saison 5 saison 7

Cannon

Saison 1


1. PILOTE
(CANNON)



Si l’on retrouve avec plaisir l’Amérique et les comédiens de 1971, on peut déplorer que l’image du DVD non restaurée ressemble à un simple transfert de VHS.

Frank Cannon (William Conrad), détective privé, reçoit une lettre de la veuve d’un de ses amis de la guerre de Corée. Ken Langston a été assassiné et son épouse Diana (Vera Miles), soupçonnée du meurtre, a écrit au détective pour l’engager. A peine arrivé en ville, Gallitin au Texas, il doit subir un contrôle de police. Pour ce pilote, nous sommes gâtés côté distribution : J D Cannon, Barry Sullivan, Earl Holliman, Keenan Wynn, Murray Hamilton, et côtés dames en plus de Vera Miles une Lynda Day George qui n’a jamais été aussi sexy (en bikini !). Ce sont des comédiens typiques de l’époque, Barry Sullivan le milliardaire Jordan Braddock assoiffé du sang de « L’immortel », J D Cannon le lieutenant Holman du pilote des envahisseurs, Earl Holliman, le partenaire d’Angie Dickinson dans « Sergent Anderson ». Vera Miles passe ici de l’univers d’Hitchcock à celui des séries télévisées.  William Conrad se démarque des héros de l’époque par son poids. Il est le premier héros détective gros.

Très vite, Cannon se rend compte de l’hostilité envers la veuve Langston qui reçoit des appels anonymes à la grande indifférence de la police locale qui n’a pas l’air très catholique. Comme son confrère Mannix, Cannon défend la veuve et l’orphelin (ici Diana ne peut pas le payer !). Il donne une image rassurante et débonnaire du chevalier sans peur et sans reproches.

Avec « Cannon », on aborde les séries qui comme « Opération vol » et « Mannix » n’ont pas atteint le statut de séries culte. C’est du bon spectacle, sans prétention. Cannon se fond dans la population car il ressemble à l’américain lambda et non au héros.

Cannon ici dérange les habitants de la petite ville qui ont décidé que Diana Langston était la coupable. On croit rêver en voyant que la course en taxi coûtait …1.70 dollars en 1971, et que donner un billet de 5 dollars était un acte de grande générosité de la part du détective. Si Cannon se déplace en taxi, c’est qu’un accident a été provoqué par un indigène sous l’œil complaisant du shérif Calhoun (Barry Sullivan). Nous sommes dans un Texas arriéré (cela n’a pas dû trop changer depuis 1971) dans le genre de petites villes où David Vincent, héros d’une autre production Quinn Martin, allait enquêter.

En buvant de la bière, Cannon ne choisit pas la meilleure façon de perdre du poids. Ah, les vieilles cabines téléphoniques à cadran, quel témoignage préhistorique à l’heure du portable ! Cannon cherche et trouve le bar d’où viennent les appels anonymes à Diana. Même s’il n’est pas Mike Hammer, Cannon est capable de se débrouiller et de trouver la vérité. En se promenant dans les bars, il attise la curiosité et l’hostilité envers lui. Le motel que tient Diana est l’objet d’une attaque à l’acide. Le lieutenant Kelly Redfield (J D Cannon), censé de déplacer après l’attentat, envoie un adjoint, Magruder (Earl Holliman). Notons que Redfield est l’heureux mari de la belle Christie (Lynda Day George). Il se montre hostile envers le détective et veut qu’il quitte la ville.

Cannon poursuit son enquête auprès du barman Eddie (Keenan Wynn). Il cherche à découvrir qui est l’auteur de l’appel anonyme. Il en reçoit alors un d’une femme qui lui parle de l’acide qui a été volé d’un camion. La femme prétend savoir où se trouve le reste. Elle lui donne rendez vous dans une maison en ruines où l’on tente de le tuer. Cannon est blessé au bras. Nous apprenons alors que le détective est un ancien lieutenant de police qui a démissionné.

En se rendant chez Redfield, Cannon rencontre sa sculpturale femme, Christie. Diana lui apprend qu’elle a la cousine de Virgin Holley (Murray Hamilton), un type excentrique que le détective a rencontré dans un bar. Kelly est très jaloux. Sa femme est native de Warren Springs. Cannon s’y rend avec sa cliente car il est persuadé que Christie est mêlée au crime. Diana découvre que le premier mari de la jolie suspecte est mort électrocuté dans sa baignoire il y a trois ans. En revenant de Warren Springs, un camion tente de provoquer un accident pour tuer Cannon et Diana.

Christie est aussi belle que dangereuse, mais Cannon fera triompher le bon droit dans cet endroit paumé du Texas.

A l’issue de ce pilote, on se prend à regretter que « Les envahisseurs » n’ait pas continué au-delà de deux saisons. Cette production Quinn Martin avec beaucoup d’endroits isolés, de décors naturels sensationnels, de comédiens vus dans les deux séries, rappelle beaucoup au niveau de la production (et pour cause, même auteur) les investigations de David Vincent. Les histoires de détective de Frank Cannon ont pris un coup de vieux (comme celles des autres privés Mannix, Matt Helm ou Thomas Banacek), mais ce pilote reste un modèle du genre. Pas sûr par contre que les cinq saisons qui le suivent maintiennent cette qualité.

Retour à l'index


2. LE RODÉO DE LA MORT
(SALINAS JACKPOT)

Durant un rodéo, des hommes déguisés en clown braquent une banque, volent 100 000 dollars et tuent quatre guichetiers qui les ont reconnu. Une compagnie d’assurance engage Cannon qui commence son enquête auprès d’une jeune veuve, Glenda Donaldson (Sharon Acker) et de son fils. Le détective se fait passer pour un producteur à la recherche de clowns pour rodéos.

Après le pilote avec Vera Miles qui proposait des décors somptueux (La petite ville, son casino, ses motels, ses espaces naturels), nous sommes surpris par le manque de moyens ici. Beaucoup de séquences semblent tournées en studio, et le chef opérateur nous propose des couleurs criardes et des décors hideux et kitsch. Cannon soupçonne très vite un certain Bud (Tom Skerritt, futur héros de « Picket fences » diffusé chez nous sous les titres de « Un drôle de Shérif » puis « La ville du grand secret », alors à l’aube de sa carrière). Ainsi que Howdy Briscoe, l’homme qui a été reconnu par ses victimes lors du hold up. Cannon assume sa corpulence et lorsqu’ on l’appelle « fat man », il ne se vexe pas. La série est datée lorsque Glenda parle de son mari qui vient d’être tué au Vietnam.

La chasse à l’homme dure bien trop longtemps. Côté musique, on lorgne vers le jazzman Lalo Schifrin mais John Parker est vraiment un cran au dessous. La musique aux thèmes pompiers nous casse les oreilles. Sharon Acker, sans charme ni charisme, finira sa carrière dans… « Les feux de l’amour ». Son fils, Shawn Donaldson (Vincent Van Patten) joue nettement mieux qu’elle.

Avec son découpage en quatre actes, on reconnaît la patte de Quinn Martin. Mais cette production restera la plus modeste de sa carrière si l’on considère que les autres sont « Les Envahisseurs, « Les incorruptibles », « Le Fugitif » et « Les rues de San Francisco », toutes largement mieux réussies que « Cannon ».

Le scénario du « Rodéo de la mort » est très linéaire à compter du moment où Cannon recherche les deux tueurs. On s’ennuie parfois. On note aussi un manque d’humour. Bref, il ne faut pas attendre des miracles de cette série qui n’atteindra jamais les sommets du genre. Les fans des envahisseurs reconnaîtront toute l’équipe des producteurs : Adrian Samish, Arthur Fellow, Alan A. Armer. Elle reste surtout valable pour ses guest-stars (pas dans cet opus) et pour la nostalgie.

Retour à l'index


3. UN BON CONSEIL
(DEATH CHAIN)

Harry Kendrix, un banquier, a une liaison avec sa secrétaire Donna. Elle est enlevée sous ses yeux par un homme qui l’emmène en voiture, puis l’écrase.

Dès le pré-générique, on sait que l’épisode va être palpitant. Nous retrouvons  dans le rôle du client de Cannon, Kendrix, un comédien phare des années 60, William Window. Il fut le frère de David Vincent  et sur le tard le docteur Hazlitt dans « Arabesque ». Très vite, Kendrix parle d’un certain Leon (Sorrel Brooke, Greendberg dans « le riche et le pauvre 2 : les héritiers ») qui était l’amant de Donna avant lui. Mais il n’est pas celui qui a enlevé Donna. Kendrix dirige une banque dont la clientèle est très conservatrice et sa femme consacre sa vie aux œuvres de charité. S’il n’est guère étonnant qu’il ait été voir ailleurs, sa situation sociale est menacée. L’assassin est une petite frappe du nom de Joe (Don Gordon). Cannon fouille l’appartement de Donna. Il y découvre des choses intéressantes sur la mort suspecte d’un certain Vermillon mais se fait surprendre par le sergent de police Rissmiller. C’est le troisième épisode et nous commençons à en apprendre plus sur notre héros : il est resté dix ans dans la police. A l’enterrement de Donna, Cannon aborde le frère de la défunte, Woodward (Stewart Moss) à qui il apprend que ce n’est pas un accident. Joe les espionne. Cela semble irréel mais en 1971, pour faire un appel longue distance, il fallait passer par une opératrice. Ce que fait le frère. On est surpris par la ressemblance entre Stewart Moss et un acteur plus connu de cette période, Bradford Dillman. Cannon apprend que Vermillon est mort lors d’un accident de plongée. Il y a beaucoup d’accidents suspects autour de lui apparemment. Après la sœur, Joe tue le frère en le défenestrant. Donna et Vermillion n’étaient pas blancs comme neige, elle travaillant déjà dans une banque à San Francisco, l’homme électricien de génie, ils ont participé il y a sept mois à un gros coup avec Joe.

Il suffit de voir la femme de Kendrix pour comprendre qu’il l’ait trompée. Tandis que Leon fait chanter le banquier, Cannon se rend à San Francisco,  l’appel  longue distance qu’ayant fait Woodward étant pour un certain Frank Eccles. Ce dernier n’est autre que…Joe. Le détective est bien imprudent de s’approcher de l’homme qui a un chalumeau en main. On devine la suite. Davantage qu’une affaire pour  roman de Mickey Spillane, on a l’impression d’être dans une enquête de Mc Garrett. Ici, en se faisant payer par un banquier, Cannon fait un job que Kojak aurait fait pour un salaire mensuel. C’est donc plus du « police procedural » que du travail de privé. Le sergent Rissmiller ne semble pas très ravi que le gros détective le précède toujours d’une longueur d’avance. Pas de temps mort, une intrigue solide, du suspense, que demander de plus. 51 minutes de pur plaisir.

Retour à l'index


4. PIÈGES
(CALL UNICORN)

Dans une entreprise de transport  ont lieu des vols de marchandises qui proviennent  de routiers de la maison. L’un d’eux, découvrant les faits, est assassiné. Le patron et la veuve du chauffeur engagent Cannon pour élucider l’affaire après que trois détectives  privés aient été tués.

Voilà un épisode très original, et qui fut tardivement diffusé en France, on se demande bien pourquoi. On y retrouve Charles Cioffi (le chef de « L’homme de Vienne »), Wayne Rogers ici gangster qui sera plus tard le héros de « Los Angeles années 30 », potentielle série à présenter un jour dans ce hors série, Patricia Smith (« Les envahisseurs : l’innocent). La grosse surprise est de retrouver Cannon en routier, une couverture pas évidente car nous voyons notre héros  faire une marche-arrière, un demi-tour avec un semi remorque comme s’il avait fait cela toute sa vie. On comprend très vite que l’affaire est grave après le meurtre du mari de Lyn ( Patricia Smith). Cannon qui a pris l’identité de Frank Pulaski reçoit un message « Appelez Unicorn ». En composant le numéro à partir des lettres d’un vieux cadran, il a au bout du fil un interlocuteur qui lui promet 500 dollars  s’il se rend à un rendez vous dans un relais et laisse voler la marchandise.

Cette-fois, on s’éloigne du policier classique. Cannon a davantage la mission d’un espion genre Jim Phelps ou John Drake. Cannon  se rend au relais mais le camion est vide. Il est rapidement enlevé sur l’ordre de Marty (Charles Cioffi). Dans le garage souterrain, l’ambiance rappelle celle des « Incorruptibles ». Notons que depuis le pilote, Frank Cannon lors des bagarres utilise une figure de Karaté, toujours la même, qui provoque le coup du lapin chez son adversaire. L’image aux couleurs non remasterisées donne aux yeux bleus du comédien un reflet étrange. Si Patricia Smith a toujours été laide, sa sœur Sharon  ici est jouée par la ravissante Jenny Sullivan qui tenait un rôle récurrent dans la série « V ». Sharon cependant  s’étonne  que Lyn se soit remariée si vite après avoir perdu son mari. Marty confie ses craintes sur Pulaski, mais Steve (Wayne Rogers) promet de s’occuper de lui.  Sharon s’étant invitée sans prévenir, Il faut la loger. Lyn  suggère au détective de venir dormir avec elle, mais il décline l’offre. Le lendemain, Steve arrive et rencontre Sharon qu’il connaît depuis le lycée.

S’incrustant chez sa sœur, découvrant des éléments qui mettent en doute l’identité de Frank Pulaski-Cannon, et flirtant avec Steve, elle met en danger la couverture du héros. Le gang réussit à voler le chargement et à enlever Cannon. Il va être tué sur l’ordre de Marty mais Steve pense que l’on peut en tirer quelque chose jusqu’au moment où cette cruche de Sharon, qui sort avec lui, révèle que sa sœur porte toujours l’alliance de Sam, son défunt mari. Nous avons droit à une cascade époustouflante à bord d’un poids lourd sur une route de montagne lorsque Cannon conduit et que Steve veut le tuer. Du grand spectacle.

Retour à l'index


5. TRAFIC AÉRIEN
(COUNTRY BLUES)

Woody Long, un rocker, trouve la mort dans un accident d’avion. Cannon est engagé par la compagnie d’assurance  pour déterminer les circonstances de l’accident.

Cet épisode évoque évidemment la tragique destinée de Buddy Holly, Ritchie Valens et le moins connu Big Bopper qui tous trois trouvèrent la mort à bord d’un avion le 3 février 1959. En Amérique, on appelle ce jour maudit « The day the music died ». Buddy Holly n’avait que 22 ans et tant « Peggy Sue » que de son confrère d’infortune Ritchie Valens « La bamba » sont des chansons qui leur ont survécu. « Trafic aérien » a été diffusé une première fois en mai 1973 sur la naissante 3e chaîne ORTF, mais deux ans plus tard, comme l’épisode « Le Meurtre sur la plage », cet épisode fut à la fois diffusé dans « Samedi est à vous » sur TF1 mais aussi le dimanche soir sur FR3. Et ce à la même période (juin-juillet 1975).

On y retrouve une pléiade de vedettes : Clu Culager ( guest star familier de l’époque), Joan Van Ark (Valene Ewing dans « Côte Ouest »), tandis que le jeune Mark Hamill, inconnu lors des premières diffusions, est devenu Luke Skywalker dans « La guerre des étoiles ». Il est le jeune fils de fermier qui assiste au crash de l’avion.

Bien entendu, Cannon, venant enquêter pour l’assurance, est accueilli comme un cheveu sur la soupe tant par le frère du défunt chanteur B J Long (Clu Culager) que de la veuve Jo Anne (jouée par Diane Varsi).

Typiquement américain, le lieu du crash devient… payant. C’est 2 dollars pour visiter l’endroit. Le fermier est joué par une « gueule » des années 60, Ford Rainey.

Très vite, Cannon trouve des preuves du sabotage. A partir de là, on s’éloigne de l’histoire de ce pauvre Buddy Holly victime lui des conditions climatiques lors du crash de son avion.

Pete, grièvement blessé, se trouvait à bord de l’avion. Il peut juste répondre à Cannon qu’il ne sait pas pourquoi il n’y avait qu’un parachute à bord. Francine Dexter, sa petite amie (Joan Van Ark) est habillée comme un membre du groupe Abba, terribles années 70 avec les vêtements qui nous semblent aujourd’hui kitsch.

Le bassiste de Woody Long, Harm, se met à suivre partout Cannon. Il a des airs patibulaires. Le problème dans les séries américaines (ce sera le cas dans « Code Quantum : « Concert hard rock »), c’est que les chanteurs imaginaires interprètent des morceaux spécialement écrits pour un épisode de 50 minutes, et que c’est évidemment très mauvais. En particulier dans les œuvres qui relèvent du genre policier fiction. S’il s’agit d’une série musicale, il en va tout autrement, et les morceaux originaux sortent même en cd  (« Cop Rock », « Fame », ou  l’épisode chanté de « Buffy contre les vampires »).

Cannon découvre que Francine était la maîtresse de Woody. Harm meurt empoisonné. Selon le détective, c’est lui qui a saboté l’avion et on l’a fait taire, car il avait un complice. Le chanteur au final n’était pas visé, c’est Pete, trafiquant de cocaïne qui était la cible.

Cannon résoudra cette intrigue tout en restant très humain, en comprenant qu’un enchaînement de circonstances a entraîné le drame, et il empêchera de faire couler le sang. L’harmonica de « Woody Long » accompagne toute l’histoire. Comme pour « Mannix », 40 ans après, on se rappelle quelques scènes choc, mais pas les intrigues. Cela n’empêche pas cet épisode d’être un excellent divertissement.

Retour à l'index


6. L'APPEL SILENCIEUX
(SCREAM OF SILENCE)

Edgar Lassiter, riche homme d’affaires aux ambitions politiques (il veut devenir gouverneur), demande à Cannon d’aller verser la rançon pour son fils kidnappé et de le ramener vivant.

On retrouve dans cet épisode resté curieusement très longtemps inédit Jason Evers (« Les envahisseurs : Alerte au rouge » et souvent guest star chez « Mannix ») et Tim O’Connor que les français ont découvert en 1975 dans « Peyton Place » qui incarne ici Edgar Lassiter. L’enfant réussit à s’évader mais de peur, il est devenu muet.

Pour ceux qui regardent la série en VF, il est facile de distinguer les épisodes rapidement diffusés dès 1973 de ceux qui seront doublés tardivement.  Tout simplement parce que l’acteur qui double William Conrad était la voix française de Roger Moore, Claude Bertrand, mort  le 14 décembre 1986, son dernier doublage fut « Dangereusement vôtre ». C’est l’inconvénient de la VF avec cette voix qui change pour une partie des épisodes.

Très vite, on est tenté de soupçonner l’homme de confiance de Lassiter, Art Miller (Jason Evers). Une chose étrange se produit : l’enfant a peur de… Cannon ! Pas de jolie actrice dans l’épisode qui est une histoire d’hommes. La seule comédienne joue le rôle d’une psychiatre et n’a aucun charisme. Le petit Charles est en danger car les ravisseurs pensent qu’il va retrouver la parole et qu’il faudra le faire taire.

William Conrad cherche ses marques (nous n’en sommes qu’au sixième épisode). Nous français avons vu les épisodes dans le désordre, mais dès la saison 1, l’acteur deviendra souriant et plein d’humour, alors que dans les premiers épisodes dans l’ordre de production, il manque d’humour, semble tendu, parfois maladroit. Il essaie de se donner une contenance en prenant des airs parfois un peu hautains ou froids.

Dans la scène où il essaie d’apprivoiser l’enfant, on commence à découvrir cette dimension humaine et paternaliste de Cannon. Le suspense est peu éventé car les malfaiteurs ne cessent d’être informés par des coups de fils venant de l’immense propriété de Lassiter.

Cannon comprend que l’un des ravisseurs a reçu un coup de cisailles de l’enfant, et demande au policier qui enquête, Manny Figueroa, la liste des docteurs des environs. Les ravisseurs ont dû faire appel à un médecin.

Après un début assez palpitant, l’épisode perd son rythme. On assiste à une scène où Frank Cannon se différencie de ses confrères télévisés : il peut être assez brutal. On n’imagine pas Mike Connors « Mannix » dans cette séquence. Le final lors du match de football américain est un peu « téléphoné ».

On a soupçonné à tort ce pauvre Jason Evers. Rappelons une fois de plus que sur les DVD, l’image fait tellement VHS délavée qu’il est difficile de faire des captures  correctes : un véritable scandale pour les consommateurs.

Retour à l'index


7. DES MORTS DANS UNE VILLE FANTÔME
(FOOL'S GOLD)


 

Un règlement de comptes a lieu entre truands à propos d’un butin que Cannon est chargé de retrouver. 900 000 dollars ont été volés dans un fourgon à Albukerque par un certain Alexander Roper, mais il serait décédé.

Episode diffusé en 1973 chez nous, donc avec la voix française de Claude Bertrand.  Jean Berger est aussi du lot. Il double ici Andrew Duggan, le héros de la série « Le Ranch L », qui incarne le médecin local.

L Q Jones est la seule autre vedette connue de l’épisode. On l’a vu dans « Cimarron », « Le Proscrit », « La grande vallée », « Sam Cade », « Drôles de dames », etc. Il retrouve ici son emploi habituel : le méchant.

Comme dans un western, Cannon, dès son arrivée dans la petite ville quasi fantôme, se heurte à l’hostilité générale. Le présumé coupable du hold up est au cimetière local. Cet épisode reprend le thème de la différence de culture entre les grandes cités comme Los Angeles (d’où vient Cannon) et les petites bourgades de province américaines où la loi de la jungle est de mise.

Le seul allié de Cannon est le médecin qui a prodigué des soins à Roper avant qu’il meure. Mais le détective doute de la mort du bandit.

Phil Mackey (L Q Jones) dirige d’une main de fer la ville entière. Il contrôle le shérif. Très vite, nous découvrons que Roper n’est que blessé et que Mackey le protège.

Voilà une enquête pleine de suspense mais classique, qui aurait pu être menée par n’importe quel détective, de Matt Helm à Mannix. C’est le genre d’affaires auxquelles ne sont pas confrontées les flics des grandes métropoles comme Mike Stone, Mc Garrett ou Kojak.

La fille de l’épisode, Ginger (Pamela Payton Wright), n’est pas mémorable. L’épisode peut séduire les nouvelles générations car c’est le genre de séries que l’on ne voit plus aujourd’hui. Les anciens téléspectateurs, sans être déçus, auront leur compte de suspense, même si l’on peut deviner d’avance toutes les péripéties que devra affronter Cannon.

C’est la conspiration du silence dans la petite communauté dans laquelle l’étranger n’est pas le bienvenue. Le gêneur va être blessé par une balle au bras. Ginger lui vient en aide. Il y a un côté « Le village de la mort » de « Chapeau melon et bottes de cuir » dans cet opus, mais sans le génie de la série britannique.

Andrew Duggan retrouve les personnages torturés qu’il incarne souvent, à mi-chemin entre le bien et le mal. Cette saison fut proposé dans « La Une est à vous », et les téléspectateurs ne la choisissaient jamais,  preuve que le public français n’a jamais fait grand cas de la série.

L’intrigue est simple mais efficace : avec son butin volé, Roper a acheté toute la ville. La morale de ce genre de scripts est que le citadin malin et rusé réussit face à la force des indigènes. C’est l’Amérique du XXe siècle contre celles des pionniers. Il y a des relents de far west dans cet opus.

Cannon sème le doute dans l’esprit de Mackey. Les numéros des billets sont connus. Au lieu de rouvrir la mine, qui faisait vivre la petite ville, Roper s’enfuiera.

On peut douter à la différence des USA que la France édite l’intégrale de la série. D’ailleurs, même sur les chaînes du câble, « Cannon » n’attirerait pas d’audience. On y rediffuse « Columbo » et même « Walker Texas Ranger », mais plus les séries relatant les exploits des privés des années 70.

Bien entendu, le bien triomphe du mal. Nous avons droit à une belle cascade entre la jeep du privé et l’avion du bandit en fin d’épisode.

L’effet nostalgie, en tout cas, est garanti.

Retour à l'index


8. LE CERCUEIL ÉLECTRIQUE
(THE GIRL IN THE ELECTRIC COFFIN)

Cannon refuse une affaire et conseille l’un de ses amis, Harry Sommers. Il s’agit de retrouver une fille qui a fait une fugue. Mais Sommers est assassiné. Sa veuve, Liz, lui demande de trouver qui a tué son mari.

Cannon avait refusé l’affaire car il s’agissait d’une banale fugue. Mais il se sent responsable d’avoir envoyé son ami à la mort. Episode tardivement diffusé en France. L’enquête, retrouver une certaine Nicole Alexandre, ne présentait pas apparemment de danger, mais à peine l’a-t-il reprise qu’un certain Paul Whitney (Andrew Prine) tente de le tuer après avoir fouillé dans les dossiers du détective tué.

Liz tente d’aider Cannon. La fameuse Nicole est recherchée aussi par une bande de tueurs. Notre héros découvre que Nicole se déplace à travers le pays en suivant un groupe de rock appelé « Les bons à tout bon à rien  » (sic) et il rencontre leur manager, Austin. Il apprend de la part d’un musicien que deux membres du groupe (qui s’est séparé) en ont  fondé un autre, « Le cercueil électrique ». Il y a une « Nicki » dans ce nouveau groupe, qui pourrait bien être la Nicole recherchée. Liz a peur que Cannon se fasse tuer.

Le scénario est tellement tiré par les cheveux que l’on comprend pourquoi l’épisode n’a pas été acheté avec la fournée de 13 en 1973. Quand il va à Reyno, Cannon découvre que Nicky a été remplacée par une certaine Julie (Lynne Marta). Peu après, Julie est questionnée par Paul Whitney.

Au bout de 27 minutes, on s’ennuie ferme. L’épisode est raté. Nicole est comme l’arlésienne, on ne la voit jamais. Inutile de dire que la musique est parfaitement  insupportable. Bricolée en vitesse pour l’épisode, elle ruine le peu de crédibilité du scénario. Quant à la fameuse Nicole, on la recherche parce qu’elle a été témoin d’un meurtre.

Julie avoue être Nicky au tueur Paul Whitney qui fait passer Cannon pour un criminel recherché. Le scénariste n’explique pas pourquoi Julie/Nicky fait confiance à l’un et pas à l’autre, Cannon a tout de même présenté son insigne et pas l’autre ! Notons qu’en VF, Julie devient… Judy ! Et Paul Whitney Carl Whitney. On se demande bien pourquoi.

Plus on avance dans les révélations, plus l’intrigue est tortueuse. La mère de Nicky pense qu’elle est amoureuse de Jess Whitney, le frère de Paul, alors que Nicky a vu Jess tuer la vraie Mrs Alexandre que sa mère a remplacé.

Voilà un script qui aurait dû rester au fond d’un cercueil. C’est mal fagoté, ni fait ni à faire. Ce n’est d’ailleurs pas représentatif du niveau de la série qui est meilleur que cet opus raté.

Retour à l'index


9. UNE LONGUE JOURNÉE
(DEAD PIGEON)

L’inspecteur de police Sean Loomis est accusé de meurtre. Il engage Cannon pour le sortir de là, mais le détective doit composer  avec le sergent Artman persuadé de la culpabilité de Loomis.

« Cannon » a du mal à faire ressurgir chez nous la nostalgie des années 70 comme peuvent le faire « Baretta », « Matt Helm » et « Serpico », car en son temps, c’était déjà une série assez banale. Si l’on part du postulat que « Cannon » n’est pas une grande série, on peut prendre plaisir en sachant les limites de ce programme. Pour ceux qui regardent en VF, la voix de Claude Bertrand nous renvoie sans arrêt à Roger Moore et c’est un peu gênant. Dans cet épisode, aucune des vedettes invitées n’est connue. Il faut donc attendre du scénario et de l’interprétation de William Conrad quelques moments de bonne distraction. Ici, le détective d’emblée se heurte à l’hostilité des confrères policiers de l’accusé qui n’aiment pas qu’il ait fait appel à un « privé ». L’humour commence à se développer dans la saison, avec Cannon disant à un suspect qu’il « prend du ventre » et « se laisse aller ». La musique en dehors du générique pompier se laisse écouter. A la 17e minute, une scène d’une violence inouïe pour la série (un homme noyé dans une baignoire) nous fait froid dans le dos. Les airs débonnaires du héros ne signifient pas que nous sommes chez des enfants de cœur.

Bonne nouvelle : le scénario de James D. Buchanan tient la route. Par contre, il ne faut pas attendre des miracles de la mise en scène. Elle n’est ni meilleure ni pire que dans « Mannix ». Même s’ils ne sont pas connus, les guest-stars jouent juste. Si l’on excepte la particularité du détective rondouillard, les scripts sont interchangeables avec n’importe quelle série de détectives de l’époque. On peut tenir plusieurs saisons comme cela. Les deux tueurs qui ont noyé l’indic ont l’air de robots comme les envahisseurs d’une autre production Quinn Martin. La fille de l’épisode, Brooke Bundye, n’a qu’un charme gentillet, de toute façon notre héros a une attitude « paternaliste » vis-à-vis des jeunes invitées vedettes, il n’a pas un physique de séducteur et son poids ne le rajeunit pas. La particularité de cet épisode est la violence avec laquelle les deux « robots » dessoudent les témoins gênants devant un détective assez impuissant, mais qui se démène pourtant.

Brooke Bundy joue aussi mal que Cheryl Miller lorsqu’elle cabotine dans « Daktari ». Les autres comédiens loin de faire de morceaux de bravoure se situent dans le registre du minimum syndical. C’est moyen mais pas médiocre comme « Le cercueil électrique ». La scène de l’ambulance avec les infirmiers semble sortie toute droit de l’épisode des « Envahisseurs » : « Les Spores ». C’est bien la griffe des productions QM, aucun doute. On parfois même le sentiment que l’on réutilise les décors des aventures de David Vincent. On peut difficilement reprocher aux chaînes d’aujourd’hui de ne pas rediffuser la série. Très ancrée dans son temps, « Cannon » a pris un coup de vieux. Le happy end ne surprend personne, il est toujours de rigueur. Les plaisanteries sur le poids du héros ne font que commencer.

Retour à l'index


10. MEURTRE SUR LA PLAGE
(A LONELY PLACE TO DIE)

Un vieil ivrogne assiste à un triple meurtre sur la plage. Cannon est en congé mais une femme vient le démarcher pour qu’il enquête sur la disparition de son frère.

Quand je dis que « Cannon » ressemble aux « Envahisseurs », on en a ici la preuve. L’histoire du vieil ivrogne qui voit quelque chose sur une plage est le début de l’épisode des invaders « L’astronaute ». Cet épisode a été multi-diffusé. FR3 a programmé la rediffusion le dimanche 22 juin 1975 à 19h00 tandis que Bernard Golay le proposait dans « Samedi est à vous » quelques semaines auparavant en ouverture. Il s’agissait d’un épisode déjà vu en 1973 sur la 3. Donc trois fois en deux ans, et deux rediffusions rapprochées en 1975 !

On retrouve la « gueule » de R G Armstrong, qui a traversé toutes les séries américaines des années 60-70, et Harold Gould, l’un des pires adversaires de Mc Garrett en la personne de Honoré Vashon (4 épisodes de « Hawaii police d’état » relatent leur affrontement).

Sur la plage, le détective fait la connaissance du témoin ivrogne, Nealy Johnson (Eric Christmas). Comme dans les envahisseurs, le témoin a changé d’avis (c’est du plagiat !). L’homme a été menacé et blessé, alors que le shérif (R G Armstrong) n’ajoutait pas foi à son récit.

L’épisode ne nous laisse pas respirer un instant : Cannon entre dans la propriété interdite de la plage, puis est suivi par un quidam, Joseph Antonio, homme de main de Nicholas Troas (majestueux Harold Gould).

Cannon et Troas sont censés être de vieux ennemis, mais dans des épisodes fantômes car il s’agit de la saison 1. A l’époque, nous, pauvres téléspectateurs français, pensions que c’était la suite d’un épisode pas vu.

Donc, dès le premier quart d’heure, on sait qui est le méchant. Il est dommage que l’on ait fait appel pour le premier rôle féminin à la fade Carol Rossen (« Les envahisseurs :  la genèse »). Cannon est attiré dans un piège (cela tous les téléspectateurs le comprennent tellement c’est téléphoné) par l’ivrogne menacé par la bande à Troas. Le décor, un cimetière de voitures, est pittoresque. Tant le script de Jack Turley que la réalisation de William Hale sont calibrés au millimètre. Les scènes de cascade dans le cimetière de voitures sont à couper le souffle. Un épisode tellement bon qu’il aurait pu servir de pilote !

L’histoire fait allusion à un affrontement passé entre Troas et Cannon à l’époque où il était dans la police et n’avait pu le coffrer. Cette-fois, c’est le temps de la revanche. Pas de bavardage ici, nous n’en avons pas le temps. L’action prime sur tout mais soudée par un scénario bien écrit. Les décors naturels désertiques et angoissants sont exploités à merveille. « Cannon » est une série capable du pire (« Le cercueil électrique ») comme du meilleur et c’est le cas ici.

Harold Gould (1923-2010) était vraiment un comédien de talent. Il a le charme vénéneux d’un Christopher Lee. Les personnages qui se présentent à Cannon arrivent de façon bien agencée et naturelle. C’est le tour de Johnny Becker (John Calvin) et de son épouse Terry (Michele Nichols, bien plus jolie que Carol Rossen !) qui ont vu le meurtre sur la plage.

Si tous les épisodes de « Cannon » avaient été de cette qualité, la série serait encore programmée aujourd’hui, car « Meurtre sur la plage » n’a pas vieilli.

Retour à l'index


11. ADIEU ET BONNE CHANCE
(NO POCKETS IN A SHROUD)

Une jeune femme dans la dèche, Eve Nolan, vient demander à Cannon de l’aider gratuitement à retrouver son frère Black Nolan. Cannon accepte car cela lui permettra peut-être de résoudre le mystère de Guthrie Haskell, milliardaire qui vit en ermite et que personne n’a vu depuis des années.

Ceux qui lisent mes chroniques se rappelleront de Linda Marsh qui a arrêté sa carrière en 1979 et a joué dans « Hawaii Police d’état » son dernier rôle. Celle qui reste connue pour le film « La tour des monstres » (Homebodies, 1974, de  Larry Yust), faisait souvent des apparitions dans des séries comme « Les Rues de San Francisco », « Mannix », « Opération vol », « L’homme de fer » ou « Hawaii Police d’état », mais un an pile avant le tournage de ce « Cannon », elle avait été très coquine en jouant dans un film…pornographique, « Stop » de  Bill Gunn qui non seulement n’est jamais sorti, mais est en plus (vous pouvez me croire) introuvable !

Linda n’a évidemment pas fait cela pour l’argent mais parce que « je ne peux séparer mon corps de mon esprit » disait-elle.

Roy Scheider, que l’on ne présente plus, est aussi l’invitée vedette de cet épisode dans le rôle du méchant Dan Bowen. Très connu au cinéma avec « Les dents de la mer », il a été ne l’oublions pas le premier Jake Webster l’homme de Vienne avant Robert Conrad dans « Un dangereux rendez-vous », pilote de la série tourné à Munich. Il s’est fourvoyé par la suite dans « Seaquest DSV », le « Voyage au fond des mers » raté des années 90.

Comme Mannix donc, Cannon accepte de travailler pour rien, la belle ne possedant que 26 dollars ! (Ce qui représente » dix minutes  de son temps à quelques secondes près »). Bon, Cannon n’est pas le style non plus à se faire payer en nature ! Il préfère la bonne nourriture. Le début de l’épisode ressemble à un film d’épouvante. Le pré-générique se déroule la nuit, en plein vent.

Roy Scheider est ici doublé par Roger Rudel (Artémus Gordon). La visite d’Eve et Cannon dans la dernière chambre d’hôtel du frère disparu rappelle Steed et Tara recherchant l’agent Grant au début de  l’épisode de chapeau melon : « L’invasion des terriens ».

On passe avec la série Cannon sur des montagnes russes, après l’affreuse Carol Rossen de l’épisode « Meurtre sur la plage », nous avons Linda Marsh. Une fois de plus, les décors naturels  sont mis avantageusement à contribution, nous réservant de magnifiques scènes. A quand une image remasterisée de la série ?

Très (trop ?) habillée après « Stop », Linda Mash ne tourne pas en hiver vu le ciel bleu que l’on nous montre. Mais certes, il y a du vent, qui s’engouffre dans ses cheveux.  Il est question ici d’un mystérieux milliardaire, Guthrie Haskell, copié collé sur Howard Hughes et Blofeld/Willard Whyte dans « Les diamants sont éternels » tourné l’année de cet épisode. Bowen/Scheider est l’homme qui protège le milliardaire.

Le  vieux juge Garvey à la retraite a emprunté de l’argent à Haskell et Bowen le fait chanter.  Lorsqu’il s’avère qu’Eve est la petite fille de Haskell, nous avons droit à une attaque de la voiture de Cannon par un hélicoptère anté l’espion qui m’aimait. Toutefois, ici la scène est plus longue et plus réaliste que dans James Bond. Avec les palles de l’hélicoptère si proches de William Conrad (ou de sa doublure), on songe à l’accident fatal de Vic Morrow sur le tournage de « La Quatrième dimension ».

Notons certains détails qui datent la série. La fausse voix de Guthrie Haskell est enregistrée sur une cartouche K8, les grandes bandes magnétiques d’avant la musicassette.

L’histoire est excellente même si l’intrigue style Howard Hughes a été utilisée dans nombre de séries (« Amicalement vôtre : la danseuse », « Mannix : Sauvez le mort » saison 5).

A la seconde moitié de l’acte 4 de l’épisode, Cannon (un poil plus lourd que Sean Connery !) se décide à percer, de nuit, le mystère du milliardaire caché. Diffusé le 23 novembre 1971, on ne sait qui de Cannon ou 007 a copié l’autre, « Les diamants sont éternels » étant sorti le 17 décembre.

La fin est digne de « Psychose », et cet épisode mériterait cinq étoiles. On ne s’attendait pas à de tels joyaux avec « Cannon ».

Retour à l'index


12. PANIQUE
(STONE COLD DEAD)

Bryan Gibson invite une fille à bord de son yacht et veut la violer. Il la tue accidentellement et la jette à la mer. Un vétéran du Vietnam, David Pearson, est accusé sa place. Son frère engage Cannon pour l’innocenter.

Dack Rambo (héros de la série « Le signe de justice », et mort du sida en 1994) nous prive de la jolie fille de l’épisode dans le pré-générique. On retrouve le chef de l’homme qui valait trois milliards, Richard Anderson dans le rôle du père du criminel, Bryan.

David, revenu du Vietnam, découvre que sa fiancée Terry Sandler le trompe avec plusieurs hommes et l’a giflé. Il est donc accusé du crime.

Tommy Crawford (Lou Antonio) a vu le crime et fait chanter Bryan. L’enquête de Cannon n’est pas facile.

Episode diffusé tardivement en France avec le successeur de Claude Bertrand à la synchro, Roger Lumont.

Dack Rambo surjoue le gosse de riche cynique. On a souvent l’impression que Jean Richard en Maigret va apparaître tellement le rythme est long et l’épisode bavard. « Cannon » est vraiment une série inégale, des épisodes excellents sont suivis de ratages.

Le réalisateur Seymour Robbie s’attarde sur de longues scènes de bateau inutiles. Cannon en plongeur est tout à fait ridicule et improbable. D’ailleurs ensuite, les scènes de plongée sont interminables. On peut envoyer le gros détective chercher une aiguille dans une botte de foin, il la trouvera. Puisque la bicyclette de Terry que Bryan a jeté par-dessus bord avec le cadavre est découverte par Cannon ! On nage, si j’ose dire, en pleine invraisemblance. Que le détective attaqué sous l’eau au harpon par Bryan en homme grenouille s’en sorte relève de l’impossible.

On voit peu Richard Anderson, par rapport à Lou Antonio et Dack Rambo. Le problème de cet épisode, par rapport au précédent, est qu’il n’y a aucun mystère, on nous a tout montré dans le pré-générique, mais « Cannon » n’est pas « Columbo » et la mayonnaise ne prend pas. La bataille dans la glacière aux glaçons géants ne remplace pas les décors naturels. La cascade où William Conrad accroché tel Superman au prototype de canot à moteur de l’assassin est ridicule.

Retour à l'index


13. TRAQUENARDS
(DEATH IS A DOUBLE CROSS)


Episode réalisé par Richard Donner (« Superman »)

Cannon doit retrouver la fille d’un certain London, Cynthia Swanson.  L’homme s’est fâché avec elle au sujet d’un mariage qu’il a désapprouvé.

Beaucoup de comédiens connus au générique : la belle Marianne Mc Andrew qui jouait dans « Hawaii Police d’état : 03-09 Témoin à charge » ; Ed Nelson, le beau docteur de « Peyton Place », Roger E. Mosley (TC dans « Magnum »),

Cannon prend donc le train qui ramène Cynthia. On ne comprend pas trop l’intérêt d’utiliser un détective privé dans une affaire familiale, mais London l’a prévenu, le précédent détective engagé a été assassiné (ce que nous avons vu dans le prégénérique).

Cannon « apprivoise » les deux enfants de Cynthia. Cet aspect « parternel » alors qu’il n’a pas d’enfants reviendra souvent dans la série. Pour compenser le manque de « glamour » du héros, on trouve ici encore plus de jolies comédiennes que dans « Mannix ». Sans faire de mauvais jeu de mot, les filles sont souvent canon.

Les plans de la gare d’Albuquerque sont superbes. On se demande ce que la belle Cynthia a pu trouver à son mari Carl (Ken Scott) qui est franchement laid. Alors que l’on commençait à s’interroger sur la direction sirupeuse dans laquelle partait l’histoire, Cannon est sauvagement attaqué au couteau dans la gare. Du coup, le détective rate le train et le rejoint en avion à Flagstaff. En 1971 déjà, les américains étaient beaucoup plus familiers que les français pour ce mode de transport.

On s’étonne que jamais Cynthia ne soit prise de soupçon devant les attentions de Frank Cannon, soit qu’il lui fasse la cour, soit qu’il ait quelque idée d’enquêteur derrière la tête. Nous savons en effet qu’elle veut divorcer de Carl.

« Traquenards » accorde beaucoup d’importance à la psychologie, là où « le meurtre sur la plage » et « Adieu et bonne chance » étaient des films d’action non stop. Au bout de 22 minutes, il ne s’est pas passé grand-chose à part l’agression au couteau. C’est alors qu’il est congédié par Andy Carver (Ed Nelson), l’homme de confiance de London. Cannon n’entend pas en rester là, surtout qu’un des hommes à la solde du mari a voulu le tuer.

C’est un épisode qui prend son temps de raconter l’histoire, et ce n’est pas un tâcheron qui dirige la caméra. En cette mi-saison, on en apprend plus sur Frank Cannon. Nous le voyons pleurer, lui, ce gros nounours prêt à dégainer son flingue, lorsqu’à la 25e minute, il se retrouve devant le cadavre de Cynthia.

Avec ses lunettes, le bel Ed Nelson a pris un coup de vieux depuis « Peyton Place » annulé en plein cliffhanger en 1969. L’intrigue prend une nouvelle tournure avec l’apparition de faux bons du trésor au sein de l’entreprise de London, un scandale que ce dernier a étouffé en compensant les pertes mais sans connaître les coupables.

London a refait sa vie avec la belle et bien trop jeune pour lui Alicia (Charlene Polite) qui a ignoré le détective lorsqu’il entrait dans la propriété. Le téléspectateur est en pleine expectative, sachant qu’il tient des pièces du puzzle.

Nous sommes gâtés puisque la caméra nous montre Cannon surprendre Alicia en plein bronzage, dos nu. Furieuse, elle remet le haut de son bikini en hâte. Il fait savoir à la belle qu’il a compris qu’elle était la maîtresse d’Andy.

Comme il fallait s’y attendre, Andy a tué Cynthia et plus tard simulé le suicide par défenestration du mari qui était son complice. Cannon a été trop bon dans son enquête, révélant par la même à Andy que Carl le doublait dans le trafic de bons du trésor.

La fin de l’épisode concerne les enfants qu’Alicia doit tuer pour le compte d’Andy. Cet épisode nous en appris beaucoup plus sur Frank Cannon que les 12 premiers opus. La construction du personnage continue et se peaufine. Mais l’épisode accuse beaucoup de lenteurs qui l’empêchent d’atteindre les quatre étoiles.

Retour à l'index


14. CAUCHEMARS
(THE NOWHERE MAN)

Un comptable, Leo Kern,  se rend compte que son entreprise de fertilisants  fabrique des armes chimiques et il s’enfuit avec. Charlie, le client qui engage Cannon, le dupe,  car il veut soit-disant retrouver le comptable qui aurait volé 16 000 dollars. Cannon comprend très vite que Leo détient une arme chimique

Aïe, aucune guest-star connue à part Robert Webber que l’on a vu avec Lino Ventura dans « Les séducteurs ». Et les premières images nous montrent Cannon interroger la concierge de Léo qui lui apprend qu’il réveillait tout le monde la nuit en faisant des cauchemars. Léo vient d’Europe Centrale et a été traumatisé par les armes des nazis.

Bon côté filles, on a droit à des femmes mûres et à des moches. Pas de Lynda Day-George, Linda Marsh ou autre beauté plantureuse  à l’horizon. Cannon se fait passer pour un agent d’assurances et enquête pour retrouver Leo.

Quand je parle d’actrices moches, elles le sont vraiment : la femme de Leo est jouée par Lynn Carlin (1938-) qui par sa coiffure ressemble à Rosa Klebb de « Bons baisers de Russie », la concierge, Mrs Barbiero n’est autre que la Jeanne Cooper (1928-2013) du calamiteux « Les feux de l’amour », on ne la reconnaît pas, elle est plus jeune mais pas plus avenante. En 1971, Jeanne Cooper faisait déjà vieille.

Leo fait chanter son patron Mc Millan (Robert Webber) et veut 250 000 dollars pour restituer l’arme chimique, du gaz neurotoxique.

Pourquoi Mc Millan fait appel à un privé au lieu d’un agent secret fédéral ? Parce qu’il est de mèche avec le voleur, ce sont de méchants « pacifistes » rouges qui veulent que le gouvernement arrête la fabrication des armes chimiques. Grosse erreur de scénario donc, car cette mission n’est pas pour Cannon.

Mc Millan double son employé qui reprend l’arme toxique. Voilà maintenant Cannon collaborant avec les services secrets de l’armée américaine. Le scénariste Michael Gleason s’est trompé de série.

Le pauvre Fritz Weaver – Leo, qui jouait déjà un diplomate soviétique dans le médiocre épisode des envahisseurs « La capture », est condamné aux rôles de rouges subversifs. C’est une mission pour John Drake, Al Mundy d’Opération vol, Napoléon Solo ou 007, mais pas pour notre gros Cannon.

De plus, il y a une idéologie abjecte derrière ce scénario de 1971 en pleine guerre du Vietnam : quiconque est contre les armes toxiques us est un vilain coco terroriste. William Conrad joue faux, pour la première fois. Rendez-lui ses enquêtes policières où il rencontre de jolies suspectes.

Episode à fuir.

Retour à l'index


15. PLAN DE VOL
(FLIGHT PLAN)

Episode réalisé par Richard Donner

Frank Cannon est engagé par un dissident révolutionnaire cubain afin d’assurer sa protection. Mais à peine engagé, le client manque de peu le tuer.

Cet épisode a été diffusé dès février 1973. Si l’on se réjouit de voir la superbe et sexy Barbara Luna, on déchante vite devant cette nouvelle intrigue politique. C’est le genre de mission dans laquelle se débrouille bien Steve Mc Garrett mais ni Mannix ni Cannon.

Cesare Danova (1926-1992) en révolutionnaire hispanique Sandoval a autant l’air d’un réfugié politique  que Mimie Mathy en ange gardien. Tenir cinquante minutes pour voir Barbara Luna (Craquante dans « Hawaii Police d’état » et « Les envahisseurs ») est léger.

On baille très vite devant cet opus. Nous avons droit au vieux truc du héros bloqué avec sa voiture dans un garage les gaz d’échappements menaçant de le tuer. C’est Sandoval qui joue ce mauvais tour à notre détective.

Barbara, avec de grandes lunettes cerclées et habillée comme un homme ne dégage aucun sex appeal.

Voilà, maintenant que celui qui a sauvé Cannon dans le garage, Mada (Joaquin Martinez), nous assène qu’avant Battista et Castro, il y avait la démocratie à Cuba.

Ce plan de vol devient vite une accumulation de clichés sur les révolutionnaires cubains. On comprend que tout est tourné en studios à Los Angeles.

Je ne me rappelle pas m’être autant ennuyé lors des premières diffusions. Il s’agit là du dvd américain mais il existe en VF avec la voix de Claude Bertrand. La série doit tenir sa mauvaise réputation chez nous en raison d’opus comme « Plan de vol ». On est loin de la qualité de « Kojak » par exemple.

La suite fait carton-pâte et est aussi mauvaise que ces épisodes du Saint censés se dérouler en Amérique du Sud. A Mexico, on accumule les enseignes espagnoles pour que le téléspectateur soit bien persuadé d’être dans cette ville. Les « Muchachos », « Amigo » parsèment le dialogue anglais jusqu’à l’overdose. On est censé rire quand en poursuivant Sandoval, la corpulence de Cannon fait qu’il reste coincé entre deux véhicules à l’arrêt, ou bien lorsqu’il se coiffe d’un ridicule chapeau mexicain. Un épisode pour des prunes, et dans lequel on n’aura  pas beaucoup vu la belle Barbara Luna.

Nul.

Retour à l'index


16. REGARDE TOUJOURS DEVANT TOI
(DEVIL'S PLAYGROUND)

Un motard qui a pris en chasse un criminel du nom de Doyle Hoffner assiste à l’incendie du véhicule, sans savoir qu’il y avait un cadavre à bord. Il a cependant bien vu le fuyard sain et sauf au-delà des flammes.

Episode avec Martin Sheen, futur héros de « Apocalypse now », et Collin Wilcox Horne (1935-2009) que j’avais découverte précisément dans « Cannon » série dans laquelle elle a joué dans des épisodes proposés très tôt aux français, dont le présent. Son physique n’était pas à son avantage, malheureusement pour elle.

Ce qui paraît étrange, c’est que le motard Jerry Warton (Martin Sheen) fait une petite chute de rien du tout. Il rate son virage et dérape. Or, cela lui vaut huit mois d’hôpital et il devient un ex-policier en invalidité. Il boîte quand il marche .Avec son collègue, il a vu dans un bar de nuit un criminel s’enfuir. On aurait bien aimé que la très jolie serveuse du bar fasse partie de l’épisode. Le fuyard a bien pris soin de se montrer devant les policiers, de s’enfuir et de simuler sa mort. Alors pourquoi ensuite, telle tante Sarah/Ellen Corby dans le pilote des envahisseurs, a-t-il cru malin de se montrer à son poursuivant par-dessus les flammes ? Notons au passage que l’on reconnaît avec cette mise en scène la griffe des productions Quinn Martin.

Cannon ne veut pas croire son client. Il pense qu’il était choqué et n’avait pas toute sa raison. Mais sur une photo d’un journal, Jerry Warton pense avoir reconnu l’homme supposé mort.

Le détective veut bien mener l’enquête à condition que Jerry ne se laisse pas abattre et accepte de remonter la pente.

On se croit ensuite en plein « Easy rider », avec des motards hostiles genre « hell’s angels ». Hoffner est caché et protégé par une bande organisée qui n’entend pas laisser Cannon et Jerry enquêter.

Le décor naturel du désert du Nouveau Mexique sied à merveille à l’action.

Nous découvrons alors Phyllis Langley (Colin Wilcox Horne) patronne du Cold Spring café. Un physique rude mais une bonne comédienne. Elle est la petite amie de Lucky Ferris, un biker. L’action se poursuit près d’une mine abandonnée. On se croirait dans « Les envahisseurs ».

Les rebondissements deviennent passionnants. Ainsi Lucky Ferris attire Jerry dans une cabane piégée par des explosifs. Heureusement que Cannon veille au grain. Par la suite, une poursuite entre Cannon en jeep tout terrain et le motard rappelle des images vues jadis dans « Mannix » pilotant un buggy.

L’épisode se termine en véritable western. Martin Sheen fait ici preuve de qualités qui font que nous ne sommes pas étonnés qu’il soit entré par la grande porte dans le monde du cinéma.

Un excellent épisode.

Retour à l'index


17. LA TRÉSOR DE SAINT IGNACE
(TREASURE OF SAN IGNACIO)

Trois bandits américains déguisés à des masques d’animaux attaquent une église au Mexique à Los Posos et dérobent un trésor constitué de reliques qui n’était pas assuré. Cannon décide d’aider le père Joseph, qu’il connait, et qui a été attaqué.

Aucune vedette invitée connue dans cet épisode.  Les acteurs prennent trop chers ? Quinn Martin est à court ou quoi ? Il n’y autour de William Conrad que des seconds couteaux et des illustres inconnus.

Or , c’est l’un des charmes de « Cannon », retrouver les Andrew Duggan, Stephanie Powers et autres Jessica Walter, ces guest des années 70 qui ont couru toutes les séries.

Comme le père Joseph n’a pas le moindre sou vaillant, Cannon (rejoignant ici Mannix) enquête par gentillesse. C’est fou comme ces deux privés peuvent se permettre si souvent de ne pas faire payer leur client. A croire que comme Jonathan et Jennifer Hart, ils sont riches et jouent les justiciers pour leur plaisir.

L’enquête de Frank Cannon le conduit à soupçonner un pilote de course automobile amputé d’un bras, Bob Neal (Tab Hunter), et sa petite amie Rina (Victoria Racimo) dont il dit au père Joseph que c’est une beauté. Très typée mais franchement n’ayant rien qui sorte de l’ordinaire, on se demande si Cannon, outre un nutritionniste, n’aurait pas besoin de consulter un ophtalmo. La Jennifer Garner de « Alias » est une reine de beauté à côté de Rina.

Pourquoi les voleurs se sont-ils embarrassés de reliques au lieu de braquer une banque ? Ils vont avoir du mal à écouler leur butin. Vetter (Val Avery), qui possède une boutique où l’on vend des électrophones, des 33t et des objets religieux pourrait être le receleur selon Cannon qui le met en garde.

Bill S Ballinger a écrit un scénario médiocre où Cannon avance au petit bonheur la chance. L’intrigue est décousue. Rina est partie de Los Posos pour devenir la maîtresse de Neal avant son accident. Elle ne se faisait pas d’illusions sur la durée de leur liaison, mais depuis qu’il est infirme, il a besoin d’elle.

En 1971, la libération sexuelle n’a pas atteint les studios QM. Le prêtre remarque que Rina et Bob vivent ensemble sans être mariés.

Dans une ville comme Los Angeles, les voleurs auraient pu se fondre dans l’anonymat, mais Cannon tombe tout de suite sur la bonne piste et le bon receleur.

Le prêtre aurait mieux fait de rester au Mexique. La bande décide de le kidnapper tandis qu’il fourre son nez dans leurs affaires, afin de faire pression sur Cannon.

On se consolera avec quelques beaux plans tournés dans une usine d’incinération en démolition. QM semble encore et toujours réutiliser les décors des envahisseurs.

Un opus raté.

Retour à l'index


18. L'IMPOSTEUR
(BLOOD ON THE VINE)

Un vigneron, Mike Tapa, est victime de trois mystérieux accidents. Sa secrétaire, Meg Warren, qui se trouvait à bord de la voiture aux freins sabotés lors du dernier accident, engage Cannon.

Voilà un épisode qui fera sourire les français, Mike Tapa prétendant faire le meilleur Cabernet Sauvignon du monde ( !), même si les français ne veulent pas le reconnaître. Bonne surprise : Nous retrouvons la jolie Katherine Justice (« Les Envahisseurs : l’innocent », plusieurs « Mannix », « Hawaii police d’état : «Le refoulé », « Columbo : inculpé de meurtre »). Theodore Bikell est un comédien familier des séries des années 60. Enfin, le vétéran Ivor Francis (1918-1986), homme de radio venu sur le tard à la TV, a été vu dans « Kojak », « Pour l’amour du risque », « Bonanza », « Hawaii police d’état », et reste un visage familier.

Cannon est intrigué par la réapparition de Johnny, le fils de Tapa, 26 ans, qui va hériter des vignobles.

Il pense que le jeune homme est un imposteur. Le détective l’interroge et tente de le prendre en défaut.

La jolie Katherine Justice en jupe courte et bottes est sacrément sexy avec ses airs de Sainte Nitouche. Elle est la maîtresse de Johnny. On regrettera qu’elle adopte le jean dans la suite de l’épisode. A l’épilogue, elle remet ses bottes mais avec une longue jupe !

QM productions joue la carte de l’économie. Ainsi, une scène censée se dérouler à San Francisco nous montre le Golden Gate, puis nous avons droit à un tournage en studios en intérieurs.

Trop vite, nous avons la confirmation que Johnny est bien un imposteur dirigé par deux gangsters pour s’emparer de la fortune. Cela ruine le suspense.

Heureusement, vers la minute 23, on réveille le téléspectateur lorsque Cannon en voiture est attaqué par le chef des gangsters en camion. Entre les deux véhicules s’instaure une véritable corrida. Le camion a été loué par un certain Oren Burk, détective marron.

A la 31e minute, Mike Tapa apprend que son fils n’est pas Johnny. Ce dernier est mort il y a trois ans d’une pneumonie. On se demande ce qui va se passer durant les vingt prochaines minutes. Il apparaît que le père n’était pas dupe mais voulait absolument l’amour d’un fils. Il décide de retirer l’affaire à Cannon mais ce dernier en fait une question personnelle puisqu’on a tenté de le tuer. Une fois de plus, dans le monde de cette série, l’argent n’est pas le moteur du héros.

Les décors désertiques et angoissants auraient fait merveille pour une saison 3 des envahisseurs.

La fin de l’épisode marque un net ralentissement de l’intérêt du spectateur. Trop de bons sentiments viennent se mêler à l’intrigue la rendant obsolète. Dommage !

Retour à l'index


19. LE COBAYE
(TO KILL A GUINEA PIG)

Le docteur  Zena Adams, une scientifique, est menacée par une bande de gangsters qui veulent qu’elle tue un détenu lors d’expériences qu’elle mène contre une maladie, l’hépatite.

Pourquoi encore Vera Miles ? Elle était déjà présente dans cette saison, dans le pilote. Elle est la seule invitée vedette connue de cet opus tardivement diffusé en France. Elle n’y reprend pas le rôle de Diana Langston du pilote, mais celui de la scientifique Zena Adams.

Une fois de plus, Frank Cannon, qui ne doit pas avoir d’impôts à payer, travaille gratis, puisque la fondation pour laquelle travaille Zena ne peut s’offrir ses services.

Les prisonniers qui se portent volontaires pour être cobayes de l’expérience de Zena n’ont aucune promesse de libération anticipée ou de droit de parloir élargi. Le médecin veut trouver un remède contre l’hépatite, mais les traitements peuvent être dangereux.

L’épisode est très violent, ce qui explique sans doute que l’ORTF ne l’ait pas retenu en 1973. Le pré-générique dans le garage, où les gangsters  font tanguer la voiture du médecin à l’arrêt et brisent la vitre. Puis l’enlèvement de Lee, le fils (Zena a confié à Cannon avoir déjà perdu son mari et un fils). Zena doit provoquer la mort de Steven Carr, qui a trahi l’équipe des gangsters menée par Les Brooks (Michael Strong). Cannon, tentant de sauver Lee, défend ici comme on dit la veuve et l’orphelin au sens propre.

En 1971, Vera Miles avait 42 ans, mais son personnage Zena confie à Cannon que ce n’est certainement pas un détraqué qui l’a menace au téléphone car elle n’est plus séduisante. Plus tard, elle révèle à Cannon que son premier fils est mort d’une hépatite et qu’elle veut mener à bout son projet.

Le vieux chimpanzé menacé par les gangsters, que Zena utilisait pour ses recherches, et à laquelle elle  avait donné une paisible retraite, est retrouvé pendu par l’enfant, Lee.

En voyant ce genre d’épisodes, on comprend que de façon définitive, « Cannon » restera la série la plus mineure des productions QM face aux qualités des « Rues de San Francisco », « Les incorruptibles », « Le Fugitif » et « Les Envahisseurs ».

1 dollar quinze cents le plein, voilà qui marque bien la série dans son époque, avant la fin des trente glorieuses.

Michael Strong compose un méchant caricatural, et la réalisation ne nous propose pas de décors naturels originaux. Il n’y a rien pour sauver l’épisode du désastre.

De plus, le scénario reste hermétique aux téléspectateurs français, puisqu’il s’agit ici d’un syndicat de travailleurs du pétrole qui est tenu par Brooks, lequel a envoyé Carr en prison. Il faut bien connaître certains aspects de la société américaine pour comprendre le script.

Episode à zapper.

Retour à l'index


20. LE CANARD LAQUÉ
(THE ISLAND CAPER)

Des gangsters veulent obliger Matt Dixon, un ex repris de justice que Cannon a jadis fait coffrer, à participer à un braquage. Le détective est engagé par un assureur, Mr Henderson, qui lui confie de veiller au transfert d’argent qui doit avoir lieu par avion depuis une petite île au continent.

Enfin un épisode dont je me souviens, qui doit être celui où j’ai découvert l’acteur Keenan Wynn (1916-1986) dans le rôle de Dixon. Cet épisode est l’un des premiers à avoir été diffusés en France. Si l’on y retrouve aussi James Olson dans le rôle du gangster Jim Relco, souvent invité vedette dans « Les Rues de San Francisco » et « Hawaii Police d’état », la production a eu la mauvaise idée d’aller chercher Jacqueline Scott (1932-), Donna,  la sœur de Richard Kimble « Le Fugitif », et vedette de l’épisode de « L’immortel » : « Drogue ou poison », qui en 1971, à 39 ans, faisait déjà femme mûre. Donc on repassera pour voir une jolie fille dans l’épisode.

Les décors naturels, atout de la série, sont magnifiques. Ainsi se vieil hôtel où loge Cannon. On notera que, bien que résident à Los Angeles, Cannon enquête souvent en province, à la différence de Kojak, Baretta, Mannix ou Columbo. C’est donc une particularité de la série. Cette Amérique profonde déjà vue dans « Les Envahisseurs », est télégénique.

L’épisode a été intitulé à la va-vite par l’ORTF en raison d’un plat que se prépare Cannon, mais le titre original est plus pertinent, faisant référence à une île et à sa particularité.

Jacqueline Scott jouant Sally, l’épouse de Keenan Wynn alors âgé de 55 ans, on comprend son choix pour la distribution. Mais après son personnage de Donna dans « Le Fugitif » de 1963 à 1967, elle avait sans doute aussi ses entrées chez QM productions.

Personne ne connaît le passé de Matt Dixon dans la petite île où il a monté son restaurant et épousé il y a un an et demi Sally.

La série nous propose là ce qu’elle a de meilleur à offrir : un bon petit polar de cinquante minutes avec de beaux décors nous changeant des sempiternels studios. Certes, les raccords et les scènes nocturnes y sont faits de toute évidence.

Quelques bémols cependant : des longueurs lors de la scène de l’attaque de l’avion en panne par le bateau, et surtout, pourquoi avoir fait de Relco, au lieu d’un criminel parfait, un hystérique ? Il  veut empêcher  Dixon de prendre la parole lorsque ce dernier veut lui révéler la présence de Cannon dans l’île et va jusqu’à lui jeter le contenu de son verre au visage, puis est pris de panique car son canapé est tâché. Cela force James Olson a jouer davantage la folie que l’aspect criminel.

Retour à l'index


21. LE GOUROU
(A DEADLY QUIET TOWN)

Cannon est chargé par des parents, les Glen,  d’enquêter sur une s ecte dirigée par un gourou nommé Larry Bollinger, qui a entraîné leur jeune fille  Susan dans ses délires.

Cet épisode est une allusion à l’affaire Charles Manson. Aujourd’hui, le drame Sharon Tate nous semble bien loin, et cet opus est à replacer dans le contexte de l’époque (deux ans après la tragédie). Néanmoins, cela ne suffit pas à nous passionner au début. C’est le script diabolique de Robert W Lenski qui y parvient.

Tous les jeunes membres de la s ecte sont des fils de bonne famille (sauf le gourou), ce qui complique l’enquête du détective. Bollinger est suspecté d’avoir tué son prof de chimie, Renfred, qui lui mettait de mauvaises notes, d’avoir molesté un clochard. Chose qui nous renvoie à « Orange mécanique ».

Ces jeunes qui pratiquent le satanisme nous font bien plus peur que les gangsters habituels. Le fils du chef de la police joué par le vétéran John Larch fait partie de la bande. Le chef Horn refuse de croire que son fils John est mêlé à l’affaire.

Louise Latham (la mère de « Marnie » d’Hitchcock)  joue la mère de Larry, une veuve alcoolique. Elle a des relations quasi-incestueuses avec son démon de fils.

On se doute que la prude ORTF en 1973 n’a pas acheté cet épisode vénéneux.

L’épisode prend une tournure tragique avec l’assassinat du clochard, retrouvé un poignard dans le dos. Les jeunes l’avaient obligé à construire sa propre tombe.

John Rubistein en Bollinger est assez effrayant. Il serait une véritable tête à claques s’il n’était si dangereux. Susan, la fille des Glen, est complètement endoctriné par Bollinger.  Au début de l’épisode, ses parents ont manqué être égorgés par le groupe avec sa complicité.

Lorsque Cannon comprend que Bollinger veut épouser Susan pour s’emparer de la fortune de ses parents, l’épisode devient assez rationnel. On passe des poupées de vaudou, des cérémonies, à une pure affaire criminelle.

Tabby (Anne Lockart) qui est une des plus sauvages de la bande rappelle la sinistre Susan Atkins. La scène cruciale de l’épisode où Cannon et les parents Glen vont être « sacrifiés » un à un rappelle une fois de plus le massacre dans la villa de Sharon Tate.

Un épisode atypique pour la série, mais diablement effrayant.

Retour à l'index


22. ATTAQUE AÉRIENNE
(A FLIGHT OF HAWKS)

Martin Sheen reprend le rôle de Jerry Warton qu’il tenait dans « Regarde toujours devant toi ».

Des mercenaires mêlés à une révolution en Afrique sont les responsables de la mort du mari d’une amie infirmière qui soigna jadis Cannon d’une blessure. Mais le détective travaille pour une compagnie d’assurances qui doit prouver que le mari s’est suicidé pour ne pas verser la prime.

Un aviateur mitraille sur une route déserte Pete Macklin, un ex-pilote qui s’enfuit en Jaguar et trouve la mort dans un accident mortel. L’assureur refuse de payer la police pensant qu’il s’agit d’un suicide (la voiture est tombée d’une falaise). Cannon a le rôle ingrat de prouver qu’il s’agit d’un suicide et non d’un accident.

La veuve, Kate, que Cannon a connu comme infirmière, vient le voir. Le fils est en dialyse et son traitement coûte une fortune. La mari travaillait pour une petite compagnie aérienne.

Kate est jouée par Joyce Van Patten (1934-) qui est loin d’être une pin-up. Pas de jolie fille donc. Percy Rodriguez vu dans deux épisodes de « Daktari » incarne ici l’énigmatique Robert Dalmont.

Avec l’aide de son ami Jerry Warton, Cannon mène l’enquête dans l’aéroclub que fréquentait Pete Macklin. Puis le détective interroge la patronne du bar, dernier lieu qu’a fréquenté la victime. Un client lui apprend qu’il était en compagnie d’un inconnu, un noir. L’homme est Robert Dalmont, vice-consul du pays (imaginaire) de Malareve. Il menace Cannon à la sortie du bar. Le détective le met KO, mais la police vu son statut diplomatique le relâche.

« Attaque aérienne » se révèle une déception. Nous avons droit à l’histoire sans cesse rebattue de mercenaires voulant attaquer un petit pays africain. De plus, Martin Sheen est bien moins présent que dans « Regarde toujours devant toi » où il était mu par une vengeance. Les histoires de complots politiques  que ce soit dans les séries anglaises ITC ou les séries us des années 70 reprennent toujours les mêmes trames et cela donne des scripts artificiels et convenus.

On sauvera quelques scènes comme Martin Sheen tentant de faire parler la jolie Anita Alberts (1944-2002) dans le bar, le pré-générique, mais toute la partie concernant les mercenaires est verbeuse et ennuyeuse. Lorsque Cannon est accepté parmi les mercenaires, on n’y croit pas une seconde. William Conrad, contrairement à ses habitudes, semble trop à l’aise. Martin Sheen – on le déplore- est confiné à un rôle de faire valoir. Tout cela a mal vieilli comme les épisodes couleur du « Saint ».

Retour à l'index


23. L'INCENDIAIRE
(THE TORCH)

Annie, une jeune femme, engage Cannon pour prouver que son père n’a rien à voir dans le meurtre de sa seconde femme Elaine, qui accumulait les liaisons et s’apprêtait à le quitter.

Retour aux intrigues de « privés » et aux jolies filles. Elaine Mc Mahon (Luanne Roberts, vedette de « Le livre érotique de la jungle ») est la maîtresse d’un agent d’assurances,  Phil Dobson (Larry Blyden) et dirige une société de confection de vêtements. Elle collectionne les aventures et vient de rencontrer un homme riche. Furieux, l’amant la gifle et la tue accidentellement. Il décide de mettre le feu à distance grâce à un dispositif qui se déclenchera par une sonnerie de téléphone et qu’a mis au point pour lui un paumé, Doc « The torch ». Mais le mari trompé, Owen (Richard Carlson) se trouve soupçonné et sa fille, Annie (Sheilah Wells) engage Cannon. Ce dernier a remarqué qu’un Renoir se trouvait dans l’atelier de confection et a disparu.

Sheilah Wells est surtout connue pour « Les blue brothers » (1980). Elle était la meilleure amie de Sharon Tate, la femme assassinée de Roman Polanski.

On retrouve aussi dans cet épisode Anthony Zerbe (« Mannix », « Permis de tuer »).

Dobson, le meurtrier d’Elaine,  feint d’aider dans son enquête Cannon et dirige les soupçons sur un certain Ruby Teague, incendiaire notoire.  Nous voyons de vertigineuses images lorsque Cannon et Dobson se rendent sur un chantier en altitude. Ils y  trouvent Ruby (Ron Feinberg 1932-2005, le tueur demeuré de l’épisode d’Hawaii police d’état « Qui a tué Mira Baï ?). C’est ce Ruby qui met Cannon sur la piste de  Hermann « Doc » Immelman dit « The torch » (Anthony Zerbe), autre incendiaire notoire. Le fait que Phil Dobson n’ait pas spontanément indiqué cette piste fait naître des soupçons à Cannon sur l’assureur. Il trouve l’homme dans un tripot de jeu clandestin.

On se régale car on est dans l’élément de « Cannon », bien davantage que dans « Attaque aérienne ». Nous sommes là dans un « Mannix » en forme ou un « Matt Helm ».

Jolies filles, méchants, fausses et vraies pistes, stock shot de San Francisco pour éviter les coûts (et l’on tourne ensuite en studios), cet épisode est le spectacle que l’on est en droit d’attendre de la série.

Zerbe, avec beaucoup de talent, joue ici un lâche, tandis que Larry Blyden n’a pas l’air assez malin pour être l’instigateur du complot.

Cinquante minutes de suspense, que demander de mieux ? Un des meilleurs opus de la série.

Retour à l'index


24. AMOUR FRATERNEL
(CAIN'S MARK)

Mrs Alexander, fauchée, vient demander à Cannon de l’aider gratuitement à retrouver son fils Terry, qui après avoir volé son frère Richard, est en fuite alors qu’il est en liberté conditionnelle.

On saura qui aller voir si on veut un privé gratuit ! Mrs Alexander, veuve depuis vingt ans, est jouée par Carmen Matthews (1914-1995). Ses fils sont Bradford Dillman- Richard, le méchant dans « Gold » de Peter Hunt avec Roger Moore, et David Birney « Serpico » Terry.

Pas de jolie fille à l’horizon.  On ne sait pas trop quoi penser de cet épisode. Cannon gratuitement recherche Terry et le sauve des hommes de main de son frère Dick. Il découvre que ce dernier est un trafiquant d’armes, mais l’homme, malin, se plaint à la police que Cannon ait voulu le faire chanter. Malgré tout, Cannon continue d’essayer de mettre hors d’état de nuire Dick Alexander.

Dana Eclar (1927-2005) qui chronologiquement a été le complice policier de Baretta, puis colonel dans « Les têtes brûlées » et le fidèle ami de Mc Gyver, est ici Sam Avakian, lieutenant de police bien embêté de devoir se prononcer entre son ami Cannon et Dick qui se plaint de chantage.

Non seulement, le privé travaille pour la gloire dans cette enquête, mais il risque sa licence de détective. Si un policier peut filer une femme infidèle ou un maître chanteur, s’occuper de trafic d’armes n’est-il pas davantage du ressort de Kojak ou de Mc Garrett ?

Cannon, à jouer les gros malins, tombe dans un piège qui l’entraîne en prison. C’est Terry qui va tenter de l’en sortir. Anticipant de quelques années son rôle de Frank Serpico, David Birney mène l’enquête contre son frère et pour sauver notre héros de la prison.

S’il n’est pas un ratage, cet épisode n’est pas non plus passionnant. C’est un peu le cas chaque fois que Frank Cannon sort de son domaine de privé.

A quoi rime un épisode de la série dont l’enquête est menée par une vedette invitée ? C’est à croire que William Conrad avait besoin de vacances.

Eh non, malgré dix ans de réclusion qu’il risque, Cannon a payé sa caution et il vient voir Mrs Alexander qui finit par lui dire où se trouve Terry avec comme preuve contre son frère  un camion chargé d’armes.

Le happy end est of course de rigueur, mais l’épisode nous laisse une impression mitigée.

Retour à l'index


25. MEURTRE AU CLAIR DE LUNE
(MURDER BY MOONLIGHT)

Pour cet ultime épisode de la saison 1, changement de l’orchestration de la musique du générique.

Michael Par est en prison mais continue des études à l’extérieur. Un caïd veut qu’il profite de ses sorties pour qu’il serve de « courrier ». Il le fait passer à tabac. Son père contacte Cannon.

Soupir : il y avait une fort jolie fille dans le bus que vient de prendre Michael Par, mais elle n’est que figurante. Qu’importe, Stéphanie Powers, Susan Oliver, Marj Dusay, Katherine Justice again et Jessica Walter, pour ne citer qu’elles, nous attendent dans la saison 2.

On retrouve ici deux comédiens vus chacun plusieurs fois dans « les envahisseurs » : Lin Mc Carthy et Frank Marth. L’étudiant est habitué aux injustices puisque c’est Burr DeBenning (1936-2003), l’accusé innocent du premier épisode montré en France de « Match contre la vie » avec Ben Gazzara : « Une petite injustice ». Lin Mc Carthy (1918-2002) fait « jeune » et il aurait fallu choisir un comédien plus âgé pour jouer le père de Michael, Henry Anders. Il nous est expliqué que le fils ne porte pas le nom du père lors d’un dialogue entre Cannon et Anders.

Tenaillé entre un père qu’il ne veut plus voir depuis le divorce d’avec sa défunte mère et le caïd des jeux clandestins  John J Flatel (Mitch Ryan), Mike Par est pris dans un étau dont seul Cannon peut le tirer.

Mike a une petite amie, Marylin Trent (Julie Gregg), qui a fait deux ans de prison et travaille pour Flatel. Si le jeune homme a été en prison pour un simple vol de voiture, elle fait partie de l’organisation.

Le père tente de faire un marché sans passer par Cannon avec John J. Flatel et y laisse sa vie. Mais sur les lieux du crime, tout accuse le fils.

Deux autres personnages enrichissent le casting : tout d’abord le directeur de la prison, Warden (Llyod Gough) qui plaide pour la réinsertion par l’étude des délinquants, et le policier Art Digs (Frank Marth, 1922-2014) qui enquête sur le meurtre du père.

Julie Gregg se révèle une actrice attendrissante dans son personnage, jolie mais pas craquante. Le couple ressemble à Roméo et Juliette au pays de la mafia. On a le sentiment que la saison va se terminer par une issue tragique pour le dernier épisode. Ce ne sera pas le cas, heureusement pour nos tourtereaux.

Ah, les ordinateurs de ce début 1972, grands comme des armoires avec des bandes magnétiques, voilà qui date la série.

L’épisode s’avère grandiose et conclut une saison inégale, mais comportant tout de même de bons épisodes.

A noter que Charlie Picerni (1935) est crédité au générique mais j’avoue ne pas l’avoir reconnu tant le rôle est modeste. Il est le frère de Paul, l'incorruptible. Il est le coordinateur des cascades sur une soixantaine d'épisodes de la série. Il joue aussi quelques rôles comme celui du cambrioleur Lewis Kowalski, abattu par Crocker après une poursuite en voitures, dans Le corrupteur, saison 1 de « Kojak ». Il est également la doublure de Paul Michael Glaser dans la série « Starsky & Hutch » et il a coordonné les cascades sur de nombreuses séries cultes comme « Les Incorruptibles », « The Time Tunnel » (doublure de James Darren), « Mannix » (doublure de Mike Connors sur 25 épisodes), » Les rues de San Francisco », « Drôles de dames »…et il continuait toujours en 2011 sur « Torchwood ».

Retour à l'index

 

Toucher le fond… (Broken - Part 1)