saison 1 saison 3

Sherlock Holmes (1984-1994)

SAISON 4 (1994)

 


1. L'AFFAIRE DES TROIS PIGNONS
(THE THREE GABLES)

Holmes accepte d'aider une vieille dame qui est harcelée pour vendre sa propriété. Un manuscrit compromettant, écrit par le petit-fils décédé de la dame, est la clé du problème.

Malgré les critiques négatives lues ça et là, ce premier épisode est très prenant. Des acteurs connus à commencer par l'ex James Bond girl, Claudine Auger, en croqueuse cynique de jeunes hommes. Un peu défraîchie, elle incarne à merveille le personnage et le cri de folle, qu'elle pousse lorsqu'elle s'aperçoit qu'il manque une page au manuscrit, est impressionnant. C'est néanmoins Peter Wyngarde qui m'a surtout marqué. Sinon, Susan déclarant à Holmes d'un ton haineux : 'I see you in hell first' fait froid dans le dos. Les acteurs sont très brillants et l'épisode est très bien filmé sous des angles assez inhabituels. Jeremy Brett s'est un peu empâté – dû à la maladie – mais il personnifie toujours un Holmes, certes vieillissant, mais toujours crédible. Il se fait maltraiter par un boxeur de couleur et il a toujours une pointe d'humour ("He's broken our window".) Les deux meilleures scènes sont la soirée costumée en nocturne, où Holmes et Isodora Klein se toisent pour la première fois, et la bagarre entre Watson et le boxeur. La réplique qui sied à Holmes pour terminer mon impression sur ce très bon épisode: 'She isn't Moriarty. She's a woman.'

o L'affaire des trois pignons fut le troisième épisode tourné mais le premier diffusé. Cela explique que Jeremy Brett paraisse en meilleure santé les épisodes suivants. Pendant le tournage de cet épisode, en septembre '93, l'acteur s'évanouit à plusieurs reprises et il fut hospitalisé. Pour terminer le tournage, il devait s'aider d'un masque à oxygène pour respirer entre les prises.

o La fille d'Edward Hardwicke, Emma, joue dans cet épisode.

o C'est le dernier rôle de Mary Ellis, alors âgée de 93 ans. Elle faisait déjà partie de la distribution du dernier film, Le mystère de Glavon Manor, l'année précédente.

o Les amateurs de séries britanniques auront reconnu Peter Wyngarde, le héros de Département S et de l'épisode sulfureux des Avengers, Le club de l'enfer. Il a toujours des rôles ambigus et mystérieux où il excelle.

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2. LE DÉTECTIVE AGONISANT
(THE DYING DETECTIVE)

Une jeune femme est inquiète pour son mari manifestement sous l'emprise de son cousin. À son décès, Holmes tient le cousin pour responsable mais il n'a pas de preuve.

Cet épisode tient en haleine jusqu'au bout. Jeremy Brett n'est pas en pleine forme mais, même empâté et fatigué, il joue juste. Il a les mêmes tics et manies. Holmes est plein de vigueur lorsqu'il lance son monologue sous la fenêtre de Smith en présence de la veuve éplorée et de ses enfants. Il est également amusant avec les trois enfants demandant à l'un où il a mis ses chaussures. Un peu comme L'homme à la lèvre tordue, nous côtoyons deux mondes différents : la classe aisée et les pauvres, les bas-fonds, l'opium. Scène triste quand la petite fille se rend compte que son papa est mourant. Peu d'action mais du suspense culminant dans la scène finale et les répliques Holmes/Culverton Smith. Elles sont cinglantes et cyniques et pas toujours bien rendues en français ; par exemple, le jeu de mots de Smith sur 'box' et son double sens (tribunal et cercueil). On s'est déjà fait une opinion et pour moi, le chercheur est coupable. Par conséquent, on se doute que Holmes est en train de ruser d'une façon ou d'une autre en jouant le malade imaginaire. Quelques détails ont attiré mon attention : Polly avachie sur la table et beurrée "comme un petit LU" ; le jeu de glissade assez gnangnan, l'affiche au Stand où on peut lire 'homme d'affairs' (sans e). Un bon épisode où Jeremy Brett, même diminué, est un Holmes convaincant.

o À la fin du tournage, l'équipe fêta les 60 ans de Jeremy Brett. Peu de temps après, l'acteur retomba malade avec un pronostic très défavorable.

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3. LE PINCE-NEZ EN OR
(THE GOLDEN PINCE-NEZ )

Sherlock Holmes est confronté à un meurtre où la victime tenait dans sa main un pince-nez en or.

Une histoire pas intéressante et sans Watson. Les meilleures scènes sont les répliques entre Holmes et son frère, Mycroft. En particulier, lorsque Sherlock reconnaît la loupe : 'Father's magnifying glass, he gave it to you ? ; Ironic !' Le meilleur passage de l'aventure ! Également surprenant lorsque l'inspecteur Hopkins demande à Mycroft, qui vient de se moucher : 'May I shake your hand ?'. Sinon, je n'ai pas accroché à cet épisode assez violent (surtout le début) qui conte l'histoire tragique d'une vengeance centrée sur un fumeur invétéré. Quelques exagérations comme la réaction de la servante et la mort théâtrale de la victime (on entend le cri plusieurs fois). L'apparition de la suffragette permet à l'enquête d'avoir sa fausse piste mais ne relance pas l'intérêt de l'épisode. Beaucoup de gros plans sur Jeremy Brett montrent qu'il est marqué et qu'il a pris du poids, mais ses réactions et son emprise sur le personnage restent identiques. The professor, it was she !

o Cet épisode est le premier en ordre de production de la quatrième saison.

o Pas de Watson car Edward Hardwicke tournait un film. C'est Charles Gray en Mycroft qui seconde Holmes.

o La caméra s'attarde sur l'imper du policier de manière assez incongrue lorsque Hopkins le retire à son arrivée chez Holmes.

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4. LE CERCLE ROUGE
(THE RED CIRCLE)

Holmes s'intéresse à un locataire italien qui ne quitte pas sa chambre. Le détective est persuadé que l'affaire est grave. Un couple a fui New York pour échapper à la société secrète du Cercle Rouge, mais celle-ci a des ramifications dans le monde entier.

Un excellent épisode où le suspense est préservé jusqu'à la fin. Après un début confus qui se résume à la fuite éperdue d'un couple vers l'Angleterre, Holmes (en pleine forme) et Watson font équipe pour l'occasion avec Scotland Yard mais également avec la police de New York. Cet épisode est un des préférés de Jeremy Brett et la dernière scène, où l'on voit Holmes très attristé par la perte de son ami Firmani (personnage inventé dans le scénario), fut élaborée avec sa collaboration. Les deux logeuses sont assez comiques et la façon dont Holmes calme Miss Warren (on dirait qu'il l'étrangle) est surprenante. Quelques citations de Shakespeare dans la bouche du détective sont à noter. Les scènes sur le toit sont particulièrement bien rendues. Après Les six Napoléons, le banditisme italien est de nouveau à l'honneur. De l'humour avec, entre autres, la réplique de Holmes devant le comportement larmoyant de Miss Warren : 'Watson, cope !'.

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5. LA PIERRE DE MAZARIN
(THE MAZARIN STONE)

La pierre de Mazarin, un diamant inestimable, vient d'être volée dans un musée londonien. Sherlock Holmes étant parti dans les Highlands, Mycroft doit retrouver la pierre car sa perte pourrait mettre en danger l'Entente Cordiale. De son côté, Watson doit s'occuper de deux vieilles demoiselles…

Un épisode un peu particulier vu…l'absence de Sherlock Holmes, Jeremy Brett étant malade. On a la même saveur que des spaghettis Bolognese sans …spaghettis !! Deux brèves apparitions de Jeremy Brett, au début (il dit aller dans les Highlands) et à la fin ('Bravo, Mycroft'). Cette aventure fait même penser au calamiteux Homicide et vieilles dentelles des Avengers avec les deux sœurs logeuses qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux tantes de Mother ! L'enquête se fond vers un seul coupable mais cet épisode n'est qu'une transition et présente un intérêt très secondaire. Charles Gray ne déçoit pas en Mycroft et serait même excellent pour une apparition limitée ; tenir un épisode entier est autre chose. L'humour est présent lorsque Mycroft attend, le verre de Sherry à la main, l'arrivée de 'Garrideb' : 'Not bad the Sherry !' (Meilleure scène à mon avis). La fin est surprenante dans le mauvais sens du terme avec des apparitions et disparitions de Mycroft saugrenues. Fort heureusement et contrairement aux Avengers, la série ne se termine pas sur cette fausse note !

o Il est évident que cet épisode est, en fait, un mélange de deux nouvelles de Conan Doyle ; Watson s'occupant des trois Garrideb et Mycroft Holmes recherchant la pierre de Mazarin (faut dire que Charles Gray est un spécialiste des diamants depuis Les diamants sont éternels !).

o Les scènes avec Jeremy Brett furent tournées plus tard.

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6. LA BOÎTE EN CARTON
(THE CARDBOARD BOX)

À Noël, une jeune femme reçoit une boîte en carton contenant deux oreilles humaines. Holmes conclut à un double assassinat.

Un superbe épisode clôt la série, un des plus réussis toutes saisons confondues. L'action se passe à Noël (contrairement à la nouvelle) mais l'enquête n'est pas, loin s'en faut, un conte comme L'escarboucle bleue. L'humour et l'horrible se côtoient dans cette histoire où trois sœurs jouent un rôle primordial. L'humour par les décorations de Noël qu'impose Mrs Hudson mais, finalement, Holmes en fait de même avec son matériel de chimie ('Quite charming') et l'horreur de découvrir des oreilles humaines en guise de cadeau de Noël ! La séance de déduction dans le jardin d'hiver est un grand moment de l'épisode et laisse déjà entrevoir la vérité. Le second mystère qui se greffe à l'enquête (celui des pilleurs de cimetières) sied parfaitement au climat général. Bien que nous connaissions le coupable et la solution avant la fin, les dix dernières minutes de l'épisode sont prenantes, émouvantes et terriblement violentes. La dernière image fait froid dans le dos et justifie l'ultime réplique de Sherlock Holmes alias Jeremy Brett : 'What is the meaning of it, Watson ?'.

o Jeremy Brett, malade, ne pouvait tourner qu'un jour sur deux mais il personnifie le célèbre détective à la perfection dans cette ultime enquête.

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Crédits photo : ELEPHANT FILMS.