Saison 10Saison 12

Inspecteur Derrick

Saison 11

1. La jeune fille en jean (Das Mädchen in Jeans)

2. Un plan diabolique (Die Verführung)

3. L'ange gardien (Manuels Pfleger)

4. Jeux dangereux (Drei atemlose Tage)

5. Sacrifice inutile (Tödlicher Ausweg)

6. Enquête parallèle (Keine schöne Fahrt nach Rom)

7. Jeu de mort (Ein Spiel mit dem Tod)

8. Mort pour rien (Ein Mörder zu wenig)

9. Le testament (Angriff aus dem Dunkel)

10.  Nostalgie (Ende einer Sehnsucht)

11. Les règles du jeu (Gangster haben andere Spielregeln)

12. La vie secrète de Richter (Das seltsame Leben des Herrn Richter)

13. Le meilleur de la classe (Der Klassenbeste)

14. Maître Prestel (Stellen Sie sich vor, man hat Dr. Prestel erschossen)

 

1. LA JEUNE FILLE EN JEAN
(DAS MÄDCHEN IN JEANS)



Date de diffusion originale : 20 janvier 1984.

Résumé :

Un jeune mécanicien est empoisonné. Les inspecteurs pensent que c’est sa sœur, fréquentant un professeur nettement plus âgé et riche qu’elle, qui était visée…

Critique :

Cette onzième saison démarre par un épisode « costaud ». Critique cinglante teintée de moquerie de la haute bourgeoisie et regard tendre d’une histoire d’amour très touchante.

Alwin, un jeune homme est empoisonné chez lui où il vivait avec sa jeune sœur, Rita. Cette dernière fréquente depuis quelque temps le professeur Joachim von Haidersfeld, marié et rupin.

Celui-ci se montre très protecteur, tendre et vraiment présent pour elle : lui proposant tout d’abord d’emménager dans son appartement, avant de songer à l’idée de résider ensemble dans un autre logement - ce qu’elle refuse car c’est « ici » : pas seulement à l’intérieur du lieu mais dans le quartier où il est situé : « populaire », qu’elle a toujours vécue, avant toute fois d’accepter.

Leur nouvelle résidence se situera entre ces deux univers - la société dite « normale », ordinaire et la haute. Un entre deux où personne ne portera de jugement sur eux.

Car leur relation est controversée surtout dans le milieu du monsieur, non pas à cause de leur différence d’âge, mais du milieu de la jeune fille.

C’est tout un univers, si propre, si coincé dans des traditions qui explose.

Entre sa femme passive et à la fois très sure d’elle, sa mère castratrice enfermée dans des principes vieillots et la bonne qui est répugnée par cette liaison : les suspectes ne manquent pas.

Bien que leur relation semble déplacée : Rita semblant être encore une adolescente et lui un homme d’un certain âge, ils sont clairement heureux ensemble. Lorsque ce dernier raconte à Derrick leur rencontre et décrit son sentiment de découvrir un monde plus simple, plus libre, plus Vivant que le sien au contact de cette jolie jeune fille : comment ne pas être ému, comment ne pas éprouver de la tendresse, de la compassion pour lui ? Le monde change, les êtres humains aussi. Mais pas derrière les grandes portes de la barrière d’une immense maison figée dans le temps, refusant d’accéder au présent, à la modernité, aux valeurs actuelles. Pour « Achim » qui n’a jamais connu rien d’autre : c’est une délivrance.

Derrick et Klein épousent le point de vue du spectateur : riant en coin de la haute-bourgeoisie et trouvant bizarre mais refusant finalement tout jugement envers la relation sincère et passionnée de Rita et « Achim ». C’est l’hypocrisie contre la sincérité.

Les inspecteurs comprennent, avec l’aide du voisin de Rita, que l’assassin est la bonne, vivant à travers les personnes et surtout le monde qu’elle sert depuis une vingtaine d’années. Ne pouvant supporter que celui-ci soit brisé, qu’elle y perde son admiration, sa condition. Ce n’est pas parce que nous sommes aisés, que nous sommes parfaits : apparemment cela donne très envie mais à y regarder de plus près, mieux vaut vivre dans un monde plus modeste et nettement moins coincé par des règles périmées depuis tellement longtemps.

Le casting, comme d’habitude, est fort bien choisi : Herbert Fleischmann est adorable et vraiment attachant dans son personnage de vieux professeur découvrant la vie, formant cette union avec la jeune Anja Jaenicke, énergique et spontanée.

Anecdotes :

  • Bien que la différence d’âge de leurs personnages ne soit jamais dite : Herbert Fleischmann (Joachim « Achim » von Haidersfeld) et Anja Jaenicke (Rita) avaient 38 ans d’écart. Ils reviendront indépendamment dans la série.

  • Alice Treff (Eliane, la mère du professeur), Anaid Iplicjian (la bonne) et Otto Bolesch (le voisin) ont déjà jou(e)és et reviendront dans la série.

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2. UN PLAN DIABOLIQUE
(DIE VERFÜHRUNG)

Date de diffusion originale : 10 février 1984.

Résumé :

Le fils d’un policier est accusé d’avoir commis un cambriolage et un meurtre. Derrick, le connaissant lui et son père depuis longtemps est persuadé de son innocence.

Critique :

Plombée par la musique très (trop) 80’s de Hans Hämmerschmid renforçant le côté gentillet, inoffensif et vain de cet épisode, cette nouvelle intrigue n’est guère poussée psychologiquement et vraiment manichéenne. Erich est un jeune homme simplet, fils d’un policier dur à cuire et intègre que connaît Derrick depuis longtemps : par ce fait, il est impossible qu’il ne soit pas innocent.

Et les méchants sont vite identifiés : Zander, un type que Wobeck a envoyé en tôle dix ans pour un simple cambriolage (sic) et va bien sûr se venger, aidé de son fils et de ses amis à piéger l’un de ses deux garçons (pourquoi Erich et pas l’autre, on ne sait pas, peut-être est-ce le moins malin des deux).

Ce que nous montre l’introduction de l’épisode : plongée dans les salles de jeux et chambres de jeunes gens germaniques des années quatre-vingt.

Il y avait pourtant manière à creuser, là lorsque le jeune Erich fait comprendre qu’il se sent coincé par sa famille, qu’il n’a jamais eu d’amis avant, comme si tout lui était interdit dans la cellule familiale.

Et plus tard, Zander raconte à ses complices que Wobeck lui avait cogné dessus jusqu’à ce qu’il avoue : ce peut être faux bien sûr, mais plus tôt nous avons vu ce dernier réagir au quart de tour, par ses provocations. Là, non plus : il y a aucun approfondissement et en plus : les acteurs en font des tonnes. Il y a une différence entre jouer « à fond » comme ont tendance à le faire les allemands et en faire trop : hélas, c’est le cas du casting de cet épisode exceptés Horst Tappert et Fritz Wepper toujours impeccables.

Anecdotes :

  • Note : l’auteur de la critique de cet épisode l’a découvert dans une version tronquée de 15 minutes, ce qui a probablement impacté sur l’appréciation globale.

  • Musique: « Lovers in the Night » de Toto.

  • Casting : Hans-Jürgen Schatz (Erich) signe sa troisième et dernière apparition dans la série.

  • Karl Obermayr (Zander) avait déjà un petit rôle dans l’épisode « Un truc super » (s.3, ép. 11).

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3. L'ANGE GARDIEN
(MANUELS PFLEGER)

Date de diffusion originale : 02 mars 1984.

Résumé :

Un ingénieur est assassiné dans son hôtel. L’un de ses amis : un certain Rohm ne voyait aucun motif pour le tuer. En enquêtant : Derrick et Klein vont révéler une affaire d’espionnage industriel…

Critique :

Un homme est tué dans son hôtel : l’ami d’un professeur. Le frère de celui-ci est en fauteuil roulant, soutenu moralement par une mystérieuse jeune femme. Où comment alléger une histoire complexe et « lourde » d’espionnage industriel, avec une histoire d’amour en germe. Et quel lien peut-il y avoir réellement entre tous les personnages que Derrick et Klein vont croiser ?

Dans ce genre d’épisodes, il faut être très attentif, car pratiquement chaque dialogue compte, comme des cartes qui se superposent pour faire un château. Au début, cela semble confus, puis les scènes se succèdent, plus l’ensemble semble limpide. Les motifs des personnages ne sont pas clairement révélés et justement Derrick est présent pour cela : faire des liens.

Car, comme dans l’épisode « Enquête parallèle » (épisode six de cette saison), nous voyons Derrick et Klein mener leurs investigations et d’autres personnages leurs siennes parallèlement : ici Manuel, jeune homme condamné au fauteuil roulant et son aide Ingrid, dont il ne cache pas vraiment son sentiment : elle est un « ange gardien » pour lui, sauf qu’elle n’est bien sûr pas là par hasard, et ce que découvrent assez vite nos inspecteurs intrigués par cette jeune femme presque trop « parfaite ».

Elle est la complice dans une affaire d’espionnage et se sert de Manuel pour atteindre son frère Wolfgang, à la tête d’une entreprise de travaux publics… ou pas, puisqu’elle va aider le jeune homme à trouver les meurtriers de Masilke dont elle était l’ancienne secrétaire.

Une scène amusante montre Manuel expliquer son plan pour coincer les assassins à Derrick, qui semble trouver qu’il est vraiment inconscient, mais le soutiendra.

Un épisode agréable et ensoleillé (pour une fois Munich nous est montré sous un temps radieux), plutôt bien pensé et impeccablement interprété (Sascha Hehn en grande forme).

Anecdotes :

  • C’est le premier épisode où Derrick porte ses célèbres lunettes de soleil en intérieur.

  • Il s’agit de la dernière production d’Herbert Fleischmann (Rohm), décédé quelques semaines après la diffusion de l’épisode.

  • Sascha Hehn, y joue le frère du personnage interprété par celui-ci. Or, dans l’épisode « Une vieille histoire » (saison 8, épisode 4), il jouait le fils de son personnage.

  • Suzanne Uhlen (Ingrid), en est à sa deuxième (sur six) apparition dans la série.

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4. JEUX DANGEREUX
(DREI ATEMLOSE TAGE)

Date de diffusion originale : 30 mars 1984.

Résumé :

Deux jeunes branquignoles volent une voiture qui contient des sachets d’héroïne. L’un d’eux comptant négocier la marchandise aux propriétaires du véhicule est assassiné. L’autre, terrifié, part à leur recherche…

Critique :

L’introduction de cet épisode offre un regard plutôt intemporel sur une jeunesse très libre, sans contrôle qui s’ennuie : deux jeunes hommes – qui semblent aussi stupides que « Dumb and Dumber », la méchanceté crasse en plus - adorent s’amuser à leur façon : à commencer par voler : justement, que voilà une belle voiture, les proprios se sont tirés dans leur hôtel : parfait pour impressionner deux jolies filles.

Ces dernières, hélas, sont parties. Pas grave, reste le véhicule et son contenu : une mallette, un carnet et dans le coffre ? Un sac de sport avec des sachets blancs dedans : de la farine ? Non de l’héroïne et de la bonne ! Au lieu de s’en prendre plein le pif : rapportons la voiture mais négocions la marchandise. Pas pour Harald, pas si casse-cou, tant pis : Karl se débrouillera tout seul et ils se retrouveront plus tard… ou non.

Dans sa complète inconscience, presque « innocence », il ne s’est vraiment pas rendu compte à qui il avait à faire. De son côté, Harald n’a aucune nouvelle de lui : la police lui en donnera assez vite, mais bien entendu, ne parlera pas de leur mésaventure. Pris entre culpabilité, peur que les assassins le retrouvent et envie de rendre justice à son ami, Harald va vivre quelques jours terribles. Il a des documents, avec des espèces de code : il contacte les méchants et leur répète le code.

Ces derniers vont finir par le retrouver et exploser sa porte (une des rares explosions de la série) : bon, là, cela devient sérieux : pété de trouille, il n’a plus d’autre choix que de contacter Derrick, qui plus tôt avait cherché à l’aider se comportant de façon paternaliste avec lui.

Étrangement, il ne le jugera pas vraiment en le sauvant de justesse dans le final.

Certains diraient que c’est une bonne leçon pour Harald, c’est un fait : je pense qu’après cette aventure qui lui a faite perdre son meilleur ami, mais retrouver les bras de sa petite amie, il ne volera plus de tire de sitôt.

Malgré l’intensité psychologique – vu à travers la performance intense d’Ekkehardt Belle, habitué à ce genre de rôles éprouvants (voir « Le prix de la mort », saison 7, épisode 5), cet épisode est très léger, surtout sur le thème de la drogue si cher à Reinecker.

Anecdotes :

  • Le titre original signifie « Trois jours sans souffle » faisant référence à l’état psychologique du jeune Harald.

  • Ekkehardt Belle (Harald), Ute Willing (Helga), Willy Schultes (le père de Karl) et Sky Dumont (Jablonski) ont déjà jou(e)és et reviendront dans la série. Ce dernier avait déjà joué un trafiquant de drogue dans « Un faux frère » (saison 9, épisode 7). Il est doublé, ici, par Claude d’Yd connu notamment pour avoir été la voix française de l’Inspecteur Japp dans la série « Hercule Poirot ».

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5.  SACRIFICE INUTILE
(TÖDLICHER AUSWEG)

Date de diffusion originale : 27 avril 1984.

Résumé :

En revenant de son club de gym, une jeune femme est tuée en étant jeté ed’une voiture. Depuis peu, elle avait emménagé avec un homme marié nettement plus âgé qu’elle...

Critique :

Cet épisode pourrait être la suite, avec d’autres personnages, de « La jeune fille en jeans » (épisode un de cette saison) où une jeune femme était victime d’une tentative de meurtre pour être à la maîtresse d’un homme marié et bien plus âgé qu’elle : ils finissent par emménager ensemble dans la conclusion.

Mais ici, point de critique sur la différence de milieux sociaux : il s’agit d’un portrait au scalpel d’être brisés par la fugue du Père. Lorsque celui-ci se sépare de la figure maternelle : c’est tout un monde qui s’effondre. Et c’est surtout le fils que cela a profondément perturbé.

Rudolf est un peu « fou », d’une sensibilité extrême, il semble être atteint d’une forme du syndrome d’Asperger : se montrant très direct (disant ce que tout le monde pense) et prenant très mal lorsqu’on le stoppe dans ses excès. Comme travail, il ne peut, par ailleurs, ne s’occuper que d’enfants, d’êtres avec qui il se sent en phase, lui rappelant son innocence.

Son père, Günter est un homme froid, clairement broyé par une épouse qui, à peine sa concurrente disparue, le manipule pour lui faire retrouver sa place à laquelle il n’est pas à l’aise.

C’est justement pour cette raison que l’équilibre familial est très fragile : tout le monde est heureux et tout va bien dans le meilleur des mondes du moment qu’il reste là où il doit être, qu’il reste, ce qu’il doit être. Et bien entendu, plus que quiconque, c’est Rudolf qui constate cette instabilité, avouera même le meurtre en donnant plein de détails : ce que Derrick ne croit pas.

Nous noterons d’ailleurs que notre inspecteur fera preuve d’une certaine compassion envers lui, au contraire de Klein qui se montre vite agacé par ce garçon (d’ailleurs lors de la première scène où ils se croisent, le jeune homme semble avoir peur de Klein).

Le final est vraiment tordu : le grand-père tuera volontairement une autre jeune femme pour égarer la police en voulant couvrir sa belle-fille du premier meurtre. Que restera-t-il après cela ? Le père et le fils seuls dans une grande et belle demeure. La fuite est-elle est encore possible ?

Une puissante réflexion sur la figure du Père, soutenue par une interprétation magistrale, outre Udo Vioff tout en retenue, Pierre Franckh est, une nouvelle fois, absolument extraordinaire en composant un personnage vraiment pas facile : sans jamais tomber dans l’excès, jouant les palettes d’émotions extrêmes, avec un talent dingue. En version française, c’est Jean Roche, qui a eu la difficulté de le doubler et il s’en tire fort bien.

Anecdotes :

  • Musique : « Dream machine » de Frank Duval.

  • Reinhild Solf (Antonia) fait ici sa première de ses quatre apparitions dans la série.

  • Udo Vioff (Günter) formidable dans « La rentrée de Schubach » (saison 6, épisode 3), reviendra dans cinq autres épisodes.

  • Pierre Franckh (Rudolf), toujours génial (voir « Pecko » s.3, ép.13, « La faim » s.7, ép.2, « La sixième allumette » s.8, ép.7) reviendra dans neuf autres épisodes.

  • Sigfrit Steiner (Robert, le grand-père) était déjà apparu dans « Mort d’un italien » (s.8, ép.6).

  • Gila von Weiteshausen (Birgit) en est à sa deuxième (sur quatre) apparition dans la série.

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6. ENQUÊTE PARALLÈLE
(KEINE SCHÖNE FAHRT NACH ROM)

Date de diffusion : 25 mai 1984.

Résumé :

Martin, un jeune homme compte partir en Italie avec Sabine sa petite amie, en faisant du stop. Cette dernière se fait embarquer mais le chauffeur le repousse violemment. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée : violée, étranglée et tuée…

Critique :

Il y a souvent dans la série des personnages poussés par leur soif de vengeance, préférant mener leurs propres investigations plutôt que de laisser faire la police.

Mais peu seront aussi obstinés, casses-gueules que Martin dont la petite amie a été violée et tuée, culpabilisant de ne pas les avoir empêchés de partir en auto-stop.

Si, en premier temps, il donne toutes les informations dont il dispose et dont sa mémoire encore confuse veut bien l’aider à se rappeler, il va décider de mener Son enquête.

La plaque d’immatriculation de l’homme qui n’a pas vraiment voulu l’aider à secourir sa petite amie, le conduit à Henschel, l’un des responsables d’une entreprise d’expédition, semblant se sentir mal de cet incident.

Culpabilité ? Pas vraiment, imprévisible : faisant semblant d’aider le jeune homme avant de le trahir, mais ce dernier s’obstine et retrouve le camion et le chauffeur dont il se souvient des bottes qui l’ont frappées au torse.

Mais de leur côté, Derrick, Klein aidés de Hamann : un flic des douanes progressent également, remontant tout doucement la piste de braqueurs de camions, les conduisant au même point que Martin, qu’ils finissent par croiser, alors que ce dernier, à ce moment sait exactement qui est l’assassin de sa petite amie, mais refusera de le dire aux policiers.

Derrick sera assez brutal et en même temps démuni face à ce gosse bouleversé par le deuil – ce que Klein lui expliquera – et n’ayant trouvé qu’un moyen d’agir.

Le final est très classique : Derrick arrive juste à temps pour empêcher le jeune homme de se faire tuer mais celui-ci saisira l’arme et la dirigera vers le meurtrier, mais l’inspecteur l’en empêchera avec un discours bateau (que commettre un meurtre ne lui rendra pas sa petite amie, et qu’il devra apprendre à vivre sans elle). Nous pouvons regretter la retenue de cette scène qui aurait pu être nettement plus forte psychologiquement, comme si Martin derrière son visage passif, se retenait le plus possible de faire éclater sa colère. Pas de violence, pas de sang, même pas de larmes.

Thomas Schüke, un habitué de la série, qui interprète Martin, est comme toujours très bien.

Anecdotes :

  • Le titre original de l’épisode signifie littéralement : « Pas un bon voyage à Rome ».

  • Musiques de l’épisode : « Living like a cry » de Frank Duval.

  • Wolgang Müller, en est à sa cinquième apparition dans la série. Il y interprète un policier enquêtant sur des braquages de camion. Or dans l’épisode « Risque » (saison 3, épisode 12), il y interprétait un jeune homme braquant des camions.

  • Par ailleurs, dans la version française, pour la première fois, il n’est Pas doublé par William Coryn mais par Pierre Fromont, la voix habituelle de Berger, qui lui de toute manière ne prononce aucune réplique. Nous pouvons également entendre Claude d’Yd et Julien Thomast qui doublent pas moins de trois personnages secondaires chacun !

  • Thomas Schüke (Martin), Christiane Hammacher (Madame Reis), Udo Thomer (Monsieur Reis) ont déjà jou(é)es et reviendront dans la série. Beate Finckh (Sabine) fait sa première (sur quatre) apparition dans la série. C’est le comédien Edgar Givry qui double Martin en version française.

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7. JEU DE MORT
(EIN SPIEL MIT DEM TOD)

Date de diffusion originale : 15 juin 1984.

Résumé :

Kussloff cambriole une maison dans laquelle un meurtre est commis peu après. Ayant peur de retourner en prison, sa fille va voir la police jurant son innocence…

Critique :

Un épisode qui semble être une variante d’« Un plan diabolique » (épisode deux de cette saison) où  un cambriolage a lieu peu avant un meurtre. Ce qui change : c’est qu’ici ce n’est pas un jeune homme un peu faible d’esprit mais un cambrioleur professionnel, terrifié à l’idée de replonger pour quelque chose qu’il n’a pas fait et ayant le soutien de sa fille (impeccable Verena Peter).

Mais Derrick n’est même pas encore à ses trousses, non, il prend un certain temps d’abord à questionner les personnes cohabitant avec la victime : un certain Hossner. Son frère, sa femme et son secrétaire qui semblent mutuellement se soupçonner du crime. Car pour Derrick – qui m’as, une nouvelle fois fait penser à Columbo avec ses reconstitutions, ayant calculé le temps qu’a pris Hossner pour brancher l’alarme et de pouvoir coincer l’assassin en même temps : c’est improbable.

Avant qu’il ne coince Kussloff, sa fille se rend à la police pour jurer l’innocence de son père, mais lorsqu’ils vont à leur appartement, le découvrent mort et comprennent qu’il a été piégé.

Derrick continue son enquête dans un bar où Kussloff avait ses habitudes – on note qu’il fera preuve de brutalité physique envers le suspect principal, en le projetant contre un baby foot.

Ça le ramènera vers la demeure d’Hossner : tout particulièrement Muschmann son secrétaire.

Clôturer l’épisode par le témoignage de la mère du poivrot engagé par Muschmann en affirmant qu’il l’a payé pour le tuer, est indirect et ne peut, en aucun cas, le faire condamner. Cette fin semble bien trop vite expédiée. C’est dommage après une enquête agréable à suivre, avec de bons personnages.

Anecdotes :

  • C’est le troisième épisode où Derrick a une petite amie après « Choc » (saison 3, épisode 5).

  • Ulrich (interprété par Wolf Roth) porte une prothèse car son frère (la victime) l’a renversé dans le garage. C’était également le cas entre les deux frères de l’épisode « Un ange gardien » (épisode 3 de cette saison), excepté que le frère accidenté était en fauteuil roulant. Par ailleurs, le barman du club du cambrioleur dit à Derrick : « Je ne suis pas son ange gardien ! ».

  • Il s’agit du dernier épisode où Kristina Nel (Agnes Hossner) et Uwe Dallmeier (le barman) apparaissent. Verena Peter (Lena Kussloff). Rudolf Wessely (Martin Kussloff) et Edwin Noel (Muschmann) ont déjà jou(e)és et reviendront dans la série.

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8. MORT POUR RIEN
(EIN MÖRDER ZU WENIG)

Date de diffusion originale : 20 juillet 1984.

Résumé :

Diehl aide son collègue Kramer à remplir sa grille de Loto. Celle-ci sera gagnante et Diehl pensera en toute logique que c’est lui qui a gagné mais pas pour Kramer qui a fait remplir son nom sur la grille… Quelques jours plus tard, il est retrouvé mort.

Critique :

Un très bon épisode sur le pouvoir de l’argent sur des vies ordinaires. A partir d’un pitch assez simple : ce grand rêve que la plupart des gens ont : de gagner au Loto.

Tout est possible désormais : trahir ses amis, changer de vie. Du pognon, beaucoup de pognon.

Mais Kramer n’aura pas de temps de faire des projets, après avoir planter, métaphoriquement, un couteau dans le dos de son ami et collègue Diehl, puisqu’il sera assassiné.

En toute logique, grâce au montage (une ellipse de temps de trois jours entre deux séquences), c’est logiquement ce dernier qui est soupçonné. Derrick et Klein n’ont d’ailleurs aucune difficulté dans leur enquête : en quelques instants : ils savent ce qui a conduit au meurtre et enchaînent à tour de bras, les interrogatoires de suspects potentiels, autant éliminés grâce à leurs flairs.

Ce n’est ni Diehl, ni son beau-fils Bracht : qui est-ce alors ? Ne manque plus que la femme… et ce concierge un peu trop curieux.

Pour une enquête apparemment aussi classique, le rythme de l’épisode est vraiment super bien géré, d’un autre côté, l’introduction de 20 minutes avant l’arrivée des inspecteurs les oblige à enquêter en « accéléré » : il ne reste plus que 39 minutes d’épisode pour coincer l’assassin, et Reinecker se permet même de laisser en liberté l’instigatrice du meurtre, car ils n’arriveront sans doute jamais à la faire avouer. Les ellipses sont nombreuses et trompeuses, ainsi si nous avons le sentiment de suivre les inspecteurs pas à pas, en fait ils découvrent plein de choses entre deux scènes : comme par exemple les billets de Loto sont dans le bureau de Derrick quelques instants après qu’il ait trouvé chez la victime le papier prouvant qu’il a besoin reçu les gains.

Même si le casting n’est pas vraiment top (excepté Volker Eckstein toujours irréprochable et Andy VoB qui joue le fils de la victime) : on se laisse porter par cette intrigue passionnante.

Mais nous pouvons regretter que Derrick et Klein répètent plusieurs fois, ce qu’ils ont découvert, régulièrement.

Anecdotes :

  • Andy VoB (Holger Kramer), Wolfgang Wahl (Walter Kramer), Volker Eckstein (Alfons Brecht), Hans Brenner (Diehl) et Dirk Dautzenberg (Alois Bracht) ont déjà joués et reviendront dans la série.

  • Karin Baal (Madame Kramer) signe sa quatrième et dernière apparition dans la série.

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9.  LE TESTAMENT
(ANGRIFF AUS DEM DUNKEL)


Date de diffusion originale : 10 août 1984.

Résumé :

Une amie d’Ute, une jeune femme sans histoires est assassinée à sa place. Mais elle ne sait absolument pas pourquoi on veut attenter à sa vie. Derrick et Klein vont essayer de le découvrir...

Critique :

Dommage que le titre français spoile carrément l’épisode, car jusqu’à ce qu’on sache effectivement qu’il y a un testament dans l’histoire (et ça n’arrive que vers la fin) : je ne pense pas que l’on aurait pu s’en douter. Car l’ensemble est vraiment bien mis en place, avec une introduction terrifiante qui peut ouvrir à tant de scénarios possibles.

Une jeune femme est renversée mortellement par une voiture (la scène est filmée de manière très originale avec une succession de plans verts au ralenti), tuée à la place de son amie Ute, une bibliothécaire à la vie rangée et banale. Elle ne voit pas qui aurait envie de l’assassiner.

Mais cette tentative de meurtre fait suite à des menaces téléphoniques qu’elle reçoit depuis quelques temps. Logiquement Derrick et Klein qui vont la protéger, se renseignent sur sa vie – d’ailleurs très belle séquence où Derrick consulte un album photo : nous voyons des images de la jeune femme de son enfance jusqu’à sa vie adulte - mais ne trouvent absolument rien qui puissent justifier qu’on veuille la tuer. Non seulement pourquoi ? Mais qui ? Une piste : un de ses innombrables clients de sa librairie dont elle fait un portrait-robot mais cela n’aide pas.

L’enquête avance enfin lorsqu’elle reçoit un télégramme d’un certain Scherer, qui est en train de mourir à l’hôpital qui la connaît par cœur mais ce n’est pas réciproque.

Il avouera à Derrick qu’il est le père de la jeune femme, il est hyper riche. Mais il ne faut pas lui dire avant sa mort. Notre inspecteur va devoir se montrer très rusé pour continuer son investigation sans dévoiler ce secret. Et là, tout s’accélère : la découverte d’un testament faisant d’elle sa seule héritière. Alors qu’il a pourtant un frère ayant rompu contact depuis bien longtemps mais qui, tout comme sa femme savent qu’ils risquent de passer à côté de beaucoup d’argent. Pour ne pas que cela arrive : tuer Ute. Le dénouement dans un bar est très punchy, avec un Derrick très en forme et une ultime séquence, dans les couloirs de l’hôpital, sans dialogue, très sobre, émouvante où la jeune femme accompagnée de nos inspecteurs se dirige vers un médecin…

Soutenu par le morceau « Moments and mysteries » de Frank Duval – qui m’a fait penser à la musique d’Angelo Badalamenti compositeur attitré de David Lynch – collant parfaitement à l’esthétique très angoissante et donc mystérieuse de cet épisode intriguant, jusqu’au boutiste et très bien interprété par Birgit Doll.

Anecdotes :

  • Birgit Doll (Ute) signe sa première de ses quatre apparitions dans la série.

  • Babett Arens (Conny) était déjà apparu dans l’épisode « Du sang dans les veines » (s.7, ép.7).

  • Margot Medicius (Ariane, la petite amie de Derrick) signe sa deuxième et dernière apparition, tout comme Hannelore Schroth (Madame Rootz), qui elle était déjà apparue dans l’épisode « Le témoin » (saison 7, épisode 9).

  • Eva Kotthaus (Madame Scherer), Anton Diffring (Monsieur Scherer), Erland Erlandsan (Albert Scherer) avaient déjà joué(e)s et reviendront dans la série.

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10. NOSTALGIE
(ENDE EINER SEHNSUCHT)

Date de diffusion originale : 31 août 1984.

Résumé :

Merck, un policier trouve le corps de Pocha, l’ex petit ami junkie de sa fille dans une pension. Il prévient Derrick mais se comporte de manière étrange…

Critique :

Un épisode assez confus et planant à l’instar de ses personnages. Entre ce policier nerveux, que l’on voit essuyer le goulot d’une bouteille brisé sur les lieux du crime, sa fille Irène qui n’est pas tout à fait cohérente et son fils Alwin quelque peu détaché par ce qui se passe : Derrick et Klein vont devoir avancer comme ils le peuvent en reconstituant le parcours de la victime : un junkie, petit ami d’Irène avec qui il était parti en Inde pendant quelques temps, revenus depuis peu, pour découvrir une nouvelle vision de la vie : en communauté, en contact avec des gourous, découvrant aussi des drogues et bien d’autres choses qui semblent les avoir marqués à vif, les avoir traumatisés.

Il y avait aussi un guitariste avec eux que trouvent nos inspecteurs après qu’il les a fui en les croisant dans la pension, les aidant beaucoup dans leur enquête.

D’ailleurs, la dernière partie de l’épisode, longue de plus de dix minutes semble être en temps réel : Derrick attend patiemment que Merck arrive, après avoir arrêté le guitariste.

On y voit notre inspecteur jouer avec Klein sur un petit plateau d’échecs puis aller voir le musicien, en train de jouer sur son instrument, surveiller par Berger, et puis lui demander de jouer différents styles de musique avant qu’il n’aille interroger Merck et le confronte au musicien.

Cet échange est d’ailleurs assez drôle, ce dernier n’ayant pas la langue dans sa poche, ignorant que le père d’Irène est présent dit « C’est la plus grande pute du Pirée », Merck s’emporte avant que Derrick ne l’en empêche, puis il s’excuse en apprenant donc qui il est. Toutefois, il rajoute, l’air de rien, qu’il l’a « baisé quelques fois » mais jure ne pas avoir tué Pocha.

Et nous apprenons donc – pour résumer – qu’Irène se prostituait afin de payer la drogue à son petit ami et lorsqu’ils sont revenus à Munich – lui après elle, il a voulu qu’elle recommence mais elle ne voulait pas et donc elle l’a tuée et son père l’as couverte.

Au fond, cet opus est un regard assez réaliste sur une jeunesse à la recherche d’expériences, mais qui finissent par devenir autodestructrices.

Anecdotes :

  • Musique: « Another word » de Talk, Talk.

  • Pascal Breuer (Alwin), Gaby Dohm (Ruth Palmer) et Karl Renar (le gérant de la pension) ont déjà joué(e)s et reviendront dans la série.

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11.  LES RÈGLES DU JEU
(GANGSTER HABEN ANDERE SPIELREGELN)

Date de diffusion originale : 14 septembre 1984.

Résumé :

Roland Lieboth, un jeune étudiant en biochimie est engagé par le docteur Blunk pour cambrioler le domicile du professeur Balthaus : des documents qui pourraient les enrichir… Lieboth accepte et est retrouvé mort plus tard dans un parking souterrain...

Critique :

Cet épisode mélange deux variantes abordées récemment : à savoir un cambriolage, suivi d’un meurtre et l’espionnage. Ici c’est le cambrioleur qui est tué après son méfait et l’espionnage est scientifique. Mais au final, ce sera le portrait d’une femme prête à tout pour se sortir de sa condition d’épouse coincée par un mari possessif, pour qui elle n’est qu’une plante verte, et qui est, lors de sa présence, toujours derrière son dos.

Un parallèle entre deux couples nous est montré : celui-ci et le couple formé par Roland et Maria, sans histoires, vivant dans un joli appartement mais Roland espère toujours trouver la combine qui leur fera gagner beaucoup d’argent. Cela tombe bien, l’un de ses anciens collègues : le docteur Blunk lui propose de récupérer des documents valant des millions, et évidemment il sera payé avant : cinq milles marks, qu’il prend soin d’envoyer à sa femme. Mais il se fera tué : nous n’avons absolument aucun doute sur l’identité du ou des assassins.

A Derrick ensuite, plutôt en forme, de reconstituer son parcours. Et comme d’habitude, il y a toujours des non-dits et les différents suspects avoueront ce qu’ils savent – montrés à coups de flash-back – jusqu’à la fin, qui nous dévoile la personnalité de la femme du professeur Balthaus.

Côté interprétation, ce ne sont pas les hommes – bien que Klausjürgen Wussow est très bien, qui tirent leurs épingles du jeu mais les femmes : Sissy Höfferer, intense face à Evelyn Opela, très fine.

Leurs compositions sous soutenues par la musique classique et dynamique de Frank Duval.

Nous regretterons toutefois, malgré la longue introduction plutôt palpitante, un rythme très lent au niveau de l’enquête.

Anecdotes :

  • Klausjürgen Wussow, ici le docteur Blunk en est à sa troisième (sur six) apparition dans la série.

  • En version française, il est doublé par Dominique Paturel, célèbre comédien surtout connu pour être la voix de Larry Hagman alias J.R. dans « Dallas » et de Terence Hill.

  • Evelyn Opela (Ruth Balthaus) signe sa première de ses sept apparitions dans la série.

  • Hans Korte (le professeur Balthaus), Sissy Höfferer (Maria) et Günther Ungeheuer (Monsieur Bools) ont déjà jou(e)és et reviendront dans la série.

  • Jan Niklas (Roland Lieboth) était déjà apparu dans « Un sale caractère » (saison 3, épisode 9).

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12. LA VIE SECRÈTE DE RICHTER
(DAS SELTSAME LEBEN DES HERRN RICHTER)

Date de diffusion originale : 19 octobre 1984.

Résumé :

Martin Richter est poursuivi par des hommes qui veulent absolument le tuer. Se réfugiant au bar de sa compagne, il contacte son fils pour l’aider. Les deux hommes se retrouvent dans un parc : Martin est abattu froidement peu après…

Critique :

Une ouverture de près de vingt minutes bien intrigantes. Car, pour une fois, nous ne savons rien.

C’est bien l’intelligence du scénario, de prendre le premier tiers de l’épisode à nous montrer la fuite d’un homme qui refuse de dire à sa compagne et son fils (et donc aux spectateurs) pourquoi il est poursuivi et surtout par qui. Et en plus, Martin est interprété par Klaus Behrendt, acteur hyper talentueux déjà vu dans plusieurs épisodes dont « Au bord du gouffre » (saison 8, épisode 2).

Et peut-être que Manfred, le fils de Martin aurait préféré ne rien savoir, apprenant de Bertha la barmaid qu’ils vivaient ensemble dans un appartement, avait un bateau et beaucoup d’argent !

« Mais c’est de la folie ! Mon père a déjà une famille, il vit avec ma mère, et n’avait pas grande fortune ! », du côté de Berta, elle, ignorait qu’il avait un fils, de même que ses amis avec qui il faisait du bateau. Dès lors plein de questions sur cet homme se posent : à commencer par : où avait-il tout son argent ? Car il travaillait dans une société d’assurances et avait été viré depuis six mois, n’ayant plus les compétences nécessaires pour travailler (comprendre : trop vieux), sauf que son ex-patron s’est aperçu qu’il détournait les sommes des assurances.

Une grosse magouille qui l’a fait lier avec des personnes vraiment pas câlins.

Une nouvelle fois, Derrick est énergique, mène l’enquête avec entrain et fait part de sa gouaille, même si le rythme demeure, étrangement, un peu lent.

Anecdotes :

  • Musique : « The Entertainer » de Scott Joplin.

  • Klaus Behrendt (Martin Richter), Edwin Noel (Manfred Richter), Klaus Höhne (le docteur Kuhn), Peter Bertram (Bruno Bussoni) ont déjà joués et reviendront dans la série.

  • Mijou Kovacs (Charlotte Bussoni) fait ici sa troisième et dernière apparition dans la série.

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13. LE MEILLEUR DE LA CLASSE
(DER KLASSENBESTE)

Date de diffusion originale : 23 novembre 1984.

Résumé :

Wolfgang Anders, un pharmacien revenant d’une réunion d’anciens élèves accepte de prendre deux jeunes femmes en auto-stop. Un peu plus tard sur la route : il percute un homme. Les deux jeunes filles acceptent d’aider Anders en échange de squatter chez lui et de bien plus…

Critique :

Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas eu un épisode aussi poussé psychologiquement et jusqu’au boutiste avec une tension crescendo.

Être celui que tout le monde admire ne fait pas forcément de nous une personne idéale, surtout lorsque lorsque nous nous retrouvons dans des situations qui nous dépassent. C’est le cas de Wolfgang Anders, meilleur de sa classe au lycée, ayant très bien réussi : tenant une pharmacie, fiancé, vivant dans un très bel appartement mais ce soir, il accepte d’emmener Uschi et Grit, deux jeunes (et surtout) très jolies jeunes femmes à Munich mais en discutant et en plaisantant avec elles : il percute un homme qui leur fait des signes et là, c’est le drame. Dès lors, les deux témoins vont négocier de l’aider, en échange de squatter chez lui et plus tard de fournir leur dealer. Il n’a pas vraiment le choix.

Uschi et Grit sont vraiment des clichés de filles paumées et qu’elles sont agaçantes… surtout au début où, ironiquement, Anders est leur otage mais mine de rien – entre deux scènes d’enquête – une complicité se créer entre eux, un attachement, créer sur un crime : voir la scène où il pense s’en être vraiment sorti et sont tous les trois heureux, euphoriques, faisant même la fête et finissent par coucher ensemble ! Et mine de rien, nous aussi, sommes attachés à lui et à elles, et espérons peut-être qu’ils s’en sortiront. Hélas, Derrick est un inspecteur obstiné, revenant encore et encore à la charge, mais il n’a pas trop à se fouler – l’enquête est assez faible, trop facilement résolue (et totalement dans le dernier plan de l’épisode), surtout par rapport à cette description d’un homme bouillant intérieurement (formidable Ralf Schermuly), qui ne semble pas éprouver la moindre culpabilité, faisant tout pour ne pas perdre sa vie, faisant tout pour rester le meilleur de la classe. Saisissant, fascinant presque, agrémenté de touches très osées (le bain des deux filles) et totalement passionnant.

Anecdotes :

  • Musiques : « Lucifer » de The Alan Parsons Project et « Fotoramanza » de Gianna Nannini.

  • Ralf Schermuly (Wolfgang Anders), Anne Bennent (Grit), Volker Eckstein (Willi), Dieter Eppler (Schönfeld), Claudia Butenuth (Dita), Ilse Neubauer (Hannelore) ont déjà jou(é)es et reviendront dans la série.

  • En version française, Eckstein est ici doublé par Patrick Poivey, surtout connu pour être la voix française de Bruce Willis.

  • Helga Anders (Uschi) fait ici sa septième et dernière apparition dans la série. Elle décédera prématurément en 1986 à l’âge de 38 ans.

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14. MAÎTRE PRESTEL
(STELLEN SIE SICH VOR, MAN HAT DR. PRESTEL ERSCHOSSEN))

Date de diffusion originale : 14 décembre 1984.

Résumé :

Maître Prestel, un célèbre avocat a une liaison avec Dora Kolberg, marié à l’éditeur Alexander Kolberg, ce qu’ils reconnaissent un soir ouvertement. Un peu plus tard, Prestel est assassiné…

Critique :

Cette saison s’achève par une prestation d’acteur : Armin Mueller-Stahl. Oui, oui l’unique, l’immense Armin Mueller-Stahl ! Il n’y a aucun doute que son rôle d’époux trompé, handicapé qui aurait tué l’amant de sa femme, ai été écrit pour lui. Visage qui exprime énormément, ne levant presque jamais la voix, retenant tout, et lorsqu’il parle : il a un langage très direct et à la fois contenu. Cet homme si apprécié, respecté et sans doute craint de tous serait un meurtrier idéal.

En plus de l’excellence de sa performance, nous apprécions également l’originalité du scénario : comment une personne invalide peut commettre un meurtre ?

Sa femme est persuadée que c’est lui, Derrick aussi et nous aurons rarement vu notre inspecteur être autant frustré de ne pas arriver à coincer l’assassin. Ce qui est étrange, c’est que Prestel s’était emporté après lui au tout début de l’épisode : « Que le diable vous emporte ! », ce à quoi Derrick a répondu : « Oui, mais d’abord, je vais déjeuner. », s’en va et revient une minute après, toujours aussi espiègle : « J’espère que vous ne m’en voulez pas trop. ».

Mais qu’importe pour Derrick qu’il éprouve de la haine envers la victime, il doit retrouver un meurtrier. Il essaie d’entrer dans la tête de Kolberg, persuadé qu’il aime sa femme mais d’une manière « extrêmement bizarre ». Le jeu subtil du chat et de la souris entre l’inspecteur borné et le meurtrier qui garde apparemment son calme rappelle une nouvelle fois « Columbo ».

Mais Derrick n’a aucune preuve, ne trouve rien : il s’emporte même dans une scène.

De son côté, Kolberg reçoit la visite de Lisbeth, la nièce de sa gouvernante : une très jolie jeune femme au visage d’Ange (c’est Verena Peter ici dans un rôle d’apparition) ce qui lui fait vraiment, vraiment beaucoup de bien.

Mais s’il espérait que sa femme reste à ses côtés, c’est raté : elle s’en va et lui, à définitivement le cœur brisé, besoin d’attention comprendra Derrick. Tellement besoin qu’il en mourra.

C’est également l’autopsie d’un couple brisé par le handicap de l’homme, devenu accro à l’attention, à être celui que l’on remarque, à être celui qui feint de ne pas souffrir pour exister, en se comportant d’une manière totalement opposée à celle attendue.

La mise en scène offre des plans originaux, comme celui où Kolberg est dans son lit : nous le voyons entre deux tas de livres.

Anecdotes :

  • Ursula Lingen (Dora) avait déjà jouée « Lena » (saison 6, épisode 7). Elle reviendra dans quatre autres épisodes. Julia Kammann (Madame Wilmers), Klaus Herm (Soskind), Hans Quest (Münardy) et Hilde Volk (la mère de Prestel) ont déjà jou(e)és et reviendront dans la série.

  • Verena Peter (Lisbeth) signe sa cinquième et dernière apparition dans la série. Sa première fut « Du sang dans les veines » (saison 7, épisode 7) où elle incarnait une junkie en manque : incontestablement son rôle le plus fort, le plus éprouvant qu’elle a eue dans la série.

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