saison 3 saison 5

Buffy Contre les Vampires (1997-2003)

Saison 4


1. DISPARITIONS SUR LE CAMPUS
(THE FRESHMAN)

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Scénario : Joss Whedon

Réalisation : Joss Whedon

Buffy, Willow, et Oz commencent leur rentrée à l’université, Xander revient de vacances, et cherche du travail. Giles goûte les joies du farniente avec sa petite amie Olivia. Toutefois, les premiers jours de la Tueuse sont loin d’être tranquilles : une bande de jeunes vampires dirigée par la séduisante Sunday commet des razzias dans tout le campus…

La critique de Clément Diaz 

- I'm Sunday. I'll be killing you here in a minute or so.
- You know, that threat gets more frightening every time I hear it.
- Uh, are we gonna fight, or is there just gonna be a monster sarcasm rally ?

Buffy contre les vampires ouvre avec acuité sa deuxième ère. The Freshman traite en effet du difficile passage du secondaire au supérieur pour un adolescent, qui devient par ailleurs un jeune adulte. Buffy a maintenant plus d’autonomie : finie la chaleur du nid familial. Comme symboles, les cartons de maman occupent sa chambre, scène faussement comique. Tragi-comique chez Giles : le voir en peignoir avec une belle black est une vision certes au-delà du réel, mais la scène signifie que Buffy doit assumer une indépendance qui lui fait mal : Giles la laisse à elle-même. Finie aussi l’insouciance (terme très relatif pour la Tueuse !) des années lycée. Conséquence : notre héroïne est sans repères, là où l’intellectuelle Willow et l’imperturbable Oz sont comme des poissons dans l’eau. La première moitié de l’épisode est volontairement ennuyeuse : beaux mâles intelligents qui font rougir la Buff, coloc timbrée (le poster de Céline Dion est un gag énorme), professeurs plus ou moins sadiques, errance dans les couloirs… tout ça pour nous faire partager l’ennui abyssal de Buffy. Bon, heureusement, elle peut compter sur les vampires pour se distraire. La torride Sunday, interprétée avec panache par Katharine Towne, est un brillant Némésis. Leur première rencontre, entre baston trépidante et vannes au kilomètre, est mémorable, et électrise ce début lambin.

Quand Xander le Brave arrive, Tadadaa, on rit et on est touché à la fois : pendant que Star Wars et Scarface passent à la moulinette, on voit combien notre cher Xander est le lien et la force centrale du groupe. C’est lui qui remonte le moral de Buffy. A partir de là, chevauchée de répliques hilarantes qui claquent toutes les dix secondes, et très réussi final énergique et comique qui voit le triomphe de la Slayer, mais avant tout du Scooby. Nicholas Brendon fait une excellente performance. Arrivée tardive et drôlement émouvante de Giles pour conclure le tout. Début plaisant.

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La critique d'Estuaire44 

L’épisode prend judicieusement le temps de marquer un hiatus à l'orée de la deuxième grande époque de la série. Les somptueuses images de l'UCLA (jardins et bâtiments) font presque oublier la regrettée Bibliothèque de Giles, dont on  reste néanmoins nostalgique. Le scénario prend rassemble progressivement le Gang, avec là aussi une mesure palpable du chemin parcouru par chaque Scoobie. Le sommet reste le moment de grâce que représente la rencontre quasi miraculeuse entre Buffy et Xander, moins que jamais un Zeppo. Les dialogues demeurent emblématiques de la série (When it's dark, and I'm all alone, and I'm scared, or freaked out or whatever, I always think, 'What would Buffy do?' You're my hero), la question What would Buffy do ? étant entrée de plein pied dans le langage Geek.

A côté de cette mise en place très réussie du nouveau décor de la série, l'opus réussit à installer une vraie histoire, même si quelque peu artificielle. Autant on comprend que Buffy ait été terriblement secouée en fin de saison 2 par la « mort » d'Angel, autant là on n'adhère pas à l'idée d'un trouble aussi massif lié à… La simple entrée à la Fac (dans la même ville). On est tous passé par là et nous ne sommes pas des créatures mythologiques surpuissantes. on tique aussi en la voyant avoir autant de mal avec la vampire*, alors qu'elle vient de vaincre Faith et le Maire (tout de même)., après un port, une gare, un aéroport, une mairie gigantesque, la petite ville de Sunnydale se voit dotée d'une Université, mais bon, c'est le jeu du Buffyverse. A Maire vaillant, rien d'impossible.

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  • Alex cite purple mountains majesty, à propos de l'Amérique. Il s'agit d’un vers de la populaire chanson patriotique America the Beautiful (1895).

  • Les affaires de Buffy dérobées par Sunday contiennent plusieurs clins d'œil à des épisodes passés. On retrouve Mr Gordo, le cochon miniature de Buffy (What's my line), l’ombrelle offerte par les lycéens reconnaissants de Sunnydale High (The Prom) et le journal intime de la Tueuse (Angel, Ted).

  • Giles a une petite amie nommée Olivia, mais celle-ci ne va pas s’acclimater à Sunnydale.

  • On assiste au premier cross-over entre les séries Buffy et Angel. Quand Buffy décroche le téléphone et que personne ne parle, il s'agit en fait d'Angel qui l'appelle depuis Los Angeles, avant de se raviser (City Of, 1-01). Ces cross-overs interviendront régulièrement, tant que les deux séries seront diffusées sur la même chaîne.

  • Le livre de chevet d’Eddie, Of Human Bondage est un ouvrage  de Somerset Maugham (Servitude humaine, 1915).

  • Une première version du scénario prévoyait que Sunday soit une ancienne Tueuse transformée en vampire, ce qui expliquerait qu’elle puisse rivaliser avec Buffy.

  • Quand Alex s’exclame Avengers Asemble , il ne s’agit pas d’une allusion  à Chapeau Melon mais aux Comics Marvel. Ce cri de ralliement est sauvent poussé par Captain America. Whedon réalisera un premier film consacré aux Marvel Avengers, en 2012.

  • Alex le Geek cite deux films cultes Il déclare ainsi Anger leads to hate, Maître Yoda prononcçantdans La Menace Fantôme : Fear leads to anger, anger leads to hate, hate to suffering. First you get the women, then you get the money fait référence au This country, you gotta make the money first. Then when you get the money, you get the power. Then when you get the power, then you get the woman. » de Tony Montana dans Scarface.

  • Nous faisons la connaissance de Riley, futur petit copain de Buffy et officier émérite de la redoutable Initiative.

  • Première apparition également de Maggie Walsh, qui ne sera pas le Big Bad de la saison.

  • C’est bien David Boreanaz, de dos, qui joue le personnage que Buffy croit être Angel. Ensuite un deuxième acteur se révèle.

  • Quand Buffy découvre l’université de Sunnydale, on entend la chanson Universe de Stretch Princess, groupe de rock alternatif britannique.

  • La majorité des plans réalisés à UC Sunnydale ont effectivement été réalisés à l’Université de Californie, mais à Los Angeles (UCLA). Inaugurée en 1919 et se situant entre Bel Air et Venice, l’UCLA est l’une des universités les prestigieuses au monde, en tous domaines. Son campus héberge 163 bâtiments, de styles architecturaux variés.

  • La bibliothèque qui impressionne tant Buffy est la gigantesque Powell Library, ouverte en 1883 et autour de laquelle l’UCLA s’est développée. Centre des bibliothèques universitaires californiennes, elle comporte plus de 8 millions de livres et plus de 70 000 abonnements à des magazines.

  • L’édifice  le plus souvent vu dans la série demeure le Royce Hall, où Buffy suit ses cours.  De style italien romanesque, il reste l’un des plus anciens bâtiments présents sur le campus (1926). Il contient un auditorium à la remarquable acoustique, servant aux enregistrements des grandes formations de musique classique de Californie, comme le Los Angeles Philarmonic.

  • L’UCLA, l’un des plus grands symboles de Los Angeles, voit son superbe campus apparaître dans de nombreux films st séries se déroulant dans la Cité des Anges, dont récemment The L Word et Californication.

  • La musique entendue quand Sunday et les siens discutent de Buffy est I Wish Be You, des The Muffs.

  • Quand Buffy rend visite à Giles, la stéréo joue le célèbre Memory of a Free Festival, de David Bowie (1970).

  • Au Bronze le groupe Splendid interprète son titre You & Me.

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2. COHABITATION DIFFICILE
(LIVING CONDITIONS)

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Scénario : Marti Noxon

Réalisation : David Grossman

Buffy et sa colocataire, Kathy, éprouvent certaines difficultés de cohabitation. Leurs « divergences » virent bientôt à une guerre sans merci, avec florilège de coups bas et de vacheries. Leurs comportements devenant de plus en plus inquiétants, le Scooby-Gang se demande s’il n’y a pas de la sorcellerie là-dessous…

La critique de Clément Diaz 

I'm 3000 years old. When are you going to stop treating me like I'm 900 ?

Si la saison 4 est considérée à raison comme une des plus faibles de la série, c’est à cause de deux orientations narratives malheureuses prises par Whedon. En attendant le deuxième, voyons ici le premier poison : une trop grande importance accordée aux scènes estudiantines. Encore acceptables dans une saison 1 en rodage, on a du mal à digérer une telle rétrogradation. Living conditions en constitue l’exemple le plus extrême. Le sujet du jour, la coexistence pas toujours pacifique de la colocation, aurait pu être malgré tout intéressant, mais Marti Noxon a une mauvaise idée en le traitant au premier degré. Certes, on devine que Buffy perd peu à peu son âme par un rituel maléfique. Mais la conséquence est que pendant tout l’épisode, on a l’impression de regarder une banale série adolescente, avec deux chipies qui se chamaillent. Sweats tâchés, lait répandu, chewing-gum collant, vol de petits amis potentiels… ce défilé de méchancetés débiles irrite, il n’a rien à avoir avec la série. Dagney Kerr et Sarah Michelle Gellar sont parfaite, mais on est hors-sujet.

La purge contamine les personnages, Oz et Alex sont relégués en garde-chiourmes idiots, tandis que Giles s’agite beaucoup sans résultats. Pour une des rares fois, on se permettra de trouver le twist final calamiteux, car faisant de la Slayer un personnage secondaire, McGuffin du duel entre Kathy et son pôpa. La métaphore de la cohabitation difficile est ainsi proprement sabotée. Bon, il y’a bien une ou deux perles dans l’épisode, comme Parker initiant Buffy au noble art de filouter de la nourriture avec force détails techniques, ou la baston finale. Mais, dans l’ensemble, on reste désappointé devant cet épisode ridiculement décalé par rapport à la série.

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La critique d'Estuaire44 

L’épisode demeure léger, n'apportant guère en soi à la série mais on sait que Whedon aime bien placer des intervalles avant que ses saisons ne débutent vraiment; Surtout on en apprécie à l'humour. La colocataire démonique se montre hilarante, notamment avec l'éruption de Céline Dion dans le Buffyverse, comme quoi tout peut y arriver.

On se réjouit également de découvrir une Buffy sombrant dans une parano digne des Lone Gunmen, cela  fait songer à Mulder secrètement gazé au LSD et totalement en roue libre. La montée en puissance de cet aspect est bien dosée. Un opus certes mineur, mais efficace sachant développer de jolis effets spéciaux et distraire autour de l’inépuisable thème des colocations estudiantines. 

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  • La jeune fille qui attire l’attention d’Oz se nomme Veruca, Il s’agit d’une Louve garou qui deviendra très importante dans l’évolution prochaine d’Oz.

  • Nous faisons connaissance du vil séducteur Parker, qui va exploiter la fragilité sentimentale de Buffy, après le départ d’Angel. Il le paiera cher…

  • Whedon a indiqué qu'il avait incorporé de nombreux souvenirs personnels dans ce portrait acide de la collocation étudiante et de la vie universitaire.

  • Quand Willow recule devant Kathy, la porte de la chambre est entrouverte. Après un aller retour de la caméra sur Kathy on voit que la porte est cette fois complètement fermée.

  • A la fin de l’épisode, Willow colle au mur un poster des Dingoes, tout en écoutant Pain un titre des Four Star Mary.

  • Kathy est une grande amatrice de Céline Dion (Buffy la surnomme d’ailleurs Titanic) mais aussi plus généralement des divas. Elle écoute ainsi en permanence le Believe de Cher (1988). Ce single fut vendu à plus de 10 millions d’exemplaires, mais sans doute pas acheté par Buffy.

  • Quand Alex déclare Are you saying Buffy’s doing  a Linda blair on us because Kathy’s sucking her soul ?, il s’agit bien entendu d’une référence à la possession démoniaque de L’Exorciste.

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3. DÉSILLUSIONS
(THE HARSH LIGHT OF DAY)

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Scénario : Jane Espenson

Réalisation : James A. Contner

*L’épisode 1.03 La pierre d’Amarra de la série Angel est la suite directe de cet épisode.

Spike est de retour !! Avec l’aide de sa petite amie, Harmony Kendall (le pauvre !), il entreprend de chercher dans les souterrains de Sunnydale la pierre d’Amarra qui rend son détenteur invincible. Buffy tombe dans les bras de Parker, un vil séducteur, et Anya fait tourner la tête de Xander…

La critique de Clément Diaz 

- I like you. You're funny, and you're nicely shaped. And frankly, it's ludicrous to have these interlocking bodies and not... interlock. Please remove your clothing now.
- And the amazing thing is... still more romantic than Faith.

Cet épisode s’inscrit en droite ligne du précédent, avec centralisation sur la vie universitaire de Buffy. Il en reprend donc exactement les mêmes défauts : aventure fantastique réduite à la portion congrue, et soap estudiantin interminable. L’intrigue sentimentale est aussi simplette (vil séducteur abandonnant sa proie dès le lendemain d’une nuit de plaisir) que mièvre. Peu de palpitations dans l’histoire principale, la recherche de la pierre d’Amarra est expédiée pour qu’on puisse arriver au duel final.

On se console avec le retour de Spike. Idée géniale de Jane Espenson : comment rendre Spike pas trop antipathique alors que c’est lui le méchant ? En l’acoquinant avec Harmony !!! Tu parles d’un winner… La torridissime Mercedes McNab est tellement énorme qu’elle vole la vedette à Marsters, ce qui n’est pas un mince exploit. Harmony est une inépuisable source comique. Spike est drôle tant qu'il est écrasé par ce boulet en diamant massif, mais quand il ridiculise la Slayer pendant le combat, il est limite vulgaire, ça fait tâche. Anya se jetant sur un Xander pas spécialement pressé, avec Emma Caulfield en roue libre, est un régal : 9 ans avant le Mitch de How I met your mother, Anya avait déjà compris l'efficacité de la stratégie du naked man (et plus encore, celle de la naked woman). Lorsqu’Harmony quittera Sunnydale, Anya prendra sans peine la relève de Cordélia, et imprimer son génie burlesque à une échelle encore plus stratosphérique. C’est d’ailleurs son humour ainsi que celui de Spike qui sera un des meilleurs atouts de cette saison 4.

Le final avec les trois jeunes femmes déçues par leurs hommes n’est pas sans maladresse. Pour Buffy et Harmony, on comprend, mais Anya est allée trop vite, et a tout fait pour échouer à avoir une relation solide. Petit accès de misandrie ? Ce nouvel épisode hors sujet est sauvé par ses interprètes féminines et par Spikounet.

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La critique d'Estuaire44 

Hey, I don't have a pulse. Cool ! Can we eat a doctor so I can get a stethoscope and hear my heart not beating ?

L’épisode se montre entrainant et peut se regarder tel quel avec grand plaisir,  alors qu’il n'est que la première partie d'un double opus se prolongeant chez Angel (Spike fait le voyage à LA pour retrouver l'anneau chez son si cher ami « chaleureuses » retrouvailles au programme). L'histoire apporte de bonnes nouvelles, avec notamment une Buffy qui décide de continuer à vivre après le départ d'Angel contrairement à la Bella de Twilight pétrifiée sans son Edward. Qu'elle connaisse une aventure malheureuse est assez logique, elle reste pure malgré ses combats et le vil séducteur n'en pas fini avec la Slayer. On enregistre le retour du Spike et surtout d'Harmony, finalement rescapée (si l’on peut dire) de la Bataille de Sunnydale.

Une grande idée, car elle se montre hilarante et l'association avec Spike résulte énorme. Le vampire punk n'aime visiblement pas s'ennuyer en ménage. Les dialogues regorgent de pépites humoristiques, chez le couple maudit comme chez les observateurs abasourdis (Will savourant le fait qu'Harm ne pourra plus se mirer dans un miroir). Anya continue à s'installer dans la série et que Xander cesse de papillonner, c’est aussi bien vu. Les temps changent, le récit décrit judicieusement l'évolution sentimentale et personnelle des Scoobies. Bon, Spike est (encore) un Big Bad, la Slayer a logiquement du mal lors de son combat avec lui, surtout aidé de l'anneau. La dimension diurne de l’affrontement permet également d’en  renouveler les effets.

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  • Retour de Spike et d'une Harmony devenue Vampire suite aux évènements de Graduation Day. Une idylle dysfonctionnelle va naître, ce qui nous vaudra l'un des couples les plus amusants de la série.

  • Nous découvrons un nouveau décor régulier, avec la cave familiale où réside désormais Alex.

  • Sarah Michelle Gellar renâcla à l’idée que Buffy passe une nuit avec un garçon, si peu de temps après le départ d’Angel. Mais Whedon maintint l’évènement, se basant sur ses souvenirs quant à l’atmosphère universitaire…

  • La cicatrice que découvre Parker sur le cou de Buffy est la marque laissée par Angel lorsqu’il a bu son sang dans Graduation Day.

  • Harmony se demande si Antonio banderas est un Vampire. Il en effectivement incarné un, le sombre Armand, dans Entretien avec un vampire (1994), l’adaptation réussie du fascinant roman d'Anne Rice.

  • L'album qu'Oz juge très important est Loaded, le dernier des Velvet Underground réalisé avec Lou Reed (1970).

  • L'épisode constitue la première partie d'un second cross over avec Angel, car Buffy va expédier le Joyau d'Amara à ce dernier, via Oz. Spike va se rendre à Los Angeles pour récupérer le bijou et rendre visite à son vieil ami pour évoquer le passé autour d'un verre de bon vin. Bien entendu Angel détruira la bague après une ultime contemplation du crépuscule, c'est Angel. (In the Dark, 1-03).

  • Après cette aventure, Spike s'installera définitivement à Sunnydale (hormis lors de son expédition pour récupérer son âme). Il va devenir un grand atout comique de cette quatrième saison.

  • Anya est de retour et l’on peut dire qu’elle est définitivement Anya.

  • Le chanteur et guitariste Bif Naked interprète trois de ses chansons lors de la soirée : Anything, Lucky et Moment of Weakness.

  • Quand Spike et Harm sont au lit, on entend la chanson Faith in Love des Devil Doll, un groupe de rock expérimental italo-slovène (1987-1997), mêlant le rock gothique à des airs traditionnels slovènes.

  • Lors de la diffusion initiale de l’épisode par la BBC, l’équivalent britannique du CSA, l’Ofcom, se plaindra officiellement du le teneur explicitement sexuelle du récit

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4. LE DÉMON D’HALLOWEEN
(FEAR ITSELF)

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Scénario : David Fury

Réalisation : Tucker Gates

L’université fête Halloween dans une grande maison. Oz actionne par erreur un sortilège qui invoque le démon de la peur. Bientôt, des événements surnaturels ont lieu et paralysent de peur les étudiants. Piégés et séparés les uns des autres dans la maison hantée, le Scooby tente de se rassembler, mais chacun est confronté à sa pire peur. Anya et Giles tentent de leur porter secours…

La critique de Clément Diaz 

- I am the Dark Lord of nightmares, the Bringer of terror ! Tremble before me, fear me !
- He... he's so cute !

Malgré quelques relents estudiantins, Fear itself marque un notable progrès. David Fury assure ses arrières en composant une intrigue Fantastique crédible avec le bon vieux thème de la maison hantée - réexploité plus tard en cette saison ainsi que dans le Room with a view d’Angel, réussites à chaque fois - L’intrigue est de plus bien mêlée avec la psychologie : les peurs les plus profondes des personnages. Par rapport à Nightmares en saison 1, le Scooby a mûri, avouant des peurs plus adultes. Buffy condamnée à se battre sans repos et solitairement, Xander invisible car étant toujours « à part » dans le groupe, Willow effrayée de ses dons de sorcière qui peuvent blesser- elle ne sait pas à quel point c’est prémonitoire ! - et Oz de sa lycanthropie - lui aussi en paiera un prix douloureux.

On remarquera que la peur de chacun de nos héros est liée à leur relation à l’Autre. Pour détourner Sartre : l’enfer c’est les autres, quand ils sont liés à nos peurs. Excellente réalisation de Tucker Gates, un des meilleurs metteurs en scène de séries américaines. Le décor de la maison hantée, et ses quelques effets spéciaux, foutent sacrément les chocottes. Au milieu de l’effroi, quelques rires pointent le bout de leur nez avec l’apparition insoutenable de Giles avec un sombrero, ou le costume épique d’Anya (toujours aussi rentre-dedans, l’Anya, elle est trop chou, on l’aime déjà). Quoique la plus grande scène de l’épisode est certainement Giles tronçonneuse à la main ! (Bon, y’a aussi Buffy qui casse trop vite la marque). Dommage alors de tout gâcher par un final clownesque, certes compréhensible et juste métaphoriquement, mais qui n’a plus rien à voir avec l’atmosphère de terreur jusque-là.

L’intrigue en elle-même ne démarre qu’à la seconde moitié, toute la première tirant à la ligne avec les souffrances intérieures de la Slayer. Dans l’ensemble, c’est un épisode avec un très bon traitement de la fête d’Halloween.

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La critique d'Estuaire44 

Un très bon épisode d'Halloween, avec l'idée astucieuse du recours à la frayeur intime de chacun On y trouve une ribambelle d'excellents gags comme Xander se déguisant en 007 au cas ou le maléfice de la saison 2 serait de retour ou Anya en roue libre, etc. on s'amuse vraiment tout en respectant le code à la fois  rigolo et horrifique de la Fête (c’est assez l’épisode Tales from the Crypt de la série) Les décorateurs de la série fournissent vraiment un grand travail avec ce manoir à la Famille Addams.

Tout comme en première saison avec Nightmares, la conclusion souligne à juste titre que, considérées de face, nos peurs se résument à peu de choses, un bel appel à se surpasser. Anya déguisée en lapin demeure l’une des images souvent remémorées de la série.

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  • Le titre fait référence à une célèbre citation du discours inaugural de la présidence de  Roosevelt (1933) : This great nation will endure as it has endured, will revive and will prosper. Let me assert my firm belief that the only thing we have to fear is fear itself.

  • Giles s'exclame It's alive, à propos de la poupée. Il s'agit de la réplique devenue cultissime du Frankenstein de 1931, avec Boris Karloff.

  • Se souvenant de la précédente aventure d'Halloween, Alex s'est déguisé en James Bond. Buffy est elle déguisée en petit chaperon rouge, Oz en Dieu (une simple inscription sur son costume) , Willow en Jeanne d’Arc, avec qui elle déclare partager plusieurs points communs (elle faillit finir sur le bûcher et a une relation très intime avec « Dieu »). Le costume le plus inoubliable demeure cependant celui d'Anya, déguisée en lapin géant.

  • Quand les étudiants de la fraternité préparent la fête on entend la chanson Kool, de 28 Days.

  • En début de soirée, la projection de papier toilette est accompagnée du titre Ow Ow Ow des  Third Grade Teacher.

  • Quand les Scoobies arrivent à la soirée on entend Pretty Please, de Verbena.

  • Alex a loué Fantasia au lieu de Phantasm (1979), un film d’horreur au très petit budget mais culte chez les amateurs du genre. Ila connu trois suites.

  • En entrant dans la maison hantée, Buffy évoque Abbott et Costello, un duo d’humoristes américains très populaire dans les années 40 et 50.

  • Nous découvrons la terreur que suscitent les lapins chez Anya, ce qui deviendra un gag récurrent de la série.

  • Le sac avec lequel Giles arrive est à l’évidence trop petit pour contenir la tronçonneuse.

  • Buffy a cours le jour d’Halloween alors qu’en 1999 la fête tombe un dimanche.

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5. BREUVAGE DU DIABLE
(BEER BAD)

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Scénario : Tracey Forbes

Réalisation : David Solomon

Déprimée par son aventure lamentable avec Parker, Buffy se console en rejoignant un groupe d’étudiants amateurs de bière. Le problème est qu’un mauvais plaisantin a introduit quelque chose dans le breuvage de Bacchus, transformant tous les buveurs en hommes et femmes des cavernes, dont Buffy elle-même !…

La critique de Clément Diaz 

- Want beer. Like beer. Beer good.
- Beer Bad. Bad, bad beer. What the hell am I saying ? Buffy, go home and go to bed.

Lorsque les producteurs se mêlent de la création artistique, le résultat est souvent loin d’être transcendant. La chaîne et le studio ordonnèrent à Joss Whedon de délivrer sous forme d’épisode un message de prévention pour les jeunes contre les dangers de l’alcool - et accessoirement du sexe à tout va. On comprend que le Boss, peu ravi de cette exigence, ait délégué à la débutante Tracey Forbes le soin d’écrire ce long clip pesant et démonstratif de 42 minutes. Preuve que la scénariste ne pensait pas ce qu’elle écrivait, elle imaginera plus tard cette saison un épisode, lui très réussi, défendant les thèses inverses (non au puritanisme, oui aux plaisirs de la vie).

Cet interminable spot anti-bière et anti-sexe consterne sans discontinuer. Le « Fantastique » ne décolle qu’à la 28e minute. Avant cela, on assiste à la déchéance de Buffy dans la vulgarité, mais d'une manière grossière et manichéenne. Buffy qui se lamente tout le long que méchant Parker l’ait largué, et réduite au rôle de blonde cruche, limite putassière, est une trahison du personnage. Le quatuor d’abrutis (on remarque la présence de Kal Penn, le futur Kutner de Dr.House) n’a aucune aura, il n’y a même pas de vrai méchant non plus. Lorsque la métamorphose s’accomplit, on reste effaré par si peu de subtilité : méfiez-vous de la bière, ça vous transforme en bêtes sauvages. Une application aussi littérale est non seulement contre-productive, mais n’aboutit qu’à des scènes nanardesques où les victimes cassent, foutent le feu, font peur aux filles, etc. Très série Z. Buffy abandonne aussi son féminisme pour de la misandrie pure et simple : Willow en a marre des hommes, et comme par hasard, notre gentil Oz est tenté par une belle créature. Tous les hommes sont mauvais, toutes les femmes sont des victimes, raccourci qui évoque les caricatures dont The L Word en fera plus tard son miel. Bon, allez, Buffy en femme préhistorique, et Willow qui joue à la fausse idiote devant un Parker beau parleur, c’est pas mal quand même. Misandre, puritain, pachydermique, un épisode qui fait tâche.

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La critique d'Estuaire44 


L’épisode a toujours résulté particulièrement controversé, souvent cité parmi les plus mauvais épisodes de la série, même s'il compte quelques défenseurs. J'ai tendance à être plutôt indulgent. C'est une pochade Captain Cavern mais Sarah Michelle Gellar s'en tire étonnement par le haut, vraiment à l'aise sur le registre humoristique.

Mine de rien le scénario est conduit efficacement, avec le plaisir de voir s'abattre un juste châtiment sur le vil séducteur. Elle donne déjà un premier aperçu, certes  partiel, de la Première Tueuse, quasi préhistorique. Avec Jean Jacques Annaud on avait la Guerre du feu, là on a la Guerre de l'Eau de Feu. Et puis on y retrouve quelques (lointains) souvenirs étudiants, les mètres de bière de Rouen, au Gros Horloge, la Rue de la Soif derrière la mairie de Rennes, les caves bordelaises... Nostalgie. Mais c'est vrai qu'un épisode bière sans Spike, c'est dommage !

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  • Alex a appris son nouveau métier de barman en regardant Tom Cruise dans Cocktail (1988).

  • En Californie, la majorité civique est fixée à 18 ans mais c'est effectivement seulement à 21 que l'on a le droit de consommer de l'alcool.

  • Alex appelle Giles, à propos de la  jeunesse agitée de celui-ci, Mister I spent the 60s in an electric-kool-aid-funky-satan-groove. Il s'agit d'une référence au livre de Tom Wolfe The Electric Kool Aid Acid Test, décrivant le mouvement Hippie (1967). Ceci-dit Ripper n'a jamais été un Hippie !

  • L'épisode valut à la série l'une de ses rares nominations aux Emmy, pour la... Plus originale coiffure ? Oui, il s'agit bien de celle de la Buffy des cavernes et de ses camarades de buverie

  • Au Bronze, on entend le groupe étudiant Shy, mené par Veruca. Il s’agit en fait de THC, qui interprète son tire Overfire.  Il s‘agit d’un ensemble électro de Los Angeles (1996-1999) dont la vraie chanteuse est Sarah Folkman. Shy réapparaîtra dans Wild at Heart.

  • La chanson choisie par Alex au jukebox est Nothing but You, de Kim Ferron

  • La chanson que la Buffy des Cavernes écoute à la télé est Ladyfingers, interprétée par Luscious Jackson, groupe de rock alternatif new yorkais..

  • Le patron du bar évoque un beau-frère sorcier. Il n’en fallu pas plus pour que de nombreux fans imaginent qu’il s’agissait d’Ethan, dont on retrouve effectivement l’humour suave. On note que l’employeur d’Alex est sans doute le méchant qui s’en sort le mieux de toute la série (avec Andrew), il faut dire que l’épisode ne lui donne pas tout à fait tort.

  • Aucun Vampire ne participe à l’épisode.

  • Buffy en termine avec Parker, qui se prend également un râteau avec Willow (qui semble bien dégoutée par les mâles.). On ne pourra pas dire que Parker ne perd jamais.

  • L’épisode est généralement considéré par les fans comme l’un des plus faibles de la série, notamment du fait de son aspect puritain. D’autre part, de nombreux spectateurs attendaient impatiemment la résolution de l’énigme représentée par les militaires masqués (la future Initiative) et furent particulièrement déçus que ceux-ci restent totalement absents du récit.

  • Alex utilise une expression française : Au contraire, mon frère, mais il est en train de parler à Willow ! Buffy le lui signale et Xander corrige justement : My girl-frère !

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6. CŒUR DE LOUP-GAROU
(WILD AT HEART)

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Scénario : Marti Noxon

Réalisation : David Grossman

Oz éprouve une violente attirance pour Veruca, une étudiante de la faculté. Il ne comprend pas pourquoi jusqu’à ce qu’il découvre son secret. Les conséquences sur sa relation avec Willow seront cataclysmiques…

La critique de Clément Diaz 

Veruca was right about something. The wolf is inside me all the time. And I don't know where the line is anymore, between me and it. Until I figure out what that means, I shouldn't be around you. Or anybody.

Cet épisode fait très mal, car il marque le départ d’Oz, Seth Green ayant soudainement décidé de quitter la série peu avant le début de la saison. Un choix qui obligea le Boss à revoir une bonne partie de l’arc de sa saison. Mais n’oublions pas que Joss Whedon est un génie, et de cette réécriture forcée, émergera une des plus révolutionnaires et superbes relations amoureuses de la télévision. Mais n’anticipons pas… Ce virage soudain, Marti Noxon arrive plutôt bien à le négocier, malgré une certaine frustration devant la précipitation des événements.

Indépendamment de l’événement, Wild at heart renoue enfin avec la veine de la série : moins de scènes de campus, plus de Fantastique, évolution des personnages. L’épisode se veut émouvant et un tournant de cette saison. Il l’est. Malgré une introduction comique (Spike se faisant « taser » par les militaires), le drame prend sa place dès que Veruca apparaît. Le rebondissement sur sa véritable nature est bien trouvé, tandis que la métaphore du désir sexuel dévorant via la lycanthropie est explorée avec le même succès que dans Phases. Veruca est à Oz ce que Faith est à Buffy (en comportement, non en psychologie) : la face tapageuse, sulfureuse, égoïste, bestiale du héros, à laquelle Oz est tenté. Paige Moss est excellente en séductrice fatale. Rien de pire qu’un ennemi qui vous ressemble tant, cela renforce son aura tout en affaiblissant le héros. Seth Green, pour la première fois de la série, fêle son image de stoïque ; le résultat n’en est que plus étincelant. C’est avec justesse que l’intrigue se resserre autour du trio Willow-Oz-Veruca. Alyson Hannigan est en or, habitée par la révolte, la colère (premier égarement dans la magie noire, ce ne sera pas le dernier, oh que non), et le chagrin de son personnage. Les batailles sont bien féroces, et on sent vraiment la confusion qui s’abat sur notre pauvre Oz.

Cela dit, le crescendo de dramatisme est allé au pas de charge, et on a un peu de mal à comprendre pourquoi Oz ne dit pas d’entrée de jeu la vérité à Willow. L’excuse trouvée pour son départ n’est guère convaincante, on sent que la scénariste a dû écrire à la hâte. Et puis Oz qui s’en va, ça fend le cœur (personnellement, plus qu’Angel, dussé-je faire hurler les fans).

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La critique d'Estuaire44 

L'un des très bons épisodes de la saison, comme toujours quand l'histoire se centre sur Willow/Oz.  On y trouve beaucoup d'action et de suspense, comme un mini revival de la première période de la série, l’Université revêtant des allures du vieux Sunnydale High.. Cette fois on ne pourra pas dire que le récit est misandre, avec une antagoniste féminine parfaitement taillée pour renvoyer une image à la fois sombre et si proche d'Oz. C'est bien joué, d'autant que la jeune actrice est impeccable. Le costume de Garou est en progrès mais il peut encore mieux faire.

Alyson et Seth crèvent encore l'écran, mais on reste tout de même frustré par la soudaineté du départ d'Oz, surtout après celui d'Angel, si bien profilé tout au long de la saison 3( en plus il n'est pas loin, les deux séries demeurent encore très connectées). Fort heureusement OZ sera de retour dans un épisode supplémentaire, pour de plus mémorables adieux (New Moon Rising). Jusqu'au revoir, donc ! Et puis Buffy contre les Vampires enregistre le retour cette fois définitif du Spike, qui ne s’absentera plus que par intermittences et qui va devenir le grand moteur comique de la présente saison. L’épisode synthétise habilement  les thèmes majeurs de la Lycanthropie, adaptés au Buffyverse.

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  • Oz quitte la série comme personnage régulier. Seth Green s'en allant tourner Les hommes de main (2001), aux côtés de John Malkovich et de Vin Diesel. Ce départ vient contrecarrer le plan initial de Whedon, qui prévoyait un prolongement du triangle amoureux Oz/Willow/Veruca sur plusieurs épisodes. Whedon indiqua avoir incorporé une part de ses sentiments personnels dans la souffrance exprimée par Willow.

  • Oz apparaîtra une dernière fois dans New Moon Rising, cette même saison.

  • Spike est de retour ! Comme chez Angel (In the Dark) il commence par observer son adversaire en débitant des commentaires acérés mais cela se termine plus mal pour lui.

  • Il est le premier à utiliser l’expression Big Bad, qui restera attachée aux adversaires récurrents de Buffy,  dominant leur saison.

  • On entend deux nouveaux titres de THC, le groupe interprétant réellement les chansons de Veruca et de ses amis : Dip et Need to Destroy.

  • Buffy compare Veruca à la chanteuse Fiona Apple et rajoute Color me bored. Fiona Apple est réputée pour son côté asocial et physiquement évoque en effet vaguement Veruca. Elle est cependant végétarienne !

  • Le décor extérieur de la résidence de Giles se situe à Greenwood Place, à Los Angeles. Ce complexe résidentiel, El Pueblo, est connu pour servir également de décor aux héros de la série Melrose Place.

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7. INTRIGUES EN SOUS-SOL
(THE INITIATIVE)

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Scénario : Douglas Petrie

Réalisation : James A. Contner

Attiré par Buffy, Riley Finn demande des conseils à Willow pour pouvoir l’aborder. Riley est toutefois bien plus qu’un simple étudiant… Pendant ce temps, Spike est capturé par une mystérieuse organisation militaire en vue d’être un cobaye pour leurs expériences. Spike s’échappe, mais découvre avec horreur que les militaires lui ont implanté une puce aux effets inattendus…

La critique de Clément Diaz 

Now, if you'll excuse me, I need to go find something slutty to wear tonight.

The Initiative pose enfin le fil rouge de cette saison 4 qu’on attendait impatiemment… ainsi que le deuxième poison de la saison : cette fameuse Initiative qui se mélange assez mal à l’univers de la série. Après un début estudiantin insipide, Petrie balance enfin à la corbeille le soap pour la comédie romantique. La discussion Riley-Willow entre coolitude du premier et pas-du-tout-coolitude de la seconde est assez drôle. Will qui joue les coachs en séduction donne une autre idée du personnage. Elle est toujours plus adorable : elle a beau avoir ras-le-bol des hommes, elle est solidaire de Riley. On remarque comment les acteurs parviennent à ne pas tomber dans le piège de la tension sexuelle ; le body language fermé d’Alyson Hannigan et de Marc Blucas sont judicieux. Pendant ce temps, passage hilarant avec la battle royale Harmony/Xander, l’un des plus grands moments de n’importe quoi de la série. Au passage, Mercedes McNab continue à être aussi bombasse que désopilante. Le double twist central augure de jolis conflits d’intérêt à l’avenir.

Ah, le Spike est de retour ! Horreur, il ne peut plus faire de mal. Un énorme retournement de situation. Whedon n’a peur de rien et assume son choix (le retrait de la puce n’aura lieu qu’à… la fin de la série !). Dans le Buffyverse, chaque personnage peut passer d’un côté de la barrière à l’autre, mais qui aurait parié un kopek sur Spike ?!! Heureusement, ça n’enlève rien au charisme de Marsters lors de la scène cultissime avec Willow, parodie d’impuissance sexuelle qui fait mouche à chaque réplique. L’auteur s’est lâché. C’est si décalé, si improbable, les acteurs sont tellement drôles. Alors qu’importe si le final n’est pas tout à fait la hauteur. Un épisode de bonne facture.

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La critique d'Estuaire44 

Un épisode clé dans le développement de la saison, de plus riche en scènes d'anthologie. Le choc des titans entre Xander et Harm est absolument hilarant, il fait partie de ces scènes dont on se demande comment es acteurs arrivent à ne pas s'écrouler de rire. Merci au ralenti de nous permettre de bien profiter de moment au delà de l'épique. Le relationnel entre Will et Riley est bien vu, cela évite aussi à notre amie rousse de ne pas se voir minorée car désormais esseulée (pas pour longtemps). C'est vrai que la saison met du temps à se mettre en place mais Whedon est trop clairvoyant pour ne pas se rendre compte que son futur Big Bad n'est pas assez substantiel, alors il équilibre. Ici il opte pour un comédie sentimentale classique bien amené, autour des secrets du couple en devenir.

Le coup de la puce de Spike est une géniale idée de scénariste. Whedon devait satisfaire la clameur des fans qui réclamaient haut et fort le retour définitif de l’Anglais, il trouve ainsi le moyen de lui éviter un duel avec Buffy tout en le configurant progressivement comme le bad boy du gang. Mais cette saison Spike est encore 100 % Evil et il faudra se méfier de sa ruse... D'ici là il va consumer sa frustration en de multiples répliques assassines, tout en subissant moult quolibets, un grand rôle comique, idéal pour Marsters. L’épisode pourrait décevoir pour le relatif manque de scènes d’action que l’on envisageait accompagnant la révélation de l’Initiative, mais les auteurs assument totalement leur option de comédie, c’est une qualité.

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  • Quand Spike cherche Buffy sur l’ordinateur, il lit en fait la liste des membres de l'équipe technique de la série.

  • James Marsters remplace Seth Green au générique.

  • Il reste curieux que les monstres et vampires soient manipulés par les scientifiques en l’absence complète de militaires.

  • Le tatouage de Riley est en fait la devise des Marines : Semper Fi, pour Semper Fidelis (Toujours fidèle).

  • Cela commence à se développer entre Riley et Buffy. Riley a d'ailleurs recours à, l'accroche la plus romantique de la série : (Did Willow tell you I like cheese ?).

  • Quand Spike fait semblant d’être évanoui, du sang a effectivement disparu de la pochette. On peut se demander où celui-ci est passé, puisque Spike n’en a pas bu et que l’on n’en voit aucune trace sur le sol.

  • Willow écoute la même chanson lors des visites de Riley et Spike. Il s‘agit de Welcome, de Jake Lee Rau

  • Quand Spike arrive, Harmony est en train d’écouter Like We Never Said Goodbye de Nikki Gregoroff.

  • On entend Bodyrock, de Moby, quand Buffy et Willow parviennent à la fête.

  • Tandis que Riley et Willow discutent, Buffy danse sur Never Say Never, de That Dog

  • Parmi diverses autres suppositions, Spike imagine qu’il a été enlevé par des Nazis. Il a effectivement croisé leur chemin par le passé, comme raconté dans l’épisode d’Angel (Why We Fight, 5-13).

  • Prononcé par Willow, on entend le vrai nom d’Oz pour le première et la dernière fois : Daniel Osbourne.

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8. L’ESPRIT VENGEUR
(PANGS)

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Scénario : Jane Espenson

Réalisation : Michael Lange

*Cet épisode s’enchaîne à l’épisode 1.07 Enterrement de vie de démon de la série Angel et connaît une suite dans l’épisode 1.08 Je ne t’oublierai jamais de la même série Angel.

Spike, désormais inoffensif, et mis à la porte par une Harmony lassée de son machisme, propose au Scooby de leur vendre des informations sur l’Initiative, s’ils l’hébergent quelque temps. Lors de travaux de chantier, Xander libère accidentellement un esprit indien. Cet esprit en libère d’autres, et tous ensemble, attaquent la maison de Giles où le Scooby préparait Thanksgiving. Averti par une vision de Doyle, Angel part à Sunnydale aider Buffy tout en restant incognito.

La critique de Clément Diaz 

- We're just assuming someone else cut off the ear. What if it was self-inflicted, like van Gogh ?
- So... She brutally stabs herself, dumped the body, then cut off her own ear ?
- No. She cut off her ear, then killed herself, then dumped the body… I'm really off my game, aren't I ?

Fête américaine aux résonances presque nulles chez nous, le thème de Thanksgiving apparaît très limité au public étranger. On comprend que les américains ont dû apprécier que le Scooby fasse sa mission tout en préparant le repas, mais cela diminue l’intérêt intrinsèque de l’épisode. Jane Espenson attire quelque peu l’intérêt en dissertant sur la signification de cette fête pour chacun des personnages (Buffy et Xander = fiesta, Willow = boycott, Giles et Spike = vae victis, Anya… bon, Anya quoi).  Le deuxième thème concernant le problème indien (Native american corrige Buffy) est exposé avec plein de générosité via l’humaniste Willow, mais ces interventions virent au déballage de bons sentiments aveugles. Il est agaçant que Willow ne comprenne pas la mesure de la situation (même Anya est plus dans la réalité, c’est dire). Les deux derniers actes se passant chez Giles virent au débat idéologique. Ce serait intéressant dans The West Wing (qui y a consacré un bel épisode), mais c’est déplacé chez Buffy. Ce n’est pas qu’on soit insensible à cette sombre page de l’histoire américaine, mais on a plus affaire à des plaidoyers/réquisitoires qui phagocytent une intrigue Fantastique brodée rapidement (vengeance de l'esprit vengeur qui veut venger les siens). On se demande par ailleurs pourquoi Doyle a eu la vision de Buffy, obligeant Angel à venir. Il devrait venir à chaque épisode vu les dangers mortels que court la Tueuse chaque jour !

Heureusement, Spike est là. Son alliance forcée avec le Scooby (méga ravis de le voir) donne les meilleures scènes (bon, y’a aussi Harmony qui le fout à la porte). Ce qu’on adore chez Spike, c’est que même au fond du gouffre, il ne perd jamais son côté fun. Le voir remettre à sa place Willow ou se trémousser vainement sur sa chaise est un spectacle hilarant. Xander syphilitique avec une Anya compréhensive, c’est du tout bon aussi. La gaffe finale est d'une drôlerie absolue, mais sera dans Angel le point de départ d’un des plus sublimes épisodes toutes séries confondues.

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La critique d'Estuaire44 

La fête du jour  parlera moins au public hexagonal que Noël, voire qu'Halloween. Mais il reste touchant de voir Buffy s'acharner à la mener à bien pour les siens, tout comme lors de la fête de fin de lycée. L'épisode sur les Amérindiens et leur folklore fait partie des figures imposées pour les séries américaines fantastiques (le loup garou des X Files, les insectes de Supernatural, etc .), Whedon s'en tire bien avec ce joli pastiche des figures imposées du Western (les Scoobies arrivant à la rescousse comme la cavalerie de naguère), c'est très amusant.

Xander et Spike rivalisent de vannes, sur des registres différents, le Vampire aux crocs rognés s’impose comme l’un des moteurs de l’équipe. Voir ce dernier convié à la table (même attaché) est encore renversant, quelque part il fait déjà partie de la famille. Angel est surtout là pour assurer le prologue de la seconde partie du cross over, voyant Buffy débouler toute furax à L.A., pour l'un des épisodes les plus mémorables de leur relation (I Will Remember You). Le missile décoché par Alex à l'ultime seconde est également énorme.

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  • Giles demeure encore très anglais, puisqu'il aime les Mushy Peas. Cette purée de  pois secs, sucrée et salée, parfois aromatisée à la menthe, est l'accompagnement traditionnel des fameux Fish and Chips.

  • Après bien des échecs, Alex finit par trouver sa voie, le bâtiment, où il va accomplir une belle carrière au fil de la série.

  • On pourrait croire que l’esprit de la vengeance est l’ennemi de Buffy le plus dépourvu d’humour et de fantaisie, mais c’est uniquement parce qu’Adam n’est pas encore apparu.

  • Les Chumash sont vraiment une tribu indienne de Californie. Jane Espenson indiqua que l’écriture de ce scénario lui demanda plus de recherches que toute autre de sa carrière. Les costumes demeurent cependant inexacts, du fait des contraintes budgétaires.

  • Anya affirme que c'est la première fois qu'elle rencontre Angel. C'est pourtant déjà arrivé dans Dopplegangland et Graduation Day.

  • Le Doyen aurait effectivement pu être ciblé par l’esprit vengeur, en effet il se nomme Guerrero, ce qui signifie guerrier en Espagnol.

  • Les vacances permettent, plus ou moins, de justifier la passivité de l’Initiative devant ces différents meurtres.

  • Elevé dans l’Amérique rurale, Riley estime que les tableaux de Grant Wood (1892-1942) symbolisent parfaitement son enfance. Ce peintre a en effet souvent représenté les coutumes et les modes de vie du Midwest. Il en va ainsi de son œuvre la plus connue, American Gothic.

  • Troisième cross over pour Buffy/Angel (après le téléphone et l’anneau d’Amara), annoncé par une vision de Doyle dans Bachelor Party (Angel, 1-07).La Tueuse, ulcérée qu'Angel ne soit pas venu la voir, va se rendre à Los Angeles pour lui exprimer son sentiment là-dessus (I Will Remember You, 1-08). Les deux parties du double épisode furent diffusés la même soirée. 

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9. LE MARIAGE DE BUFFY
(SOMETHING BLUE)

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Scénario : Tracey Forbes

Réalisation : Nick Marck

Ne se remettant pas du départ d’Oz, Willow plonge à corps perdu dans la magie. Elle active sans s’en rendre compte un sortilège qui exauce tous ses vœux. Résultat, elle rend Giles aveugle, fait de Xander un aimant à démons (femelles), et pire que tout… Buffy et Spike désirent maintenant se marier !

La critique de Clément Diaz 

- Don't I get a cookie?
- No.
- Well, I gotta have something. I still have Buffy taste in my mouth.
- You're a pig, Spike.
- Yeah, well, I'm not the one who wanted Wind Beneath My Wings for the first dance.
- That was the spell !!

Something blue et son vent de folie décalée est le premier petit chef-d’œuvre de la saison qu’on attendait. L’auteure s’attaque à un thème qui a souvent porté bonheur à la série : Méfiez-vous de vos souhaits, ils pourraient être exaucés, mais à l’humour de l’appliquer… littéralement ! Les vingt premières minutes sont surtout centrés sur le spleen de Willow, bien rendu grâce à notre merveilleuse Alyson Hannigan. Loin de la lumière pétillante de son personnage, il est émouvant de voir Will prisonnière de ses sentiments (grinçante scène de la bouteille de bière). Pour pas trop déprimer, on intercale les batailles de vannes entre Spikounet (fan de soap opera !) et la Buff qui en font un max. Leur animosité, caricaturée à l’absurde, nous vaut des moments exquis, pour préparer avec un maximum d’impact le retournement central.

La farce burlesque est alors déclenchée : l’apparition-disparition d’Amy, la cécité progressive de Giles, Xander aimant à démons femelles… littéral, et surtout surtout… Buffy et Spike fiancés ! Dialogues énormes et gags loufoques se succèdent à vitesse grand V, même si on retient surtout le déphasage de Buffy-Spike dans leur petit nuage et leurs ridicules disputes de couple. James Marsters et Sarah Michelle Gellar forment un couple méga improbable mais on marche à fond dans la combine. Il y’a aussi la scène Buffy-Riley qui carbure au délire total ce qui nous vaudra d’ailleurs une plaisante contorsion finale. L’entrée en fanfare de D’Hoffryn couronne le bal des givrés. Voir Will convoquée par le mentor d’Anya est un hilarant malentendu. Le réveil de gueule de bois pour Spike et Buffy est tordant. Bien que pas tout à fait aussi barré que d’autres opus décalés (Jonathan le superhéros dès cette saison), ce coup de fouet tonique met du baume au cœur !

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La critique d'Estuaire44 

L'épisode a l'idée très maligne de se débarrasser de tout le cérémonial du Génie de la Lampe, pour en conserver la substantifique moelle. Cela permet de dynamiser le récit et de multiplier les vœux aux conséquences insensées à souhait. On rit beaucoup, de plus sur une variété très large, du loufoque (Buffy/Spike, avec Marsters et Sarah Michelle ayant visiblement fumé la moquette du studio), à l'humour grinçant (Giles, Amy). Il se vérifie que Spike est aussi redoutable en matière de tchatche que de bagarre.

L'épisode développe par ailleurs l'évolution des personnages, pas seulement de Willow. Se confirme ainsi le début d’une certaine addiction pour l’alcool chez Giles, Cet aspect tenant apparemment à cœur aux auteurs après Beer Bad jouera par la suite de mauvais tours à notre Observateur préféré. D'Hoffryn confirme superbement tout son potentiel. Un superbe opus, brillamment dialogué. 

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  • Buffy est de retour de Los Angeles, elle n’a effectivement aucun souvenir des évènements, puisqu’elle déclare n’avoir passé que cinq minutes en compagnie d’Angel.

  • Apparition express d'Amy, qui redevient un rat jusqu'à l'épisode 9 de la saison 6 (Smashed)

  • Pour la musique du mariage,  Buffy choisit Wind Beneath my Wings, une balade romantique très populaire de Bette Midler.

  • Le titre fait référence à une tradition anglo-saxonne selon laquelle, pour porter chance, la mariée doit porter durant la cérémonie « quelque chose de neuf, quelque chose de vieux, quelque chose d’emprunté et quelque chose de bleu.». Le neuf représente la nouvelle vie qui commence, le vieux le passé, l’emprunt symbolise l’amitié et le bleu la fidélité.

  • L’épisode ouvre une fenêtre sur la saison 6, en dévoilant trois des thèmes principaux de celle-ci : les abus de Willow en matière de magie, sa propension à utiliser celle-ci pour la vengeance (encore involontairement ici) et la relation amoureuse entre Buffy et Spike.

  • Spike est un grand fan de Passions (1999-2008), un soap opera original, car n’hésitant pas à mêler une bonne dose de  paranormal aux sagas amoureuses et familiales traditionnelles. Spike s’intéresse au destin de Timmy, une marionnette animée par une sorcière. Whedon cita cette série car Sarah Michelle Gellar en raffolait.

  • On retrouve D'Hoffryn, l’ancien supérieur d’Anya. Il est interprété par Andy Umberger, qui jouera le diabolique Dr. Ronald Meltzer, ayant la faculté de séparer diverses parties de son corps (Angel, 1-04). Le médaillon permettra à Willow de l’invoquer dans Selfless (7-05), afin de tenter de porter remède à la crise Buffy et Anya.

  • Spike est visible dans les miroirs de la résidence de Giles. Il a aussi beaucoup de chance qu’Angel ne soit pas dans les parages, cette fois ci. 

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10. UN SILENCE DE MORT
(HUSH)

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Scénario : Joss Whedon

Réalisation : Joss Whedon

Willow fait la connaissance de Tara Maclay, une sorcière timide et effacée. Trois hideuses créatures, les « Gentlemen », viennent à Sunnydale pour arracher les cœurs des habitants. Ils réduisent auparavant la ville à l’impuissance en volant les voix des habitants ! Privé de parole, le Scooby-Gang ne peut s'aider efficacement. Pendant cette nuit de cauchemar, plusieurs vérités apparaissent, et vont bouleverser la vie de chacun des héros…

La critique de Clément Diaz 

- This isn't a relationship. You don't need me. All you care about is lots of orgasms.
- Okay... remember how we talked about private conversations, how they're less private when they're in front of my friends ?
- Oh, I’m not your friend. Go on.

Premier des cinq épisodes « mythiques » de la série, Hush mérite bien sa réputation d’épisode télévisuel révolutionnaire. L’exercice de style auquel se prête Whedon, consistant à se priver des dialogues pendant 27 minutes sur 44, est aussi osé qu’exigeant, à plus forte raison pour une série renommée pour ses dialogues brillants. Il ne s’agit pas tout à fait d’une innovation, car un épisode de la série Space 2063, nommé Qui pilote les oiseaux ? s’était fait remarquer en étant très peu dialogué - Whedon le cite d’ailleurs comme influence. Cependant, la tentative du créateur va plus loin encore, en utilisant le silence non seulement comme moyen, mais aussi comme sujet philosophique. L’auteur déploie toute sa science narrative pour faire de cette restriction un atout : du silence prolongé naît une tenace angoisse tant nous sommes habitués à être entouré de paroles. Christopher Beck déploie toute sa science orchestrale pour créer une atmosphère de terreur. Les Gentlemen sont de purs méchants, déplacements frissonnants, hideux sourires, arrachages de cœur… ces mix de Nosferatu et de Freddy Krueger font de l'épisode un conte de fées pervers. Personnellement, mon monster-of-the-week favori (avec celui de Same time, same place en saison 7). Nos personnages, impuissants à parler, ne peuvent appeler à l’aide (la petite fille de l’introduction est aussi terrifiante que les jumelles de Shining).

Mais paradoxalement, la parole est aussi dépeinte comme un outil trompeur et limité. Le premier acte, aussi drôle soit-il, voit la parole malmenée : mensonges chez Buffy-Riley, peur de l’engagement chez Alex, injures dans le groupe Wicca… Et lorsque le silence tombe : miracle, d’autres langages, comme celui de l’instinct, se révèlent plus précieux et révélateurs. Buffy et Riley s’embrassent (et comme par hasard, ne sauront plus quoi dire une fois la parole retrouvée), Alex découvre son amour pour Anya, et Willow n’est plus seule : grâce au silence, elle a trouvé une autre sœur en sorcellerie en la personne de Tara, auquel Amber Benson donne une fragilité et une humilité touchantes. Leur scène où elles déplacent par télékinésie le distributeur distille un trouble romantique chaleureux. Son arrivée va beaucoup apporter à la série. Pas seulement au plan de l’évolution des mœurs à la télévision, mais aussi dramatiquement et psychologiquement. Whedon a exploité à fond son atout en philosophant sur le langage avec autant de maestria.

L’humour n’est pas absent, car la scène avec le projecteur lance quinze gags à la minute avec uniquement le visuel comme ressource (la danse macabre de Saint-Saens est un choix à pleurer de rire). Ou encore le clash Buffy-Riley à la John Woo. Whedon s’appuie également à fond sur les talents de ses acteurs contraints au mutisme, Sarah Michelle Gellar et la surdouée Alyson Hannigan en tête, qui font des interprétations ébouriffantes. Un épisode légendaire.

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La critique d'Estuaire44 

On trouve ici  l'un des joyaux de la série, souvent considéré comme l'un de ses tous meilleurs et originaux loners. La hardiesse de la narration rejoint la talentueuse sophistication de la mise en scène et de la bande son, l’interprétation contribue également à cette impression unique de cauchemar éveillé. Par sa prouesse narrative et son inventivité, Hush se discerne comme avant-coureur d'épisodes non pas simplement décalés mais hors normes, ponctuant la série de moments particulièrement forts : Restless, The Body, Once More, with Feeling, Normal Again ou encore Conversations with Dead People.

L’épisode n’a absolument rien à envier à bon nombre des classiques de l’épouvante au cinéma et réussit une superbe évocation de l’univers des Contes, avant qu’ils ne soient édulcorés par Disney. Cela reste un tour de force qu'un des opus les plus remarquables d'une série aussi supérieurement dialoguée se caractérise par son silence et son approche du thème du méta langage disjoint de la parole. . Whedon n'oublie ni l'humour ni ses personnages, Hush n'est pas un simple exercice de style gratuit. Tara réussit d'emblée son entrée dans une série connaissant déjà un long parcours, ce qui n'est jamais facile.

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  • Retour puis départ d'Olivia, décidément pas taillée pour les horreurs du monde de Buffy. On la reverra, en rêve, dans le dernier épisode de la saison.

  • Quand Olivia regarde la télévision,  sa boisson se transforme brusquement, passant du scotch à l'eau.

  • Apparition de Tara, qui crée d’emblée une connexion avec Willow, et deviendra sa petite amie lors de l'épisode Un amour de pleine lune. Dans l'épisode Quand bébé arrive (6x06) de la série How I met your mother, Lily, le personnage d'Alyson Hannigan, proposera le prénom de Tara pour son futur bébé (mais son mari le refusera).

  • Camden Toy, comédien  spécialisé dans les rôles à maquillage démentiel, joue ici l’un des Gentlemen. En saison 7 il incarnera Gnarl et le premier Turok-Han (ou Ubervamp), ainsi que  le Prince des Mensonges dans Why We Fight (Angel, 5-13)

  • Spike demande à Giles du Weetabix dans le sang qu’il ingère. Il s’agit de céréales anglaises (of course), parfois aromatisées, destinées au petit déjeuner. Un crumble original, en fait.

  • Spike le Two–Fingered Salute, qui est l’équivalent anglais du doigt d’honneur français… Cette figure de style, peu répandue aux USA, imite en fait la lettre U, désignant l’expression Up Yours ("fourre-toi ça dans le derrière").

  • Comme souvent au cours de la série, on voit de vrais journalistes à la télévision : Carlos Amezcua et Mark Kriski, de WB Los Angeles.

  • Premier baiser entre Riley et Buffy, à la fois en rêve et en réalité.

  • L’épisode contient en tout 27minutes et demi de silence.

  • Whedon indiqua s’être inspirés de nombreuses sources pour créer les Gentlemen,  films muets ou d’horreur, livres… Mais aussi le Mr Burns des Simpsons.

  • La  musique entendue durant l'exposé de Giles est la Danse Macabre, le poème symphonique de Camille Saint-Saëns (1874). Cette célèbre musique est utilisée dans de nombreux films d'épouvante et pour le générique de la série anglaise Jonathan Creek (1997-2010), dont Anthony Head est l'invité vedette du pilote.

  • Andy Hallett (Lorne dans Angel) figure parmi les étudiants, dans la scène initiale.

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11. LA FIN DU MONDE
(DOOMED)

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Scénario : Marti Noxon, David Fury, et Jane Espenson

Réalisation : James A. Contner

Buffy et Riley s’interrogent sur leur relation. Ne supportant plus son sort actuel, Spike tente de se suicider. Un cadavre d’étudiant met le Scooby-Gang sur la piste d’un groupe de démons qui errent près des ruines de l’ancien collège de Sunnydale. Leur but ? Rien moins que l’apocalypse !…

La critique de Clément Diaz 

Come on, vampires. Ungh ! Nasty. Let's annihilate them, for justice and for the safety of puppies... and Christmas right !

Doomed a un petit côté nostalgique avec ce retour en arrière : ah cette bouche de l’enfer que l’on veut rouvrir, ah une nouvelle apocalypse en vue (Encore ?! s’exclame le Scooby à l’unisson), ah le retour dans les ruines du lycée avec de la viande de Maire encore bien croustillante (Baaah !). Mais le scénario retombe dans le soap estudiantin. Les discussions entre Riley et Buffy forment un malheureux contrepoint à Hush : bavard et sans émotions. Buffy veut rompre, Riley veut pas ; c’est lourd, appuyé, répétitif. L’histoire du trio de démons ne décolle pas. On subit aussi quelques âneries : quel est l’intérêt du cadavre de l’étudiant si ce n’est pour mettre le Scooby sur la piste des démons ? Une grosse ficelle pour amener l’intrigue. Willow rétrograde en fille complexée et dépendante du regard des autres, elle qui avait pris tant de confiance en elle. Egalement un des twists les moins crédibles de la série, on passe.

Mais le trio d’auteurs échappe au zéro pointé grâce à qui ? A Spiiiiiiiiike ! Même relégué au rang de souffre-douleur, il est toujours aussi drôle, surtout avec la plus hideuse chemise de l’histoire des séries télé (quoique concurrencé par Angel au même moment dans l’épisode Raisons et sentiments de sa série). Même sa tentative de suicide est plus comique que dramatique, avec sa chute très slapstick. Le voir subir la tyrannie de… Xander est assez décalé en soi. Et puis, il y’a la bataille finale, et un Spike enfin tout heureux de balancer des beignes. Le final enchante, on a retrouvé le Spike qu’on adore. Les scénaristes se montrent subtils : tout ce que Spike aime, c’est le fun et les bagarres, peu importe qu’il serve les ténèbres ou la lumière (même si à contrecœur). Un changement a priori impossible, mais légitimé grâce à sa fine écriture. Bravo.

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La critique d'Estuaire44 

Il était de toutes manières particulièrement difficle de succéder à Hush, donc c’est finalement assez judicieusement que Whedon insère l’un de ses scénarios les plus faibles, se contenant de caricature la première grande partie de la série. Qu’importe cette bien pâle apocalypse, l’amateur des trois première saisons  ressentira une véritable émotion lors de la découverte des ruines de Sunnydale High. Les artistes de la série ont  d’ailleurs fourni un mémorable effort pour rendre le plateau aussi sinistre que possible.

La chemise hawaïenne de Spike reste également l’un des grands souvenirs de la présente période. Son "suicide" reste un grand moment d’humour absurde dans une série en ayant pourtant déjà vu pas mal en la matière.  Notre ami confirme être l'un des grands atouts de la saison, son stand up est continu. Un épisode au fond clairement insuffisant, mais se rattrapant partiellement en capitalisant sur les personnages et le soin apporté à la production (les maquillages sont également remarquables).

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  • Death, carnage - it's a Buffy party, déclare la Tueuse. Effectivement les fêtes auxquelles elle participe sont souvent mouvementes, comme dans Fear Itself, The Prom, Dead Man's Party, Surprise, etc.

  • Nous retrouvons Sunnydale High, ou plutôt ses ruines. Plusieurs références sont d’ailleurs faites à Graduation Day, la plus notable demeurant les morceaux de serpent jonchant le sol… Willow déclare que tout semble plus petit, le présent décor est considérablement plus réduit que l’ancien !

  • Riley est désormais présent au générique.

  • Percy apparaît pour la dernière fois.

  • Buffy est Capricorne, ascendant Verseau.

  • En entendant le terme de Slayer, Forrest pense d’abord au groupe de Metal se nommant effectivement ainsi.

  • L’auteur Doug Petrie dut s’absenter pour cause de mariage, alors qu’il lui incombait d’écrire le scénario de cet épisode. Invités à la noce, Marti Noxon, David Fury et Jane Espenson conjuguèrent leurs efforts pour en écrire l’histoire en un week-end.

  • La carte qu’utilise Giles pour représenter les sorties de l’Initiative représente en fait la ville de Santa Barbara, en Californie.

  • L’Initiative désigne Démons et Vampires sous le vocable d’Hostiles Sub-Terrestrials. Spike est ainsi le HST 17.

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12. 314
(A NEW MAN)

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Scénario : Jane Espenson

Réalisation : Michael Gershman

Des rumeurs sur un dangereux démon qui se cache à Sunnydale parviennent aux oreilles de Giles. Durant son enquête, il tombe sur Ethan Rayne. Dans un bar, Ethan apprend à Giles que les démons de Sunnydale vivent dans la crainte d’un mystérieux événement : le « projet 314 ». Giles s’endort à moitié ivre, mais le réveil risque d’être… brutal !

La critique de Clément Diaz 

What am I ? I'm an unemployed librarian with a tendency to get knocked on the head.

A l’évidence, le but ici était d’imaginer l'association mal assortie de Giles et Spike. Tant pis si le scénario foire a dû se dire Jane Espenson. La métaphore d’une certaine « mise en retrait » de Giles, via sa transformation en démon n’est pas mauvaise, tout comme l’ironie qui veut que seul ce bon vieux Spike le reconnaisse. Mais cette idée est balayée par une succession vertigineuse de raccourcis et facilités scénaristiques au service d’une histoire de deux lignes. Les vacheries que s’envoient les deux nostalgiques de Mother England sont parcimonieusement distribuées. Les vingt premières minutes délayent sur du vide, puisque rien ne se passe. Bon, ok, Ethan est toujours aussi roublard, amateur de mauvaises blagues (le faux poison), et Robin Sachs est toujours excellent. Mais sa discussion de potes avec Giles manque sévèrement de dialogues sonnants et trébuchants. A part annoncer la menace 314, on voit pas trop l’intérêt. La partie road-movie avec Spike est plus enthousiasmante (Giles effrayant Walsh, débile mais trop drôle) mais trop brève. Vient un dénouement laborieux à twists grotesques (le couteau en argent pas en argent, les yeux de Giles).

Riley/Marc Blucas n’est pas mauvais, le personnage est très bien, mais il reste déplacé dans la série. On pourrait le dégager qu’on ne remarquerait pas le manque. C’est bien dommage car dans quelques épisodes, le personnage exprimera un potentiel. Quelle déception de voir l’insaisissable Ethan se faire prendre par l’Initiative, le personnage ne méritait pas une sortie aussi pathétique. La poésie métaphorique irriguant d’ordinaire les scènes Willow-Tara se heurte à des facilités naïves. Oh la rose qui lévite, c’est beau comme l’antique, quel symbolisme lourdaud ! Whedon était bien plus subtil en faisant seulement se rencontrer les mains des deux sorcières dans Hush. Joli twist final, mais au final, il est conseillé de reprendre son souffle après cet épisode : quel trou d’air !

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La critique d'Estuaire44 

Evidemment on retrouve ici une énième critique très démonstrative des méfaits de l’alcoolisme, une vraie marotte de la saison. Mais on aime le portrait finalement très sensible d'un Giles se sentant un peu mis au rancard alors que Buffy atteint sa 19ème année et qu'il est le dernier à être informé de l'existence de l'Initiative, alors que jadis les Soobies se précipitaient vers lui en quête de réponses. Ce côté Lost in translation est bien rendu quand il se tourne en réaction vers son passé et l'Angleterre. C'est émouvant, d'autant qu'Ethan est clairement au moins en partie sincère lors de la scène clé du pub. Evidemment il reste Ethan et sa farce est à nouveau une merveille de rosserie.

Peut-être que le passage en monstre dure trop longtemps, mais Anthony Head manifeste une énergie communicative. Et puis la conclusion voyant la Slayer reconnaître son mentor malgré tout et affirmer ainsi la permanence du lien, résulte également touchante. Mine de rien, les failles commencent à se développer dans le Gang, On aurait aimé Qu’Ethan revienne ultérieurement, Le personange avit encore du potentiel. Heureusement, on le retrouvera en saison BD. Tout le côté Spike/Giles est hilarant, la solidarité de l’Old England est un combat.

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  • Ultime apparition (et c’est bien triste) d’Ethan Rayne dans la série, mais celui-ci reviendra en saison 8 Comics où il aidera Buffy à contrer Amy la Sorcière.

  • La coiffure d’Anya se révèle particulièrement changeante au fil de l’épisode.

  • Sans doute suite à l’accident, nous ne reverrons plus jamais la voiture de Giles. Il s’agit d’une Citroën ID Break de 1966. Les Citroën ID étaient des versions simplifiées des mythiques DS, situées plus haut en gamme. Anthony Head la conduisit très peu et se déclara satisfait de sa disparition car il ne put jamais s’acclimater au levier à vitesse de la voiture française.

  • Une scène coupée montre Spike s’extrayant de la voiture en s’exclamant I can kill demons ! I can crash cars ! Things are looking up !.

  • Quand Giles quitte son appartement sous sa forme de démon, il arrache complètement la porte. Quand Buffy arrive, la porte tient encore par un gond.

  • Nouvel épisode anniversaire pour Buffy, une tradition en mi-saison. Pour une fois la fête en elle-même se déroule normalement, hormis le spleen de Giles. La Tueuse a désormais 19 ans.

  • C’est la deuxième fois cette saison que l’un des héros connaît de graves soucis après avoir bu de la bière. De plus Giles n’en a pas fini avec l’alcool, notamment lors de sa mémorable cuite de fin de saison.

  • On retrouve le Sunnydale Motor Inn, où réside Ethan. Faith y habita avant d’être relogée par le Maire.

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13. PIÉGÉE
(THE I IN TEAM)

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Scénario : David Fury

Réalisation : James A. Contner

Pour se rapprocher de Riley, Buffy intègre l’Initiative. Mais Maggie Walsh, jalouse de l’intérêt que Riley porte à la Tueuse, a du mal à l’accepter ; de plus, son attitude assez rebelle fait d’elle une menace à ses yeux. Elle lui tend donc un piège mortel…

La critique de Clément Diaz 

- I implore you, Neisa, blessed goddess of chance and fortune, heed my call. Send to me the heart I desire.
- You know, magic at the poker table qualifies as cheating.
- That wasn't magic. I was praying. Two cards, please.

L’Initiative est une des moins emballantes idées de cette saison 4 faiblarde. Jouer sur le terrain des X-Files avec cette conspiration gouvernementale n’était pas la meilleure carte à jouer. Buffy la rebelle chez les militaires cause évidemment des chocs de cultures assez drôles, mais démons itinérants et méchante peu active ne font pas un scénario. L’Initiative est aussi incapable qu’inintéressante. La scène d’amour Buffy-Riley est montée comme un clip vulgaire, à vomir. Les personnages s’en sortent mieux, notamment avec la relation œdipienne entre Riley et Walsh, qui se sent menacée par la Slayer "chipant" son "fils". Le piège qu’elle lui prépare est cousu de fil blanc. Sur le papier, Willow désemparée par l'abandon de Buffy, ce qui la pousse vers Tara, est une bonne idée. Le Scooby, ainsi divisé, perd de sa force, mais le résultat manque alors d'énergie et d'unité. On comprend Whedon : l'âge avançant, il faut vivre sa propre vie, et cela signifie qu'on s'éloigne de nos groupes d'amis (thèse générale des sitcoms, de Friends à How I met your mother). Mais l'idée n’est pas judicieuse pour la série, dont l’atout numéro 1 réside dans ce groupe d’amis amoureusement crée et développé - la saison 7 tombera dans le même travers. Anya fait tapisserie, pourquoi les persos les plus drôles sont-ils toujours laissés de côté ?

Qui c’est qui va sauver l’épisode ? Ben oui, encore Spike. Osons dire que sans lui, on s’emmerderait grave. Ses scènes avec Giles et leurs chapelets de vannes qui fusent ne lassent jamais. Spike est à la fois traqué par l’Initiative et haï par le Scooby (mais il fait tout pour), soit un destin assez bordélique. Le tempérament comique de Marsters nous fait rire aux éclats.

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La critique d'Estuaire44 

Le problème de l'Initiative est qu'elle provient d'un univers exogène au Buffyverse, relevant de la Science-fiction et du conspirationnisme, et que la greffe ne prend décidément pas; Whedon a voulu totalement renouveler sa série, cela fonctionne dans l'évolution personnelle des héros, mais ici il n'a pas assez dosé son effet. Il tente d'en revenir à un Big Bad plus classique avec Adam, mais là aussi on va s'ennuyer.

Ceci-dit, l'épisode continue tout de même à insérer Anya et Spike comme des éléments singuliers du Gang mais toujours davantage intégrés. La saison prend son temps sur ces questions, de même qu'avec Tara et Willow, mais c'est plutôt réaliste et intéressant à suivre. Sarah Michelle Gellar pétille lors du briefing saboté avec malice par Buffy ou quand elle lance sa promesse de mort à Walsh à travers l'écran. Les deux visages de la Slayer.

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  • Décès de Maggie Walsh, tandis qu’Adam se révèle comme étant le vrai Big Bad de la saison. Walsh reviendra cependant sous la forme de techno-zombie au service d’Adam.

  • On découvre un nouveau décor régulier, celui de la crypte où habite Spike. Il y résidera les deux prochaines saisons. (en saison 7 toute le monde habite chez Buffy…)

  • Riley et Buffy franchissent le Rubicon et, pour la première après Angelus et Parker, Buffy n’a pas de mauvaise surprise au réveil.

  • Quand Buffy arrive au bronze, on entend Black Lad, groupe californien de Rock alternatif. Il interprète Keep Myself Awake.

  • Durant le combat (et les ébats) de Buffy et Riley on entend le titre Window To Your Soul, de Delerium, groupe expérimental canadien aux styles de musiques très variées.

  • Le nom de code de Maggie Walsh est Mother, ce qui ne déplaira pas aux amateurs des Avengers.

  • Il reste étonnant que Walsh soit convaincue de la défaite de Buffy contre seulement deux démons, alors qu’elle a eu le temps de découvrir de quoi la Tueuse est capable.

  • Buffy refuse de mettre un uniforme, en déclarant On me  it’s gonna look all Private Benjamin. Private Benjamin (La Bidasse,1980) est une comédie voyant une jeune femme, jouée pat Goldie Hawn, incorporer l’armée et s’y montrer ridicule.

  • Buffy découvre le gigantesque quartier général de l’Initiative. En réalité il s’agit d’un vaste hangar servant à l’assemblage d’avions.

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14. STRESS
(GOODBYE IOWA)

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Scénario : Marti Noxon

Réalisation : David Solomon

Adam, la création de feue Maggie Walsh, est désormais dans la nature, et fait déjà parler de lui. Buffy doit de plus composer avec le comportement de plus en plus violent et emporté de Riley. Elle soupçonne que la raison de ce changement se trouve dans l’Initiative…

La critique de Clément Diaz 

- You guys research the Polgara demon. I want to know where it is. When I find it, I'm going to make it pay for taking that kid's life ! I'll make him die in ways he can't even imagine !!!… That probably would've sounded more commanding if I wasn't wearing my yummy sushi pyjamas.

Ah, les choses commencent à bouger ! L’épisode fait entrer le Big Bad de la saison dans la danse : Adam, création du Dr. Armstrong, euh pardon de Maggie Walsh. Au départ, son look bigarré prête à rire, mais on rit moins quand il réduit en bouillie un petit garçon. Huhum. Aujourd’hui, dans Le Prisonnier, euh je veux dire Buffy, Riley apprend qu’il a été fiché, indexé, classé, déclassé, numéroté… soit un long parcours de déni vers l’acceptation de la vérité. Un chemin de croix douloureux fait de conflits (avec la Slayer) et de sueurs froides (pétage de câble dans le bar), que le jeu juste de Marc Blucas décrit bien. Un brave type ce Riley, tentative ratée pour l’héroïne d’avoir un mec normal.

On peut pas donner tort à Spike sur les goûts prodigieusement géniaux de la Buff. Tiens le Spike nous manque un peu là, mais le voir grommeler en voyant les militaires casser sa TV ou se faire talocher par les démons, c’est tellement drôle. Anya a quelques lignes simultanément hilarantes et romantiques (No Xander !), Love you Anya. Par contre pas nette la Tara qui fout en l’air le sortilège de Willow. Whedon sème une graine de doute, et attend que ça germe (à la saison suivante), c’est toujours efficace. Willie qui se fait boxer par la Tueuse… à sa demande, c’est du tout bon aussi.

Alors, certes, Adam qui revient au bercail, qui dit son plan à tout le monde, puis qui repart, c’est gros comme un éléphant, mais sur la forme, la confrontation est excellente. Le lien fusionnel entre Riley et Walsh est explicité pour notre plus grand plaisir/dégoût. Qui est la vraie mère ? La biologique, ou celle qui vous fait grandir, vous éduque, fait de vous un homme ? Question qui fait mal, et brillamment posée par les auteurs. La saison va enfin décoller, bien qu’à retardement.

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La critique d'Estuaire44 

L’épisode résulte extrêmement médiocre, servant surtout à mesurer à quel point Adam est un Big Bad pontifiant, ennuyeux et figé, vivement Glory. Difficile de ne pas songer à un Borg de Star Trek, mais dépourvu de toute aura et nanti d’un costume de bas niveau. Même son côté informatique a vieilli, cela arrive plus naturellement aux personnages relevant de la Science-fiction que du Fantastique.

Via son face à face avec Buffy se profile d’ailleurs un affrontement entre champions de ces deux grandes familles des univers imaginaires, un concept passionnant en soi mais hélais tout à fait pipé ici : nous sommes dans une série relevant massivement du Fantastique et devant une héroïne affrontant un méchant, au leu d’adversaires non soumis à cette hiérarchie. Ainsi vidée de sa substance, la problématique est appelée à connaître une résolution ultra prévisible, au-delà du poncif de la première bataille perdu par Buffy, avant le triomphe (tout comme devant le Maître, Glory ou encore Caleb). Ceci dit on se rend aussi compte que Blucas est un bon acteur, il restitue bien les tourments de Riley. 

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  • On retrouve pour la dernière fois Willy, le barman indic.

  • Le Dr Angleman tire également sa révérence, assassiné par Adam, tout comme Maggie Walsh. Adam les réanimera sous forme de zombie en fin de saison.

  • Quand Buffy entre au Willy’s Place on entend Romeo Had Juliet, de Lou Reed.

  • Quand Giles éteint la télé, on voit un dessin animé et quand on la rallume on a tout de suite un flash info.

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15-16. UNE REVENANTE
(THIS YEAR’S GIRL/WHO ARE YOU?)

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Scénario : Douglas Petrie (1re partie) et Joss Whedon (2e partie)

Réalisation : Michael Gershman (1re partie) et Joss Whedon (2e partie)

*Ce double épisode connaît une suite directe dans le double épisode 1.18/1.19 Cinq sur cinq/Sanctuaire de la série Angel.

Faith Lehane est sortie de son coma ! Et elle n’est pas contente… Tout le Scooby se mobilise pour arrêter la « rogue Slayer » qui veut se venger de Buffy. Pour assouvir sa vengeance, elle va notamment utiliser un artefact magique que le Maire lui a légué, et semer un bazar monstrueux…

La critique de Clément Diaz 

I could be rich, I could be famous. I could have anything. Anyone. Even you, Spike. I could ride you at a gallop until your legs buckled and your eyes rolled up. I've got muscles you've never even dreamed of. I could squeeze you until you pop like warm champagne and you'd beg me to hurt you just a little bit more.

C’était le chaos à Sunnydale : un Big Bad mal fagoté, un petit ami gentil mais un peu boulet, une Initiative faiblarde. Soudain, le miracle se produisit : plus d’Adam, plus de militaires, plus (ou si peu) de Riley, place au retour de Queen Faith !!! Doug Petrie, qui comprend si bien les deux girls, était le meilleur choix possible pour This year’s girl. Que son scénario aille un peu dans tous les sens, on s’en moque, Eliza est de retour, et ça va saigner ! Les premières scènes oniriques sont très originales car du point de vue de Faith. Sa représentation de Buffy est donc celle d’une méchante qui a failli la tuer et a tué la seule personne qu’elle aimait au monde, soit une vision peu courante... mais de son point de vue, pas vraiment fausse… On comprend alors que quand la cinglée se réveille, elle en veut à mort à Buffy, et là on se régale. Confrontation d’anthologie avec Buffy et une sacrée bonne bagarre. Retour post-mortem très apprécié du Maire, qui même dans les moments les plus intenses est toujours aussi décalé. Spike est à la hauteur de son humanisme renommé quand il se paye la tête de Xander et Giles (Can't any one of your damned little Scooby club at least try to remember that I hate you all ?). Faith emporte tout sur son passage, toujours aussi torride et folle à lier. Elle bastonne, sème la désolation, fout une pression monstrueuse. On retient aussi la stressante scène avec Joyce, l'époustouflant final et un bloody fucking cliffhanger ! Eliza Dushku n’a rien de perdu de son venin. Le coup de fouet que la saison attendait !

Au cœur de la seconde partie, le changement de corps. Un thème souvent payant (qu’on se rappelle du Qui suis-je ??? des Avengers), dont Whedon, encore une fois auteur-réalisateur, en tire tout le jus possible, l’agrémentant d’une évolution psychologique impeccable. Sarah Michelle Gellar et Eliza Dushku copient avec une précision confondante le jeu de l'autre. Eliza joue bien la Buffy blasée, décontractée, calme, tandis que Sarah en fait mille tonnes en séductrice exhibitionniste. En plus de la bidonnante première scène à la Taxi driver, les scènes où Faith séduit Spike (houhou, on dirait qu’il a un p’tit crush pour la Slayer, le Spike !) puis Riley sont mirobolantes. On adore aussi voir Faith massacrer Tara avec une jubilation à peine cachée. Voir « Buffy » se lâcher et « Faith » terrorisée est un spectacle qu’on goûte goulûment. La fameuse scène de magie entre Willow et Tara, transposition flagrante d’une extase sexuelle, est admirablement filmée et interprétée.

Et puis petit à petit, Faith commence sa rédemption. Elle est jalouse de tout ce que Buffy a (petit ami, adoration, amis, famille). Elle le savait mais ne peut plus se le cacher une fois immergée dans l’univers de sa rivale. C’est le je t’aime de Riley qui sert de catalyseur, premier tour de clef dans le verrou de sa prison mentale. Elle commence à se détester. Faith n’est pas un cas désespéré, son retour dans l’église pour battre les trois affreux le montre bien. Jusqu’au climax de la grande scène où elle frappe Buffy qui a son visage à coups répétés, comme si elle ne se supportait plus. Faith part au loin, perdue, sans ressources, mais on sent désormais qu’elle n’est plus la même. Il faudra toutefois qu’elle plonge encore une fois dans les ténèbres avant d’enfin arpenter le chemin de sa rédemption. Rendez-vous dans Angel ! Émouvant, fun, hilarant, un grand épisode.

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La critique d'Estuaire44 

Le double épisode apporte une éclatante réussite à la période, même s’il s'agit davantage d'une bulle de la grande saison 3 émergeant dans les eaux stagnantes actuelles. Le pari n'était pas gagné, car le Big Bad qui sort du coma pour exercer sa terrible vengeance, c'est tout de même un gros poncif (encore resservi dans Star Trek Into Darkness, d'ailleurs, mais aussi dans Man of Steel, en fait). De plus les diverses péripéties et confrontations demeurent assez classiques en elles-mêmes (même s’il est astucieux due considérer les évènements du point de vue de l’antagoniste), mais Petrie, qui a tout compris des multiples ressorts de la relation entre les deux sœurs ennemies, en tire le meilleur parti, aidé par une mise en scène adéquate. Il comprend qu'il faut envoyer balader tous les autres sujets en cours, ils ne pourraient être que parasitaires (hormis évidemment Will et Tara). Des passages hors normes agrémentent également l'ensemble, comme la séquence onirique, ou l'aussi amusant qu'émouvant message post mortem du Maire. La relation originale entre lui et Faith reste l'un des grands accomplissements de la série. Et puis, bien entendu, le cyclone Elisa Dushku emporte tout sur son passage, quelle présence à l'écran !

L'élargissement apporté par le twist absolu de l'inversion des personnalités à la Basile/Lola des Avengers consacre le succès. Whedon est en état de grâce, à l'écriture comme à la mise en scène. On savoure la magnifique composition de deux grandes comédiennes, pour une découverte d'autrui en effet miroir aussi vertigineuse que maîtrisée. Aucune des deux Slayers ne reste indemne après avoir découvert aussi intimement l'univers de l'autre, rangé mais rayonnant chez Buffy, exalté mais enténébré chez Faith, dont la rencontre avec le Maire aura été, pour l'heure, le seul rayon de soleil. Un magnifique scénario, où ne manquent ni l'humour ni l'action, ni même les différentes bases déjà jetées pour la saison 5. On ressent un faible particulier pour la scène devant le miroir, avec une Sarh Michelle Gellar totalement immergée dans son rôle à l’occasion de cette pénétrante fenêtre ouverte sur la folie. Le seul regret reste que Faith nous quitte, afin de mener sa difficile et douloureuse rédemption avec l’aide d’Angel, pour ne revenir qu'en saison 7. 

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  • Faith semble partir pour des terres inconnues, en fait elle va très vite rejoindre le Los Angeles d’Angel (Five by Five, 1-18). Elle reviendra à Sunnydale dans Dirty Girls (7-18).

  • Grace à sa vidéo, on retrouve également le Maire, toujours en verve. Via les manifestations de la Force, il sera lui aussi présent en dernière saison. Cet enregistrement a du être réalisé durant Graduation Day, entre la défaite de Faith et la cérémonie de l’Ascension.

  • De nouveau, après Graduation Day, l’arrivée de Dawn est annoncée dans les rêves de Faith. La mention se montre cette fois très explicite : Buffy a plusieurs choses à faire avant le venue de sa petite sœur.

  • Faith est restée 8 mois dans le coma. L’épisode ayant été diffusé le en février 2000, cela place l’action de Graduation Day en Juin 1999, donc bien en fin d’année scolaire.

  • On se demande bien pourquoi le Conseil  s’il tenait à avoir Faith sous la main enAngleterre, ne l’a pas ramené quand elle était inconsciente.

  • Dans le film  Face/Off (1997) un policier et un terroriste échangent leur apparence physique.  Il fut d’ailleurs un temps envisagé d’intituler la seconde partie Faith/Off !

  • Le dialogue de Faith/Buffy devant le miroir s’inspire clairement de celui de De Niro dans Taxi Driver.

  • Faith danse au Bronze sur un titre du groupe Nerf Herder, Vivian. Nerf Herder est également l’auteur du générique de la série.

  • Quand Faith titille Spike au Bronze, on entend Watching Me Fall, des The Cure, un titre bien choisi !.

  • Lors de la rencontre de Faith, Tara et Willow au Bronze, on entend Sweet Charlotte Rose, du groupe Headland.

  • Faith/Buffy lit la carte de crédit de Buffy et dit à voix haute "expiration, Mai 2001". Or Buffy meurt en mai 2001, à la fin de The Gift

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17. SUPERSTAR
(SUPERSTAR)

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Scénario : Jane Espenson

Réalisation : Michael Grossman

C’est la gloire de Sunnydale : qui est le meilleur rempart contre les forces du mal ? Le sauveur du monde ? C’est… Jonathan !! Et en plus, c’est un musicien hors pair, médecin à succès, l’acteur le plus recherché de la planète, scientifique génial, joueur d’échecs invincible, celui que toutes les filles veulent, etc. De temps en temps, un petit groupe, le Scooby-Gang, lui sert de faire-valoir pendant qu’il tue des méchants. Euh, y’aurait pas quelque chose qui cloche ?…

La critique de Clément Diaz 

- We knocked 'em dead... which they already were.
- We knocked them deader.

Joyeuse virée dans les univers parallèles en mode délire, Superstar est un brillant exercice de style mené avec intelligence et humour percutant. Jonathan le sauveur du monde, on y croit pas, mais Jane Espenson nous maintient dans l’ignorance pendant une bonne partie du récit, rendant l’immersion complète. Le mimétisme est poussé jusqu’à changer carrément le générique au profit de « John », une idée géniale. La scénariste va jusqu’au bout de son postulat : Jonathan est le héros parfait : maître d’échecs, chanteur de charme, trompettiste aphrodisiaque, séducteur à succès, médecin, tacticien militaire, acteur… une accumulation de plus en plus hilarante. La série se moque d’elle-même en transformant ses héros en pantins incapables, surtout Buffy, sidekick en panne de vannes. L’effet secondaire du maléfice est une bonne trouvaille, qui respecte les lois de l’équilibre. Répliques mémorables en cascade (Xander, don’t speak latin in front of the books). Par contre, WTF le Spike qui caresse les cheveux et la poitrine de la Slayer !! Il semble que le malentendu de l’épisode précédent a réveillé quelque chose, quelque chose qui va éclater à la saison suivante - rétrospectivement, on admire que Whedon anticipe d’aussi loin les événements futurs.

La meilleure idée de l’auteure est que Jonathan reste un être droit et chaleureux. Même lorsqu’il sera dans l’inénarrable Trio, il conservera une droiture qui le distinguera de Warren et du servile Andrew. Il tient à l’amitié de Buffy qui lui a sauvé la vie. Il goûte les avantages de la célébrité, mais cela ne l’a pas corrompu. S’il fait du mal au Scooby-Gang, c’est plus par maladresse que par méchanceté. La morale rejoint celle des meilleurs films de super héros quant à assumer la responsabilité des superpouvoirs que la Destinée vous a offert - morale à prendre aussi métaphoriquement pour les talents de tout humain. Jointe à la composition raffinée de Danny Strong, la formule marche. Il aura le courage de détruire lui-même le sortilège d’ailleurs. C’est un peu dommage que Buffy lui fasse un sermon à la toute fin, Jonathan était assez intelligent pour comprendre ce qu’il a fait. Peut-être l’épisode le plus décalé de la série.

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La critique d'Estuaire44 

Superstar s’avère un très audacieux et virtuose épisode sur le thème inépuisable des univers miroirs. Il est à la fois plus imaginatif, audacieux et finement connecté au Bufyverse que le déjà réussi opus sur le Sunnydale dominé par les Vampires (Anyanka est restée, tant mieux). On adore tous les épisodes centrés sur Jonathan et celui-ci compte parmi les meilleurs. On y découvre beaucoup d'humour et de délire Geek de la part de cet éternel passionné qu'est Whedon, mais aussi d'émotion quand les masques tombent. Mine de rien, Danny Strong est aussi un acteur épatant et l’on est ravi qu’il depuis tracé son chemin. Seul regret : le maquillage du montre, vraiment pas inoubliable.

On ne peut que ressentir que la Slayer commet une faute en se contentant d'un sermon final, au lieu de lui tendre réellement la main. Elle se montre plus shérif qu'assistante sociale, alors que Jonathan avait le bon profil pour intégrer le Gang et s'y rendre utile; Mais cela humanise nos héros quand ils commettent des erreurs; Whedon se montrera implacable là-dessus, avec Jonathan intégrant le Trio en saison 6 et sa destinée future. Buffy ne formulera jamais de regrets explicites là-dessus (ce n’est pas son genre de se lamenter), mais on peut penset que c’est aussi pour cela qu'elle ouvrira la porte au futur complice peu redoutable de Jonathan, Andrew. Toujours appendre de ses erreurs. Sinon il est de plus en plus évidents que la solitude commence à peser sur Spike...

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  • On trouve ici le deuxième univers parallèle mis en scène par la série, après The Wish.

  • C’est l’une des très rares fois où il pleut à Sunnydale !

  • Quand Jonathan chante, on entend en fait la voix de Bard Kane, spécialiste du genre car il a notamment interprété les chansons du dessin-animé Aladdin. Il jouait Tucker dans The Prom.

  • L’épisode bénéficie d’un générique spécial, introduisant Jonathan comme l’un des héros de la série.

  • Tout comme Anya, Illyria évoquera un monde rempli de crevettes dans Underneath (Angel, 5-17).

  • Le sortilège de Jonathan ne fait pas que le propulser au rang de Parangon, car il diminue également les mérites de Buffy, devenue moins brillante et efficace. Ses principaux succès sont également endossés par Jonathan.

  • Jane Espenson, auteure du scénario, écrivit l’année suivante une bande dessinée, Jonathan, décrivant une des aventures de Jonathan en Parangon. Assisté des Scoobies, il y combat victorieusement un gang de Vampires russes (2001).

  • Avant que Jonathan ne prenne le micro, au Bronze, on écoute le groupe Royal Crown Revue interpréter son titre Trapped (in a Web of Love). Ce groupe californien, fondé en 1989, est l’initiateur du Swing Revival. Ce mouvement, en vogue dans les années 90, remet au goût du jour des standards swing et jazzy des années 30 et 40 en les mixant à du rockabilly ou du rock plus contemporain.

  • Anya lit dans la biographie de Jonathan que celui-ci à créé l’Internet. Il s’agit d’un clin d’œil au Vice Président Al Gore qui, en 1999, vient alors de se ridiculiser en affirmant dans une interview qu’au Congrès il avait pris l’initiative de lancer l’Internet.

  • Les bandes dessinées avec Jonathan en couvertures portent le logo de la société Dark Horses,  qui édite en réalité celles de Buffy.

  • Jape, le vampire discutant avec Adam, est joué par l’excellent Rob Benedict, encore à l’orée d’une très belle carrière. Par la suite il participera, entre autres choses à l’intéressante Threshold Premier Contact, ainsi qu’à Supernatural, où il sera le Prophète Chuck Shurley.

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18. LA MAISON HANTÉE
(WHERE THE WILD THINGS ARE)

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Scénario : Tracey Forbes

Réalisation : David Solomon

Pendant une fête de la Fraternité de Riley, ce dernier et Buffy s’enferment dans une chambre pour faire l’amour. Leur énergie sexuelle libère les fantômes de la maison ! Ces derniers les contraignent à faire l’amour jusqu’à ce qu’ils en meurent !! Terrorisés par les fantômes, les étudiants s’enfuient. Le Scooby doit absolument retrouver la chambre des amants s’ils veulent les sauver. Mais les fantômes montent la garde…

La critique de Clément Diaz 

(Giles is singing)
- Um, could we go back to the haunted house ? Cause, this is creeping me out.
- Does he do this a lot ?
- Sure. Every day the earth rotates backward and the skies turn orange.

Une grande majorité de fans n’aime point cet épisode (plus basse note sur le site Imdb). La raison en est simple : au lieu de sauver le monde, Buffy passe l’épisode à s’envoyer en l’air avec Riley, soit sa relation la moins appréciée par les fans. C’est oublier que Tracey Forbes signe ici un trépidant épisode à la comédie virevoltante, où tout repose sur le Scooby - qui montre sa valeur même sans son leader. La scénariste a enfin l’occasion de se venger de l’infâme breuvage du diable. Elle écrit sous la comédie massive une attaque en règle contre l’austérité et la répression des désirs (sexuels notamment) par le fondamentalisme religieux - incarné par une vieille dame vraiment horrible - et un hymne aux plaisirs de la vie. On accroche plus à ce message qu’au puritanisme anachronique. On revient à la maison hantée, déjà exploité cette saison dans Fear, Itself, soit une répétition. L’histoire met d’ailleurs trop de temps à décoller, et se résout en seulement cinq minutes.

Mais il n’y a aucune difficulté à être emballé car l’épisode n’est en fait qu’une suite de scènes TOUTES réussies ! Les dialogues comme les personnages s’amusent à fond dans cette comédie perpétuelle. Anya a une manière inimitable de balancer ses vérités devant tout le monde (hilarante scène du bar à glaces, encore plus hilarante dispute avec Spike et Xander). Buffy et Riley ne font que se sauter dessus sous les prétextes les plus idiots, tordant comique de répétition. Le duo Spike-Anya, qui aura ses moments à l’avenir, est inattendu, mais on s’amuse de leurs répliques sur leur nostalgie du temps où ils massacraient tout le monde. La sortie très distinguée de Spike vaut le coup d’œil aussi. Il y’a une immense apothéose de Giles chantant à la guitare (et à la perfection !!), c’est énorme. Willow et Tara semblent d’ailleurs se réintéresser subitement au sexe opposé, haha.

Les scènes de hantise sont minoritaires devant un tel déluge comique, mais vérifiez quand même votre cardiomètre quand les poltergeists se mettent à apparaître (le noyé de la baignoire, un classique indémodable). Le final avec Anya superhéroïne, haletant, nous la fait voir sous un autre jour. Une enfilade de sketches comiques et horrifiques irrésistible.

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La critique d'Estuaire44 

La trame du scénario est assez audacieuse, même si guère complexe. Diffusée sur un programme grand public et devant un public américain, cette ardente dénonciation du puritanisme et exaltation de la liberté des meurs a valu un accueil très disputée à l'épisode. Il fait encore débat chez les fans, mais brille d'évidentes qualités. C'est sans doute la première fois que Buffy ne fait absolument rien pour sauver la situation et que tout échoit au Gang, un pari là aussi gagné. Les compétences de chacun sont efficacement sollicitées et le rythme se voit mené à un train d'enfer.

Les trucages apparaissent efficaces, notamment l'immersion de la chambre des amants, vraiment étrange. Satisfecit particulier à Anya, quel chemin parcouru vers l'humanité, contrairement au Spike qui nous rappelle judicieusement qu'il demeure un Baddie, alors que le final de saison approche à grands pas. Encore des dialogues de folie et un grand numéro de chanteur de la part d'Anthony Head. Alors que Buffy et Riley se sont  propulsés au septième ciel, ayant une pensée émue pour Angel qui affronte seul sa rédemption à L.A.,  Pas toujours chouette la vie de Héros.

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  • Sarah Michelle Gellar est peu présente dans l’épisode, étant retenue sur le plateau d’Angel. Elle est en effet en train de participer au tournage de Sanctuary, première partie d’un cross-over se poursuivant dans The Yoko Factor.

  • L’épisode reste celui de la série ayant reçu la plus mauvaise note des utilisateurs d’IMDB, soit 6,3 sur 10. Il est encore plus mal noté que le pilote non diffusé (6,4).

  • L’actrice Kathryn Joosten (Karen McCluskey dans Desperate Housewives), jouant Madame Holt, connut une première carrière comme infirmière dans un établissement psychiatrique destiné aux adolescents.

  • Alex déclare People are going all Felicity with their hair, quand une jeune femme se rase la tête. Il fait référence à la série américaine Felicity (1998-2002), dont l’actrice principale, Keri Russell, se fait couper les cheveux en début de seconde saison. L’audience baissa fortement après cet évènement, devenu depuis un cas d’école des modifications pouvant entraîner le déclin d’une série.

  • C’est bien entendu vraiment Anthony Head qui interprète somptueusement Behind Blue Eyes, le standard des The Who (1971). Il mène d’ailleurs une double carrière, avec notamment un album sorti en 2002, Music for Elevators. On y trouve des participations de James Marsters et d’Amber Benson en choristes. Anthony est également le frère cadet du chanteur Murray Head.

  • Spike est visible dans un miroir durant le tremblement de terre.

  • A la suite de la révélation explicite de la relation Tara/Willow, un groupe de fans lesbiennes offrit un grille-pain à Joss Whedon. Il s’agissait d’un clin d’œil à la série emblématique Ellen (1994-1998), où il était déclaré sous forme de plaisanterie que toute personne réalisant son outing recevrait un grille-pain en cadeau. Jane Espenson a également écrit deux épisodes pour Ellen.

  • On entend diverses chansons durant la soirée. Anya et Alex se disputent durant sur le The Devil You Know des Face to Face.

  • L’étudiant touchant le mur pour la première fois est Roy, l’un des compagnons de beuverie de Buffy dans Beer Bad.

  • Ici complices, Spike et Anya iront beaucoup plus loin dans Entropy (6-18).

  • Where The Wild Things Are est le titre original d’un classique du livre pour la jeunesse, Max et les Maximonstres (1963).

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19. UN AMOUR DE PLEINE LUNE
(NEW MOON RISING)

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Scénario : Marti Noxon

Réalisation : James A. Contner

Oz revient à Sunnydale. Après un séjour chez des moines tibétains, il peut maintenant contrôler sa lycanthropie. Willow est dévastée par son retour car elle commence à éprouver des sentiments pour Tara. En l’apprenant, Oz perd tout contrôle, se transforme en loup-garou et est capturé sous cette forme par l’Initiative. Le Scooby se mobilise pour le sauver. Quel sera le choix de Willow : Oz ou Tara ?…

La critique de Clément Diaz 

- I feel like some part of me will always be waiting for you. Like if I'm old and blue-haired, and I turn the corner in Istanbul, and there you are, I won't be surprised... because you're with me, you know ?
- I know. But now's not that time, I guess…

Déchirant mélodrame, New moon rising est un autre joyau de cette saison 4 qui finit mieux qu’elle a commencée. Marti Noxon, spécialiste de l’émotion, était le choix tout désigné pour ce chef-d’œuvre. La force émotionnelle immense qui se dégage du dilemme de Willow est telle qu’on pardonne volontiers les maladresses du script : Oz guérissant grâce à des moines tibétains, intervention de l’Initiative pile au moment critique, intrigue conventionnelle (Saving private Oz). On est ravis que Riley choisisse enfin son camp, et cesse d’être un mouton de Panurge (I’m an anarchist !). Le triangle Alyson-Seth-Amber nous offre des performances transcendantales. Retour réussi de Seth Green qui casse totalement son stoïcisme : il nous livre une composition d’amoureux sensible, passionné, ça plus rien à voir avec l’Oz que l’on a connu. Et surtout, ça met Willow dans une mélasse sentimentale qu’on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi. Whatever your choice, you’ll hurt someone lui dit Buffy. Excellent résumé de la situation.

Les dialogues tirent la corde de l’émotion avec succès, mais Noxon sait mieux que quiconque que les sentiments les plus forts ne s’expriment pas avec les mots (Whedon en a fait la démonstration dans Un silence de mort), alors elle écrit des scènes à l’ampleur lyrique, presque comme un opéra, sachant qu’elle pourra compter sur ses acteurs. Pari gagné, le casting touche du doigt la perfection : Tara se sentant menacée par le retour d'Oz : body language tremblant d’Amber Benson. Willow déchirée : jeu pâle tout en violence contenue d’Alyson Hannigan, Oz comprenant qu’il a perdu Willow : brutalité fulgurante de Seth Green. Cette dernière scène est d’une férocité inouïe. Le coming out de Willow est sublime de litote. Et puis, il y’a cette coda sans retour, où Oz et Willow sont séparés à jamais par le cœur de la jeune femme qui appartient maintenant à une autre. J’en avais personnellement les larmes aux yeux. Willow qui lui dit qu’une part d’elle l’aimera toujours, j’ai cru que j’allais fondre. Le final sonne le début de la première relation homosexuelle adolescente de la télévision, remarquablement filmée (superbe jeu de lumières de James Contner). Un écrasant épisode émotionnel, heartbreaking. Good bye Oz ! Tu vas bien nous manquer…

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La critique d'Estuaire44 

Un titre très à la Maddie/David pour l'épisode que l'on attendait, palliant à la soudaineté et la sécheresse du précédent départ d'Oz. Le personnage méritait bien une deuxième sortie, cette fois en bonne et due forme.  Grace à une écriture et interprétation magistrales, tout sonne juste dans ce douloureux triangle amoureux, pour un épisode réellement passionnel et bouleversant. La scène d'adieux entre Oz et Will compte parmi les modèles du genre : l'émotion sans le pathos. Pour l'anecdote Sam Winchester tombera aussi amoureux d'une dame s'avérant une louve garou.

De l'émotion, mais la situation se réglera malgré tout la manière Winchester (entre les deux yeux), les Bros et le Gang ce n'est pas tout à fait la même crèmerie. Départ définitif de Oz, mais on le reverra dans la saison 8 comics, heureux en ménage avec une louve garou au Tibet, ainsi que dans le roman Le Congrès de Ténèbres. Seul regret, malgré une amélioration, le costume de Garou reste médiocre, mais le problème se règle de lui même. L'épisode trouve le temps de positionner définitivement Riley, ouvrant la route au grand final.

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  • Oz est de retour pour un ultime épisode, avant de quitter cette fois définitivement la série, hormis une brève apparition onirique dans Restless, en fin de saison.

  • Apparition du Colonel McNamara, qui dirigera l’Initiative jusqu’à la destruction de celle-ci.

  • Le couple Willow/Tara est désormais clairement révélé.

  • On guette vainement une information sur ce que devient le loup garou hostile : plus personne ne semble s’en soucier, à commencer par la scénariste.

  • Le traditionnel Previously on Buffy the Vampire Slayer revient sur le départ Oz, ce qui évente assez massivement la surprise du retour de ce dernier.

  • Aucun soldat ne comprend la référence quand Buffy s’exclame Stay back, or I will put a William Burroughs  on your leader here. L’écrivain sulfureux William S. Burroughs (1914-1997) tua accidentellement son épouse en 1951, d’un coup de révolver, alors qu’il était ivre. Ce drame allait imprégner une majeure partie de son œuvre postérieure. En VF, Buffy fait allusion à Robin des Bois.

  • Au vif dépit de Whedon, WB refusa que l’on voit Tara et Buffy s’embrasser, ce qui était initialement prévu. La chaîne estimait que la série était diffusée à un horaire trop familial pour cela (19h).

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20. FACTEUR YOKO
(THE YOKO FACTOR)

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Scénario : Douglas Petrie

Réalisation : David Grossman

*Cet épisode s’enchaîne au double épisode 1.18/1.19 Cinq sur cinq/Sanctuaire de la série Angel.

Adam passe un marché avec Spike : si le vampire l’aide à se débarrasser de la Tueuse, il lui enlèvera sa puce. Spike sait que la principale force de Buffy est ses amis, et va se servir des faiblesses du groupe pour les dresser les uns contre les autres. Angel revient à Sunnydale apaiser ses relations avec Buffy après leur dispute à Los Angeles. Sa rencontre avec Riley risque d’être… tendue.

La critique de Clément Diaz 

Well, there you go. Even when he's good, he's all Mr. Billowy-Coat-King-of-Pain.

Encore une brillante idée de Douglas Petrie - j’ai déjà dit à quel point ce gars est génial ? - pour cet épisode : Divide ut regnes. Adonc, Spike, semblant inoffensif, décide de faire imploser le Scooby grâce à ses fielleuses calomnies : Lesbianisme peu assuré de Willow, « normalité » mal assumée de Xander, sentiment d’abandon pour Giles, auto-isolation de Buffy… mélangez le tout, et laissez bouillir. Spike a rarement été aussi féroce. Même « castré », il est encore un vilain diabolique. Son côté ténébreux avait fini par être noyé par tous les numéros de showman qu’il nous a généreusement offerts - quelqu’un s’est plaint ? - Aussi le voir servir le chaos a une saveur nostalgique, celle de la saison 2 où il était un Big Bad classieux et irrésistible. Le tout culmine dans une superbe scène de dispute d’environ sept minutes où tout le Scooby se désintègre. Dialogues brutaux et interprétation rageuse pour un final sous tension, avant un inattendu cliffhanger. Par là, nous voyons une superbe métaphore : lorsque l’on grandit, les groupes d’amis souvent se dissolvent, car chacun doit vivre sa vie, souvent parallèle à ceux que l’on connaît. Non mais, rassurez-vous, personne ne peut détruire le Scooby, pas même un vampire aux cheveux péroxydés. Remarquez, sur le moment, on y croit…

En revanche, le retour d’Angel paraît tarabiscoté. Bien sûr, il fallait apaiser un peu le conflit de nos héros quand Buffy est allé à Los Angeles (The crazy rogue Slayer affair). Son duel contre Riley est amusant, quoiqu’artificiel, se collant mal à l’intrigue - Petrie ne pouvait sans doute pas tenir 42 minutes avec le seul « facteur Yoko ». En avant pour le final, avec un suspense : pour la première fois, Buffy est seule contre les forces du mal. Ouuuh.

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La critique d'Estuaire44 

L’épisode se montre très habile, convergeant et poussant au paroxysme les failles instaurées en cours de saison au sein du gang. Les auteurs rendent tout de même à Spike sa stature de Big Bad en fin de parcours, après qu'il ait servi de gag man durant toute la saison. Evidemment il prend ses risques... Le retour d’Angel se montre presqu’anecdotique mais divertit néanmoins, c'est amusant de voir Riley penser qu'il a la moindre chance en combat singulier. Il vient pour recoller les morceaux après le double épisode Faith à LA, où cela s'est très mal passé entre lui et Buffy.

Le final de saison est idéalement dans les starting blocks. Le facteur Yoko conclue quasiment la période universitaire de Buffy, sur un ton pessimiste en accord avec la saison. Quoique nominalement toujours inscrite, Buffy ne fréquentera plus guère les lieux en saison 5. A sa manière, le récit consacre l’échec amer de cette tentative de mener une vie normale.

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  • Forrest meurt au combat, mais Adam le réanimera sous forme de Cyborg.

  • L’épisode est la seconde partie  d’un nouveau cross-over avec Angel. Buffy vient de se rendre à Los Angeles suite à la réapparition de Faith. Outrée de voir Angel prendre Faith sous sa protection, elle le quitte sur une querelle passablement envenimée (Sanctuary, 1-19). Ici Angel se rend à Sunnydale pour essayer d’arranger les choses.

  • Suite au voyage de celle-ci, Alex surnomme Buffy « L.A. Woman ». il s’agit d’une référence au hit des The Doors, également le titre de leur dernier album (1971).

  • Anthony Head chante cette fois Freebird du groupe Lynyrd Skynyrd (1973). Originaire de Floride il est la figure principale du Rock sudiste, style mêlant le Rock traditionnel à la Country du Sud des Etats Unis.

  • Le titre fait référence à Yoko Ono, l’épouse de John Lennon souvent accusée d’être à l’origine de la séparation des Beatles.

  • Spike n’est pas surpris qu’Helter Skelter soit la chanson des Beatles que préfère Adam. Elle compte en effet parmi les inspirations du célèbre serial killer Charles Manson, qui en faisait une lecture toute personnelle.

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21. PHASE FINALE
(PRIMEVAL)

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Scénario : David Fury

Réalisation : James A. Contner

Adam libère les démons enfermés par l’Initiative, contrainte de livrer bataille. Le Scooby se ressoude et participe à la bataille finale. Mais comment vaincre l’invincible Adam lui-même ? Giles a sa petite idée sur la question…

La critique de Clément Diaz 

I will honor our agreement and remove your chip. Forrest, Take his head off !

Primeval est une surprise de taille : toutes les lignes narratives de la saison sont bouclées (fin de l’Initiative, Bye bye Adam), laissant des questions à ce à quoi traitera le dernier épisode. Malheureusement, ce final a le grave défaut d’être anticlimatique.        Avec les faibles enjeux narratifs de la saison, David Fury ne pouvait honnêtement pas faire grand-chose. Il essaye de s’en tirer en sortant l’artillerie lourde. L’adrénaline est là, mais tourne à vide. Une autre erreur est la réconciliation trop rapide du Scooby, rétropédalage qui annule l’épisode précédent. Par ailleurs, Xander qui se morfond aux côtés d’Anya, on a déjà eu ça pendant une bonne partie de la saison. On se demande également pourquoi Adam a attendu trois plombes avant de déclencher la puce de Riley. Spike qui se trahit en sachant que le Scooby s’est disputé est une ficelle assez grosse (les commentaires audio nous apprennent que les scénaristes ont commis une erreur de continuité narrative et ils s’en sont sortis… en la faisant passer pour une erreur stupide du Spike !). L’Initiative atteint un sommet dans l’exaspération, copier X-Files, pourquoi pas, mais dans ce cas, pourquoi imaginer des “Super Soldats”, qui ironiquement seront la branche mythologique la moins enthousiasmante des aventures de Mulder et Scully ? La réapparition de Maggie ne sert à rien, celle de Forrest à peine plus relevée. Le scénariste en dit trop pendant la scène où Xander et Giles trouvent leur idée. Du coup, le suspense est gâché pendant toute la suite.

Le final musclé et trépidant emporte l’adhésion, avec en point d’orgue, le triomphe du Scooby qui ne marche que si ses membres sont fusionnels. Eh bien, là, c’est carrément littéralement qu’ils fusionnent ! Rappelant une fois de plus que Buffy sans le Scooby n’est pas grand-chose. Ensemble, ils peuvent tout vaincre. Touchant et exaltant à la fois. L’hommage à Matrix (le missile transformé en colombe) fonctionne. Une belle bataille finale, mais au milieu d’un scénario assez paresseux.

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La critique d'Estuaire44 

Clairement, Primeval ne constitue pas le (presque...) final de saison, la saison suivante fera beaucoup mieux. De bonnes idées tout de même, comme la joyeuse réconciliation du Gang autour de Xander. Cela illustre bien que les liens demeuraient très forts, il fallait simplement une mini crise pour remettre les pendules à l'heure, comme si souvent dans la vraie vie. Spike, ramant pour revenir tête basse auprès de Buffy, se montre une nouvelle fois très amusant. La mise en scène se montre efficace, même si les scènes de combat dans les couloirs de l'Initiative servent de cache misère à un scénario indigent. Adam demeure un boulet jusqu'au bout, avec ses cyborgs zombies ridicules, son plan fumeux et sa pétoire tout à fait hors sujet.

Comme largement anticipé, le Fantastique écrase la Science-fiction lors du combat final. Dans le cadre de la série c’est simplement enfoncer une porte ouverte, sans aucun élément de suspense, les effets spéciaux n’y changent rien. Le pastiche de la Conspiration des X-Fils manque également de saveur. Que l'on en ait fini avec tout cela reste la bonne nouvelle de l'épisode.

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  • Disparition d’Adam, ainsi que de l’Initiative et de la plupart des figures de celle-ci, hormis Riley et Graham. Ces deux derniers apparaîtront d’ailleurs ultérieurement dans la série.

  • Le Big Bad n’est pas vaincu lors du dernier épisode de sa saison, ce qui demeurera un fait unique au cours de la série. Il faut dire que le parcours d’Adam apparaît réellement atypique : il surgit très tard et l’on ignore l’essentiel de sa machination, jusqu’à la toute fin du récit.

  • Sophie Crawford, la doublure attitrée de Sarh Michelle Gellar depuis le début de la série,  et son mari, le cascadeur Jeff Pruitt, quittèrent la série à l’issue de cet épisode, officiellement du fait de divergences artistiques avec la production.

  • Lors de l’invocation du totem de la tueuse, Buffy est la force, Alex le cœur, Willow l’âme et Giles l’esprit.

  • Buffy et les siens parviennent à tout de même à sauver 60% des hommes de l’Initiative.

  • L’idée de montres détenus dans un complexe souterrain,  tous délivrés d’un seul coup et massacrant les humains sera reprise quasi à l’identique par Whedon dans le  film  La Cabane dans les bois (2012).

  • Ce n’est pas visible dans cet épisode, mais il se déroule un nouveau cross-over avec Angel, Cordelia demandant au téléphone une aide informatique à Willow alors que celle-ci est en train de décrypter les disquettes apportées par Spike (Blind Date, 1-21).

  • Contrairement à ce qui est annoncé à la fin de l’opus, les anciens locaux de l’Initiative demeureront parfaitement accessibles. Ils réapparaîtront dans The Killer In Me (7-13), l’un des nombreux coups d’œil dans le rétroviseur offerts par cette ultime saison.

  • Spike compare Buffy à Nancy Drew. Appelée Alice Roy en version française, celle-ci est l’héroïne de romans pour la jeunesse parus dans la Bibliothèque Verte. Blonde aux yeux bleus, intrépide et astucieuse, la jeune Nancy (18 ans) résout des énigmes policières avec l’aide d’un groupe d’amis aux divers talents. Ils étudient à l’Université d’Emerson. Les Nancy Drew Mystery Stories, lancées dans les années 30, comportent 175 volumes et ont été adaptées à plusieurs reprises au cinéma.

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22. CAUCHEMAR
(RESTLESS)

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Scénario : Joss Whedon

Réalisation : Joss Whedon

Le Scooby-Gang se réunit dans la maison de Buffy pour fêter leur victoire, puis chacun tombe endormi. Le puissant sortilège qu’ils ont utilisé pour vaincre Adam a nécessité les pouvoirs de la Première Tueuse. Ce faisant, ils ont provoqué sa fureur, car Buffy a mélangé les pouvoirs de ses amis avec la Première Tueuse, ce que l’esprit de cette dernière ne supporte pas. La Première Tueuse tente de tuer chacun des membres du Scooby-Gang dans leurs rêves…

La critique de Clément Diaz 

I wear the cheese, it does not wear me.

Deuxième des cinq épisodes « mythiques » de la série, Restless est un mystère qui ne sera sans doute jamais totalement résolu. Le créateur de la série, qui adore se faire peur et se remettre en question, décida de terminer la saison non sur un feu d’artifice, mais sur un épisode conceptuel, déconcertant, dévié, hors normes, à la richesse démesurée. Ce thriller onirique, leçon de pure mise en scène, n’est que métaphore systématique, où chaque détail est chargé d’une valeur psychologique. On est pas loin du Fall Out du Prisonnier (la référence en la matière).

Il m'a fallu personnellement trois visionnages (dont un avec le commentaire du Joss, éclairant mais qui ne livre qu’une partie du mystère) pour comprendre un minimum cet épisode. Faire un voyage au pays des rêves n'est certes pas rare (n’oublions pas le labyrinthe onirique infernal du finale de la saison 2 de Dr.House), mais ce qui fait ici toute la différence, c’est la réalisation vertigineuse et le symbolisme permanent de Whedon. Pour faire court - analyser tout l’épisode prendrait une éternité - les quatre rêves sont une archéologie de l'intérieur du Scooby via la perte de leurs attributs : l'esprit pour Willow, le cœur pour Xander, l'intelligence pour Giles, la main - du guerrier - pour Buffy. Que la première Slayer ait décidé de se venger n'est pas le but du récit, plutôt un grand développement symphonique des personnages et de leurs pensées les plus intimes. Le créateur connaissant par cœur ses créations, il peut s’autoriser à complexifier un max son intrigue.

Ainsi, Willow est confrontée à la perte de son esprit quand elle n'arrive plus à contrôler ses émotions : panique dans le théâtre, calme instable quand Tara, son refuge, apparaît et disparaît, culpabilité quand elle croise Oz (salut Oz, c'est gentil de revenir faire une petite visite). En passant, la scène où elle peint sur le dos nu de Tara est assez troublante. Xander le Brave perd courage, et cela est traduit par son retour incessant dans son infâme base, lieu de sa lâcheté et de sa paresse. Cela est traduit aussi par le fait qu'il se perd dans des fantasmes (numéros énormes de Kristine Sutherland en MILF vamp, et d'Alyson Hannigan et Amber Benson en saphiques torrides) : Xander voudrait plus « agir » dans la vie, tout comme il rêve d’être « actif » dans ses fantasmes sexuels. Mais il reste inactif devant ses fantasmes, démonstration de ses élans de peur et de son inaction. L’explication de texte de Snyder (Snyder, yeah !!) dans le pastiche d’Apocalypse now est du même bois. Giles ne sait plus quoi faire de son intelligence, et se montre incapable d'emboîter les pièces du puzzle, car lui-même doute des choix qu'il a faits dans sa vie : a-t-il bien utilisé les dons qu'il a reçus ? Ne ferait-il pas mieux de tout quitter pour faire une carrière de chanteur ?

Tous trois voient leurs attributs brisés, et il faudra toute la lucidité de Buffy pour les sauver. Cette dernière choisit de refuser le destin des Slayers solitaires qui leur a valu toutes d'être tuées prématurément (La Première, Kendra…) ou de se perdre (Faith) : Buffy nous donne une grande leçon de vie : elle ne vainc pas son cauchemar par son outil, la main, mais par le refus du combat. Elle utilise non appel ses forces physiques (qui l'auraient tuée), mais ses forces mentales, brisant ainsi le maléfice. Subtil et crédible. La réalisation est une pure merveille : montage en douceur, décors évocateurs, lumières mystérieuses, caméra mouvante et fluide (c'est quasiment le Triangle des X-Files). Un finale singulier, un bouleversement esthétique, narratif, visuel.

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La critique d'Estuaire44 

- I'm guessing I missed some fun ?
- The spirit of the first Slayer tried to kill us in our dreams.
- Oh. You want some hot chocolate ?

La saison s’achève par un épisode particulièrement riche et ambitieux, dont les déclinaisons psychanalytiques ont généré des commentaires particulièrement abondants parmi les fans. Quoique le Big Bad soit déjà tombé, l’opus reste bien véritable conclusion de la saison.. De même qu'il nous fait revisiter les différents décors de la saison, en un saisissant panorama, il effectue le bilan du chemin parcouru par chacun des membres historiques du Gang. Une Willow plus affirmée se confronte a ses peurs craignant de redevenir la jeune fille effacée et asociale de la première saison. On retrouve bien évidemment Oz et Tara.  Willow est en plein doute sur sa vraie nature actuelle, s'est-t-elle vraiment affirmée ou n'est ce qu'un déguisement  ?

Même s'il s'est désormais quelque peu émancipé de sa famille Xander reste écrasé par la figure paternelle et s'interroge toujours sur son aptitude à aider utilement Buffy ainsi qu'à être à la hauteur. Même son atout militaire est relativisé. Il cherche également des dérivatifs à l'angoisse ressentie face à l'âge adulte représenté par une liaison pérenne avec Anya. Giles s'en veut de ne plus être le protecteur et mentor efficace de Buffy et de s'être laissé aller si longtemps. Buffy contemple la vraie nature de la Slayer et affirme son identité autonome, elle demeure celle qui doute le moins (évidemment). Une belle ouverture également, éclairant le devenir des personnages, en cette fin de saison ayant vu Buffy et les siens entamer la difficle marche vers l’âge adulte.  En saison 5 ils vont tâcher d'aller de l'avant, malgré doutes et failles). Somptueuse mise en scène également, avec tout un travail de photographie et d'axes décalés afin de suggérer l'onirisme. Un chef d’œuvre énigmatique et profond et l’un des sommets de la série.

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  • Ultimes apparitions d’Oz, Olivia et Snyder.

  • On découvre la Première Tueuse, déjà évoquée lors de l’épisode précédent.

  • Le baiser entre Willow et Tara est clairement suggéré, mais encore une fois non vu à l’écran.

  • Joyce n’aura participé qu’à cinq épisodes cette saison. Elle reste néanmoins l’unique personnage, en dehors du noyau historique des Scoobies (Buffy, Giles, Willow et Alex)  a être apparue dans toutes les saisons. 

  • The Exposition Song, troisième chanson interprétée par Anthony Head cette saison (ici avec les Four Stars Mary) fut écrite spécialement pour l’occasion par Joss Whedon.

  • L’épisode nous révèle le vrai visage de George Hertzberg, l’interprète d’Adam.

  • Whedon a affirmé à plusieurs reprises que l’homme au fromage ne signifiait rien et était simplement un gag, ce qui n’empêcha pas de nombreux fans de débattre d’un sens caché éventuel. Il  réapparaît dans Story Teller (7-16).

  • Whedon affirme également que les nombreuses références souvent repérées au cours de l’épisode (comme les rideaux à la Twin Peaks) sont fortuites, sauf en ce qui concerne Apocalypse Now.

  • L’épisode est le seul de la série à ne pas comporter de scène introductive en pré générique (hormis le Previously On). Whedon voulait entrer quasiment tout de suite dans le monde onirique et sans la moindre interruption.

  • L’arrivée de Dawn est une nouvelle fois annoncée, préfigurant la saison suivante. Durant le tournage des scènes dans le désert, Michelle Trachtenberg  rendit visite à Sarah Michelle Gellar, qu’elle connaissait pour avoir travaillé avec elle sur All My Children. Sarah Michelle la recommanda immédiatement à Whedon pour le futur rôle de Dawn.

  • Ce sont les Four Stars Mary qui accompagnent Giles sur scène (soit le véritable groupe derrière les Dingoes d’Oz). Christopher Beck, le compositeur attitré de la série, est lui au piano/

  • Les caractères grecs que Willow peint sur le dos de Tara représentent un texte de Sapphô : L'Hymne à Aphrodite. Sapphô (630-580 avant J.C.) fut la première poétesse lesbienne connue et donne d'ailleurs son origine au terme « saphique ». Il en va de même pour « lesbienne », car elle née dans  l’île de Lesbos. L’Hymne à Aphrodite est le seul de ses poèmes à nous être parvenu entier. 

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