Vos 10 séquences cultes1 -Une lente ascension (jusqu'en 1964) 1ère partie

Saga Louis de Funès

Classement des films avec Louis de Funès du meilleur au pire


1) Oscar :

Aucun temps mort dans ce classique des classiques de Louis de Funès, avec une accumulation de gags et de situations burlesques comme on en voit rarement. De très bons acteurs entourent Fufu, au premier rang desquels un Claude Rich ironique à souhait en arriviste cynique, mais aussi Mario David parfait en kinésithérapeute ahuri et le toujours excellent Paul Préboist.

2) Hibernatus :

Même si ses relations avec De Funès furent parfois tendues, Edouard Molinaro apporta beaucoup à la filmographie du comique puisque ses deux réalisations sont en tête de ce classement. Louis est au sommet de son art, mariant avec son talent habituel les scènes cultes, telles « la femme qui  a éclaté » et la révélation de la vérité à l'hiberné, basées sur des mimiques et expressions héritées du cinéma muet, et de multiples scènes comiques de facture plus traditionnelle.

3) Pouic-Pouic :

Encore une adaptation de pièce de théâtre au rythme endiablé, avec un Louis de Funès à son top niveau dans ce petit chef-d'oeuvre de comique où les acteurs sont tous excellents, de Jacqueline Maillan en épouse farfelue à Philippe Nicaud en arriviste séducteur, en passant par Mireille Darc, Roger Dumas, Christian Marin, Guy Tréjean et Yana Chouri.

4) Fantômas se déchaîne :

Des situations comiques à mourir de rire, à l'image du commissaire Juve enfermé dans un asile psychiatrique, et une avalanche de gadgets (jambe de bois-mitraillette, cigares-pistolet, « troisième main ») font de ce deuxième volet le meilleur de la fameuse saga des « Fantômas », incontestablement plus réussie que celle des « Gendarme ».

5) Le Grand Restaurant :

Une première demi-heure absolument époustouflante, avec entre autres la caricature d'Hitler et Septime déguisé en client maniéré pour espionner son personnel. La présence de Bernard Blier en commissaire divisionnaire qui ne perd pas une occasion de rabrouer De Funès est évidemment très appréciée, et seule la dernière partie plus quelconque dans la montagne empêche le film d'intégrer le trio de tête.

6) Jo :

Le même genre de films que ceux du tiercé gagnant, cependant un ton au-dessous, mais que de scènes hilarantes ! De Funès est bien secondé par Bernard Blier, toujours égal à lui-même en inspecteur de police peu efficace, par Claude Gensac qui renforce son côté « tornade » et par nombre de ses comparses habituels, Guy Tréjan, Michel Galabru, Paul Préboist...

7) Fantômas contre Scotland-Yard :

Encore une belle réussite que ce troisième et dernier « Fantômas » où Louis de Funès a totalement pris l'ascendant sur Jean Marais. L'impôt sur le droit de vivre, les fantômes, les pendus, le cheval qui parle, le secrétaire félon, l'épouse infidèle incarnée par Françoise Christophe, De Funès et Jacques Dynam en kilt sont autant d'éléments qui ont contribué au succès mérité de ce film.

8) L'aile ou la cuisse :

Retour gagnant pour Louis après son infarctus. Cette fois-ci, il fait équipe avec Coluche, ce qui ne semblait pas évident au départ tellement les deux comiques semblent appartenir à deux mondes différents. Le courant passe entre les deux hommes, le rôle de ce critique gastronomique est taillé sur mesure pour Fufu, et l'adversaire est de premier ordre sous les traits du toujours excellent Julien Guiomar. Ne pas manquer la visite à « L'auberge de la Truite » et l'affrontement entre Duchemin et le restaurateur interprété par Vittorio Caprioli.

9) La Zizanie :

Un film que j'ai longtemps mésestimé et que j'ai redécouvert ces dernières années. Une formidable « Mme De Funès » en la personne d'Annie Girardot, une accumulation de gags et de scènes comiques sans aucun temps mort, qui égale presque les fameuses adaptations de pièces de théâtre, Guiomar et Maurice Risch en parfaits compléments, et Louis qui fait passer mine de rien son message de protecteur de l'environnement en interprétant un pollueur.

10) Les Grandes vacances :

Ce film très représentatif du style De Funès se revoit toujours avec grand plaisir. En plus des partenaires traditionnels de Louis que sont Claude Gensac, Mario David, Max Montavon et bien d'autres, de jeunes acteurs viennent pimenter la distribution : Daniel Bellus en fils d'aristocrate cancre (« Mère, le direlo dans les cageots »...) et surtout la ravissante Martine Kelly en étudiante anglaise affolant les mâles de l'institution Bosquier avec ses mini-jupes, au grand dam de M. le directeur. Seule la partie finale en Ecosse se situe un ton en dessous.

11) La Folie des grandeurs :

Mon film préféré de Gérard Oury, où Louis de Funès se surpasse dans le genre « ignoble malgré tout sympathique ». Qui ne se souvient de « Blaze, vous êtes mon valet, vous êtes trop grand ! » ou de « Ne vous excusez pas, ce sont les pauvres qui s'excusent, quand on est riche, on est désagréable ! » ? Si Montand ne fait pas oublier Bourvil, décédé peu avant le tournage, il s'en sort très honorablement.

12) Le Petit Baigneur :

Retrouvailles de Louis avec Robert Dhéry et Colette Brosset, interprètes avec Pierre Tornade et Jacques Legras des Castagnier, une famille de rouquins en butte avec la tyrannie de Louis-Philippe Fourchaume, directeur des chantiers navals du même nom et employeur irascible d'André Castagnier. Une scène de colère absolument mémorable en début de film, des gags originaux à l'image de la voiture qui s'allonge, si bien que l'on pardonnera la seconde partie qui s'enlise parfois lors de la poursuite en bateau derrière Michel Galabru.

13) Faîtes sauter la banque :

Un film injustement méconnu car sorti avant que Louis de Funès ne devienne une grande vedette. Dommage, car tout le Fufu de la grande époque s'exprime à merveille dans cette comédie très plaisante où Yvonne Clech campe une Mme De Funès fort convaincante. Parmi les multiples scènes très drôles, mention pour les grimaces de Louis lorsqu'il doit ingurgiter la piquette de Jean Lefebvre, ainsi que pour la visite des cousins belges.

14) Les aventures de Rabbi Jacob :

La richesse de la filmographie de Louis de Funès est telle qu'un film aussi excellent que celui-ci se retrouve classé seulement à la quatorzième place. Oury sait placer son sujet, la dénonciation du racisme, sans être donneur de leçons, et de Funès s'en donne à cœur joie en PDG irascible contraint de se déguiser en rabbin pour échapper à la police et à des tueurs arabes. Claude Giraud, et plus encore Henry Guybet, constituent des partenaires de choix et ne sont pas réduits à la portion congrue.

15) Les bons vivants :

Louis de Funès tient la vedette du troisième sketch, celui réalisé par Georges Lautner, le plus long et le plus réussi. Un rôle à double sens particulièrement subtil, « M. Léon » étant au fond beaucoup moins naïf qu'on pourrait le penser, et une nouvelle performance géniale, entouré de comédiens de grand talent tels Jean Richard et les ravissantes Mireille Darc et Bernadette Lafont dans des rôles de jeunes prostituées malicieuses.

16) Le gendarme en balade :

Finalement, « Le Gendarme en balade » est mon préféré de la série, car ce film est enfin expurgé des scènes avec les jeunes oisifs de la Côte d'Azur familiers de Nicole, qui elle-même ne vit plus avec son père et est donc désormais absente. On est enfin débarrassés des « Do You, Do You Saint-Tropez », et l'expédition endiablée de Cruchot et de ses hommes en vue de rendre la mémoire à Fougasse recèle suffisamment d'excellents moments pour faire oublier la baisse de régime finale, avec un désamorçage de bombe nucléaire assez pesant.

17) Le gendarme de Saint-Tropez :

De très grand moments dans ce premier film de la saga, en particulier lorsque Cruchot accepte de mauvaise grâce de se déguiser en «Archibald Ferguson », un milliardaire américain, pour ne pas trahir Nicole, et fait le ravissement de Claude Piéplu et de sa bande de snobs. Dommage qu'une part trop importante soit accordée à Nicole et à ses godelureaux, et que le final sur le bateau soit passablement ridicule.

18) Le Corniaud :

De Funès est excellent à chaque fois qu'il peut exister face à Bourvil qui se taille la part du lion. La musique est terriblement désuète, et il est dommage que Gérard Oury ait trop insisté sur les amours malheureuses de Bourvil, sous-employant ainsi le talent de cet immense comédien. « Le Corniaud » n'en reste pas moins un très bon divertissement, doté de scènes d'anthologie, comme celle de la deux-chevaux brisée en deux en ouverture, et de bons seconds rôles, Venantino Venantini « La Souris » en tête.

19) L'homme-orchestre :

Finalement, ce film souvent considéré comme mineur dans la carrière de Louis de Funès s'avère très, très agréable. Louis a voulu rajeunir son image en interprétant Evan Evans, un maître de ballet vêtu de rouge éclatant, au sein d'une comédie musicale bien servie par la musique du génial François de Roubaix. Le talent de Fufu, maître de la grimace et capable de raconter « Le loup et l'agneau » sans prononcer une parole, la féerie des ballets et de leurs couleurs vives produisent un film atypique mais sympathique.

20) Fantômas :

La part belle est faîte à Jean Marais, alors que De Funès n'a que le second rôle du commissaire Juve, dans lequel il excelle. Le film a un aspect poétique, alternant des passages comiques de haute tenue mais trop peu développés, lorsque Juve se déchaîne, et les scènes plus banales de cascades avec Jean Marais. La poursuite finale, pauvre en scènes comiques, s'avère bien trop longue. Incontestablement le moins réussi des « Fantômas ».

21) La soupe aux choux :

La réputation épouvantable de ce film me paraît injustifiée. Bien sûr, ce n'est plus le De Funès de la grande époque, mais son duo avec Jean Carmet pour interpréter deux paysans truculents du Bourbonnais ne manque pas de charme. Le langage typiquement local fait mouche et Jacques Villeret détonne en extraterrestre farfelu. Seul le retour de l'épouse ressuscitée déçoit en raison du jeu médiocre de Christine Dejoux.

22) La Grande vadrouille :

Le plus gros succès commercial de Louis, mais à longue quelques défauts apparaissent, s'ajoutant à celui, évident, constitué par la musique trop vieillotte. Il reste des scènes géniales, dont De Funès en chef d'orchestre autoritaire, les ronflements du major allemand et Bourvil contraint de porter Fufu sur son dos, mais les amourettes entre le même Bourvil et Marie Dubois, on aurait pu s'en passer, tout comme le côté grotesque exagéré des Allemands. Le film est trop long, cela devient patent dans le final, l'évasion s'avère interminable et peu comique.

23) Le gendarme à New-York :

Un film inégal, écartelé entre quelques scènes comiques irrésistibles, à l'image de l'intrusion de Cruchot dans le foyer de jeunes filles et des cours d'anglais qu'il dispense à ses collègues fort peu doués pour la langue de Shakespeare (« My flowers are beautiful »...), et les séquences casse-pieds avec Nicole, qui vient nous enquiquiner jusqu'aux USA avec ses états d'âme et ses « Do You, Do You Saint-Tropez ».

24) Le gendarme se marie :

Assez semblable au « Gendarme à New-York » : de très bonnes scènes notamment entre De Funès et Claude Gensac (les baisers électriques!), et lorsque Cruchot, poussé par Josépha, devient le supérieur de l'adjudant Gerber, et bien évidemment abuse de la situation. Mais l'on sait que cela ne peut pas durer, et je n'aime guère lorsque le malentendu se dissipe et que Cruchot doit faire amende honorable face à un Galabru revanchard. En grand fan de Louis, je n'aime pas voir son personnage, fût-il antipathique, en difficultés.

25) Le gendarme et les extraterrestres :

Encore de très bons moments (Soeur « Marie Cruchotte »...), même si le grand succès au box-office est tout de même étonnant. Le remplacement de Claude Gensac est évidemment préjudiciable, de même que celui, définitif, de Jean Lefebvre et Christian Marin. Le film est plus drôle au début qu'à la fin, il est clair que la grande époque est bel et bien révolue.

26) Le gendarme et les gendarmettes :

Dans la lignée du précédent, un comique de bon aloi pour un De Funès qui reste drôle malgré le poids des ans et les problèmes de santé. Des femmes gendarmes sympathiques et le retour de Claude Gensac, qui nous permet de retrouver notre Josépha habituelle.

27) Le Tatoué :

Un intrus dans la carrière de Louis de Funès. On aurait compris qu'il accepte de jouer les faire-valoir des cabotinages de Gabin quelques années auparavant, mais cela devient incompréhensible dès lors qu'il est lui-même devenu une immense vedette. Le film démarre bien avec un festival de Fufu, bien secondé par une Dominique Davray épatante en Mme De Funès, mais s'enlise et déçoit dans sa seconde partie, lorsque Gabin prend l'ascendant sur Louis, alors beaucoup moins présent.

28) L'Avare :

Cette adaptation de Molière est trop fidèle à l'original pour être drôle. Le comique de Louis de Funès ne pouvait s'épanouir avec ce langage de l'ancien temps, et les jeunes acteurs qui entourent De Funès et Galabru n'ont pas l'envergure des seconds rôles habituels des films de Louis. A l'arrivée, très peu de scènes font rire, ni même sourire, ce qui est la marque de l'échec irrémédiable pour une comédie.

29) Sur un arbre perché :

Après un encourageant « L'Homme-orchestre », cette seconde collaboration entre Louis de Funès et Serge Korber s'avère être un échec total. Quelques scènes assez réussies en début de film, puis on sombre dans la pantalonnade de très mauvais goût et l'ennui total. La partie finale devient grotesque, De Funès n'y a même plus le premier rôle. Il est évident que le scénario a été bâclé, à un point tel que même l'immense talent de l'interprète principal n'a pu rattraper le coup.

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