saison 1 saison 3

Thriller (1973-1976)

Saison 2


1. ONLY A SCREAM AWAY

Cet épisode est une très bonne entrée dans la seconde saison. La séquence pré-générique est moins 'choquante' que d'habitude : la caméra survole un moulin avec l'écriteau 'à vendre' puis plonge à travers la verte campagne et arrive sur un mariage en célébration, celui de Robert et Samantha Miller. La mariée reçoit soudainement de la peinture rouge sur sa robe. Un mauvais présage qui est suivi d'un étrange cadeau : un gant blanc d'enfant.

La réponse de ces événements se trouve dans l'enfance de Samantha, et cela se précise lorsque le couple reçoit la visite de leur voisin américain, Howard Heston. Ce dernier sympathise avec les Miller et s'intéresse particulièrement au passé de Samantha. La tragédie survient quand Robert trouve la mort au volant de la voiture de sport prêtée par l'Américain. Bien que nous devinons assez tôt qu'Heston connaît Samantha, le suspense et le mystère sont entretenus jusqu'à l'explication finale, où Heston révèle la terrible vérité qui a bloqué l'enfance de la jeune femme. Machiavélique et horrifiant.

Gary Collins est excellent en homme mystérieux résidant dans un moulin ; il parvient à transformer le comportement de son personnage jusqu'à le rendre dangereusement infantile dans le final. Il y a une référence évidente au Joker lorsque la photo de Samantha est découpée et, toujours dans le domaine Avengers, Liza n'est autre qu'une des deux tantes de Mère-Grand du calamiteux Homicide et vieilles dentelles. Cette fois-ci, dans un rôle bien plus grave à la destinée tragique. Episode conseillé !

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2. DANS L'ENGRENAGE
(ONCE THE KILLING STARTS)

Cette intrigue ressemble plus à un Columbo qu'autre chose. Michael Lane, professeur universitaire, veut supprimer sa femme embarrassante et met au point un plan apparemment infaillible. Estimant avoir commis le crime parfait, il est perplexe lorsqu'il reçoit des lettres de chantage.

A chaque fois, Lane pense avoir réduit au silence l'auteur des missives mais les menaces perdurent. La scène que je préfère se trouve dans l'introduction ; l'épouse de Lane lui demande s'il l'accompagne à la messe et le professeur décline l'offre prétextant qu'il attend un étudiant, George, qui s'avère être une jolie jeune femme ! Je voudrais bien connaître l'avis de l'office catholique de Télé7Jours de l'époque !

Le début, et surtout le teaser, sont bons, l'alibi téléphonique bien pensé, les lettres de chantage maintiennent le suspense, mais la fin est nullissime et fait plonger la note. Tout ça pour ça et on ne s'y fait prendre qu'une fois ! Je ne dévoile rien car, après tout, je ne vois pas pourquoi je serais le seul à perdre une heure de mon temps ! Patrick O'Neal est convaincant et les Avengers fans auront reconnu en Gerald Sim, le maitre chanteur supposé, le courtier de Meurtre par téléphone. 1 melon et demi car la fin me reste en travers de la gorge !

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3. LE BAL DES MONSTRES
(KISS ME AND DIE)

Robert Stone arrive dans un petit village, apparemment pour peindre, mais il est en fait à la recherche de son frère, qui a disparu mystérieusement deux mois auparavant après un bal costumé dans la demeure de Jonathan Lanceford. Il réussit à rencontrer sa nièce, Dominie, une jolie jeune femme, qui vit dans le château avec son oncle, très protecteur et obsédé par l'auteur Edgar Allan Poe. Elle est très évasive sur James Stone et elle assure qu'il l'a quittée sans donner de nouvelles.

Peu après, Dominie, tombée amoureuse de Robert, lui conseille de quitter les lieux, mais l'Américain est déterminé à découvrir la vérité. Contre toute-attente, il reçoit une invitation pour une fête costumée au château. Un excellent épisode macabre et morbide. Après un début un peu lent lors des scènes de pub, la tension monte crescendo et le final à couper le souffle est prodigieux. En connaissant Poe, on apprécie encore mieux ; toutes ses nouvelles me sont revenues à la vue de cet épisode, dont, bien entendu, La chute de la maison Usher et La barrique d'amontillado.

Avec George Charikis en plus, l'audience américaine a dû être comblée. Il y a aussi plusieurs références aux Avengers ; la scène pré-générique, inoubliable, fait un peu penser à Remontons le temps, mais en plus macabre, et le barman est interprété par le même acteur que dans Le village de la mort. John Sharp, avec ou sans e, car sur imdb, ce sont deux acteurs différents mais c'est le même et, en plus, dans les deux histoires, il a une fille serveuse blonde qui s'appelle Jenny (mais ce n'est pas la même actrice !).

Le duo d'acteurs vedettes de l'épisode, Jenny Agutter (vue dans L'âge de cristal) et George Chakiris, est très bon. A noter qu'Anton Diffring, Lancefort, est un peu dur à comprendre avec son accent allemand (surtout derrière son masque !). Le meilleur épisode de la seconde saison.

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4. MOYEN DE TRANSPORT PARTICULIER
(ONE DEADLY OWNER)

Une histoire laborieuse, surtout dans la première partie, bavarde et inintéressante, malgré la présence de Jeremy Brett en photographe, dix ans avant Sherlock Holmes. L'attraction est la superbe Rolls blanche…qui pousse des cris ! Dans la séquence d'ouverture, une personne décharge du coffre le corps d'une femme. Hélène Cook, une apprentie modèle, a le coup de foudre pour la Rolls en exposition et l'achète avec toutes ses économies. Elle découvre rapidement que la voiture est comme 'possédée', mais Hélène doit faire face au scepticisme de Peter, son photographe.

L'enquête de Miss Cook (très jolie Donna Mills vue dans Someone at the Top of the Stairs) dans le second acte donne un peu de suspense mais l'épisode n'est pas palpitant, bien que le dénouement soit imprévisible avec un convaincant Brett. Helene Cook se laisse guider par la Rolls, qui trouve son chemin, comme un cheval, ce qui, évidement, est une aberration pour tout esprit cartésien comme le mien. Seule, la jolie blonde Américaine maintient l'attention du téléspectateur tout du long…Elle a joué dans trois épisodes de la série, qui ne font pas partie, malheureusement, des meilleurs de Thriller.

Un article sur l'actrice, The Mills Bomb, où vous apprendrez comment elle s'est fait pincer les fesses à Westminster Abbey !

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5. SONNEZ UNE FOIS
(RING ONCE FOR DEATH )

On se souvient longtemps de ce domestique haut de gamme, et hors norme, qui 'prend le pouvoir'. L'entame est symbolique du caractère de la série ; la musique douce et le sourire de Masters contrastent avec l'horrifiant visage de la pauvre dame dans son lit et le cri d'effroi. Lorsque Laura Vallance, fraichement veuve, veut s'octroyer les services d'un maitre de chambre, le perfide Roger Masters se présente.

Un prédateur dont la spécialité est les riches femmes seules. Très efficace, il réussit à faire remplacer la domestique par sa complice. Rien n'empêche dorénavant le long empoisonnement dosé couplé avec la séquestration. Laura Vallance ne peut compter que sur son vieil ami, Hugo Fane, pour la sauver de la folie qui la guette. Mais Masters élimine l'obstacle dérangeant. On lutte avec Laura dont la transformation est criante de vérité.

Un très bon épisode marquant avec la presque Avengers girl Nyree Dawn Porter dans le rôle d'une célèbre riche veuve américaine, qui veut vivre retirée comme une étrangère à Londres. Michael Jayston est sublime en machiavélique et cynique valet empoisonneur Roger Masters. Il a réponse à tout et son scenario est presque parfait…à un bouton près. Jayston devait être fait pour ce genre de personnage car il reviendra dans un rôle aussi démoniaque quelques mois plus tard pour A Coffin for the Bride. Classique mais efficace. The butler did it !

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6. M POUR MEURTRE
(K IS FOR KILLING )

L'intérêt de l'histoire est la présence de la jolie Gayle Hunnicutt, car le reste ne rentre pas dans le moule de la série, y compris la fade scène d'introduction. Arden et Suzy Buckley, un couple excentrique, dirigent une agence de détectives, que le fils d'un puissant magnat contacte car il craint pour la vie de son père.

Ce dernier n'est pas impressionné jusqu'au moment où il échappe de peu à la mort. Une surprise de taille attend les deux enquêteurs. J'ai lu que cette comédie était le projet d'une série envisagée par Brian Clemens et Terry Nation. C'est en effet du burlesque policier avec de l'humour, souvent bien lourdingue, et personnellement, je n'accroche pas. Cela n'a rien à voir avec l'esprit macabre de la série.

Seule, la foldingue Mrs Garrick donne une touche Thriller à cet épisode lorsque Suzy l'interroge et qu'on s'aperçoit qu'elle est dérangée. Pour la petite histoire, il y a une jolie blonde qui s'appelle 'Mrs Gale'…Le plus faible de la saison.

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7. IDÉE FIXE
(SIGN IT DEATH)

Un excellent épisode qui débute par une intro atroce dans son absurdité : dans une demeure cossue, un couple s'apprête à diner et leur fille apporte le plat, quand une femme, cachée derrière le rideau, surgit et les tue à coups de ciseaux. Ensuite, le plus tranquillement du monde, elle redresse la bougie et passe l'aspirateur.

Tracy Conway, la secrétaire psychopathe maniaque tellement exaspérante, est superbement interprétée par Francesca Annis, que je ne connaissais pas. Sa façon d'éliminer toute entrave est déconcertante. Calme en apparence, elle devient soudainement violente, lorsque son monde romantique imaginaire est menacé. Elle fantasme d'être demandée en mariage par un audacieux patron, qui comblerait sa vie monotone, et tous les moyens sont bons pour y parvenir.

Lorsqu'elle croise Richard Main, directeur d'une multinationale, elle est persuadée que c'est le bon, et elle s'emploie à éliminer les obstacles qui se dressent en travers de son bonheur ; elle prend la place de Prue, la secrétaire, sème la discorde dans le couple Main et jette les soupçons sur le collaborateur du responsable, un homme bon vivant et plus clairvoyant que son patron. C'est sans compter avec la perspicacité d'un détective, venu spécialement du nord de l'Angleterre, qui a un indice de choix, une revue à l'eau de rose, Romantic Heart, I Married My Boss.

Quelques scènes sont vraiment typiques de la série comme l'assassinat de Prue et ses cris dans l'interphone, mais personne dans la rue n'y prête attention, la découverte de son corps, après un certain temps, sous la nappe dans la table-coffre, et la façon avec laquelle Tracy Conway plante le ciseau dans la main de l'employé trop entreprenant. Francesca Annis joue parfaitement la secrétaire consciencieuse, aussi bien dans son travail que dans l'élaboration des meurtres, mais il y a aussi l'excellent Patrick Allen en chapeau melon (Le jeu s'arrête au 13). Les quelques incohérences - pourquoi Richard Main n'appelle-t-il pas sa femme lui-même ?- et une fin en eau de boudin m'empêchent de mettre un quatre.

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Captures photo : Denis Chauvet.