saison 1 saison 3

Dr House

Présentation

Dr. House (House en VO) est une série médicale américaine, proche de la comédie dramatique, constituée de sept saisons et 156 épisodes de 42 minutes, créée par David Shore en 2004 et toujours en cours de diffusion. Elle est diffusée aux États-Unis sur le réseau FOX.

Genèse :

Tout commence en 2004 lorsque le producteur canadien David Shore désire créer une série qui serait un mélange de policier et de médical, un "polar médical" en quelque sorte. Une idée qui lui est venue à l'esprit quand il apprit qu'une série, Medical Investigation (NIH : Alertes médicales en France), basée sur ce thème, allait être produite. Mais contrairement à cette série (arrêtée au bout de 20 épisodes) qui ne cherche pas la crédibilité, il voudrait accentuer le côté réaliste et "polar" du thème.

Les séries médicales d'alors, en effet, sont en majorité peu intéressantes (Urgences, Grey's Anatomy, La Vie à Tout Prix...). La série Nip/Tuck, créée en 2003, donne un coup de fouet dans le conformisme ambiant où s'est noyé le genre en présentant des scènes explicites de chirurgie, de violence ou de sexualité. Cette série aborde également des sujets tabous de manière très rentre-dedans comme la zoophilie, la nécrophilie, l'amoralité provocante des personnages... Malgré une fatale chute d'audience due à son incapacité à se renouveler qui mena à son annulation, la série enchanta la critique et le public à ses débuts.

Dans ce milieu-là, David Shore, qui a en tête son nouveau projet, comprend que si sa série veut trouver son public, il doit lui aussi aller dans l'anti-conformisme. Il a l'idée, en partant de son concept de base, de créer un personnage central qui serait un espèce de Mentaliste : capable d'analyser le comportement et l'attitude de ses patients et ainsi l'aider à établir un diagnostic mais qui serait à mille lieues des portraits de docteurs habituellement dessinés dans les séries médicales. Cependant, ne pas tomber dans la provoc' gratuite qui coûta si cher à Nip/Tuck était primordial pour assurer la perennité du projet.

La chaîne FOX est convaincue par le devenir de ce projet et accepte de le financer, Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men...) est d'ailleurs l'un des producteurs de la série (du moins, jusqu'en 2008).

Gregory House :

Le fameux personnage sera celui de Gregory House, chef du département de diagnostic de l'hôpital (fictif) de Princeton-Plainsboro (État américain du New Jersey), et à la renommée considérable. Son travail est d'établir le diagnostic de certains patients de l'hôpital lorsque celui-ci est trop compliqué à trouver. Il a une cinquantaine d'années, et est peu soucieux de son apparence (jamais rasé, habits de ville parfois usés...).

Il est construit sur le personnage de Sherlock Holmes : brillant, fin observateur, d'une prodigieuse intelligence (en médecine mais aussi en culture contemporaine), mais également misanthrope, arrogant (il déteste s'occuper des cas "évidents", hait donner des consultations et ne veut s'occuper que de cas rares qui excitent son intérêt) et qui évite toute humanité dans son travail. Il est également célibataire. On peut rajouter son cynisme (Hugh Laurie le décrit comme une ceinture noire, 5e dan, du sarcasme) et le fait qu'il soit assez désagréable dans tous les rapports qu'il a, que ce soit avec ses patients, ses collaborateurs et même ses parents comme on le verra dans une saison ultérieure. Ce personnage est donc à cent lieues de l'image du gentil docteur, car il est manifestement tyrannique et aigri.

Comme symbole de sa différence, il refuse de porter une blouse (Je ne veux pas qu'on me prenne pour un toubib dit-il dans le pilote). Il se déplace avec une canne car il a subi une nécrose musculaire (mort d'un muscle) à sa jambe droite, défintivement handicapée, et est contraint d'absorber des comprimés chaque jour pour atténuer la douleur, ce qui l'a rendu dépendant à son médicament.

Il est pourvu aussi d'un humour très noir, omniprésent, le plus souvent sous la forme des housismes : des "vannes" grinçantes qu'il balance à la figure de n'importe qui. Il est capable de lâcher une blague noire au milieu d'une scène intense sans diminuer la pression.

Mais ce qui le rend attachant est son professionalisme et sa droiture : il ne lâche jamais un cas, quelle que soit sa difficulté, et guérir chaque cas proposé lui tient à cœur, pouvant réfléchir pendant des heures jusqu'à avoir trouvé la solution. Il n'hésite pas non plus à dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, fustigeant les préjugés et égratignant son pays via ses tares (racisme, intolérance, bêtise...). En cela, il a quand même la sympathie du spectateur d'autant que l'interprétation du comédien Hugh Laurie est absolument parfaite, jouant avec virtuosité de toutes les facettes de ce personnage complexe et dont les zones d'ombre ne se lèvent que très lentement...

Dans les trois premières saisons, il est aidé par une équipe de trois médecins spécialistes : Eric Foreman (neurologue incarné par Omar Epps), Robert Chase (chirurgien, joué par Jesse Spencer) et Allison Cameron (immunologue interprétée par Jennifer Morrison) aux tempéramments bien différents. Par la suite, une nouvelle équipe sera formée et remplacera la première mais les trois docteurs initiaux ne disparaîtront cependant pas de l'écran... Deux autres personnages interviennent durant toutes les saisons : l'oncologue James Wilson (Robert Sean Leonard), unique ami de House, le seul capable d'avoir avec lui un rapport vraiment amical (mais pas dépourvu d'aspérités) et la directrice Lisa Cuddy (Lisa Edelstein), dont la relation avec House est très corrosive, mais qui s'adoucira au fil du temps, sans perdre pour autant la tension conflictuelle entre les deux personnages.

Le succès de la série :

La série a de nombreuses cordes à son arc et son succès s'explique par plusieurs points. Certes, il y a le personnage de House, mais aussi l'humour, loin d'être absent mais qui est le plus souvent noir. L'intérêt des énigmes médicales à chaque épisode, bien menées et au suspense omniprésent (la guérison, bien qu'arrivant fréquemment, n'est pas toujours garantie). Elle n'hésite pas à employer des termes techniques ardus sans rebuter le téléspectateur qui parvient à suivre l'histoire sans se forcer d'autant que la clé des énigmes repose très souvent sur la personnalité et les secrets cachés des malades. Elle n'hésite pas non plus à pointer du doigt ce qui ne tourne pas rond dans le monde, en particulier l'hypocrisie et le "politiquement correct" pourfendus régulièrement. L'évolution des personnages et de leurs relations est aussi bien traitée. De plus, la série met un point d'honneur à être réaliste : les scenarii, supervisés par une équipe de véritables docteurs, font que tous les cas sont réels et traités comme si de vrais médecins s'y penchaient. Chirurgie, médicaments, intubations, trachéotomies... toutes les opérations sont montrées ce qui fait que la série intéresse autant le spectateur lambda que les professionnels. Elle est la pemière série de ce genre à respecter cette règle, la seule différence étant l'irrespect de certaines règles déontologiques, volontaire dans la série. Cependant, par distraction des scénaristes ou des réalisateurs, un professionnel peut relever quelques erreurs de diagnostic ou d'opération dans les épisodes. Cependant, elles restent très minoritaires.

Elle n'hésite pas également à soulever d'importants problèmes philosophiques et éthiques, comme le concept de vérité, de foi ou de sincérité. Un divertissement qui n'est donc pas qu'à regarder au premier degré.

L'interprétation des acteurs y est également pour beaucoup, avec Hugh Laurie en tête, toujours juste dans son rôle difficile. Mention spéciale aussi à Robert Sean Leonard, idéal en ami fidèle et surtout Lisa Edelstein, impériale en directrice stoïque et ironique mais plus humaine que son subordonné.

La série s'adresse à presque tous les publics, les images d'opérations étant brèves, les images "dures" sont seulement suggérées (contrairement à Nip/Tuck, plus hard, donc reservé à un public averti). Cependant, la gravité de certaines scènes fait que la série n'est guère recommandée aux plus jeunes (la signalétique étant généralement -10). Fait exceptionnel aujourd'hui, la VF de la série est particulièrement bonne et on peut regarder facilement la série en français, la voix de Féodor Atkine se mariant brillamment à celle du personnage de House. Cependant, elle édulcore certains dialogues qui perdent un peu de leur force.

Ayant bouleversé les codes de la série médicale par son refus des conventions, la série a été un succès immédiat (la saison 3 rassembla jusqu'à 19 millions de téléspectateurs en Amérique) partout dans le monde. Si elle est confrontée à une baisse d'audience à partir de la saison 5, elle reste très populaire. Le public est toujours aux rendez-vous et la critique a été presque entièrement élogieuse pour cette série qui se distingue des autres par son originalité et ses risques payants.

Maintenant, poussez les portes de l'hôpital et entrez dans la série...

Everybody lies !