avec l’ex Kojak, le soupirant Crocker et la tueuse cynique au milieu. Pas crédible pour deux ronds, surtout que cet aspect est prédominant dans un épisode où le suspense est totalement absent, car toute l’enquête se concentre sur l’arme et le fait de savoir si la lumière était allumée ou pas. Si on ajoute à cela que Telly Savalas donne l’impression de somnoler tout du long, on peut conclure que cet opus est un échec. En définitive, on fait du surplace car Kojak a deviné la vérité (interrogatoire de Tumy au garage) bien avant Crocker, complètement dépassé et à l’attitude ridicule. Les meilleurs passages sont l’ouverture avec l’assassinat, les idioties de Stavros et Rizzo et le clic des menottes qui se referment sur les poignets de Carol Austin.

‘The gun. We have to find the gun. That’s the key’.

o Joel Oliansky (1935-2002) a réalisé trois autres épisodes de la série : Last Rites for a Dead Priest, The Only Way Out (saison 1), Another Gypsy Queen (saison 4), et il a écrit le scénario de Nursemaid, saison 2.

o Jennifer Warren (1941), Carol Austin, est actrice mais aussi metteur en scène. Elle fut acceptée comme Directing Workshop for Women at the American Film Institute. Elle est l’avocate Eloise Geach dans l’ouverture de la troisième saison,  A Question of Answers.

o Sam Jaffe (1891-1984), Papa, a commencé sa carrière sur les planches en 1918 et il tournait encore l'année de son décès ! Il participa à des films célèbres comme Gentleman's Agreement de Kazan. Mis à l'index pendant la Chasse aux sorcières, il disparut des studios pendant sept années. Personnellement, je retiens ses rôles dans Un honnête homme, saison 2 des Incorruptibles, et Mister Nobody, saison 3 des Rues de San Francisco.

o Scènes tournées en Californie : Saperstein et Stavros courent après Penny, le final et l’arrestation de Carol Austin et Fred Tumy.

o Lorsque la Buick du lieutenant fait du ‘tout-terrain’ pour bloquer Penny, on aperçoit nettement la doublure de Telly Savalas.

o Le titre est au présent en VO. Pourquoi le traduire au passé ?

o Kojak au parrain : ‘You see, Papa. I’m a cop and you’re a killer and an old man. In that graveyard, you have more victims that I can count. You want me to forget that?’

o Le machiavélisme de Carol Austin et la naïveté de Robert Crocker sont parfaitement suggérés dans la scène des deux verres. De toute façon, il est déjà clair, arrivé à la cinquième saison, que le personnage de Crocker/Dobson a beaucoup moins de consistance que son pendant Keller/Douglas des Rues de San Francisco.

o L’expression utilisée par Stavros : ‘Like ships that pass in the night’ au sujet de la venue et du départ du lieutenant, est une expression idiomatique. Elle s’utilise lorsqu’on rencontre quelqu’un par coïncidence et que cela ne risque pas de se reproduire.

Retour à l'index


9. L'ÉTÉ 69 - 1ÈRE PARTIE
(THE SUMMER OF '69 - PART 1)

Kojak doit rouvrir une enquête vieille de huit ans. A l’époque, il avait abattu le meurtrier de trois femmes. Pourtant, un nouveau meurtre est perpétré dans les mêmes circonstances.


Une jeune femme est découverte assassinée dans le coffre d’une voiture abandonnée. Sur place, le lieutenant Kojak fait immédiatement le rapprochement avec l’affaire Fred Toner survenue durant l’été 69. L’individu avait assassiné trois femmes avec un rituel identique avant que le lieutenant ne l’abatte en octobre de la même année. Cette nouvelle victime présente toutes les caractéristiques constatées à l’époque du tueur surnommé
‘The Clothesline Killer’, y compris le bandeau sur les yeux, un indice qui n’avait pas été dévoilé à la presse. Le policier a–t-il abattu la mauvaise personne ? Kojak subit la pression de ses supérieurs qui lui proposent un poste de capitaine qu’il refuse. Toutefois, il est obligé de ranger ses affaires car son bureau est occupé à son retour au ‘precinct’, alors que le corps d’une prostituée vient d’être découvert.


Le thème principal du scénario est intéressant, mais il est malheureusement plombé par des longueurs  comme les passages à la salle de boxe et les flashbacks superflus. Pourtant, l’idée de ce ‘cold case’ est excellente, surtout qu’il concerne le lieutenant, qui a pu commettre une terrible erreur huit ans auparavant. Lors de la dernière séquence de cette première partie, Kojak est confronté à la hiérarchie qui veut lui octroyer une promotion placard que le policier décline, mais son successeur est déjà installé à son bureau à son retour. Le fait qu’il retire le fameux tableau de son ancêtre accroché près de la fenêtre est tout un symbole. Cette fin remarquable ne fait pas oublier le superflu souvent indispensable aux doubles épisodes. Ainsi, le long flashback dans lequel Kojak danse le tango est-il vraiment nécessaire au récit ? La trame de l’histoire est bonne bien que sa construction laisse à désirer. Telle l’enquête précédente, le policier trouve sur sa route une ancienne maitresse, la fortunée
Irene Van Patten. Est-ce l’égo de Telly comme le soupçonne une critique américaine ? Et puis, le téléspectateur est perplexe que Kojak retourne la voir sous prétexte qu’elle puisse se souvenir du nom d’un témoin – une serveuse - qu’il a lui-même oublié !


Il y a heureusement la sublime interprétation
de Stephen McHattie dans le rôle du tueur psychopathe Ray Blaine récemment sorti de prison. Le caractère du personnage est dessiné pendant les deux premières longues séquences de l’épisode, celle du cimetière avec son père devant la tombe de sa mère qu’il détruit, puis avec la première victime qu’il prend en voiture à une station-service. A noter, à cette occasion, la scène au ralenti dans l’épicerie qui symbolise très bien la folie meurtrière de l’assassin, un procédé qu’on retrouve à la fin du combat de boxe. Le spectateur comprend que son enfance et sa mère sont les causes de ses problèmes, principalement lors de l’excellent passage où Ray se confesse à l’église et que le corps est découvert simultanément.


‘Three women. Dead, they were murdered. ‘The Clothesline Killer’, remember? Fred Toner, the first man I’ve ever shot’


o La chanson entendue dans la voiture de Ray Blaine est intitulée Gentle on My Mind (écrite par John Hartford), qui remporta deux Grammy Awards en 1968.


o Helen Blaine, la mère, a les dates 1922-1969 sur sa pierre tombale (avant destruction !).


o Une petite erreur de continuité : le costume trois-pièces que le lieutenant porte lors du flashback n’était pas dans le commerce avant les années 70.


o Lors du flashback et la découverte du couteau, McNeil porte la moustache et Crocker est en uniforme.

 

o‘Do you have any children?’ demande l’infirmière à Kojak lors d’un contrôle de routine. Il en a avec les enfantillages de ses inspecteurs comme le souligne le lieutenant lors de la première scène au ‘precinct’.


o Le sticker au dessus du juke-box (juste au-dessus de celui que Kojak mentionne) a le message suivant : ‘America, love it or leave it.’

o Gene R. Kearney (1930-1979), le producteur, scénariste et réalisateur de cette histoire, a participé à 72 épisodes de la série en tant que producteur, scénariste, réalisateur ou ‘story editor’ ! C’est un des deux épisodes qu’il a réalisés (l’autre étant 60 Miles to Hell).

o Stephen McHattie (1947), Ray Blaine, est Paul Nelson dans l’excellent Slay Ride de la seconde saison. Il a commencé sa carrière en 1970. Il a joué aussi dans Starsky & Hutch, Equalizer (très bon en schizophrène assassin dans le mauvais épisode Out of the Past de la première saison), Deux flics à Miami,  Star Trek (dans un épisode mémorable, paraît-il), X Files, Les enquêtes de Murdoch. Il a un rôle récurrent dans Cold Squad.

o Diane Baker (1938), Irene Van Patten, est également une conquête de Mike Stone dans l’épisode The Cat’s Paw des Rues de San Francisco et elle se prénomme aussi Irene ! Coïncidence ? Elle a commencé sa carrière en 1959 et c’est un visage connu des séries américaines depuis les années 50 !

o Kenneth O'Brien (1935-1985), Silas, a un visage familier des amateurs de séries US. On a pu le voir dans Match contre la vie (ses débuts), Kung Fu, L'homme de fer, Mannix, Hawaii police d'état, Les rues de San Francisco (3 ép.), et dans un autre épisode de Kojak, Down a Long and Lonely River

o Harrison Page (1941), Quade, est Hawthorn Yantzee dans You Can’t Tell a Hurt Man How to Holler, saison 2.

o Catlin Adams (1950), Shelia, la serveuse, est Theresa Ryan, la femme mariée qui fréquente le suspecté Luis, dans Close Cover Before Killing de la seconde saison. Elle est aussi Adelle, la secrétaire, dans Life, Liberation and the Pursuit of Death, saison 3.

o Rosalind Chao (1957), Grace Chen, est connue par les fans de Star Trek

Retour à l'index


10. L'ÉTÉ 69 - 2ÈME PARTIE
(THE SUMMER OF '69 - PART 2)

Mis en marge du ‘precinct’, Kojak profite de ses ‘vacances’ pour poursuivre ses investigations et retrouver les personnes impliquées dans l’enquête initiale.


Le lieutenant continue son enquête alors qu’il doit être transféré. Une photographie lui permet d’identifier le voleur de l’autoradio du véhicule dans lequel fut retrouvé le corps de l’autostoppeuse. D’après les stations sélectionnées, l’individu venait de la localité de Providence, et Ray Blaine est le seul prisonnier libéré récemment originaire de cette ville. Alors que Kojak fait savoir qu’il souhaite une surveillance du suspect afin d’amasser des preuves tangibles, son successeur, Williamson, opte pour une arrestation immédiate. C’est un fiasco car trois témoins, dont le couple chez qui il loge, fournissent un alibi à Blaine. Grâce à des circonstances abracadabrantes, Kojak retrouve la serveuse, qui identifie le tueur qu’elle a vu en compagnie de sa dernière victime huit ans plus tôt, et le policier décide de l’appréhender lui-même.


Si la seconde partie est quelque peu meilleure que la première, elle ne nous épargne néanmoins pas des stupidités du scénario. Jugez par vous-même : Kojak a renoué avec son ex pensant qu’elle pourrait se souvenir du nom de famille de la serveuse qu’il avait interrogée en sa présence (voir première partie) et lors d’une seconde entrevue, elle avoue à Kojak que, jalouse après leur rupture, elle avait engagé un détective pour le suivre alors que le policier avait une brève liaison avec cette serveuse ! La riche, la serveuse, l’infirmière ! Le lieutenant les baise toutes mais il n’est fidèle qu’à son boulot ! Une volonté des scénaristes ou de l’acteur ? C’est donc le détective qui fournit à Kojak le nom de la serveuse qui identifie Blaine. Le détail de cet imbroglio incohérent est révélateur, car il démontre le changement décrit par Burton Armus concernant l’ultime saison : ‘
les scénarios étaient de moins en moins véridiques et la cinquième année fut une putain de blague. Ils ont tout simplement fait comme n’importe quelles séries policières stupides qu’on voit maintenant à la télévision.’


Si on passe sur cette ânerie de
Gene Kearney (producteur, scénariste et réalisateur), qui a pourtant participé à 72 épisodes, le spectateur assiste à un récit intéressant avec, cette fois-ci, un flashback judicieux qui explique l’erreur sur la personne de Kojak, alors que Blaine subit un interrogatoire poussé simultanément; sans oublier l’excellent final dans le sous-sol d’un appartement transformé en serre de cannabis. Fred Toner était le voleur et Ray Blaine le tueur et non pas le contraire ! L’assassin s’est accusé du vol pour se fournir un alibi le jour du meurtre. La petite histoire de chantage mafieux qui se greffe ne dénature pas l’ensemble et permet une scène intéressante lorsque Blaine éclate en sanglots sur les genoux du gangster qui vient de lui proposer un contrat ! ‘I’m too religious’ démontre l’ambigüité du personnage, tueur en série contre sa volonté.


D’autres bons passages laissent une impression positive au téléspectateur comme le rêve de Kojak de la première séquence (qui sert de bref résumé) en contraste avec le réveil de Blaine par temps de pluie dans la chambre que les Diaz lui ont fourni, la volonté du tueur qui veut mourir au large pour revivre (‘New body, new life, new parents’), la bagarre dans le vestiaire et la dernière image de Kojak retirant le nom de Williamson scotché sur sa porte. Comme pour la première partie, Stephen McHattie et sa voix rauque (en VO) sont un atout indéniable d’une solide histoire gâchée par des incohérences.

 

‘I think I killed the wrong man in 1969’.

o Carole Cook (1924), Marie Stella, a le même rôle dans deux autres épisodes: The Queen of Hearts Is Wild, A Strange Kind of Love. Dans ces deux premiers épisodes de la saison, le bar est une sorte de lieu de rendez-vous pour le lieutenant. Pour cette enquête, il a élu domicile dans l’arrière-boutique où il travaille et …reçoit l’infirmière Amy (hors écran) ! : ‘I was finishing my physical’.

o Lors de la première séquence, le rêve de Kojak est constitué de scènes de la première partie, sauf pour le camion qui fonce sur lui.

o La seconde partie est légèrement plus courte que la première.

o Stavros jure en grec après la gaffe de Rizzo. 

Retour à l'index

11. LA BRUNE ET LA BLONDE
(CASE WITHOUT A FILE)

Kojak devient détective pour enquêter sur le meurtre d’un privé.

Larry Jordan a été abattu dans son bureau. Kojak prend la fonction du défunt afin d’élucider cet homicide. Il découvre que l'agence Jordan et Hewitt, du nom de l’associé, obtient des renseignements confidentiels d’une source policière. Par un astucieux stratagème, le lieutenant démasque l'inspecteur Jackson Kilpatrick, un policier corrompu. Kojak est persuadé que Kilpatrick a tué Jordan, qui le faisait chanter pour obtenir l’argent nécessaire à son divorce, et que Jocelyn Mayfair, la maîtresse du détective privé, a ensuite abattu le ripou par vengeance.

Avec cet épisode, on arrive au milieu de saison et il y a un sérieux coup de mou. Le ton oscille entre la parodie et la caricature du monde des détectives privés et l’intrigue est inconsistante. L’interprétation ne rattrape pas l’impression générale même si Telly Savalas semble s’amuser comme un gamin. Les personnages sont quelconques voire insipides que cela soit le mari cocu, la tante et ses oiseaux ou Ma Wonderly, aux faux airs de Mimie Mathy, la patronne de ventes de voitures qui met Kojak sur la piste de Jocelyn Mayfair (la ravissante Angel Tompkins). Il reste quelques scénettes divertissantes telle l’arrivée de Kojak dans les bureaux et le numéro avec la secrétaire (excellente Erica Hagen). Bien peu, surtout que le lieutenant dans un imper affublé d’un chapeau feutre ne convainc guère. Cet épisode symbolise la baisse de qualité de la série souvent soulignée lors de l’ultime saison, et j’espère que les derniers opus ne saperont pas un ensemble prodigieux. Une aventure légère, très loin du sérieux et de la crédibilité des premières saisons, qui laissera les fans de la première heure perplexes.

‘I’m sorry, Jocelyn. I never called, not even once.’

o Erica Hagen (1946), Donna, la secrétaire, a joué au cinéma dans Soleil vert, Le canardeur (avec Eastwood), La dernière folie de Mel Brooks ….Elle a commencé sa carrière en 1972 dans un épisode de Banacek. ‘Want a shot ?’, Kojak : ‘Okay, sweetheart !’.

o Sidney Clute (1916-1985), Kilpatrick, est Barney Sullivan, le patrouilleur abattu, dans Money Back Guarantee, saison 3. Il avait été le détective Cahan dans l’excellent Girl in the River, saison 1. Il est le détective Paul La Guardia dans 68 épisodes de Cagney  & Lacey. Même après son décès, il fut au générique jusqu’à la fin de la série, en 1988.

o Joe Gores (1931-2011)  a écrit deux autres épisodes : No Immunity for Murder et Bad Dude, saison 3.

o Nicolas Sgarro (1925) a réalisé six autres épisodes précédemment: Life, Liberation and the Pursuit of Death (saison 3), An Unfair Trade, I Was Happy Where I Was (saison 4), Laid Off, Once More from Birdland, Letters of Death (saison 5).

o Le titre français fait référence à Jocelyn Mayfair, qui porte une perruque brune.

o McNeil cite Sam Spade. C’est un personnage de fiction créé par Dashiell Hammett pour le roman Le faucon maltais paru en 1930 dans la revue populaire Black Mask. Le personnage a été plusieurs fois interprété à l'écran, notamment par Humphrey Bogart.

Retour à l'index


12. TOUCHÉ COULÉ
(I COULD KILL MY WIFE'S LAWYER)

Un jeune inspecteur est confronté à un avocat véreux engagé par sa femme pour la procédure de divorce.

L'inspecteur Richie Centorini est confronté à l'avocat de sa femme Sally, Everett C. Coughlin, qui exige de lui une pension alimentaire astronomique à l'occasion du divorce du couple. Coughlin engage Kettle afin qu'il mette le feu au bateau du policier, pour que celui-ci honore sa dette en se servant de la prime d'assurance. Aidé par l'inspecteur retraité Larry Morton, Centorini est inquiété après la mort du pyromane dans l'explosion et la découverte d’un chèque compromettant. Kojak lui demande de prouver que Coughlin a engagé un incendiaire pour le nuire. Morton emploie alors des moyens peu orthodoxes pour faire tomber Coughlin.

Une histoire qui n’aurait pas eu sa place lors des quatre premières saisons, mais elle n’est pas complètement ratée. Certes, la première scène du bateau fait plus penser à une séquence de La croisière s’amuse qu’à un passage de la série au flic à la sucette. Néanmoins, on revient dans le sujet peu après ;  la planque et l’arrestation d’un dealer dans le couloir d’un hôtel. C’est bien foutu et digne des grands épisodes. La confrontation Richie/Coughlin est intéressante, surtout à cause de la perversité de l’homme de loi pourri, très bien interprété par David Ladd. Par contre, il y a certains points friables dans le scénario – un constat récurrent de cette ultime saison. Ainsi, la jolie épouse de Richie est un tantinet naïve et la scène de jalousie au precinct rentre dans la catégorie ‘ridicule’. Et que dire des retrouvailles du couple sur la jetée. L’enquête sera conclue par la découverte de la serveuse, témoin de l’entrevue entre l’avoué et l’incendiaire.

Toute l’équipe de Manhattan South veut coincer Coughlin et Larry Morton, le collègue de Richie fraichement retraité, est de la partie (avec beaucoup trop de liberté de manœuvre pour être crédible). Kojak/Savalas est en retrait dans une affaire qui navigue constamment entre le domaine privé et l’enquête policière. Néanmoins, le lieutenant amène magistralement l’avoué à se procurer un alibi compromettant dans une des deux scènes communes. Quelques bons passages permettent de ne pas s’ennuyer, mais l’histoire ne fait pas partie des meilleures de la série, loin s’en faut.

‘You are finished Coughlin and I love it.’

o Lieu de tournage : Long Beach Harbor en Californie.

o Kojak fait allusion à la série The Twilight Zone /La quatrième dimension, lorsqu’il demande à Rizzo pourquoi le bureau est déserté : ‘What’s this ?  The Twilight Zone ? Where is everybody?’

o Lors de la surveillance de l’hôtel, remarquez les coups d’œil que lance Crocker/Kevin Dobson sur les jambes des passantes. Un trait du personnage ou une habitude de l’acteur ? En tout cas, cela rappelle une scène de l’épisode Unwanted Partners, de la seconde saison.

o Kojak fait sa réunion chez Stella, un bar fréquemment utilisé par le lieutenant pour ses rendez-vous lors de cette cinquième saison.

o David Ladd (1947), Everett Coughlin, est le fils du grand Alan Ladd. D’ailleurs, enfant, il fit quelques apparitions dans les films de son père.

o Joey Aresco (1949), Richie Centorini , a joué dans Requiem for a Cop de la première saison.

o Shera Danese (1949), Sally Centorini, fut la seconde épouse de Peter Falk, jusqu’au décès de l’acteur en 2011. Elle commença sa carrière en 1976 et joua dans quelques séries…dont six épisodes de Columbo.

o Misty Rowe (1952), Nadine, fut Miss Mini Skirt 1971, Miss Wahini Bikini, Miss Radiant Radish. Que du bonheur! Dans sa longue et unique scène, Nadine est la gérante d’un salon de massages et elle apparaît en short blanc bien moulé pour répondre aux questions de Morton qui lui demande de fournir un faux témoignage. 

o Larry Morton déboule dans le bureau de Coughlin pour procéder à une ‘citizen’s arrest’ [arrestation citoyenne]. La «citizen arrest» est un concept hérité du droit anglo-saxon qui remonte au Moyen-âge. Aux Etats-Unis, la loi varie d'un Etat à l'autre.

Retour à l'index


13. LE CHEVAL DE TROIE
(JUSTICE FOR ALL)

Alors que le lieutenant envisage d’accepter un poste d’enquêteur dans un grand cabinet d’avocats, une série de meurtres à East Village, liés à de la drogue surdosée, monopolise son attention.

Francis Sonny Canavier, un maquereau dealer, est responsable involontairement de la mort de sept personnes, toutes victimes d’un mélange d’héroïne mal dosé. Les cinq premiers décès sont ceux de prostituées, dont une connue de Kojak qui l’avait ramassée alors qu’elle était âgée d’une douzaine d’années. Pressées par des coupes budgétaires, les huiles de la police réagissent seulement lorsque deux jolies jeunes filles de bonne famille succombent à leur tour à ce poison. Le lieutenant n’apprécie pas du tout cette différenciation et envisage de quitter la police pour rejoindre le prestigieux cabinet de Thomas DeHaven, un avocat influent. L’arrestation de Canavier, reconnu par Stavros sur un portrait-robot, met en lumière les ramifications puissantes du réseau. Les fournisseurs Christopher Wyatt et Billy Spender dépêchent un avocat mais le deal proposé pousse Canavier à se pendre dans les toilettes du precinct. C’est au tour de Billy d’être arrêté et celui-ci accepte le même marché : endosser la responsabilité, passer quelques années en prison et toucher le pactole. Le lieutenant Kojak n’est pas dupe et il s’acharne à démêler les responsabilités. Wyatt, dont le père est très influent, est défendu par Thomas DeHaven. Kojak veut que la même justice soit appliquée pour tous et entend le démontrer au procès (la dernière séquence dans le bureau de l’avoué est superbe).

Justice for All possède certains aspects des premiers épisodes de la série. Kojak est outré de la réaction amorale des autorités qui ne se soucient pas de la mort d’enfants junkies victimes de ‘hot smack’ et ce dégoût l’incite à étudier la possibilité de quitter les forces de l’ordre. Lorsqu’il se rend compte des agissements de l’homme de loi DeHaven, qui a décidé à tout prix de sauver le fils de son riche client, le lieutenant réalise que son poste au precinct  lui donne entière satisfaction, bien que celui-ci soit moins prestigieux et rémunéré plus chichement.

La justice à deux vitesses, selon que des riches ou des faibles sont concernés, est un thème toujours d’actualité, que cela soit aux Etats-Unis ou chez nous. L’intrigue montre les rouages d’un système implacable dans lequel l’avoué respecté et l’Assistant District Attorney agissent de concert pour étouffer l’affaire et la responsabilité de personnes respectables. Par cet aspect, l’épisode va plus loin qu’un simple surdosage de drogue comme le narre aussi Poisoned Snow des Rues de San Francisco. Parmi les passages intéressants, notons la poursuite et l’arrestation de Sonny sur les toits et, bien entendu, le face-à-face final Kojak/DeHaven. Les répliques restent toujours un atout tandis que le thème musical est par contre inapproprié et exaspérant.

‘Good for you because that isn’t my idea of law and that isn’t my idea of justice.’

o C’est le premier épisode diffusé en 1978 (le 7 janvier sur CBS).

 

o Scènes tournées en Californie: les voitures de police prennent en chasse Sonny et la poursuite Crocker/Sonny sur les toits. 

o Charles Aidman (1925-1993), Tom DeHaven, fut le partenaire de Robert Conrad dans quatre épisodes des Mystères de l'Ouest. Il a joué dans deux épisodes des Rues de San Francisco : The Unicorn, Most Likely to Succeed.

o George Wyner (1945), Assistant DA Linnick, est également Assistant District Attorney dans la série Capitaine Furillo de 1982 à 1989.


o Le scénariste Michael Kozoll est le créateur (et producteur) de Capitaine Furillo, ainsi que de Rambo !


o Lors du déjeuner avec le lieutenant, Tom DeHaven fait référence à des enquêtes antérieures : The Marcus-Nelson Murders (téléfilm), The Azure Dee Case (l’épisode Elegy in an Asphalt Graveyard) et The Chinatown Murders.


o Comme très souvent, le titre français ne reflète pas du tout le thème de l’épisode. Ici, c’est simplement une réplique du lieutenant dans l’épilogue qui fait référence au déjeuner avec l’avoué évoqué ci-dessus. 

Retour à l'index


14. LA SOURIS SE RÉVOLTE
(MOUSE)

Un chirurgien pratique des opérations superflues afin de rembourser ses dettes de jeu. Le fils de l'une de ses patientes refuse de lui régler ses honoraires, estimant que le praticien a tué sa mère.

Pour rembourser des dettes de jeu au redoutable bookmaker Billy Dunvalo, le chirurgien Taylor Shane pratique des interventions inutiles et coûteuses sur ses patients. Irvin Abernathy, un expert-comptable dont la mère est décédée au cours d'une de ces opérations, refuse de payer le médecin et brise les genoux de Tod Flynn, venu recouvrer la dette pour Dunvalo. Kojak débrouille l’affaire en s’intéressant à Flynn sur son lit d’hôpital puis il retrouve Abernathy grâce à des empreintes laissées sur une Rolls Royce de collection. Finalement, il fait le lien entre Shane et Dunvalo. Compatissant, le lieutenant commet des irrégularités de procédure pour que l’homme ne soit pas inquiété et relâché immédiatement ; entre autres,  il enfreint sciemment les droits Miranda.

Une histoire gentillette, bien interprétée et filmée intelligemment ; toutefois, le scénario est terne et en aucun cas représentatif de la série. Un tel épisode serait noté un cran au-dessus pour n’importe quelle série banale, mais Kojak nous a habitués à tellement mieux que le téléspectateur a tendance à faire la fine bouche devant un plat ordinaire et une intrigue quelconque. Irvin Abernathy est ‘Mouse’, une personne calme et inoffensive, que la vie a rendue craintif et même poltron. Il n’avait aucune attache à part sa mère et il devient vraiment furieux pour la première fois de sa vie quand le docteur Shane lui présente sa note. Il surprend les racketeurs et Flynn, honteux, ment sur l’aspect de son agresseur. Pourtant, la charmante femme témoin de l’incident a fourni une description détaillée de l’assaillant à la police. 

Le cliché du gentil blanc et du méchant noir serait immédiatement vilipendé de nos jours mais ça fonctionne dans l’épisode, même si la séquence de rébellion sur le trottoir parait complètement improbable. On a une scène qui m’a rappelé le sinistre Emily des New Avengers : quand les garagistes sont sur le point de laver la vieille guimbarde, Crocker surgit, arme au poing : ’Freeze’ et il est arrosé. A part ça, je rassure l’éventuel téléspectateur car l’épisode est un divertissement correct, malgré une intrigue simpliste et des passages longuets à l’hôpital. La meilleure scène se situe lorsque Kojak interroge Abernathy et que ce dernier sort de ses gongs.

‘We’d like you to look at some portraits of mice who have been discovered in the cheese’.

o Kojak évoque le formulaire UF61 avec le policier en uniforme à l’hôpital. C’est authentique : le formulaire Uniformed Force 61 est un rapport de plainte. Flynn déclare que c’est un accident, il n’y a donc pas de possibilité de remplir un formulaire UF61 !

o Le bref passage de l’arrivée de Kojak en voiture à l’hôpital est recyclé.

o Le numéro de téléphone du bureau que Kojak écrit sur le plâtre de Flynn est : 555-3861.

o Comme souvent, c’est la doublure de Telly Savalas qui gare la Buick devant le precinct.

o ‘Mouse’ est bien entendu une souris en anglais, mais c’est aussi une personne calme et timide qui ne veut pas se faire remarquer. Evidemment, le titre français est encore une fois à côté de la plaque.

o Harvey S. Laidman (1942) fut accepté dans le programme Directors Guild of America Producer Trainee et il travailla à Universal sur les séries Bonanza et Chaparral. Il réalisa de nombreux épisodes de séries des années 80. C’est le seul épisode de Kojak auquel il participa.

o Le seul épisode écrit par Art Eisenson, ce qui explique l’intrigue pâlotte pour la série.

o Ben Piazza (1933-1991), Abernathy, était membre de l’Actor’s Studio et il commença sa carrière aux cotés de Gary Cooper dans La colline des potences. Bisexuel, il mourut du sida.

o Lincoln Kilpatrick (1931-2004), Flynn, est un visage connu du cinéma américain des années 70 : un officier de police (Police sur la ville), Zachary (Le survivant), le prêtre (Soleil vert)… Il est aussi le lieutenant Michael Hoyt dans 44 épisodes de Matt Houston

o Michael Witney (1931-1983), Billy Dunvalo, fut marié à Twiggy, le célèbre mannequin anglais, jusqu’à son décès d’une crise cardiaque. 

o Bill Capizzi (1937-2007), est pour la quatrième et dernière fois de la saison le médecin légiste.

o Dunvalo interpelle Rizzo en l’appelant Rossi à l’hôpital. Peut-être une référence aux Incorruptibles ; Rossi est en effet un des lieutenants de Ness.

o Lors de l’échange téléphonique, Kojak utilise ‘trunk’ et le propriétaire de la voiture de collection ‘boot’. Les deux termes signifient ‘coffre’ (d’une voiture), le premier est américain et le second britannique.

o La réplique de l’épisode est pour le lieutenant: ‘Shane is booking surgeries like a fading hooker in a certain place is booking tricks’. [Shane négocie ses opérations comme une pute sur le déclin dans certains lieux négocie avec ses clients].

o Dans une superbe séquence, l’assistante du District Attorney vient au precinct rappeler aux inspecteurs l’importance des lois Escobedo et Miranda (voir ci-dessous).  Lorsqu’elles ne sont pas respectées, l’enquête est sabordée. Ces termes sont inconnus pour les téléspectateurs français (je ne sais d’ailleurs pas comment cela a été traduit). Une partie de l’épisode est basée sur ces lois car Kojak ne les applique pas sciemment pour qu’Abernathy ne soit pas inquiété. Comme dit McNeil, Kojak utilise la loi contre la justice. 

o Les droits Miranda (Miranda rights) et l'avertissement Miranda (Miranda warning) sont des notions de la procédure pénale aux États-Unis dégagées par la Cour suprême des États-Unis en 1966 dans l’affaire Miranda v. Arizona. Ces droits se manifestent par la prononciation d’un avertissement lors de l’arrestation d'un individu, lui signifiant notamment son droit à garder le silence et le droit de bénéficier d’un avocat. Le recours systématique à cet avertissement par la police et sa portée symbolique font que sa présence dans de nombreux films et téléfilms américains ont contribué à sa diffusion mondiale et à sa notoriété (source : wikipedia).

o Escobedo v. Illinois (1964) est une loi de la Cour suprême des Etats-Unis statuant que les suspects ont droit à un avocat pendant les interrogatoires de police dans le cadre du Sixième amendement. Danny Escobedo a été arrêté et emmené au poste de police pour interrogatoire. Pendant plusieurs heures, la police a refusé ses demandes répétées de voir son avocat et il n'a pas été averti de son droit de garder le silence avant l'interrogatoire.

o Dans la dernière scène, Kojak emprunte la citation du poète anglais Alexander Pope (1688-1744) : “To err is human, to forgive divine.” [L’erreur est humaine, le pardon est divin].

Retour à l'index


15. CORRUPTION À HAUT NIVEAU
(CHAIN OF CUSTODY)

Kojak est suspendu après s’être emporté contre un district attorney qui a commis une erreur lourde de conséquences dans la procédure d’inculpation d’un criminel. Le lieutenant s’aperçoit rapidement que la bévue n’était pas fortuite.

Charlie Gerson, un ami de Kojak, refuse de se soumettre au racket d’un truand et il est abattu dans son atelier de confection. Personne ne témoigne mais l’enquête semble bouclée car le criminel est arrêté après avoir dérobé un cab et l’arme du crime est saisie. Malgré les conseils du lieutenant, Turner, le district attorney, s’empresse de porter l’affaire au tribunal, mais il commet des erreurs dans la procédure d'inculpation concernant l’arme. Cela permet la libération du meurtrier, Joe Hennessey, fils d’un gangster influent, ce qui met Kojak hors de lui. Il hurle tellement l’incompétence de Turner qu'il est démis de ses fonctions. De surcroit, il refuse de s’excuser auprès du D.A. comme il lui est exigé. Désobéissant aux ordres, il continue à mener ses investigations et il apprend que Turner a souvent failli lorsque des amis d’Hennessey étaient impliqués. Le policier part du principe que le juge Miller qui a chapeauté l’affaire est également partie prenante. Le duo est corrompu par le gangster et Kojak les place sur écoutes pour les confondre.

Les vieilles ficelles qui ont assuré le succès de la série sont réutilisées dans cet épisode tardif.  Certes, le thème n’est pas nouveau et il a même des parallèles avec Justice for All, diffusé trois semaines plus tôt aux USA, mais l’intrigue présente les caractéristiques d’un épisode réussi. Le suspense est bien préservé car Hogan/Turner est convaincant dans le rôle du district attorney impulsif et Allan Rich est un parfait juge Miller. L’histoire est scindée en deux parties bien distinctes. Lors de la seconde, Savalas/Kojak est poussé dans ses retranchements par ses supérieurs  et c’est là qu’il est au mieux. Ici, il refuse de s’excuser, de se coucher à plat ventre après avoir formulé une vérité, comme à l’époque certains devaient le faire et aujourd’hui, c’est devenu monnaie courante.

C’est un bon récit bien élaboré à l’interprétation convaincante qui part du meurtre d’un fabricant de vêtements et aboutit à une malversation dans les instances juridiques. Peu d’action et les meilleurs passages sont la poursuite du début et la partie de poker qui reste en mémoire. Kojak arrive dans la pièce où les trois amis du défunt jouent aux cartes pour ‘leur sauver la vie’ et les convaincre de témoigner contre le tueur. Devant leur mutisme, il s’adresse à la chaise vide qu’occupait Charlie: ‘Charlie, you see your friends are still playing poker for their lives and they’re all bluffing’.  La dernière scène tend à démontrer que toute la justice est corrompue d’une façon ou d’une autre : alors que le juge Walter Cleary apparaît comme le grand bénéficiaire de l’enquête, le lieutenant lui rappelle qu’il l’a mis sur la piste de Turner et Miller, non pas pour son amour de la justice, mais pour ses ambitions personnelles. Deux points négatifs cependant, comment est-il possible qu’un truand puisse venir provoquer impunément Kojak dans le precinct ? Et puis une fin qui laisse sur sa faim. Ok, l’attorney et le juge sont coincés, mais on n’a pas le plaisir de voir le lieutenant rendre la monnaie de sa pièce à l’infâme Hennessey.

‘Charlie, I give protection for people I don’t like, let me do it for a buddy, okay’.

o C’est le neuvième et dernier épisode réalisé par Russ Mayberry (1925 à Glasgow-2012). Il a réalisé Slay Ride, Two-Four-Six for Two Hundred (saison 2), My Brother, My Enemy, Sweeter Than Life, Be Careful What You Pray For (saison 3), A Need to Know, The Godson (saison 4) et I Could Kill My Wife’s Lawyer (saison 5). Il a travaillé sur de nombreuses autres séries dont Le virginien (3 ép.), L'homme de fer (11), Un shérif à New York (7), Magnum (12), Equalizer (12), In the Heat of the Night (18)…

o Chester Krumholz, le scénariste, a travaillé sur la série pour les deux dernières saisons en tant que scénariste, consultant et producteur pour 37  épisodes.

o Jack Hogan (1929), Tom Turner, était le directeur de casting de Magnum à Hawaii.

o Madison Arnold (1936), Joe Hennessey, est Harry Dubin, encore un truand, dans The Frame (saison 3). Il est Zimmerman  dans L’évadé d’Alcatraz (1979 de Don Siegel avec Clint Eastwood).

o Allan Rich (1926), le juge Miller, a participé à l’ouverture de la troisième saison, A Question of Answers. Il a côtoyé les plus grands comme Edward G. Robinson et Henry Fonda avant d’être mis sur la liste de McCarthy. Après avoir été courtier, il s’intéressa à l’art et connut Dali. Il relança sa carrière d’acteur en 1973 avec Serpico. Il tournait toujours en 2013,  à 87 ans.

o Nick Dennis (1904-1980) a joué dans neuf épisodes de la série dont six fois le rôle de l'oncle Constantine et trois fois, comme ici, celui de Charlie.  Il parlait couramment le grec.

o Charlie Gerson, la victime et ami du lieutenant, a des clients parmi le precinct et il demande à Crocker si son costume lui convient. Le policier répond qu’il plait aux dames.

o La poursuite entre le cab et la voiture de police a des passages recyclés de Black Thornde la quatrième saison. Lors de la poursuite et au moment où la voiture de police bloque le taxi jaune, il est très net qu’il n’y a qu’un seul policier dans le véhicule. Pour l’arrestation, il y en a de nouveau deux. Dans ces conditions, l’argument de l’avocat concernant l’arme restée sans surveillance a encore plus de saveur ! ‘The chain of custody was clearly broken’. De plus, en prêtant attention, on aperçoit Rosey Grier, acteur noir, conduire le cab, alors que le gangster en fuite est blanc !

o L’emballage du cigare permet au lieutenant de remonter au courtier de Turner et de comprendre qu’il est corrompu.

o Kojak ne s’excuse pas auprès de Turner et compare son action à un adultère dans des termes toujours bien choisis : ‘it’s like a wife putting a horn on her husband. No matter how she apologizes, he never forgets or forgives’. Excellent!

o Le restaurant Stellas sert de rendez-vous au lieutenant comme c’est souvent le cas dans les moments difficiles. Dans l’épisode, Kojak s’entretient avec l’assistante du DA, Lakos. 

Retour à l'index


16. LA FEMME DU FRÈRE DU CAPITAINE
(THE CAPTAIN'S BROTHER'S WIFE)

La veuve du frère du capitaine McNeil est une joueuse invétérée et elle doit une grosse somme d’argent à des bookmakers. Dérangé dans son travail, le lieutenant  essaie néanmoins de camoufler à son supérieur les écarts de sa belle-sœur.


Kojak doit s’occuper des déboires d'Evelyn McNeil, qui fait des chèques en bois et a arnaqué des bookmakers.
Le jeu est devenu son unique but dans la vie et cela la pousse à mentir jusqu’à mettre Kojak en difficulté. La femme, jamais à court d’excuses, compte à chaque fois sur le lieutenant pour la sortir d’un mauvais pas et même pour lui trouver du travail. Elle profite de sa place dans un cabinet de courtage pour passer des paris et accumuler une dette conséquente à des gangsters. Ces derniers la kidnappent, mais rien n’y fait. Parallèlement, Stavros et Rizzo assurent la protection du comptable Charlie Winston, qui doit témoigner contre le meurtrier Larry Arcadia.


Avec ce titre ridicule, je m’attendais à rien de bon mais ce fut pire que prévu. Le personnage d’Evelyn McNeil est un vrai boulet (interprété par Shelley Winters, qui n’est pas un canon). Tout tourne autour de cette femme lourdingue à la voix désagréable et on invite plus d’une fois le lieutenant à lui botter le derrière ! Au lieu de cela, il rembourse par exemple les 300 dollars de la montre. Il n’y a pas d’intrigue dans cette comédie légère sans intérêt, l’interprétation est pauvre et on regarde souvent l’horloge. Même l’histoire du témoin sous surveillance ne relève pas le niveau : il échappe aux policiers car il a peur de représailles sur son…chien !

 

‘Posing as a dog lover but before 72 hours, we’re going to nail him for eating dog biscuits’.


o Lieu de tournage : la bijouterie Mission Jewelry se trouve à Los Angeles.


o Ce n’est pas Shelley Winters qui traverse la rue devant la camionnette dans la première séquence. La doublure est bien plus fine.


o Une des répliques de Savalas/Kojak qui permet d’avoir quelques bons moments dans l’épisode. Lorsque le bijoutier lui présente un plateau de bracelets pour montre : ‘Eighteen dollars and fifty cents’, le lieutenant répond : ‘What ! For the whole tray ?’.


o Rizzo est en planque avec Winston dans une chambre d’hôtel. Le policier joue au Pong, officiellement le premier des jeux vidéo commercialisés auprès du grand public.

o McNeil parle à sa femme au téléphone. Lillian McNeil est apparue une seule fois à l’écran sous les traits de Jean Le Bouvier (1920-1983) dans l’épisode The Trade-Off de la seconde saison.

o Shelley Winters (1920-2006), Evelyn McNeil, a commencé sa carrière en 1943 et sa fiche est longue comme le bras. Parmi ses rôles marquants (ceux dont je me souviens), notons les films La nuit du chasseur, Détective privé, Les aventures de Nick Carter (téléfilm avec Robert Conrad), L’aventure du Poséidon.

o Herb Edelman (1933-1996), Jack, est Toza Stefanovic dans The Pride and the Princess de la quatrième saison. Il a commencé sa carrière en 1964 et on a pu le voir dans Annie, agent très spécial, Mission impossible, L’homme de fer, Les rues de San Francisco (Mask of Death et The Twenty-Four Karat Plague). Il tourna dans de nombreuses autres séries dont, peu avant son décès, dix épisodes d'Arabesque dans le rôle du lieutenant Gelber.

o Frank Sivero (1952), Morgan, est né en Sicile et il est connu pour ses participations aux films Le parrain, seconde partie, et Les affranchis

Retour à l'index


17. LE TUEUR D'ÉLITE
(NO LICENSE TO KILL)

Kojak rejoint le 53ième precinct dans le Bronx et fait équipe avec un lieutenant besogneux afin de coincer un tueur professionnel.

‘Le Major’, un tueur à gages qui sévit depuis vingt ans, vient de rater son dernier contrat dans le Bronx.  Quelque chose d’inhabituel pour cet expert. L’assassin se déplace rapidement et il est suspecté d’être à Manhattan. Kojak propose à son collègue du 53ème district, le lieutenant George O'Mara, de l'aider à mettre la main sur ‘le Major’. O’Mara considère qu’il s’agit au contraire d’une affaire banale et que l’offre est intéressée afin de s’octroyer les fruits de cette coopération. Lorsque la requête devient officielle, O'Mara se retire de l'enquête. Kojak essaie de le convaincre  de collaborer avec lui, mais le lieutenant du Bronx, poussé par la jalousie professionnelle, a beaucoup de mal à entendre raison.

Sérieusement critiqué sur plusieurs sites, l’épisode, malgré quelques défauts, présente des aspects attractifs. L’intrigue a une double facette : les relations décrites plus haut entre deux lieutenants de police aux tempéraments et méthodes diamétralement opposés et les péripéties de Paul "Major" Markham, le tueur à gages, qui, avouons-le, ne rentre pas dans le top five des bad boys de la série. C’est sûrement le gros point négatif de cet opus. Engagé par Chok Low, un homme d’affaires véreux, il doit liquider Frank DeMarco, un mauvais payeur. Lorsque Markham échoue, DeMarco prend peur et commence à régler sa dette. Low annule la transaction, mais l’exécuteur se sent insulté et le tue. Le motif du tueur pour poursuivre son contrat est également un peu bancal : il serait énervé de voir DeMarco, personnage vraiment antipathique il est vrai, rudoyer son fils, ce qui lui rappellerait son enfance et lui donnerait une motivation supplémentaire pour terminer son travail.

Les deux policiers unissent finalement leurs efforts pour retrouver le tueur aux 110 victimes (et à l’unique bévue) car Kojak est persuadé que The Major ne peut laisser un contrat inachevé et ternir sa réputation. Le lieutenant a déjà eu affaire à l’individu et il le connaît mieux que son collègue du Bronx. De nombreux passages sont réussis et permettent de passer une heure agréable : le début de l’épisode - la tentative d’assassinat au golf, la fusillade dans le parking et la poursuite en voitures – les rencontres Kojak/O’Mara, particulièrement celle du restaurant avec le truand Vacelli, le rendez-vous mortel du tueur avec Low. Le final dans le quartier de Little Italy est conventionnel mais l’ultime scène ne l’est pas du tout. Kojak charrie O’Mara sur sa conduite avant d’entamer une danse bras dessus bras dessous avec lui. Cocasse.

‘He likes carry-out food, male prostitutes and Russian movies’.

o Lieu de tournage : le terrain de golf où se déroulent l’entame et la tentative de meurtre n’est pas le Bronxwood à New York. C’est celui de Griffith Park, juste à l’extérieur du centre-ville de Los Angeles.

o Dans une scène surprenante, Kojak obtient les services d’un policier noir en uniforme qui parle le coréen par son père qui a participé à la guerre de Corée ! Il apprend au lieutenant que Low a effectivement engagé le tueur pour un contrat.

o Le tueur échappe à la police dans une ruelle lors d’une manœuvre sur deux roues qui rappelle James Bond (Les diamants sont éternels).

o Kenneth McMillan (1932-1989), le lieutenant George O’Mara, est le lieutenant Decker, compromis dans un complot, dans l’excellent épisode double, A Shield for Murder de la quatrième saison.

o Alex Courtney (1940), Frank DeMarco, est le détective Evans dans The Goodluck Bomber de la seconde saison.

o Michael Baseleon (1925-1986), The Major, est aussi un tueur dans Till Death Do Us Part des Rues de San Francisco.

o Evan Kim, Chok Low, est Al Quan dans L’inspecteur Harry est la dernière cible en 1988.


o Ernest Pintoff (1931-2002) réalise ici son dernier des quatre épisodes de la série après A Long Way from Times Square (saison 3), Monkey on a String et Sister Maria (saison 4).  Il gagna un Oscar pour The Critic en 1963. Il a travaillé sur d’autres séries, dont Hawaii, police d’état (cinq épisodes).


o Little Italy (en français « Petite Italie ») est un quartier de l'arrondissement de Manhattan à New York, connu autrefois pour sa forte population d'immigrants italiens. La fête de San Gennaro, du nom du Saint Patron de Naples, est un grand festival de rue organisé chaque année à Little Italy, le long de Mulberry Street. Les festivités durent onze jours, on y trouve des parades, des processions, des attractions diverses dont un concours de mangeurs de pâtes (source : wikipedia).

Retour à l'index


18. TERREUR SUR L'HÔPITAL
(THE HALLS OF TERROR)

Le lieutenant Kojak et ses inspecteurs infiltrent un hôpital  pour mettre la main sur l’assassin de deux employés.

Kojak et son équipe sont sur le qui-vive depuis qu’un médecin et une infirmière ont été étranglés dans un hôpital. Deux meurtres en l’espace d’une semaine, peut-être même trois. Peu après, le docteur Samuel Fine échappe de peu lui aussi à l'assassin. La série semble sans mobile apparent, mais le docteur Ellen Page, une femme dévouée à ses patients psychotiques, a reçu deux appels où l’interlocuteur justifie ses actes (‘Pain for pain, it’s only fair’). L’étrangleur dérangé mentalement ne tue pas au hasard et Kojak avance vers la solution lorsqu’il découvre que les appels téléphoniques sont internes à l’hôpital et qu’il fait recouper les dossiers des praticiens Fine et Page.

Ce whodunit sans beaucoup de punch souligne une fin de série qui s’essouffle. Une intrigue de cet acabit aurait vraisemblablement été prodigieuse dans les premières saisons, alors qu’elle est ici éventée bien avant le final de l’épisode. Il y a néanmoins de bonnes choses qui sont surtout secondaires à l’histoire. L’interrogatoire de l’infirmière Monica Brady dont la jupe extra-courte émoustille Rizzo et Kojak qui remet en place la poitrine factice d’un inspecteur en train de se raser (‘Look like an off-duty nurse ?’). Deux passages du precinct bien que l’essentiel de l’histoire se déroule à l’hôpital. C’est dire…Mais il y a aussi la superbe séquence où Kojak et ses hommes sont en alerte pour découvrir en fait que le bruit suspect en salle d’opération n’était que le début d’une partie de jambes en l’air. Toute l’équipe s’est transférée dans le bâtiment : Saperstein et Crocker en infirmiers et Stavros en technicien de surface. Quant à McNeil, il apparaît au precinct dans les dix dernières minutes. A l’évidence, Dan Frazer devait être en vacances pour ce tournage.

Peu de téléspectateurs n’auront pas deviné avant le dénouement que le fils à sa maman a pété un plomb. On retrouve Zohra Lampert, qui incarnait une tzigane dans l’épisode très controversé, Queen of the Gypsies. Elle est le docteur Page et je n’apprécie pas du tout le jeu surjoué de cette actrice plébiscitée dans les critiques US. Je lui préfère Michael Lerner, qui incarne un médecin attachant à l’humour facile. Il y a de la psychologie à la noix lorsque Page, en charge du secteur psychiatrique, culpabilise car elle est consciente que le coupable est parmi ses patients, et même un peu de romance voire de drague par l’attirance (réciproque) qu’elle a envers le lieutenant. Le petit garçon qui s’est pris d’affection pour Kojak facilite la touche sentimentale car il subit des opérations les unes après les autres et le lieutenant lui prête son badge pour le soutenir (‘solid gold’). Quelle faute de script de le placer dans la même chambre que le psychopathe ! Le début est excellent : la musique jazzy perdue depuis quelques épisodes, la sirène de l’ambulance, le meurtrier à la cordelette entr’aperçu et l’assassinat de l’infirmière. Ensuite, on assiste à des longueurs, des bavardages et la tension décline mais, comme dans le meilleur des mondes, les nurses sont toutes jolies ! A noter la bonne réalisation en caméra subjective qui entretient un petit peu de suspense dans un ensemble très convenu.

 ‘You know what her crime is: she wants to save everyone’.

o Zohra Lampert (1937), Dr Ellen Page, est la gitane Marina Sheldon dans Queen of the Gypsies, saison 2, un rôle pour lequel elle a remporté un Emmy en 1975. Elle a fait quelques apparitions TV remarquées, mais elle n'a pas obtenu de véritable succès au cinéma. On peut citer des rôles dans les séries Des agents très spéciaux, Serpico, Hawaii police d'état, Equalizer, entre autres et au cinéma dans La fièvre dans le sang.

o Charlene Dallas (1947), Monica Brady, dévoile de superbes jambes à Rizzo, subjugué. La belle fut Miss Californie 1966  et première dauphine Miss Amérique 1967. Coté petit ou grand écran par contre…

o Erica Yohn (1930), Mrs Donner, est la mère du rookie dans The Best War in Town, saison 2.

o Ken Kercheval (1935), Lacey, a joué dans quatre épisodes de la série et il est Cliff Barnes dans 332 de Dallas !

o Michael Lerner (1941), Dr Samuel Fine, a commencé sa carrière en 1969 et il a participé à de nombreuses séries dont Les rues de San Francisco et Equalizer.

o Quatrième et dernier épisode réalisé par Edward Abroms.

o Christopher, le petit garçon de l’hôpital, s’est trouvé un ami en la personne de Kojak. Dans une scène pittoresque, il est grimpé sur les épaules du lieutenant avec son stetson sur la tête. ‘What are you doing up there?’ ‘Counting the freckles on your head’. Il est vrai que l’acteur a beaucoup plus de taches de vieillesse sur le crâne qu’au début du tournage de la série cinq ans plus tôt.

o Kojak précise au docteur Fine que le mot ‘anesthésie’ provient du grec. La scène est tournée en extérieur alors qu’il commence à pleuvoir.

o Le conseil de Kojak à Ellen Page pour prendre de la distance: ‘Take the bottle, get yourself smashed, call your boyfriend and… like that’

o Kojak à Crocker, après avoir découvert le couple dans la salle d’opération : ‘You never played doctor when you were a kid ?’. 

Retour à l'index


19. QUE LE CHEVAL SOIT AVEC NOUS
(MAY THE HORSE BE WITH YOU)

Kojak enquête pour retrouver une pouliche pleine convoitée par des truands qui veulent vendre son poulain au plus offrant.

Une jument de la police a été volée et son palefrenier, Fogarty, sérieusement blessé. Kojak découvre que le policier retraité envisageait de faire concourir l’animal pour gagner de l'argent avec ses comparses Arnie, Millie et Stacy. Le truand Ferarro a fait enlever la jument par Bert Gaines, le petit-ami de Stacy, et celui-ci monte les enchères lorsqu’il apprend que la pouliche est pleine.

Il est inutile de s’appesantir sur l’intrigue affligeante, qui ne fait pas honneur à la série. De toute façon, les histoires de bourrins disparus n’ont jamais engendré d’épisodes somptueux, à l’instar de Silver Blaze (Sherlock Holmes). Les premières notes de musique annoncent une farce, très bon enfant et  sans grand intérêt et il faut concentrer son attention sur quelques scènes ; la meilleure est l’entrevue du lieutenant avec Shirley, une sorte d’indic, qui joue l’allumeuse nunuche prête à tout. Elle réussit même à voler un baiser au policier après des propos sans équivoque, qui laissent supposer une brève liaison passée (‘Well, hardly anywhere’). C’est à 20’ si vous ne voulez pas vous taper tout le reste.

Comme je l’ai déjà évoqué plus tôt dans la saison, Kojak/Savalas les tombe toutes lors de cet ultime opus, et dans cette aventure simplette, quatre jolies femmes, rien de moins, sont à sa disposition. Ah, j’allais oublier le chapeau de Crocker et les deux poursuites du final façon Benny Hill sur une musique country, qui donnent une touche définitive de niaiserie à l’ensemble. A voir pour dire qu’on a vu toute la série. Notons enfin deux scénettes cocasses : Stavros arrose ses plantes sans modération et Crocker hurle ‘Kojak’ pour savoir ce que cela donne ; un clin d’œil aux nombreux ‘Crocker’ du lieutenant, une caractéristique du programme.

‘It sounds like music to my ears’.

o Mary Louise Weller (1946), Stacy, fut mannequin et elle fit ses débuts au cinéma  dans Serpico en 1973 avec Al Pacino. Elle connut la célébrité avec American College en 1978. Elle est apparue dans les séries Quincy, Starsky & Hutch, Baretta entre autres. Elle élève des chevaux, sa passion comme dans l’épisode, en Californie.

o Sally Kirkland (1941), Shirley, a joué dans deux autres épisodes de la série : Cop in a Cage (saison 1) et By Silence Betrayed (saison 4). Elle tourne depuis 1960 ; parmi ses nombreux films, notons L’arnaque, Le solitaire de Fort Humboldt, JFK.

o Richard Foronjy (1937), Ferarro, a joué dans Sweeter Than Life (saison 3). Au cinéma, ses rôles marquants sont dans les films Il était une fois en Amérique et L’impasse.

o Benny Baker (1907-1994), Fogarty, jouait déjà dans des films burlesques dans les années 20 !

o Roz Kelly, Millie (1943), a joué dans Out of the Shadows de la quatrième saison. Elle fut arrêtée pour avoir tiré sur des voitures et ses voisins après qu’une alarme l’a réveillée dans la nuit. Peu après, elle fut de nouveau appréhendée après avoir battu son ami avec une canne !

o Tristan Carrasco, aujourd’hui une actrice de Broadway, apparaît enfant dans l’épisode. Dans les années 70, son visage était souvent utilisé dans les publicités.

o Charles S. Dubin (1919-2011), le réalisateur, est un nom familier pour les amateurs de séries. Il a œuvré pendant 35 ans et on lui doit un grand nombre d'épisodes de séries variées dont MASH (44 épisodes). Parmi les séries connues chez nous, il a débuté sur Tarzan en 1966 puis des séries western, La Grande Vallée (3 ép.) et Le virginien (8). Dans les années 70, il travailla principalement sur des séries policières : Cannon (4), L'homme de fer (9) mais surtout Hawaii, police d'état (24) et Kojak (14 épisodes).

o Rift Fournier (1936-2013) a également écrit l’histoire de The Captain’s Brother’s Wife réussissant l’exploit de concocter les scénarios des deux plus mauvais épisodes de la saison !

o New York Chronicle est un journal fictif.

o L’épisode fut filmé à Hollywood Park Racetrack à Los Angeles. 

o Il y a des allusions à deux acteurs de renom de l’époque, John Wayne (1907-1979) et Steve McQueen (1930-1980). Elliott Myles à Kojak: ‘When you stop chasing around like John Wayne after some missing race horse…’

o Kojak a secouru Stacy à 10 ans, lorsque son père la battait, et à 15, lorsqu’il voulait la mettre sur le trottoir. Stacy: ‘Theo, I love you’.

o Kojak à Harriett (Jill Jaress), l’amie de Shirley, qui le drague ouvertement: ‘I’m overweight, I’m middle-aged, I work too hard and I get very tired very often’.

o Jeu de mots sur le titre avec "May the force be with you." de Star Wars

Retour à l'index


20. JOE PAXTON, PHOTOGRAPHE
(PHOTO MUST CREDIT JOE PAXTON)

Un paparazzi vieillissant et une actrice sur le déclin finissent par se lier d’amitié, mais le vol des (faux) bijoux de l’artiste va dramatiser la situation.

Depuis douze ans, l'actrice Diane Marco est poursuivie comme son ombre par le paparazzi Joseph Paxton. Alors qu’ils se réconcilient, apprennent à s’estimer et se projettent dans l’avenir, la comédienne est blessée par Roger Layton, le compagnon de sa sœur June. Layton s’empare de bijoux qu’il compte monnayer avec un fourgue. D’abord soupçonné et emprisonné, Paxton, en fait un paparazzi devenu romantique, mène l’enquête et s'interpose alors que le voleur s’aperçoit que les bijoux sont faux.

Une histoire de fin de série mais, contrairement à la précédente, elle tient la route et l’interprétation est convaincante. Le faux kidnapping de l’ancienne actrice à l’aéroport est ingénieux, et la présence d’Andrew Robinson, dans le rôle de l’ami de la sœur candide, laisse envisager un coup tordu. Kojak n’est pas directement impliqué et il faut l’intervention d’un ancien indic, Bijou Butler, pour le mettre dans le jeu. Le lieutenant est encore confronté à une affaire mineure – la prévention d’un vol – comparé aux nombreux meurtres résolus lors d’enquêtes somptueuses de la série. C’est la découverte sur les lieux d’un révolver ayant déjà servi qui inquiète le policier.  La (trop) longue entrevue de l’ex-comédienne avec le journaliste – le passage complet dure sept minutes - explique l’engrenage du milieu, la nécessité réciproque d’une actrice perdue de vue, qui a besoin de publicité, et d’un reporter spécialisé avide de sensationnel pour s’en sortir. Une sorte d’équipe secrète est le plan envisagé par les deux protagonistes.

Certains peuvent penser que trois points pour cet épisode, c’est (trop) bien payé et, certes, il aurait peut-être été un cran plus bas au milieu de perles comme lors de la première saison, mais l’originalité de l’intrigue, l’interprétation et le final dramatique imprévu justifient ce choix. De plus, la succession d’articles de presse accompagnés d’images fixes en noir & blanc au début et à la fin permet de connaître l’amont et l’aval de l’histoire avec ingéniosité, même si la distribution d’après générique est de ce fait exceptionnellement longue. Un très bon divertissement et sûrement la dernière étincelle de la série. Le petit plus jubilatoire est les premières images montrant la Tour Eiffel et l’aéroport d’Orly sur une superbe chanson. C’est bref, mais Paris est montré dans Kojak !

 ‘It’s a little late for an apology but I’m sorry’

o Antoinette Bower (1932), Diane Marco, a commencé sa carrière en 1959 et elle a participé à plusieurs séries de renom : Alfred Hitchcock présente,  La quatrième dimension, Des agents très spéciaux, Les mystères de l’Ouest, Le fugitif, Les envahisseurs, Mannix, Mission impossible, Columbo

o Tige Andrews (1920-2007), Paxton, a participé à d’autres épisodes de la série : The Chinatown Murders (saison 2), et surtout Deadly Innocence (saison 3).

o Andrew Robinson (1942), Roger Layton, est Leon, un tueur psychopathe, dans I Want to Report a Dream (saison 2).  C’est ce genre de rôle qui l’a fait connaître dans Dirty Harry en 1971. Il a participé également à d'autres séries policières - L'homme de fer, Les rues de San Francisco (deux épisodes) mais surtout, dans un autre genre,  Star Trek où il est Garak dans 37 épisodes.

o Denyce Liston, June la sœur de Diane, est la femme témoin que Kojak interroge juste après le triple assassinat dans Sister Maria (saison 4) mais surtout la call-girl Azure Dee dans le superbe Elegy in an Asphalt Graveyard de la seconde saison. A part ces trois apparitions, elle n’a joué que dans deux autres séries : Starsky & Hutch, Rosetti and Ryan.

o Qui est Lou, le policier que Rizzo laisse avec Paxton? C’est la seule apparition du personnage dans la série. Le rôle est tenu par Wally Rose, le plus vieux cascadeur en activité, jusqu’à son décès à près de 90 ans en 2000.

o Jim Benson n’a réalisé que deux épisodes de la série (également Justice for All), mais il fut editor sur 17.

o Le Concorde à l’honneur : lors de son appel téléphonique, Paxton dit avoir embarqué juste après Diane Marco mais, en empruntant le Concorde, il est à l’aéroport Kennedy deux heures avant l’ex-actrice.

o Stellas est le restaurant de rendez-vous pour Kojak ; ici avec McNeil puis Saperstein, qui apporte le révolver trouvé.

o Un échange pittoresque entre les frères Savalas. Kojak: ‘What stinks?’ Stavros: ‘Sauerkraut’ Kojak: ‘I thought it was your after-shave lotion’.

o A l’époque, il n’y avait pas de numérique pour contrôler les photos prises et Paxton a des difficultés à prouver qu’il n’a pas pris de cliché : ‘Still on number one. I didn’t shoot nothing.’ (Ndlr: remarquez la faute d’anglais).

o Kojak se signe au cimetière lors de l’ultime image de l’épisode. 

Retour à l'index


21. KIDNAPPING
(60 MILES TO HELL)

Kojak se rend à Las Vegas pour retrouver Crocker pris en otage alors qu'il assurait le transport d'un dangereux prisonnier vers New York.

Kojak part à Las Vegas tenter de localiser Crocker qui a été enlevé avec un criminel, une imprésario et une jolie jeune femme. Une bande organisée utilise ce kidnapping pour détourner l'attention de la police de Las Vegas, car ils ont projeté de voler un avion et sa cargaison de marijuana.

Que dire….les bras m’en tombent. Je n’avais jamais vu cet épisode. On tombe de haut, car c’est guignolesque. Dès les premières images accompagnées d’une musique style ‘piste aux étoiles’, on a envie que ça se termine. L’air country sur le défilé de jeeps dans le désert du Nevada est du même acabit : ça me fait penser à Sam Cade, une série que j’ai toujours détestée. Crocker et son trio d’infortune sont séquestrés et le détective en profite pour bidouiller à la MacGyver un briquet qui fera des ‘merveilles’ lors du final. Les trois otages sont le truand (que vient faire l’ex-incorruptible Picerni dans cette galère), une jolie blonde qui effectue un numéro de magie topless avec sa sœur jumelle (tout un programme !) et une attachée aux répliques acerbes. C’est à l’occasion de ce genre de scénario qu’on se rend compte du jeu d’acteur limité de Kevin Dobson, dès que son personnage est sorti du precinct. Rien à voir avec l’aisance et la maestria de Michael Douglas dans un rôle équivalent des Rues de San Francisco.

Je pense qu’en fait, Telly Savalas, amateur de jeux et joueur de poker de classe mondiale, voulait avoir la possibilité de faire un petit tour à Vegas avant la fin du tournage. Tout est bancal dans le scénario, que cela soit l’indice des allumettes, les déductions à la noix pour cerner l’identité des kidnappeurs et le final. Il y a deux (petits) attraits  dans cette intrigue ridicule : d’abord, la jolie actrice Priscilla Barnes qui personnifie les deux sœurs et joue par conséquent tantôt avec Crocker/Dobson, tantôt avec Kojak/Savalas. Un vrai canon. Ensuite, la scène où le lieutenant interroge Liberace, qui incarne  son propre rôle. Et quelles tenues ! Un costume à paillettes roses scintillantes et une chemise orange brodée à faire pâlir les folles les plus excentriques de la Gay-Pride !

En conclusion, c’est bien lourd et je vous conseille de ne pas regarder à moins d’avoir déjà tout vu !

‘Saperstein, I’ve got something priceless for your mother’.

o Gene R. Kearney (1930-1979), le scénariste et réalisateur de cette histoire, a participé à 72 épisodes de la série en tant que producteur, scénariste, réalisateur ou ‘story editor’ ! C’est un des deux épisodes qu’il a réalisés (également les deux parties de The Summer of ‘69). 

o Mike Frankovich, Jr. (1942-2007) a participé à l’écriture de l’histoire. C’est une expérience unique, bien qu’il fut ‘unit manager’ sur 42 épisodes de la série (à partir de la seconde saison) et assistant réalisateur sur huit.

o Priscilla Barnes (1955), Sally & Vicki, a débuté sa carrière dans un épisode de Columbo en 1975 (une nurse pas créditée au  générique dans Etat d’esprit). Elle est connue aux USA pour le sitcom Three’s Company. Elle a joué dans le James Bond Licence to Kill. Elle entrecoupait ses petits rôles avec des photos nues dans Penthouse (photo ‘Pet of the Month’) et elle était hôtesse dans un night-club d’Hollywood.

o Liberace (1919-1987) était un pianiste américain de music-hall. Il fut extrêmement médiatisé entre les années 1950 et 1970. À l'époque, il était l'artiste du show-business le mieux rémunéré au monde. Il cultivait une image très kitsch, autant sur scène que dans sa vie privée. Le phénomène Liberace est presque essentiellement nord-américain. En 2011, l'actrice Betty White, amie intime du pianiste, déclare que Liberace était bien homosexuel, ce qu'il a toujours nié de son vivant (ndlr : pourtant, dans l’épisode, c’est flagrant), et qu'elle avait souvent servi de « couverture » pour contrer les rumeurs circulant sur son homosexualité. Il meurt du sida en 1987. Il possédait 13 villas et une fortune estimée à 100 millions de dollars. (Source : wikipedia). En 2013,  Michael Douglas incarne le personnage dans Ma vie avec Liberace.

o Paul Picerni (1922-2011), Vic, est le détective Albert Cohen dans The Betrayal, saison 2. Il est célèbre pour le rôle de l'agent Lee Hobson, l'adjoint d'Eliot Ness, dans 86 épisodes des Incorruptibles, à partir de la seconde saison.

o Jilly Rizzo (1917-1992), le croupier, était un ami de Sinatra et il apparaissait en cameo dans plusieurs films de l’acteur-chanteur. Il tenait restaurant et night-club. Il a un petit rôle, pas crédité au générique, dans The Best Judge Money Can Buy, saison 2. Il est décédé d’un accident de la route le jour de ses 75 ans.

o Priscilla Barnes devait apparaître, de concert avec cet épisode, dans le film Beyond Reason, mis en scène par Telly Savalas. Elle est seulement visible dans quelques plans éloignés dans la version définitive.

o Réapparition du van bleu Ford. Sûrement le même utilisé chaque saison dans différents épisodes.  

Retour à l'index


22. KOJAK SE REBELLE
(IN FULL COMMAND)

Après avoir été évincé de diverses promotions, un capitaine revanchard se saisit d’une affaire pour relancer sa carrière et devenir commissaire.

Surveillé étroitement par Howard Brocore, nouveau chef de la section criminalité, le lieutenant Kojak enquête sur une série de dix meurtres en huit semaines perpétrés apparemment par les hommes de main du truand Greensteen. Sans perspective d'avancement après des embrouilles avec un politicien,  Brocore cherche à faire arrêter Mary Torino, l'informatrice du policier, qui est une prostituée, afin de se replacer aux yeux de la hiérarchie. Quand le lieutenant désobéit à ses ordres pour sauver la vie de l’indicatrice, Brocore se jure de briser la carrière de Kojak même si cela doit bousiller l’enquête et mettre des existences en danger.

C’est une satisfaction de voir la série remise sur les rails lors de cette ultime enquête. Un retour aux fondamentaux bénéfique et indispensable, y compris dans les airs musicaux à la trompette, détail important. Telly Savalas passe pour la cinquième fois derrière la caméra et cela s’en ressent. L’angle de prise au-dessus des protagonistes à la réunion des truands (à 3’) démontre une sophistication, qui était absente depuis quelques épisodes.  Il en est de même pour l’image de Crocker allongé au premier plan et éclairé par les phares d’une voiture ‘vintage’. La musique, la plante de Stavros prénommée Shirley, les répliques cultes (‘Tell me about it’) sont des incontournables de la série qu’on a plaisir de revoir une dernière fois avant la tombée du rideau.

Cette histoire de flics est magistralement retranscrite et elle renvoie aux nombreux grands moments des cinq saisons de l’œuvre. Howard Brocore et son sbire, le chauffeur Simmons (une vraie tête à claques), surveillent Kojak et ses hommes pour notifier les moindres disfonctionnements protocolaires. La frustration du capitaine, même grade que McNeil, est palpable et le côté pointilleux du personnage accentue l’aigreur et le ressentiment. La première scène dépeint déjà le capitaine Brocore : à l’arrière de la voiture, stoïque devant un monitor, il écoute toutes les conversations du precinct. Il s’immisce ensuite dans les investigations et insiste pour accompagner Kojak et voir l’indic (excellent passage : ‘Anything important ?’) puis il investit le bureau de McNeil qui doit partager celui de son lieutenant ! Brocore tente alors de prendre l’enquête en main et de diriger les inspecteurs du commissariat. Le capitaine est en fait un fonctionnaire fini qu’on ne peut mettre à la retraite sans son bon-vouloir et le parachutage dans le precinct n’était qu’un moyen pour ses supérieurs de se débarrasser de lui.

L’enquête pour coincer les gangsters en pleine réunion est secondaire, bien que cela soit la plus grosse prise depuis dix ans aux dires du lieutenant (on ne voit d’ailleurs pas l’autre gang). Le face-à-face Kojak/Brocore est le thème de l’épisode ; une confrontation de méthodes de deux personnages aux carrières opposées. Brocore, capitaine dès l’âge de 30 ans, était un flic prometteur dont l’ambition fut stoppée par un écart sentimental, tandis que Kojak est le lieutenant qui a toujours préféré le travail de rues aux cocktails mondains. Le capitaine n’attache aucune importance aux indics et préfère des arrestations massives et des interrogatoires musclés quel qu’en soit les conséquences. Il y a une excellente réplique lorsque Brocore se demande pourquoi Kojak est toujours lieutenant à la lecture de ses états de service impeccables. La situation de Brocore est dépeinte dans la séquence sordide avec la call-girl. Alors que la superbe jeune femme est prête à s’offrir, Brocore, en uniforme officiel, paye la fille pour qu’elle l’écoute raconter ses déboires professionnels. On assiste à la lente destruction du capitaine aigri jusqu’à la dernière scène d’anthologie des ‘complaint forms’. 

Danny Thomas, inconnu en France, est réputé aux USA pour ses comédies et ses chansons et non des rôles dramatiques comme dans cet épisode. C’est une des critiques majeures des sites américains. Pour nous, Français, on constate seulement une interprétation sensationnelle. Les échanges Kojak/Brocore sont excellents et Thomas fait de l’ombre au reste de la distribution qui est pourtant remarquable. Susan Tyrrell, au destin tragique, est parfaite en prostituée indic, qui a passé un deal avec le lieutenant pour épargner la prison à son fils. L’incorruptible Nicholas Georgiade a malheureusement un rôle trop secondaire en homme de main.

C’est rarissime qu’une longue série se conclut sur un épisode pour lequel une note maximale est accordée. Sur les douze que j’ai chroniquées pour le site, j’ai constaté que le ‘départ’ d’une série se fait le plus souvent dans la douleur. Les autres exceptions sont Les Brigades du Tigre, Sherlock Holmes et Thriller, trois ‘courtes’ œuvres de moins de 50 épisodes. C’est par conséquent avec une grande satisfaction que je termine mes chroniques sériesques pour Le monde des Avengers sur un excellent épisode d’une série policière exceptionnelle. Dans le genre, on n’a pas fait mieux.

‘I know that. What I don’t know is why you waited so long’.

o Le dernier épisode de la série fut diffusé le 18  mars 1978 sur CBS.

o C’est le cinquième épisode réalisé par Telly Savalas. L’acteur était passé derrière la caméra pour The Betrayal, I Want to Report a Dream (saison 2), Over the Water (saison 3) et Kiss It All Goodbye (saison 4).

o Chester Krumholz, le scénariste, a participé à dix épisodes de la série, tous des deux dernières saisons. Il a été nominé pour un Edgar Allan Poe Award pour un épisode de Mannix en 1971.


o Dan Frazer (1921-2011) reprendra le rôle du capitaine Frank McNeil dans L’affaire Belarus en 1985.  Il aura le rôle de Mack McNeil dans un épisode de la série New York section criminelle (sûrement un clin d’œil à la série).


o Kevin Dobson (1943), Crocker, reviendra dans le téléfilm It’s Always Something en 1990, dans le rôle de l’assistant du District Attorney Bobby Crocker.


o Danny Thomas (1912-1991), Howard Brocore, était un acteur et producteur américain, né le 6 janvier 1912 à Deerfield, Michigan (États-Unis) et décédé le 6 février 1991 à Los Angeles (Californie). Il était par ailleurs franc-maçon. Très populaire aux USA pour ses émissions et ses sketchs, il était un ami de Telly Savalas (Source : wikipedia).


o Susan Tyrrell (1945-2012), Mary Torino, a fait ses débuts en 1962. Parmi ses succès, La dernière chance qui lui valut une nomination à l’Academy Award. Elle subit l’amputation des deux jambes suite à une rare maladie du sang au début des années 2000. Elle écrivait, peignait et tournait encore ; son dernier rôle est celui d’une femme piégée dans un trou dans les bois.

 

o Nicholas Georgiade (1933), Gino, est célèbre pour avoir été l’agent fédéral Enrico Rossi dans 113 épisodes des Incorruptibles de 1959 à 1963.


o M.P. Murphy, chief inspector, a joué dans The Goodluck Bomber (saison 2) et Be Careful What You Pray For (saison 3).


o Mark Russell (1933)  fut Saperstein dans 105 épisodes. Il reprendra le rôle dans L’affaire Belarus en 1985.


o Vince Conti fut Rizzo dans 92 épisodes. Il reprendra le rôle dans L’affaire Belarus en 1985. Son véritable métier est photographe, et il n’a rien tourné à part la série.


o Lenny Montana (1926-1992), McCoy, est connu pour le rôle de garde-du-corps de Don Corleone dans Le parrain. Il était lutteur professionnel dans les années 50 et 60.

o Nick Dennis (1904-1980) a joué dans neuf épisodes de la série dont six fois le rôle de l'oncle Constantine et trois fois, comme ici, celui de Charlie.  Il parlait couramment le grec. C’est son dernier rôle.

o Le générique de cette cinquième saison est plus long d’une vingtaine de secondes que l’original. Il est également plus mauvais, difficilement supportable.

o Le repaire des gangsters est dans un garage –classic cars – de voitures de collection.

o Ce dernier épisode fut tourné en hiver au vue de certaines scènes – en particulier, la rencontre de Kojak  avec Mary Torino dans un endroit enneigé.

o Mary Torino semble avoir été, elle aussi, une conquête du lieutenant, si tant est qu’on puisse appeler une prostituée comme cela ; Mary : ‘It used to be so good between us.’, Kojak : ‘Hey, I remember that way.’


o Toujours de l’humour, même dans les épisodes dramatiques. McNeil donne sa tasse de café à Crocker: ‘Do something with that, but don’t drink it’. Et Crocker sent la tasse. Le détective déclare ensuite à un débutant qu’il sera bon un jour.
‘Like Lieutenant Kojak’ et Crocker répond : ‘Hey, baby, better. Like me’. 


o Le café-restaurant Stellas, une caractéristique de cette ultime saison, est de nouveau à l’honneur. Stavros retrouve Kojak pour se plaindre de la directive de Simmons concernant sa plante: ‘Personal property in the squad room is against regulation’.
 


o Brocore demande à Kojak: ’Why are you still lieutenant?’
Dans les cinq films qui constituent la sixième saison, Kojak sera capitaine…

Retour à l'index

Toucher le fond… (Broken - Part 1)