Saison 1Téléfilms

Dossiers brûlants

Présentation


A Chicago, malgré le scepticisme de son rédacteur en chef et ami de longue date Tony Vincenzo, le journaliste Carl Kolchak s’acharne à enquêter sur des crimes aussi abominables que mystérieux, le plus souvent nocturnes. Surnommé le Guetteur de Nuit, Kolchak s’intéresse particulièrement aux meurtres relevant du Surnaturel, allant plus loin que ne le peut, ou ne le désire, aller la police de la ville. Celle-ci est représentée par le Capitaine Siska, souvent exaspéré par ce journaliste venant régulièrement perturber son travail, tandis que la Goule, employé de la morgue, s’avère un allié précieux. Mais Kolchak doit avant tout faire face aux monstres qu’il découvre au terme des pistes qu’il remonte avec une passion opiniâtre, encore et toujours en quête de la vérité.

Malgré l’aide de son appareil photo et de son magnétophone, Kolchak doit malgré tout souvent composer avec le manque de preuves matérielles. Adorant sa Ford Mustang jaune, New-yorkais jusqu’au bout des ongles, toujours vêtu en journaliste des années 50 et au faîte de toutes les ficelles de son métier, il forme également une figure pittoresque de son agence d’informations, l’Independant News Service. Lié d’amitié avec Miss Emily Cowles, en charge du courrier des lecteurs, son mépris des conventions sociales et des puissants lui vaut par contre l’hostilité du chroniqueur mondain Ron Updyke. Malgré ses sonores colères devant les théories farfelues avancées par Kolchak, Tony Vincenzo, grande gueule sympathique, lui maintient son amitié et le laisse œuvrer à sa guise, tout au long de ses périlleuses enquêtes hors normes menées au cœur de la nuit de Chicago.

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A la fin des années 60, l’auteur Jeffrey Grant « Jeff » Rice ne parvint pas à trouver un éditeur pour son roman The Kolchak Papers. Celui-ci narrait une enquête menée par le journaliste Carl Kolchak menée à propos d’un serial killer s’avérant finalement être un Vampire. L’action se situait à Las Vegas, ville où résidait de longue date l’écrivain. Son agent eut alors la brillante intuition que le livre pourrait tout à fait servir de base à un scénario de téléfilm. Il réussit à vendre le projet à ABC, en octobre 1970.

 

Judicieusement, les dirigeants du Network confièrent l’adaptation du manuscrit à Richard Matheson, à la fois l’une des plus brillantes plume américaines des littératures de l’imaginaire et praticien éprouvé de l’écriture télévisuelle, notamment depuis sa participation marquante à La Quatrième Dimension. Rebaptisé The Night Stalker et diffusé le 11 janvier 1972, le programme va connaître un immense succès, avec des audiences encore jamais rencontrées pour un téléfilm. Il connut même par la suite une diffusion en cinémas. Le public apprécie particulièrement la prestation de Darren McGavin en interprète de Kolchak. Richard Matheson reçut l’Edgard Howard, pour le meilleur scénario télévisuel de l’année. 

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L’écho rencontré suscita naturellement la production d’un autre téléfilm, The Night Strangler, diffusé le 11 janvier 1973, se déroulant cette fois à Seattle. Écrit cette fois directement par Richard Matheson, il va s’avérer pratiquement aussi populaire que son prédécesseur. Le succès une nouvelle fois rencontré va permettre à Jeff Rice d’enfin publier son roman, mais aussi sa suite, car c’est lui lui procède à la novélisation du scénario de The Night Strangler. Un va-et-vient original entre écritures littéraire et télévisuelle.

Alors qu’un troisième téléfilm était à l’étude (The Night Killers, se déroulant à Hawaï) ABC décida de plutôt commander une série. Kolchak : The Night Stalker, Dossiers brûlants en version française, est diffusée de septembre 1974 à mars 1975. Richard Matheson, désirant ne pas se lier à un projet de longue durée, ne sera toutefois pas de la partie. Dès le lancement du projet, la vedette de celle-ci, Darren McGavin, autour de qui s’est cristallisé le succès des téléfilms, obtint un statut officieux de showrunner. Sans être crédité, il supervisa l’écriture des scénarios et imposa sa vision de Kolchak et de l’univers de ce dernier. La forme narrative voyant Kolchak nous raconter ses enquêtes sera conservée.

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Le pittoresque journaliste et son sceptique rédacteur en chef vont désormais officier à Chicago et affronter tout un bestiaire hétéroclite, au long de 20 épisodes. De grandes figures de l’épouvante gothique répondent à l’appel (Vampire, sorcière, loup-garou, momie...), aussi bien que d’autres relevant de la Science-fiction (Robots, extraterrestres…), ou issues de folklores divers (amérindien, créole ou hindou). Kolchak rencontre également quelques personnalités, telles le Cavalier sans tête, Jack l’Éventreur, ou encore Hélène de Troie !

L’écriture des épisodes fait l’objet d’un grand soin, utilisant ces figures bien connues souvent de manière originale au sein de l’Amérique des années 70, sur un rythme soutenu et des rebondissements astucieux. Les auteurs (parmi lesquels on trouve un jeune David Chase, bien avant Les Soprano) savent souvent privilégier la stimulation de l’imagination, plutôt que l’exposition littérale de l’horreur. Ils n’hésitent pas à souvent recourir à un divertissant second degré (notamment pour les seconds rôles), sans toutefois altérer la nature du récit horrifique. Celui-ci a sans doute inévitablement pris un coup de vieux aujourd’hui, notamment les effets spéciaux, mais l’humour (souvent noir) de l’ensemble demeure intact, de même que le charisme de Kolchak et l’intérêt de sa personnalité singulière.

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Sans être catastrophique, l’audience demeura simplement correcte tout au long de la saison 74-75, loin de celle des téléfilms et progressivement décroissante. Diffusée le vendredi à 22h, puis 20h,  le programme était soumis à forte concurrence : Sergent Anderson sur NBC et le Friday Night Show sur CBS. La férule de Darren McGavin alourdit également le climat de la production. Celle-ci enregistra plusieurs départs, dont celui de Gil Mellé, compositeur de la célèbre musique du générique, ou du producteur Paul Playdon, formellement en charge du programme, remplacé par Cy Chermak. L’obligation de tourner de nuit de nombreuses scènes, ajoutait une contrainte supplémentaire, usant l’équipe technique soumise également à la coutumière pression des délais et d’un faible budget. Épuisé et lassé, l’acteur annonça qu’il ne reviendrait pas pour une saison 2, signifiant l’abandon d’une série pourtant loin d’avoir épuisé son potentiel.

Malgré son bref parcours, Dossiers brûlants, souvent considérée comme la toute première série américaine d’épouvante, aura néanmoins su plaire à une toute une partie de la jeunesse. Après avoir séduit une génération d’amateurs d’émotions fortes, la série a acquis une dimension culte au fil du temps, pour son mélange d’épouvante aux allures de série noire et d’humour incisif. En France, elle a été diffusée sur Canal + en 1989 et sur 13ème Rue en 2006, mais les deux téléfilms initiaux demeurent inédits.

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Son souvenir se poursuit également à travers les X-Files, Chris Carter, fan depuis toujours, l’ayant souvent citée comme source d’inspiration majeure de son concept. Et en effet les convergences abondent : paranormal traité à travers le format, sinon d’enquêtes policières, du moins journalistiques s’en rapprochant beaucoup, panorama très larges des thèmes traités, relevant aussi bien du Fantastique que de la Science-fiction, héros croyant au Surnaturel jusqu’à y perdre sa réputation professionnelle et ayant souvent à débattre avec un partenaire sceptique (le rédacteur en chef Tony Vincenzo), Monstre de la semaine, thématique de la vérité à découvrir, nombreux guests marquants, pas nécessairement déjà connus. C’est bien à juste titre qu’il invitera Darren McGavin, peu avant la mort de ce dernier, à venir interpréter un agent du FBI des années 50, à l’origine de la création du service des Affaires non classées.

Toutefois la série présente deux spécificités. Contrairement à Mulder & Scully (mais aussi Buffy, les frères Winchester, Dale Cooper ou Olivia Dunham), Kolchak a bien des amis mais sans que ceux-ci interviennent le moins du monde dans le volet fantastique de ses activités. Face aux créatures des ténèbres, il enquête et agit toujours résolument seul, ce qui prive l’intrigue d’une important moteur et fait tout reposer sur Darren McGavin, jusqu’à l’épuisement. Par ailleurs, contrairement aux X-Files, aucun fil rouge, ou Mythologie, ne vient dynamiser une structure narrative demeurant invariablement épisodique, composée uniquement de loners tournant inexorablement au Formula Show.

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Bouclant la boucle, Franck Spotnitz produisit en 2005 Night Stalker : le Guetteur, remake de la série initiale lui-même très marqué par l’ambiance des X-Files (avec un héros doté d’associés à part entière et d’une Mythologie organisée autour d’une quête personnelle, à propos de son épouse disparue). Malgré ses qualités, cette tentative ne rencontra pas son public et s’arrêta au bout de dix épisodes. Lors de la saison 10 des X-Files (2016), l’auteur Darin Morgan rendra un ultime hommage à Carl Kolchak, le protagoniste très particulier de son épisode Mulder and Scully meet the Were-Monster apparaissant de son proverbial costume au chapeau de paille.

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A Chicago, malgré le scepticisme de son rédacteur en chef et ami de longue date Tony Vincenzo, le journaliste Carl Kolchak s’acharne à enquêter sur des crimes aussi abominables que mystérieux, le plus souvent nocturnes. Surnommé le Guetteur de Nuit, Kolchak s’intéresse particulièrement aux meurtres relevant du Surnaturel, allant plus loin que ne le peut, ou ne le désire, aller la police de la ville. Celle-ci est représentée par le Capitaine Siska, souvent exaspéré par ce journaliste venant régulièrement perturber son travail, tandis que la Goule, employé de la morgue, s’avère un allié précieux. Mais Kolchak doit avant tout faire face aux monstres qu’il découvre au terme des pistes qu’il remonte avec une passion opiniâtre, encore et toujours en quête de la vérité.

Malgré l’aide de son appareil photo et de son magnétophone, Kolchak doit malgré tout souvent composer avec le manque de preuves matérielles. Adorant sa Ford Mustang jaune, New-yorkais jusqu’au bout des ongles, toujours vêtu en journaliste des années 50 et au faîte de toutes les ficelles de son métier, il forme également une figure pittoresque de son agence d’informations, l’Independant News Service. Lié d’amitié avec Miss Emily Cowles, en charge du courrier des lecteurs, son mépris des conventions sociales et des puissants lui vaut par contre l’hostilité du chroniqueur mondain Ron Updyke. Malgré ses sonores colères devant les théories farfelues avancées par Kolchak, Tony Vincenzo, grande gueule sympathique, lui maintient son amitié et le laisse œuvrer à sa guise, tout au long de ses périlleuses enquêtes hors normes menées au cœur de la nuit de Chicago.