saison 1 saison 3

Stargate: SG1 (1997-2007)

SAISON 2

 


PRÉSENTATION DE LA SAISON 2

Après que les  bases de l’univers de la série et les grands traits des membres de  SG-1 aient été jetés, la seconde saison va prolonger le succès critique et public de la précédente, en enrichissant la psychologie des personnages. Ceux-ci ne sont plus uniquement confrontés aux péril Goa’uld, mais aussi à ds évènements intimement. Le panorama de l’affrontement galactique s’élargit également, avec l’entrée en scène de nouveaux alliés, Tok’ra et Asgards, de natures très différentes. Ceci favorise le développement de scénarios politiques et diplomatiques, à côté d’autres plus guerriers.

Cette complexité croissante concerne également le domaine terrien,  l’extension du rôle imparti au NID rejoignant le thème du conspirationnisme gouvernementale, alors particulièrement en vogue (dans sa sixième saison, X-Files se situe alors au sommet de sa popularité). L’élargissement se communique également aux mythologies rencontrées, de nouvelles (principalement la nordique) venant s’ajouter à l’égyptienne.

Au sein de l’équipe de la série, on assiste à l’arrivée du réalisateur Peter Deluise. Avec Martin Wood, il va former le socle des mises en scènes de la série, apportant vigueur et talent mais aussi une cohérence au long cours. Wood et Deluise conservent leurs spécificités, mais une identité SG-1 s’affirme, basée sur des plans audacieux, un ton nerveux, une caméra soulignant le jeu des comédiens et soutenant l’approfondissement des personnages. Cette tonicité accompagne à merveille l’humour toujours présent des protagonistes de Stargate SG-1.

Le succès est au rendez-vous, avec une audience connaissant un accroissement massif. Parallèlement,  Showtime pérennise son choix d’une séparation en deux parties de la saison, avec une césure en début d’année. Cette technique permet de réduire les périodes dépourvues d’épisodes, en les répartissant, tout en permettant l’instauration, à terme, d’un cliffhanger de mi-saison.

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1. LA MORSURE DU SERPENT
(THE SERPENT’S LAIR)


- Perhaps if the warships of your world attack, we will be able...
- Eh, excuse me... Did you say 'the ships of our world' ?

SG-1 parvient à dissimuler des bombes à retardement dans le vaisseau mère de Klorel. L’équipe découvre alors l’existence de celui d’Apophis. Le sabotage d’un unique Ha’tak devient dès lors inutile. De plus SG-1 est alors capturée par les troupes de Korel. Heureusement, Maître Bra’tac, devenu le primat de ce dernier en  espérant semer la zizanie entre Goa’ulds, abandonne son plan afin de sauver ses amis. Les alliés se téléportent par les Anneaux sur le vaisseau-mère d’Apophis, mais doivent abandonner Daniel, grièvement blessé. Cependant celui réussit à se régénérer grâce à un Sarcophage, puis à gagner le SGC via la Porte. Sur Terre Samuels arrive à mettre Hammond sur la touche puis lance des missiles chargés de Naquadah sur les deux Ha’taks. Mais cette attaque est parée par des champs de force. SG-1 et Bra’tac parviennent à saboter ces défenses puis à faire se percuter les vaisseaux, au moment où les bombes explosent. Apophis et Korel réussissent cependant à s’enfuir, tandis que nos héros évacuent les lieux dans deux Chasseurs de la Mort. La navette Endeavour vient alors les récupérer.

Grâce à The Serpent's Lair, Stargate SG-1 va parvenir à conclure triomphalement le grand arc narratif de quatre épisodes inauguré par There But for the Grace of God, tout en situant d'emblée sa deuxième saison à un étonnant niveau de qualité. En effet, tout en situant dans la continuité immédiate du déjà remarquable Within the Serpent's Grasp, l'épisode apporte un sensible accroissement d'action, de suspense et d'intensité dramatique. Une inflexion majeure se produit, la passionnante infiltration débouchant cette fois sur une confrontation directe, début            ant de plus dans des circonstances dramatiques. La survenue, soudaine et parfaitement amenée, de Maître Bra'tac parachève cette accélération. Elle apporte tout l'irrésistible pittoresque de ce formidable personnage prétendument secondaire, entre Samouraï de la vielle école et baderne au verbe coloré, avec un Tony Amendola en état de grâce.

On se régale, d'autant que les irrésistibles échanges de piques l'opposant à un O'Neill également très en verve+ se perpétuent tout au long du récit. D'ailleurs d'excellents dialogues, savamment décalés, irriguent en permanence The Serpent's Lair, opus présentant le grand mérite d'accorder l'importance qu'elle mérite à cette composante essentielle du ton SG-1.Plusieurs scènes chocs viennent encore pimenter un trépidant récit : l'hilarante scène de la morsure, les divers affrontements à bord des vaisseaux mères, la pseudo mort de Daniel (un grand classique de Stargate SG-1), l'impressionnante explosion marquant le choc de ces géants, l'apparition au combien astucieuse de cette version moderne de la cavalerie de jadis que représente Endeavour etc.

Le supérieurement habile scénario de Brad Wright lie l'ensemble avec vivacité, sans tomber dans les pièges de la simple accumulation ou du trop plein. Le résolution de la situation de Skaara est ainsi judicieusement remise à plus tard. Il parvient également à doter chaque personnage de scènes fort goûteuses, dans les registres de l'action, de l'humour ou de l'émotion. Cela vaut également pour un Hammond particulièrement impérial, face au veule Samuels (jouissif Robert Wisden). On regrettera cependant une relative mise en retrait de Carter, sans doute pour laisser de l'espace au récital de Bra'tac. L'enthousiasme se voit encore accru par d'autres facettes de l'histoire, comme la solennité communicative accordée à cette fondatrice victoire majeure de SG-1, sauvant la Terre pour la première fois, ou un savoureux parallèle tracé avec les évènements de There But for the Grace of God , dramatisant encore le récit. Apophis lui même apporte  sa pierre à l'édifice, grâce à des apparitions relevées et à une fuite dans la meilleure tradition du genre.

La mise en scène de Jonathan Glassner, alerte et perpétuellement judicieuse, soutient au mieux le ton épique  de la narration. Elle s'appuie également sur de superbes nouveaux décors et des musiques particulièrement évocatrices, mais aussi sur des effets spéciaux demeurés étonnamment performants, alors que le tournage remonte à près d'une quinzaine d'années. Spectacle total et particulièrement entraînant, The Serpent's Lair demeure l'un des plus beaux faits d'armes de Stargate SG-1, et met d'emblée en orbite cette deuxième saison, après de formidables retrouvailles. Plus rien ne sera comme avant : le mythe de la toute puissance Go'auld s'effondre, encourageant SG-1, tout comme le spectateur, à explorer toujours plus en avant le vaste Univers.

  • Après la défaite Goa'uld, la rébellion des Jaffas sur Chulak quitte la clandestinité pour s'affirmer au grand jour, dirigée par Maître Bra'tac. La prédominance d'Apophis sur les autres Seigneurs du Système se verra également irrémédiablement affaiblie, ce qui constituera l'un des axes narratifs de la saison.
  • Lors de la fuite d'Apophis et de Klorel, l'image de ce dernier est en fait rajoutée en surimpression. Initialement Klorel était tué par son père dépité, mais les réactions en pré-test firent finalement retenir cette option, permettant de sauvegarder Skaara.
  • A partir de cet épisode, à l'instar de  bien d'autres séries américaines, un bref prologue débutant par le rituel « Previously on Stargate SG-1 » résumera  les évènements récents. Ce sera la voix de Christopher Judge que l'on entendra tout au long de la série.
  • Le schéma du Goa'uld Buster indique l'orthographe « Naqahdah », alors que « Naquadah » finira par s'imposer.
  • L'épisode ne s'tend pas sur le déroulement concret du sauvetage de SG-1par la navette. Or celui-ci n'est pas évident en l'absence de combinaisons spatiales.
  • Une nouvelle fois du fait de réemploi d'enregistrements,  l'adresse composée pour le Site Alpha est celle d'Abydos, celle de Chulak apparaissant également brièvement.
  • Le matricule SGC du Site Alpha est P3X-984.
  • Des images de la Porte et des Anneaux du film sont réemployées.
  • Douglas H. Arthurs (Kah'l) interprétera par la suite le Goa'uld Heru'ur.
  • Le sarcophage ne se contente pas de guérir Daniel mais recoud également son uniforme et répare sa radio !
  • Samuels ne prévoit pas que les traces de chaleur puissent être détectées par les Goa'ulds, alors que la technologie terrienne, nettement moins avancée, y parvient déjà.
  • La navette spatiale allant à la rescousse de SG-1 est Endeavour. Elle fut la cinquième et dernière navette fabriquée par la NASA. En activité de 1992 à 2011, elle fut mise en service en remplacement de la mythique Challenger, détruite lors de l'effroyable catastrophe de 1986. Le terme Endeavour fait référence au navire de l'explorateur James Cook (1728-1779). Le 1er juin 2011, Endeavour se pose à l'issue de sa 25ème et ultime mission, mettant ainsi un terme à l'épopée des navettes spatiales.

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2. LA TÊTE À L’ENVERS
(IN THE LINE OF DUTY)




- Are you injured?
-Dumb question. But thank you. I think.

Lors de l’évacuation via la Porte  d’alliés d’un autre monde attaqués par les Serpents, un Goa’uld nommé Jolinar parvient à s’introduire dans l’organisme de Carter et à en prendre le contrôle. Cependant il s’agit d’un membre de la Tok’ra, organisation secrète s’opposant aux Seigneurs du Système et vivant en symbiose avec des hôtes volontaires, dont ils prolongent la vie. Jolinar a agi dans l’urgence, traqué par un Ashrak, assassin surdoué envoyé à ses trousses par les Seigneurs. Au SGC il tente, sous l’identité de Carter, de refranchir la Porte, mais est arrêté par Jack sur les indications de Cassandra. Une communication difficile parvient progressivement à s’établir entre Jolinar et une SG-1 méfiante. L’Ashrak parvient jusqu’au prisonnier et le torture grièvement, avant d’âtre abattu par Teal’c. Jolinar préfère se sacrifier, afin de sauver Carter. Le témoignage de Sam prouve l’exactitude de ses affirmations au sujet de la Tok’ra, potentiels nouveaux alliés pour les Terriens.

Après le feu d'artifice spatial de The Serpent's Lair, il aurait été particulièrement périlleux pour cette saison que d'enchaîner directement sur une aventure lambda de SG-1. In the Line of Duty va efficacement esquiver ce traquenard du différentiel d'intensité en misant astucieusement sur l'implication personnelle, voire intime de l'un des membres de SG-1 dans le drame en cours. Cette tentative aurait cependant pu avorter, le drame apparemment vécu par Carter faisant doublon avec celui de Kawalsky (The Enemy Within). Les scénaristes poussent d'ailleurs habilement le récit dans cette direction, donnant ainsi plus d'éclat encore au coup de théâtre que représente la révélation de Jolinar et de la Tok'ra. Les caractéristiques essentielles de cette organisation se voient efficacement décrites dès cette introduction, laissant déjà transparaître un indéniable potentiel scénaristique, que la suite de la saison se chargera de développer.

Les réactions des divers membres de SG-1 se révèlent finement observées et concordant tout à fait à leur personnalité. On regrette que cette dimension psychologique ne s'étende pas à la vraie Sam, dont on ignorera hélas jusqu'au bout le ressenti. Mais cette absence n'empêche certes pas cette grande actrice qu'est Amanda Tapping de nous offrir une stupéfiante composition, constituant l'autre grand atout de cet opus. La future protagoniste de Sanctuary démontre déjà qu’elle maîtrise parfaitement son grand talent, en campant un Jalinar totalement convaincant et surtout non lénifiant Certes plus humaniste que ses semblables, il n’en demeure pas moins impérieux et arrogant. L’épisode joue ainsi intelligemment des difficultés de communication entre alliés en devenir, annonçant déjà, fort judicieusement, l’importance cruciale que revêtira Jacob comme médiateur.

A côté de la force étonnante de la prestation d’Amanda, In the Line of Duty contient d’autres satisfactions ? Il en va ainsi des retrouvailles avec les sublimes paysages canadiens, lors d’une époustouflante scène d’action inaugurale, mais aussi avec Janet et Cassandra. On apprécie également l’évocation du fonctionnement désormais routinier du SGC, très réaliste. Cependant sa réussite demeure inachevée, principalement du fait d’un ralentissement apporté une traque de Jolinar par l’Ashrak s’avérant bien peu palpitante. Ce personnage apparaît considérablement plus terne et dépourvu de mystère que le Bounty Hunter des X-Files, auquel il se compare inévitablement. L’intrigue commet également quelques erreurs, comme le doublon des deux tentatives d’évacuation par la Porte ou l’emploi d’une hyper  technologie dont on se demande pourquoi les Goa’ulds n’usent pas plus souvent. Le face à face entre le chasseur et sa proie apparaît également assez poseur et emphatique. Ici aussi on se situe loin du modèle imposé par les X-Files dans The Unnatural.

  • Durant la tentative de fuite de l’assassin, La vitre située devant Hammond est touchée par une balle, mais quand la caméra revient sur lui, on n'aperçoit plus aucun impact.
  • La Tok'ra est citée pour la première fois, mais nous ferons plus ample connaissance avec elle lors du double épisode qui lui sera consacré, à la mi-saison.
  • Sam Carter conservera de cette aventure quelques capacités propres aux Goa’ulds, mises en œuvre à plusieurs reprises au cours de la série (actionner une arme, détecter un symbiote).
  • L'organisation des Goa'ulds en « Seigneurs du Système » est évoquée pour la première fois.
  • Le nombre d'équipes SG s'accroît, passant de 9 à12.
  • La technicienne manipulant la Porte, au nom non crédité, est interprétée par Tracy Westerholm, doublure régulière d’Amanda Tapping. Elle effectuera ces discrètes apparitions une douzaine de fois au cours de la série.
  • Quand Teal'c quitte la pièce après sa conversation avec l'Ashrak, on se rend compte qu'il insère du mauvais coté la carte d'identification ouvrant la porte : ses doigts sont sur le ruban magnétique.
  • Dernière apparition de Katie Stuart dans le rôle de Cassandra.
  • On découvre que le prénom du « Dr. Frasier » est Janet.
  • La Tok'ra est également découverte, mais nous ferons plus ample connaissance avec elle lors du double épisode qui lui sera consacré, à la mi-saison. Cette organisation de Goa'ulds « humanistes » s'oppose aux Seigneurs du Système. Vivant dans la dissimulation, ils ne sont qu'une légende selon les Jaffas. Les Goa'ulds de la Tok'ra  ne choisissent que des hôtes volontaires, dont ils peuvent par exemple soigner les maladies incurables. Très méfiants initialement, ces alliés de SG-1, infiltrés dans les rangs ennemis et très bien informés, se montreront précieux tout au long de la série. Le principal représentant de la Tok'ra auprès du SGC deviendra Jacob, le propre père de Sam.

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3. LA TUEUSE DE MONDES
(PRISONERS)


Thank you for your kindness. All debts have now been paid.

En explorant un monde inconnu, SG-1, suite à une méprise, se voit confrontée aux mystérieux Taldor, maîtres tout puissants d’une justice aussi cruelle qu’expéditive. Grâce à leur technologie, les Taldor précipitent l’équipe dans une prison souterraine, à travers la porte. Arrivée sur place SG-1 fait la connaissance d’une femme nommée  Linéa, semblant inspirer une peur déférente aux autres détenus. Tandis qu’Hammond tente sans succès de négocier avec les Taldor, Linéa se révèle être une scientifique sachant développer une énergie proche de la fusion froide. Elle et SG-1 s’associent pour actionner la Porte et pouvoir rentrer sur terre. Mais un autre prisonnier s’évade en même temps et révèle à SG-1 que Linéa s’est rendue coupable de meurtres de masse. Cette dernière parvient une nouvelle fois à s’échapper à travers la Porte. SG-1 comprend alors qu’elle a lâché un fléau à travers l’univers.

Prisoners marque un certain atterrissage de la saison, puisqu'après les bouleversements apportés par la tentative d'invasion d'Apophis et la révélation de la Tok'ra, on en revient ici au format classique de la série : l'exploration d'un monde inconnu par SG-1. On pourrait ressentir comme une réduction de voilure mais l'opus pare à cette menace en se montrant se montre très efficace, instaurant un indéniable suspense, commun aux histoires d'évasion. Ces péripéties se suivent avec intérêt, voire avec amusement quand on constate comment les scénaristes ont adapté certains clichés des films de prison à un univers de Science-fiction. Même si cet aspect aurait mérité un approfondissement, cette intersection  avec Oz, ou plutôt Prison Break, apporte un vrai sel au récit. Le ton SG-1 apparaît également parfaitement rodé, avec plusieurs divertissants numéros de duettistes, en particulier entre Jack et ses deux scientifiques/érudits de choc, Sam et Daniel. Cette fusion froide végétale enthousiasment carter laisse cependant sceptique, avec son apparence de guirlande de Noël. Toujours savoureux, Teal'c aurait certainement bénéficié d'un traitement plus développé de l'univers carcéral.

Quelques à-cotés particulièrement réussis agrémentent encore le panorama. Au long du récit on discerne ainsi quelques étonnants pastiches, comme ce nouveau clin d'oeil au Magicien dOz (le prisonnier anéanti par l'ouverture de la Porte et ne laissant que deux chaussures fumantes) ou le jugement des Taldor reprenant trait pour trait l'esthétique de son équivalent de Krypton dans les films de Christopher Reeve. SG-1 se voit de fait expédiée dans la version locale de la Zône Fantôme, mais à travers la Porte et non le célèbre verrou dimensionnel ! Les Taldor se montrent d'ailleurs irrésistiblement délirants et bornés, les juges de l'univers de 1984 devraient sans doute ressembler à cela. On apprécie également la première virée d'Hammond à travers la Porte,d 'autant que la « diplomatie » avec les Taldor met judicieusement en valeur le personnage. Linéa constitue un adversaire du jour de grande classe, ambivalente et interprétée avec un indéniable présence par Bonnie Bartlett. Sa fuite du SGC paraît trop aisée, mais la promesse d'une future confrontation y pallie aisément. On regrettera cependant la facilité scénaristique de ce témoin retrouvé rodant, on se sait comment, aux alentours du SGC.

  • Le matricule SGC du monde des Taldor est P3X-775, celui de planète où SG-3 a installé une base est P2A-509.
  • Durant l'entrevue avec les Taldor, Hammond porte un badge de SG-1, au lieu du SGC.
  • Hammond réalise son premier voyage via la Porte à l'occasion de cet épisode. C'est également la première fois que nous regardons de face quelqu'un en train de franchir la Porte des Etoiles.
  • Daniel commet une erreur an affirmant que le premier nom de Sydney Harbour est Botany Bay, il s'agit en fait de Port Jackson. Botany Bay est en réalité une localité située non loin de Sydney Harbour. 
  • Le surnom de Linéa, The Destroyer of Worlds, est également celui attribué au Docteur par ses plus terribles ennemis, les Daleks ("Ka Faraq Gatri"). Le Seigneur du Temps est également désigné comme The Oncoming Storm, la Tempête qui Vient, par ses grands amis de Skaro.
  • SG-1  retrouvera Linéa dans Past and Present (3-11). Elle ne sera plus jouée par Bonnie Bartlett mais par Megan Leitch.

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4. LE MAÎTRE DU JEU
(THE GAMEKEEPER)


 

- Reality is in the Eye of the Beholder.

En explorant  un monde idyllique, SG-1 découvre des personnes endormies, enchâssées dans de curieuses machines. L’équipe est capturée par ces dernières puis soudainement l’équipe revit des moments pénibles de la vie de Jack (une mission ratée ayant couté la vie d’un ami) et de Daniel (la mort accidentelle de ses parents). Sam devine qu’ils se trouvent immergés dans un univers virtuel. Effectivement le Gardien se manifeste alors annonçant que son peuple s’est jadis réfugié dans cet environnement pour échapper à un cataclysme du à une technologie débridée. Il compte sur les souvenirs de SG-1 pour renouveler ses créations, son inspiration s’étant tarie. SG-1 refuse de jouer le jeu et, malgré une tentative de manipulation du Gardien se faisant passer pour Hammond, finit par convaincre la population de revenir dans un monde réel que le temps a purifié.

Depuis l’irruption des auteurs Cyberpunks durant les années 80 les histoires d’univers virtuel sont devenues un passage obligé pour la plupart des séries de Science-fiction. Les auteurs ‘affranchissent d’ailleurs parfois de l’informatique pour justifier ces créations, comme lors de l’étonnant Spores des X-Files. Stargate SG-1 choisit de s’en tenir aux fondamentaux du genre mais le succès n’est malheureusement pas au  rendez-vous, le récit accumulant les maladresses. En effet l’exploitation des univers virtuels ne fait qu’en effleurer les diverses potentialités, bien plus finement abordées dans le récent Chimera de Sanctuary. On se limite ici à une récréation basique des souvenirs des membres de SG-1, sans que jamais le doute n’affleure sur la situation de nos héros (les apparitions des résidents rendent cela parfaitement clairs). On se retrouve au total  avec deux variations basiques du verrou temporel, bien trop rapidement explicités par le Gardien.

Plusieurs contresens énormes sont commis. Le Gardien essaie de séduire nos héros après avoir débuté en les  exposant à leurs souvenirs les plus abominables. Difficile de rattraper le coup après cela ! De même, alors que son pouvoir est bâti sur l’ignorance par les Résidents de l’état actuel de la planète, il ne craint pas d’introduire dans le jeu des personnes parfaitement au courant de la situation. Le pseudo général Hammond n’est pas crédible un seul instant, du fait de dialogues caricaturaux, révélateurs du manque de subtilité de l’épisode. Le pesant cabotinage de Dwight Schultz achène d’ôter tout intérêt au Gardien, l’un des rares adversaires de SG-1 dont la seule riposte consiste à détaler à toutes jambes. Demeurent quelques points secondaires, comme le plaisir de retrouver le sympathique Kawalsky ou la découverte de la chevelure de Teal’c, hélas prémonitoire.  Le véritable atout de The Gamekeeper demeure cependant la splendeur du Bloedel Floral Conservatory de Vancouver, effectivement une belle évocation du Jardin d’Eden.

  • La mission que revivent Teal'c et Jack est censée se dérouler en 1982. Or les fusils d'assaur M4A1  qu'utilisent les soldats ont seulement été fabriqués à partir de 1994.\
  • Les parents de Daniel périssent ici dans un accident survenant au New York Museum of Art. Cependant, dans le film de 1994, il était indiqué qu'ils avaient été victimes d'un acident d'avion.
  • Gillian Barber, ici l'un des Résidents, incarnera ultérieurement l'Ambassadeur Dreylock, de la planète Kelowna, lemopnde d'origine de Jonas.
  • Robert Duncan (Melburn Jackson) interprétera plus tard Seth, dans l'épisode du même nom (3-02).
  • Dwight Schultz est bien connu pour ses rôles de Looping dans L'Agence Tous Risques (1983-1987) et du Lieutenant Barclay dans Star Trek Next Generation (1990-1994)  et Voyager (1995-2001).
  • La mission ne restera pas sans conséquences puique dans Avatar (8-06), il sera révélé que des version modifiées du système informatique serevent à l'entrainement militaire. De plus ces machines seront aperçues parmi les artefacts réunis dans la Zone 51 (Point of View, 3-06).
  • Le Jardin du Gardien est en fait le Queen Elizabeth Park, à Vancouver. Le dôme qui s'y trouve  est le Bloedel Floral Conservatory, également situé dans ce parc. Le parc est construit sur les anciennes carrières de basalte ayant servi à édifier les premières voies de communicationde la Colombie Britannique, au XIXèeme siècle. Après des premières installations débutées en 1902, il fut officiellement inauguré en 1940 et nommé en l'honneur d'Elizabeth, épouse du roi George VI. Le couple royal venait de visiter Vancouver, en 1939. Sa grande beauté , ses vastes dimensions et la variété de ses attractions en font l'un des sites les plus visités de la région de Vancouver.  Construit en 1969, le dôme du Conservatoire floral Bloedel domine le parc et contient plus de 500 espèces végatales différentes et plus de 100 types d'oiseaux. L'architecture originale de son dôme géodésique lui vaut d'appraître dans plusieurs productions de Science fioction : Battlestar Galactica, Watchmen etc.

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5. LA PRINCESSE SHYLA
(NEED)


We had a nice time, Sir. Carter picked up some Naqahdah, Teal'c made some friends, as usual, Daniel got engaged and I...em...I'm gonna hit the showers.

SG-1 découvre un monde où dont le roi a jadis tué le Goa’uld asservissant son peuple. Pour ne pas alerter les congénères de ce dernier, il fait poursuivre les livraisons de Naquadah, dont il détient une mine, à travers la Porte. Le roi survit depuis 700 ans grâce au sarcophage du Goa’uld, mais l’appareil transforme sa personnalité, le rendant cruel et sensible. Les membres de SG-1 sont envoyés à la mine, hormis Daniel, dont la fille du roi, la Princesse Sheyla tombe amoureuse. Elle soumet Daniel à plusieurs séances dans le Sarcophage, de manière à le distancier de ses amis. Daniel ramène tout de même SG-1 sur Terre, mais subit un important effet de manque. Empêché de retourner chez Shyla, il subit une pénible désintoxication. Redevenu lui même, il parvient à trouver un accord mutuellement profitable entre le SGC et Shyla, qui détruit l’engin Goa’uld.

Cet épisode se situe clairement parmi les plus faibles de la série. La faute en revient à un ton très lent, ponctué par des dialogues particulièrement sirupeux entre Daniel et la princesse. Si les éditions Harlequin lançaient une collection Stargate, cela ressembleraient sans doute à cela. Ces entretiens interminables et répétitifs envahissent l’ensemble du récit, empêchant la mise en place de toute scène d’action digne de ce nom, voire quel que peu intense. Heather Hanson, l’actrice interprétant Shyla, paraît également singulièrement fade et gourmée, aucune émotion ne naît de ce côté-là. Le vétéran George Touliatos assure également un service très minimum. La mise en scène ne peut rien dégager de ces discussions filmées en banal gros plan, avec comme circonstance aggravante un décor de mine faisant terriblement carton pâte.

Seul demeure la performance de Michael Shanks, exprimant à merveille la transformation de Daniel Jackson, puis les affres de la désaccoutumance, ainsi que quelques traits d’humour, bien trop rares, de jack. Sam et Teal’c ne sont visiblement là que pour la figuration. Il aurait fallu jouer bien d’avantage sur l’humour, l’épisode s’y essaie quand les forçats découvrent l’heureux destin de Daniel, mais ceci demeure éphémère. Plusieurs facilités scénaristiques achèvent de couler l’ensemble, comme Daniel accompagnant ses camarades  sur Terre, alors qu’il aurait pu se contenter de leur faire passer la Porte. Le Sarcophage altère le sens moral, mais ne rend pas idiot, et il aurait bien du se douter qu’on ne le laisserait pas revenir. De plus l’immédiateté avec laquelle Shyla détruit l’artefact, qui aurait pu lui garantir des siècles d’existence et qu’elle a connu depuis toujours, laisse véritablement pantois.

  • Le matricule SGC de la planète de Sheyla est P3X-636.
  • Jack refuse de s'agenouiller, prétextant de problèmes de ligaments aux genoux. En réalité Richard Dean Anderson souffre vraiment de conséquences de diverses blessures au genou.
  • Hi-ho, hi-ho, back to work... Déclare Jack dans la mine, il s'agit d'une référence à la célèbre chanson des Nains amis de Blanche Neige, dans le dessin animé de Walt Disney.
  • Jack désigne Daniel comme étant "The man who would be king" un clin d'oeil au roman de Kipling dant l'adaptation au cinéma était déjà très proche de l'épisode First Commandment (1-06).
  • On découvre que l'écho de la présence de Jolinar permet à Carter de percevoir si une personne porte un symbiote.
  • Le rôle négatif de l'emploi répété du Sarcophage sur la psychologie et le métabolisme du patient est ici révélé. Cela expliquerait, au moins en partie, la nature mauvaise des Goa'ulds, tandis que ceux de la Tok'ra refuse d'utiliser cet engin.
  • Sheyla s'émerveille devant les arbres de sa planète et estime qu'il n'en existe nulle par ailleurs de semblables. Il s'agit d'une plaisanterie à propos des nombreux paysages de forêt aperçus au fil de la série.

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6. L’ŒIL DE PIERRE
(THOR’S CHARIOT)


- The destruction of the Hammer device to save my life may have caused this. If so, I am responsible.
- General, I gave the order.
- And I fired the staff at the machine.
- And... I was there.

Un an après les évènements du Marteau de Thor (1-10), le Seigneur Goa’uld Heru'ur découvre la destruction du Gardien laissé par les Asgards. Il envahit Cimméria et décime sa population, Kendra comptant parmi ses victimes. Gairwyn parvient à alerter ses alliés terriens, via la Porte des Etoiles.  Teal’c et Jack, aidés par Olaf, puissant guerrier cimmérien, s’efforcent de ralentir la progression goa’uld, tandis que Daniel, Sam et Gairwin s’efforcent de découvrir la mythique grotte de l’Œil de Pierre, qui contiendrait un arsenal asgard. Après diverses épreuves, ils parviennent en fait à contacter Thor lui même, soit le commandant de la flotte asgard. Le gigantesque vaisseau de ce dernier se matérialise dans le ciel de Cimméria et annihile prestement les forces goa’ulds, tandis qu’ Heru'ur parvient à s’enfuir par la Porte.

L’évènement marquant que constitue la première rencontre entre Thor et SG-1 vient couronner un un récit d’aventures de facture classique  mais particulièrement efficace. La structure de véritable double épisode formé avec Thor’s Hammer affirme agréablement la cohérence de l’univers de Stargate SG-1, en même temps qu’elle autorise d’enthousiastes retrouvailles avec Gairwyn. Ce personnage féminin particulièrement attachant se révèle toujours aussi fort et affirmé, une agréable spécificité au sein d’un Space (ou Planet) Opera, genre traditionnellement marqué par un machisme certain. Initialement assez risquée du fait d’une potentielle dispersion de l’histoire, la division des protagonistes en deux groupes conduit à deux segments au ton tout à fait différent, mais pareillement convaincants.

 On apprécie vivement la véracité, certes relative, de la guérilla menée par Tel’c et Jack : aucun héroïsme facile, nos héros visant à une froide efficacité en recourant à des embuscades ou à des mines et perdant malgré tout inexorablement du terrain. Derrière l’humour du désespoir, jack exprime avec expressivité la palpable tension dramatique  que ce segment particulièrement sombre apporte au récit. Seule élément pittoresque, Olaf s’avère une divertissante caricature de Viking, la série jouant pleinement cette carte. Encore davantage stimulant encore, le volant d’exploration, quoique très classique, entre Indiana Jones et partie de Donjons et Dragons, permet à Sam et Daniel de briller de leurs qualités respectives, tout en concrétisant un beau travail d’équipe. Les différentes épreuves se montrent ludiques à souhait, ainsi que variées.

Rebondissant habilement sur la représentation traditionnelle du dieu, déjà employée lors de Thor’s Hammer, la révélation de la véritable nature de l’Asgard surprend réellement. La jonction établie avec  Roswell mais aussi les X-Files (les Réticuliens), permet de retrouver une nouvelle mythologie, cette fois-ci tout à fait contemporaine, un astucieux glissement. On exploite aussi quel peu le succès d’une série concurrente, ce qui demeure de bonne guerre, par Thor. Le personnage se révèle énigmatique à souhait, laissant entrevoir une sagesse et une non violence initiale assez similaire à celle des Nox, pour au contraire ensuite à foudroyer les goa’ulds. Une originalité donnant immédiatement envie d’en découvrir davantage, tandis que les effets spéciaux, même si quelques peu datés, rendent la scène spectaculaire, avec un superbe vaisseau. Malgré la présence de son interprète, on regrettera contrario le manque de spécificité d’ Heru'ur, trop similaire à un Apophis.

  • Les Asgards se révèlent enfin en la personne de Thor, le chef suprême de leur flotte, qui va devenir un précieux allié pour SG-1 et un grand ami d'O'Neill. L'aide diplomatique et les transferts de technologie permis ultérieurement par les Asgards vont se revéler déterminants pour l'évolution de l'univers de la série.
  • Après Apophis, Heru'ur, fils de Râ et Hathor, constitue un nouveau Seigneur des Goa'ulds à affronter pour SG-1. Ce guerrier apparaîtra dans deux autres épisodes, avant de finir  par être vaincu par son rival Apophis, qui en absorbera les domaines (The Serpent's Venom, 4-14)
  • Heru'ur est un autre nom pour du dieu Horus. Il signifie Horus l'Ancien, car il fait référence à la version primitive du dieu, associé à Hathor en tant que principe mâle et non fils d'Isis et Osiris.
  • Pi is the formula for finding the circumference of a circle by measuring the radius. déclare Carter, ce qui est faux. Pi n'est pas une formule, mais un nombre constant, rapport de la circonférence et du diamètre d'un cercle.
  • La zone où se trouve la Porte de Cimméria n'est pas la même que lors de Thor's Hammer. On y trouve par exemple des arbres, ce qui n'était pas le cas auparavant.
  • Animer de manière réaliste la marionnette représentant un Asgard réclamait alors les efforts combinés de six personnes.
  • Mark Gibbon réalise la voix de Thor, Michael Shanks prendra la relève par la suite.
  • Quand Daniel est téléporté par Thor, il réapparaît dans la forêt en arborant un chapeau qu'il ne portait pas auparavant.
  • Du fait de son expérience avec Jolinar, Sam se révèle capable d’utiliser les artefacts goa’ulds, une capacité employée à divers reprises au fil de la série.
  • Le vaisseau amiral de Thor, le "chariot", se nomme Biliskner. Cela fait référence à Bilskirnir, la résidence du dieu Thor à Asguard, selon la mythologie nordique. Il s'agit du plus grand bâtiment de la résidence des Dieux. En vieux Nordique, le terme signifie le craquement de la foudre, soit le tonnerre, symbole de Thor. Les Réplicateurs s'empareront de ce vaisseau surpruissant afin d’attaquer la Terre, mais SG-1 parviendra à le détruire (Nemesis, 3-22).

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7. UN MESSAGE DANS UNE BOUTEILLE
(MESSAGE IN A BOTTLE)


- Well, they could be saying "Take me to your Leader," for all I know, I have no idea.

Sur un monde mort et dépourvu d’oxygène, SG-1 découvre une mystérieuse orbe, construite il y des millénaires mais toujours en activité. L’artefact est apporté au SGC pour études mais se réveille soudain. Des micro organismes infectent les hommes, tout comme le réseau informatique. Un segment transperce jack et le clue au mur, empêchant de renvoyer l’objet à travers la Porte. Daniel et Sam parviennent néanmoins à entrer en contact avec les envahisseurs et à trouver un compromis, les entités se voyant offrir un monde vierge.

L’épisode ressemble beaucoup à Cold Lazarus (1-07), où SG-1, et déjà en particulier jack, effectuait une rencontre débutée par un  malentendu et conclue positivement grâce à l’intelligence primant sur le conflit. Ce schéma se retrouvera d’ailleurs régulièrement au fil de la série, en contrepoint des épisodes guerriers. Message in a Bottle, certes relativement prévisible,  se situe dans une bonne moyenne. En effet cette situation de crise permet de dresser un habile portrait des relations affectives unissant les différents de membres de l’équipe ; Le récit procède par touches légères et dialogues sonnant juste, évitant, le plus souvent, les situations trop démonstratives. On remarque d’excellentes idées, comme  Teal’c s’essayant à l’humour pour tenter de distraire son ami. Un rude choc !

Cet épisode finalement davantage basé sur le relationnel que sur une action relativement statique, accorde également un bel espace à Janet, toujours incarnée avec sensibilité et talent par l’impeccable Teryl Rothery. On apprécie également la beauté étrange de l’artefact, aux plaques rivetées vaguement Steampunk. Un bel exemple du savoir faire des décorateurs de la série, d’autant que la vision du monde mort se montre glaçante à souhait. Les différentes évolutions de l’engin, toujours soudaines, produisent également leur effet, davantage que les trainées bleues phosphorescentes leur succédant.

  • On peut apercevoir le reflet de la caméra et de l'opérateur sur les visières des casques,de cosmonautes de Sam et Jack.
  • Le matricule SGC de laplanète de l'orbe est P5C-353, celui où elle est envoyée est P4G-881.
  • Hammond indique qu'il faut deux officiers pour activer la séquence d'auto destruction, mais il y parvient ensuite tout seul.
  • Le lieutenant Graham Simmons fait son apparition. Cet officier scientifique non insensible au charme de Samantha Carter apparaîtra dans cinq épisodees.
  • One small step, one giant leap, that kind of stuff déclare Jack, une évidente référence aux célèbres paroles d'Amstrong quand il marcha sur la Lune.
  • Il est étrange de voir Carter uiliser un ascenceur alors qu'elle sait pertinemment que l'ordinateur les dirigeant à été infecté.
  • Quand l'ascenseur se bloque, le panneau électrique indique le 22ème étage, mais la porte indique le numéro 28.
  • Comme souvent les coordonnées programmées  sur la Porte sont celles d'Abydos et Chulak, du fait du réemploi d'enregistrements.

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8. CONSEIL DE FAMILLE
(FAMILY)


- I will give one million shesh'ta to the Jaffa who brings Teal'c to me alive and another million for the heads of those who are with him.
- Well, if you've got a price on your head, you're doing your job

Maître Bra’tac, arrivé de Chulak,  révèle à Teal’c que son fils a été enlevé par Apophis, de retour dans sa capitale. SG-1 se précipite sur place, mais Teal’c a la mauvaise surprise de découvrir que Drey'auc s’est remariée avec un notable Jaffa, Fro’tak. Croyant Teal’c mort, elle a agi ainsi pour protéger Rya’c. Cependant, le couple se retrouve et Fro’tak, dépité, tente de les trahir. Il est alors abattu par O’Neill. SG-1 tend une embuscade et parvient à évacuer Rya’c, avant de revenir au SGC. Malgré les certitudes de Teal’c, O’Neill demeure méfiant. Il s’avère qu’Apophis a effectué un conditionnement de Rya’c et qu’il a dressé un piège similaire à celui tenté avec Cassandra. Teal’c se résout à employer un Zat'n'ktel, le choc électrique faisant alors retrouver ses esprits à son fils.

L’épisode souffre de quelques faiblesses, parfois gênantes. La survie d’Apophis se traite comme une forte révélation pour SG-1, partiellement sapée par le fait que le public est déjà au courant depuis bien longtemps. Le retour de notre ami le Serpent constitue une excellente nouvelle, mais il demeure frustrant de ne l’apercevoir que fugitivement, qui plus est via une simple retransmission. Même dans le cadre d’un traquenard, on pénètre dans son palais comme dans un moulin ! On apprécie néanmoins les informations sur l’évolution de la situation au sein de l’empire Goa’uld.

Le plus embarrassant reste toutefois l’espèce de Telenovela dans laquelle s’engouffre le récit, dans sa première partie, avec un mélodrame pesant du plomb. De plus, au lieu d’exploiter le dilemme de Drey'auc, la situation se voit totalement expédiée avec la mort expresse de Fro’tak. Sa trahison et sa mort prennent moins de deux minutes, on a connu des scénarios de Stargate SG-1 plus finement construits.

Cette expulsion à la catapulte permet néanmoins à Family de trouver son véritable sujet : le bouleversant amour paternel de Teal’c. Le personnage, si marmoréen d’ordinaire, révèle ici tout un éventail d’émotions, entre fierté, responsabilité et souffrance. Ce portrait sonne juste, du fait d’un récit expressif mais surtout de la formidable prestation de Christopher Judge, qui saisit pleinement sa chance de dévoiler d’autres dimensions de son personnage. Une véritable émotion surgit, d’autant que Judge trouve un parfait partenaire en la personne du jeune Neil Denis. Quoique essentiellement spectatrice éplorée du drame, la sensibilité de Drey'auc se montre également précieuse.

L’impact du récit permet d’oublier ce que le maintien de la famille de Teal’c sur Chulak comportait d’absurde, relevant du prétexte. Tout à fait judicieusement dans un opus centré sur le Jaffa, les autres membres de SG-1 demeurent en retrait, même si Jack se montre également parfait, oscillant entre amitié et méfiance viscérale, au combien justifiée. Maître Bra’tac conserve sa solidité et son pittoresque, même si plus grave qu’à l’accoutumée, on le comprend. Il confirme ici son statut de pilier de Stargate SG-1. Les amateurs d’action se réjouiront du bel emploi des diverses potentialités du Zat'n'ktel.

  • Drey'auc est désormais interprétée par Brook Susan Parker et non plus Salli Richardson.
  • Drey'auc et Rya'c vont vivre sur le Monde de Lumière, découvert dans La Thérorie de Broca (1-04). Cette planète sert décidément de terre d’accueil pour le SGC, car elle avait déjà été proposée aux Tollans, en saison 1.

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9. SECRETS
(SECRETS)


- Good thing you remembered their shield’s deflection is directly proportional to the kinetic energy directed at it !
- … Right ! …

Teal’c et Daniel se rendent sur Abydos, un an après la promesse faite par ce dernier à Kasuf. Ils ont la surprise d’y découvrir Sha’re ; alors qu’Amonet s’est mise en sommeil pour ne pas entraver la gestation de l’enfant d’Apophis. La puissance du Serpent s’étant effondrée, il a dissimulé Sha’re sur Abydos, pour la préserver de ses ennemis. Daniel convainc Sha’re de l’accompagner sur Terre, amis au moment de franchir la Porte Heru’ur survient pour s’emparer de l’enfant. Les terriens se replient, mais Sha’re accouche, retombant de ce fait sous l’emprise d’Amonet. L’enfant est confié à Kasuf, tandis que Teal’c convainc par ruse Amonet qu’il a été enlevé par Heru’ur. Durant ce temps Sam et Jack se rendent à Washington, pour se voir remettre la Médaille de l’Air. Sam rencontre son père, Jacob. Ce général souffre d’un grave cancer et souhaite voir sa fille entrer à la NASA. Sam refuse sans pouvoir lui expliquer la nature de son travail. Jack à affaire à un journaliste très bien renseigné sur le Programme Stargate, mais il meurt très vite, renversé part une voiture. SG-1 se réunifie et triomphe de Heru’ur, qui s‘enfuit. Impuissante, l’équipe assiste ensuite à l’arrivée d’Apophis, qui emmène Sha’re à travers la Porte.

La scission d’un épisode en deux parties conduit le plus souvent à des récits trop succincts pour susciter réellement l’intérêt. L’inverse se produit ici, tant Secrets apparaît comme un épisode non seulement captivant, mais également crucial pour la suite de la série. La découverte de Sha’re  puis la révélation du drame vécue par celle-ci apporte une sensible émotion, d’autant que l’intensité du jeu de Vaitiare Bandera et de Michael Shanks s’avère absolument remarquable (on peut d’ailleurs penser que leur relation n’y est pas étrangère). On retrouve Abydos avec plaisir, un endroit toujours impressionnant et véhiculant de nombreux souvenirs du film de 1994 mais aussi de Children of the Gods. On mesure également la différence de budget existant entre Stargate SG-1 et la production d’Emmerich ! Erick Avari est toujours aussi savoureux en Kasuf. Face au désarroi des sentiments chez Daniel, le sang réaliste de Teal’c impressionne autant qu’il effraie quelque peu, on pressent déjà le drame à venir. La tragédie en cours développe une relative complexité mais le récit demeure parfaitement agencé, de mime que les sauts entre les deux histoires. Ce suspense déjà intense se voit couronné par un final des plus explosifs, avec un spectaculaire affrontement opposant les héros à un Heru’ur guère plus marquant que lors de Thor’s Chariot. SG-1 sauve la mise à Apophis, dont la décrépitude transparaît toujours davantage. Le premier fil rouge de la série se poursuit, avec toujours autant de réussite.

L’épisode joue habilement du contrepoint, car, à ce retour aux sources, il oppose une nouveauté, lors de cette échappée hors du SGC, où Sam et Jack connaissent bien des mésaventures à Washington. Jacob accomplit une entre réussie dans l’univers Stargate. Carmen Argenziano impose déjà son talent, exprimant avec éloquence l’intelligente et la ténacité du personnage, parfois manipulateur. Un futur hôte parfait pour la Tok’ra ! Comme à son habitude, Amanda Tapping se révèle criante de vérité, heurtement pour Sam, l’embargo sera vite rompu. Outre d’appréciables extérieurs où Vancouver tente vaillamment de se faire passer pour la capitale américaine, les amateurs des X-Files gouteront fort la prestation de l’impeccable Chris Owens, d’autant que celui-ci se livre à un pastiche assez délectable de Fox Mulder : source mystérieuse, volonté de révéler une conspiration gouvernementale dissimulant l’existence de vie extra-terrestre, humours narquois… On se gale, un sommet étant atteint quand Jack signale à Hammond qu’il a « tout nié en bloc ». Stargate SG-1 termine promptement le pseudo Mulder, mais gardons nous d’y percevoir un ironie gouailleuse… Comme son titre l’indique, l’épisode a la suprême habileté d’unifier ces récits en apparence si distincts, autour du thème de secret. Chaque personnage a quelque chose à dissimuler hormis Daniel, bien entendu) et taire la vérité, même avec les meilleures intentions, conduit souvent au drame. Une moralité tranchante pour un épisode mené de main de maître et très original.

  • Quand Teal'c vise Sha're devant la Porte on entend le bruit de l'ouverture du Zat, mais celui-ci demeure inerte. Il en va de même quand Teal'c tire sur un garde d'Horus.
  • L'épisode se déroule exactement une année d'Abydos après Children of the Gods, Daniel tenant sa promesse de retour après ce laps de temps.
  • On retrouve Kasuf, personnage du film de 1994.
  • Un clin d'oeil au film est d'ailleurs fait, quuand Jack déclare : Alright... if you're gonna go ahead with it, I wanna make sure you get one thing right. It's O'Neill, with two L's. There's another Colonel O'Neil with only one L - he has no sense of humor at all.
  • Vaitiare Bandera était vraiment enceinte durant le tournage de l'épisode. Michael Shanks est le père de sa future fille, Tatiana, leur couple s'étant formé sur le tournage de Children of the Gods.  Trois ans plus tard l'actrice renonçait à a sa carrière pour se consacrer à son enfant.
  • On découvre le général Jacob Carter, père de Samantha et interprété par Carmen Argenziano.  Il va prendre une grande importance dans la série en tant qu'Ambassadeur de la Tok'ra auprès du SGC, après sa fusion avec le Goa'uld Selmak, qui assurera sa survie.
  • L'épisode décalé Citizen Joe (8-15) reviendra sur la mort du journaliste en en donnant une version plus explicite.
  • Selig est interprété par Chris Owens, qui incarne Jeffrey Spender dans les X-Files.
  • La Médaille de l'Air (Air medal) est décernée à aSam et Jack. Créée en 1942 par Rossevelt à l'orée de la Guerre du Pacifique, elle récompense une action méritoire accomplie durant une mission de vol. Cependant l'uniforme de Sam ne comportera pas le ruban correspondant, bleu azur avec deux bandes jaunes verticales.
  • Sam désirait depuis l'enfance devenir une astronaute, mais ses projets furent brisés par la destruction de Challenger. Elle a travaillé deux ans au Pentagone sur le Projet Stargate, avant d'intégrer SG-1.
  • Amonet "la Cachée", est une déesse égyptienne primordiale, souvent représentée avec une couronne rouge. Elle est la représentation divine de l'air et de l'invisibilité. Elle s'est souvent associée à Amon, dieu du Soleil,  comme déesse de la Lune.
  • Le bâtiment du NID et celui de L'US Air Force  sont  en réalité la Vancouver Art Gallery. Ce vaste musée, inauguré en 1931, contient une collection plus de 10 000 oeuvres, représentatives de l'histoire artistique de la Colombie Britannique. La bâtiment est en fait l'ancien Palais de Justice de Vancouver dont les portiques, dome et colonnes ioniennes furent édifiées avec du marbre importé d'Alaska et du Tennesse (1906). Sa vaste esplanade, aperçue dans l'épisode, est traditionnellement le point de ralliement des divers manifestations de protestation organisées à Vancouver.
  • Le pub où Jack discute avec le journaliste existe vraiment, il s'agit de The Old Bailiff, au 800 Robson Street, à  Vancouver. Il se situe effectivement à proximité immédiate de la Vancouver Art Gallery.

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10. LE FLÉAU
(BANE)


 

- Striking an officer is a quick way to a court martial.
- I'm not gonna hit you, Maybourne. I'm gonna shoot you.

SG-1 découvre une planète technologiquement avancée, totalement déserte. L’équipe évacue lorsqu’elle est assaillie par un essaim de monstrueux insectes, mais Teal’c est piqué par l’un d’entre eux. Son symbiote ne peut empêcher  l’infection de se répandre, d’autant que l’ADN de l’insecte semble se substituer à celui de Teal’c. Un spécialiste de l’ADN établit que celui-ci est en train de se transformer en ces créatures. C’est ainsi qu’elles se reproduisent et ont exterminé toute la population de la planète. Désirant détenir une arme biologique, Maybourne intervient pour faire transférer Teal’c dans la Zone 51, mais le Jaffa parvient à s’enfuir. Sous l’emprise du venin, il se débarrasse de son symbiote. Epuisé, il reçoit l’aide d’Ally une adolescente. Celle-ci le dissimule à Maybourne et réussit à prévenir le SGC. Pendant ce temps SG-1 est parvenue à capturer un insecte vivant, servant de base à un antidote. Teal’c est sauvé in extremis.

Après les innovations et l’ambition scénaristiques de Secrets, Bane en revient à un schéma considérablement plus classique. On retrouve en effet la base même des aventures de SG-1 : exploration d’un monde inconnu, apparition d’un péril touchant éventuellement l’un de ses membres, efforts de toute l’équipe pour trouver une solution au problème. Malgré ce fond davantage prévisible, l’épisode va cependant maintenir un haut niveau d’intérêt, grâce à une forme des plus dynamiques. La dimension du récit apparaît ainsi particulièrement percutante, avec des insectes particulièrement hideux et choquants, ainsi qu’un processus de transformation s’aventurant bien plus loin qu’à l’accoutumée sur le terrain du Gore (scènes vidéos, ultime phase du mal chez Teal’c).

Les effets spéciaux supportent d’ailleurs fort bien le passage du temps. Le fait d’introduire une jeune fille alors que Teal’c est potentiellement très dangereux introduit un frisson supplémentaire, même si l’on débouche malheureusement très vite sur une relation passablement mièvre. Toutefois la jeune Colleen Rennison se montre déjà épatante. Les scénaristes ont également l’excellente idée de briser le confinement de l’action au sein du SGC, d’où un suspense palpable autour de la traque de Teal’c et une démultiplication de l’enjeu. L’histoire n’oublie pas de s’intéresser au profil psychologique des personnages, la dérive de Teal’c se montre également intéressante de ce point de vue. On retrouve également avec plaisir le Colonel Maybourne, toujours un parfait exemple de ces méchants que vous adorez détester et nous valant des échanges électriques avec Jack.

  • L'emblème d'Apophis présente sur le front de Teal'c a été réalisé en tranchant la peau au couteau, puis avec de l'or fondu répandu sur les plaies.
  • La ville terrien aperçue durant la fuite de Teal’c est Seattle. Ce qui signifie un imposant parcours accompli en un temps record, la base de Cheyenne Mountain se situant au Colorado.
  • "Are you a Kimble ? Doctor Richard Kimble?" demande Ally à Teal'c. Elle veut en fait savoir s'il est en fuite, en faisant référence au héros de la célèbre série Le Fugitif.
  • Colleen Rennison (Ally), interprétera ultérieurement Cassandra, la fille adoptive de Janet (Rite of Passage, 5-06).
  • Le pistolet à eau avec lequel Teal'c tire sur Daniel, était censé être vide, mais il fut rempli d'eau pour faire une surprise à Shanks, lors de la scène finale.
  • Le matricule SGC de la planète visitée par SG-1 est BP6-3Q1.
  • Au tout début de l'épisode (1’06’’) on peut voir passer une voiture à travers l'immeuble tout en verre près du visage de Jack.
  • Le décor futuriste de la planète morte est en fait la Plaza of Nations, sur Pacific Boulevard, à Vancouver. Il s'agissait d'une partie du pavillon de la Colombie Britannique, édifié pour l'exposition internationale de 1986, sur le site de False Creek. L'Expo 86 était dédiée aux transports et à la communication, tout en célébrant le premier centenaire de Vancouver et de l'arrivée sur la côte ouest du Canada du premier train de voyageurs. La Plaza des Nations et ses impressionnants buildings seront réemployés dans l'épisode 2010 (4-16), pour représenter la Terre du futur. Prévue initialement comme une structure temporaire, la Plaza fut en grande partie démolie en 2008, par mesure de sécurité. Elle avait abrité des évènements culturels et d''entreprise, ainsi qu'un casino.

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11-12. LA TOK’RA
(THE TOK’RA)


  • Assuming, of course, you are the Tok'ra.
  • And if we're not?
  • Well, I guess we all start shooting. There's blood, death, hard feelings,  it'd suck.

Grâce aux souvenirs laissés par Jolinar à Sam, SG-1 parvient à localiser  la planète servant de refuge à la mystérieuse Tok’ra. Des négociations malaisées débutent, en vue de créer une alliance. La Tok’ra craint d’être affaiblie en révélant ses secrets à des Terriens dont elle perçoit mal en quoi ils pourraient l’aider, tandis que SG-1, à commencer par O’Neil, demeure sceptique vis-à-vis de l’union entre un hôte et son symbiote. Sam débloque la situation en proposant que son père, agonisant des suites  d’un cancer recueille un Tok’ra lui même en péril. Jacob devient le trait d’union entre les deux peuples. Les nouveaux alliés parviennent à évacuer, tandis que les Goa’ulds attaquent, renseignés par  un traître percé à jour par SG-1.

Ce double épisode pivot assure avec efficacité la convergence des arcs narratifs de Jolinar et Jacob, lors une impeccable construction scénaristique, d’autant qu’il agglomère également les informations contenus dans Need,  concernant les Sarcophages. Un bel exploit, apportant une agréable cohérence à la saison mais ne se limitant pas à un exerciez de style. En effet, ce choix d’un double épisode autorise une véritable découverte des nouveaux venus, de leur psychologie, de leur fonctionnement et de leur technologie.

Certes tout aurait pu se concentrer en un seul épisode, ce qui aurait sans doute assuré un rythme plus nerveux, et il est vrai que les scènes de conversation apparaissent nombreuses, appesanties par un excès de gros plans sur les visages en champ contre-champ. Mais cette découverte s’avère captivante par l’image inversée des Grands Maîtres  Goa’ulds que véhicule la Tok’ra, parfaitement restituée lors de ces passages diplomatiques dans lesquels excellera toujours la série. On apprécie également la découverte dy sympathique Martouf, visiblement très en empathie avec Sam ! Confronter deux modes de pensées reste souvent plus riche que de simples tirs lasers, même si on apprécie évidemment le surgissement d’efficaces scènes d’action en fin de parcours.

Les habiles scénaristes n’oublient pas au passage d’égratigner également le rude entêtement de Jack, si difficile à convaincre du changement de paradigme induit par la Tok’ra. On regrettera simplement que Daniel ait finalement si peu de choses à dire dans le domaine qui est traditionnellement le sien, sa frustration avouée à Teal’c se montre d’ailleurs assez amusante ! Les dialogues permettent également de contempler le superbe décor constitué par les tunnels cristallins des nouveaux alliés de SG-1, leur création figure parmi les  plus astucieux effets spéciaux de la série, tandis que les Anneaux sont également joliment sollicités.

L’émouvante triple rencontre entre Jacob, Selmak et son hôte précédent s’impose comme la clef de voute du récit, dont réussite assure celle de l’ensemble de l’épisode. Les dialogues sonnent justes, sans mièvrerie et Carmen Argenziano démontre  de nouveau un superbe talent. Grâce à lui et à la force du concept, Jacob demeurera jusqu’au bout l’un des personnages les plus passionnants de Stargate SG-1. La conclusion évite un excessif happy end, la Tok’ra demeurera toujours sur ses gardes, tout en illustrant éloquemment l’intérêt de cette nouvelle source d’inspiration pour les intrigues à venir. L’univers Stargate continue à s’enrichir de manière surprenante.

  • Jusqu'ici seulement évoquée, la Tok'ra entre en scène, composée de Goa'ulds amicaux et vivant en symbiose avec des hôtes qu'ils n'asservissent pas. Ce sont des experts en renseignement et en infiltration.
  • La planète des Tok'ra, P34-353J, est désertique, mais SG-1 n'utilise pas pour autant son uniforme ad-hoc, employé sur Abydos. Au contraire c'est la tenue de camouflage vert qui est étrangement choisie.
  • On découvre Martouf, qui demeurera un ambassadeur de la Tok'ra et un allié de SG-1. Cependant sa personnalité sera modifiée en celle d'un asssasin (Za'tarc) par les Goa'ulds. Programmé pour tuer le Président des Etats-Unis, afin d'empécher la signature d'un traité entre la Tere et la Tok'ra, il sera abattu par son amie Carter (Divide an Conquer, 4-05).
  • "Ah, where's that Yellow Brick Road when you need it, eh Dorothy?", déclare Jack, réalisant ainsi un nouveau clin d'oeil au Magicien d'Oz.
  • Ra est pour la première fois établi en tant que suprême Seigneur du Système. Le terme Tok'ra, signifie "opposé à Ra".
  • La définition de la schizophrénie par Carter est fausse, il ne s'agit pas d'une scission de la personnalité mais de la perte du contact avec le réel.  Elle confond en fait les termes « schizoïde » et « schizophréne ».
  • Kordesh s'empare d'une femme du Conseil Tok'ra pour tenter de se dissimuler, mais celle-ci doit normalement déjà porter un Goa'uld.
  • SG-1 offre la même Boite de Sagan aux Tok'ra qu'aux Cimmériens.
  • Teal'c utilise pour la première fois son mythique "Indeed" ("en effet"), quand il déclare "If you are indeed the Tok'ra of Jaffa legend, we should form an alliance.". L'expression va devenir l'une des plus célèbres catch phrases des séries télé, mais demeure encore incorporée dans d'autres mots.

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13. LES ESPRITS
(SPIRITS)


- Oh, please. Aliens are always poking me full of holes.

SG-11 disparaît après avoir commencé à extraire un précieux métal, le Trinium, sur un monde en apparence désert. Une flèche de Trinium est envoyée via la Porte, blessant O’Neill. Arrivée sur place, SG-1, dirigé par Sam, découvre une société pacifique de descendants d’indiens Salish. Leurs Esprits auraient jadis chassé les Goa’ulds. Le chef de la tribu, le sympathique Tonan, accompagne SG-1 sur Terre pour tenter de trouver un accord concernant l’exploitation du minerai.  La tentative échoue, XX estimant que cela profane la nature. Hammond reçoit l’ordre de passer outre, à la grande colère de SG-1. Les Esprits passent alors à l’attaque et investissent le SGC. Ils ‘avère qu’il s’agit d’Aliens agissant de manière similaire aux Goa’ulds, mais afin de protéger les humains. Jack et Daniel parviennent in extremis à trouver un accord : la Porte des Salish sera enterrée et les deux races vivront désormais sans dissimulation, Les terriens renoncent au minerai et les prisonniers sont libérés.

Les mythes amérindiens constituent un passage obligé pour bon nombre de séries américaines relevant du fantastique (Pangs pour Buffy contre les Vampires, Shapes pour X-Files etc.). Stargate SG-1 s’y attèle, avec à la clé une reconstitution esthétiquement réussie, notamment lors d’une recréation de l’architecture méconnue de ces peuples ainsi que de leur art (sculpture, orfèvrerie). Le dépaysement est assuré, d’autant que la mise en scène bénéficie du superbe et inépuisable décor naturel de la forêt canadienne, parfaitement en accord avec le sujet du jour. Martin Wood ne se contente pas de filmer platement le panorama mais joue habilement de la lumière et des ombres, s’efforçant, souvent avec succès, de susciter une atmosphère avec des moyens bien inférieurs à ceux du cinéma. On apprécie également les postures souvent étonnamment expressives des animaux, ainsi que la sympathique rencontre avec le malicieux et pas si naïf Tonan.

Malheureusement cette découverte du fascinant shamanisme amérindien se voit en grande partie gâché par un scénario des plus indigents. Calquer purement et simplement le stratagème Goa’uld s’avère une idée pour le moins minimaliste, l’alibi de la motivation différente ne trompe guère. Après un intéressant premier segment sur le monde salish, le récit dégénère vite en une partie de cache-cache au sein du SGC, à l’intérêt limité. L’emploi répétitif de ce te espèce de téléportions devient rapidement fastidieux, lesté qui plus st de maquillages plus disgracieux qu’autre chose. L’invasion du centre par des Aliens demeure l’un des marronniers de Stargate SG-1, la version qu’en donne Spirits n’appartient certes pas au plus élaborées  du genre. 

La morale de l’histoire, un évidente critique du colonialisme subi par les natifs américains, apparaît certes sympathique mais ne nous est pas moins infligée avec un moralisme prêcheur des plus pesants. C’est particulièrement le cas lors de la scène finale, où tout est résolu en un instant comme par magie, grâce à la bonne volonté, un procédé lénifiant au possible. Il est ahurissant que Yonan réagisse aussi peu à la révélation de la vraie nature des Esprits !

 Confier la direction de l’équipe à Sam, hélas sous exploitée. Amanda Tapping apporte une vivacité fort plaisante à une Sam s’efforçant vaillamment de contrôler son exaspération, mais elle n’a finalement pas grand-chose à accomplir : aucune scène ou mettant ses capacités en valeur. Au total on regrette surtout la plaisanterie de Jack. Un cadeau empoisonné, d’autant que ce sont bien Daniel et Jack, et eux seuls,  qui résolvent une crise provoquée par une Sam ayant laissé entrer le loup dans la bergerie et étant demeurée trop cartésienne. L’arrière fond du récit se révèle en définitive assez vachard pour Sam !

  • Les tribus Salish existent bien, elles résident dans l'ouest canadien, en Colombie Britannique (donc non loin du lieu de tournage de la série), ainsi que dans le nord ouest des USA.
  • Les gravures et sculptures des Salish sont très réputées, on en trouve témoignage dans l'épisode via le totem  de la tribu et les différents travaux sur bois.
  • Jack indisponible, Carter prend ici pour la première fois le commandement de SG-1.
  • Le matricule SGC du monde des Salish est PXY-887.
  • Le Trinium est un minerai à la fois léger et incomparablement plus solide que l’acier. L’Iris protégeant l’accès à la Porte en est constituée, de même que les futurs vaisseaux spatiaux terriens, tels le Prométhée. Combiné à l’uranium il constitue également un terrifiant explosif, à la base de bombes atomiques dévastatrices.

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14. LA CLÉ DE VOÛTE
(TOUCHSTONE)


- Teal'c, it's good to see you well.
- In my culture, I would be well within my rights to dismember you.

Les habitants de la planète Matrona, très retardés technologiquement, disposent néanmoins d’un formidable artefact, la Clé de Voute, permettant de réguler le climat. Sans doute a-t-il été offert par un peuple venu des Etoiles. SG-1 débute son étude, quand l’objet est dérobé, semble-il par un groupe de militaires terriens venus de la Porte. Tandis que Matrona sombre dans le chaos, Hammond et Sg-1 mènent l’enquête et découvrent que la Porte découverte au Pôle Nord a été dérobée de la Zone 51, dirigée par Maybourne. Une fois localisée, elle et la Clef sont récupérées grâce à une action commando de SG-1 et la seconde porte est scellée. Matrona est sauvée in extremis, mais le mystère des commanditaires de l’opération subsiste.

L’habile scénario de Touchstone débute en revêtant la forme d’une histoire très classique, où l’exploration d’une planète se révèlerait aventureuse. Le souverain et sa jeune parente s’apparentent ainsi clairement à nombreux personnages croisés dans de telles circonstances, avec un Matthew Walker savoureusement pittoresque. Mais, si leurs successives apparitions tragicomiques ponctueront agréablement le cours des évènements, l’intrigue opère un magistral retournement en orientant d’entrée l’enquête vers la Terre. Outre l’originalité du procédé et la succession mouvementée des évènements, le grand mérite de cette option réside dans la saveur très X-Files qu’elle apporte à l’épisode, de manière encore plus prononcée que dans Secrets.

On s’amuse ainsi beaucoup de voir Sam devenir une hacker de choc (sans teeshirt des Ramones) ou l’ambiance de paranoïa gouvernementale ambiante. Les découvertes rapprochant toujours davantage les héros de la Porte disparue  évoquent clairement la traque haletante d’EBE, même si la force de frappe du SGC et sa position institutionnelle réduisent le suspense et l’intensité dramatique vis-à-vis de la quête désespérée de Mulder. Un sommet atteint lors de la rencontre entre Hammond et sa mystérieuse source, où l’on se situe aux confins du pastiche des entrevues entre Mulder et Deep Throat, le tout porté par une excellente mise en scène.

 Touchstone ne manque évidemment pas le passage obligé vers l’emblématique Zone 51. L’adaptation du concept en réceptacle des diverses trouvailles accomplies par les différentes équipes SG paraît astucieuse, même si l’on regrette que les moyens de la production n’autorise quasiment que la vision de couloirs  anonymes. Cette fugace déception se voit largement compensée par la nouvelle délectable composition  de Tom McBeath en Maybourne, droit dans ses bottes et nous régalant d’un équivalent local du fameux Deny Everything assez jouissif. La complicité de McBeath et de Richard Dean Anderson fait également plaisir à l’œil, les deux compères s’entendant à merveille pour rendre instannément prégnante la détestation réciproque de leurs personnages. L’affrontement final pâtit également de la modestie du budget mais demeure mouvementé, d’autant que découvrir la Porte en position horizontale produit toujours sone effet.  Mais l’important est ailleurs : l’épisode reste une déclinaison fort réussie de l’univers Stargate, aux frontières du réel.

  • Le matricule SGC de Matrona est PX7-941.
  • Jack indique que la Porte contient à peu près 39 petits dessins, gravés sur elle. Cependant les symbôles ne sont pas gravés, mais bien en relief.
  • Te²l'c affiirme que le point de départ de SG-2 se situe à des galaxies de Matrona, mais il doit s'agir d'une image. Sans l'apport du Zéro Point Module, le réseau des Portes  se limite encore à notre galaxie.
  • Matthew Walker (Roham) interprétera Merlin durant les saisons 9 et 10, ainsi que dans Stargate Atlantis.
  • La fausse Porte de la Zone 51 est en plastique, s’exclame Sam. De fait le décor de la Porte en est effectivement constitué !
  • Tatiana, la fille de Michael Shanks et Vaitiare Bandera, est née durant le tournage de l'épisode.
  • Le Major Reynolds fait ici son apparition. Devenu Colonel, tout au long de la série il interviendra ponctuellement en soutien de SG-1, en tant que leader des rudes Marines de SG-3.

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15. LA CINQUIÈME RACE
(THE FIFTH RACE)


- I think the circle means 'The Place of Our Legacy'. Um...Or it could be 'A Piece of Our Leg,' but the first seems to make more sense.

Daniel parvient à déterminer les coordonnées d’un monde appartenant à l’une des Quatre Grandes Races. Sur place, Jack subit un rayonnement provenant d’un mystérieux artefact. De retour au SGC, l’équipe s’aperçoit vite que les facultés mentales de Jack sont démultipliées. Parallèlement son comportement devient de plus en plus étrange, tandis qu’il s’exprime désormais en Latin. Daniel établit qu’il s’agit du langage des Anciens, les mystérieux constructeurs des Portes et que l’héritage technologique de ceux-ci a été transmis à Jack. L’organisme de ce dernier le supporte mal, tandis qu’il fabrique un mystérieux artefact énergétique, démultipliant les possibilités de la Porte. Activée, celle-ci le mène  non pas chez les Anciens, retirés depuis bien longtemps, mais chez les Asgards, hors de notre galaxie. Ceux-ci le libèrent de ces connaissances excédant les potentialités de son cerveau et lui affirment que les Humains peuvent devenir la Cinquième race, mais que le processus sera encore long.

Cet excellent épisode mythologique rebondit avec astuce sur le concept des Quatre Races découvert dans Torment of Tantalus, apportant ainsi une appréciable cohérence à l’univers Stargate. Celui-ci continue à se développer efficacement, entremêlant congruence des concepts et audace narrative. Le jeu de Richard Dean Anderson représente cependant l’atout majeur de l’opus. Le comédien exprime remarquablement le dérèglement progressif  de l’esprit de Jack, avec son humour coutumier quand les premières symptômes relèvent du cocasse, puis d’une manière toujours plus inquiétante et insondable.

De la belle ouvrage, qui n’empêche pas un second degré que l’on soupçonne guère fortuit quand O’Neill bricole son gadget. Difficile de ne pas s’amuser en songeant à un McGyver des Etoiles ! Outre une passionnante succession d’évènements et un intense suspense non pénalisé par l’absence de scènes d’action, on apprécie également la sensibilité et le soin apportés aux réactions des différents membres du petit monde du  SGC. Hammond se montre comme toujours attachant pas sa priorité donnée, autant que possible, au sauvetage de Jack, tandis qu’il est évidemment positif de retrouver Janet.

 L’expédition menée par Sam apporte un relai bienvenu à l’action. Le procédé, cache misère assez transparent, consistant à n’en laisser paraître qu’un gros plan sur le visage de Sam fait vraiment bon marché. Toutefois l’intensité du jeu d’Amanda Tapping y pallie puissamment. Si Teal’c demeure en retrait, l’épisode accorde judicieusement une large place à Daniel, dont l’érudition passionnée et humaniste fait une nouvelle fois merveille, de même que l’affirmation de son amitié avec Jack. On peut d’ailleurs se demander si son ouverture d’esprit aux Anciens ne préfigure pas l’avenir !

La magistrale rencontre finale avec les Asgards, puis le discours de Jack, constituent la coda de The Fifth Race, bénéficiant d’un spectaculaire et étrange décor, ainsi que d’une animation des Aliens toujours étonnamment crédible et expressive aujourd’hui. Grâce à cette enthousiasmante conclusion, l’ultime réussite de l’épisode consiste à faire oublier la légère déception qu’il induit, puisqu’en définitive on ne rencontre pas les mythiques Anciens, enjeu sous-tendant l’ensemble du récit. Mais l’on devine déjà que cela n’est que partie remise ! Un opus particulièrement abouti, essentiel pour le développement de la série masi aussi porteur d’une espérance en l’Humanité particulièrement communicative.

  • Le SGC a visiblement progressé dans ses techniques d'analyse du cartouche d'Abydos. Dans Children of the Gods, Sam estimait qu'il faudrait deux mois pour extraire une ou deux adresses de planètes, tandis qu'ici il ne s'agit que de quelques jours.
  • Avec cette symbolique poignée de main, les Terriens et les Asgards continuent à se rapprocher, tandis qu'il est fait pour la première fois mention explicite des Anciens. Originaires d'une autre galaxie, celle des Asgards, ils sont les légendaires bâtisseurs des Portes. Ils sont depuis longtemps partis pour une destination encore inconnue.
  • D'autres héritages des Anciens seront découverts au fil de la série, dans Lost City (7-21) et The Quest (10-11).
  • On découvre qu'une Porte peut conduire dans une autre galaxie, en utilisant un huitième chevron, mais que cela nécessite d'énormes quantités d'énergie, un nouvel élément conduisant à Stargate Atlantis.
  • Les Asgards estiment que les Terriens ont commencé à s'ériger comme Cinquième Grande Race. Dans l'épisode final de la série, Unending, Thor confirmera que les Terriens ont mené à bien  ce destin. Les Qutre Grandes Races jusqu'ici répertoriées sont celles de l'Alliance évoquée dans The Torment of Tantalus (1-11) : les Anciens, les Nox, les Asguards et les Furlings.
  • Cette révélation d’une prolongation du réseau des Portes au-delà des confins galactiques, de l’emploi du huitième chevron et du futur E2PZ  préfigure les évènements de Stargate Atlantis, qui se dérouleront dans la Galaxie de Pégase.

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16. UNE QUESTION DE TEMPS
(A MATTER OF TIME)


-Well, sir, accounting for time spent coming and going, I would guess that time within the SGC facility has slowed to an average of about 600 percent below normal. When you ordered Colonel O'Neill to wait 5 minutes, you were really telling him to wait 6 hours, maybe more.
- Captain, relativity gives me a headache.

En exploration sur un monde désert, SG-10 est surprise par la soudaine apparition d’un trou noir. La planète subit les effets de la singularité, avec un effondrement gravitationnel et un ralentissement du flux temporel. Très lentement, vu en dehors de l’horizon des évènements, l’équipe est aspirée, tandis que  la dilatation temporelle s’étend au SGC via le Vortex de la Porte. La gravité s’affole également, menaçant de détruire l’Iris et mettant en péril la Terre. Le SGC se fige presque dans le temps, provoquant l’envoi d’une expédition de secours. Elle est commandée par le colonel Cromwell, avec lequel O’Neill connaît un grave contentieux issu de leur passé. Sam sauve la situation en ayant l’idée de court-circuiter la Porte grâce à une charge explosive, installée par Jack et Cromwell, qui se sacrifie. La détonation propulse la singularité vers une autre destination et la dilatation temporelle s’estompe.

A Matter of Time, après le Space opera ou le conspirationnisme high tech, présente l’intérêt d’illustrer la variété des thèmes de Science-fiction que peut aborder Stargate SG-1, grâce aux inépuisables potentialités offertes par le concept des Portes. Même le voyage temporel se verra abordé durant la présente saison ! En effet la série aborde ici le domaine exigent et très américain de la Hard Science, où les phénomènes décrits doivent se baser le plus précisément possible sur les connaissances scientifiques actuelles. L’intrigue agence avec succès un bagage technique considérablement plus conséquent qu’à l’accoutumée. Pourtant il s’avère tout sauf soporifique. Au prix de quelques inévitables simplifications, Sam, logiquement mise en avant, parvient à rendre claire la situation, avec fluidité et concision. Les scénaristes exploitent avec brio les  différentes possibilités offertes par la dilatation temporelle et le terrifiant gouffre gravitationnel. Le drame se pimente ainsi de quelques moments d’humour bienvenus, issus des décalages subséquents, tandis que l’intensité dramatique ne cesse de croître.

La mise en scène parvient également à susciter plusieurs images frappantes, comme l’introduction stellaire,  l’effroi suscité par le cauchemar figé subi par SG-10, le tourbillon se créant au sein du Vortex (pour un peu on croirait y voir le TARDIS, qui sait ?), le cheminent vertical des sauveteurs ou la destruction de l’Iris, rempart jusque là inaltérable. Une action réellement épique, illustrant à merveille la capacité de la Science fiction à susciter un divertissement de haut vol basé sur des données de nature parfois austère. Les auteurs ont également la judicieuse audace d’exclure Daniel d’un opus où il n’aurait eu de toutes manières guère voix au chapitre. Sam, portée par une extraordinaire Amanda Tapping occupe avec talent le devant de la scène, tandis que Jack et Teal’c, cantonnés à des rôles d’exécutants, parviennent tout de même à exprimer leur personnalité. Le Major Davis réalise également une apparition réussie. On regrettera par contre la relation entre Jack et Cromwell, lestée de clichés et assez hors sujet. La psychologie des personnages demeure parfois le maillon faible de la Hard Science, un fait confirmé par cette tentative maladroite. Un épisode original, captivant de bout en bout.

  • Le postulat comporte quelques inexactitudes. Pour se transformer en trou noir, le soleil aurait du d'abord devenir une super nova et c'est tout le système solaire qui aurait été détruit. De plus la singularité gravitique se manifestant bien plus lentement que l'appariton de la "lumière noire", l'équipe aurait normalement eu le temps d'atteindre la Porte.
  • Le Sergent Siler connaît ici son premier choc électrique, une longue ssuccession de blessures diverses débute !  Cela va devenir une des serial jokes de la série
  • Le matricule SGC du monde du trou noir est P3W-451.
  • Certaines circonstances extrêmes, comme la présence du trou noir, permette de dépasser l'ouverture maximalede la Porte,  jusqu'ici établie à trente huit minutes
  • Une nouvelle fois ce sont les coordonnées de Chulak qui apparaissent, du fait du réemploi d'enregistrements.
  • Un Iris renforcé au trinium sera par la suite installé.
  • Il s'agit du premier épisode  dont Daniel est (quasiment) absent.
  • On trouve ici l’un des rarissimes abandons à son sort d’une équipe SG, mais son destin est de fait déjà scellé quand Hammond doit prendre sa décision.
  • Premiere apparition du Major Davis, qui assurera la liason entre le SGC et le Pentagone, tout au long de la série. Il s'affirmera toujours comme un fervent partisan du Programme Stargate.
  • Les manifestations d'un trou noir avaient déjà été abordées dans Singularity, la saison précédente. Celui de l'épisode, et ses propriétés, seront utilisées ultérieuremnt par SG-1, dans Exodus (4-22), pour faire exploser un soleil, ou dans 2001 (5-10), pour contrer les Aschen.

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17. TRANSFERT
(HOLIDAY)


- This is indeed uncomfortable.

SG-1 découvre un vieil inventeur, Ma’chello. Celui-ci est mourant après avoir été torturé par les Goa’ulds, dont il est un grand ennemi. Part ruse, il parvient à intervertir  sa personnalité avec Daniel. Il quitte ensuite le SGC, avant que l’imposture soit découverte. SG-1 ramène la machine de Ma’chello, afin de sauver un Daniel tombé dans le coma, mais c’est alors Teal’c et Jack qui échangent fortuitement leur esprit, or l’artefact ne fonctionne que dans un sens. Après avoir sympathisé avec un mendiant, Ma’chello est retrouvé et ramené au SGC. Après avoir pu discuter avec Daniel, il accepte de revenir dans son corps agonisant. Sam parvient à rétablir la normale,  grâce à des permutations.

L'échange d'esprits entre deux corps cosntitue une vieille idée de la Science fiction ou du Fantastique, régulièrement traitée dans diverses séries télé : Buffy, X-Files...  Mais aussi Chapeau Melon et Bottes de cuir ! Cela a pu donner lieu à des histoires ébouriffantes, effrayantes ou distrayantes, tel ne sera pas le cas ici. La faute en revient à un malencontreux parti-pris narratif, scinder le récit en segments isolés, bien moins riches qu’un ensemble dynamique et ambitieux. De plus ces différentes histoires ne convainquent guère. L’histoire de Ma'chello et du mendiant apparaît mièvre au possible, tandis que le face à face entre Daniel et l’inventeur vire rapidement au sentencieux.

Janet et Sam s’efforcent héroïquement d’occuper la scène et de tenir la distance ; mais tout cela manque de véritable enjeux dramatique, pas un seul instant on n’envisage la possibilité d’une issue tragique.  La permutation entre Jack et Teal’c ne connaît aucun développement porteur, on essaie encore une fois de rempli avec un scénario n’exploitant que faiblement le postulat initial. On apprécie cependant l’amusante prestation de Christopher Judge en Jack, appréciant visiblement de varier son jeu, de même que la double composition convaincante de Shanks. Le jeu des permutations constitue également une jolie astuce.

Entre décors, design des machines et maquillage de Michael Shanks, le travail de production se montre de qualité, mais cela ne peut suffire à sauver un épisode fastidieux. On éprouve cependant un vrai coup de cour pour cette cafétéria pittoresque de Vancouver, une ville superbe, que l’on aime à découvrir de temps à autres au détour d’un épisode.

  • Teal'c, dans le corps de Jack, nomme Daniel "Dr Jackson" et non plus "Daniel Jackson".
  • Le tube d'oxygène disparaît brusquement du visage de Ma'chello quand Daniel demande des nouvelles de sa santé.
  • Ma'chello est également interprété par Michael Shanks, ce qui suscite un clin d'oeil quand il déclare "Oui, c’est exact ! Je suis Daniel Jackson !".
  • Quoiqu'elle ait déjà été aperçue par le passé, la méditation Jaffa du Kelno'reem est pour la première fois nommée. Elle favorise, notamment, la consolidation de l'organisme par le symbiote.
  • La cafétéria à la décoration évoquant les années 50 existe, il s'agit du Hamburger Mary's Diner, situé au 1202 Davie Street, à Vancouver.On en découvre l'extérieur comme l'intérieur. Elle est ouverte depuis 1979, se positionnant comme l'un des plus anciens restaurants de Vancouver encore en activité.


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18. LA COLÈRE DES DIEUX
(SERPENT’S SONG)


- That's between you and your God. Oh, wait a minute. You are your God. That's a problem.

La puissance d’Apophis s’effondre. Son rival Sokar le capture puis le torture à mort. Le Serpent parvient à s’échapper, puis à se livrer à SG-1. Il espère un sanctuaire, comptant sur les principes moraux de ses adversaires. Au pire, il les entrainera dans la mort, Sokar souhaitant plus que tout le récupérer. Tour à tout les différents membres de l’équipe se confrontent à lui, mais n’obtiennent aucun renseignement, même s’ils parviennent à entrer en contact avec l’hôte. Sokar commence à faire fondre l’Iris, en le bombardant de particules. La décision est prise en haut lieu de lui livrer Apophis, mais celui-ci décède. La Tok’ra, venue conseiller Hammond, révèle que lui livrer le cadavre sera suffisant : Sokar peut le réanimer avec son Sarcophage et débuter un cycle sans fin de supplices. Le Goa’uld cesse en effet  ses attaques, d’autant qu’il a une guerre à livrer à Heru’ur. La crise aura permis de parachever l’alliance entre le SGC et la Tok’ra.

L’épisode vaut principalement par les différents face à face opposant les différents membres de SG-1 à un Serpent diminué, mais conservant tout son venin. La psychologie et les contentieux personnels des unes et des autres paraissent finement décris par les dialogues, ainsi que par les impressionnantes compositions des acteurs, à commencer par un  excellent Peter Williams. On apprécie le réalisme des situations, n’hésitant pas à égratigner la statue de nos héros, notamment à travers le regard distancié et lucide des émissaires de la Tok’ra. La morgue revancharde de Teal’c, la primauté accordée par Daniel à son drame personnel ou la suffisance ironique de Jack se voient ainsi  pointées du doigt, lors de scène à l’indéniable force. Une belle audace narrative, relativisant quelque peu le manichéisme de la série. On reste également  embarrassé. par l’hypocrisie de la cérémonie religieuse égyptienne, alors qu’en définitive l’hôte aussi est sacrifié A côté du triomphalisme des messieurs, on apprécie la sensibilité mais aussi l’efficace de ces dames, Sam et Janet, irréprochables.

L’univers de la série continue à se développer avec bonheur, avec la confirmation de l’alliance avec la Tok’ra et l confirmation du potentiel scénaristique de Martouf, mais aussi avec l’émergence d’un nouvel antagoniste, pour le moins prometteur. L’apparition du visage démoniaque de Sokar sur l’Iris demeure ainsi un moment fort, tandis que Slater le Valeureux fait plus Scotty que jamais ! On regrettera cependant un certain immobilisme de l’action, la répétitivité du procédé des confrontations renforçant cette impression. Il s’avère également frustrant de découvrir qu’Apophis est en définitive abattu non pas par SG-1, mais par un rival. Heureusement, le Serpents sera bientôt de retour ! Un épisode agréablement dérangeant.

  • Quand Teal'c inspecte la dépouille d'Apophis, on voit celui-ci cligner des yeux.
  • On assiste à l’unique dialogue de la série entre Apophis et Hammond.
  • Le titre original est une allusion  à l'expression "le chant du cygne", en y superposant le Serpent, emblème d'Apophis.
  • L'épisode est le premier mis en scène par Peter Deluise, qui va en réaliser un total de 56, avant de travailler pour Stargate Universe et Sanctuary.Il s'amuse régulièrement à aparaître brièvement dans ses épisodes.
  • Jack répond "Well, is'nt that special" ?" quand Daniel lui révvèle que Sokar est devenu Satan dans nos cultures. Il s'agit d'un clin d'oeil à la phrase rituelle d'un personnge culte de l'émission Saturday Night Live, The Church Lady, interprétée par Dana Carvey.
  • Sokar est un très ancien Goa'uld, qui régentait jadis les Seigneurs du Système. Il fut renversé par une alliance dirigée par Ra et Apophis mais la mort de l'un et l'affaiblissement de l'autre lui ouvre la voie de la revanche.
  • Dans la mythologie égyptienne, Sokar (ou Sokaris) est le dieu personnifiant la séparation de l'âme et du corps. Il était vénéré notaemment dans la grande Nécropole de Memphis. De nombreuses précieuses offrandes lui étant faites. Il devient d’ailleurs tardivement le dieu des joailliers mais aussi des forgerons et armuriers.
  • Jack appelle "GDO" le transmetteur d’identification quand il l’offre à Martouf, il s'agit des initiales signifiant "Garage Door Opener".

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19. LE FAUX PAS
(ONE FALSE STEP)


- You know, I thought the alien on the video looked very docile, more curious then harmful.
- I thought it looked bald, white, and naked.

SG-1 découvre une peuplade d’humanoïdes primitifs et pacifistes, vivants dans des villages situés à proximités de plants bulbaires. Rapidement les indigènes se mettant à tomber dans le coma, tandis que les membres de SG-1 souffrent de maux de tête et d’hyper agressivité. Janet, Sam, et Daniel combinent leurs talents et découvrent que les habitants vivent en symbiose avec la plante, celle-ci émettant un son inaudible pour l’oreille humaine mais crucial pour leur métabolisme. SG-1 à involontairement perturbé l’organisme, d’où l’apparition des troubles, mais les humains parviennent à réparer les dégâts grâce à leur technologie.

Il est louable de vouloir explorer de nouveaux chemins dans l’écriture des scénarios de la série, comme de rechercher des atmosphères originales. Hélas, cette tentative vaguement mâtinée d’un New Age alors très populaire à l’écran, tourne bien vite court. Une fois dissipée la relative étrangeté des lieux et de la micro société découverts, l’action ne cesse de se trainer en dialogues peu relevés et en fastidieux allers et retours entre le SGC et le monde alien. Les différentes scènes ne bénéficient d’aucune tension dramatique, tant l’on devine vite l’essentiel du pot aux roses et tant les sympathiques habitants de cette planète s’avèrent ennuyeux et mièvres au possible. Les décors sont assez misérables, de même que les maquillages. Il demeure particulièrement pénible qu’après avoir brassé tellement d’air, tout se débloque en deux minutes, avec le providentiel visionnage d’une simple vidéo. Un goût de Chroniques martiennes, le sens de la narration et du merveilleux en moins. L’on retient néanmoins la scène divertissante où jack et Daniel, les deux fins duettistes, s’envoient leurs quatre vérités à la figure, sous l’influence de l’organisme. C’est bien maigre et on note l’ironie involontaire du titre français, synthétisant admirablement la nature de l’épisode.

  • Tôt dans l'épisode (6’33’’), une fermeture éclair est visible le dos d'un des aliens.
  • Janet fait un massage cardiaque à l'un des aliens (31’12’’). Elle l'effectue sur la poitrine, alors que l’on a découvert précédemment que leur coeur se situe  sous l'abdomen (21’10’’).
  • Le monde visité est désigné par PJ2-245.
  • Pour la première fois Teal'c exprime de manière isolée son fameux "Indeed", lors d'un échange avec Daniel :
    • You saw them grow?
    • Indeed. I saw several of them rise. When I approached, they retracted into the ground.
  • Une erreur notable  dans la version française, Teal’c s’adressant à Daniel en l’appelant Capitaine (36’29’’).

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20. L’ENNEMI INVISIBLE
(SHOW AND TELL)


- They are Goa'uld, Teal'c. That's their job

Un jeune garçon passe par la Porte, en forçant l’ouverture de l’Iris. En fait il s’agit d’une créature synthétique, servant de parole à une Reetou, sa « mère ». Les Reetous sont des êtres insecticides, capables de se rendre invisibles et d’emmètre des boules d’énergie. Ils sont cependant décimés par les Goa’ulds,  qui ont mis au point des phaseurs capables de les révéler. La Reetou est venue alerter le SGC qu’une faction de son peuple va tenter de détruire l’Humanité, afin de priver les Goa’ulds de leurs hôtes. Alertée, la Tok’ra dépêche Jacob, qui offre à SG-1 quelques phaseurs récupérés. Un commando Reetous parvient à s’introduire dans la base, mais SG-1 remporte une sanglante bataille, durant laquelle la mère est tuée. Le jeune garçon, qui a sympathisé avec Jack, s’étiole et est emmené par la Tok’ra, la seule pouvant le sauver grâce aux symbiotes.

L’épisode souffre malheureusement d’un trop grand temps d’exposition, couplé à un démarrage à la lenteur excessive. Devant la minceur du sujet, un simple prétexte passablement laborieux visant uniquement à justifier l’affrontement final, les auteurs ont recours à un transparent palliatif, faire répéter la description du postulat initial, sans guère de valeur ajoutée. Pour faire bon poids on rajouté un mélo à gros grains entre Jack et Charlie, quoique sauvé par les talents de Richard Dean Anderson et de Jeff Gulka. On se situe très en deçà de la subtilité de Cold Lazarus. Il faut attendre les deux tiers de l’épisode pour que l’action se déclenche enfin, avec un duel très paintball entre les deux équipes. Deluise lui confère une vraie efficacité, même si les images informatiques marquent désormais de leur âge. Les Reetous s’avèrent plus convaincants vus de loin, notamment lors de la découverte de la meute dans un paysage sauvage, un passage n’étant pas sans invoquer l’alors récent Starship Troopers (1997).

On remarque que la Malédiction de l’Enseigne, bien connu des amateurs de Star trek frappe encore, puisque les héros s’en tirent avec des égratignures, tandis que les quidams tombent en masse, mais cela fait partie des conventions du genre. Le point fort de l’épisode réside en définitive dans l’emploi une nouvelle fois intelligent de la Tok’ra et dans le retour réussi de Jacob.  Cette saison 2 aura décidément su intégrer d’emblée l’organisation au sein de l’univers Stargate, en lui assurant des interventions aussi variées que convaincantes. Les Reetous (et non les Reelous) convainquent nettement mois, ce qu’admettront les auteurs puisque plus jamais ils ne feront appel à ce peuple.

  • Nouvelle coupe pour Daniel, qui arborera désormais des cheveux plus courts.
  • Les Reetous n'interviendront plus dans la série, mais seront souvient évoqués comme cause possible des événèments ultérieurement observés.
  • Un scanner des lignes de la main est désormais ajouté à l'Iris.
  • Le réalisateur Peter Deluise réalise le premier de ces caméos qu'il affectionnera toujours, lors de l'introduction, en manipulateur de la mitrailleuse lourde.
  • Charlie est interprété par Jeff Gulka, qui incarnait déjà le jeune Gibson dans les X-Files (l'enfant télépathe).

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21. 1969
(1969)


- Captain James T Kirk, of the Starship Enterprise.
- Your dog tags say otherwise.
- They're lying.

Des explosions solaires perturbent le champ gravitationnel et la Porte précipité SG-1 dans le passé, en 1969. Arrêtés sur le site du SGC, alors un silo nucléaire, ils sont suspectés d’espionnage. Ils sont cependant libérés par le jeune et brillant lieutenant Hammond, alerté par un mot que son alter ego du futur avait transmis à Sam. SG-1 doit rallier la Porte, située à Washington, à la date prévue pour un prochain phénomène solaire. Débute alors un long périple, durant lequel nos héros sympathisent avec un couple de Hippies mais rencontrent aussi Catherine. La Porte les propulse trop loin dans le Futur, mais Cassandra les ramène alors dans leur époque, en leur révélant simplement que leurs aventures ne font que débuter.

1969, l’un des plus mémorables épisodes des premières saisons de Stargate SG-1, s’attache au déplacement temporel, complétant ainsi l’éventail très large de thèmes de Science-fiction, Les auteurs évoquent les paradoxes propres au genre, mais s’en servent davantage pour jalonner le scénario que pour développer un de ces jeux alambiqués retrouvés par exemple chez le Docteur. Mais ce choix est judicieux, car conforme à l’ADN de la série et au format d’un épisode unique. L’option retourne s’avère une aventure truculente, particulièrement riche en action et en drôlerie Dès une introduction comptant parmi les plus renversantes de Stargate SG-1 (Teal’c est royal), on s’amuse en effet énormément tout au long de cette odyssée à travers le crépuscule des Sixties. L’humour jaillit de plusieurs sources concomitantes : les dialogues (l’interrogatoire de Jack est purement hilarant), le pittoresque des costumes de l’équipe ou la sympathie du jeune couple, auquel il suffit de quelques scènes pour devenir réellement attachant. Qu’est-il devenu ?

Les interactions de l’improbable rencontre entre ces deux groupes s’avèrent très riches, également dans le domaine de l’émotion. L’intrigue présente également l’habileté d’entremêler avec fluidité plusieurs segments distincts de l’univers Stargate (l’historique des Portes, Cassandra, Catherine, Hammond), avec au passage plusieurs guestings réussis. Un pur régal pour le fan, dommage que Maybourne ne soit pas du lot. Le récit galope, en employant une carte s’inspirant du fameux avion d’Indiana Jones, tandis que la Porte est bien entendue conservée dans un immense entrepôt aux caisses si similaires à celle de L’Arche Perdue. 1969 nous offre d’ailleurs de nombreux décors saisissants, dont l’inoubliable van psychédélique ! En arrière plan ce joyau évoque également joliment les années 60 comme presqu’aussi lointaines et étrangères qu’une planète située à des années lumières, comme une Atlantide perdue. La magistrale et lumineuse rencontre finale avec Cassandra et sa promesse de nombreux voyages encore à venir aurait constitué une impeccable conclusion à cette saison relevée, davantage qu’un clip show, aussi réussi soit-il.

  • Les capacités temporelles des Portes, liées à l'activité solaire, serviront également de base au scénario du téléfilm  Stargate Continuum (2008).
  • Le Hammond de 1969 a les yeux bruns, et non bleus comme l'actuel.
  • La tenue de Teal'c évoque très clairement Jimmy Hendrix.
  • Il reste passablement  curieux que l'officier de 1969 ne capta pas le clin d'oeil à StarTrek, la série vient alors d'être diffusée à la télévision (1966-1969). Que celui dédié à Luke Skywalker obtienne la même réaction paraît plus logique, La Guerre des Etoiles remontant à 1977.
  • We're heading to some big concert. déclare Michael. Il fait sans doute allusion à celui de Woodstock, qui va se dérouler du 15 au 18 août 1969. Le périple de SG-1 se déroule du 4 au 11 aoüt 2011.
  • Le journal daté du 10 août qu'achète Jack évoque les vacances de Nixon et les différents meuretres de l'Affaire Sharon tate. Charles Manson et les siens ont effectivement perpétré la célèbre tuerie le 09 août de cette année.
  • Daniel révèle qu'il parle 23 langues.  Depuis lors il aura appris celle des Unas et des Anciens !
  • Pour montrer que l'action se situe à Chicago, la Sears Tower est montrée. Mais elle ne sera en fait achevée qu'en 1973. En 1969 son édification débute à peine. De 1973 à 1998, la Sears Tower va demeurer la plus haute tour au monde (527 m). Désormais officellement nommé Willis Tower, l'édifice reste aujourd'hui encore le plus haut du continent américain. Edifiée pour abriter le siège de  Sears,  alors la plus grande entreprise de distribution au monde, sa hauteur fut limitée que par l'admnistration américaine, qui craignait un danger pour les avions civils. Elle demeure une référence incontournable de la ville, présente dans toutes les séries télévisées se déroulant à Chicago.
  • SG-1 devait initialement se rendre sur P2X-555.
  • La maison de Catherine est une résidence  privée se situant sur Walnut Street, à Vancouver.
  • L'observatoire est enfait le  Gordon MacMillan Southam Observatory, situé dans le Vanier Park, à Vancouver (1979).
  • La base militaire supposée se trouver à Washington est en fait le Seaforth Armory, également à Vancouver. Lors des plans intérieurs on peut y voir divers écussons de l'armée canadienne, et non américaine. Ce sont ceux del'unité que le bâtiment abrite, :The Seaforth Highlanders of Canada, dont la création remonte à 1910.

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22. APRÈS UN LONG SOMMEIL
(OUT OF MIND)


- How do We contact the Asgard so that We might align with their forces ?
- Try Roswell, little place in New Mexico.

Jack se réveille au SGC, en sortant d’hibernation. Un médecin et un général lei apprennent que l’on est désormais en 2077 et que le reste de SG-1 a été tué en mission. O’Neill a été retrouvé en suspension cryogénique et c’est seulement maintenant que l’on dispose des technologies nécessaires à sa réanimation. Sous prétexte de découvrir ce qui est survenu, le Dr Raully entreprend de fouiller dans sa mémoire par hypnose, avec sa collaboration. Mais Jack se méfie et découvre que la même histoire a été racontée à Sam et Daniel. En fait Hathor les a capturé et s’est servi de ses souvenirs du SGC pour monter cette arnaque, espérant acquérir les secrets des terriens pour restaurer se puissance. L’épisodes ‘achève quand, ayant jeté le masque, elle décide de parvenir à ses fins en transformant un des membres de SG-1 en Jaffa. Pendant ce temps Teal’c a échappé au piège, mais désespéré par l’abandon de la recherche de ses amis, décide de rentrer sur Chulak.

On n’épiloguera pas inutilement. Certes Out of Mind constitue un excellent clip show, certainement à classer parmi les meilleurs de sa catégorie et autrement ambitieux que Politics. Le différents extraits retenus comptent parmi les plus spectaculaires des deux saisons écoulées et il comporte un embryon de véritable intrigue, y compris si celle –ci ne tient vraiment la route qu’en première partie de récit, le soupçon naissant ensuite bien vite.  On y trouve également des moments forts, comme le digne départ de Teal’c, ou Jack visiblement sensible aux charmes presque dévoilés de Carter. Mais enfin ! Tout de même ! Un clip show en guise de final de saison ! Et d’une saison aussi relevée que celle-ci ! On avoisine le scandale. Un final se doit de représenter un feu d’artifice et le point d’orgue de sa période et pas se limiter à du réemploi de vidéos dans des décors déjà existants, dans le but toujours principal de réaliser des économies.

On se situe totalement à dans le contreproductif et l’épisode aurait rencontré davantage de bienveillance plus en amont dans la saison. Avouons qu’il tient plus d’un prologue au pilote de la suivante et que la vrai conclusion de celle-ci demeure le formidable 1969 (1969, épisode humoristique), notamment grâce à la si évocatrice rencontre avec Cassandra. Out of Mind comporte néanmoins un cliffhanger des plus performants, avec la révélation pour le coup surprise de la rouquine démoniaque et voluptueuse, la Mère de tous les Pharaons, la majestueuse et perverse Hathor. Et là c’est instannément un arc en ciel pour nos petits cœurs meurtris, d’autant que la vénéneuse gourgandine a quelque peu changé de coupe, elle n’en instille pas moins la même… Présence, pimentée d’irrésistibles répliques. Hathor reste bien Notre  Goa’ulds féminine préférée et Nous permet d’attendre la prochaine saison, un sourire béat suspendu à Nos lèvres.

  • Il s'agit du second clip show de la série, après Politics en saison 1.
  • Alors qu'ils sont censés être des souvenirs, les différents passages sont vus à la troisième personne, et non par les yeux de la personne. De même les personnes se souvenant ne sont pas toujours présentes quand l'action se déroule.
  • Les différents épisodes évoqués sont : The Nox, The Torment of Tantalus, The Serpent's Lair, Thor's Chariot, Message in a Bottle, Secrets et The Fifth Race.
  • Carter est censée récupérer le costume d'un homme assommé, mais par la suite le vêtement apparaît visiblement coupé pour une femme.
  • Le Dr Raully est incarnée par l'actrice Samantha Ferris, qui tiendra  ultérieuremnt des rôles récurrents dans Les 4400 (Nina Jarvis) et Supernatural (Ellen Harvelle).

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TOP 5 SAISON 2

1) 1969 : Une passionnante excursion à travers l’Amérique de la fin des Sixties. Humour et action sont au rendez-vous, mais aussi un e utilisation originale et finement pensée des différents ressorts de de l’Univers Stargate.

2) La Morsure du Serpent : Ce Space Opera épique et flamboyant inaugure idéalement la saison. Plus rien ne sera comme a avant après cette première victoire majeure de SG-1, épaulée par son fidèle allié, le toujours irrésistible Maître Bra’tac.

3) Une Question de Temps : Une variation virtuose sur le thème des singularités gravitationnelles et temporelles. De la Hard Science de grande qualité, s’harmonisant parfaitement avec les qualités intrinsèques de Stargate SG-1 et suscitant nombre de scènes impressionnantes.

4) La Tok’ra : La Tok’ra  se révèle et l’histoire de son alliance d’abord malaisée avec SG-1 s’avère passionnante, structurant une part non négligeable de la saison. Jacob devient un nouveau personnage majeur de la série, une recrue de choix.

5) La Cinquième Race : Cette saison 2 parachève son enthousiasmante et cohérente extension de l’Univers Stargate, avec cette première véritable rencontre entre Asgards et Humains. Avec à la clef une composition particulièrement aboutie de Richard Dean Anderson.

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Crédits photo: MGM.

Images capturées par Estuaire44.