Kojak - Bilan + Bonus Kojak - Saison 1

Kojak

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A PARTAGER! LES GÉNÉRIQUES CULTES DE SÉRIES TV - Kojak (Saison 2)Fan de Kojak? Retrouvez notre dossier complet sur la série par Denis Chauvet sur Le Monde des Avengers:http://theavengers.fr/index.php/hors-serie/annees-1970/kojak-1973-1978Rejoignez la discussion sur Kojak sur notre forum: http://avengers.easyforumpro.com/t926p600-serie-kojak

Posted by Le Monde des Avengers on Sunday, November 29, 2015

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KOJAK est une série policière américaine de 118 épisodes (5 saisons) créée par Abby Mann pour le téléfilm pilote The Marcus-Nelson Murders (L’affaire Marcus Nelson) basé sur la véritable histoire de deux jeunes femmes violées et assassinées à Manhattan en 1963. Mann s’appuya sur le livre Justice in the Back Room de Selwyn Raab (d’où le nom de l’auteur au générique). L’affaire conduisit à l’instauration des droits Miranda par la Cour suprême en 1966. Telly Savalas incarne le détective Kojack (avec un ‘c’ dans le téléfilm, car il était prévu que le policier soit d’origine polonaise), un personnage inspiré de l’officier qui a mené l’enquête et l’arrestation du criminel. Le succès de ce téléfilm lança la série pour cinq saisons mais Abby Mann se retira dès le début de sa production. Les noms liés à la réussite de la série sont James McAdams (producteur), Matthew Raft (producteur exécutif), Jack Laird (producteur superviseur et scénariste) et Gene R. Kearney (story editor et scénariste). McAdams fut producteur exécutif pour les téléfilms.

Tournée de 1973 à 1978, la série fut diffusée aux Etats-Unis du 24 octobre 1973 au 18 mars 1978 sur la chaine CBS. En 1999, le populaire magazine de télévision américain TV Guide classait Theo Kojak au dix-huitième rang sur la liste des cinquante personnages ayant marqué l’histoire de la télévision américaine. La série est censée se dérouler au 11th Precinct de la police new-yorkaise, Manhattan South. Le personnage central est le lieutenant Theodore ‘Theo’ Kojak, un flic chauve, élégant, d’origine grecque, au cynisme et à l’humour impitoyables. Les sucettes et la réplique "Who loves ya, baby?" personnifient le policier têtu et tenace à la voix métallique, qui n’hésite pas à passer outre certaines règles dans ses enquêtes criminelles. L’héritage et la culture grecs de l’acteur transpirent dans de nombreuses répliques, situations et histoires de la série. Telly Savalas porte le show sur ses épaules par ses mimiques, sa démarche, ses sucettes, ses répliques (souvent improvisées et appelées Kojakism par les fans), son argot, ses cigarillos, son Stetson Tyrol (les chapeaux de Telly Savalas étaient faits sur mesure et il n'en reste qu'un dans le monde de nos jours), ses costards Botany 500…Tout cela est inimitable et forgea le succès de la série. Citons une réplique 'kojakiène', parmi les dizaines qui nécessiteraient un livre pour toutes les citer ; celle à l’intention d’un truand qui accuse le lieutenant de le menacer : 'Greeks, they don't threaten. They utter prophecies.' [Les Grecs ne menacent pas. Ils émettent des prophéties]. Durant les années 80, Savalas/Kojak revient dans l’adaptation de deux romans dans lesquels le policier n’est pas présent. En 1989-90, Kojak, promu inspecteur, effectue un retour plus durable dans une minisérie de cinq films pour le programme ABC Mystery Movie, en rotation avec d’autres séries.

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Le capitaine Frank McNeil, interprété par Dan Frazer, est le supérieur du lieutenant et il essaie souvent de calmer l’impétuosité de Kojak, qui a sous ses ordres le jeune détective Bobby Crocker (Kevin Dobson) et Stavros, le flic pataud amateur de plantes vertes, interprété par George Savalas, le frère de Telly. Un personnage prédestiné aux séquences légères dans les bureaux du commissariat et le rôle récurrent du personnage souligne l’emprise qu’avait Telly sur la série. Les détectives Saperstein (Mark Russell, acteur d’origine écossaise), Rizzo (Vince Conti, un photographe professionnel qui n’a rien tourné d’autre) et Gil Weaver (Roger Robinson) font des apparitions épisodiques. Andre Braugher incarne avec brio le jeune détective Winston Blake dans les cinq films qui constituent la sixième saison.

Savalas décrivait Kojak comme ‘un personnage foncièrement honnête, dur, mais avec des sentiments -  le genre de type qui pouvait botter les fesses d’une prostituée s’il devait le faire mais cela ne l’empêcherait pas de s’entendre avec elle car ils auraient pu grandir dans le même quartier’. Kojak est le témoin désabusé d’une société qui ne sait pas toujours faire la part entre le Bien et le Mal. Le policier ne serait pas du côté des âmes bien-pensantes actuelles. Sans se tromper, on peut certifier que Kojak appartient à ces séries réalistes par les différentes histoires (certaines écrites par Burton Armus, un ancien policier), par la description du travail policier et la crédibilité des enquêteurs. Leurs tâches composées de collectes de témoignages, d’investigations de la rue, d’interrogatoires et de recoupements s’apparentent à celles de la police à l’époque. La série offre de véritables enquêtes policières, très loin des trames contemporaines des Experts où l’aspect fourmi de la police est sacrifié au profit d’une panoplie technologique ultramoderne ! Les intrigues sont axées sur le métier de flic et les scripts ne sont pas encombrés par la vie personnelle des policiers du precinct, à quelques rares exceptions près.

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New-York était déjà dans les années 70 une société multiculturelle et Savalas, originaire de la ville, insista pour qu’un détective de couleur soit incorporé dans l’équipe (Gil Weaver dans douze épisodes). Les scénarios intègrent les minorités, mais Kojak n’a pas le ton moralisateur de beaucoup de séries contemporaines, et de nombreux script seraient jugés politiquement incorrects de nos jours dans l’évocation de plusieurs thèmes comme le racisme anti-blanc, l’utilisation de vocabulaire péjoratif et ‘stigmatisant’, la justice vigilante ou le sexisme....La série reste pourtant bien présente encore de nos jours dans les esprits américains. Ainsi, un article de presse d’un professeur dans le Huffpost de janvier 2015 était intitulé : « What Would Kojak Do ? » [Qu’est-ce que ferait Kojak ?] en référence aux problèmes contemporains de la police new-yorkaise. 

Le personnage est passé dans la culture populaire. Ainsi, le gyrophare rouge que Kojak plaçait sur sa Buick Century couleur bronze immatriculée 383-JDZ est devenu une ‘Kojak Light’ ! Kojak est indissociable de Telly Savalas, comme l'indiquait chaque semaine le générique : Telly Savalas EST Kojak (Telly Savalas as Kojak). Comme le stipule très bien aussi l’acteur Brian Murray qui a joué dans un des films : « Telly Savalas était Kojak et Kojak était Telly Savalas ; il n’y avait pas une feuille de papier entre les deux. Le succès de Kojak est entièrement dû à Telly Savalas. Et personne ne peut contredire ça. »  L’acteur déclarait au sujet de l’interprétation du lieutenant : « My approach to Kojak in any situation would be my own approach. How I would react and respond? That's basically true whether I'm portraying a cop or a candlestick maker.” [Mon approche de Kojak dans toute situation serait ma propre approche. Comment je réagirais? C’est fondamentalement exact, que j’incarne un flic ou un fabricant de bougies »] Et c’est sans surprise que le pâle remake des années 2000 n’atteignit pas la dizaine d’épisodes avant d’être annulé !

Disparu en 1994, au lendemain de ses 72 ans, Telly Savalas a connu une gloire mondiale grâce à la série qui a popularisé sa calvitie savamment entretenue et son goût immodéré pour les sucettes. Très impliqué dans ce programme extrêmement populaire aux USA dans les années 1970, Telly Savalas était fier de ce rôle qui lui permettait de mettre en vedette la communauté gréco-américaine.

Le générique le plus connu est l’œuvre de Billy Goldenberg qui en composa deux variantes (changement au cinquième épisode de la seconde saison). John Cacavas, ami de Savalas, se chargea du troisième générique, celui de l’ultime saison – moins réussi – mais il composa également l’essentiel de la musique de la série, qui fut riche et diverse. Il remporta d’ailleurs un Emmy pour l’épisode A Question of Answers.

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Le tournage à New York est supposé renforcer la crédibilité de la série, mais il eut lieu en fait essentiellement en Californie ! Il est vrai que l’alternance des vues donne le change, mais on reconnaît, pour un œil averti, des images tournées à New York et réutilisées dans de nombreuses enquêtes (comme le passage connu de la Buick qui emprunte une bretelle d'autoroute). Tous les épisodes, à quelques exceptions près, furent tournés à Studio City sur le plateau 34 des Studios Universal. Par contre, les films de 1989-90 furent intégralement filmés dans la métropole new-yorkaise.

De nombreux acteurs de renom sont passés par Kojak. Citons par exemple Maud Adams, Hector Elizondo, Eli Wallach, Sylvester Stallone, Richard Gere, Ruth Gordon, Harvey Keitel, Carol Lynley, Geraldine Page, Lynn Redgrave, Christopher Walken, Shelley Winters, James Woods, Angie Dickinson, Max von Sydow, Suzanne Pleshette, F. Murray Abraham …

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La série fit son apparition en France le mercredi 8 janvier 1975 sur Antenne 2 à 20h35 (j’étais devant mon poste) avec l’excellent épisode Dans les griffes de la mort (Web of Death). La diffusion (anarchique) continua jusqu’au 10 décembre 1978 et la série fut rediffusée plus conformément sur La Cinq, excellente chaine de l’époque, à partir du 1er juin 1986. La sixième saison passa sur La Cinq en 1992 et France 2 en 1995. La voix française de Telly Savalas est celle du comédien Henry Djanik, vu dans de nombreuses séries dont Les brigades du Tigre.

La série fut à de nombreuses reprises nominée pour diverses récompenses. Elle gagna le Golden Globe en 1976 (dans la catégorie série dramatique) et Telly Savalas remporta pour ce rôle le Golden Globe (Best TV Actor) en 1975 et 1976 et un Emmy Award en 1974. 

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