saison 1 saison 3

Sam et Sally (1978-1980)

Saison 2


PRÉSENTATION DE LA SAISON 2

Cette seconde saison n'atteindra jamais la qualité de la première, et constitue donc une grosse déception. Le changement le plus notoire est bien entendu le remplacement de Corinne Le Poulain, indisponible pour cause de grossesse, par Nicole Calfan. Ennuyeux parce que Corinne Le Poulain était l'atout majeur de la série, et son départ n'a pas été facile à combler.

Sally version Le Poulain était une jeune femme espiègle, décidée, un peu casse-pieds, mais attachante par son côté expansif, enthousiaste. C'était une ancienne danseuse, parfois un peu nunuche, qui faisait des séances photos, câlinait son adorable cocker et dansait encore à l'occasion.

Sous les traits de Calfan, Sally n'a plus de chien, écrit des romans, joue du saxo, s'intéresse au spiritisme et à la défense de l'environnement. C'est une Sally plus intellectuelle mais moins spontanée, et du coup beaucoup moins drôle que sa devancière.

Les deux actrices sont très différentes. Corinne Le Poulain respire le bonheur, la joie de vivre, alors que Nicole Calfan, dont la vie privée tourmentée rejaillissait sans doute sur son comportement d'actrice, suinte la tristesse, ce qui pose évidemment problème pour jouer dans une série basée sur l'humour. Il faut avouer que Nicole Calfan n'est pas une actrice adéquate pour la comédie.

Autre reproche, l'idée saugrenue de faire annoncer par un méchant au début du premier épisode que Sam vient de divorcer pour se remarier avec une femme également prénommée Sally. On comprend que le but était de justifier auprès des  fidèles de la série le changement d'actrice par un changement d'épouse, mais on a du mal à croire que Sam puisse se séparer de Sally/Corinne Le Poulain pour épouser Sally/Nicole Calfan.

Le couple d'origine paraissait trop complice pour envisager une séparation, même si le caractère difficile, et surtout la jalousie excessive de Sally version Le Poulain constituaient des motifs sérieux de lassitude pour Cramer. Néanmoins, il eut été préférable de ne donner aucune explication, ce qui aurait laissé la porte ouverte à un retour de Corinne Le Poulain lors d'une éventuelle troisième saison, possibilité qui disparaît avec l'option retenue, à moins que Sam ne soit une vraie girouette et divorce à nouveau pour épouser Sally Caron une seconde fois...

Toujours est-il qu'avec Calfan, la série devient beaucoup moins humoristique, et perd donc sa qualité principale car ses intrigues à dix balles ne peuvent à elles seules suffire à captiver le téléspectateur. Encore heureux que, au contraire du cocker, la fameuse Excalibur ait été conservée, mais que de changements malvenus chez les Cramer !

Sam et Sally deviennent moins drôles, moins souriants, moins épanouis, il leur arrive de délaisser les palaces pour enquêter dans des endroits peu reluisants, ils sont parfois méconnaissables. Et leur  domestique à gilet rayé, apanage de bourgeois conformistes, ne cadre guère avec leur comportement iconoclaste.

Comme le chantaient les Suédois d'Abba dans « Money, money, money »: Always sunny in the rich men's world. Eh ! Bien, les Cramer ne donnent plus l'impression de vivre dans le monde ensoleillé des riches, qui suscitait le rêve, mais évoluent au sein d'une atmosphère dépouillée et au fil d'intrigues beaucoup plus réalistes, délaissant les fondamentaux de la première saison.

Déception aussi avec les génériques. Pas au niveau musical puisque le fameux thème de Vladimir Cosma est conservé (encore heureux...), mais au sujet de leur aspect visuel. Ceci ne concerne pas le générique de début, reproduit à l'identique jusque dans les images du couple bavardant dans sa voiture. Le seul changement est le remplacement de Corinne Le Poulain par Nicole Calfan, dans ce court extrait et dans certains autres, changement d'ailleurs parfaitement indispensable.

Toutefois, certains extraits de la première saison, où ne figurait pas Sally, ont été maintenus. Si l'on est un rien perfide, on peut se demander si cela signifie que la seconde saison est tellement médiocre qu'on ne puisse en extraire suffisamment d'images attrayantes à insérer dans le générique... On peut aussi estimer que ce générique identique est une tromperie puisqu'il laisse croire aux téléspectateurs qu'ils vont assister à une première saison-bis, ce qui, hélas !, ne va pas être le cas.

Le changement intervient dans le générique final. Raccourci, il devient banal du fait de la suppression de tout ce qui faisait son originalité. Exit le dessin de la voiture, les photos de Sam et Sally, les images issues de l'épisode !

Question scénarios, ça ne s'arrange pas non plus. Certes, ils n'étaient déjà pas le point fort de la première saison, mais la seconde fait preuve d'un manque d'imagination flagrant, voire d'un certain épuisement.

Et les décors ? Coproduction oblige, l'action ne se situe à Paris que dans un seul épisode. Les cinq autres sont tous tournés à l'étranger : un au Venezuela, deux en Italie et deux en Afrique du Sud. Mais la variété et la beauté des décors naturels ne peuvent rattraper la somme des faiblesses enregistrées.

Du côté de la mise en scène, un seul réalisateur est aux commandes pour les six épisodes, appelé Joël Santoni dans le générique. D'après certaines sources, il s'agirait en fait d'un pseudonyme pour  Joël Séria. Difficile à croire, tellement la série correspond peu au style du réalisateur de Ne nous délivrez pas du mal et des Galettes de Pont-Aven, mais Séria aurait réalisé de nombreux téléfilms de commande, histoire de gagner sa vie. Ni son site personnel, ni le site de Santoni ne mentionnent une participation de l'un d'eux à la série.

On peut remarquer que, s'il s'agit bien de Joël Séria, il a cru bon de prendre un pseudonyme, comme le faisaient à l'époque les réalisateurs qui versaient dans le porno... Tout ceci laisse à penser que passer par la case Sam et Sally fait tâche dans la carrière d'un réalisateur. Au vu de la piètre qualité de cette saison, on ne peut pas vraiment leur donner tort.

Cette seconde saison est donc un échec, auquel la série ne survivra pas. Il est vrai que le contexte n'était pas favorable à sa poursuite. Première saison en 1978, deuxième en 1980, une troisième aurait pu voir le jour en 1982. Mais l'arrivée au pouvoir en 1981 d'une gauche encore influencée par le marxisme, donc violemment opposée aux « riches », et qui va s'emparer des commandes des chaînes de télévision, toutes publiques, a évidemment scellé le sort de ce type de productions.

Ajoutons que la seconde saison comptait l'Afrique du Sud parmi les pays coproducteurs... Dans le domaine des séries policières,  curieusement, Antenne 2 préfèrera ressusciter Les Brigades du Tigre sous une nouvelle mouture, bien que cette série à la gloire de la police soit régulièrement vilipendée dans la presse de type Libération.

En guise de conclusion, on peut poser une question : la série a-t-elle atteint son objectif, à savoir devenir le Amicalement vôtre français ? Pour tenter d'y répondre, une remarque en préalable. Par « Amicalement vôtre français », il faut entendre l'équivalent français des aventures de Brett Sinclair et Danny Wilde. Les séries françaises n'ayant jamais atteint le niveau de leurs homologues anglo-saxonnes, il ne s'agissait pas d'égaler les Persuaders, mais seulement de s'en approcher.

Par son thème, son atmosphère chaude et colorée de milieux favorisés, son humour et son côté déjanté, mais aussi par la prééminence donnée aux acteurs et à la comédie sur le scénario, la saison 1 a atteint une bonne partie de cet objectif. Par contre, la saison 2 a complètement plombé la série.

On peut reprocher un certain manque d'ambition. Les livres de MG Braun constituaient une mine de scénarios, et si cela ne suffisait pas, quelques scénaristes chevronnés auraient pu en créer d'autres. En produisant d'emblée une vingtaine d'épisodes dans la lignée de la saison 1, avec bien entendu Corinne Le Poulain dans le rôle de Sally, l'objectif de créer un Amicalement vôtre français aurait probablement été atteint.

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1. MONSIEUR HEREDIA



Sam part à Caracas à l'insu de Sally, afin d'assister à l'ouverture du testament de sa tante, une dame très riche qui lui versait de son vivant une rente mensuelle de cinquante mille dollars et avait exigé en contrepartie qu'il ne se marie jamais. L'affaire est rendue délicate par l'irruption intempestive de Sally et la présence inattendue d'un second héritier, un certain Monsieur Heredia qui va réserver quelques surprises...

Cette seconde saison démarre honorablement avec un épisode plaisant. De beaux décors avec Caracas et le soleil du Venezuela, voilà qui est bien dans la lignée de la série, tout comme le premier quart d'heure, très animé. On y trouve notamment une scène hilarante où Sam, croyant Sally restée à Paris, drague une belle inconnue qu'il ne voit que de dos devant la boutique d'un marchand de glaces ambulant. Bien entendu, l'inconnue n'est autre que Sally, qui a suivi sa trace, et nous gratifie de moues très expressives et révélatrices des sentiments que lui inspire l'attitude cavalière de son mari.

La scène de la montre avec le directeur de l'hôtel relève du médiocre : à cette occasion, Sam fait preuve d'un humour de bas étage. Heureusement, l'arrivée du fameux Monsieur Heredia relance l'épisode dans sa seconde partie. Ce pré-adolescent à la fois espiègle et surdoué se révèle fort sympathique et bien adapté à la simplicité de l'intrigue, justement très bon enfant.

L'adversaire principal ne fait pas très sérieux, un véritable escroc de pacotille qui ne pèsera pas lourd face à l'esprit malin et l'expérience de Cramer. Le recours à un sourd-muet lisant sur les lèvres aux fins de s'informer de ses manigances est une très bonne idée.

Ce qui a manqué à cet épisode, c'est ce petit grain de folie supplémentaire, qui était l'apanage de la saison précédente, et qu'on ne retrouvera plus. Le changement de l'actrice principale y est sans doute pour beaucoup.

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2. LA MALLE

Victime d'une erreur de livraison, Sally découvre un cadavre dans la malle où elle espérait trouver une statue de samouraï, cadeau de Noël destiné à Sam. Le couple va tenter de se disculper auprès de la police tout en échappant aux manigances de Venanti, un patron de casino responsable du meurtre.

Cet épisode marque le début du déclin irréversible de la série. Le choc est brutal, après un premier épisode qui avait fait illusion.

La première déception vient du changement de la nature même du couple vedette. Sam et Sally version Descrières/Le Poulain étaient des milliardaires chics évoluant dans les hautes sphères de la société. Version Descrières/Calfan, ils sont devenus un couple de bobos avant l'heure, qui vit à Montmartre et va s'encanailler dans des lieux mal famés. La classe a cédé la place à la vulgarité, Sam s'adonne au poker en compagnie de types à l'apparence de Français moyens pendant que Sally joue du saxo dans des cercles musicaux post-soixante-huitards, entourée de musiciens négligés à l'allure de hippies. Le rêve suscité par la première saison a cédé la place à un sombre réalisme.

La deuxième déception vient du jeu des acteurs. Descrières et Calfan, sans doute conscients des faiblesses du scénario, n'y croient pas et jouent sans conviction. Où sont passés l'entrain et le côté tornade de Corinne Le Poulain ? Les seconds rôles sont décevants : le joueur de poker malchanceux nous bassine pendant près de la moitié de l'épisode avec ses lamentations, censées amuser, mais en fait plus qu'énervantes tellement l'acteur joue mal. La femme alcoolique que Sam va interroger est pire, incarnée par une comédienne au-dessous de tout.

La troisième déception vient de l'absence totale d'humour. Rien de drôle dans cet épisode où les gags tombent à plat, ce qui est évidemment ennuyeux pour une série humoristique. Alors que Corinne Le Poulain nous régalait avec son côté candide, son enjouement et ses gaffes à répétition, Nicole Calfan suscite surtout de la tristesse, et il faut subir sa voix rauque et tabagique. Elle semble avoir contaminé son partenaire, qui joue désormais sur le même registre.

La quatrième déception a trait à la faiblesse du scénario, une histoire policière de troisième zone bien lente à démarrer, et qui sent le réchauffé, le cadavre du lit à baldaquins de Week-end à Deauville étant transformé en cadavre dans une malle. On a déjà vu plus original...

L'intrigue sonne faux de A à Z. Sally ne trouve rien de mieux à faire qu'une séance de spiritisme grotesque pendant que Sam va enquêter du côté de la fiancée de Venanti, qu'il trouve dans un état éthylique avancé au cours d'une scène à la limite du supportable. Même le déguisement de Sam en Père Noël n'arrive pas à nous dérider.

Et c'est de pire en pire avec l'immersion de Sally dans le monde glauque des petits musiciens à la recherche d'un cachet, forcément très différent des Rome et Deauville fréquentées auparavant. Sans doute ce milieu est-il assorti à l'absence de distinction de la nouvelle Sally, qui semble s'y trouver aussi à l'aise qu'un poisson dans l'eau...

La cinquième déception est due à un final ahurissant. Descrières dans une robe blanche de mariée pour tromper Venanti, c'est n'importe quoi, mais c'est surtout une fin en queue de poisson. On ne sait même pas si ce malfaiteur notoire est arrêté. En tous cas, il semble bien que ce ne soit pas le cas ! Mais alors, comment les Cramer vont-ils se débarrasser de la police ? Mystère, le scénariste semble être aux abonnés absents...

On aura donc compris que cet épisode constitue un échec cuisant. Les décors naturels de la Butte Montmartre et la participation surprise de Jean-Pierre Coffe dans le rôle de Venanti sont les seules éclaircies. Coffe est une vedette invitée convaincante, ce qui ne me surprend pas car j'ai toujours pensé qu'il était un acteur-né, et apparaît d'autant plus en relief que les autres comédiens font des prestations moyennes ou médiocres. Mais il ne peut à lui seul susciter un intérêt suffisant pour transformer un épisode raté ne serait-ce qu'en demi-échec.

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3. L'AVION

Au cours d'une vente aux enchères, Sally achète sans le vouloir un avion pour la somme de 131 millions. L'appareil appartenait à un scientifique récemment décédé, et ne tarde pas à faire l'objet de tentatives de rachat à bon prix qui éveillent l'intérêt de Sam.

Une intrigue éculée qui ne peut tromper personne. A moins d'être particulièrement naïf, on a compris dès le départ que le professeur n'est pas réellement décédé. Heureusement, une foule de détails assez plaisants rendent l'épisode convenable.

Si l'achat involontaire à la suite d'un signe de la main, donné en fait pour dire bonjour à Sam, apparaît copié sur Amicalement vôtre, le procédé n'en demeure pas moins efficace. Sam se déguise en ecclésiastique pour mener une partie de son enquête et réussit à extirper Sally des griffes d'un Japonais et de ses sbires féminins alors qu'elle se trouvait en fâcheuse posture, menacée d'être transpercée par des épées dans une cabine de prestidigitateur.

La jeune marquise, qui ne semble pas très touchée par la mort de son mari, est aidée par une garde du corps âgée d'une cinquantaine d'années au physique difficile, personnage pittoresque et sympathique. Des messages envoyés à Sam par voie fléchée sont également au programme, ce qui lui donne sans doute l'idée d'utiliser des fléchettes pour endormir les ravisseurs de Sally. Piégé lui-même par un sérum de vérité, voilà le malheureux Sam qui avoue ses nombreuses infidélités à Sally au cours d'une promenade en avion qui manque de se terminer en catastrophe.

Tout ceci est léger et aéré, mais reste loin d'égaler les moments vécus lors de la première saison. L'aspect « bandits d'opérette » des opposants rappelle Le legs, un épisode des Avengers pas spécialement enthousiasmant.

Les déambulations dans les magnifiques paysages italiens, la musique à nouveau excellente et les personnages humoristiques constituaient autant d'éléments susceptibles de générer une réussite, mais la série n'a plus le feu sacré avec un Descrières vieillissant et une Nicole Calfan qui n'arrive pas à trouver le ton juste.

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4. LES COLLECTIONNEURS

Aiguillé par un détective américain ayant l'intention d'utiliser ses investigations à son profit, Sam se rend à une réunion de collectionneurs d'œuvres d'art, vraisemblablement sur le point de se partager une importante collection qui avait disparu depuis la seconde guerre mondiale.

Un épisode qui inspire des sentiments contradictoires. Il ne subsiste plus rien du caractère explosif et spontané de Sally. Méconnaissable, l'épouse de Sam joue désormais les utilités, ou plutôt les inutilités, en particulier au cours d'une première demi-heure soporifique, d'autant plus décevante que l'introduction décalée avait suscité de sérieux espoirs.

Il faut s'y faire, Sally fait tapisserie. Elle dicte ses romans et joue du saxo pendant que son mari mène l'enquête et prend tous les risques. Est-ce dû à la personnalité de Georges Descrières ? Toujours est-il que les deux premiers tiers de cette histoire font étrangement penser aux plus qu'ennuyeux épisodes de la série Arsène Lupin tournés à l'étranger.

Fort heureusement, le dernier quart d'heure rattrape en partie ce qui précède car, non seulement l'action devient enfin digne d'intérêt, mais on y rencontre quelques éléments de scénario particulièrement bien imaginés.

Le méchant principal n'est autre qu'un collectionneur italien, un nain courtois et distingué entouré d'hommes de main dont l'un d'eux le porte sur un bras lorsqu'il désire dominer ses interlocuteurs. Le signore Vincenti – c'est son nom- excellemment interprété par Nicola Calefato, utilise des serpents venimeux pour barrer la route à tous ceux qui convoitent les trésors dont il vient de s'emparer. Ce personnage, et son intention de se débarrasser de Sam en le laissant en tête-à-tête avec une de ses bestioles, rappellent les bandits exceptionnels d'excentricité et de brio vus dans Les mystères de l'Ouest.

A un degré moindre, Hasley, le flic américain iconoclaste interprété par Philippe Leroy-Beaulieu, relève de cette catégorie. Dommage qu'il soit si peu présent, hormis dans la séquence d'introduction. Cette très bonne entame montre un flic aux méthodes de gangsters -on peut d'ailleurs croire au départ qu'il en est un- puisqu'il n'hésite pas à faire décrocher le wagon de chemin de fer emprunté par les Cramer, manière pour le moins originale de prendre contact, et presque digne d'un James Bond. Le wagon s'immobilise sur la voie, mais Hasley a pensé à amener l'Excalibur du couple pour que nos héros puissent poursuivre leur voyage !

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5. LE DIAMANT

Les Cramer font partie des quelques privilégiés invités à admirer le plus gros diamant du monde, exposé en Afrique du Sud. La pierre précieuse ne tarde pas à être dérobée et tous les indices accusent Sam.

L'escale en Afrique du Sud ne sied pas du tout à la série, qui devient du grand n'importe quoi. Les Cramer forment désormais un couple désuni. Sally se déclare prête à accepter toutes les infidélités de son époux afin de sauver son mariage, et Sam ne tarde pas à en profiter en allant retrouver dans sa chambre la ravissante Elsa. Une hérésie quand on pense aux joyeux lurons des débuts de la série, si complices malgré leurs petites disputes.

Question intrigue, on n'est pas plus gâtés car elle ne vaut pas un clou. Tout est tellement téléphoné, on a deviné instantanément qu'Elsa est une voleuse concurrente, et son plan pour faire accuser Sam du vol est tout aussi insignifiant, même un enfant ne s'y laisserait pas prendre.

Et l'inventivité, la drôlerie des scènes de comédie de la saison 1, où sont-elles passées ? A la place, une ambiance grave et des scènes de pseudo émotion entre les Cramer. Dernier exemple, et de taille aussi importante que le fameux diamant : Sam et Sally ne retirent aucun avantage financier à la fin de cette aventure, ou plutôt mésaventure !

Bref, cet épisode est un ratage complet, pas même atténué par la présence d'une sympathique autruche qui joue à son insu un rôle capital.

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6. LA PEAU DU LION

Sam et Sally affrontent une redoutable bande de trafiquants de peaux de bêtes, au cœur d'un désert africain. Sally est persuadée qu'un ami journaliste qui enquêtait sur ce trafic n'est pas mort accidentellement comme annoncé, mais a été victime d'un assassinat.

Une intrigue autrement plus consistante que celle du calamiteux épisode précédent, et quelques bonnes scènes comme celle de la chaise électrique ou celle du déguisement de Sally en Africaine, rendent l'épisode regardable.

La conférence de presse initiale éveille notre curiosité, puis l'épisode s'enfonce dans d'interminables pérégrinations au travers du désert. Cette partie ratée montre une nouvelle fois à quel point l'humour a abandonné la série. La scène où Sally, à moitié morte de soif, décide de jouer du saxo, est à la fois dérisoire et pathétique.

Une certaine amélioration se produit par la suite. Les développements ultimes de l'aventure se laissent suivre, dopés par la très belle performance de Katleen Lee dans le rôle truculent de Lady Wesley. Ce véritable génie du mal est un nouvel avatar réussi du traditionnel bandit-vieille femme haut-en-couleurs.

Outre la transformation évidente de la série de comédie en banales aventures, on regrettera une fois de plus l'évolution négative des Cramer, en particulier celle de Sally, pas crédible du tout en insurgée pendant la conférence de presse, et bien entendu l'absence de bénéfice retiré à l'arrivée par le couple, devenu au fil des épisodes curieusement désintéressé, voire philanthrope.

Le concept de la série était de montrer les aventures d'un couple de milliardaires à la fois justiciers et voleurs, à l'image d'Arsène Lupin. Les producteurs, il est vrai en partie les mêmes avec Jacques Nahum, ont commis la même erreur que pour les aventures du gentleman-cambrioleur : en centrant cette seconde saison sur l'aspect justicier au détriment de l'aspect intéressé des héros, ils ont fait évoluer la série vers une impasse, dont elle ne s'est pas remise.

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Crédits photo: LCJ.

Images capturées par Phil DLM.