saison 4Présentation

Le Virginien

Saison 1  - Volume 3

 


21. THE SMALL PARADE
INÉDIT EN FRANCE

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire : Bernard Girard.

Adaptation : John et Ward Hawkins.

Réalisation : Paul Nickell.

De passage à Coyote Wells, le Virginien, Trampas et Steve rencontrent Martin Reese, propriétaire d’un chimpanzé nommé William. C’est un végétarien venu donner des conférences. Puis le trio fait la connaissance d’une femme qui a recueilli des enfants qu’elle veut conduire à un orphelinat.

Diffusé le 20 février 1963, cet opus ressemble à un épisode de Noël, dans une ambiance très Dickens. On sent la volonté du scénariste d’avoir recherché l’originalité. « Oliver Twist » est mentionné souvent ici et des passages en sont lus par Ellen Beecher (jouée par une Barbara Barrie qui semble porter sur ses épaules toute la misère du monde). Le trio de cowboys de Shiloh veut éviter l’orphelinat à une bande d’enfants trouvés. Les enfants attrapent la rougeole et les voilà en transformés en nurse !

Ce n’est pas un épisode raté, mais le sujet est trop ambitieux pour une série western, et assez hors sujet. Les bons sentiments sont accumulés (Le virginien empêchant le lynchage de Reese accusé de meurtre). Si tout est cette-fois tourné en extérieurs, les 75 minutes nous paraissent longues. Non pas que le récit soit poussif, il aborde simplement des thèmes trop éloignés d’une série qui peut conjuguer western, policier, suspense, aventures, mais n’a pas la faculté d’étendre à l’infini la palette de tous les registres de la fiction télévisée.

Le jeu des comédiens est très daté, en particulier David Wayne qui pour son personnage plutôt étrange ne semble pas avoir trouvé le ton juste (il faut dire que le rôle est particulier). Face à une Barbara Barrie geignarde, les enfants comédiens s’en sortent plutôt bien, mais la palme est à attribuer à Drury, McClure et Clarke qui ne tombent jamais dans le ridicule. Avec un scénario pareil, on peut leur tirer notre chapeau car ce n’était pas évident.

La série fait privilégier les bons sentiments, inaugurant en cela ce que proposeront plus tard « La petite maison dans la prairie » et « Docteur Quinn femme médecin ». Ce n’était pas utile d’aborder ce registre ici. A la différence d’épisodes violents, « The small parade » peut être vu par des enfants. Le Virginien dit « croire aux miracles » et il en arrive beaucoup lors des rebondissements de ce scénario. Trop américain pour le téléspectateur français de 1966, on comprend qu’il soit resté inédit dans nos contrées.

Il est déconseillé de commencer par cet épisode, qui inaugure le coffret 3 de la saison 1 dans l’édition française, car il n’est pas représentatif de la série.

  • R.G. Armstrong (1917-2012), figure familière des séries sixties, reviendra dans un épisode de la saison 7, dans un autre rôle.

  • Barbara Barrie (1931-) que le public français a découvert en infirmière dans l’épisode des « Envahisseurs » « L’ennemi » joue toujours un peu le même personnage d’un film à l’autre. On l’a vue aussi dans « Le Fugitif », « Les Incorruptibles »,  « L’homme de fer ». Elle semble avoir arrêté de tourner en 2011.

  • David Wayne (1914-1995) a joué dans « « Madame porte la culotte » (1949), « Comment épouser un millionnaire» (1953), « Le mystère Andromède » (1971). C’est sa seule participation au « Virginien ».

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22. VENGEANCE
(VENGEANCE IS THE SPUR)

Histoire : John Francis O’Mara.

Adaptation : Harry Kleiner.

Réalisation : Robert Ellis Miller.

Une riche et mystérieuse étrangère, Mrs Frances, arrive à Medecine Bow, intriguant tout le monde. Elle semble espionner chaque jour Betsy et le virginien lors de ses balades à cheval. Elle simule une chute pour se faire héberger à Shiloh. Tout cela pour que le Virginien la conduise auprès de Mike O’Rourke.

Cet épisode raconte l’histoire d’une vengeance de la part d’une femme dont la fille s’est suicidée après s’être retrouvée enceinte, et que le prétendant, devenu un brigand des montagnes, l’ait abandonnée. Dans lesdites montagnes, Frances découvre que son « gendre » fait partie de la bande d’un irlandais, Mike O’Rourke (Michael Rennie), prédécesseur du Virginien à Shiloh. Mike s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, lors d’une beuverie où le sang a coulé. Bien que Garth l’ait défendu, il a été condamné à la prison et évadé, est devenu chef de bande.

Habituellement magistral, Michael Rennie en fait trop ici dans le genre « bandit au grand cœur » et l’on comprend qu’il ne représente jamais une quelconque menace. Il tombe amoureux de Frances (Nina Foch), venue tuer un de ses hommes.

La mise en scène relègue le Virginien au second plan, les trois personnages principaux étant Frances, Mike et le lâche Eddie Thorpe (Ed Kemmer). Après une longue introduction, où Frances s’arrange pour se faire admettre à Shiloh en simulant une chute, l’intrigue, qui semblait être passionnante se fige devenant trop bavarde, Rennie s’accaparant le rôle principal. On le regrette car cela détruit tout ressort dramatique, oblige les situations à se répéter (multiples tentatives de Frances de tuer Thorpe), et l’on aurait apprécié que Rennie soit plus dur et dangereux. Même en chef de bande, il semble plus limpide que nos héros.

Malgré un scénario qui la dessert, Nina Foch reste d’un bout à l’autre crédible dans son personnage et une fois ses motivations révélées, elle ne dévie jamais  de son attitude. Acceptera-t-elle l’amour que lui offre Mike et de renoncer à sa vengeance ?

Les extérieurs sont ceux que nous connaissons de Medecine Bow, Shilow, mais aussi les montagnes, en revanche, toutes les scènes dans le refuge d’O’Rourke sont faites en studio. Compliments à Robert Ellis Miller qui réussit à chaque fois les raccords intérieurs-extérieurs à la différence de l’épisode 18 « Le Grizzly » de William Witney.

Le scénario n’a pas été assez travaillé, on sent que c’est ce qui empêche cet opus de nous ravir.  Malgré tout, on est bien plus ici dans l’univers de la série que dans « The small parade », et c’est déjà un très bon point.

Le dénouement est totalement inattendu, on n’en dira évidemment rien, mais il relève le niveau d’un script parfois verbeux.

  • Michael Rennie (1909-1971) est célèbre pour plusieurs participations à la série « Les Envahisseurs », ainsi que  « Le jour où la terre s’arrêta », « La guerre des cerveaux ». Il incarne le régisseur que le virginien a remplacé, Mike O’Rourke.

  • O’Rourke est un émigrant irlandais. Il a été en prison durant son séjour à Medecine Bow et sa fiancée en est morte.

  • Nina Foch (1924-2008) a joué dans « Les dix commandements », « Spartacus », « Un américain à Paris ». Elle est ici Frances.

  • Retour du Shérif Mark Abbott, crédité au générique de fin simplement sous sa fonction.

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23. THE MONEY CAGE
INÉDIT EN FRANCE

Histoire : Don Mullally.

Adaptation : Jameson Brewer.

Réalisation : Alan Crosland Jr.

Dans un train qui arrive à Medecine Bow, une femme seule, Lydia Turner est importunée par un vendeur de lingerie féminine, Charlie Dorsey. Un homme,  William C. Martin, se porte à son secours, mais ils sont en fait complices. Lydia est la fille du directeur de la banque de Medecine Bow.

Episode où personne n’est celui qu’il semble être. Steve Forrest, héros de la série « Le Baron », est Roger Layton, mais il a usurpé l’identité d’un célèbre géologue, William C. Martin. Il a mis au point une escroquerie simulant la présence de pétrole dans le sol et se sert d’un physique avantageux. Son comparse Charlie (Ronald Foster) lui a permis de rendre amoureuse la fille du directeur de la banque.

Lydia fait preuve d’une rare intelligence, elle comprend qu’elle a raté sa chance dans la vie est s’est enfermée dans une prison d’argent, d’où le titre original. « The money cage » est aussi une astuce que trouve le faussaire pour duper les clients lors d’une crise financière de confiance qui secoue le pays et  met les organismes en banqueroute. Chose qu’il ne fait pas par philanthropie, il veut que l’argent reste en banque pour le faire investir dans son pétrole imaginaire

Le personnage de Lydia toutefois évoque une vieille fille qui n’a plus d’illusion, et la comédienne qui l’incarne, Bethel Leslie, est sans doute trop belle pour être crédible. On lui met dans certaines séquences des lunettes qu’elle ôte dès qu’elle voit William Martin/Layton, mais cela ne suffit pas à l’enlaidir. D’ailleurs, la maîtresse de Layton, Jenny (Joanna Moore) est bien moins jolie, et dans une scène avec son amant lui dit ne pas être dupe de l’attirance qu’il a pour Lydia.

Le juge Garth et sa fille Betsy se trouvent un peu artificiellement mêlés à l’intrigue,  invités au repas où le père de Lydia a convié Layton. Horatio Turner, le banquier, fait partie de la grande bourgeoisie, en tant que directeur de banque, mais n’a pas de domestiques, et ce sont Betsy et sa fille qui font la vaisselle après le dîner, chose qui paraît bien improbable.

Le réalisateur Alan Crosland Jr fait un habile fondu enchaîné entre les doigts graciles de Lydia au piano et ceux plus rudes du joueur du saloon qui fait danser Trampas. Mais il est obligé de faire avec des décors factices lors des scènes nocturnes, qui jurent avec la nature et la beauté des montagnes et de la verdure, ou de peintures en arrière plan visibles au premier coup d’œil, censées représenter Medecine Bow de jour. A Universal, on a décidé de faire des économies et au détriment du plaisir du spectateur.

La ficelle du script est un peu grosse, Layton est là pour escroquer le père de Lydia (et accessoirement le juge). L’affaire traîne en longueur et les malfaiteurs prennent des risques insensés en restant sur place alors que l’hameçon lancé ne prend pas.

Contre toute attente, nous basculons d’une intrigue policière qui se serait fort bien passée du juge Garth, de sa fille, de Trampas et de Steve Hill à une histoire romantique, dans laquelle Steve Forrest, du moins son personnage, change de camp par amour. C’est moins niais que « Les feux de l’amour », et l’opus a un côté roman photos désuet qui n’est pas déplaisant. Bethel Leslie et Steve Forrest forment un couple qui occupe tout l’espace, rendant les protagonistes de la série dispensables. On passe un bon moment, même s’il n’y a aucune action durant le métrage et que ce dernier est fort bavard. Cependant, jamais l’ennui ne se fait sentir, ce qui est déjà un très bon point. Et au-delà de l’histoire de Martin et Lydia s’insinue en filigrane les crises économiques d’un pays basé sur le capitalisme. Même si l’intrigue se passe plus de 30 ans avant, tout cela a un arrière goût de crise de 1929.

  • Episode sans le Virginien.

  • Bethel Leslie (1929-1999) qui incarne Lydia Turner, la fille du banquier, reviendra sans un autre personnage dans la saison 8. On l’a vue dans « Au nom de la loi », « Perry Mason », « Alfred Hitchcock présente », « Rawhide », « Bonanza », « Le Fugitif »,  « Gunsmoke », « La grande caravane », « Les mystères de l’ouest », « Chaparral », « Mannix », « Kung Fu », « Equalizer », mais elle s’est surtout spécialisée dans le soap opera  avec « The doctors », « On ne vit qu’une fois » et « La force du destin ». On l’a remarquée au grand écran en 1999 dans « Une bouteille à la mer », qui fut aussi son dernier rôle.

  • Steve Forrest (1925-2013) reste surtout connu pour la série britannique ITC  « Alias le Baron ».

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24. THE GOLDEN DOOR
INÉDIT EN FRANCE

Histoire : Thomas Fitzroy et Maxwell Shane.

Adaptation : Maxwell Shane.

Réalisation : John Brahm.

Betsy découvre un certain Andrew Keal assassiné chez lui et en est fortement choquée. Un couple d’exilés lettons, Maria et Karl Rilke, sont conduits par Trampas à Shiloh car le mari possède le fusil de la victime. Karl Rilke est accusé de meurtre et le juge Garth accepte d’être son avocat lors du procès.

On se croirait dans un épisode de « Perry Mason », et Lee J. Cobb s’en tire bien en troquant l’habit de juge en retraite pour celui d’avocat. A vrai dire, il s’agit d’un épisode complètement atypique, où le spoiler qui n’en est pas vraiment un est révélé en milieu de métrage. L’immigrant russe est coupable, il l’avoue à sa femme lors d’une conversation dans sa cellule. Alors qu’il protestait de son innocence depuis les premières images.

Par conséquent, il faut chercher l’intérêt de « The Golden door » ailleurs : la formidable prestation de Lee J. Cobb en avocat pour une fois. Le couple de russes est un peu agaçant, la femme en particulier assez geignarde. Ilse Taurins, née en 1934, est une authentique lettonne, mais pas une actrice. Elle se contente de mimiques, et n’aura tourné que dans cet emploi de femme russe au cours d’une dizaine de rôles à l’époque du « Virginien ». Karlheinz Böhm en accusé immigrant russe ne retrouve jamais la prestance qu’il avait en empereur dans la saga « Sissi », et il joue ici assez mal.

Le virginien et Trampas n’ont que des rôles secondaires, quelques dialogues avec le juge, Trampas pouvant se vanter de participer à l’arrestation de Rilke au début et d’un petit interrogatoire par son patron comme témoin lors du procès mais guère plus. L’opus parle de l’attirance que représentait l’Amérique pour les immigrants, le fameux rêve américain, et la façon dont ceux-ci étaient reçus à l’époque de la série. Robert Duvall réussit l’exploit d’avoir une tête de parricide, alors que le téléspectateur sait, vers le milieu de l’intrigue, la vérité.

Il est un peu dommage de voir certaines scènes répétitives gâcher l’ensemble : les différents malaises de Maria, enceinte, la prévenance un peu superficielle de Betsy à son égard, les disputes entre les époux. Lee J. Cobb nous régale cependant d’un numéro de comédien éblouissant, et à lui seul porte l’épisode sur ses épaules. Il aurait d’ailleurs fait un très bon Perry Mason, serein mais prêt à réagir au moindre fait nouveau, il met tellement de talent dans sa prestation de juge Garth que l’on ne finit par n’avoir d’yeux que pour lui, oubliant que l’on est dans « Le Virginien ».

La tension réussit à être haletante bien que le spoiler soit dévoilé en route, ce qui en dit long sur la qualité du script, mais surtout de la mise en scène de John Brahm. Peu d’extérieurs ici, on passe les trois quart du temps au tribunal.

Roberta Shore accuse un manque de métier flagrant, et semble éternellement nous resservir la gamine de quinze ans qui aimerait encore que son père lui lise des histoires comme dans l’épisode 2,  « Woman from White Wing ». Paul Carr en procureur Kane est un adversaire à la hauteur pour le juge, ce qui permet à Cobb de se surpasser.

J’ai passé un excellent moment avec cet épisode qui frise la perfection. Cela dit, un amateur de western sera forcément déçu car c’est un jeu d’adresse et de joutes oratoires entre un avocat et un procureur plus qu’une aventure du cowboy le virginien.

  • Encore un changement de shérif, c’est ici Russell Thorson qui interprète l’officier Stan Evans.

  • Robert Duvall (1931- ) vu dans « Le Parrain » et « Apocalypse Now » incarne Johnny Keel, le fils de la victime.

  • Karlheinz Böhm (1928-2014) était allemand. Il joua le rôle de l’empereur mari de Romy Schneider dans les « Sissi ».

  • Paul Carr (1934-2006) vu dans « Dallas », « Hawaii Police d’état », « Les feux de l’amour », reviendra plusieurs fois dans la série, mais en y tenant des rôles différents, parfois sans être crédité au générique.

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25. LIBÉRATION ANTICIPÉE
(A DISTANT FURY)

Histoire : Howard Browne et John Francis O’Mara.

Adaptation : Howard Browne.

Réalisation : John English.

Ed Frazer, condamné pour vol à cinq ans de prison a été libéré pour bonne conduite. Steve Hill avait témoigné contre lui et pense qu’il est revenu se venger. La belle Gloria Blaine fait tourner les têtes des jeunes comme Steve, tandis que sa mère est la maîtresse et complice de Frazer.

Joey Heatherton (Gloria) est sans doute la plus belle actrice que nous ayons vue dans cette saison 1. C’est un véritable régal pour le téléspectateur, notamment dans la scène du bal. L’intrigue, après l’épisode judiciaire, revient au début au genre western classique, avec le voleur sortant de prison qui veut récupérer son magot, avant de passer dans l’enquête policière. Ida Lupino  en Helen Blaine, côté comédie,  domine la distribution, tandis qu’Howard Duff assure ce que l’on attend de son personnage.

Gloria à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession fait merveille dans le rôle de la jeune garce. Malgré son jeune âge, elle compte bien garder l’argent du vol de Frazer. Joey Heatherton apporte incontestablement un plus à cet épisode.

L’épisode semble hésiter entre une potentielle vengeance de Frazer contre Steve Hill, et la fuite de Gloria et sa mère avec les 30 000 dollars du vol. Mais à la 37e minute, Helen Blaine tue Frazer et l’on comprend que ce pauvre Steve va être accusé de meurtre. La criminelle a tout fait pour attirer dans un piège fatal son amant sans attirer les soupçons sur elle.

Le shérif Abbott est particulièrement belliqueux envers Steve dans cet épisode. Cet opus devient prévisible, d’autant que Steve a échappé à un accident mortel qu’il impute à un sabotage de Frazer. On craint un instant de revivre un épisode de procès, et puis tout cela nous empêche de voir la belle Gloria pendant un long moment ! Quel gâchis.

C’est l’épisode de Steve Hill/Gary Clarke, même si cet acteur n’a pas du tout l’envergure d’un Lee J. Cobb ou d’Ida Lupino. Il est dès lors de toutes les scènes lorsqu’il est accusé. Sans avoir le manque de métier de Roberta Shore, on ne peut pas s’extasier devant son talent. Il a du mal à renvoyer la balle à Ida Lupino, actrice magistrale au jeu sûr (Ida lui file deux gifles de suite au sens propre).

Gloria se révèle une adolescente perverse, trouvant Steve plus attirant dès lors qu’il est suspecté du meurtre de Frazer. Mais sans cesser de penser un instant au fameux magot. Pourtant, lorsqu’elle sait l’identité du meurtrier, elle déchante vite et est effarée.

L’ophtalmologiste Wilfred Simms, éconduit par Gloria qu’il avait demandée en mariage, met involontairement Steve sur la piste des Blaine mère et fille.

Les circonstances font qu’ensuite Gloria/Joey Heatherton revient au premier plan, pour notre plus grand plaisir. Hélas, la puritaine Amérique de 1963 ne fait pas de Gloria le démon que l’on espérait. Le happy end obligatoire semble artificiel et obligé, on le regrette.

Un épisode avec une présence minimale de Cobb, Drury et McClure. On aurait aimé que Joey Heatherton soit plus sulfureuse et audacieuse, mais l’époque ne s’y prêtait pas.

  • On ne présente plus Ida Lupino (1918-1995), actrice réalisatrice qui a tourné autant pour la télévision (vue deux fois dans « Columbo » notamment) que pour le cinéma (« La grande évasion »).

  • Howard Duff (1913-1990) fut la vedette de la série policière « Brigade criminelle ».

  • Joey Heatherton (1944-) tournait là le second rôle de sa carrière d’actrice, mais elle est aussi chanteuse, danseuse, et connue pour des démêlées avec la justice. On l’a vue dans « Le motel du crime », « Barbe bleue » au cinéma, mais a fait peu de télévision (« Opération vol »). Elle fut considérée comme la rivale d’Ann Margret.

  • Retour du shérif Mark Abbott. Ici de façon très affirmée. Il n’a jamais eu une présence si importante à ce jour.

  • On apprend que Shiloh est à deux heures du centre ville de Medecine Bow.

  • Paul Carr reprend son rôle de procureur de John Kane du précédent épisode, mais sans être crédité au générique.

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26. LUI OU MOI
(ECHO OF ANOTHER DAY)

Scénario : Frank Fenton.

Réalisation : William Graham.

Sam Harder, vieil ami de Trampas, a purgé cinq ans de prison pour complicité dans un vol de 50 000 dollars en or. Il a toujours refusé de dire où le butin fut caché. L’affaire a eu lieu lors de l’attaque d’un train postal.

La série s’éloigne si souvent de son principe de base que l’on est tout étonné lorsqu’elle nous propose un western classique pur et dur comme c’est le cas ici. L’ami de Trampas a participé à l’attaque du fourgon postal longtemps avant celui de Glascow-Londres en 1963. On est peu surpris de retrouver « Lou Grant » Edward Asner, un détective, George Johnson, qui cherche pour le compte de l’état à retrouver la cachette d’or. Au milieu des cowboys, il jure en costume de ville et cravate. Il est dit d’ailleurs par un personnage qu’il monte très mal à cheval.

L’intrigue est linéaire et classique, la recherche du trésor, forcée pour Trampas pris en otage avec son ami Harder. Quelques beaux décors naturels sont gâchés par des scènes carton-pâte de studio, l’un des défauts majeurs de cette saison 1.

L’alternance des shérifs continue avec le retour de Stan Evans. Cinq épisodes se tournant simultanément d’après James Drury, le même acteur ne pouvait sans doute pas figurer dans chacun.

Bleeck (John Debner) est le complice resté dehors qui se lance dans la chasse à l’or, dont Harder cherche à se venger, mais l’homme, malin, se méfie. Le virginien lui ne se soucie que du sort de Trampas otage, et aura l’occasion de le rappeler au détective Johnson qui voudrait donner l’assaut au gang composé de Harder, Bleeck et deux comparses.

Ce qui gâche un peu l’épisode est l’absence de rebondissements et de surprises. Depuis le début de la série, les réalisateurs semblent toujours utiliser le studio pour les scènes nocturnes, et l’on se demande pourquoi. Une scène de feu de camp par exemple est un désastre, et de ce point de vue, la série a mal vieilli.

Bradford Dillmann en Sam Harder est égal à lui-même d’un rôle à l’autre. Son jeu en 1963 dans cet épisode est exactement le même que dans « Gold » de Peter Hunt en 1974. Toujours les mêmes expressions à son registre.

La fin est sans surprises et même convenue. Pas de twist final. Dès le début, on comprend que l’un seul des deux antagonistes, Bleeck ou Harder, survivra. Le téléspectateur un peu avisé comprend vite qui s’en sortira. Comme l’explique le détective Johnson, on a juste condamné Harder à cinq ans de prison pour rébellion, mais il n’a pas été inculpé pour l’organisation du vol.

Ce n’est jamais long ni bavard, mais routinier et classique. La série en ne restant que sur le seul canevas western serait aujourd’hui oubliée. En voyant « Lui ou moi », on constate l’absence de la moindre intrigue policière, genre vers lequel a tendance à souvent tomber la série, même de façon détournée.

  • John Debner (1915-1992) a tourné plus de 280 rôles, mais il a marqué les esprits dans « Ces garçons qui venaient du Brésil ».

  • Edward Asner (1929) tourne toujours, mais reste surtout connu pour la série « Lou Grant ».

  • Bradford Dillmann (1930-) a arrêté sa carrière avec la série « Arabesque » en 1995.

  • Dans une scène, le virginien montre au détective Johnson qu’il a plus d’autorité que le shérif, puisque la décision qu’il prend est celle qui l’emporte.

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27. STRANGERS AT SUNDOWN
INÉDIT EN FRANCE

Histoire :  Thomas Fitzroy.

Adaptation : Morton Fine et David Friedkin.

Réalisation : David Friedkin.

De retour d’un voyage dans le Montana, le juge et Betsy se trouvent à bord d’une diligence. Ils sont attaqués par des inconnus et se réfugient dans une étape, à Sundown.

On est assez consterné par la mise en scène au début de l’épisode. En effet, il est évident que tout est tourné en studio, la diligence ne fait pas illusion une seconde, pour un peu on se croirait dans l’épisode de « Chapeau melon et bottes de cuir » « Les fossoyeurs » avec le faux voyage en train qui était drôle. Le contraste avec les images de la plaine, vue de loin, est catastrophique. Mélange de stock shot ou de scènes captées à part,  la diligence semble filmée avec les procédés des années 40.

La suite ne nous promet guère d’améliorations, avec le siège de Sundown, qui nous confine à nouveau dans des scènes d’intérieurs.

Malcolm Atterbury dans le rôle de Wallace ressemble beaucoup physiquement au shérif Stan Evans/Russell Thorson. Il incarne ici une grande brute qui abat pour le plaisir une biche, faisant pleurer Betsy. Ce passager de la diligence veut livrer George Wilson, l’homme recherché par le chef des bandits Pauk (Paul Richards). Mais aucun des passagers ne veut dire qu’il est Wilson.

Harry Clark (Richard Anderson) nous semble être le fameux Wilson, du moins le metteur en scène fait tout pour nous le faire croire. Clark est atteint d’une maladie qui lui laisse tout au plus six mois à vivre. Il se lance dans de grands discours.

Pauk reproche à George Wilson d’avoir trahi leur bande de braqueurs de banque et fait pendre son ami Grayson. Cet épisode évoque souvent du théâtre filmé, tout en intérieurs, en dialogues, en grandes déclarations.

Evans Evans, que l’on reconnaît pour avoir été  dans le téléfilm d’Hitchcock « J’ai tout vu » » avec John Forsythe, est ici Phyllis Carter, la femme de George Wilson. Elle a un jeu introverti, tandis que le comédien Harry Morgan (le bonimenteur Jonesy, vendeur de machines à coudre) nous arrache un sourire en allant négocier avec Pauk pour qu’au cours d’une éventuelle fusillade, son matériel ne soit pas abîmé.

Le fameux George Wilson s’avère être le mari de Phyllis, Jed Carter (Skip Homeier). Tout est prétexte à « faire durer » pour atteindre les 75 minutes. Aucun crédit ne semble avoir été alloué pour cet épisode, à part le cachet des acteurs, qui récitent interminablement des litanies.

Pour la première fois dans la saison, Lee J. Cobb semble s’ennuyer autant que le téléspectateur. Il manque des moyens évidents à cet opus qui aurait pu devenir passable, même si le script de Thomas Fitzroy n’est pas inventif. En l’état présent, c’est un ratage total.

  • Richard Anderson (1926-) est célèbre pour son rôle d’Oscar Goldman dans « L’homme qui valait trois milliards ».

  • Le virginien, Trampas et Steve sont absents.

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28. THE MOUNTAIN OF THE SUN
INÉDIT EN FRANCE

Histoire : Lou Morheim.

Adaptation : Harry Kleiner.

Réalisation : Bernard Mc Eveety

Dans un train pour la ville frontière de San Pablo où il doit livrer un taureau primé, le virginien rencontre trois femmes missionnaires inconscientes du danger de l’endroit. Il décide le les protéger. Il est également venu pour dénicher un voleur, Dixon, qui a dépouillé le juge Garth et Trampas.

J’ai l’impression qu’Universal a dépensé tout le budget octroyé pour la première saison de la série, en voyant cet opus aussi fauché que le précédent. Bon samaritain, le virginien ne peut se résoudre à laisser trois bigotes en danger de mort, alors qu’elles veulent rejoindre un endroit fort périlleux. Le scénario est anémique, et l’on constate que les décors ne coûtent rien, contrairement à bien des scènes vues lors des premiers épisodes.

Abus de décors factices, de séquences de « remplissages », le cœur n’y est pas. Les trois missionnaires ignorent tout du désert : comment trouver de l’eau, échapper aux serpents et aux indiens Yaquis. Voulant les effrayer, le virginien leur raconte que trois missionnaires ont été massacrés un an plus tôt, on leur a coupé la langue et le talon d’achille, avant de les laisser mourir dans le désert. Il ignore qu’il s’agissait des maris des trois femmes qui courent à la mort.

Nous devons subir de nouveaux bavardages et des scènes de studio. Dolores Hart en Cathy semble la plus obstinée des trois, étant la plus jeune. Ces femmes sont suicidaires plus que mues par la religion. Au fil de l’intrigue, notre héros et les femmes rencontrent des victimes des Yaquis, un mexicain et sa fille qui a perdu la raison. Un véritable bain de sang est évoqué durant depuis des lustres, et le contremaître de Shiloh est résigné face à ce conflit. Il n’a pas de solutions.

L’épisode est moralisateur et montre la foi inébranlable des américains en Dieu. Ne pas répondre à la violence par la violence. Pourtant, outre les indiens Yaquis, se trouvent dans cette montagne du soleil des bandits sauvages. Le portrait des mexicains est peu flatteur. Et sans doute ne serait plus admis dans les séries politiquement correctes d’aujourd’hui.

La longue route dans le désert souffre de décors de cartons pâte visibles. On nous propose alors une histoire d’amour entre Cathy et le virginien, vouée à l’échec car la dame ne jure que par sa vocation religieuse. Pour une fois, réalité et fiction se rejoignent puisque l’actrice qui interprète Cathy, Dolores Hart a pris le voile juste après cet épisode ! Nous n’avons pas perdu une grand interprète car d’un bout à l’autre de l’épisode, j’ai trouvé son jeu surfait, maladroit et médiocre.

La fin de l’opus s’enlise dans un discours sur l’histoire : la guerre avec les indiens dure depuis que les espagnols ont conquis le pays, et chacun rend en atrocité ce que fait l’autre. L’épisode est doté d’une musique envahissante et assourdissante.

On voit le premier Yaquis au bout d’une heure deux minutes. Il n’a de toute évidence aucune envie de se voir endoctriner par la charité chrétienne.

La fin nous entraîne au royaume des Bisounours, et tient d’une affligeante morale abêtissante.

  • Le virginien confie à Cathy Maywood avoir vécu un grand amour, qui s’est, d’après ses dires, « consumé ».

  • Il est question ici de la guerre de l’armée Mexicaine contre les indiens Yaquis.

  • Jeanette Nolan (1911-1998) a joué dans « L’homme qui tua Liberty Valance ».

  • Le virginien parle l’espagnol.

  • Dernier rôle de l’actrice Dolores Hart (1938-) qui a l’instar de son rôle de missionnaire est entrée dans les ordres !

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29. ESCAPADE
(RUN AWAY HOME)

Histoire : Gene Roddenberry. 

Adaptation : Howard Browne.

Réalisation : Richard L. Bare.

Le virginien et Steve se rendent dans une ville pour vendre du bétail pour 40 000 dollars. La somme est retirée par Walter Moody,  le fondé de pouvoir de l’acheteur juste avant la banqueroute, et un fermier, dépouillé de ses économies par la faillite, veut les récupérer sur l’argent du juge.

Episode bien meilleur que les deux opus précédents. Le ressort du script n’est pas très moral, car le juge Garth se trouve avantagé au détriment des autres clients de la banque. Karl Swenson, le fermier, en ce sens n’est pas un voleur, mais veut récupérer son bien. A plusieurs reprises, il revendiquera seulement la part de ses économies que la banqueroute lui a prise, se limitant à 12500 dollars.

L’opus tourne vite à la comédie lorsque le virginien, se sauvant avec l’argent du juge dans un train de marchandises en passager clandestin, fait la connaissance d’une jolie jeune femme, Amy Pryor (Jeannine Riley), affabulatrice et un peu fofolle. Le scénario est parfois décousu. On s’écarte du canevas de départ. Dans son histoire avec Amy, le virginien a quelque peu l’air d’un grand dadais éloigné du héros habituel. La sacoche avec les 40 000 dollars devient vite un sujet d’obsession pour le cow boy.

Le réalisateur semble vouloir profiter des décors et prendre son temps au détriment du rythme. Il en résulte un épisode léger, sans morts ni blessés alors que les cadavres sont habituellement fréquents lors des échanges de coups de feu, avec beaucoup de quiproquos, où le virginien fait une conquête, la belle Amy. Mais notre héros ne sort pas grandi de cette aventure, notamment en raison d’une séquence où il soupçonne un couple de fermiers de lui avoir volé l’argent. Non seulement, il se trompe, mais les oblige à ouvrir une malle contenant les jouets et la photo de leur unique enfant décédé. Une séquence semblable fut tournée dans un épisode du « Commissaire Moulin » où des bœuf carottes, sans respect aucun, pénètrent dans la chambre du fils de Moulin, Frédéric, pour y mener leurs investigations.

« Escapade », à hésiter entre le suspense et la comédie, aboutit à un résultat mitigé. James Drury se montre parfois limité. Le réalisateur tente au maximum d’utiliser les décors naturels, privilégiant malgré la longue séquence du train les extérieurs. Jeannine Riley ne manque pas de malice et est l’atout charme de l’opus. On est loin cependant des grandes réussites de la saison qui mêlaient mystère et suspense. On ressent un certain essoufflement de fin de saison.

  • Karl Swenson (1908-1978), qui a participé plusieurs fois à la série, joue ici un personnage qui porte son propre nom.

  • Jeannine Riley (1940-) a joué dans « Les mystères de l’ouest » « Des agents très spéciaux », et au cinéma dans « ELectra Glide in blue » (1973).

  • Gene Roddenberry (1921-1991) est le créateur de « Star Trek ».

  • Le juge Garth, Betsy et Trampas, bien que mentionnés, ne figurent pas dans l’épisode.

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30. THE FINAL HOUR
INÉDIT EN FRANCE

 

 

Histoire : Ward Hawkins et Bernard Girard.

Adaptation : Harry Kleiner.

Réalisation : Robert Douglas.

Le juge Henry Garth doit décider s’il accepte ou non la construction d’une mine de charbon sur ses terres où seront employés des ouvriers polonais. Les habitants de Medecine Bow y sont hostiles car cela réduira les troupeaux sur les collines,  mais lui semble favorable au projet.

C’est par un drame que se termine cette saison 1. La cohabitation de polonais mineurs pour le compte du juge et de la population de Medecine Bow est difficile. Jan Wolski (Dean Fredericks) était fiancé en Pologne à la belle Polcia qui enflamme les cœurs mais elle n’avait guère de liberté avec un homme jaloux et qui lui refusait le voir le monde. A peine arrivée, elle tourne autour de Jake Henderson (Don Galloway), mais aussi de Trampas, dont elle tombe folle amoureuse.

Le père de Jake, Milo Henderson (Bert Freed) est celui qui était le plus hostile à l’installation de la mine, que le juge a faite au nom du progrès, et surtout à l’arrivée de polonais. Jaloux, Jan tue son fils Jake lors d’une bagarre, mais est acquitté par le jury. Les habitants de Medecine Bow décident de se passer de la justice du shérif Abbott et de lyncher Jan, mais les polonais sont en masse et armés. C’est donc un carnage qui se prépare après l’enterrement de Jake, ami depuis quatre ans de Trampas.

Le film aborde l’éternel problème des immigrés. Les polonais ici ne se mêlent pas aux autres et adoptent ce que l’on appellerait aujourd’hui le communautarisme. Roméo et Juliette se trouvent au milieu. Trampas est à la fois menacé par Milo, père de son ami, mais aussi par la jalousie de Jan. Surtout que la superbe Polcia lui a annoncé qu’elle voulait épouser le beau cowboy, lequel n’a jamais connu une telle passion, jusqu’ici il s’amusait avec les filles comme les jeunes de son âge.

La tension monte jusqu’au drame inévitable. Le sang coule et laisse des plaies au cœur. Sans révéler le spoiler, le juge Garth comprend la douleur de Trampas, ayant perdu un être cher (épisode 2 « Woman from White Wing »).

La lumière de cet opus est la belle Ulla Jacobson, trop tôt disparue, actrice suédoise qui joue ici une polonaise. Elle évoque parfois Ingrid Bergman. Rarement, Doug McClure, qui en trente épisodes a acquis de la maturité, aura joué si bien, si vrai. Ce n’est pas un western, mais une histoire d’amour tragique sur fond d’incompréhension entre résidents et migrants. L’opus ne tombe pas dans la prise de tête et est plus destiné à faire pleurer dans les chaumières, en attendant la saison 2.

  • Ulla Jacobson (1929-1982) qui incarne Polcia a joué dans  « Elle n’a dansé qu’un seul été », qui la révéla, « Zoulou », Sourires d’une nuit d’été », « Les héros de Télémark », mais fit fort peu de télévision. Un épisode de « Haute tension », de « Ben Casey ». Elle se dédiait au cinéma et est morte jeune d’un cancer.

  • Don Galloway (1937-2009) qui incarne Jack Henderson est célèbre pour son rôle d’Ed Brown dans « L’homme de fer ».

  • Le shérif est cette-fois Mark Abbott.

  • Le virginien ne fait qu’une brève apparition dans l’épisode.

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