Saison 2 Volume 3Saison 3 Volume 2

Le Virginien

Saison 3 - Volume 1


1. RYKER
INÉDIT EN FRANCE

 




 

 

 

 

 

 

Scénario : Frank Fenton. Réalisation : Don Richardson.

Résumé :

Emmett Ryker arrive à Medecine Bow. Il se voit offrir une place de contremaître par John Hagen.

Critique :

Nouveau générique pour cette saison 3, avec deux images pour chacun de personnages. Gary Clarke, alias Steve Hill, a disparu tandis que Randy Boone, Roberta Shore et un nouveau, Clu Gulager, se voient promus.

Ce premier coffret de 10 épisodes est constitué d’inédits, sous titrés tout spécialement pour la firme Elephant Films.

Contre toute attente, Randy Boone en chanteur et cowboy Randy Benton, malgré son immense bévue à la fin de la saison 2, est au générique, alors que Steve Hill/Gary Clarke a disparu.

Trampas est amoureux de Janet Hale (Anne Helm) dont le père vient d’être assassiné, par l’ordre de John Hagen (Leslie Nielsen). Trampas jure de le venger, et s’en prendre à Ryker (Clu Gulager), son nouveau contremaître.

Curieusement, Ryker se rend auprès du shérif Mark Abbott (toujours interprété par Ross Elliott) qui lui offre une place d’adjoint, plutôt que de se hasarder à devenir propriétaire de ranch.

Gulager nous semble d’emblée sympathique et s’impose comme un acteur majeur de la série, ses capacités de comédien dépassant de loin celles de James Drury et Doug McClure. Un recrutement de choix donc pour la série, avec un comédien du niveau de Lee J. Cobb.

Ce pilote de la saison 3 est destiné à imposer comme nouveau héros récurrent Clu Gulager en Emmett Ryker.

Il s’oppose de façon magistrale au méchant de l’épisode, Hale, qui a voulu l’engager.

A la 33e minute, le face à face Trampas-Ryker nous démontre que ce dernier est définitivement accepté dans le camp du bien, des héros. Il est le nouveau justicier admis dans cette série « collégiale ».

J’avoue que Clu Gulager m’a épaté. Il a un vrai talent et fait de l’ombre à ses partenaires. Son jeu est subtil.

Anne Helm, qui sera plus tard Molly Peters Ryder, la belle sœur de Paul Bryan/Ben Gazzara tout au long de Match contre la vie défend avec éclat le personnage de Janet Hale.

Leslie Nielsen en John Hagen est l’incarnation du mal, le salaud, le méchant intégral.

Les autres comédiens sont éclipsés au profit de Gulager. Au fil de l’épisode, on en apprend plus sur Ryker : c’est un ancien policier.

Le face à face Hagen-Ryker à la 47e minute est déterminant. C’est un peu comme si James Drury s’était fait déposséder de sa propre série. On n’a d’yeux que pour Gulager. A la 56e minute, il devient officiellement adjoint du shérif, et va faire justice.

On se régale, mais Gulager prend tellement de place, volant ses scènes à ses partenaires, que l’on a parfois l’impression de ne plus être dans Le Virginien.

Dans la dernière partie de l’épisode, Ryker pousse John Hagen aux aveux pour le meurtre d’Ed Hale. C’est un formidable numéro de comédien. Avec Gulager, on se demande comment, désormais on va appréhender James Drury et Doug McClure.

Le twist final, humoristique, entre Trampas et Ryker, nous démontre que le virginien reste quand même le héros de la série.

Anecdotes :

  • Clu Gulager (1928-) restera dans la série jusqu’en 1968, ce qui ne représente que quatre saisons sur neuf. Par la suite, il sera le meilleur méchant de la série Cannon, Burdick dans un mémorable épisode de la saison 2, L’excès en tout est un défaut. Un des plus sinistres méchants de l’histoire de la télévision américaine. Toutefois, il n’a pas eu la carrière qu’il méritait, étant en haut de l’affiche au cinéma de films comme Le retour des morts vivants et La revanche de Freddy.

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2. DARK CHALLENGE 
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Joseph Hoffman. Adaptation : Joseph Hoffman et True Boardman. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Pour séduire une femme, Joan, qui renâcle à le suivre et à quitter le saloon de Medecine Bow, Arnie Hendricks braque une diligence et blesse un homme.

Critique :

Les passages chantés deviennent désormais rituels et sont assez atroces, Roberta Shoe et Randy Boone étant loin de susciter l’enthousiasme. Ils apparaissent aussi comme une façon de meubler afin d’atteindre les 75 minutes de métrage.

L’opus nous propose de retrouver une comédienne de cinéma connue, Katharine Ross. Elle incarne Jenny, la sœur du braqueur Arnie, une femme handicapée que Trampas maladroitement invite en insistant au bal, ce qui provoque la fureur de son père, joué par Victor Jory (qui incarna le père de Joe Mannix).

Avec l’attaque de diligence, on rejoint l’un des thèmes fameux du western. En Arnie, le comédien Chris Robinson est sournois à souhait. Une véritable petite frappe.

Clu Gulager a trouvé ses marques en adjoint du shérif, tandis que Carl Hendricks (Victor Jory) réalise que son fils est un démon. Tout ceci va contrarier la romance naissante entre Jenny et Trampas. Mais très vite la belle tombe amoureuse du jeune forgeron Wally (Larry Pennell, excellent).

Ce qui est gênant dans cet épisode est la différence d’âge entre l’entraîneuse de saloon Joan (Joan O’Brien) et Arnie. Or les comédiens sont sensiblement du même âge, Robinson de 1938 et Joan O’Brien de 1936, mais le premier fait « jeune blanc bec » et la seconde femme mûre.

Suite à une dispute entre le couple au saloon, Emmett Ryker commence à avoir des soupçons. C’est lui qui enquête sur l’attaque de la diligence.

On retrouve avec plaisir Lee J. Cobb en juge Garth, même si ses scènes sont hélas trop brèves.

Carl Hendricks essaie de débaucher Trampas en l’engageant comme régisseur voire associé et en le poussant à quitter le juge et Shiloh. Mais Trampas choisit, sans surprise, de rester avec Garth.

Arnie, en voulant protéger son secret, tue accidentellement son père après une visite de Ryker. Dès lors, l’épisode prend une tonalité très dramatique. Cela se termine en procès. Il s’agit de déterminer si c’est un accident ou un meurtre. Arnie tente de faire accuser Trampas.

La fin est bâclée mais les scénaristes se sont débrouillés pour nous proposer un happy end, ce qui est un tour de force. Quant à Gulager, en Ryker, il s’est imposé en seulement deux épisodes.

Anecdotes :

  • Katharine Ross (1940-) a joué dans Le hasard et la violence, Le lauréat, Butch Cassidy et le kid.

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3. THE STALLION
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Carey Wilber. Adaptation : Carey Wilber et Louis Vittes. Réalisation : Bernard Mc Eveety.

Résumé :

Un étalon fou tue un cavalier qui a voulu le monter et s’enfuit. Randy récupère le cheval. Il le conduit chez un vétérinaire, Charlie Orwell.

Critique :

Comme je l’ai dit, Randy Boone, chanteur, se révèle un piètre comédien. Il occupe le premier quart d’heure à lui seul et l’on constate les défaillances de son jeu. Surtout lorsqu’il est confronté à un acteur avéré comme Robert Culp.

L’épisode se concentre sur la personnalité bourrue du vétérinaire alcoolique Orwell qui envoie promener la jolie Jody Wingate (Jena Engstrom).

Une fois ramené à Shiloh, le cheval, que tente de monter Randy, non seulement le fait tomber mais tente de le tuer.

Ce cheval appartient à un certain Slaughter (Don Red Barry) qui lorsqu’il veut le récupérer tente aussi de le tuer. Tel un chien dressé à tuer, ce cheval est une véritable arme.

Le juge le rachète 100 dollars pour le libérer de son bourreau Slaughter, et on songe à l’euthanasier.

On ne comprend pas trop où veulent nous conduire les scénaristes de cette histoire sans queue ni tête. Randy emmène le cheval tueur au vétérinaire. Bien que toute la distribution soit au rendez vous (Le virginien, Trampas, le juge Garth et sa fille, Randy, l’adjoint du shérif Ryker, ce qui est rare pour un épisode), c’est Randy Boone qui mène, plutôt mal, la barque.

Au bout de trente minutes, le spectateur regarde sa montre. A cause du cheval fou, Trampas est blessé et le juge perd 40 bêtes. Nous sommes plus dans le registre de la protection animale que du western. On se demande de temps en temps si l’on est pas en train de regarder une émission de la série 30 millions d’amis !

La suite de l’opus n’est pas meilleure : l’épouse du vétérinaire est partie (première version de son absence) car il s’occupait trop des chevaux, et Randy veut jouer les agents matrimoniaux ayant compris que Jody Wingate est amoureuse de Charlie Orwell.

L’étalon noir qui a déjà tué continue de constituer une menace malgré toute la bonne volonté de Randy. A la 59e minute, Orwell avoue à Jody que l’étalon a tué son épouse.

Slaughter, encore plus diabolique que son cheval, tente de venir le voler. Orwell reçoit une balle perdue. La fin moraliste est assez difficile à supporter, Randy devant aller chercher du secours en montant l’étalon tueur.

Un épisode complètement raté, ni fait ni à faire, que l’on peut zapper sans regret, et dont on comprend que l’ORTF de jadis ait négligé de l’acheter.

Anecdotes :

  • Robert Culp (1930-2010) fut la vedette de la série Les espions.

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4. THE HERO
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Clair Huffaker. Réalisation : Richard L. Bare.

Résumé :

James Templeton, célèbre reporter, arrive à Shiloh car il veut faire un article sur le juge Garth dont on pense à Washington qu’il ferait un bon sénateur. Betsy, qui se laisse éblouir par ce beau parleur, ne va pas tarder à le regretter.

Critique :

Les épisodes avec Lee J. Cobb sont souvent réussis. Templeton est interprété par le héros de la série Le Baron Steve Forrest. Dans un premier temps, ce dernier s’emploie à séduire tout le monde à Shiloh. Il dresse un cheval sauvage.

L’épisode est une histoire qui commence par nous montrer Betsy dans une situation critique à cause de James Templeton, puis se déroule comme un récit raconté à la manière d’un long flash back.

Trampas est agacé par la vantardise du reporter qui se dit ancien de la légion étrangère et tente d’épater la fille du juge. Dans la première partie, si nous pouvons voir de beaux décors naturels, l’épisode est trop bavard.

Après que Templeton ait sauvé la vie de Betsy de l’attaque d’un puma, un bal est organisé par le juge en signe de reconnaissance. Templeton montre ses talents de violoniste, puis de valseur. Avec toutes ces mondanités, on oublie parfois que l’on est dans Le virginien.

Un certain Ray Harding (Warren Stevens) tente de faire chanter le juge en rouvrant une affaire vieille de onze ans dans lequel le magistrat a tranché.

Au bout d’une demi-heure, on comprend que ce ne sera pas un grand épisode. Trampas tente de démontrer à Betsy que le journaliste n’est pas celui qu’il prétend être.

A son insu, le virginien embauche une bande de vauriens qui, lorsque le juge veut les jeter dehors, le menacent. Heureusement, le virginien se trouve là au bon moment au bon endroit pour sauver la mise à Garth.

Pendant ce temps, malgré une différence d’âge évidente, Templeton fait le joli cœur auprès de Betsy. Forrest était né en 1925 et Roberta Shore, qui est toujours parmi nous, en 1943.

Trampas commence à accumuler les preuves qu’il livre au juge montrant que le reporter est un imposteur. Mais le père de Betsy ne l’écoute pas, pensant que Trampas est jaloux.

Nous avons droit à une scène père fille entre le juge et Betsy comme dans l’épisode de la saison 1 Woman from White Wing.

A la 50e minute, Templeton nous livre son vrai visage : c’est un complice de Ray Harding et il ne cherche qu’à nuire au juge.

J’ai trouvé que l’épisode s’éternisait un peu : la bagarre avec Trampas fou de jalousie par exemple est un passage inutile.

Avec Harding, Templeton met au point l’enlèvement de Betsy, d’autant plus facile qu’elle ne voit pas le danger et est amoureuse de son bourreau. Au bout d’une heure, le flash back se termine, et nous comprenons ce qui a été révélé en début d’histoire. Mais Templeton se fait doubler (et tuer) par Harding avant que l’équipe de Shiloh ne vienne au secours de la jeune imprudente.

L’épilogue entre Garth et fille sombre dans la mièvrerie. Dommage.

Anecdotes :

  • Steve Forrest (1925-2013) prononce, en VO, plusieurs phrases dans un français parfait.

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5. FELICITY’S SPRING
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Jean Holloway. Réalisation : Don McDougall. 

Résumé :

Une nouvelle enseignante, Felicity Jones, fait l’unanimité à Medecine Bow. Elle est condamnée à brève échéance par une maladie incurable. Le virginien en tombe amoureux et veut l’épouser.

Critique :

Gary Clarke ayant décidé de quitter la série après deux saisons, il fait l’une des ses trois dernières apparitions dans Le Virginien. Nous perdons au change (il n’est plus au générique) par rapport au palot Randy Boone. Après le 28e épisode de la saison 2, A bride for Lars, Katherine Crawford est déjà de retour. C’est un peu trop d’honneur qu’on lui fait. Elle joue la sœur de Kate Andrews, Felicity, incarnée par la fade Mariette Hartley.

La saga a voulu se doter d’un épisode romantique, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée. James Drury, excellent dans les scènes d’action, a un jeu limité dans les répliques dramatiques. Katherine Crawford est insupportable de mièvrerie en Felicity Jones, l’institutrice. Elle surjoue en permanence, et le spectateur est vite agacé.

Le virginien devient ici un personnage rendu ridicule par un scénario digne de La petite maison dans la prairie.La niaiserie de l’ensemble est aggravée par la présence de Roberta Shue en Betsy. Malgré les beaux paysages, on ne croit pas un instant à cette histoire d’amour qui arrive comme un cheveu dans la soupe.

Gary Clarke n’est revenu en Steve Hill que pour jouer les utilités, à croire que son contrat l’obligeait à tourner trois épisodes supplémentaires pour se libérer de ses obligations envers la production.Le père de Felicity et Kate a tué sa femme et s’est suicidé. On se croirait dans un soap opera. Cette histoire de mariage du virginien est d’une telle platitude que le spectateur, jamais ému, en est consterné.

L’épisode est parsemé de bavardages interminables, et l’on ne croit jamais aux sentiments de notre héros. James Drury n’est pas aidé par une Katherine Crawford jouant très faux.

Nos seuls moments de plaisir dans cet épisode sont de retrouver, lors de scènes bien brèves, Steve. Nous nageons en pleine guimauve, ce qui n’est pas l’objectif d’une série western. Il faut attendre une heure de métrage pour que Kate avoue au virginien que Felicity est atteinte de la même maladie incurable que sa mère, qu’elle l’ignore. Mais Drury ne nous émeut jamais, on lui a donné à jouer un script très faible. L’émotion ne surmonte pas un fatras de bons sentiments. Une musique sirupeuse vient alourdir le tout. On confond ici émotion et sensiblerie. Felicity meurt après avoir dansé une valse avec le virginien, tandis que Kate sa sœur décide de la remplacer comme institutrice.

Un opus difficile à supporter jusqu’au bout.

Anecdotes :

  • Aucune explication n’est donnée à l’absence de Gary Clarke depuis le début de la saison 3. Il reviendra dans les épisodes Big image little man et The girl from yesterday avant de tirer sa révérence.

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6. THE BRAZOS KID 
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Carey Wilber. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Samantha Frye s’est faite renvoyer de tous les journaux d’Amérique pour ses articles fantaisistes. Elle arrive à Medecine Bow et se fait engager au journal local.

Critique :

Un épisode dynamique dont l’introduction est une suite de scènes de comédie après l’épisode larmoyant précédent. Barbara Eden donne du punch à un opus qui s’annonce comme truculent. Elle incarne la journaliste Samantha Frye. Etre invité à une soirée donnée par le juge Garth n’a rien d’une partie de plaisir, il faut supporter les récitals de Randy.

Samantha trouve Medecine Bow et ses nouvelles ennuyeuses. Elle a envie d’inventer pour se faire valoir. Quant au virginien, qui valse avec elle, il s’est vite consolé de sa défunte fiancée de l’opus précédent. A la réception, la journaliste fait la connaissance de Joe Cleary (Skip Homeier)  et l’entend parler avec le virginien d’un tueur appelé « Brazos kid ». Samantha commence son enquête auprès du shérif adjoint Ryker. Il commet l’imprudence de lui dire que ce truand est mort noyé, mais que l’on n’a pas retrouvé son corps.

L’intrigue alterne entre une action à Chicago et à Medecine Bow. Samantha s’efforce d’entretenir le doute sur la mort de Brazos Kid, et écrit dans un journal de Chicago. Il y a une récompense de 5000 dollars pour la tête de Brazos Kid, ce qui attire à Medecine Bow des tas de chasseurs de prime. Le ton comédie sied mieux à la série que les intrigues lacrymales. Cet opus est là pour le démontrer.

Toute bonne comédie n’est pas parfaite sans un zeste de dramaturgie. Brazos Kid, le spectateur le devine à la 30e minute, c’est Joe Cleary. Le virginien consulte le juge qui pense que Cleary ferait mieux d’avouer et de demander à être jugé. En colère, Emmett Ryker explique à Samantha qu’elle n’est pas dans l’est et que sur de stupides malentendus, des hommes se font tuer. Coup de théâtre qui vient illustrer ces dires : un inconnu cherche des noises au virginien qui en état de légitime défense le tue.

Le juge Garth apprend ensuite du virginien que Brazos Kid est Cleary, qui mène une vie paisible à Medecine Bow depuis huit ans. Il se trouve que Brazos Kid a sauvé la vie du virginien en lui évitant la noyade. Un détective et un chasseur de prime pensent que le virginien est Brazos Kid. On le voit, les articles de la journaliste ont créé des remous qui ne sont plus du tout risibles.

Le personnage de Samantha Frye perd son importance en milieu d’épisode au profit du vrai Brazos Kid et de ceux qui s’acharnent à le trouver. On ne rit plus du tout quand le virginien, traqué, hors de la ville, est blessé par Lou  Sebastian ( J.B. Brown). Cleary et Ryker interviennent, mais le tout se termine en tragédie avec la mort du vrai Brazos Kid et de Sebastian.

En quittant Medecine Bow, Samantha jure qu’elle vient d’écrire son dernier article, se sentant responsable du drame. L’épilogue, trop bavard, gâche un peu notre joie devant cet épisode qui est presque une réussite parfaite. Cette aventure nous permet d’apprécier encore davantage Clu Gulager, vraiment excellent dans son rôle.

Anecdotes :

  • Barbara Eden (1931-) a arrêté sa carrière en 2007, après s’être surtout consacrée à la télévision. Outre-Atlantique, elle est célèbre pour la série Jeannie de mes rêves.

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7. BIG IMAGE… LITTLE MAN
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Frank Chase. Adaptation : Frank Chase et Carey Wilber. Réalisation : William Witney.

Résumé :

A bord de son train personnel, le riche héritier Paul Leland se montre odieux et tyrannique avec tous ceux qui sont sous sa coupe. Sa maîtresse Kitty, humiliée, le jette du train lors d’une dispute. Il se retrouve en plein désert.

Critique :

Linden Chiles, habitué des séries des années 60-70, incarne à merveille le tyran déchu Paul Leland. Dès le début, on comprend que l’on a affaire à une histoire bien construite, un script solide, qui doit en toute logique nous livrer un très bon épisode.

Le virginien trouve Leland à moitié mort de soif et de chaleur et le soigne. L’épisode nous permet de retrouver Steve Hill (pour son avant-dernière apparition) sans qu’aucune explication de son absence ne nous soit donnée. Leland, capricieux et autoritaire, veut faire ses quatre volontés et use la patience du virginien qui le laisse en plein désert devant son manque de coopération.

Mais Steve est chargé de le récupérer pour lui éviter une mort certaine. Milliardaire ou pas, le virginien l’oblige Leland à travailler pour payer son voyage. On se régale de la leçon que la vie donne à cet affreux blanc bec. Il est ainsi confronté au propriétaire d’un relais de diligence, Carter, qu’il a ruiné. Lorsqu’il veut séduire sa fille, c’est à peine si le virginien intervient lorsque le père va le tuer.

L’épisode n’est jamais ennuyeux ni répétitif. Les millions de Leland ne valent rien alors qu’il est abandonné dans le désert. Il met un peu de temps à le réaliser. Leland décide de corrompre deux hommes du virginien pour fuir. Pour cela, trois chevaux sont volés. Le virginien les récupère abandonnant le trio. Les trois reviennent penauds, mais en colère, Leland provoque un drame.

Dure leçon pour le milliardaire. On s’interroge sur sa rédemption. Confronté à cette situation exceptionnelle, l’enfant gâté qui n’a jamais travaillé de sa vie va devoir réagir. Steve apprend à Leland le métier de bouvier. Le virginien observe tout cela d’un œil un peu narquois. Malgré le happy end, la fin est un peu bâclée, mais l’ensemble demeure un excellent épisode à ne pas manquer.

Anecdotes :

  • Linden Chiles (1933-2013) incarnait Henry Dewitt, l’employé de la compagnie d’assurance rival de Banacek.

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8. A FATHER FOR TOBY
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Tom Seller. Adaptation : True Boardman. Réalisation : Alan Crosland Jr.

Résumé :

Dans un orphelinat, le jeune Toby raconte que son père est un espion. En réalité, il a braqué une banque il y a six ans et vient de sortir de prison. Toby s’enfuit de l’orphelinat et tombe sur Trampas qui l’y ramène. L’enfant fait croire aux autres que son père est Trampas.

Critique :

Dans le rôle de Toby, c’est un tout jeune Kurt Russell, dont on reconnaît les traits, que nous découvrons.

Dès le début, avec la scène où les orphelins méritants récitent des poèmes devant le juge Garth et sa fille, on comprend que les bons sentiments vont affluer. Nous devons d’ailleurs supporter, une véritable torture, un récital de chant de Betsy à Shiloh.

Dans cette série, les mauvais épisodes se devinent rapidement. A 30 numéros par saison, il était impossible de produire 30 chefs d’œuvre.

L’épisode est bien trop bavard et le téléspectateur décroche vite, surtout qu’on lui répète ce qu’il sait déjà. Cela constitue un artifice pour « faire durer ». L’institutrice qui répète à Trampas, lors d’une réception, toute la situation de Toby, ne nous apprend rien. Evidemment, pendant ce temps-là, on s’ennuie.

Kurt Russell fait preuve d’une maturité étonnante et joue très juste, on ne s’étonne pas qu’il ait fait une grande carrière adulte.

Dans le rôle du père, Jim Shea, le vétéran Rory Calhoun (Rivière sans retour) fait une prestation sans forcer son talent, c'est-à-dire le minimum syndical.

La partie la plus indigeste du métrage est la romance entre Trampas et l’institutrice de l’orphelinat, Ellen (Joanna Moore). La comédienne fait beaucoup plus âgée que Doug McClure alors qu’elle est son aînée d’un an.

Dès sa sortie de prison, Jim Shea est harcelé par deux complices qui pensent qu’il a caché le fruit du braquage et veut le récupérer. Ceux-ci le retrouvent à Shiloh où Shea s’est fait embaucher sous le nom de Hansen.

On sort un peu de notre torpeur puisque l’intrigue, sur la fin, gagne en intensité dramatique. Les deux complices veulent leur part, 6000 dollars, et kidnappent Toby, le retenant dans une cabane. Stupidement, Shea tente de cambrioler le juge Garth pour obtenir la rançon.

Le happy end est un peu forcé. On croit un temps que l’épisode va se terminer en drame. Je n’en dirai pas plus, pour ne pas dévoiler le spoiler final.

Anecdotes :

  • Kurt Russell (1951-) a commencé sa carrière enfant en 1962. Il a été la vedette de deux séries que nous avons vues en France, Les voyages de Jaimie Mc Pheeters et Sur la piste des cheyennes. Sa carrière au cinéma décolle en 1981 avec New York 1997. Parmi ses films, citons The thing, Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, Stargate, la porte des étoiles, Boulevard de la mort, Les huit salopards.

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9. THE GIRL FROM YESTERDAY
INÉDIT EN FRANCE

Histoire de Mark Rodgers. Adaptation : Mark Rodgers et Louis Vittes. Réalisation : John Florea.

Résumé :

Au saloon, Steve a la surprise de voir Jane Carlyle, amie d’enfance qu’il a failli épouser il y a cinq ans à Kansas City. Elle fait désormais partie du terrible gang de Jack Wade. Un marshall, Cass, lui demande de l’aide.

Critique :

C’est le dernier épisode auquel participe Steve Hill/Gary Clarke que l’on ne reverra plus de toute la série. Le juge Garth le convainc d’aider le marshall Cass (Don Collier) afin de capturer le dangereux Jack Wade (Peter Mark Richman) qui sévit depuis trois ans en toute impunité et a occasionné 27 morts lors de braquages qui ont rapporté 300 000 dollars.

Ruta Lee en Jane Carlyle est bigrement séduisante. On comprend que l’ambiance est au drame. Le virginien n’est pas dans le secret du piège tendu par le marshall avec l’aide du juge Garth et de Steve et veut venir en aide à ce dernier qu’il juge perturbé. Comme c’est la dernière apparition de Steve, peu vu depuis le début de cette saison, on peut s’attendre à tout, voire à sa mort à la fin de l’opus. Il se fait passer pour un truand auprès de son ex-maîtresse, préparant l’attaque d’un chargement d’or.

Malgré leur rupture, Jane a toujours des sentiments pour Steve. Ce dernier fait un esclandre en public et lance sa démission au juge Garth. L’intensité dramatique s’accroît. Si Steve persuade le marshall de la culpabilité de Jane, elle sera pendue, or il est retombé amoureux d’elle.

Peter March Richman est superbe en serpent venimeux Jack Wade, et fait une interprétation absolument époustouflante. Il est aidé par le sinistre Neal Fairburn (Charles Bateman), son âme damnée qui le suit comme un ombre et surveille Steve. Le jour venu, Wade tombe dans le piège mais emmène Steve avec lui. Comme on se doute que cela ne pas être une partie de plaisir mais une traque, on craint vraiment pour sa vie. Wade a tout compris sur le rôle de Steve et après avoir dérobé l’or le fait prisonnier. Il a changé ses plans.

Contre toute attente, nous avons un happy end et normalement Steve est censé rentrer à Shiloh. Il y avait matière à finir l’histoire en tragédie, ce qui aurait expliqué l’absence définitive de Steve. Ce n’est pas le choix que fit la production, mais l’opus reste un sans-faute.

Anecdotes :

  • Ruta Lee (1933-) a tourné de 1952 à 2012, sans marquer vraiment dans un film ou une série avec un rôle qui l’aurait rendue inoubliable. On se souvient d’elle pour deux films des 50’s, Les sept femmes de Barbe Rousse et Témoin à charge.

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10. RETURN A STRANGER
INÉDIT EN FRANCE

 

Histoire de George Slavin. Adaptation : True Boardman. Réalisation : Maury Geraghty.

Résumé :

Le vieux Charley Ryan exploite une mine dont le minéral, l’argent, n’est pas exploitable. Son fils Craig qui revient au pays après avoir fait, pendant quatre ans, des études de géologue a trouvé le moyen de le raffiner sur place. Pour cela, Charley n’a que trois mois pour faire ses preuves, ayant hypothéqué sa maison et sa mine.

Critique :

Malgré la présence de Leif Erickson en Charley, on sent dès le début que cet épisode va être ennuyeux au possible. Autant le père est bonhomme et sympathique, autant le fils Craig (Peter Brown) est un jeune blanc bec homme d’affaires sans scrupules et rébarbatif. Il se comporte de façon odieuse, écartant tout le monde, ne voulant être dérangé par personne, refusant le droit au braconnier Sam  Elberry ( William Fawcett) de poser ses pièges sur ses terres.

L’histoire traîne en longueur, et le téléspectateur tend à sombrer dans une certaine somnolence. Pour comble de malchance, nous avons droit à un duo Randy à la guitare et Betsy au piano lors d’un récital improvisé, Roberta Shore chantant faux. Ces passages sont là pour combler les creux du script. Craig, qui n’a pas revu Betsy depuis quatre ans, la trouve très séduisante. Garth et Charley sont de vieux amis et cela nous vaut la présence de Lee J. Cobb pour tromper l’ennui.

A la 48e minute (il ne s’est quasiment rien passé jusque-là !), Randy trouve deux animaux morts près de la rivière. Le juge Garth tente d’en savoir plus, mais toute la mine est clôturée. Les associés de Craig voient d’un mauvais œil les visites du juge et tentent de lui démontrer que l’eau n’est pas contaminée. Or, elle l’est et Craig n’était pas au courant. Il doit choisir entre sauver la mine de son père, la Gloria, ou l’intérêt des paysans de Medecine Bow.

En fait, Craig est sous la coupe de son associé, Whit Parsons (Whit Bissell), un véritable gangster prêt à laisser mourir le braconnier Sam qui a bu l’eau de la rivière. Parsons menace Craig qui réussit à le mettre KO au moment où il allait jeter Sam mourant dans un ravin. Il le transporte à Shiloh, mais en vain, Sam est mort.

Parsons se révèle le seul méchant de l’histoire. L’épisode, on le croit un temps grâce à l’habileté du réalisateur, se termine en tragédie avec la mort de Craig, et celle que l’on ne pleurera pas du cynique Parsons. C’est en fait le braconnier Sam qu’on enterre, Craig Ryan grièvement blessé assiste aux funérailles hors caméras. Le twist final (spoiler) qui permet un happy end inespéré est un peu tiré par les cheveux. En tout cas, on s’est bien ennuyé devant cet épisode inodore.

Anecdotes :

  • Peter Brown (1935-2013) qui incarne Craig, était un acteur de séries TV : à son actif Lawman, Laredo, On ne vit qu’une fois, Amoureusement vôtre.

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