saison 1 saison 3

X-Files (1993-2002)

Saison 2 


1. LES PETITS HOMMES VERTS
(LITTLE GREEN MEN)


Épisode Mythologique

Scénario : Glen Morgan & James Wong
Réalisation : David Nutter

Résumé :

Plusieurs semaines ont passé depuis la fermeture du Bureau des Affaires Non Classées. Mulder est muté aux écoutes téléphoniques, et Scully enseigne la médecine à Quantico. Ils ne se voient que rarement et en cachette car ont conscience qu'ils sont surveillés. Par le sénateur Matheson, un de ses rares alliés politiques, Mulder apprend qu’un signal extraterrestre vient d’être enregistré dans l’observatoire abandonné d’Arecibo à Porto Rico. Il s’y rend en secret mais sait qu’il ne dispose que de peu de temps avant que ses ennemis ne retrouvent sa trace.

Critique :

La saison 2 démarre avec un épisode mythologique très réussi, mettant parfaitement en scène le décor de la période à venir. C’est ainsi que le Fumeur se dévoile un peu plus et connaît une confrontation directe avec Mulder, tandis que Skinner commence à se rebeller. Si l’histoire paraît assez prévisible, elle distille une paranoïa très efficace et comporte de solides moments de bravoure, tels l’enlèvement de Samantha enfin dévoilé ou l’haletante poursuite finale.

Mais plus que les petits hommes verts (lire ou relire Martiens, go home, de Fredric Brown !), l’épisode touche principalement par la relation unissant Mulder et Scully, très émouvante. Mulder parle très martialement à Scully au début de l’épisode (scène du parking) avant de reconnaître dans la scène finale toute l’importance qu’elle représente pour lui. Duchovny et Gillian Anderson (à qui les lunettes vont à ravir) sont absolument formidables.

Le sénateur Richard Matheson (hommage au grand auteur !), superbement incarné par le grand comédien de théâtre Raymond J. Barry, reviendra dans deux autres épisodes : Meurtres d’utilité publique (saison 3) et Compte à rebours (saison 6). Le rôle avait d’abord été proposé à Darren McGavin qui incarnait Kolchak, The Nightstalker, ayant inspiré Mulder à Chris Carter. Il interprètera finalement l’agent retraité Arthur Dales dans Compagnons de route (saison 5), et Agua Mala (saison 6).

Anecdotes :

  • Samantha Mulder fut enlevée le mardi 27 novembre 1973 à Chilmark, Mass, île de Martha’s Vineyard, à 20h54 dans la maison de la famille Mulder. Il y a cependant un problème de concordance car nous voyons que l’enlèvement de Samantha a lieu dans le salon alors que dans le pilote, Mulder dit que sa sœur fut enlevée dans leur chambre.

  • Peu avant l’évènement, Fox et Sam jouaient au jeu de société Stratego où Fox semble très bon. Le Stratego est un jeu de stratégie et de bluff crée en 1947. Il s’agit d’un jeu de guerre où chaque joueur doit éliminer les différents soldats de l’autre (aux grades et valeurs variables comme aux échecs) en suivant des règles très strictes. Il nécessite une grande puissance de calcul et d’habileté.

  • Gorge Profonde est enterré à Arlington, dans l’Etat de Washington.

  • Pour la première fois de la série, on peut entrevoir un alien (quand la porte de la cabane s'ouvre).

  • Fox et Sam enfants sont interprétés par Marcus Turner et Vanessa Morley. Marcus Turner fera un caméo dans le même rôle dans le film X-Files : combattre le futur. Vanessa Morley réinterprétera le rôle de Samantha enfant dans 4 épisodes de la saison 4. Cependant, d’autres enfants joueront le rôle de la jeune Samantha plus tard : Ashlynn Rose dans Zone 51, partie 2 (saison 6), et Mimi Paley dans Délivrance, partie 2 (saison 7). Enfin, Brianne Benitz jouait déjà ce rôle dans L’Eglise des miracles (saison 1). Curieuse coïncidence, Vanessa Morley est née le même jour que Gillian Anderson (9 août) !

  • Seul épisode d’ouverture de saison non écrit par Chris Carter.

  • Mulder aime écouter du Bach (J-S.), un de ses professeurs de musique s’appellait Ganz. Le mot de passe du dossier « FILES » de son ordinateur est TRUSTNO1 (= « Trust no one », les dernières paroles de Gorge Profonde). En plus de l’enlèvement de sa sœur, il est persuadé, jeune, d’avoir vu des petits hommes verts. Une autre cause qui l’incita à s’orienter dans les Affaires Non Classées. Jeune, il est fan du Magicien (The Magician), une série d’1 saison et 22 épisodes diffusée en 1973-1974 avec Bill Bixby dans le rôle-titre. Il met en scène un prestidigitateur hors-pair qui met son talent au service du Bien. L’épisode diffusé ce soir-là était le 7e, Lady in a Trap… ce qui est d'une mordante ironie pour Samantha !

  • 1013 du jour : Lorsque Mulder et Scully impriment et lisent les papiers de renseignements, une colonne est remplie avec les chiffres « 10.13 ».

  • Plusieurs erreurs dans l’épisode :

    • Mulder doit briser les chaînes de la cabane pour y entrer et y découvre Jorge. Comment a-t-il pu alors entrer dans la cabane sans casser les chaînes ?

    • 2 anachronismes : en 1973, la jeune Sam traite son frère de « buttmunch », terme inventé et popularisé par la série télévisée Beavis and Butthead, série d’animation... des années 1990. Fox porte par ailleurs un T-Shirt KING 30, crée en l’honneur du réputé joueur américain de basket-ball Bernard King… qui ne joua pas en professionnel avant 1977 !

    • Dans la cabane, Mulder, assis, pose une bouteille d’eau sur la table avec sa main droite ; mais quand il se lève au plan suivant, il a la bouteille dans la main gauche.

    • Toujours dans la cabane, Mulder écrit que la lumière de la pièce ne marche pas, pourtant il est visible que c’est le cas dans plusieurs scènes.

    • Quand Mulder dit à Jorge de ne pas aller dehors pour cause d’orage, on entend en arrière-fond des bruits de vagues de plage. Mais l’observatoire Arecibo est éloigné de toute plage.

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2. L'HÔTE
(THE HOST)


Scénario : Chris Carter
Réalisation : Daniel Sackheim

Résumé :

Mulder est envoyé enquêter sur un cadavre retrouvé dans les égoûts. L’affaire semblant banale, il est persuadé que sa hiérarchie a fait exprès de lui confier cette affaire inintéressante. Mais l’agresseur invisible frappe de nouveau et se révèle être un monstre répugnant qui n’a rien de terrestre. Mulder réussira-t-il à l’attraper ? Et qui l’a mis sur cette affaire ? Qui souhaite autant que lui et Scully la réouverture des X-Files ?…

Critique :

Pour ce premier loner de la saison, Chris Carter prend la plume et nous régale d’un excellent gore des familles, comme on l’aime. De nombreuses scènes tâchent bien : l’autopsie par Scully (ah, ces autopsies…) d’un corps putréfié et envahi par la vermine, les égouts, la douche sanglante, la morsure, les bestioles, etc. Le monstre lui-même apparaît comme une merveille d’abomination ! Le Flukeman mérite sa place au premier rang de l’incroyable panthéon des horreurs de la série.

L’épisode comporte aussi pas mal d’humour, avec notamment d’excellentes vannes de Mulder. L’intrigue constitue une merveille d’efficacité et la réalisation demeure haletante jusqu’au bout. Le fabuleux décor des collecteurs est somptueusement utilisé et évoque nombre de ces légendes urbaines que la série aime tant mettre en scène. L’hôte marque aussi les grands débuts de M. X, le nouvel informateur, encore invisible, de Mulder. Le personnage sera plus ambigu et cynique que Gorge Profonde, et sa relation avec Mulder restera surtout une association d’intérêts. Il devra beaucoup à l’étonnant charisme de Steven Williams.

Le Flukeman est incarné par Darin Morgan, frère de Glen, co-producteur et grand scénariste de la série. Darin deviendra lui aussi un scénariste parmi les plus brillants de la série (La guerre des coprophages, Le Seigneur du magma…), et un des maîtres d’œuvre de MillenniuM, puis de l’excellente reprise de Nightstalker. Les temps changent, Darin a récemment travaillé sur Bionic Woman

Anecdotes :

  • Première apparition du deuxième informateur de Mulder. On n’entend ici que sa voix.

  • D’après le chef du maquillage Toby Lindala, le maquillage de Darin Morgan en Flukeman prenait 12 heures ! Cette expérience fut éprouvante pour le comédien. Dans la scène où Flukeman pourchasse Mulder, Morgan ne put plus se retenir et urina dans l’eau ; il espère que Duchovny ne le saura jamais !

  • Mulder a travaillé auparavant à Quantico dans l’Unité d’Étude du Comportement. Il aime manger de la viande rouge.

  • 101356 du jour : le numéro d’autopsie du corps que Scully examine est 101356.

  • Chris Carter avait un chien qui avait beaucoup de puces, et s’intéressait à ce problème de très près ; en même temps, il terminait un livre sur Tchernobyl et les espèces en voie d’extinction : deux petits événements qui lui donnèrent l’idée de cet épisode. De plus, son père avait travaillé comme égoutier, et Carter avait donc une idée précise des égouts. Il nourrit cependant un regret sur cet épisode : il aurait voulu davantage suggérer et moins montrer le monstre.

  • Daniel Sackheim envisagea de ne pas réaliser l’épisode : son agent, au vu du scénario, n’était pas très chaud pour le lui conseiller !

  • La dernière scène est censée se dérouler à Newark au New Jersey, il s’agit cependant de la ville de Baltimore dans le Maryland.

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3.MAUVAIS SANG
(BLOOD)


Scénario : Glen Morgan & James Wong, d’après une histoire de Darin Morgan.
Réalisation : David Nutter

Résumé :

A Franklin, plusieurs personnes sans histoire se mettent à tuer les premières personnes autour d’eux. Mulder et Scully enquêtent et s’aperçoivent que des « messages » sont apparus aux différents tueurs, leur ordonnant de passer à l’acte. Comment et par qui sont envoyés ses ordres mortels ?

Critique :

Cet épisode très riche et imaginatif (dans la famille Morgan, je demande Glen) pousse la paranoïa ambiante de la série jusqu’à ses ultimes retranchements. L’histoire mêle habilement plusieurs grandes peurs contemporaines : pollution chimique, manipulations agricoles, messages subliminaux, massacre dans une école… Le procédé des messages sur écrans apparaît diablement efficace et produit toujours son effet jusqu’à l’ultime apparition, laissant pantois Mulder comme le spectateur.

On retrouve un thème récurrent des loners : le pauvre bougre dépassé par les événements ou par ses pouvoirs et s’acheminant inévitablement vers le drame, même s’il résiste héroïquement comme ici. Bizarrement les abeilles irradiées (et non pas génétiquement modifiées) font comme un clin d’œil à la mythologie !

Heureusement, les Lone Gunmen refont surface, ce qui nous vaut comme toujours une scène très amusante. Frohike en pince décidemment pour Scully ! L’épisode comporte d’excellents comédiens dans les rôles secondaires, mais reste dominé par l’effarante prestation de William Anderson.

Anecdotes :

  • Bonnie, la femme tentant d’assassiner Mulder, est jouée par l’actrice pornographique Ashlyn Gere (qui jouera également dans deux épisodes de MillenniuM). Elle est une des rares actrices à avoir joué aussi bien dans des films X que dans des films grand public. Elle doubla aussi certaines actrices lors de scènes sexuelles, comme Sharon Stone dans Basic Instinct.

  • Mulder, en parlant du policier sceptique : Encore un qui croit qu’Elvis est mort. Mulder fera plusieurs fois référence à la théorie selon laquelle le King avait simulé sa mort pour disparaître... et à laquelle il croit dur comme fer !

  • Plus jeune, Mulder jouait au base-ball au poste de champ droit. C’est un poste qui demande une grande force physique. Aujourd'hui, il fait du jogging régulièrement (on le reverra en faire dans Faux frère siamois). Il aime bien regarder le magazine Celebrity Skin, un magazine pornographique.

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4. INSOMNIES
(SLEEPLESS)


Épisode Mythologique

Scénario : Howard Gordon
Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un homme appelle les pompiers car il y a le feu chez lui. Lorsque les pompiers arrivent, il n’y a aucune trace d’incendie, mais l’homme est mort : ses organes ont brûlé ! D’autres morts tout aussi étranges surviennent. Mulder, secondé par Alex Krycek, remplaçant de Scully, enquête et constate que toutes les victimes n’avaient plus dormi depuis 24 ans et qu‘une d’entre elles était un médecin spécialisé dans les maladies du sommeil…

Critique :

Épisode mixte loner/mythologie, Insomnies montre un double visage. La partie indépendante ne convainc guère car trop linéaire et appuyée. Le Viêt-Nam est un poncif auquel toute série américaine doit succomber, les X-Files ne feront pas ici exception. De plus, hormis l’impressionnante scène d’ouverture, les autres suggestions de Cole ne sont guère ébouriffantes. Le talent de Tony-Candyman-Todd répond, lui, au rendez-vous ; il constitue l’attrait majeur de cette partie. La partie mythologie s’avère plus stimulante. Mr X se dévoile physiquement (impressionnant Williams) et, surtout, voici qu’apparaît le séduisant, le diabolique, le maudit Alex Krycek. Déjà porté par un talentueux Nicholas Lea (Kyle XY), il va devenir « l’autre » méchant récurrent d’une série lui devant nombre de scènes formidables.

Mais tout cela est à venir. Pour l’instant, on s’amuse simplement à le voir jouer le jeune premier de la classe, propre sur lui. Il pousse le vice jusqu’à paraître choqué devant un cadavre, alors que c’est un tueur fini ! Le gaillard a du talent. Gillan Anderson, proche de l’accouchement, se met en retrait tandis que la caméra évite de s’attarder sur son ventre. La menace du Fumeur annonce son retrait provisoire. On retrouve le policier Horton de Masculin/Féminin, tandis que Jon Gries, le Broots du Caméléon, fait une apparition remarquée. Tiens, l‘armée américaine a mis au point une pilule anti-sommeil…

Anecdotes :

  • Bien que l’épisode ne soit pas Mythologique, il fait entrer en scène deux personnages importants de l’arc : le deuxième informateur de Mulder : Mr.X, interprété par Steven Williams, et Alex Krycek, l'agent espion interprété par Nicholas Lea. Rob Bowman avait déjà dirigé Lea dans Masculin-féminin (saison 1) où il jouait Michel, l'homme sauvé in extremis des griffes de Marty. Il s’est souvenu de lui au moment de réaliser l’épisode et lui donna le rôle.

  • Howard Gordon écrivit l'épisode après un script rejeté sur lequel il avait passé 1 mois et demi. Il n'avait donc plus que très peu de temps pour écrire une histoire et il en perdit le sommeil. De là lui vint l'idée de Sleepless qu'il écrivit très rapidement. L'épisode reste selon lui le meilleur qu'il ait écrit pour la série. Pendant la saison 1, Chris Carter se posait une question : comment créer le guerrier ultime ? Il soumit l'idée à Gordon qui l'intégra au script. Carter déclare aussi que c'est un de ses épisodes préférés, grâce à la réalisation « magnifique » de Rob Bowman.

  • X devait primitivement être joué par une femme. L’actrice Natalia Novolich fut engagée (la scène de rencontre dans le hangar avec Mulder, sans le son, est disponible sur le DVD) mais Glen Morgan, James Wong, et Chris Carter jugèrent qu’elle ne ferait pas l’affaire et engagèrent à la place Steven Williams. 

  • Mulder prend ici le pseudonyme de George Hale pour discuter tranquillement avec Scully. Il est possible que ce soit en hommage à l’astronome du même nom (1868-1938) qui contribua beaucoup au développement de l’astronomie américaine.

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5/6. DUANE BARRY
(DUANE BARRY / ASCENSION)


Épisode Mythologique

Scénario : Chris Carter (1re partie) et Paul Brown (2e partie)
Réalisation : Chris Carter (1re partie) et Michael Lange (2e partie)

Résumé :

Duane Barry, un ancien membre du FBI interné dans un asile psychiatrique, est convaincu avoir été enlevé par des extraterrestres plusieurs années auparavant. Convaincu que cela va se reproduire dans peu de temps, il perd son sang-froid et s’évade, puis prend en otage quatre personnes. Mulder est envoyé négocier la libération des otages. Au cours de leur confrontation, Mulder est convaincu qu’il dit la vérité mais Scully, après avoir consulté le dossier médical de Barry arrive à une autre conclusion. Qui a raison ? La situation se complique lorsque Scully est kidnappée...

Critique :

Ce double épisode exceptionnel débute par une (pas si) classique prise d’otages, filmée avec une vraie incandescence et ponctuée de moments forts comme les terrifiantes visions de Duane, ou quand l’Agent Hazdin (très solide CCH Pounder) traite Krychek en garçon de courses ! La relation entre Mulder et Duane est intensément rendue, d’autant que les comédiens réalisent un grand numéro. La scène de la lecture laser est un petit bijou d’intrusion de l’étrange dans la vie quotidienne. Et on est désormais certain que X n’est pas Gorge Profonde…

Mais c’est dans la deuxième partie que l’ensemble prend véritablement son envol. La balade hallucinée de Duane (musique géniale), la reconstitution en pensée de la terrible scène d’enlèvement par Mulder, la scène très 007 du téléphérique (Moonraker), le dialogue entre Mulder et Skinner menant à la réouverture tant attendue des Affaires Non Classées représentent autant de grands moments de télévision, qui distinguent définitivement X-Files du commun des séries (voire des seulement excellentes !). On est saisi par cette fascination mêlée d’effroi exprimée par la mélopée enregistrée de Duane, accompagnant un Mulder qui fixe silencieusement le muet mystère des étoiles. Ce plan final est un chef-d’œuvre, précédé par la particulièrement émouvante scène de la croix.

L’intensité ne faiblit pas un seul instant durant tout cet épisode magnifiquement écrit et mis en scène, servi par des comédiens en état de grâce tel Steven Railsback qui fait de Duane un des personnages les plus marquants de toute la série. Quelle émotion devant une telle réussite ! Duane Berry, c’est aussi le départ momentané de Gillian pour cause d’accouchement !

Anecdotes :

  • Un des épisodes favoris de Chris Carter. Pour la deuxième fois de la série, l’indicatif « The Truth is out there » est remplacé (dans la deuxième partie de l’épisode) par « Deny Everything » (Niez en bloc). Mr.X. dit à Mulder que cette phrase décrit l’unique politique suivie par le Syndicat à propos de la Conspiration gouvernementale.

  • Malgré la présence de la Mythologie dès la première saison, elle ne devait pas être primitivement l’arc narratif central de toute la série. La grossesse de Gillian Anderson remit tout en cause car la comédienne devait apparaître moins pendant quelque temps et même s’absenter en s’approchant de l’accouchement, d’où la fermeture des X-Files, et l’enlèvement de Scully qui mit définitivement la Mythologie au centre de la série.

  • Mulder fait de la natation. La scène où on le voit avec un slip de bain rouge est reprise dans la parodie des Simpson : The Springfield Files (saison 8) où la photo d’identité sur la carte de Mulder le représente allongé dans la même tenue.

  • David Duchovny ne fut pas doublé lors de sa cascade sur le téléphérique, il tenait à la faire malgré le très haut risque réel.

  • Scully porte sa croix depuis que sa mère la lui a offerte le jour de son 15e anniversaire. La scène où elle est emprisonnée dans le coffre de la voiture déplut à la censure mais elle fut maintenue. Carter, lui, s’inquiétait plutôt pour la comédienne, qui était dans une posture inconfortable pour une femme enceinte !

  • Duane Barry (partie 1 seulement) est le premier épisode réalisé par Chris Carter. Il eut l’idée de l’épisode après avoir entendu un membre de la famille d’une connaissance prétendre avoir été réellement enlevé par des extra-terrestres qui lui avaient percé les dents ! Pire, le dentiste de la victime reconnut être incapable de déterminer comment des trous aussi petits avaient pu être réalisés !! Il écrivit le rôle de Duane Barry pour Steve Railsback. Railsback avait déjà une certaine notoriété et normalement, Carter n’engageait jamais des acteurs « connus » pour laisser plus de réalisme à la série. Mais il était certain que seul Railsback pouvait interpréter ce rôle particulièrement difficile. Ce rôle est d’ailleurs un des plus mémorables du comédien. Il raconte qu’alors il prenait un ascenseur, une femme le dévisagea et s’exclama « Duane Barry ! » mi-surprise mi-effrayée, et le répéta à tout le monde !

  • D’après Dean Haglund (Langly), les aliens sont joués par des petites ballerines vétues de combinaisons de caoutchouc. Les petits garçons employés d’abord étaient trop turbulents !

  • Regarder la série en VF est une très bonne idée : Ainsi, à la 21e minute de la deuxième partie de l’épisode, le commentateur de la radio annonce qu’un tribunal vient d’ordonner 18 mois de sursis contre un accusé du nom de Steve Williams, ainsi que 18 mois de sursis plus 100000$ d’amende à l’encontre de deux autres accusés : Mitch Pileggi et Chris Carter !!! Allusion absente de la VO…

  • Erreurs :

    • Comment le téléphone sans fil de Duane Barry peut-il encore fonctionner une fois l’électricité coupée ?

    • Nous apprenons que l’appartement de Mulder se situe également à Washington. Pourtant, dans le premier film (Combattre le futur), il se situe à Arlington.

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7. LES VAMPIRES
(3)



Scénario :
Glen Morgan & James Wong, et Chris Ruppenthal
Réalisation : David Nutter

Résumé :

Alors que Scully est portée disparue et que Krycek a pris la fuite, Mulder tente de résoudre seul une affaire de vampires qui veulent obtenir la vie éternelle en commettant des meurtres sanglants. Mais Mulder est dangereusement attiré par une femme faisant partie de la bande…

Critique :

Oh, le mauvais épisode ! C’est simple, rien ne fonctionne ! Les vampires sont vulgaires et grotesques, la mise en scène accumule les effets trop appuyés, les dialogues demeurent jusqu’au bout pesants comme des enclumes et inutilement emphatiques. On pourrait vraiment croire que Chris Carter a tout manigancé pour bien faire percevoir l’importance de Scully, tant Mulder fonctionne à vide sans elle.

On se distrait comme on peut en constatant à quel point les vampires ressemblent à Kurt Cobain. Quelques jolies scènes surnagent : la réouverture des Affaires Non Classées, avec les fameux tiroirs, la croix de Scully, toujours émouvante, le face-à-face inégal entre Mulder et le shérif local, mais elles ne suffisent pas à sauver les vampires et la vamp du pire. Étonnant tout de même de voir à quel point X-Files, qui a si souvent adapté avec succès les classiques de l’épouvante (golem, gargouilles…), échoue à ce point lors de son rendez-vous avec le mythe central du Vampire ! Vivement le retour de Scully et surtout le shérif aux dents longues ! En 1994, la Californie brûlait déjà…

Anecdotes :

  • Premier épisode sans Scully.

  • Le Bureau des X-Files a fermé en mai 1994 et rouvre en novembre de la même année. 6 mois se sont donc écoulés entre l’épisode Les Hybrides et celui-ci.

  • Mulder n’aime pas les pantalons à patte d’éléphant et prétend être capable de faire sortir une pièce de monnaie d’une oreille. Scully en est également capable mais avec un insecte (Faux frère siamois). Nos deux compères auront l'occasion de montrer quelques tours de leur cru dans Maleeni le prodigieux (saison 7).

  • On note que Mulder succombe au charme de Kristen, et il est clair qu’ils font l’amour juste après leur baiser. De telles scènes resteront rarissimes dans la série. Kristen est incarnée par Perrey Reeves, alors la petite amie de David Duchovny à l'époque. Ils se sépareront l'année suivante.

  • Erreurs :

    • Le prisonnier vampire recule contre le mur du fond pour éviter le rayon de soleil qui continue d’avancer… alors que le rayon devrait au contraire reculer vers le mur de la fenêtre puisque le soleil est sensé se lever.

    • Les mots inscrits au sang sur le mur sont « John 52.54 »… mais l’Évangile de Jean ne comporte que 21 chapitres. Le verset que cite Mulder comme étant celui correspondant à l’inscription est en fait le 6.54.

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8. COMA
(ONE BREATH)


Épisode Mythologique

Scénario : Glen Morgan & James Wong
Réalisation : R.W.Goodwin

Résumé :

Scully réapparaît miraculeusement dans un hôpital, dans le coma et aux portes de la mort. Mulder, furieux et angoissé, tente de savoir qui est responsable de son enlèvement. Il fait la connaissance de Mélissa, sœur de Dana. Mais Scully s’éloigne de plus en plus de la rive de la Vie pendant que Mulder essaye de la venger.

Critique :

Un épisode de mythologie particulièrement dense, où chaque personnage se révèle à nu. Mulder et le Fumeur se montrent finalement très semblables dans le néant de leur vie (films pornos contre soirées bières et cigarettes). Leur confrontation tendue marque un vrai moment d’anthologie de la série. Mr X confirme être un manipulateur ambitieux et sans scrupules (scènes très fortes) tandis que Skinner choisit définitivement son camp et revêt toute sa dimension lors de son émouvante confession.

Scully se dévoile également, notamment dans l’une des séquences d’ouverture les plus réussies de la série. Les images du rêve auraient pu paraître ridicules, mais grâce au talent de la mise en scène et de Gillian Anderson, c’est tout le contraire qui s’accomplit.

L’épisode nous vaut aussi la rencontre avec un nouveau personnage, Mélissa, l’éthérée et assez irrésistible sœur de Scully. Mélissa est promise à un tragique destin du fait de Krycek, dont on peut penser qu’il est le rendez-vous manqué de Mulder grâce à cette même Mélissa. Les caprices du destin…

La gravité de la situation déteint sur les Bandits Solitaires, plus graves que de coutume (encore que Frohike en nœud pap vaut le coup d’œil). Leur fascination naïve devant Internet et l’ADN nous rappelle que l’épisode date bien des années 90 !

Un épisode visuellement magnifique où la couleur des paysages oniriques contraste avec l’obscurité et les espaces clos de la réalité, le tout porté par la magnifique musique de Snow. Le thème toujours efficace du coma sera de nouveau employé dans Audrey Pauley, un des meilleurs épisodes de la saison 9.

Anecdotes :

  • Le nom complet de Scully est Dana Katherine Scully. Elle est née en 1964. Elle est contre l'acharnement thérapeutique, et a fait de Mulder son témoin assermenté pour son testament. Elle a une soeur, Mélissa, interprétée par Mélinda McGraw, dont c'est la première apparition dans la série.

  • Deuxième et dernière apparition de William Scully, interprété par Don S. Davis.

  • Skinner s’est engagé dans l’armée pour faire la guerre au Viêtnam le jour de ses 18 ans « par conscience ». Il y a tué un enfant de 10 ans bardé de grenades, acte qui lui fit perdre la foi en tout ce qu’il croyait. Il subira plus tard une attaque ennemie qui lui fit éprouver une expérience de mort cérébrale dans laquelle il vit son corps étendu, presque mort. Il survécut, mais depuis ce jour, le surnaturel lui fait peur.

  • Avant d’être la pièce réservée aux Affaires Non Classées, la salle du sous-sol abritait la photocopieuse (Skinner).

  • Il est interdit de fumer dans le bureau de Skinner. L’Homme à la Cigarette se passe fort bien de cette interdiction. Ce dernier habite dans une triste maison au 900 Georgia W. Street et fume des cigarettes de marque « Morley », une marque fictive. En contrepartie du grand pouvoir qu’il possède, il a une vie privée vide, sans distractions, sans femme, ni enfant (enfin, sur ce dernier point…). On remarque que Mulder lui donne pour la première fois le surnom de « Cancer man », traduit de manière plus affaiblie en VF par « l’accro du tabac ».

  • Cet épisode très apprécié des fans tire son titre original (One Breath : un souffle) d’un extrait du discours de William Scully à sa fille (Then my life felt as if it had been the length of one breath, one heartbeat). Chris Carter indique qu’il s’agit « moins d’un X-File que de la mise en évidence de la tendresse de Mulder envers Scully ». La scène du bateau fut épuisante à tourner pour Gillian Anderson, revenant à peine de son accouchement. Elle la commente en ces termes : J’avais les seins tellement gros que j’aurais pu allaiter tout le bateau !

  • Mitch Pileggi (Skinner) pense que la grossesse de Gillian Anderson a permis à son personnage de prendre plus d’importance. Il affirme avoir mis beaucoup de son père dans sa manière d’interpréter Skinner, bien que ce fut un choix tout à fait inconscient. Ce fut sa famille qui le lui fit remarquer.

  • Erreurs :

    • Le verset figurant sur la pierre tombale de Scully est Jean 5.06 et non Jean 5.07.

    • La signature de Mulder sur sa lettre de démission est très différente de celle figurant sur son badge.

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9. INTRATERRESTRES
(FIREWALKER)

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Scénario : Howard Gordon
Réalisation : David Nutter

Résumé :

Un comité de surveillance scientifique reçoit un signal de détresse d’une équipe de recherche volcanique : un cadavre et une « chose » non identifiable ont frappé l'équipe. Mulder et Scully rejoignent l’équipe, figée dans la paranoïa et la terreur depuis que leur chef Trepkos, leur a faussé compagnie après s’être transformé en tueur.

Critique :

Reprise de service agitée pour Scully, dans une mission crapahutage-huis clos dans la droite lignée de Quand vient la nuit ou surtout Projet Arctique dont l’épisode constitue un authentique remake. La recette est désormais connue et, même si l’ensemble continue à fonctionner efficacement, la réussite paraît moindre. On aurait pu espérer plus de peps et d’originalité pour le retour de Scully. Certains effets gores restent réussis mais ne rendent pas l’ensemble vraiment exaltant.

Les amateurs de l’excellente The West Wing reconnaîtront Josh, ceux de Saw, Amanda. Bradley Whitford et Shawnee Smith ne semblent pas à leur meilleur niveau, comme d’ailleurs le reste de la distribution.

Anecdotes :

  • Howard Gordon qualifia par la suite son épisode de "pâle et inférieure version de Projet Arctique". Le scénariste a souvent dit que le duo Glen Morgan-James Wong l'avait beaucoup influencé.
  • Mulder a de bonnes connaissances en botanique.
  • Pour la première fois, le thème musical de la série est discrètement entendu dans cet épisode, lors de la fouille de la cabane obscure.

  • Dans la réalité, il n’y a aucun mont Avalon dans la région explorée de cet épisode.

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10. LE MUSÉE ROUGE
(RED MUSEUM)


Épisode Mythologique

Scénario : Chris Carter
Réalisation : Winslow Phelps (crédité comme "Win Phelps")

Résumé :

A Delta Glen, de jeunes adolescents disparaissent la nuit et reviennent au matin en violent état de choc, portant une inscription tracée au sang : « C’en est un(e) ». Mulder et Scully soupçonnent une secte prônant l’interdiction de la viande d’être mêlée à cette affaire, mais devront faire face à une vérité plus complexe, tout à fait inattendue...

Critique :

Une de ses balades dans l’Amérique profonde dont la série a le secret, se révélant ici particulièrement réussie. L’intrigue, aussi riche que fluide et cohérente, entremêle adroitement différents fléaux contemporains : bœuf aux hormones, sectes intrusives dans la vie privée, manipulations médicales… Le tout est filmé avec une rare densité, avec un détour surprenant et bienvenu dans la Mythologie (So long, Deep Throat !). Comme toujours, les X-Files prennent une position progressiste, pour la tolérance et... le bio !

Notons que la garde-robe de Scully se révèle, ici, très classieuse tandis qu’elle arbore une des plus belles coiffures de la série. Une Scully grand crû donc (superbe numéro de Gillian Anderson lors de la reconnaissance de l’assassin), d’autant que la scène de restaurant, très détendue, avec Mulder reste particulièrement amusante.

Les amateurs de l’excellent Profiler auront reconnu Mark Rolston, qui interpréta longtemps le terrible Jack.

Anecdotes :

  • Mulder note que Scully mange comme un cochon à table ! 

  • Erreurs :

    • Contrairement à ce que dit Scully, l’ADN ne comporte pas d’acides aminés mais des acides nucléiques.

    • Le reflet de la caméra est visible lorsque Scully contemple les photos de la famille dans le hall.  

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11. EXCELSIS DEI
(EXCELSIS DEI)


Scénario : Paul Brown
Réalisation : Stephen Surjik

Résumé :

Dans un hospice pour personnes âgées, une infirmière ambiguë prétend avoir été violée par un agresseur invisible… qui serait un de ses vieux et frêles patients ! Notre duo constate que certains vieillards semblent en pleine forme, et guérissent inexplicablement de la maladie d’Alzheimer. De plus, certains patients avertissent nos héros que des « esprits » hantent les lieux…

Critique :

L’épisode emploie une formule bien éprouvée, maintes fois vue ailleurs, même si la mise en scène demeure correcte. Le décor de l’institution paraît idéalement sinistre, tandis que l’interprétation ressort convaincante, avec plusieurs acteurs vétérans des séries télé. On remarque une inversion originale lors de la fameuse scène d’exposition, toujours cruciale : Scully (qui a repéré les cassettes n’appartenant pas à Mulder…) présente cette fois l’affaire. Comme toujours, c’est moins délirant, et comme toujours, Mulder renâcle. Malheureusement l’intrigue, par trop prévisible, ne décolle jamais vraiment. Même si les dialogues Mulder-Scully restent divertissants, l’épisode semble relativement anodin.

Détail amusant, l’infirmière est interprétée par Teryl Rothery, qui montera bientôt en grade en étant le Dr Frasier de Stargate !

Anecdotes :

  • Scully dit que Mulder lit trop de Carlos Castaneda. Il s’agit d’un anthropologue américain (1925-1998) dont les ouvrages traitent du chamanisme amérindien, qu’il aurait étudié auprès d’un sorcier Yaqui. Ses thèses sont très contestées dans le milieu de l’anthropologie.

  • Lorsque la nurse Charters est enfermée dans la chambre de Mrs.Richardson, l’oreiller du lit change de place entre plusieurs plans.

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12. AUBREY
(AUBREY)


 

Scénario : Sara B. Cooper (créditée comme "Sara B. Charno")
Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Grâce à une vision, L’inspecteur Morrow retrouve un os humain enterré d’un agent du FBI qui avait disparu alors qu’il enquêtait sur des viols et des meurtres gores commis sur de jeunes femmes en 1940. Le tueur, Harry Cokely, a aujourd’hui purgé sa peine. Mais des meurtres similaires recommencent. Mulder et Scully constatent le comportement de plus en plus angoissé de la jeune détective, elle-même agressée par le tueur… un jeune homme qui serait en fait Cokely tel qu’il était en 1940 !...

Critique :

Un de ces épisodes faisant que X-Files ne se regarde pas seulement comme une excellente série de SF, mais bien comme un monument de la télévision.

L’histoire, originale et implacablement funèbre, sait nous dévoiler progressivement l’Horreur, ressentie avec un rare impact. La mise en scène et la musique de Snow paraissent incroyablement oppressantes. L’interprétation, souvent d’un haut niveau, atteint ici des sommets. Règle de base : tout épisode avec Terry O’Quinn, quelque soit la série, sera génial. BJ, dont les tourments rendent cette histoire réellement troublante, est magnifiée par une Deborah Strang inouïe. Un des personnages secondaires les plus inoubliables de la série. Certaines scènes se révèlent particulièrement éprouvantes, attouchant au film d’épouvante. Scully réalise un numéro percutant, Bones n’a rien inventé ! Mulder demeure supérieurement pénétrant, comme on l’aime. On sort aussi ravi qu’éprouvé de cet épisode où l’on aura touché les Ténèbres du bout des doigts.

Un des sommets de la saison 2 (le suivant fera aussi très fort dans le genre). Décidemment les champs inspirent la série, on s’en rendra de nouveau compte dans le fabuleux Le pré où je suis mort (saison 4).

Anecdotes :

  • Mulder est quelqu’un de très propre : il se lave les dents après chaque repas. Cependant, Bienvenue en Arcadie (saison 6) montrera qu'il n'est pas irréprochable de ce côté. Enfant, il faisait des cauchemars quand son père croquait des noisettes. Pour sa part, il préfère les graines (épinards en VF).

  • Le film que Cokely regarde juste avant son attaque est La Dame du vendredi (1940) d’Howard Hawks, avec Cary Grant, Rosalind Russell, et Ralph Bellamy ; une screwball comedy souvent considérée comme un des films les plus drôles de l’histoire du cinéma.

  • Mulder fait référence à George Foreman (1949), il s’agit d’un fameux boxeur américain poids lourd qui fut champion olympique en 1968 et champion du monde 1973-1974 avant de céder son titre à Mohammed Ali lors d’un combat demeuré légendaire. Il boxe jusqu’en 1992. « Big George » est souvent considéré comme un des meilleurs boxeurs du siècle.

  • La théorie de Mendel, citée dans l’épisode, vient du botaniste Gregor Mendel (1822-1884), énonciateur de trois lois fondamentales sur l’hérédité qui ont créé la génétique formelle moderne. Il est souvent comparé à Copernic dans sa spécialité. Un corollaire de ses lois est que le mâle n’est plus l’élément dominant de la reproduction, révélation comparable à celle de l'héliocentrisme copernicien.

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13. LE FÉTICHISTE
(IRRESISTIBLE)


Scénario : Chris Carter
Réalisation : David Nutter

Résumé :

Donald Pfaster profane des tombes renfermant des jeunes femmes pour voler des morceaux de leurs corps. Mais bientôt, cela ne lui suffit plus, et il commence à tuer dans le même but. Scully est violemment secouée par l’atmosphère macabre de l’affaire et commence à perdre pied...

Critique :

Après un Aubrey particulièrement sombre, la saison 2 continue à explorer les tréfonds de l’âme humaine, avec une idée aussi forte qu’audacieuse : l’abandon du Fantastique. Pas d’Extraterrestres ou de pouvoirs paranormaux dans cet épisode, mais un serial killer d’autant plus inquiétant qu’il n’est qu’humain. Sans recourir à des effets faciles, Nick Chinlund, parfait, suinte la perversion et le dérèglement mental comme rarement on les aura vus à la télévision.

Le parcours de Mulder amuse, évoluant graduellement d’une négligence à peine dissimulée (comme toujours quand il n’est pas intéressé) jusqu’à la frénésie après l’enlèvement de Scully lui rappelant de biens mauvais souvenirs encore récents. Mais les scènes les plus fortes sont au crédit de Scully (et de son interprète), dont le désarroi puis la frayeur saisissent littéralement le spectateur à la gorge. Gillian Anderson montre une fois de plus toute l’étendue de son talent dans le domaine de l’émotion, notamment dans le passage où l’on voit Scully sangloter dans les bras de Mulder. L’épisode reste aussi comme un moment fort de la relation entre les deux héros!

On a la surprise de reconnaître Christine Willes en psychiatre du FBI, alors qu’elle compose par ailleurs la très allumée Dolores de Dead like me !

Un petit bémol : après Lazare et Duane Barry, nous sommes de nouveau face à un enlèvement de Scully, alors qu’elle se retrouve également en vilaine posture dans des épisodes comme Compressions… Le personnage fait encore classiquement figure de "Damoiselle en détresse", mais va évoluer au fil de la série.

Anecdotes :

  • Aka. Fascination

  • Un des épisodes favoris de Chris Carter. Ce fut grâce à cet épisode qu’il eut l’idée de créer sa future série MillenniuM. L’épisode, par sa noirceur, fait en effet penser à l’ambiance souvent très sombre entourant les enquêtes de Frank Black. La scène où Scully craque et se réfugie dans les bras de Mulder est le premier vrai contact physique entre les deux agents.

  • Instant shipper : A sa psy, Scully déclare qu’elle a une absolue confiance en Mulder et qu’elle lui « confierait même sa vie ».

  • A l’origine, Donald Pfaster devait être un nécrophile qui assouvissait ses pulsions sexuelles sur les victimes qu’il avait tuées. La FOX, choquée par l'idée, refusa catégoriquement de produire un tel épisode. Carter fut donc contraint de le changer en fétichiste. Le tabou de la nécrophilie avait déjà été levé au cinéma depuis 1973 et le film Sweet Kill de Curtis Hanson. Mais il faudra attendre 2005 et l’épisode Frankenlaura (saison 3) de la série Nip/Tuck pour voir un personnage nécrophile à la télévision.

  • La musique entendue dans la scène d’introduction est la Première Gymnopédie d’Erik Satie (1866-1925).

  • Clins d’œil : un joueur du match de football américain s’appelle Chris Carter. Dans le cimetière, on aperçoit une tombe au nom de Raymond Soames ; Ray Soames est le nom de la troisième victime des enlèvements dans le pilote de la série.

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14. LA MAIN DE L'ENFER
(DIE HAND DIE VERLETZT)


Scénario : Glen Morgan & James Wong
Réalisation : Kim Manners

Résumé :

Un rite satanique organisé « pour rire » par des adolescents vire au cauchemar avec la mort brutale et « surnaturelle » de l’un d’eux. Mulder et Scully découvrent qu’un véritable clan satanique regroupe plusieurs professeurs de l’école où étudient les jeunes. Les morts violentes se multiplient lorsqu’une inquiétante enseignante est engagée dans l‘établissement...

Critique :

Un loner parfaitement maîtrisé, avec un explosif cocktail de scènes d'épouvante (le serpent, la dissection, le massacre final...) et de vraies pépites d'humour (la pluie de grenouilles avec une Scully estomaquée, l'adieu ironique du Démon...).

Dans la plupart des séries fantastiques, les épisodes mettant en scène le Diable en personne revêtent toujours un cachet particulier ; celui-ci ne fera pas exception, bien au contraire. Sans être aussi dérangeant que Aubrey, l'ensemble fonctionne à merveille, et on ne peut qu'en admirer la virtuosité. On éprouve réellement une jolie frayeur devant cet authentique film d'horreur, nettement plus efficace que bien des longs-métrages.

L'interprétation est au diapason, avec une Susan Blomaert fabuleuse en professeur démoniaque (La main de l'Enfer prend parfois des allures de Buffy en plus sombre), et surtout Heather McComb dans son rôle fétiche d'ado à problèmes qu'elle reprendra dans Profiler, MillenniuM, etc.

Le message final apparaissant au tableau présente un double sens : les brillants auteurs Glen Morgan et James Wong quittant la série pour créer Space 2063 (il reviendront dans la saison 4 après l'échec du projet). Un rude coup pour la série, car ils comptaient parmi ses meilleurs scénaristes (Quand vient la nuit).

L'épisode représente un moment clé de la série car il marque également l'entrée en lice du regretté Kim Manners, qui deviendra le principal réalisateur des X-Files (52 épisodes dont le finale de la série, et un rôle très important de producteur à partir du Vaisseau fantôme). Son talent éclate ici avec force, grâce à une caméra mobile (fabuleux plans circulaires), d'incroyables champs-contrechamps mêlés d'effets de lumière donnant l'impression vivace d'un cauchemar éveillé, et bien d'autres excellentes idées de mises en scène. Du bel ouvrage !

Anecdotes :

  • Les crapauds utilisés lors de la chute étaient des vrais car les faux ne sautaient pas à la demande !

  • D’après Kim Manners, Dan Butler (Ausbury) a une peur bleue des serpents. Il n’était donc pas rassuré lors de la scène où il se fait avaler par le python !

  • L’école Crowley a été baptisée en hommage à l’anglais Aleister Crowley (1875-1947). Ecrivain très connu pour ses expériences d’occultisme controversées.

  • Lors du générique d’ouverture, les scénaristes sont crédités sous le nom de James « Chargers » Wong et Glen « Bolt, Baby ! » Morgan !

  • Mulder dit que la force de Coriolis pourrait inverser le sens par lequel s’écoule l’eau. En fait, ce n’est pas possible.

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15. MYSTÈRE VAUDOU
(FRESH BONES)


Scénario : Howard Gordon
Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un des soldats chargé de garder une caserne de sans-papiers hawaïens devient fou et meurt en faisant percuter sa voiture contre un arbre portant une inscription vaudoue. D’autres soldats semblent frappés par cette « malédiction » qui serait l’œuvre d’un des réfugiés, pour l’heure bouclé dans une cage. Mulder et Scully enquêtent dans la caserne, au bord de l’implosion…

Critique :

La série continue son tour du monde du paranormal, l'étape du jour s'avérant Haïti et le vaudou.

À chacun sa sensibilité, personnellement les histoires de vaudou m'ennuient le plus souvent, et même X-Files ne fera pas ici exception. Tout le catalogue du genre défile pesamment sous nos yeux incrédules, avec un clinquant manque de goût. Certaines scènes (les vers, la plaie de Scully...) se voudraient effrayantes alors qu'elles ne sont qu'écœurantes. Le tout culmine avec un duel de sorcellerie passablement grotesque, dans un cimetière toc au possible. On croirait un navet d'Hollywood ! Mais ici ni humour, ni distanciation, on en demeure à un premier degré bien pompier. Quant à la chute finale, elle est tellement prévisible quelle en finit par "achever" l’épisode.

Mystère vaudou s'avère plus intéressant dans sa condamnation de l'arbitraire, où l'on pourrait reconnaître Guantanamo et Abou Ghraib. X-Files a toujours choisi une optique progressiste, mais cet aspect demeure ici trop secondaire, même s'il nous vaut une apparition comme toujours réussie de M. X. Et puis, l'épisode connaît la malchance de survenir après une succession de loners exceptionnels, sa faiblesse ne pardonne donc pas. Pourtant, les histoires de vaudou réussies existent, on pourra ainsi lire les écrits venimeux de Poppy Z. Brite (Les contes de la Fée Verte).

Anecdotes :

  • Dans l’introduction, Jack ne porte pas de ceinture de sécurité. Lors de l’accident, il aurait donc dû passer à travers le pare-brise. Mais ce dernier est resté intact.

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16/17. LA COLONIE
(COLONY / END GAME)

xfiles 2 16

Épisode Mythologique

Scénario : Chris Carter, d’après une histoire de David Duchovny & Chris Carter (1re partie), et Frank Spotnitz (2e partie)
Réalisation : Nick Marck (1re partie) et Rob Bowman (2e partie)

Résumé :

Un tueur invincible et polymorphe assassine plusieurs personnes qui sont toutes des sosies ! Mulder et Scully tentent d’empêcher d’autres morts et pensent avoir mis le doigt sur une Conspiration soviétique visant à gangrener les États-Unis. Mais la vérité est bien plus renversante. De plus, Mulder reçoit un coup de fil de son père : sa sœur est revenue... L'enchaînement démentiel des événements amènera Mulder jusqu'en Arctique...

Critique :

La colonie constitue un de ces doubles épisodes mythologiques que la série saura multiplier avec bonheur, sur le modèle de Duane Barry, tout en marquant l'entrée en scène d'un artisan majeur de la série : Frank Spotnitz, qui va vite devenir le bras droit du boss, et diriger avec lui toute la Mythologie de la série. Ce double épisode reste un des plus réussis, par la densité de l’histoire et la stupéfiante accumulation de rebondissements laissant le spectateur pantois mais ravi (scène d’introduction, transformations, groupe de clones, confrontation incandescente entre X et Skinner…). Le moindre d’entre eux n’est certes pas la supposée réapparition de Samantha, à laquelle bien entendu on ne croit pas mais qui produit tout de même son effet.

Mulder va de révélations en révélations dans cet épisode courant jusqu’au bout le risque d’en faire trop. Heureusement, il apparaît parfaitement écrit, et soutenu par une mise en scène sans faille, ainsi que des décors somptueux. Le cliffhanger de transition reste un modèle du genre (durant toute la saison 2, seule la scène finale fera encore mieux). Il permet également de nous souvenir que les X-Files furent sans doute la première série à intégrer les téléphones portables au cœur de son action, avec un refrain devenu un véritable identifiant de la série : Mulder, c’est moi.

La colonie ne se contente pas de développer la Mythologie, mais en constitue un véritable saut qualitatif avec la découverte de tout un univers SF jusqu’ici seulement envisagé. La rupture s’avère bien tranchée avec la saison 1 !

Le double épisode voit également l’apparition très efficace de la version X-Files de Terminator : le Bounty Hunter. Le pastiche paraît savoureux, d’autant que Brian Thompson (d’ailleurs brièvement apparu dans T1) semble présenter comme un air de famille avec Gobernator. Son pouvoir de polymorphe fait d’ailleurs furieusement penser au T1000 de Judgement Day, incarné par nul autre que Robert Patrick, le futur remplaçant de Mulder dans les deux dernières saisons !

Les parents de Mulder sont également fort habilement introduits, d’autant que le jeu tout en finesse de Peter Donat nous laisse déjà supposer que William Mulder comporte lui aussi sa part d’ombre.

Petite anecdote : à la demande de Bowman, Williams et Pileggi n’ont pas fait dans la demi-mesure, le premier s’est ainsi brisé une phalange de la main droite en frappant le second, tout en faisant s'effondrer le décor de l'ascenseur !

Ah, j’oubliais, encore une histoire où Scully se fait enlever...

Anecdotes :

  • Tout ce double épisode est en flash-back. L’idée de l’histoire est de David Duchovny qui voulait écrire un épisode sur un tueur extra-terrestre qui en tuerait d’autres.

  • D’après le chasseur de primes, Samantha Mulder serait toujours en vie. Délivrance (saison 7) nous apprendra le réel destin de Sam.

  • Le puissant cliffhanger est une idée de Carter qui rêvait d’écrire une scène aussi angoissante que celle-là. Il est très fier de cette scène.

  • Première apparition des parents de Mulder : William et Teena, joués par Peter Donat et Rebecca Toolan. Première apparition également du « Bounty Hunter », le chasseur de primes alien, joué par Brian Thompson.

  • On remarquera que l’agent de la CIA dit s’appeler Ambrose Chapel, clin d’œil à L’homme qui en savait trop (1956) d’Alfred Hitchcock où ce nom sibyllin est le McGuffin de l'histoire.

  • Bowman voulait un son « paranormal » quand le tueur actionne son arme mortelle. Une combinaison de 17 sons fut créée par l’équipe mais rejetée car trop bruyante. Le co-producteur Paul Rabwin prit alors un micro, fit un « pffft »… ce qui donna le son retenu ! Brian Thompson avait un tube à air comprimé le long de son bras pour actionner le « pic à glace ».

  • Pas moins de 140 tonnes de neige furent demandés sur le plateau pour reconstituer le paysage glacé de l’Arctique lors de l’avant-dernière scène ; il fallut cinq jours pour créer le décor !

  • Quelques petites erreurs :

    • Quand le professeur Dickens passe à travers la fenêtre, il tombe la face vers la terre… mais au plan suivant, on voit qu’il est tombé sur le dos.

    • Le capitaine du sous-marin a une barbe… mais le port de la barbe est interdit dans la Marine depuis 1981 !

    • Scully, en sortant de l’hôpital, a un pansement tâché de sang, mais peu de temps après, il n’y a plus de sang.

    • Les clônes de Samantha ne sont pas parfaits : deux sur quatre seulement ont une petite marque sur le côté droit de leur cou.

    • L’éclairage du Kennedy Center change lors de la scène entre X et Mulder ; de plus, il ne correspond pas aux éclairages du véritable bâtiment.

    • Quand Scully va voir Skinner, il fait plein jour. Pourquoi Skinner a-t-il alors fermé les fenêtres et allumé sa lampe de bureau ?

    • Quand Mulder chasse le rescapé du sous-marin dans le vaisseau, il se dirige dans un couloir où un projecteur est allumé… qui s’éteint au plan suivant.

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18. PAROLE DE SINGE
(FEARFUL SYMMETRY)


Scénario : Steve de Jarnatt
Réalisation : James Whitmore Jr.

Résumé :

Un éléphant invisible sème la pagaille après s’être échappé de sa cage où il était en captivité. Mulder et Scully soupçonnent une douteuse organisation pour la libération totale des animaux d’avoir fomenté la tentative d’évasion, mais d’autres animaux dont une gorille passionnément protégée par la directrice du zoo disparaissent et réapparaissent à leur tour. Et si « quelqu’un » d’autre était derrière tout ça ?

Critique :

Une scène d’introduction totalement folle, aux stupéfiants effets spéciaux, ouvre un épisode où la sensibilité progressiste coutumière aux X-Files prend cette fois fait et cause pour la défense des espèces menacées. Mais cette démonstration ne prend pas des allures d’incantation verbeuse, l’intrigue conservant mystère et suspense jusqu’à un étonnant dénouement aux dérangeantes intonations prophétiques. On se souviendra longtemps d’une des autopsies les plus improbables de Scully, qui a pourtant souvent fait fort en la matière. La pauvrette se retrouve cette fois immergée dans un éléphant alors que Mulder veille soigneusement à conserver ses distances !

L’épisode bénéficie également d’une spectaculaire apparition en visioconférence des toujours irrésistibles Bandits Solitaires, cette fois sans Langly, encore plus paranos que de coutume (si, si, c’est possible). Coïncidence, Au Cœur du Complot comportera également un épisode consacré à un singe étrangement intelligent : La planète des Frohikes !

Toujours superbement efficace, Jayne Atkinson tient un rôle finalement assez proche de la Karen Hayes de 24h chrono, en femme à poigne ne transigeant pas sur ses convictions.

Anecdotes :

  • Quelques erreurs :

    • Le Dr. Ambrose dit que les éléphants ont du mal à procréer en captivité, disant que seules six naissances ont été référencées l’année précédente (1993). Il y’a eu en fait 43 naissances cette année-là.

    • Mulder se trompe en invoquant comme hypothèse de la disparition des animaux une « variation astrologique » : ce serait plutôt une « variation astronomique ».

    • On se demande comment le gouvernement du Malawi pourrait légitimer sa demande d’extradition des animaux vu qu’aucun gorille n’est natif de ce pays !

    • Quand Willa dit en langage des signes à Sophie « I love you, too », le dernier signe qu’elle fait correspond au mot « to » et non « too ».

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19. LE VAISSEAU FANTÔME
(DØD KALM)


Scénario : Howard Gordon & Alex Gansa, d’après une histoire d’Howard Gordon
Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Des passagers d’un bateau en détresse près de la Suède sont recueillis par un autre bateau, mais les sauveteurs constatent avec horreur que les passagers ont excessivement vieilli et meurent peu après de vieillesse ! Mulder, Scully, et leur guide Trondheim montent à bord du navire mystérieux, mais leur propre bateau est mystérieusement volé. Prisonniers du vaisseau maudit et d’une sorte de faille temporelle, ils commencent à vieillir rapidement. De plus, ils ne sont pas seuls à bord...

Critique :

Dans la lignée de Quand vient la nuit et autres, nous retrouvons nos héros coupés du monde, dans un huis clos mortel. L’effet de surprise a désormais totalement disparu, au profit d’une prévisibilité presque totale durant tout l’épisode. Et pourtant, Le vaisseau fantôme tire son épingle du jeu. Tout d’abord, l’histoire s’insère habilement dans la tradition des légendes des mers, un monde fascinant dont l’atmosphère se trouve parfaitement reconstituée. On y dénote également une tonalité très H.P. Lovecraft, auquel « le Dieu du Mal tombé du ciel » des marins fait clairement allusion. L’eau contaminée serait-elle une émanation du Grand Cthulhu ?

On admire également le magnifique décor du navire, idéalement sinistre et de plus en plus oppressant au fil de l’intrigue. Les scènes extérieures fleurent bon le décor, mais l’esthétique demeure très aboutie. La mise en scène tire parfaitement parti du décor et joue à merveille des coursives obscures et des craquements de la coque. On ressent au plus vif l’inexorable détérioration des corps et du métal. Si l’interprétation est particulièrement convaincante, les vraies vedettes demeurent les spectaculaires maquillages de Mulder et Scully ! On ne saluera jamais assez le talent de maquilleurs et des différents artistes de la série. Ces effets spéciaux certes traditionnels revêtent toujours un grand impact dans la main d’un maître, comme ici avec Rob Bowman.

L’intrigue s’enrichit également d’un contrepoint subtil : l’humour. Cela débute dès l’introduction avec un Mulder en plein trip Bandits Solitaires, mêlant Roswell, un Triangle nordique, l’Expérience de Philadelphie (à l'origine de l'excellent film de 1984) et... ayant tout faux ! Par la suite, Mulder et Scully prennent comme des allures de vieux couple tandis que la terrible scène de la noyade de Trondheim reste un joli moment d’ironie.

John Savage ne traquait pas encore Max Guevara dans Dark Angel, tandis que David Cubitt maniait déjà le pistolet avec autant d’efficacité que dans Medium !

On retrouvera le magnifique thème du vaisseau fantôme dans l’encore plus ambitieux Triangle (saison 6).

Anecdotes :

  • Mulder n’a pas le pied marin. Il dit ironiquement que quand il aimerait être plus âgé, il voudrait s’offrir une grande croisière !

  • Un décor de bateau venant de se libérer, Carter souhaita en profiter et demanda au duo Gordon/Gansa d'écrire une histoire qui s'y passerait. Gordon déclare qu'écrire cet épisode se déroulant dans un lieu choisi au préalable ne le limita en aucun cas car il savait dès le départ ses possibilités et ses limites.
  • Tildeskan est une ville fictive.

  • Le « norvégien » parlé de l’épisode est curieusement mâtiné de danois !

  • Død Kalm est une traduction norvégienne (erronée) du titre du film Dead Calm, film de suspense se passant sur un bateau.

  • Mulder cite le port de Leeds en Angleterre, mais Leeds n’est pas un port.

  • La main du caméraman est visible lors de la noyade de Trondheim.

  • Erreurs :
    • Scully utilise l’eau d’une boule à neige pour sa boisson régénératrice, mais l’eau d’une boule à neige est mélangée à des antigels qui la rendent hautement toxique.

    • Mulder dit que le Philadelphia Experiment fut crée en 1943 suite à l’incident de Roswell… qui eut lieu en 1947 ! 

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20. FAUX FRÈRES SIAMOIS
(HUMBUG)


Scénario : Darin Morgan
Réalisation : Kim Manners

Résumé :

Plusieurs meurtres barbares sont commis dans un cirque de « monstres humains ». Mulder et Scully y rencontrent tous ces énergumènes au comportement souvent étrange. Leur enquête les mène dans des situations de plus en plus intenses et rocambolesques...

Critique :

Un épisode inoubliable, véritable festival d’humour de créativité mais aussi de bon gore… Les X-Files nous font plonger avec délices dans l’univers étrange et bariolé des caravanes de monstres de foire (au sens strict), jadis immortalisé sur un mode sombre par Freaks (1932), et plus récemment par Carnivale. On retrouve d’ailleurs ici l’emblématique Michael J. Anderson - le nain de Twin Peaks - au sein d’un ensemble de guests particulièrement relevé, comportant notamment le toujours impayable Vincent Schiavelli. L’épisode est également marqué par la présence d’authentiques artistes tels Jim Rose qui reprend quelques-uns de ses numéros masochistes faisant sensation dans son cirque créé à Seattle au début des années 90, et où se produit également « l’ogre » The Enigma.

Ces éléments contribuent à une immersion particulièrement réussie, portée par une mise en scène dynamique et enjouée. En effet, contrairement à Freaks, le ton reste ici résolument à l’humour, avec de nombreuses scènes aussi percutantes qu’irrésistibles. Scully se trouve particulièrement à la fête, avec une Gillian Anderson s’amusant visiblement beaucoup ! Le double regard croisé avec Larry sur leurs proéminences respectives, la vision au réveil d’une chute se révélant du trampoline, la visite au musée des horreurs, et bien entendu la dégustation d’un criquet : notre héroïne donne un vrai récital ! À noter que Gillian a vraiment mis l’insecte dans sa bouche, et le mâcha vigoureusement, ce qui lui valut un vrai triomphe parmi l’équipe de tournage (supplément DVD) ! Ce sera au tour de Mulder de paraître plus en évidence dans Maleeni le prodigieux (saison 7), autre plaisante exploration, cette fois du monde des prestidigitateurs.

L’épouvante et la tension dramatique ne sont pas négligées pour autant : le récit débute et se termine d’ailleurs par des scènes particulièrement impressionnantes ! Cet épisode où chaque scène paraît aussi explosive qu’étonnante (on croit revivre nos émerveillements d’enfance dans les fêtes foraines) se révèle de plus un vibrant plaidoyer pour l’acceptation des différences, bien dans la sensibilité engagée des X-Files. Humbug constitue également un moment fort dans la vie de la série car il s’agit de son premier épisode ouvertement humoristique. Ce type d’histoires, culminant parfois au pastiche, va se révéler une véritable troisième voie pour les X-Files, entre loners « classiques » et Mythics.

La série leur devra d’excellents moments (dont mon épisode préféré, Le Seigneur du magma) avec en particulier la patte du toujours habile Darin Morgan (petit frère de Glen) ou de Vince Gilligan, et un vrai talent comique chez Duchovny, préfigurant Californication. Il finissent par occuper la suprématie dans les pétillantes saisons 6 puis 7, au moment où les deux autres types d’épisodes commencent à décélérer. En quatre petits épisodes seulement, Darin Morgan va tout bonnement étendre les potentialités de la série : gore, loufoque, excentricité, méta-récit, exploration plus audacieuse de la psychologie du couple vedette... Faux frères siamois s’impose bien comme un des pics absolus des X-Files, et l'on comprend que Kim Manners ait été honoré d'avoir réalisé la première d'une longue liste de comédies X-Filesiennes.

Anecdotes :

  • Episode préféré de Dean Haglund (Ringo Langly des Bandits Solitaires).

  • Mulder et Scully ont chacun un oncle magicien amateur. La plupart des comédiens de l’épisode jouent leur propre rôle.

  • Darin Morgan eut l’idée du scénario en allant voir en ouverture du festival de Lollapalooza le cirque de Jim Rose, qui figure dans l’épisode.

  • Harry Houdini (1874-1926), cité dans l’épisode, est un célèbre prestidigitateur américain d'origine hongroise. Né Ehrich Weiss, il choisit ce pseudonyme en hommage à Harry Kellar et Robert-Houdin, deux autres maîtres de la prestidigitation. Spécialiste dans tous les domaines de la magie et du mentalisme, tout en étant un violent opposant au spiritisme, il eut une immense réputation que sa mort mystérieuse (assassinat ou accident ?) n’a pas ébréchée. Sir Arthur Conan Doyle, père de Sherlock Holmes, pensait qu’il avait de réels pouvoirs paranormaux. Il est un nom incontournable dans le domaine de la magie.

  • Ironiquement, Michael J. Anderson (le nain), travaille en réalité dans le cirque, comme Mulder l’avait deviné !

  • L’épisode est censé se dérouler en Floride. Il fut en réalité tourné au Canada.

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21. LES CALUSARI
(THE CALUSARI)

Scénario : Sara B. Cooper (créditée comme "Sara B. Charno")
Réalisation : Michael Vejar

Résumé :

Teddy Holvey, un garçon de deux ans, meurt écrasé par un train en essayant de rattraper son ballon de baudruche. Or, ce ballon semble avoir été « poussé » par une force inconnue. La famille endeuillée voit alors ses membres successivement assassinés, à chaque fois par cette même force maléfique que la grand-mère décrit comme étant l’œuvre du Démon. Mulder et Scully, secondés par des exorcistes roumains, les Calusari, vont tenter de mettre fin à ses agissements…

Critique :

L’épisode pèche par le trop grand manque d’originalité de son histoire, quelque part entre Damien et L’Exorciste. Il bénéficie néanmoins d’une mise en scène soignée, à défaut de novatrice, mettant bien en valeur les successifs passages obligés de ce type d’histoire. Surtout, comme dans bien d’autres épisodes, les X-Files s’aventurent dans les mythes et légendes de diverses contrées du monde, ici la Roumanie et l’Europe Orientale. Cette savoureuse originalité des Calusari confère du cachet à l’épisode, évitant ainsi une copie trop conforme des thèmes rabattus.

On note également l’apparition du sympathique Dr. Charles Bucks, qui viendra de temps à autre assister nos héros (Hollywood, etc.). Scully n’étant ni Mrs Peel, ni Cathy Gale, l’éventail de ses compétences demeure en effet raisonnablement circoncis !

Un épisode plaisant et efficace, le spectacle reste de bonne qualité même quand les X-files s’accordent une petite respiration ! Une pause avant une fin de saison 2 particulièrement riche !

Anecdotes :

  • Scully prétend que la multiplication des pains du Christ n’est pas un miracle mais une « parabole ». Mais une parabole est une fable fictive à la morale importante (mode d’expression préféré du Christ) : la multiplication des pains est bel et bien un miracle qui se serait produit dans la réalité.

  • Lors de l’accident de voiture, la glace ne se brise pas correctement : elle retombe en fragments dans une configuration impossible, même en cas de choc violent.


22.CONTAMINATION
(F. EMASCULATA)


Épisode Semi-Mythologique

Scénario: Chris Carter & Howard Gordon
Réalisation: Rob Bowman

Résumé :

Un scientifique meurt atrocement après avoir reçu du pus d’un cadavre d’un animal infecté par un insecte mortel. Le cadavre de l’animal est envoyé dans une prison où il infecte et tue plusieurs personnes en moins de 24 heures. Deux prisonniers infectés se sont par ailleurs évadés et risquent de contaminer la population. Mulder et Scully sont envoyés faire la lumière sur cette affaire, mais le Gouvernement surveille ce qui se passe, et Scully se retrouve piégée dans la prison mortelle…

Critique :

L’épisode joue très habilement sur deux cordes : le gore, rarement autant crûment affiché dans la série, et le suspense, l’implacable tension de l’intrigue ne laissant pas un instant de répit au spectateur. Le huis clos sinistre et claustrophobe de la prison renforce l’angoisse engendrée tout au long du récit. Certes classique, cette histoire de crise sanitaire demeure bâtie avec une totale efficacité, d’autant qu’elle finit par rencontrer la mythologie lors d’une scène électrique entre Mulder et le Fumeur.

Cet affrontement préfigure la fin de la saison mais on éprouve par contre du mal à comprendre le retour en arrière de Skinner, qui s’était progressivement allié avec Mulder au cours de cette saison. Gillian Anderson apparaît particulièrement crédible et émouvante lors de son duo avec son collègue médecin constituant une véritable histoire dans l’histoire. La boite à insecte demeure une superbe idée visuelle, illustrant parfaitement l’aspect cauchemardesque que revêt progressivement ce tronçon de l’intrigue.

Anecdotes :

  • Le matricule de Mulder est JTT047101111. En VF, cela devient JDD0292198083. Allez comprendre pourquoi...

  • Ron Goodwin rapporte une déclaration de Rob Bowman : celui-ci aurait déclaré « J’ai su que je réalisais un X-Files quand je me suis entendu dire "le pus doit gicler de gauche à droite !" ».

  • Erreurs :

    • Quand Scully va pour prendre l’insecte mortel dans la chambre de crémation, elle n’a pas de masque ; quand elle l’a pris, elle en porte un.

    • Surprenant que les rapaces de l’introduction aient bon pied bon œil alors qu’ils n’ont pu qu’attraper la maladie mortelle du professeur au contact de son cadavre !

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23. OMBRE MORTELLE
(SOFT LIGHT)

Épisode Semi-Mythologique

Scénario : Vince Gilligan
Réalisation : James A. Contner

Résumé :

Victime d’une expérience nucléaire, le Dr.Benton a désormais une ombre mortelle : elle désintègre quiconque y marche dedans. Terrifié à l’idée de commettre d’autres meurtres accidentels, il se cache dans l’ombre. Mulder et Scully tentent de le retrouver, mais ignorent que le Gouvernement suit l’affaire de près…

Critique :

L'épisode marque l'entrée en scène d'un tout jeune scénariste de 24 ans appelé Vince Gilligan. Expert en scénarios à suspense, en psychologie de personnages, amateur d'épouvante et d'humour déjanté - ici en veilleuse - il va totalement éblouir à la fois le public et Chris Carter, et devenir le 3e meneur de la série après lui et Spotnitz (le 4e apparaîtra en saison prochaine). Si jeune et déjà plein à ras-bord de talent, Gilligan va s'imposer comme le meilleur scénariste de la série avec Carter, avant de mettre à profit son expérience pour créer la culte Breaking Bad. Le succès est là dès le premier coup car de cet épisode émane une ambiance très Twilight Zone, entre un étrange poétique et un héros écrasé par son destin.

L’excellent Tony Shalhoub habite réellement cet épisode où il préfigure étonnamment son futur personnage fétiche de Monk. Cette superbe performance s’insère dans une brillante histoire au sujet très original (le Corps Noir demeure très disputé aujourd’hui), et s’enrichissant en plus de multiples thèmes secondaires : renouvellement habile du mystère de la chambre close, classique d’entre les classiques de la littérature policière (avec un joli clin d’œil à un Tooms l’ayant déjà pratiqué), la solidarité féminine affichée par une Scully qui n’a décidemment pas de chance avec les collègues qu’elle désire aider, une nouvelle immersion dans la Mythologie mettant en exergue le fascinant personnage de X (splendide Williams, comme toujours).

L’intrigue prend en effet le risque d’en finir prématurément avec l’enquête pour trouver un beau second souffle dans l’épanouissement de la paranoïa anti-gouvernement de la série. Une audace payante pour un bel effet de bascule tout à fait inattendu ! La mise en scène joue habilement des ombres et de leur mystère coutumier, tandis que les effets spéciaux se révèlent aussi superbes qu’étonnants. Vraiment, les X-Files ont toujours su accomplir des exploits en la matière malgré un budget de télévision ! Seul bémol : Scully demeure quelque peu à la remorque durant toute l’histoire, se contentant de coller aux basques de son collègue. Mais les dialogues entre nos deux héros restent très piquants durant tout un épisode ne négligeant aucun composant de sa réussite.

À noter que la très belle Kate Twa, incarnant la jeune protégée de Scully, jouait la version féminine du Marty de Masculin féminin (saison 1).

Anecdotes :


En 1995, la carrière de Vince Gilligan était au point mort. Grâce à son agent, apparentée à l'épouse de Chris Carter, Gilligan rencontra le créateur des X-Files (dont il était grand fan), mais rêvant encore de cinéma, n'était pas intéressé à intégrer une série. À la recherche d'auteurs freelance, Carter lui demanda toutefois s'il avait une idée de scénario. Gilligan rapporte : J’étais dans ma chambre d’hôtel et je regardais mon ombre. Je me suis dit que ce serait vraiment flippant si mon ombre devenait vivante et qu’elle commençait à évoluer indépendamment, pour dévorer les gens. Je lui en ai parlé. Il a voulu en savoir plus et m’a proposé d’en faire un épisode. Le paradoxe, c’est que je n’étais pas spécialement en train de lui vendre quelque chose. Mais lui était acheteur. Convaincu par son talent à la suite de cet épisode, Carter lui proposa une place dans son équipe de scénaristes, mais Gilligan refusa pour tenter sa chance au cinéma. Aboutissant rapidement à une impasse, il revint sur sa décision. Carter n'ayant pas retiré son offre depuis, l'engagea.

    • Mulder fait une référence à Tooms (Compressions et Le Retour de Tooms (saison 1)) en disant qu’il a connu un cas d’humanoïde capable de se glisser dans les bouches d’aération. Scully jette d’ailleurs un regard inquiet sur la bouche d’aération de la pièce !

    • Darkness covers a multitude of sins dit Scully lorsque Mulder remet en marche l’ampoule du jardin de Margaret Wysnecki, détournant ainsi une citation de la Bible : Love covers a multitude of sins (1 Pierre 4.8).

    • Les angles de zooms sur la poche de Banton depuis la cassette originale de surveillance sont impossibles à faire en réalité.

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24. UNE VILLE BIEN TRANQUILLE
(OUR TOWN)


Scénario : Frank Spotnitz
Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Plusieurs disparitions et morts se sont produits à Dudley, qui seraient liés à des lueurs étranges et des événements inexpliqués. La ville doit ses revenus à sa société de production de viande de poulets qui pourraient bien être contaminés par une infection. De plus, l’une des victimes était une très jeune femme de… 47 ans ! Mulder et Scully vont tenter de percer le mystère de Dudley...

Critique :

L’épisode tente d'aborder de façon originale la maladie de Creutzfeld-Jacob, dans une de ces virées dans l’Amérique profonde qui d’habitude réussissent si bien à la série. Malheureusement, ici rien ne fonctionne : multiplication de scènes ridicules ou grand-guignolesques, mise en scène outrée et sans finesse, acteurs moins performants que de coutume…

L’épisode se traîne considérablement entre images peu ragoûtantes et dialogues des plus pesants. Même la fin semble tirée par les cheveux, avec un Mulder faisant fuir une foule avec un seul coup de révolver. Et Scully se fait enlever encore une fois… Étonnamment, le plus mauvais loner de la saison en constitue aussi le dernier, à croire que l’on a désiré le repousser jusqu’au bout !

Bon, on oublie ; heureusement cette excellente saison 2 va connaître une conclusion digne d’elle, avec un épisode d’une tout autre stature !

Anecdotes :

  • Mulder dit qu’il ne fait plus de cauchemars. Avec toutes les affaires qu’il traite, il a vraiment de la chance.

  • Scully pense qu’en allant à Dudley, ils vont à la « chasse au dahu ». C’est un animal sauvage imaginaire montagnard qui aurait deux pattes plus courtes que les autres. La légende veut que la princesse Dahut de Bourgogne aurait remis les clés de la ville d’Ys au Diable ; Dieu la punit en la transformant en ce fameux animal (quoique selon une autre légende, elle se serait changée en sirène). Cet animal ridicule est invoqué pour un effet de moquerie ou d’humour.

  • On remarque que quand Mulder évoque des indiens cannibales, il parle des indiens Anasazis, préfigurant (volontairement ?) l’épisode suivant.

  • L’épisode choqua beaucoup à l’époque par son sujet tabou. Frank Spotnitz pense que c’est parce que les familles spectatrices venaient de dîner ! Il raconte aussi qu’il voulut se documenter pendant la rédaction de l’épisode sur le cannibalisme, mais que quand il arriva à la Bibliothèque de Vancouver, tous les livres traitant de ce sujet venaient d’être volés ! Bizarre…

  • Les noms de la plupart des personnages sont tirés des noms d’anciens cannibales qui avaient défrayé la chronique.

  • Erreurs :

    • Mulder dit à Scully qu’une femme a vu des feux en Arkansas en roulant sur « l’Interstate 10 », mais cette route ne passe pas en Arkansas.

    • Lors de l’examen des os, le niveau des os de poulet dans le seau change d’un plan à l’autre.

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25. CEUX D'OUTRE-TOMBE
(ANASAZI)

Épisode Mythologique

Scénario : Chris Carter, d’après une histoire de David Duchovny & Chris Carter
Réalisation : R.W.Goodwin

Résumé :

Des indiens découvrent le corps d’un alien. Un hacker pirate les fichiers secrets du Gouvernement et obtient sous forme de cassette la preuve irréfutable que le Gouvernement collabore avec les extra-terrestres. Il la remet à Mulder. Aussitôt, le « Syndicat » met tout en œuvre pour récupérer Mulder et la cassette, cryptée cependant en navajo. De plus, le père de Mulder est impliqué dans l’affaire. Mulder tente de briser le code mais lui-même se comporte bizarrement tandis que Scully est directement menacée…

Critique :

Premier d’un arc de trois, cet épisode m’avait à l’époque fait hurler de rage et de frustration (et frapper la télé…), c’est dire combien je l’adore ! Il s’agit sans doute du meilleur segment de la Mythologie, dont il constitue une vraie croisée des chemins mettant en œuvre tous les principaux personnages de la série. Tout le cheminement effectué au cours des deux premières saisons trouve ici son accomplissement, parfaitement structuré et compréhensible. Sublimé par l’envoûtante musique de Snow, le récit enchaîne à un train d’enfer scènes chocs et révélations tonitruantes, sans que le rythme ne faiblisse un seul instant.

On ne sait que citer parmi ce déferlement : Scully tirant sur Mulder, l’affrontement de ce dernier avec Krycek, la mort de son père, le tir sur Scully à travers la fenêtre, etc. On a parfois l’impression d’assister à plusieurs épisodes condensés en un seul, sans que la continuité et la fluidité narratives en souffrent le moins du monde. Aucun personnage ne se voit négligé, tous bénéficient au moins d’une scène forte. On apprécie vivement de voir Scully prendre solidement en main la direction des opérations lors du délire de Mulder, cette mise en avant se déroule naturellement et correspond à l’envergure du personnage. Et puis cela nous vaut une première scène de lit avec Mulder…

On croyait avoir déjà tout vu jusqu’ici en matière de paranoïa, mais Anasazi va encore plus loin, avec le panorama mondial sur la Conspiration et l’idée géniale d’un immeuble entier lentement intoxiqué au LSD ! Fondamental dans l’évolution de la série, cet opus unifie les divers fragments de la Mythologie en un tout cohérent qu’elle ne fera pratiquement plus que décliner (hormis l’entrée en scène de l’Huile Noire) jusqu’à une parfois trop grande complexité. Un épisode flamboyant, que l’on peut considérer comme le porte-étendard des X-Files dans leur ensemble.

Il s’achève par un des cliffhangers les plus étourdissants de l’histoire des séries télé, ayant considérablement échauffé les esprits à l’époque !

Deux anecdotes connues pour boucler cette saison 2 ayant vu l'épanouissement des X-files et leur accession au rang de série star : les quantités énormes de peinture ocre pour transformer cette région de Vancouver en Nouveau-Mexique (6000 litres !), et la brève apparition de Chris Carter en personne, jouant un agent qui interroge Scully dans le bureau de Skinner.

Anecdotes :

  • Pour la troisième fois, l’indicatif « The Truth is out there » est remplacé par « Éí aaníígóó 'áhoot'é ». Traduction en navajo de l’indicatif.

  • Chris Carter réapparaîtra dans la série qu'une seule autre fois : dans Hollywood (saison 7).

  • Renae Morriseau joue la traductrice de navajo. Elle jouait déjà une « indigène » dans Métamorphoses (saison 1).

  • Juste après que Mulder frappe Skinner, on voit un plan ne montrant aucune trace de blessure.

  • Toute la scène dans les montagnes rocheuses fut tournée en un seul jour car ce fut le seul beau jour de la semaine !

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TOP 5 SAISON 2

 

1) Ceux d'outre-tombe
2) Faux frères siamois
3) Aubrey
4) La main de l'Enfer
5) L'hôte

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Crédits photo : FPE.

Images capturées par Estuaire44.