Saison 2 Volume 2Saison 3 Volume 1

Le Virginien

Saison 2 - Volume 3


21. A MATTER OF DESTINY
INÉDIT EN FRANCE

 




 

 

 

 

 

 

Scénario: Al C.Ward. Réalisation : Maurice Geraghty.

Résumé :

Trampas, qui vient de retrouver un vieux compagnon, Pat Wade, se fait voler sa fiancée par un milliardaire venu de Chicago, Gaynor. Il ignore que Pat Wade est devenu un tueur à gages dont la mission est de tuer Gaynor.

Critique :

J’aurais mis la note maximale à cet épisode s’il ne devenait pas un peu longuet vers la fin. Deux invités vedettes remarquables dominent la distribution : un Peter Graves anté-Mission Impossible en Robert Gaynor, milliardaire sympathique qui conquiert tout le monde (à part Trampas) et Richard Jaeckel en Pat Wade, l’ancien compagnon de route de Trampas devenu tueur, et qui demeure un peu en retrait par rapport à Graves.

L’exposition de l’intrigue est longue mais jamais ennuyeuse. Peter Graves séduit la petite amie de Trampas, mais par son côté humble (pour apprendre le métier de vacher, soit cowboy, il oublie ses millions au vestiaire et joue le jeu), s’attire la sympathie.

Tout le monde ou presque est au rendez-vous : Le juge, le virginien, Trampas, Betsy qui nous vaut un abominable moment chanté (gare aux oreilles). Seul Steve manque à l’appel.

Toutefois, l’épisode oublie nos héros habituels pour se concentrer sur le personnage du self made man Robert Gaylor, auquel Peter Graves donne un immense potentiel de sympathie. On comprend très vite que l’ami de Trampas n’est pas très clair, il est impossible de savoir ce qu’il a fait les deux dernières années : sombre, taciturne, il est devenu tueur à gages et ses commanditaires, de Chicago, en ont après Gaylor. Jaeckel est trop petit, trop frêle pour être vraiment crédible dans le rôle.

Peter Graves a tendance à voler la vedette à tout le monde : il symbolise la réussite d’un jeune homme. Son personnage, à son arrivée, est pressenti comme devant être un vieil homme d’affaires. Graves avait 38 ans en 1964. Il incarne l’Amérique conquérante, le capitalisme flamboyant et naissant. On regrette que Lee J. Cobb (le juge) quitte trop vite l’épisode. L’aspect romance ne sert pas trop Doug McClure, comédien limité dans ce domaine. Il est meilleur dans l’action pure.

Jean Hale incarne Janet, que se disputent Trampas et Gaylor, ce dernier avec ses billets verts gagnant la partie en pouvant lui offrir une douce existence d’épouse à Chicago. Dès le départ, le combat était inégal.

Je ne me suis pas ennuyé une seconde, le talent de Peter Graves nous faisant totalement oublier Jim Phelps. Les morceaux de bravoure sont légion, mais on a décidé de faire de Gaylor un milliardaire sympathique, et même le Virginien, face à lui, lorsque des problèmes surviennent avec les fermiers, ne parvient pas à nous rendre le riche magnat déplaisant.

Il est curieux que la France ait zappé l’achat de cet épisode qui en vaut bien d’autres doublés en français. Les nombreux rebondissements font de l’opus une réussite, si ce n’est une fin un peu bâclée et quelques longueurs.

Un épisode que je recommande pour tous les fans de Peter Graves, particulièrement brillant.

Anecdotes :

  • Peter Graves (1926-2010), en dehors de Mission Impossible et sa séquelle 20 ans après, est apparu dans Les envahisseurs, et au cinéma dans Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

  • Richard Jaeckel (1926-1997) a joué au cinéma dans Les 12 salopards, 3 heures 10 pour Yuma, Pat Garrett et Billy le kid et Starman.

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22. LE SOURIRE DU DRAGON
(SMILE OF A DRAGON)

Histoire de Borden Chase. Adaptation : Cy Chermak et Don Ingalls. Réalisation : Andrew V. Mc Laglen.

Résumé :

Laissé pour mort lors d’une attaque de diligence, Trampas est pris pour l’un des agresseurs. Un shérif est absolument décidé à retrouver notre héros et à le tuer sans lui laisser le temps de s’expliquer. Trampas en fuite est aidé par une jeune chinoise, une marginale.

Critique :

Le problème de cet épisode est son intrigue linéaire et parfois un peu lassante. Dans cet épisode n’interviennent que trois des protagonistes de la série : Trampas, Steve et (pour une brève séquence) Betsy, la fille du juge. L’épisode appartient au pur genre western, même si l’identité du complice des brigands le ferait s’approcher du genre policier. Ce n’est que sur le tard, par un twist, que l’on comprend que l’un des principaux protagonistes est le fameux complice.

 

Doug McClure et Gary Clarke se partagent l’épisode. La mise en scène est assurée par Andrew Victor Mc Laglen qui fera une belle carrière au cinéma (Les oies sauvages, avec Richard Burton et Roger Moore, Le grand Mc Lintock) mais je n’ai pas retrouvé dans ce téléfilm sa maîtrise et son art. La mise en scène est probablement handicapée par un script peu inventif, très conventionnel.

Le personnage de la chinoise, Kim Ho, apporte un peu de fraîcheur à l’ensemble. Elle et son père (blessé) ne sont pas dans les bonnes grâces du shérif. Mais très vite, la comédienne qui incarne le rôle saborde cet aspect par son manque de conviction.

L’épisode se scinde nettement en deux parties : avant et après l’arrivée de Steve, prévenu par un télégramme à Shiloh de la mort de Trampas (à la 25e minute). Un Trampas qui est mort et enterré lorsqu’il arrive, du moins le croit-il (ou le lui fait on croire). Nous sommes alors à la 41e minute et Steve « prend la main ». Le personnage du shérif Marden est desservi par un Richard Carlson au jeu monolithique. Son obstination envers Trampas le fait parfois ressembler au lieutenant Gerard dans Le fugitif. Avec le talent de Barry Morse en moins.

 

Les thèmes abordés sont du pur western, comme le lynchage auquel est promis Trampas (il y échappera, évidemment). Les deux personnages chinois sont assez caricaturaux, et représentatifs de la vision des téléspectateurs américains de 1964. Aucune subtilité, on bat le rappel de tous les poncifs sur les asiatiques. J’ai trouvé que Gary Clarke dominait la distribution. Les autres acteurs (Doug McClure en tête) paraissent stéréotypés. Le comédien, dès qu’il sort des scènes d’action, peine à convaincre. L’arrivée trop tardive de Steve dans le métrage nuit à la qualité d’un script pourtant écrit à trois mains.

 

On apprécie les décors, et ceux-ci sont entièrement en extérieurs, un des atouts du Virginien. Les scènes nocturnes par contre sont ratées, montrant de toute évidence les limites du budget (tournage en studio). On trouve aussi très dépassé le discours sur le racisme anti chinois, le sujet n’étant abordé qu’à la surface des choses, superficiellement. Le but de la série est de nous distraire et lorsqu’elle s’aventure sur le terrain idéologique, on s’ennuie ferme. Tout cela n’est pas arrangé par la comédienne Miyoshi Umeki qui joue particulièrement faux. Ses longues tirades avec Doug McClure sont ennuyeuses.

 

Constitué du début à la fin d’une longue poursuite entre le shérif et Trampas, avec un Steve Hill qui vient mettre des bâtons dans les roues à une machination, ce film fait passer un moment agréable mais pas inoubliable. Il aurait fallu 50 minutes pour narrer l’histoire, et en l’étirant à 75, on sent les moments inutiles de « remplissages ».

Anecdotes :

  • On a vu Richard Carlson (1912-1977) dans L’étrange créature du lac noir.

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23. LA CONFÉRENCE
(THE INTRUDERS)

Scénario : Dean Riesner. Réalisation : Charles Rondeau.

Résumé :

Eddie Tighe, jeune journaliste de Chicago, vient rendre visite à Betsy. Cela n’est pas du goût de son père le juge Garth qui prépare une conférence et attend des visiteurs. Il veut organiser la paix avec les indiens.

Critique :

Eddie Tighe (David Macklin) n’est pas bien accueilli à Shiloh. Les ouvriers du virginien le considèrent comme un jeune blanc bec de la ville. Un témoin à un procès, Mark Troxel (Darren Mc Gavin) surgit du passé du juge. Il fait du trafic d’armes avec les indiens et veut saboter la conférence de paix du juge entre les autorités et les indiens.

 

L’épisode commence mieux qu’il ne continue. La prise d’otages est bien trop longue. Troxel a un homme de main dont le nom n’est jamais cité (David Carradine). Au bout de 45 minutes, il ne s’est quasiment rien passé côté action, ce qui est inhabituel pour un western. En fait, on s’attarde trop sur les moqueries envers le citadin (Eddie) prétendant de Betsy, de la part des hommes de Shiloh, pour ensuite laisser de la place au complot ourdi par Troxel qui ne veut surtout pas que la guerre avec les indiens cesse.

 

Troxel en veut au juge d’avoir fait pendre un innocent, le frère de Bear Bristow (Mickey Simpson), un des hommes de Troxel. Le virginien a été grièvement blessé, et Troxel refuse qu’un docteur intervienne. On comprend que le jeune Eddie va devoir montrer qu’il est un homme étant le seul à pouvoir sauver la situation. Mais c’est sans doute présumer de ses forces.

 

Le juge finit par se souvenir du procès où Joe Bristow fut jugé coupable et pendu. L’affaire remonte à six ans. Garth sème la zizanie en démontrant à Bear Bristow que l’assassin de la petite amie de son frère est Troxel ! C’est ainsi que la prise d’otages se dénoue.

Episode plus policier que western, et bien trop bavard. On attend autre chose du Virginien. Finalement, le jeune Eddie sauve tout le monde après que Troxel et Bristow se soient entretués. Tout cela est trop prévisible, et mérite à peine deux étoiles, malgré les moyens mis en œuvre, la couleur, les beaux paysages. La fin est bâclée pour tout ce qui concerne la conférence.

 

Anecdotes :

  • Episode sans Trampas ni Steve.

  • Darren McGavin (1922-2006) fut la vedette de Dossiers brûlants. Il incarne Mark Troxel.

  • David Carradine (1936-2009) fait son unique apparition dans la série. Il était inconnu en 1964, époque de l’épisode.

  • David Macklin (1946-) n’a pas fait une grande carrière (54 rôles et beaucoup de westerns). Il s’est retiré en 2008.

  • Mickey Simpson (1913-1985) a joué dans Géant, Le bagarreur du Kentucky et Le convoi des braves.

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24. QUI EST MATHIEU RAYNE ?
(ANOTHER’S FOOTSTEPS)

Scénario : Frank Chase. Réalisation : R.G. Springsteen

Résumé :

Un jeune protégé du virginien, Dan Grant, est abattu lors d’un hold-up. Le virginien se lance sur la trace des assassins dans le Montana. Ils sont trois, Toliver, Bouffi et un mystérieux Mathieu Rayne, l’homme qui a tué Dan.

Critique :

Cette fois, c’est du western, du vrai. Le virginien veut retrouver l’homme qui a tué un tout jeune homme de ses amis. La vengeance est un argument classique dans le genre western. Le fil qui permet à notre héros de retrouver la trace des trois hommes du holdup  auprès d’un vendeur de chevaux.

 

James Drury est particulièrement convaincant dans cet opus. Son personnage se rend dans la ville de Concho. Il assiste à une partie de poker. L’homme qu’il recherche est un certain « bouffi », le seul du trio dont il connaisse le nom. Bien que tout soit tourné aux studios Universal, on a l’impression de parcourir les grandes plaines du far West. Encore une fois, la série mélange policier et western, mais ici pour le meilleur.

 

A la 23e minute (sur 72), le virginien a marqué bien des points, s’étant allié au shérif de Concho. Il a arrêté sur deux des trois cambrioleurs, Bouffi et Toliver, l’autre étant un certain Mathieu Rayne. A la vengeance, le virginien est contraint de choisir la justice. Le meurtrier s’appelle Mathieu Rayne, et est hors de la juridiction du shérif de Concho. Notre contremaître doit s’engager à ne pas le tuer (si possible) et à la ramener à Medecine Bow pour qu’il soit jugé (et pendu évidemment).

 

Sur son chemin, le virginien fait la connaissance de Karen Anders (Sheree North), mère du jeune Tim. Atteinte de la fièvre, le virginien lui vient en aide. Le mari, Tom (John Agar) est absent. On se demande pourquoi le virginien pense que Mathieu Rayne et Tom Anders ne font qu’un.

 

Nous avons droit à la séquence du jeune garçon, Tim (Dennis Holmes) qui fait son apprentissage de la vie de fermier et d’homme. La pause chez Karen Anders se prolonge plus longtemps que prévu. Celle-ci fait des confidences, son mariage bat de l’aile. Le virginien comprend que Tom est certainement l’assassin de Dan Grant.

 

Trois indiens surviennent chez les Anders. Heureusement, le virginien était resté dans les parages. La série ne pourrait plus être programmée aujourd’hui, complètement en déphasage avec le politiquement correct. Les indiens sont des sauvages, les femmes bonnes pour faire la vaisselle. Les indiens sont vite de retour pour piller et tuer et le seul dialogue avec eux est la loi des armes. Le virginien en tue un lors du retour du trio, les deux autres s’échappant.

 

A la 58e minute, on a droit à la scène du baiser avec Karen. Puis, c’est le retour de Tom. La tension monte. Ce dernier se sert lâchement de Karen et de son fils pour échapper au virginien. Ne voulant pas abattre le tueur devant sa famille, le virginien s’en va. Cela ne suffit pas à l’assassin qui veut réduire au silence le témoin gênant et y perd la vie. Cette fin a des allures de tragédie grecque. Un des sommets de la série depuis le pilote.

 

Anecdotes :

  • Sheree North (1932-2005) a joué dans Le dernier des géants et Tuez Charley Varrick !

  • Le personnage de Karen s’appelle Karine en VF.

  • Le personnage de Bouffi s’appelle en VO « Smudge ».

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25. TISSU DE MENSONGES
(ROPE OF LIES)

Scénario : Les Crutchfield. Réalisation : Hershel Daugherty.

Résumé :

Steve Hill, contre l’avis de ses amis, accepte de travailler pour Alma Lowell qui vient d’acheter un ranch.

Critique :

Steve travaille en temps normal pour le juge Garth. Dans cet épisode, mal lui en prend d’accepter de devenir le régisseur d’Alma Lowell (Diana Milley). Pour lui, c’est pourtant une promotion, par rapport à l’emploi tenu à Shiloh. On comprend vite que Steve est sous le charme de la belle Alma. Mais les hommes ne rendent pas la vie facile au nouveau régisseur. La fille du juge Garth, Betsy, est furieuse de son départ.

 

Betsy voit un homme (que nous avons vu dans le pré générique) qui veut la tuer. Elle en parle à Steve, mais refuse de prévenir le shérif. Jess Carver (Peter Breck de La grande vallée) lorsqu’il retrouve Alma a affaire à une personne différente, une menteuse, qui le dresse contre Steve dont elle veut se débarrasser. Elle déclare à son ancien amant que Steve lui a volé ses titres de propriété. Parfaite garce, elle raconte ensuite une autre version à Steve pour qu’il tue Jess.

 

Les hommes qui préfèrent les blondes risquent de changer d’avis après avoir vu cet épisode. Alma tire sur Jess, qui blessé veut se défendre et est abattu par notre bon samaritain Steve Hill. Le shérif Mark Abbott croit à la version de Steve. Mais ce dernier a des soupçons. Il pense avoir été manipulé.

 

Steve vient demander des conseils au Virginien. Il lui explique la machination dans laquelle l’a plongé Alma. Il finit par dire ses quatre vérités à cette dernière. Steve veut s’en remettre à la justice. Alma ment ensuite effrontément pour enfoncer Steve. Un procès va avoir lieu. Deux avocats vont s’affronter. On ne sent pas la tension dramatique à laquelle on devrait s’attendre. Pourtant, Steve est arrêté, jeté en prison et risque être pendu.

 

Les américains adorent les procès, et nous avons droit à une audience dans cet épisode. L’avocat de Steve démontre que Jess Carver a cambriolé une banque, et qu’Alma était son épouse et sa complice. Bard Arden, le faux témoin, a chargé Steve. L’avocat Ebberly Packis (Paul Fix) le manipule devant le juge. Il revient sur sa déposition. La victoire est trop facile. On s’attendait à plus de suspense. Steve reprend sa place au ranch Shiloh, mais l’on n’assiste pas à la punition de la criminelle et la fin est bâclée. Dommage.

 

Anecdotes :

  • Dans la VF, Alma s’appelle Alva.

  • Diana Milley (1935-) est connue pour la série Dark Shadows. Elle a arrêté sa carrière en 1971.

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26. LE SECRET DE BRYNMAR HALL
(THE SECRET OF BRYNMAR HALL)

Scénario : Herman Groves. Réalisation : Robert Totten.

Résumé :

Betsy est conduite par Randy Benton dans une pension où tous deux se retrouvent coincés par la tempête. La fille de leur hôte est morte dans un incendie deux ans auparavant. Très vite, quelques jeunes gens invités avec eux se demandent dans quelle galère ils se sont mis, tant l’endroit recèle de mystère.

Critique :

Cette série se révèle vraiment une anthologie, puisque cet épisode ne relève pas du western. Des personnes qui se retrouvent cloitrées malgré elle dans un endroit maléfique constituent une pure intrigue de mystère aux limites du fantastique. On ressent une atmosphère stressante, qui rappelle parfois les whodunit d’Agatha Christie.

 

Particularité de cet opus, la plupart des vedettes manquent à l’appel : le juge Garth, le virginien, Trampas, Steve Hill, la fille du juge, Betsy ayant jusque-là tenu un rôle de second plan. C’est la première fois qu’elle est seule en haut de l’affiche d’un épisode. L’endroit est sinistre et l’on se croirait dans un film de la Hammer. Tous les amis de la défunte Mildred sont présents, pour le second anniversaire de sa mort. Ceux-là même qui étaient là lors de l’incendie (en dehors de Randy).

 

Avec La liste dans la saison 6 et que l’ORTF programma en 1973 un samedi soir l’été, on avait déjà une histoire qui fasse peur et s’écarte complètement du western. Plus on avance dans le film, plus on est scotché par l’angoisse dans notre fauteuil.  Les éclairs, le tonnerre, les bruits bizarres et inexpliqués, les toiles d’araignée dans la chambre de Mildred, tous les ingrédients du film d’épouvante sont là. Chacun des invités est en danger. La chute d’un lustre manque tuer quelqu’un.

 

A la 25e minute, Sarah Brynmar (Jane Wyatt) fait son apparition dans un fauteuil roulant pour accueillir ses invités. L’atmosphère est lugubre, avec la présence de la défunte Mildred parmi les esprits des invités. Ce qui manque à l’opus est tout de même l’un des héros de la série, Randy n’étant pas du tout à la hauteur. Sarah offre à chacun des invités un objet macabre ravagé par le feu, carbonisé, par exemple un livre ou une poupée. Pour Sarah, l’auteur du drame, le responsable, est l’un de ceux qui sont invités et il s’agit d’un traquenard.

 

Par certains côtés, cet épisode rappelle le film Marie Octobre de Julien Duvivier avec Danielle Darrieux. Betsy se rend compte que Sarah Brynmar a perdu la raison. Elle s’en prend à Jenny (Brooke Bundy) qu’elle accuse d’avoir provoqué la mort de sa fille en l’aidant le soir fatal à fuir avec un garçon. Quelqu’un assomme Randy, puis Jenny. Paul Martinson, devenu révérend (Tom Skerritt) est lui aussi menacé. Jenny avait rendez-vous avec Mildred le soir fatal dans la cave, et elle y a oublié une lampe à pétrole. Elle craint d’être accusée de la mort de la jeune femme.

 

Le révérend Paul était celui avec lequel Mildred voulait s’enfuir. Elle détestait sa mère (on la comprend !). Le spoiler final nous glace les sangs. La mère, qui n’est pas handicapée et leurre tout le monde avec son fauteuil, a mis le feu pour tuer sa fille. Devenue folle, elle confond Betsy avec Mildred. La fin relève du pur film d’épouvante.

 

Anecdotes :

  • On retrouve dans le rôle de Michael le héros des Routes du Paradis Victor French (1934-1989).

  • Jane Wyatt (1910-2006) qui incarne Sarah est connue pour Le mur invisible et Les horizons perdus.

  • Tom Skerritt (1933-) est connu au cinéma pour Alien et Top gun, et fut le héros de Picket fences, série qui fut programmée en France sous plusieurs titres : Un drôle de shérif, puis High secret city, la ville du grand secret.

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27. THE LONG QUEST
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Carey Wilber. Réalisation : Richard L. Bare.

Résumé :

Le virginien s’est lié de sympathie avec un jeune enfant qui est en fait adopté par Mary Ann Martin, dont la maison est cambriolée. Par hasard à la gare, il rencontre l’actrice Judith Holly, venue avec l’aide d’un détective, récupérer son enfant.

Critique :

Une actrice qui veut récupérer son enfant (biologique) qu’elle n’a pas vu depuis douze ans est au centre de la trame dramatique de cet épisode.

Après le film d’épouvante constitué par l’épisode précédent, la série continue avec un drame de l’adoption. Mary Ann Martin (Patricia Breslin) est la mère adoptive, une femme simple et dévouée. Le shérif vient lui remettre une injonction pour obtenir la garde de Crickett (Casey Peters). La mère naturelle, riche et célèbre, Judith Holly (Ruta Lee), veut récupérer un enfant dont elle ne s’est guère occupée. Elle se paie le meilleur avocat de Medecine Bow, ainsi que le détective Corbett (Joseph Campanella). Mais Mary-Ann est victime d’un accident sur son chariot, d’un grave accident, suite à la rupture d’une roue.

Grièvement blessée, elle avoue au virginien qu’elle était en train de fuir avec Crickett. Nous sommes en plein drame familial et judiciaire, encore une façon pour la série d’échapper aux classiques intrigues de western qui à 30 épisodes par saison lasseraient le spectateur.

 

Dans la distribution, on remarque un Joseph Campanella toujours excellent en détective au service de la mère biologique. Corbett, lors du cambriolage, a volé une bible à Mary Ann que le virginien entend bien récupérer. Corbett tente de l’intimider avec un pistolet, lui faisant croire qu’il dira avoir tué le virginien en le prenant pour un cambrioleur. Un des grands moments de l’épisode est la bagarre entre Corbett et notre héros qui le met KO.

 

Ruta lee en Judith est fort séduisante, mais cela n’impressionne pas le héros (on a délibérément choisi une actrice au physique plus commun et ingrat pour jouer la mère adoptive), Patricia Breslin. La suite de l’épisode se perd un peu en bavardages entre le virginien et Mary Ann, qu’il tente de convaincre d’abandonner sa requête. Il organise une confrontation entre Judith et Mary Ann sous les yeux de l’enfant. Le face à face mère adoptive mère naturelle est le point d’orgue de l’épisode.

 

Mais de cette confrontation résulte une violente dispute et la chose sera réglée au tribunal. James Drury n’est pas très à l’aise en quittant la veste de contremaître de Shiloh pour jouer les médiateurs familiaux.

 

J’ai trouvé que Joseph Campanella dominait la distribution. Ruta Lee et Patricia Breslin tombent parfois dans la caricature, jouant de façon un peu trop appuyé leurs personnages. En fait, Ruta Lee est peu crédible en mère et plus convaincante en séductrice. C’est assez flagrant dans la scène qui oppose la vraie mère au fils, le jeune Casey Peters cabotine, tandis que Ruta Lee semble avoir du mal à lui donner la réplique.

 

Un épisode qui aurait eu toute sa place dans La petite maison dans la prairie. De la distribution habituelle ne demeurent que le virginien, Betsy et Randy Benton. On s’étonne que le juge Garth n’intervienne pas dans l’opus, Lee J. Cobb étant de loin le meilleur comédien de la série et parfaitement à l’aise en magistrat.

Au tribunal, les motivations bien odieuses de la mère pour récupérer Crickett (un héritage dont seul peut bénéficier l’enfant) seront déterminantes. Mais, comme dans Kramer contre Kramer, la gagnante (la mère biologique) se repent et avoue qu’elle usurpe l’identité de Judith morte depuis trois ans. Tout cela n’était qu’une escroquerie. Les bons sentiments triomphent au moment où l’on croyait que la cause était perdue.

On s’étonne par contre que les escrocs (Judith et Corbett) ne soient pas inquiétés par la justice, au détriment de toute vraisemblance. On apprend dans les dernières minutes (spoiler) qui est vraiment Judith, ce que je ne révèlerai pas.

Anecdotes :

  • Crickett est né en 1872 d’une union prononcée en 1869. Il a douze ans. Cela nous permet de situer l’année de l’épisode, 1884.

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28. A BRIDE FOR LARS
INÉDIT EN FRANCE

Scénario :  True Boardman. Réalisation : Earl Bellamy.

Résumé :

Un propriétaire de ranch suédois, d’âge mûr, Lars Holdstrom, a choisi d’épouser une jeune femme de 20 ans, Katya Swenson. Mais il est victime d’un accident et sa promise s’enfuit. Il demande à Trampas de se rendre à Laramie retrouver la jeune femme. Trampas se retrouve là-bas devant trois sœurs Swenson.

Critique :

Cet épisode est une franche comédie. Si dans les premières images, nous voyons James Drury et Gary Clarke, c’est en fait Doug McClure en Trampas qui se coltine ce script mal fagoté.

Dans le rôle d’Anna Swanson, qui se fait passer pour sa sœur Kathya,  Katherine Crawford s’en tire mieux, avec ses airs espiègles, qu’un Doug McClure qui ne trouve jamais le ton juste en Trampas, assez emprunté. Ce n’est pas la faute du comédien mais du scénariste qui a mélangé les fils d’une comédie avec une intrigue d’indiens assez dangereux qui donnent un ensemble mal équilibré.

On se lasse vite du beau visage de Katherine Crawford car le métrage dure 72 minutes. Et le scénario se perd en bavardages inutiles. C’est un long dialogue entre Trampas et Anna. On imagine mal cette dernière avec le vieux Lars en tant qu’épouse.

Le réalisateur exagère avec les scènes nocturnes, qui sentent le studio à plein nez, alors que l’avantage de la série est le décor naturel. Les apparitions des indiens qui suivent le couple constituent un suspense en pointillé. Mais celui-ci est désamorcé par la connivence entre Anna et les indiens. Même en étant indulgent, on finit par s’ennuyer. Anna cherche en permanence à duper Trampas. On ne peut lui en vouloir, épouser un vieil homme pour elle n’est pas des plus enthousiasmants.

 

Lorsqu’Anna se lave dans une rivière, et semble prendre beaucoup de plaisir à narguer Trampas, ce dernier se retrouve dans une situation ridicule. Il veut empêcher des cowboys de traverser la rivière. Anna se met à négocier avec le leader, Harkness (Stewart Bradley) pour acheter un cheval. Anna commet l’imprudence de montrer qu’elle a beaucoup d’argent sur elle, environ mille dollars, et Harkness et ses hommes ont l’idée de tendre une embuscade.

Nous sommes sans arrêt entre suspense éventé et comédie. Cela devient lassant. Ainsi, lorsque les indiens, tout comme les hommes de Harkness, deviennent menaçants, on n’y croit plus.

La fin se veut du plus haut comique, Harkness étant là pour protéger Anna pour le compte de Lars, tout comme les indiens. A force de retournements de situations, on n’y croit plus. La bagarre finale entre le prétendant d’Anna et Trampas relève de la comédie burlesque. Anna révèle au vieux Lars qu’elle n’est pas Katya. En guises de noces de Lars, nous assistons à celles de Sven Norstrund (Ricks Falk) et d’Anna. Je me suis franchement ennuyé pendant cet opus que je ne recommande pas. Un épisode fait pour atteindre les 30 numéros de la saison 2. Le virginien et Steve ne réapparaissent qu’au final.

 

Anecdotes :

  • Katherine Crawford (1944-) a fait carrière de 1963 à 1976. Son rôle le plus intéressant est la fiancée de Ben Gazzara dans  Rapture at two forty , épisode de l’anthologie Haute Tension qui servit de pilote à Match contre la vie. En France, l’épisode fut diffusé comme deuxième en 1969 et 1972 sous le titre Vivez dangereusement. Vers la fin de sa carrière, elle a tenu un rôle récurrent dans Gemini Man, le nouvel homme invisible.

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29. LA SAUVAGEONNE
(DARK DESTINY)

Scénario : Frank Chase. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Steve Hill et Randy Benton, sur la piste de voleurs de chevaux, sont obligés d’abattre un homme. Randy capture une jeune femme, Billy Jo Conrad, la fille du voleur.

Critique :

Après la farce de l’opus précédent, cet épisode s’annonce d’emblée dramatique. Billy Jo, qui a 17 ans, me fait penser à Annunciata Vidal, la sauvageonne de La princesse du rail, jouée par Muriel Baptiste. Une fois de plus, le juge Garth manque à l’appel. On le regrette pour Lee J. Cobb. Billy Jo est confiée au ranch Shiloh dans l’attente du jugement de son père. Elle est interprétée par l’actrice Brenda Scott. Les passages chantés par Randy n’étaient pas indispensables. Ils cassent le rythme dramatique de l’intrigue. Surtout qu’après une sérénade country, il risque sa vie en montant un cheval indomptable. Il aurait mieux fait de s’abstenir, il est gravement blessé.

 

Pour quelqu’un dont on vient de tuer le père, Billy Jo a le chagrin bref, en particulier en présence de Steve et du virginien. Le diagnostic du médecin pour la chute de Randy est sévère : lésion de l’épine dorsale, Randy risque de rester paralysé. Cela rajoute de la gravité au prologue dramatique. Mais dans l’aventure, le personnage prend de l’épaisseur : de chanteur gnan gnan , il devient un potentiel handicapé. Billy Jo est chargé de s’occuper de Randy. Sa difficile rééducation est le principal fil scénaristique de l’épisode.

 

Aucun humour ne s’insère dans l’épisode. Billy Jo se partage entre visites à la prison où croupit son père dans l’attente de son jugement et rééducation du cowboy chanteur. Bien évidemment, on finit par s’inquiéter : Randy remarchera-t-il un jour ? Billy Jo à son contact s’humanise. Le personnage de sauvageonne est écrit comme celui de la petite gitane Annunciata dans la série d’Henri Spade.

 

Randy se montre hostile envers Billy Jo. Mauvais malade, mais il a des excuses, il crée une tension entre eux.

Frank Chase a écrit un très bon scénario, dont on devine qu’il va se terminer mal. En effet, Billy Jo tombe amoureuse de Randy. Elle est victime de la nature mauvaise de son voleur de père, comme l’était Annunciata avec son paternel dément dans La princesse du rail. Elle a promis (Billy Jo) de l’aider à s’évader.

Dans la scène du bal, Randy se trouve frustré, coincé dans un fauteuil. Le virginien comprend que Billy Jo aide son père. En réalité, elle lui a procuré une arme. Pendant que le bal se poursuit, le drame se noue au bureau du shérif.

Un véritable amour, impossible, semble se nouer entre Billy Jo et Randy. La fille provoque la mort du père. L’épisode se termine avec une incertitude sur le sort de Randy, qui marche avec des béquilles, et des adieux déchirants dans une gare.

Anecdotes :

  • Brenda Scott (1943-) a tourné de 1961 à 1983. Elle reviendra trois fois dans Le Virginien jusqu’en 1969 dans des rôles différents. On l’a vue dans Mannix, L’homme de fer, Simon et Simon.

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30. ON RECHERCHE
(A MAN CALLED KANE)

 

  

Scénario : Dean Riesner. Réalisation : William Witney.

A noter: Lors de sa diffusion française, écourtée, une partie de l’épisode ne fut pas doublée.

Résumé :

Au cours d’une promenade, Betsy et Randy trouvent une grotte. Ils y trouvent un trésor en pièces d’or… et un squelette.

Critique :

On alterne sous titres français et une bande son française abîmée. Aucune allusion à l’épisode précédent et à l’accident de Randy qui gambade sur ses deux jambes. Cela constitue une différence avec les séries/feuilleton d’aujourd’hui. On est bien déçu pour la dernière de cette saison 2 de l’absence du juge Garth. Dans cette série collégiale, il apparaît de moins en moins.

 

Randy Benton se trouve un ami de son demi-frère, le mystérieux Johnny Kane (Jeremy Slate), venu se faire engager comme ouvrier au ranch Shiloh. On se demande si ce n’est pas le demi-frère de Randy. On a bien raison, puisque c’est le cas, Johnny l’avoue à la 14e minute. Il est en fait un bandit en fuite. Et même un meurtrier, malgré ses dénégations à son frère. Un membre du gouvernement, représentant des finances, Duggan (Dick Foran) vient passer un moment au ranch pour chercher des traces d’un trésor volé. La scène du saloon paraît assez longue. La chanteuse Donna Durrell (Merry Anders ) connaît Johnny. C’est sa maîtresse et sa complice.

 

Cet épisode est doté d’un suspense constant. Steve Hill comprend que Johnny est le frère de Randy, son visage lui étant familier.Johnny se fait vite adopter en ville. Medecine Bow est une petite bourgade. Mais Randy commence à se méfier de ce frère tombé du ciel qui lui cache des choses. Steve Hill montre au virginien que Johnny s’appelle Benton et est recherché pour meurtre, il lui procure une affiche avec son nom et sa photo.  Précisément, au même moment, Johnny assassine Duggan. Le virginien qui semble tout deviner à l’avance se rend à la recherche de Benton et de Randy.

 

Randy se trouve dans une situation impossible, ce qui en 30e épisode de la saison laisse penser que l’on ne retrouvera pas le personnage la saison suivante. Il doit choisir entre son frère et le virginien. La fin est aussi dramatique qu’une tragédie grecque. Un film à ne pas voir un jour de blues. Tandis que cette saison 2 s’achève, les téléspectateurs de 1964 ont dû se demander si à la rentrée, Randy Boone serait toujours dans la série.

 

Anecdotes :

  • Il est fait allusion à la guerre de sécession et au fait que le virginien fait partie des « vaincus ».

  • La bande son VF mal conservée est épouvantable.

  • Jeremy Slate (1926-2006) a joué dans 100 dollars pour un shérif. On l’a vu à la télévision dans Alfred Hitchcock présente, Les incorruptibles, Des agents très spéciaux, Ma sorcière bien aimée, Bonanza,  Mission Impossible, Mannix, Wonder Woman.

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