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Le Prisonnier

Bonus 

1. DVD/Blu Ray: Le Prisonnier Édition Ultime - Les bonus


1.     DVD/BLU RAY: LE PRISONNIER ÉDITION ULTIME - LES BONUS

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Tous les bonus britanniques sont en VOST.

Présentation des Frères Bogdanov et bandes-annonces. 

- Sur le premier disque, on trouve une présentation de L’arrivée des frères Bogdanoff dans Temps X. L’image est de très mauvaise qualité et l’intérêt très limité. Il en est de même pour les bandes-annonces originales de chaque épisode dispersées sur les cinq disques. 

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Montages alternatifs. 

 

 

 

- Deux épisodes sont présentés en montage alternatif : L’arrivée et Le carillon de Big Ben. L’image n’est pas restaurée et c’est fastidieux à regarder. Je les ai passés en accéléré afin de noter les différences notables. La musique des génériques est différente (et moins bonne, car beaucoup moins rythmée) mais on découvre la fameuse scène du triquetrum de 22 secondes, qui n’existe pas dans la version définitive du Carillon, qui est 2’18 plus courte. 

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Aucune inquiétude néanmoins : il n’y a pas de grand bouleversement et le N°6 ne s’échappe pas dans ces versions alternatives ! Cela régalera tous les fans purs et durs de bonus perdus, à l'affut de la moindre curiosité.

Une sélection des scènes différentes aurait été plus agréable à visionner. Intérêt moyen.

Pour l’épisode L’arrivée, un site anglais énumère sur deux pages les différences entre la version alternative et la version définitive 

Une page anglaise consacrée à la version alternative du Carillon de Big Ben et une vidéo.

Nous voulons des renseignements.

En VO, Don’t Knock Yourself Out, qui est une réplique du N°6 dans le dernier épisode.

Ce documentaire, produit par Network en 2007 pour les 40 ans de la série, est la pièce de résistance. D’une durée de 94 minutes, le film constitue un incontournable document pour les fans, car c’est le plus complet jamais réalisé sur la série. Tous les protagonistes encore de ce monde à l’époque interviennent ; d’autres, décédés, apparaissent en images d’archive comme Sir Lew Grade, George Markstein, Don Chaffey, Leo McKern, Alexis Kanner ou l’excellent décorateur Jack Shampan. Seul Patrick McGoohan brille par son absence…

Avec près de quarante intervenants différents, ce documentaire en 16/9 répond à de nombreuses questions sur la série, avec des images rares du tournage.

Je ne vais pas faire ici l’inventaire des anecdotes qu’on retrouve pour la plupart sur les fiches des épisodes, car les informations révélées et les témoignages recueillis sont particulièrement conséquents.

L’introduction porte sur la particularité de la série, quelque chose d’original qui n’avait rien à voir avec les autres séries ITC, avec les séries de l’époque (sont citées Le Saint, Chapeau melon et bottes de cuir et L’homme à la valise). The Prisoner était en avance sur son temps, car on est conscient de nos jours d’être surveillé, plus qu’à l’époque du tournage. La série n’a donc pas vieilli et elle est toujours d’actualité. Elle a révolutionné l’histoire de la télévision par une conception hors-norme. Le passé de McGoohan dès son enfance est brièvement évoqué avec l’énergie de l’homme, qui est aussi imprévisible. Beaucoup d’anciens numéros deux interviennent : Anton Rodgers, George Baker, Peter Wyngarde, Derren Nesbitt. La succession des N°2 devait empêcher que la série devienne ennuyeuse, mais ils étaient tous bien Britanniques et cela pouvait faire penser au gouvernement de Sa Majesté. A refaire, des numéros 2 étrangers seraient souhaitables.  

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Peter Bowles évoque un acteur qui est toujours énergique (McGoohan est décédé deux ans après le tournage du documentaire), Lew Grade estime que McGoohan était le meilleur acteur à l’époque en Grande-Bretagne et Wanda Ventham le compare à Ian Hendry.

Après Destination danger, le concept du Prisonnier fut élaboré avec George Markstein. Ce dernier avait travaillé plus ou moins avec les services secrets et il  avait eu vent d’un camp en Ecosse pour isoler les agents récalcitrants. Une autre version mentionne McGoohan discutant avec un membre du gouvernement à une réception à la fin du tournage de Danger Man.  Bernie Williams, le directeur de production et un des protagonistes les plus intéressants du film, penche pour la première version et l’influence de Markstein est plus importante que celle de McGoohan à son avis.

Plusieurs aspects de la série sont alors évoqués : le créateur du village (Sir Clough Williams-Ellis, qui voulait recréer un village italien qu’il adorait), la genèse (McGoohan porta son projet à Grade au printemps 66), le personnage principal et les avis sont partagés à ce sujet : pour George Markstein, il n’y a pas de mystère et le N°6 est John Drake. C’est renforcé par d’autres commentaires qui évoquent le nom de Drake dans les premiers scripts et la photo de l’agent dans le générique. C’était une question d’argent et de copyright. Ensuite sont discutés le générique avec la participation de Markstein dans une scène qui reflétait sa relation avec McGoohan et la musique, qui eut trois versions différentes. A noter la première, vraiment nulle qui ressemble à celle pour un western, et la troisième de Ron Grainer, qui fut boostée par McGoohan lui-même.

Le tournage débuta en septembre 66 pour quatre épisodes avec les habitants et les touristes présents. On y voit des documents rares et intéressants et l’hôtel est devenu, par exemple, la maison de retraite. Un passage extraordinaire concerne le premier rover : une espèce de gros gâteau en caoutchouc inconduisible avec un gyrophare bleu. Finalement, par hasard, la solution des ballons fut retenue avec une composition adéquate.   

La seconde partie est consacrée à la production de la plupart des épisodes avec divers témoignages (réalisateurs, scénaristes, acteurs…). Vincent Tilsley, disparu en 2013, est déçu que McGoohan n’ait pas respecté son travail dans le passage ‘affectif’ avec la fille (Le carillon de Big Ben), Jane Merrow a un bon souvenir du tournage, ce qui est rare pour une femme (Double personnalité), Derren Nesbitt ne savait pas quoi faire, il ne connaissait rien de la série et il y eut de l’incompréhension avec McGoohan, tandis qu’Annette Andre garde un très mauvais souvenir du tournage (L’enterrement, un épisode que je trouve néanmoins réussi). 

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A partir de là, on perçoit McGoohan comme une vedette narcissique et parfois dangereuse si on se fie à Ian Rakoff, scénariste ‘discrédité’, excusez le jeu de mots, (Musique douce) et Leo McKern (Il était une fois). McGoohan ne trouvait pas de fin et le confia à Lew Grade (ndlr : ce qui explique peut-être le résultat) et la monteuse raconte que l’acteur était devenu farfelu insistant pour avancer et reculer sur une séquence pendant une heure ! ‘Toute la nation fut déçue par le final’ et la réplique de Markstein souligne ce point de vue donnant l’impression que McGoohan voulait en finir. Le document rappelle combien la fin choqua le public, outré par l'épilogue.

Parmi les autres nombreux passages intéressants, notons Robert Rietti, qui refait la voix du numéro 2, rire compris, et Fenella Fielding, la voix du village, qui devait produire une voix de colonie de vacances.

Cet inventaire subjectif n’est qu’un aperçu du documentaire. FASCINANT. A VOIR ABSOLUMENT.

Le clip officiel de Network.

Le puzzle du Prisonnier, entretien avec Patrick McGoohan. 

Dans un entretien de 36 minutes, Patrick McGoohan répond à des questions de fans lors d’une émission de la télévision canadienne en 1977 ; dix ans après le tournage, la série était déjà culte et bénéficiait de nombreuses études. Le coffret français DVD fut le premier au monde à avoir cet entretien peu connu !

Il y a des anecdotes intéressantes, mais on note surtout que McGoohan joue son personnage à fond. Il a en effet le même côté rebelle que son numéro six. Reçu par l’animateur Warner Troyer, l’acteur avoue, dans une ambiance enfumée caractéristique de l’époque, que l’idée de la série lui est venue de l’ennui que lui procurait la télévision. Il est flatté par l’engouement pour la série. L’acteur avait découvert le Village deux ans plus tôt lors du tournage de Destination danger : ‘Portmeirion should be used for something !’. Sept épisodes étaient initialement prévus, comme tout fan sait, mais Lew Grade en voulait 26 au départ. McGoohan a écrit quarante pages pour présenter sa série. Le thème est la destruction de l’individu par n’importe quel moyen. Le dernier épisode eut une superbe audience à sa diffusion mais la fin fut détestée et McGoohan dû se mettre au vert ! Tout le monde voulait un méchant numéro 1 à la James Bond. En fait, il ne savait pas qui serait ce numéro un alors qu’il avait déjà écrit un tiers du dernier script. Le masque du singe est symbolique car l’homme est supposé en descendre. 

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En ce qui concerne le ‘western’, il manquait un épisode et McGoohan voulait tourner un western en Angleterre. L’acteur évoque l’échec du premier rôdeur et il raconte comment Bernie Williams, directeur de production,  a vu un ballon météo dans le ciel ce qui leur a donné l’idée ! (Williams cite l’anecdote 30 ans plus tard dans le documentaire Don’t Knock Yourself Out). Six mille ballons furent utilisés durant le tournage ! Angelo Muscat est évoqué, ‘a sweet man’ qui aurait pu être le numéro 1. L’épisode Il était une fois fut écrit en 36 heures et c’est le préféré de l’acteur. Il revient sur le passage à vide de Leo McKern qui appela deux médecins et, pendant trois jours, une doublure fut employée. Sinon, McGoohan souligne que le progrès est le pire ennemi de l’homme. La dernière scène de la série pourrait être la première, car c’est un recommencement et la liberté n’est qu’un mythe.  Be Seeing You. 

La musique du Prisonnier, entretien avec Eric Mival, ‘music editor’ (2007). 

 

D’une durée de neuf minutes, cette approche sur l’élaboration de la musique de la série est très intéressante, car elle nous renseigne sur la conception en général de musiques de séries dans les années 60. En recherche d’emploi, Mival prit la place de Robert Dearberg (pas un inconnu dans le monde des Avengers), après deux épisodes, lorsque celui-ci fut appelé sur Thunderbirds. Il explique qu’il fallait sélectionner les parties de film où la musique était à placer, délimiter le début et la fin de la séquence image par image. Le compositeur avait accès au film, le visionnait, repartait et composait (cela ne se passe plus comme ça de nos jours). Mival souligne qu’il consultait le catalogue Chappell où 500 morceaux étaient à sa disposition. Le plus intéressant est lorsqu’il évoque la « Music Bible »  dans laquelle étaient consignés tous les morceaux employés pour la série. On constate que plusieurs versions musicales du générique furent composées. Certains morceaux ont des titres français (‘Berceuse à l’enfant’, ‘Chasse à courre’, ‘Ma Provence’). La première musique pour la série fut écrite le 19 décembre 1966 par Bob Farnon pour Arrival. C’est Albert Elms qui composa l’essentiel de la musique. 

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A noter qu’en janvier 2010 (trois ans après le tournage de l’entretien avec Mival), un coffret numéroté de trois CDs est sorti sous le titre The Prisoner: The Complete Chappell Recorded Music Library Cues. Mival assure l’introduction de cette collection complète d’incidental music’ de la série : 174 minutes pour une centaine de morceaux.

http://www.theunmutual.co.uk/pressreleasecdset.htm

La liste des musiques :

http://www.theunmutual.co.uk/chappellcdsettracks.htm

- Prisonnier du Village, reportage tourné le 13 février 1984 sur les lieux du tournage pour l’émission Temps X

  

Cette ‘featurette’ de quinze minutes ne nous apprend pas grand chose sur le décor du Prisonnier à Portmeirion. Je l’ai visité trois années plus tard dans les mêmes conditions, sauf que je n’ai pas eu accès à l’intérieur des bâtiments.

Après un bref extrait du Carillon, le reporter évoque les illustres personnages qui ont vécu au Village (Ernest Hemingway, Noel Coward, George Bernard Shaw). Il souligne le mélange d’architectures dans un environnement naturel, ce qui rend ce lieu unique. Il ressent une atmosphère étrange – celle de la série - dans ce village désert et je peux témoigner qu’il a parfaitement raison. Il n’y a qu’un chat (peut-être un clin d’œil au début du Retour). La fin de la visite permet au reporter de vivre les mêmes sensations que le N°6. 

Un reportage qui démontre que TF1 était capable il y a bien longtemps de ‘faire de la qualité’ et la chaine s’appuyait sur l’imagination, la créativité et le respect du public. C’était il y a plus de trente ans…

- Publicité anglaise pour la Renault 21.

Cette publicité basée sur la série date de 1989. D’une durée de 50 secondes, elle est sortie uniquement en Angleterre à l’époque. Elle présente l’évasion du N°6 en Renault 21 et les Rôdeurs n’y pourront rien….

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Cinq autres bonus qui auraient pu figurer dans le coffret :

Des interviews et beaucoup d’autres documents fourmillent sur la toile concernant cette série. Voici une sélection subjective.

- La première version du générique de Robert Farnon : elle ressemble à une musique de western et elle n’est pas du tout appropriée à la série. 

https://www.youtube.com/watch?v=n7pNArQBN_c

- La seconde version de Wilfred Josephs. Meilleure que la première, mais beaucoup moins rythmée que la version définitive de Ron Grainer, qui est de loin la plus emblématique.

https://www.youtube.com/watch?v=8EFugZqvhMU

- Qui est le numéro 1 ? 

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Les différences d’opinions des deux concepteurs de la série, George Markstein et Patrick McGoohan, concernant le numéro 1. Pour Markstein, le numéro 6 est Drake qui a quitté les services secrets sans raison apparente. Il se retrouve mis de côté par ses propres supérieurs et le N°1 est le chef des services. Il y avait un peu de tension entre les deux hommes ; McGoohan introduisait des ballons et a rendu la série ce qu’elle est devenue, tandis que Markstein la voyait surtout comme une série d’aventures.

https://www.youtube.com/watch?v=HCCQKA7dizw

- Tournage de Double personnalité

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Les ‘secrets’ du tournage de l’épisode avec McGoohan et sa doublure, qui jouait le double du N°6 dans certaines scènes (de dos, c’était difficile de voir la différence entre les deux hommes). Terence Feely, le scénariste, souligne le côté puritain de McGoohan qui ne voulait pas embrasser une fille. Il avait de la culpabilité car s’il le faisait, il ne pourrait plus regarder sa femme dans les yeux. Dans le scénario original, Alison (Jane Merrow) devait embrasser les numéros 6 à tour de rôle afin de différencier le vrai du faux. C’était inenvisageable pour McGoohan. Donc, Feely a inventé cette histoire de transmissions, car, comme il le souligne : ‘Si ça ne pouvait pas être physique, ça devait être mental’.

https://www.youtube.com/watch?v=RG4bS247fDA

- Do Not Forsake Me Oh My Darling. Le numéro 6 au féminin, une création sympathique.

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https://www.youtube.com/watch?v=7KcWB4B_nBM

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