saison 1 saison 3

Les Envahisseurs (1967-1968)

SAISON 2


1.ALERTE AU ROUGE
(CONDITION : RED)



Bien qu'étant le premier épisode de la saison 2, cet épisode ressemble à s'y méprendre à ceux qui nous ont passionnés dans la saison 1.

De superbes interprètes sont dans l'épisode : Antoinette Bower (vue aussi dans Le Fugitif, Hawaii 5-0), Jason Evers (vu dans plusieurs Mannix), Mort Mills (un physique qui rappelle Frank Marth de L'innocent et Action de commando)

Une jeune femme, Laurie Keller (Antoinette Bower) fait une chute de cheval. Un médecin s'arrête et constate que son cœur ne bat plus. Or c'est une alien qui est simplement évanouie. Le docteur téléphone d'une cabine pour annoncer la mort de la jeune femme, qui se relève. Musique de Dominic Frontiere et deux envahisseurs noient le docteur dans un lac.

Nous revenons dans ce que nous n'aurions jamais dû quitter : l'ambiance oppressante des Envahisseurs. Après le générique, nous découvrons le mari amoureux (Jason Evers) subjugué par son épouse alien qui lui met derrière le cou une arme permettant de le contrôler et de lui faire révéler des secrets militaires.

L'objectif est de neutraliser le système de défense de l'espace et de permettre à des soucoupes d'arriver en masse sur la terre sans être repérées.

Vincent comme d'habitude mène son enquête en solitaire et devra, poursuivi par des aliens, quitter précipitamment son break, touché par les rayons des pistolets sèche-cheveux.

Le suspense grandit et le major Dan Keller (Jason Evers) finit par comprendre que Vincent a raison, mais trop tard. La scène finale au centre d'opérations du NORAD qui surveille l'espace est grandiose (même si les avions de chasse qui décollent sont sans doute des stock-shot, la série n'ayant pas les moyens d'une telle mise en scène).

On revient donc à l'ambiance des premiers épisodes et nous avons peur, trés peur.

Cette ambiance de montagne isolée, de bases souterraines, de complots, d'épouse qui a séduit le major Keller peu après la crise cardiaque de sa première épouse, font que nous sommes dans Les Envahisseurs, indubitablement.

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2.LA SOUCOUPE VOLANTE
(THE SAUCER)

Cet épisode a été diffusé en novembre 1971 et rediffusé sans être annoncé dans Les dossiers de l'écran de la jeunesse un mercredi après-midi de janvier 1975 lors des débuts d'Antenne 2.

Lors de sa rediffusion en 1987, il fut l'objet d'un second doublage, le texte était différent : ayant enregistré les 26 épisodes ORTF sur des cassettes audio, je connaissais les répliques et les voix. Dans la version 1971, c'est Henri Djanik, la voix française de Telly Savalas dans Kojak qui doublait le shérif dans le pré générique.

L'épisode nous propose plusieurs comédiens confirmés : Ann Francis, Dabney Coleman (L'innocent), Sandy Kenyon. Il s'agit d'un épisode se déroulant dans le désert comme Les sangsues ou La mutation.

Nous voyons pour la première fois la soucoupe volante sous toutes les coutures, on voit David monter dedans, toucher les commandes, être seul maître à bord, sans que cela fasse cheap. D'ailleurs, dans les livres qui abordent les séries américaines, ce sont souvent des photos de cet épisode qui sont retenues, car elles sont les plus accrocheuses.

En 1971, l'épisode fit sensation, c'était avec Alerte rouge le retour des Envahisseurs après deux ans d'absence, pendant lesquelles la seule consolation fut une bande dessinée éditée par Sagedition et dont le premier numéro s'appelait La montagne disparue.

L'histoire de l'épisode est assez facile à résumer : David s'empare d'une soucoupe, envoie quelqu'un chercher les autorités, mais Ann Francis est prisonnière et David l'échange avec les aliens.

Il a pris des photos mais le chef (Sandy Kenyon) lui dit alors : "Un petit détail encore, votre appareil."

Un épisode absolument typique des Envahisseurs, qui contient tout ce qu'on peut attendre de la série.

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3. LES ESPIONS
(THE WATCHERS)

Cet épisode, diffusé seulement en 1987, ce qui n'est pas une catastrophe, fut parfois présenté dans les programmes télé sous le titre L'espion.

Il s'agit d'un épisode particulièrement soporifique, avec une musique (Duane Tatro?) qui nous casse les oreilles. La seule scène qui rappelle la saison 1 est le suicide forcé du gérant de l'hôtel dans le pré générique.

Ensuite, l'histoire devient vite ennuyeuse. Très peu de suspense, on le regrette car il y a Kevin Mac Carthy de retour en terrain connu (il fut le héros de la première version de The body Snatchers). L'intrigue s'étire péniblement jusqu'à la cinquantième minute. La vedette de l'épisode est une jeune aveugle, Margaret, fille de Kevin Mc Carthy.

Il est facile de deviner que c'est l'un des épisodes que je regarde le moins.

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4. LA VALLÉE DES OMBRES
(VALLEY OF THE SHADOW)

Retour à l'ambiance parano et suspense des Envahisseurs, avec cet épisode. Un envahisseur, fait prisonnier dans la petite ville de Carterville, tente de s'évader. Cet alien a tué froidement un médecin qui se portait à son secours après un accident de voiture simplement pour cacher sa nature d'extraterrestre. Lors de sa tentative d'évasion, l'alien est tué et cela en présence de nombreux témoins dont la police.

Si David a enfin sa preuve de l'existence des envahisseurs, il déchante vite comprenant que les envahisseurs encerclent la ville, coupent toutes les communications et vont tuer tous les habitants de Carterville.

Par sa structure narrative, l'épisode évoque le début du film Le village des damnés. Pour sauver les habitants, Vincent propose un marché aux envahisseurs : effacer la mémoire des habitants au cours des dernières vingt-quatre heures.

Ce procédé hypnotique rappelle l'épisode Le document disparu des Avengers saison 6 où les laveurs de carreaux effaçaient la mémoire des personnes dans un bureau (dont Tara King).

L'épisode marque un retour aux scènes qui font peur, par exemple, la voix deformée du chef des envahisseurs (qui a pris l'identité d'un militaire) : "Habitants de Carterville...". Nous entendons d'abord cette voix de façon déformée, puis prononcée normalement par l'alien qui utilise un appareil qui déforme les voix.

Le procédé reste tiré par les cheveux car il est un peu gros qu'en remontant les montres, en faisant voir une version différente des évenements de la journée (un peu comme dans le film avec Bill Murray Un jour sans fin), les habitants perdent si vite la mémoire.

Néanmoins, c'est un épisode qui revient à une moyenne honnête pour la série.

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5. L'ENNEMI
(THE ENEMY)

Cet épisode a traumatisé toute une génération de téléspectateurs. Il fut diffusé après Guerre subversive en décembre 1971 avant une trêve des confiseurs : la série ne fut pas diffusée pendant les fêtes de Noël 1971.

Pour la première fois, nous allons voir un envahisseur sous sa forme originelle. Blake, un alien, est le seul survivant du crash d'une soucoupe volante. Dès les premières images, nous savons que l'épisode est de la trempe de Cauchemar.

Une jeep, la nuit, conduite par Gale, une infirmière qui revient du Vietnam et croit avoir vu toutes les horreurs du monde. Une lumière dans le ciel : la soucoupe habituelle, mais cette fois, elle a une panne et s'écrase. Deux aliens à bord, en combinaison verte, le premier meurt et son corps disparaît comme d'habitude. L'autre, Blake (Richard Anderson, Oscar Goldman de L'Homme qui Valait Trois Milliards) entend la jeep, et menace l'infirmière de son pistolet laser. Mais, blessé, il s'évanouit.

Blake est recueilli par Gale dont il se sert sans scrupules. Il lui dira : "Rien de ce que vous avez vu au Vietnam ne peut être comparé avec moi". Blake, comme Vikki dans La mutation, va vers la fin de l'épisode, éprouver des émotions. Ce qui le poussera à sauver Gale et Vincent à la fin de l'acte 4 au détriment de ses congénères.

David Vincent recherche la soucoupe écrasée (en vain, car Blake l'a désintégrée d'un coup de laser). Il rencontre Gale et se heurte à son hostilité. Il comprend qu'elle le protège. Blake a besoin d'une régénération, ses mains commencent à ressembler par moment à une forme assez gluante (sur leur planète, les aliens ressemblent à des mollusques).

Gale va changer d'avis sur son "protégé" lorsque son amoureux, l'adjoint du shérif, que joue Paul Mantee (figure familière des séries 60's) sera tué par Blake qui aura récupéré son pistolet laser. Pendant ce temps, deux envahisseurs sont à la recherche de Blake et de la caisse qu'il transportait dans la soucoupe. Ils se font passer pour des chercheurs d'or voulant acheter une mine.

L'ambiance est prête pour un film d'épouvante : mine abandonnée, orages, éclairs, fuite de Gale et Vincent, Blake les poursuit avec une lampe de mineur et son pistolet forme sèche-cheveux tout en reprenant sa forme d'origine. L'épisode La genèse est évoqué par Vincent : "La seule autre personne ayant vu un envahisseur sous cette forme a perdu la raison".

L'épisode rivalise alors vraiment avec Cauchemar pour le qualificatif du plus horrifique de la série. Il reste un mystère : après un tel chef-d'œuvre, qu'est ce qui a pris aux producteurs et scénaristes de nous offrir en saison 2 des histoires banales, où le thème de Dominic Frontiere est rare, où les aliens utilisent nos révolvers et non plus leurs armes de l'espace ?

Dans la mine, Gale et Vincent sont confrontés aux deux aliens chercheurs d'or tandis que Blake arrive. Les mains ressemblent à deux griffes gélatineuses, le visage n'a plus rien d'humain mais le réalisateur s'efforce de laisser Blake dans l'ombre. Ce sera bien plus efficace et effrayant que dans le téléfilm séquelle de 1995 avec Scott Bakula où ils ont grosso modo le même visage monstrueux mais en plein jour.

Blake d'un coup de pistolet laser abat ses deux compatriotes, et demande à Vincent : "Je souffre, faites quelque chose". Vincent le tue d'un coup de pistolet et Blake disparaît.

Cet épisode nous donne une idée de ce qu'aurait été la série si Larry Cohen n'en avait pas été dépossédé dès le départ. Cohen avait même imaginé que les aliens avaient un œil dans la paume de la main, ce que le chanteur Jean Louis Murat au début des 90's utilisera dans un clip.

Cet épisode sans temps mort vous garantit cinquante minutes de bonne trouille, et vous en apprend beaucoup sur la série. Malheureusement, après L'ennemi, la série va perdre en force et en qualité et il n'y aura jamais de saison 3.

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6. LE PROCÈS
(THE TRIAL)

Cet épisode fut diffusé par TF1 l'été 1987. Sony Music Video en 1992 l'avait selectionné comme un des 12 meilleurs épisodes lors de l'édition de 4 VHS. Incompréhensible.

Jamais je ne comprendrai ce qui est passé par la tête de la production pour, après un chef-d'œuvre comme L'ennemi, nous livrer cette ineptie qu'est Le procès, un des plus mauvais épisodes de la série.

Pour vous en convaincre, on peut citer deux scènes : les parents d'un envahisseur qui a été tué viennent témoigner au procès que leur fils était bien humain, ils font leur déposition, puis vont à la machine à café où seul David Vincent les voit, ils s'adressent alors à lui en le narguant et en prenant un cachet mortel et s'enflamment dans le fameux brouillard rouge.

Autre énormité : Janet Wilk (jouée par la délicieuse Lynda Day qui n'était pas encore Lynda Day George) était mariée à l'alien tué. Mais elle ne s'en est pas rendu compte ou plutôt a seulement constaté... qu'ils n'ont jamais fait l'amour.

L'histoire est absurde : deux hommes se battent, l'ex fiancé de Janet et son mari alien. Ce dernier meurt dans le contexte habituel, mais comme on ne trouve pas de corps, Charlie Gilman, qui se trouve être un ami de David et l'ex de Janet, est accusé d'avoir jeté le corps du mari alien dans un haut fourneau.

Finalement, le juge et l'avocat général (ce dernier joué par Harold Gould, le médecin de L'expérience de la saison 1) abandonnent les charges contre Gilman quand Vincent fait une entaille avec un morceau de verre au visage de l'avocat de Gilman qui est un alien. Pas de sang, l'avocat s'enfuit, est tué, brouillard rouge.

Ce devrait être la fin de la série, cette fois un juge et un procureur ont vu ce que David Vincent raconte depuis Première preuve, mais non, on continue la série.

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7. LES SPORES
(THE SPORES)

Résumons d'abord ce que nous savons des envahisseurs et de leur nature, car cet épisode va dénoter en ne se présentant pas dans la continuité logique des précédents.

Sous leur forme d'origine, ils ressemblent à des mollusques (La genèse, L'ennemi).Ils ont quand même "ce que l'on appelle un père" (Vikki dans La mutation). Ils ne supportent pas l'oxygène et doivent se régénérer pour garder leur forme humaine (Blake dans L'ennemi dit qu'ils doivent trouver une solution pour survivre avec l'oxygène sur Terre).

Jusqu'ici, il n'a donc jamais été dit qu'ils étaient une espèce végétale, élément qui a été utilisé avec les body snatchers de Jack Finney.

Donc, Les spores, où un envahisseur joué par Gene Hackman transporte dans une valise des graines d'alien, est anachronique. À partir de là, l'épisode peut se regarder, d'abord pour la présence exceptionnelle de Gene Hackman, ensuite pour le suspense et les scènes horrifiques.

Les envahisseurs transportent donc des spores dans une mallette, à bord d'une vieille camionnette type années 50, mais un barrage de police (qui est là pour autre chose) vient perturber nos ennemis qui font demi-tour et prennent la fuite.

Tom Jessup (Gene Hackman) est assis à côté du conducteur ; dans la fuite, la camionnette a un accident auquel Jessup survit. Ernie, le sergent de police, hélas pour lui ex alcoolique, assiste à la mort des deux autres occupants de la camionnette et croise le regard de Jessup. Ernie est confronté à Jessup, et c'est le policier que l'on ne croit pas (en raison de son passé). Or depuis deux ans, Ernie n'a plus bu et doit prendre sa retraite dans un an. Pourtant, Ernie s'accroche à son rapport et est suspendu.

Vincent se rend au commissariat et ne tarde pas à tenter de voler la valise de Jessup qui va passer de mains en mains, de jeunes voyous à un couple peu scrupuleux (la femme dans ce couple c'est Patricia Smith qui jouait l'épouse du pêcheur dans L'innocent) ; l'un des voyous sera tué par les aliens.

Notons que lorsqu'on ouvre la valise, ce que l'on y voit est particulièrement horrible. Les graines ressemblent à de petites bestioles en train d'éclore.

Vincent fait équipe avec Ernie contre Jessup. Des enfants volent la mallette, l'ouvrent et voient ces "choses", l'un des trois enfants s'enfuit et prévient la police où s'est rendu Jessup. Les deux gamins restant sont dans une serre où ils plantent les graines qui poussent à une vitesse record. Jessup et deux aliens accompagnent le troisième enfant (qui s'est rendu à la police) à la serre. Heureusement, David et Ernie sont là.

Vincent confectionne un cocktail explosif avec une bouteille de whisky en récupérant un peu d'essence sous la voiture et le lance sur la serre qui prend feu. La déception vient de la dernière scène : les spores, avant de brûler, ressemblent à des petits fantômes, là où on aurait pu nous montrer quelque chose de bien plus horrible style Blake dans la mine de L'ennemi.

Malgré tout, pour le suspense, le retour à une intrigue qui tienne la route (pas comme Le procès), l'épisode se regarde avec plaisir. Et puis il y a Gene Hackman qui ne fait pas qu'une apparition, il est là jusqu'à la fin de l'acte 4.

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8. UN CURIEUX VOYAGE
(DARK OUTPOST)

Comme Les spores, encore un épisode qui aura attendu la diffusion de l'été 87 sur TF1 pour nous fans français. Cet épisode va nous faire une des plus fausses joies de la série.

En effet, dans L'innocent et La soucoupe volante, David Vincent était monté à bord d'une soucoupe, dans le premier cas on lui a fait croire qu'elle a décollé (en fait il a subi un lavage de cerveau), dans le second il est dans la soucoupe mais reste au sol.

Dans cet épisode, Vincent enquête sur la mort mystérieuse de deux infirmiers victimes d'hémorragie cérébrale (un petit coup de disque sur la nuque) alors qu'ils transportaient un alien malade. Car des maladies sans grande gravité pour nous sont dangereuses voire mortelles pour les aliens. Vincent découvre que le malade allait se rendre dans un entrepôt et là il retrouve ses vieux ennemis bien affairés. Il se cache dans un container que les autres mettent dans une soucoupe, et celle-ci décolle.

Alors, pendant un instant, on se dit : "Ça y est ! On va enfin voir la planète des envahisseurs. Vincent va-t-il survivre sans oxygène, va-t-il supporter le voyage, comment est la planète ?".... Hélas, la destination des aliens n'est pas leur planète mais le désert (encore !) sur notre bonne vieille Terre. Vincent se réveille mais bon, nos ennemis auraient pu se servir d'un semi-remorque (comme celui de Première preuve), pourquoi utiliser une soucoupe pour "faire de la route" ?

On se rend compte que ABC manque de moyens pour faire une vraie série de science-fiction, ou alors veut rester dans le vraisemblable en ne nous en montrant pas trop (style les space opéra ou La Planète des Singes).

La suite de l'épisode est un peu décevante. Vincent tombe sur un prof avec ses élèves turbulents qui font un cours de physique en ... plein désert. Le prof nommé Devin (William Sargent) sera vite tué par les envahisseurs, mais l'un d'eux prendra son apparence grâce à une illusion d'optique pour rester dans le groupe d'élèves et les faire parler. Quand il y a une soucoupe, un repaire des aliens n'est pas loin. Ici ils se font passer pour des militaires et ont une base secrète où David dérobe un cristal qu'il cache. Mais une fille du groupe le vole, et c'est ce cristal que les envahisseurs veulent récupérer.

Par manque de moyens, le reste de l'épisode est terne. Vincent et les étudiants réussiront à survivre et à battre les aliens, mais lorsque de vrais militaires arrivent, il n'y a plus de preuves et c'est reparti pour un tour. L'histoire se passe donc dans une base militaire désaffectée avec beaucoup de parlotes, alors qu'au début nous pensions percer bien des questions sans réponses.

Allez, pour le voyage en soucoupe, je mets la moyenne.

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9. CONFÉRENCE AU SOMMET - 1re PARTIE
(SUMMIT MEETING PART ONE)

Nous en arrivons donc à Conférence au sommet- 1re partie, qui après les fêtes de Noël 71, marquait le retour des Envahisseurs. À noter que Télé Poche avait écrit lors de la présentation de Alerte au rouge (annoncé par le magazine Alerte rouge !) que "Les envahisseurs, qui nous avaient quittés le 27 novembre 1969, reviennent ce soir pour une série de seize épisodes"... Nenni, il n'y en eut que treize.

À cette époque là, les téléspectateurs français pensaient que la seconde série nous permettrait de voir la fin. Et que chaque épisode était un pas de plus vers l'épisode final. Nous étions très sous-informés en janvier 1972. Conférence au sommet est le seul épisode en deux parties des Envahisseurs, comme Le long sommeil pour les New Avengers. Dans cet épisode, plein de visages connus, d'abord Michael Rennie qui jouait Magnus dans L'innocent, et revient dans le rôle de Per Alquist, adjoint du président d'un pays scandinave.

On apprend aussi que Vincent a un meilleur ami : Michael Tressider qui ne s'était guère manifesté jusque-là. Le personnage est joué par William Windom. On l'avait vu en militaire dans À l'aube du dernier jour. Bizarrerie des séries américaines, on sait que Vincent a un frère, une belle-sœur (Le mur de cristal), une fiancée qui l'a quitté (L'innocent) mais on découvre sa vie privée au fur et à mesure que la série avance. Tressider est un ami de longue date dans Conférence au sommet, mais jusquà présent il n'en avait pas été question.

Diana Hyland joue le rôle d'Ellie Markham, elle avait été la femme de Vikor dans la première saison, mais en 72 en France, nous n'avions pas vu Vikor. Dans un rôle de général, on retrouve Ford Rainey, il jouait le docteur Grundy dans Panique.

En saison 2, les mêmes acteurs dans d'autres rôles, reviennent. Cela permet aux morts de revivre comme James Daly, tué dans Première preuve qui reviendra dans La recherche de la paix.

Conférence au sommet - 1re partie se passe en Amérique, et la seconde partie en Scandinavie. Ce sont donc deux atmosphères différentes.

La première nous révèle que le taux de radioactivité sur terre a grandement augmenté et que Thor Halvorsen, un président scandinave, propose à tous les pays son aide : il dispose de l'AR5. Ce produit contre les radiations, il veut en faire part à toutes les nations du monde lors d'une conférence au sommet. En réalité, les envahisseurs manipulent Halvorsen. Ellie pour sa part est une envahisseuse. Vincent s'en rendra compte lorsqu'elle l'invite à dîner et découpe le gigot, elle se fait une entaille et ne saigne pas. David veut prévenir la police mais elle lui assure "J'ai les moyens de me détruire avant l'arrivée des autorités".

Ellie lui révèle que les envahisseurs veulent tuer tous les chefs d'état lors du sommet en Scandinavie, et selon elle, c'est un mauvais plan. Les terriens découvriront l'existence des aliens et s'uniront pour les battre. Si elle parle à Vincent, ce n'est pas par charité ou bonté comme Vikki dans La mutation, mais juste par stratégie.

Dans la série, on voit parfois Vincent fricoter avec de belles aliens (Kathy Adams dans Première preuve), mais pourrait-il "concrétiser" avec quelqu'un d'une autre planète ? La série sera annulée avant que la réponse à cette question soit dévoilée.

Michael Rennie joue ici un rôle aussi menaçant que Magnus dans L'innocent. Il n'hésite pas à plaquer son disque crise cardiaque à un malheureux chauffeur qui a simplement été témoin de sa rencontre avec Halvorsen.

Le salaud de l'épisode se révèle être le général Blaine, acheté par les aliens, et qui perdra la vie dans cette première partie d'épisode. À la différence du général Beaumont dans À l'aube du dernier jour, il n'agit pas par idéalisme mais par appât du gain. Il tendra un piège à Michael Tressider qui manquera de mourir.

À noter que, suivant sa stratégie, Ellie joue contre son camp dans l'épisode, et aidera Vincent à sauver la vie de Tressider, attiré dans un piège par Blaine et Per Alquist. David Vincent et Michael Tressider remportent la première manche, mais devront se rendre en Scandinavie pour les essais de l'AR5.

Un bon épisode, qui conserve l'intérêt de la saison 1 (combat solitaire de Vincent). Le suspense est au rendez-vous, et nous sommes loin de ratages comme Le procès.

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10. CONFÉRENCE AU SOMMET - 2e PARTIE
(SUMMIT MEETING PART TWO)

Un souvenir me vient en mémoire : nous regardions Les Envahisseurs en famille, série que ma grand-mère regardait mais détestait. Elle obtiendra d'ailleurs que je sois privé de la première diffusion de L'étau après m'avoir vu trembler devant l'épisode Embargo sur le rêve assez traumatisant. Lorsque l'épisode commence, on voit les drapeaux de tous les pays du monde qui assistent à la conférence d'Halvorsen, et ma grand-mère prit cela pour argent comptant : "Ce n'est pas possible, pour cette bêtise, ils ont été déranger les pays et mettre leur drapeau". Ma mère lui expliqua que ce n'était que de la fiction.

Suite donc, et fin pour Michael Tressider, il laisse sa peau dans l'épisode. Halvorsen reconnaît savoir que Per Alquist est un extraterrestre, mais assure à Vincent que les envahisseurs veulent agir contre la radioactivité. Un naïf, comme le général Beaumont de À l'aube du dernier jour.

Vincent retrouve Ellie mais à la fin de l'épisode, elle lui dit : "Si nous nous retrouvons, pas de cadeau, nous serons à nouveau des ennemis".

Bien entendu, je sais aujourd'hui que l'épisode fut certainement tourné en Californie en studios, mais à l'époque, on croyait que David et Michael étaient venus dans le nord de l'Europe continuer leur combat contre les envahisseurs.

Ellie révèle à Vincent que non seulement les aliens sont à l'origine du taux de radioactivité, mais qu'en plus, la démonstration de AR5 sera en fait l'occasion de répandre un gaz nocif pour les terriens et inoffensif pour les envahisseurs. Halvorsen découvrant la vérité fera sauter la bombe en se sacrifiant et en épargnant la vie des autres. En revoyant aujourd'hui l'épisode, on trouve qu'il y a beaucoup de jeu de chat et de la souris entre Vincent et Alquist (finalement tué dans l'épisode).L'action et la mise en scène dans le souterrain sont indignes de figurer dans un James Bond, et de fait, nous sommes bien plus exigeants que lors de la première diffusion de 1972. Le compte à rebours final n'a plus l'impact de jadis. Il y a cette course contre la montre pour convaincre le président Halvorsen, mais l'histoire au fil des ans a perdu beaucoup de son charme.

Moralité : les épisodes comme Première preuve, La mutation, L'innocent résistent le mieux au temps. Ceux qui ont voulu trop jouer dans le registre spectaculaire et film d'action sont inférieurs à des épisodes qui encore aujourd'hui nous flanquent la trouille.

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11. LE PROPHÈTE
(THE PROPHET)

Un concurrent sérieux pour le plus mauvais épisode de la série. Si la religion et la croyance en Dieu font parfois bon ménage avec une série SF (Code Quantum), l'illustration des dérives évangélistes médiatiques aux États-Unis demeure une source de perplexité pour les européens. Dans le James Bond Permis de tuer, on voit un évangéliste récolter des fonds lors d'un show télévisé ("Béni sois tu"). Le prophète, diffusé seulement en 1987, est un épisode qui parle de cette médiatisation des prédicateurs. C'est trop américain pour notre culture.

Le frère Avery (Pat Hingle) fait le guignol devant ses paroissiens en jouant avec l'incandescence qui irradie le corps des envahisseurs sur Terre s'ils ne sont pas régénérés. Bien entendu, cela fait sensation auprès des paroissiens, mais nous, nous savons qu'un camion de régénération va vite remettre en forme celui dont le rougeoiment n'a rien de divin. L'épisode ne propose aucune guest star intéressante à part Pat Hingle, le journaliste qui voulait trahir Richard Kimble dans un épisode mémorable de la saison 1 du Fugitif - À la recherche d'un fantôme. L'épisode est basé sur la manipulation que font les envahisseurs de la religion.

Dans La tornade avec le père Corelli (Joseph Campanella), la question est abordée de façon plus subtile. Ici, on a visiblement affaire à un épisode destiné à remplir la saison. Il vaudrait mieux parfois faire moins d'épisodes et rester dans le très bon.

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12. LE LABYRINTHE
(LABYRINTH)

Visiblement, on avait dû louer le décor de Première preuve trop longtemps et il fallait amortir la dépense, d'où les scènes de centrale thermique de cet épisode que l'on a découvert en 1987. Comme dans le pilote, Vincent y voit les tubes régénérateurs, et lorsqu'il revient avec des témoins, il n'y a plus rien.

Ce n'est pas un ratage total comme Le procès, et il y a de belles scènes. Ainsi, on voit des radios d'un envahisseur. Impressionnant. Les envahisseurs n'ont pas de squelette, pas d'os. Le malheureux docteur qui fait ces fameuses radios y laisse évidemment la vie. Au niveau suspense, c'est le moment le plus intense de l'épisode. Ces radios, Vincent réussit à s'en emparer et veut convaincre deux scientifiques de leur authenticité.

Autre scène intéressante : l'actrice Sally Kellerman a un léger défaut de la main dans l'épisode ; Vincent se montre suspicieux et la soupçonne - d'autant plus qu'il l'a vue causer avec un alien peu de temps auparavant. Et là, nous avons une des rares scènes d'humour de la série. Laura, la fille du docteur Crowell (Ed Begley, de retour après La trahison) dit à Vincent : "Je me suis blessée au doigt en tombant de la soucoupe".... Il faut dire que Laura, qui se révèlera une authentique humaine, a été longtemps absente des États-Unis pour ses études.

Ce genre d'épisodes, que nous avons découvert en 1987, donc tardivement, n'a pas le charme de la nostalgie, et en plus donne l'impression que les scénaristes tournent en rond. C'est tout le problème de la saison 2. On y côtoie le pire et le meilleur. J'insiste sur les scènes de la centrale thermique qui cette fois sont risibles. S'agit-il d'un manque de moyens financiers ? Ou d'un manque d'imagination des scénaristes ? Toujours est-il que si vous avez décidé de ne pas voir l'intégralité de la série, vous pouvez aisément zapper Le labyrinthe.

À noter qu'il y a un labyrinthe/jeu de miroirs mais pas ici, c'est dans la première partie de Conférence au sommet.

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13. LA CAPTURE
(THE CAPTIVE)

Épisode découvert en 1987 et considéré par les gens de Sony Music Vidéo comme digne d'être édité en VHS en 1992 dans le cadre des "douze meilleurs épisodes". À croire que ces personnes n'ont jamais vu la série.

La capture se situe dans le cadre de la Guerre Froide et de la tension américano-soviétique. Un envahisseur s'introduit dans l'ambassade soviétique et se fait capturer. Réaction du fonctionnaire borné du KGB : "C'est un robot, fabriqué par les américains".

Il faut dire que le type en question a quelques excuses : chargé de déterminer en 1945 si les américains avaient oui ou non les moyens de lancer une bombe atomique sur Hiroshima, il a répondu catégoriquement non. Cette-fois, il ne veut pas prendre de risques et fera même arrêter Vincent comme complice à l'intérieur de l'ambassade.

L'épisode consiste à savoir si une guerre mondiale ne va pas se déclencher car les envahisseurs, eux, veulent récupérer leur congénère pour que leur présence sur Terre ne soit pas révélée, tandis que le diplomate russe joué par Fritz Weaver (figure bien connue de la télé américaine) n'a en tête que l'affrontement entre les deux blocs.

Dès la première vision de 1987, je n'ai pas accroché à cet épisode qui se perd en longs bavardages, peu de scènes d'action (un hélicoptère avec les aliens qui viendra attaquer l'ambassade) : tout cela n'est pas digne de la série culte qu'est Les Envahisseurs.

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14. LES DÉFENSEURS
(THE BELIEVERS)

Ah, enfin un bon épisode après quelques-uns vraiment ratés. Celui-là a été diffusé en 1969 et 1973 et, bizarrement, fut oublié lors de la rediff 1975 de Samedi est à vous. C'est presque un épisode en deux parties puisque le suivant, La rançon, est la suite directe des Défenseurset l'on y retrouve les mêmes personnages.

Premier choc : David Vincent a changé de voix. Rassurez-vous, Dominique Paturel n'est absent que pour Les défenseurs et La rançon, cette fois c'est donc Jacques Thébault qui s'y colle.

Une très jolie fille dans l'épisode : Carol Lynley, la fiancée de Ben Richards dans le pilote de L'Immortel. Les défenseurs change le concept de la série : David Vincent rencontre un riche industriel, Edgar Scoville (Ken Smith) qui met sa fortune et ses moyens à la disposition de Vincent pour combattre les envahisseurs.

Très vite, Vincent est fait prisonnier. Il y a d'ailleurs une scène à laquelle je n'ai jamais rien compris. Prisonnier dans sa cellule, un envahisseur en combinaison verte vient le chercher et semble lui enfoncer dans le visage ou dans le nez le bout du fameux pistolet laser (!). Pendant qu'il est prisonnier, Vincent sympathise avec une terrienne (elle le prouve, elle a du sang et se coupe pour le montrer à Vincent). C'est Elyse Reynolds, dont le frère a été tué par les aliens. Comme elle le croit toujours vivant, elle va trahir Vincent et les amis de Scoville tout au long de l'épisode. Confondue, et mise devant l'évidence de la mort de son frère, les autres feront preuve de compassion envers elle et accepteront de lui pardonner, ce qui au niveau du scénario est assez difficile à avaler. Elyse a en effet provoqué la mort de la femme d'un des adjoints de Scoville, Mary Torin. Son mari Bob Torin, joué par Anthony Eisley, un des astronautes de l'épisode L'astronaute saison 1, participe d'ailleurs à l'épisode suivant La rançon.

Désormais, ce n'est plus un combat solitaire de Vincent seul contre tous mais d'une organisation Scoville vs Invaders. Cela n'empêchera pas de nous proposer des épisodes propres à nous donner des frissons, comme Action de commando vraiment effrayant, mais quelque part, l'esprit de la série est perdu.

Les défenseurs fut diffusé en 12e épisode en 1969 par la première chaîne qui avait acheté la série au MIP TV de Cannes, en avril 1968 d'après Télé Poche. Avec ce qui se passe dans La rançon, l'ORTF tenait une sorte de conclusion possible. Le succès fit que 13 autres épisodes furent achetés et Contre-attaque servit cette fois de fausse fin.

Les défenseurs, sans être un monument, est un bon épisode qui ne démérite pas. Mais il faut impérativement voir la suite, La rançon, sans Carol Lynley hélas. Elle aurait pourtant pu y participer puisque Elyse est toujours vivante à la fin des Défenseurs.

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15.LA RANÇON
(THE RANSOM)

Le 27 novembre 1969 fut pour moi un jour inoubliable, en quelques semaines, David Vincent-Roy Thinnes était devenu le héros de mon enfance. D'une part je pensais naïvement voir le dernier épisode, d'autre part il y a cette scène qui, la première fois, fait un sacré choc : Vincent se bat avec un envahisseur et, projeté contre un bloc électrique, meurt.

Et l'on entend ce dialogue incroyable :
« Il est mort.
- Un instant (Cyrus Stone). Ces quarante années de vie que vous m'avez promises, donnez-les à cet homme.
- C'est demander trop ! (Alfred Ryder jouant le chef des envahisseurs.) »

Le cerveau humain ne pouvant rester sans oxygène plus de trois minutes, les envahisseurs le transportent dans un tube de régénération (curieuse idée puisque habituellement cela tue, cf Alan Landers dans Première preuve). Le cadavre de Vincent avec l'énergie électrique "extraterrestre" semble bouger, mais le pouls ne revient pas.

Finalement, David est ramené à la vie. Mais pendant un moment, les fans ont cru que leur héros était mort !

Cet épisode est la suite directe des Défenseurs, on retrouve bien sûr Scoville mais aussi Bob Torin (Anthony Eisley).

L'épisode nous propose aussi Laurence Naismith cette fois dans le rôle du poète Cyrus Stone, et Karen Black que j'ai revue en 76 dans Complot de famille. Enfin, c'est la découverte de Alfred Ryder, le chef des envahisseurs. À l'époque, l'ORTF n'avait pas diffusé Vikor où il était Nexus. Le visage de ce comédien me hantera longtemps car on le voyait souvent dans des séries américaines en guest à la télé française dans les années 70 : Les Mystères de l'Ouest, Hawaii Police d'État, Agents Très Spéciaux, Mannix, Opération Vol etc...

David Vincent et Bob Torin enquêtent dans un moulin abandonné, dans le Vermont, et tombent sur une base d'extraterrestres. Si Torin est blessé (et sera plus tard tué), les deux hommes font un prisonnier d'une valeur inestimable : le chef des envahisseurs. Eux qui se moquent de la vie et n'ont pas peur de mourir, ni n'éprouvent de sentiments, font grand cas de ce chef qui semble avoir une valeur immense. Il va donc servir de "monnaie d'échange".

L'épisode fut rediffusé en 1973 et dans Samedi est à vous en 75. Avec le temps, l'épisode a perdu de sa force : le discours écolo-moralisateur de Cyrus Stone est aujourd'hui un lieu commum, l'histoire de sa petite-fille Claudia qui a fui la ville pour retrouver les vraies valeurs, cela fait un peu gnan gnan. Alfred Ryder est toujours aussi menaçant, que ce soit dans le rôle de Nexus (Vikor) ou de ce chef sans nom que Vincent finira par appeler "Ryder" dans La recherche de la paix. C'est un des meilleurs méchants de toute l'histoire des séries télé.

Les envahisseurs seront contraints de ramener à la vie un David Vincent électrocuté contre la remise de leur chef. Les décors de montagne et de forêt ajoutent au suspense. On va quand même un peu regretter que Elyse Reynolds (Carol Lynley), pardonnée de sa trahison dans l'épisode précédent, n'ait pas été conviée à cette suite. Laurence Naismith reste ici vivant jusqu'à la fin contrairement à son rôle de Curtis Lindstrom dans L'expérience. Si un épisode joue avec vos nerfs et est plein de suspense, c'est bien La rançon.

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16. ACTION DE COMMANDO
(TASK FORCE)

Voilà un des épisodes les plus effrayants de la série, même si les aliens ont délaissé leurs pistolets lasers pour des carabines et des révolvers bien terriens.

J'ai vu cet épisode en janvier 1972 et il m'avait (en noir et blanc) flanqué une vraie frousse, et à chaque rediffusion, je trouve qu'il n'a rien perdu de son "pouvoir".

Le pré générique nous montre David Vincent rencontrer un grand patron de presse, William Mace. La scène de son exécution par les envahisseurs, malgré les protestations de son neveu Jeremy, et sous le regard glacial de Frank Marth (de retour après un petit rôle dans L'innocent), ainsi que la scène digne d'une réunion du Spectre dans les James Bond où les envahisseurs, le visage figé tels des robots, autour d'une grande table, décident l'exécution de Mace, sont des moments de grande terreur.

Frank Marth est d'ailleurs remarquable dans son rôle de Eric Lund, qui finira (capturé par Vincent et Jeremy) par se suicider en se jetant d'un hélicoptère en vol. Il est digne des quelques autres chefs implacables personnifiés par Michael Rennie, Alfred Ryder et Murray Matheson. J'ai revu souvent Frank Marth, notamment dans Mannix et bien d'autres séries américaines, et il a toujours ce magnétisme effrayant d'un rôle à l'autre.

Linden Chiles joue à merveille aussi. Il est ici Jeremy, le neveu d'abord lâche, pris de crises genre spasmophilie. Il finira par vaincre sa peur quand il met en joue Eric Lund (ah la scène où ils marchent vers l'hélicoptère). L'acteur avait joué le docteur Bob Vincent frère de David dans Le mur de cristal (à oublier).

Nancy Kovack est également bien jolie en maîtresse de Jeremy qui le quitte pour sa lâcheté. Tout le long de l'épisode dans la VF, elle l'appelle "amour de ma vie" ; à la fin, devant son courage, elle renoue avec lui.

De tous temps, dominer la presse a été pour les dictateurs l'objectif numéro un. C'était donc un objectif évident pour les envahisseurs, mais Mace s'est rendu compte que quelqu'un veut infiltrer son empire de presse, et a demandé son avis à Edgar Scoville, se condamnant à mort par là même.

C'est un épisode qui alterne les scènes d'intérieur, de ville et se termine à la campagne. Le suspense ne faiblit pas un instant. On peut le regarder plusieurs fois sans se lasser et le recommander à quelqu'un qui veut découvrir la série.

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17. LES POSSÉDÉS
(THE POSSESSED)

La saison 2 je le disais réserve le meilleur comme le pire, l'épisode 15 est fabuleux (Action de commando), le 18 Contre-attaque tellement bon qu'il servit un temps d'épisode final pour l'ORTF. Beaucoup ont même cru que c'était le vrai dernier épisode. Entre les deux, nous avons cet épisode ennuyeux, diffusé pour la première fois sur TF1, Les possédés.

Peut-être les scénaristes écrivaient-ils trop vite ? Les tournages s'enchaînaient rapidement (Roy Thinnes l'a raconté à de multiples reprises), bref de temps en temps cela donne un épisode raté.

Celui-là avait un bon scénario au départ : un médecin ami d'université de David, Théodore Willard, (Michael Tolan, un familier des séries comme Mannix) contrôlé par un émetteur à la base de son cou, le contrôle en question visant à le persuader que les envahisseurs ne sont pas les ennemis des humains (idée déjà exploitée mais avec plus d'efficacité dans L'innocent). Il y a tant de bons épisodes à chroniquer que je ne vais pas m'éterniser sur celui-là, l'histoire est complexe, restent les décors, notamment lorsque David arrive à Las Palmas à l'institut Willard, mais c'est vraiment peu pour retenir l'attention.

Comme souvent dans la série, quelqu'un est, dans un passé récent, mort bizarrement d'une crise cardiaque. Dans Alerte au rouge c'était la première femme du major Keller, ici c'est le père de la fiancée de l'ami de David. Celui qui suit la série comprend avant tous les protagonistes que la mort n'est pas naturelle et est dûe aux envahisseurs (au fil des épisodes, ce genre d'allusions à des crises cardiaques - le mari de Kathy Adams dans Première preuve - est devenu courant). La fiancée de l'ami est interprétée par Katherine Justice, qui jouait Helen, la fiancée de David dans L'innocent. Katherine Justice est une familière des amateurs de séries américaines des 60's et 70's (son rôle le plus fort est celui d'une femme violée par un ex policier dans Hawaii Police d'État/épisode Viol, on l'a vue aussi dans Le Magicien avec Bill Bixby, Mannix, Sergent Anderson et Cannon). La fiancée demande donc une autopsie de son père, et à cause de cela, Théodore "sous contrôle" tente de la tuer.

En revisionnant cet épisode, je ne comprends toujours pas pourquoi les scénaristes ont cru bon d'adjoindre à David Vincent un envoyé de Scoville. Il ne fait que rendre l'histoire plus complexe.

Quant au frère de Théodore, il est joué par Michael Constantine (l'un des acteurs qui a été le plus souvent guest star dans différents rôles dans Le Fugitif, on l'a vu aussi dans Kojak et Mission Impossible). L'intrigue trop compliquée fait que la mayonnaise ne prend pas. J'avais trouvé l'épisode raté en 1987, en le revoyant dans le coffret DVD je le trouve toujours aussi mauvais. Il y a les comédiens, mais c'est une piètre consolation.

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18. CONTRE-ATTAQUE
(COUNTERATTACK)

Cet épisode en février 1972 concluait les 26 achetés par l'ORTF et cette fois, tout le monde pensait que c'était la fin (heureuse). Pourtant, il fut rediffusé en mars 1975 sur Antenne 2 après Aujourd'hui madame en "premier épisode".

Et tout en effet, dans cet épisode, fait croire que c'est la fin. David est dans un premier temps victime d'une cabale (en réalité, c'est un coup monté entre Scoville et lui pour piéger les envahisseurs), coup monté qui va réussir.

À l'époque, je ne trouvais pas insupportable Lin Mc Carthy, qui joue ici le colonel Archie Harmon, le militaire de haut rang que Scoville et Vincent veulent convaincre de l'existence des aliens. Dans cet épisode, les défenseurs ne se débrouillent pas mal puisqu'ils réussissent à brouiller les signaux radars qui permettent aux soucoupes volantes d'atterrir. L'une d'elles s'écrase d'ailleurs en mer.

D'autre part, et ce n'est pas un mince exploit : un chef envahisseur est capturé, attaché sur un lit. Il est filmé alors qu'il meurt dans le brouillard rouge. Cette fois, David Vincent a enfin une preuve.

Pas suffisante apparemment puisqu'il reprend son bâton de pélerin dans l'épisode suivant. À noter que dans une bonne partie de l'épisode, nous pensons que la déchéance a atteint David, qu'il a perdu la confiance de Scoville, tandis qu'il garde le soutien de Joan (Anna Capri - trés mignone actrice que je n'ai jamais revue ailleurs). Joan est la nièce de Scoville, et je ne sais trop pourquoi, en 1972, j'ai pensé que Joan et David dans le prolongement de l'épilogue allaient se marier, que c'était le happy end parfait.

Pendant quelques années, j'ai eu mon dernier épisode, mon épilogue, il était un peu court mais je n'ai pas percuté à l'époque que John Bryce (John Milford), l'un des défenseurs, a été tué dans Inquisition, diffusé une semaine avant Contre-attaque (l'ORTF a diffusé les épisodes dans le désordre).

L'épisode est passionnant d'un bout à l'autre, avec le retournement de situation final (pendant un long moment, on croit que David, désabusé, est devenu un traître), et Joan était d'autant plus convaincante qu'elle n'était pas dans la confidence du plan mené par Scoville et David.

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19. EMBARGO SUR LE RÊVE
(THE PIT)

Cet épisode en 1972 m'avait donné une telle frayeur que mes parents décidèrent de me priver des Envahisseurs. Je ratais donc l'épisode suivant, L'étau, mais heureusement je fis revenir l'accord parental et il y avait en jeu l'épisode Mission de vie avec Barry Morse et Diana Muldaur ainsi que les derniers épisodes.

Embargo sur le rêve commence de façon vertigineuse : le professeur Julian Reed (Charles Aidman, celui qui remplace parfois Artemus Gordon en Jeremy Pike dans Les Mystères de l'Ouest) est victime d'hallucinations. Il se voit pourchassé par une soucoupe. Là, le réalisateur a fait très fort. J'ai dit lors d'une critique "il vaut mieux voir la soucoupe la nuit", mais cette fois elle apparaît de façon déformée, irréelle et vraie à la fois. Frôlant ce pauvre homme près de bâtiments, en pleine ville, il y a vraiment de quoi flanquer la frousse à un ado et justifier l'internement de Reed dans l'épisode.

Et des séquences qui donnent une peur bleue, il va en y avoir une condensation dans cet épisode : une machine à rêves qui vous détraque le cerveau et vous rend fou, un envahisseur malin qui a trouvé le moyen de simuler des battements de cœur avec un cœur artificiel, un autre qui se fait démasquer par un chien de garde berger allemand lequel lui assène une morsure mortelle (l'envahisseur disparaît comme d'habitude dans le rouge). Ce n'est pas tout : dans une scène de délire, Reed voit l'auriculaire de Vincent se raidir. Authentique, il prend David son vieil ami pour un alien. Notons enfin que la distribution comprend, dans le rôle de Pat, l'épouse de Reed, l'actrice Joanne Linville, qui retrouve un rôle d'épouse tourmentée semblable à celui qu'elle tenait dans le rôle de l'épouse de Hardy Smith dans L'astronaute.

Il y aussi ce parc d'attractions que le fils des Reed ne trouve pas naturel, et où David va faire un tour. Bien évidemment, il y trouvera des installations extra-terrestres. Et puis nous avons cette fameuse machine à rêves (à cauchemars) conçue par les extraterrestres.

Il n'est donc pas étonnant qu'en 1972, l'accord parental me fut retiré. Embargo sur le rêve est un épisode sur la folie. Larry Cohen était alors éloigné de la série mais il n'aurait pas renié cet épisode digne de Cauchemar, L'innocent ou L'ennemi. Si vous avez envie de dormir tranquille, et bien un conseil, ne regardez pas cet épisode avant d'aller vous coucher.

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20. L'ORGANISATION
(THE ORGANIZATION)

En visionnant cet épisode sur TF1 en 1987, je me suis tout de suite fait la remarque : est-ce que les américains bien-pensants n'ont pas voulu "moraliser" la série en montrant que la mafia et les aliens, c'était le même combat, un peu comme on le ressent à la vision de l'épisode La capture (très anti communiste et montrant un fonctionnaire soviétique prêt à croire que les envahisseurs sont des robots fabriqués aux États-Unis). Bon, la saison 2 ayant fini sa course par une annulation, nous n'avons pas eu de saison 3 où nous aurions sûrement eu affaire à un épisode anciens nazis/envahisseurs : même combat.

L'atout de cet épisode, c'est JD Cannon, un comédien que j'ai découvert dans Première preuve, où il était le lieutenant de police Holman. Il jouait aussi l'homme lâche qui laisse le manchot tuer Mme Kimble dans Le Fugitif, et on l'a revu dans la série Un Shérif à New York l'été 1976 aux côtés de Dennis Weaver, le héros de Duel.

JD Cannon, en caïd de la mafia, est bigrement persuasif. Dans cet épisode, à la dernière scène, on le retrouve mort, criblé de balles à une table de restaurant, pour avoir voulu retrouver un peu de moralité et de dignité. Il faut vous dire que la mafia, dans son dos, pour récupérer une cargaison de drogue, avait conclu un marché impensable avec les envahisseurs. Si on pousse la logique, les envahisseurs sont venus sur Terre pour nous anéantir. Blake le dit à David et à l'infirmière Gale dans L'ennemi : "Si nous ne trouvons pas le moyen de vivre avec l'oxygène, nous retirerons celui-ci de la terre et tuerons toute vie sur cette planète." Alors, la mafia échange Vincent contre une cargaison de drogue, mais le moment venu, toute alliance avec "ces êtres étranges" s'avère perdue d'avance. Dans Vikor, Jack Lord en fait l'amère expérience.

Entendons-nous bien, je ne veux pas défendre la mafia, mais la construction du scénario de L'organisation est totalement illogique. Lorsque les aliens auront gagné - s'ils gagnent - il n'y aura pas de quartier et ils tueront tous les humains.

Alors, pas de jolie fille dans cet épisode, mais un JD Cannon épatant en Kalter, un mafioso qui a compris que, quels que soient les enjeux, il vaut mieux se ranger du côté de David Vincent et de Scoville que des envahisseurs. Dans l'épisode, il est question d'une soucoupe volante qui a heurté un satellite américain. Vincent veut récupérer les débris de l'engin spatial, Kalter (JD Cannon) sa drogue. Kalter n'est pas un saint. Au début, il ne croit d'ailleurs pas du tout à l'existence des aliens.

Au final, Kalter sera le seul à comprendre qu'il vaut mieux aider Vincent et paiera de sa vie le fait de désavouer le pacte mafia/envahisseurs. Ils ne nous ont pas fait non plus un remake des Trois Jours du condor, les dingues de la CIA s'alliant aux aliens. Finalement, sa courte durée aura empêché Les envahisseurs d'explorer toutes les pistes scénaristiques, ce que fit plus tard Chris Carter avec les X Files.

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21. LA RECHERCHE DE LA PAIX
(THE PEACEMAKERS)

Voilà un épisode ridicule. Dès sa première diffusion sur TF1, il m'a franchement énervé. Mais il y a Alfred Ryder et rien que pour ce merveilleux bonhomme, il faut voir l'épisode.

L'épisode nous ramène l'excellent James Daly (le père de Tim Daly dernier Richard Kimble en date) qui était l'associé de Vincent dans Première preuve. Ici, avec un zozotement ridicule dans la VF, il joue le général Concannon. Je m'arrêterais bien au début de son nom propre. Il martyrise sa propre épouse qui l'a écouté dans son sommeil et sait qu'avec le plan "Armaggedon", il dupe tout le monde et veut bombarder les envahisseurs et leur leader lors d'une réunion, quitte à tuer des innocents. À la fin de l'épisode, il est même prêt à bombarder la réunion alors que sa femme et son fils y sont présents.

Il ne fallait pas rendre la série ridicule et cet épisode va malheureusement dans ce sens. On y voit par exemple David Vincent appeler le chef des aliens du nom de l'acteur qui l'interprète, Ryder, et lui demander de l'aide : vite, une soucoupe pour désintégrer le bombardier du général Concannon.

La belle série de Larry Cohen ne méritait pas cet épisode. On y retrouve le colonel Harmon (avec Lin Mc Carthy et son air béat) et l'apparition de la soucoupe au-dessus du bombardier montre les limites techniques des effets spéciaux. Ce qui a été réussi avec brio dans Embargo sur le rêve (la soucoupe poursuivant le professeur Reed, on y croit) nous donne ici une scène qui se veut spectaculaire. C'est tout le contraire.

De plus, avec un épisode de ce genre, où l'on organise une rencontre au sommet entre les autorités et les envahisseurs, quel rôle reste-t-il à David Vincent ? Enquêteur solitaire et baignant dans un climat de paranoïa dans la saison 1, il est ici relégué à un rôle bien secondaire.

L'épisode se termine sur un point d'interrogation. Le chef des envahisseurs acceptera-t-il une autre négociation de paix si David réunit des gens plus censés que Concannon ? Ce dernier manque mourir empoisonné par des homards (un coup de son épouse), puis n'est pas raté par le rayon lancé d'une soucoupe. On a du mal à le plaindre. Un épisode ni fait ni à faire.

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22. L'ÉTAU
(THE VISE)

Un épisode dont je fus privé en 1972, et sur lequel je me suis jeté 3 ans plus tard. Et après la catastrophe de La recherche de la paix, nous avons cette fois droit à un très bon épisode.

Dans cet épisode, il y a Roscoe Lee Brown qui il me semble jouait dans le film d'Hitchcock L'étau (Topaz) le rôle du journaliste qui aide Frédéric Stafford à piéger les cubains.

L'étau montre un noir, Arnold Warren (RL Brown) qui doit accéder à un poste important lui donnant accès au programme spatial américain. Warren est un envahisseur. Dans l'épisode, un autre noir dira : "Je n'ai jamais vu un noir qui ait des paumes de main comme lui". Nous avons droit aussi à cette savoureuse remarque de James Baxter (Raymond Saint Jacques), un officier de police noir chargé d'enquêter sur la probité et la validité de la candidature de Warren ; ce dernier lui dit: "Je trouve que vous n'êtes pas très loyal vis-à-vis de votre race", et Baxter rétorque : "Oui mais à quelle race, la race noire, ou la race humaine ?".

Son épouse, elle, veut coûte que coûte qu'un noir accède aux plus hautes responsabilités, et elle n'hésitera pas à trahir David Vincent coincé dans un bar, appelant au secours au téléphone son mari. Janet Mac Lachlan, dans le rôle de Celia, l'épouse de Baxter, se comporte, elle, en parfaite raciste.

Car son mari dès le départ lui fait part de ses doutes sur l'honnêteté de Warren, mais elle n'en a cure. Elle se rattrapera, happy end oblige, dans le 4e acte de l'épisode en aidant Vincent et en se faisant passer pour une journaliste multipliant les questions lorsque Warren a besoin d'une imminente régénération.

Le reste de l'épisode est d'un bon niveau, le suspense est constant, que ce soit dans une station service ou dans un bar où, pour échapper à la mort, Vincent se fait passer pour un meurtrier de flic et dit à un barman d'appeler la police pour la récompense (ce qui fera dire au barman : "S'il y a une chose que je supporte encore moins que les flics, c'est les faux flics".)

Il y a aussi ces petits moments qui rendent la série incontournable : ce petit film que projette Scoville où l'on voit le passé de Warren qui un jour fut victime d'un accident et ne saigna pas. Depuis, une légende se fit autour de "l'homme qui ne saigne pas". Cet extrait rappelle le petit film dans L'astronaute qui permet à Vincent de démasquer Hardy Smith.

Au final, un épisode presque parfait.

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23. LE MIRACLE
(THE MIRACLE)

Un épisode moins rébarbatif que Le prophète. Il aborde un peu le même thème : la religion

Barbara Hershey jouant ici le rôle de Beth Fergusson était au départ une actrice "sage", disons à l'époque de cet épisode et de sa série western familiale gnan gnan Les Monroe. Barbara Hershey a raconté il y a longtemps que le fils qu'elle a eu de David Carradine était né suite à une scène d'amour trop réaliste sur le tournage d'un film ! Je croyais qu'ils faisaient semblant moi.

Ici, elle joue le rôle de Beth qui est en train de se laisser conter fleurette lorsqu'un envahisseur arrive près d'une statue de la Vierge. Il se fait piquer par un serpent et meurt dans l'étrange brouillard rouge, non sans avoir juste avant confié à Beth un cristal.

Ce cristal est en fait un objet extraterrestre. Il va susciter la dévotion des indiens qui viendront le voir dans le bar du père de Beth, Fergusson, joué par Edward Assner ( vu en saison 1 en alien dans Le mur de cristal). Le père indigne fera croire que le cristal a été volé car sa fille ne veut pas le vendre. En effet, Beth, depuis qu'elle a vu ce qu'elle pense être une apparition, mène une vie de nonne et ne veut plus voir son petit copain.

Si je me souviens bien, cet épisode est le seul depuis Les défenseurs où nous ne voyons pas Scoville, il me semble que Vincent se contente de lui téléphoner.

L'un des moments de frissons de l'épisode est celui où Vincent suit une religieuse qui va vers un centre de régénération. Au milieu d'un épisode trés moyen, il y a toujours ces moments d'angoisse intense qui nous rappelent que nous sommes bien dans Les Envahisseurs.

Quelques plans marquent l'épisode, notamment celui de ces indiens qui regardent fixement et avec dévotion le cristal. Ce n'est pas un épisode indispensable, et vous pouvez le zapper sans perdre la continuité de la série. Il fait partie des épisodes à ne pas recommander à quelqu'un qui n'aurait jamais vu la série.

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24. MISSION DE VIE
(THE LIFE SEEKERS)

Épisode culte avec deux acteurs fabuleux. Barry Morse qui, un an plus tôt a arrêté de courser Le Fugitif (autre production Quinn Martin) joue le rôle de Keith. Diana Muldaur (vedette de la série Vivre Libre et guest de deux épisodes mémorables de Hawaii 5-0) interprète Claire.

Keith et Claire sont en mission de paix sur Terre, ce sont des envahisseurs mais ils ne partagent pas l'objectif criminel de leurs congénères.

Cet épisode vers la fin nous permet de voir à nouveau les fameux pistolets "séche-cheveux" lasers qui étaient légion en saison 1 (La mutation, Les sangsues). En effet, les autres aliens ont décidé de faire la peau à ces deux pacifistes.

C'est un épisode qui a beaucoup de scènes d'action et de poursuites : Keith et Claire se font piéger à un barrage de police alors qu'ils ont besoin de régénération, le troisième alien qui est avec eux est tué par un policier...

Les comédiens sont convaincants dans leur rôle : Diana Muldaur a un physique assez doux et protecteur, tandis que Barry Morse, barbu et moustachu, n'a plus rien de la férocité du lieutenant Gérard. Ce qui gâche un peu la fin, c'est le départ en soucoupe, à nouveau effet spécial raté. Il est étrange de constater comment ce qui "prend" dans Embargo sur le rêve révèle ses limites dans Panique, Guerre subversive et La recherche de la paix. Mais bon, la production n'avait pas les moyens de X Files.

Est-ce le talent de Barry Morse ? L'épisode ne tombe jamais dans le piège des bons sentiments, nous croyons à cette mission de vie. David parviendra à convaincre un policier (que Keith, Claire et lui retiennent prisonnier) de leurs bonnes intentions.

Quelques dialogues de l'épisode :

- Claire (révélant malgré elle son identité d'envahisseuse) répond à David qui lui dit avoir apporté de l'oxygène : "Mais l'oxygène tue."

- Claire se coupe devant le policier prisonnier qui ne croit pas aux extraterrestres

"Il n'y a pas de sang dans ce bras, pas de cœur dans ce corps."
Le policier se met à trembler :
"Vincent, éloignez cette femme de moi !"

Bref, la série s'achève en beauté, nous sommes à deux épisodes de la fin.

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25. LA FUGITIVE
(THE PURSUED)



Cet épisode n'a été diffusé qu'en 1987 sur TF1.

C'est l'avant-dernier de la série, et pour l'occasion, Suzanne Pleshette revient dans le rôle de Anne Gibbs, une envahisseuse aux pulsions colériques qui n'hésite pas à tuer une réceptionniste d'hôtel qui voulait prévenir la police après qu'elle ait échappé à deux aliens.

Il faut se rappeler qu'à l'époque de la production, personne ne sait qu'il n'y aura pas de saison 3 et que la série sera brutalement annulée.

L'épisode est très loin de valoir La mutation, malgré le talent de Suzanne Pleshette. Tout d'abord, Anne est infiniment moins sympathique que Vikki. Elle raconte à Vincent qu'elle est prête à se livrer aux autorités, qu'elle est la victime d'une expérience faite sur elle et qui la livre à des colères effroyables.

Ainsi, tandis qu'elle est en sécurité chez des amis de Scoville - un père et son fils - elle blesse grièvement le père.

On se demande un peu pourquoi les producteurs ont voulu faire un semi remake de La mutation. J'ai appris l'existence de cet épisode en 1978 avec un article du magazine Starlog qui proposait un guide des épisodes. La série était oubliée là-bas, alors qu'une partie des épisodes était multi diffusée depuis 1969 en France.

Au moment où une commission d'enquête gouvernementale va entendre Anne Gibbs, où l'existence des envahisseurs va enfin être reconnue, le mari de la réceptionniste de l'hôtel qui la traque depuis le meurtre de sa femme l'abat.

Je ne dirai pas qu'elle meurt dans les bras de David (il se serait brûlé !) Mais une fois de plus, la preuve disparaît au moment vital.

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26. INQUISITION
(INQUISITION)



C'est l'avant-dernier épisode que l'ORTF nous proposa en février 1972, le faisant suivre la semaine suivante par Contre-attaque, et il a fallu un guide des épisodes de la revue américaine Starlog pour que je sache que "Inquisition" est le dernier.

En effet, si l'on peut admettre que c'est le dernier saison 2, c'est un combat de plus des défenseurs au terme duquel Vincent et Scoville auront gagné un allié, Andrew Hatcher (Peter Mark Richman de retour après son rôle de Tom dans Les sangsues) mais rien de plus.

On retrouve aussi la regrettée Susan Oliver (moins sexy que dans Guerre subversive) fiancée de Hatcher qui meurt en voulant sauver Vincent et Scoville dans un accident d'auto.

Une fois de plus, il est question d'un vaste plan d'attaque des envahisseurs - mais rien ne dit "attaque finale" et les défenseurs vont être accusés d'avoir tué un sénateur qu'ils venaient alerter pour le gagner à leur cause (une bombe explose juste après leur départ)

Joan, la petite amie de Hatcher, est journaliste ; elle croit à l'innocence de Vincent et fera tout pour convaincre Hatcher. Avec amertume, tandis que le procureur Hatcher changera d'avis, Vincent lui dira : "Vous avez attendu que votre fiancée soit au cimetière".

L'histoire est passionnante, mais pas comme un épisode de fin de saison. À ce titre, Le condamné ressemblait plus à un cliffhanger fin de saison 1 puisque les plans d'invasion des aliens étaient mis en échec pour longtemps. Alors qu'après Inquisition, tout reste à faire.

L'épisode est de bonne facture (manquerait plus que l'on termine par un mauvais épisode), notamment la scène où Vincent et Boland (John Milford, qui après Carver dans Premièrepreuve revenait comme défenseur récurrent, on le voit dans Contre-attaque) détruisent le repère des aliens, le personnage de Milford perdant la vie à cette occasion. C'est une scène assez spectaculaire.

Pourquoi ABC a-t-elle annulé Les Envahisseurs ? Roy Thinnes a dit que les scénaristes travaillaient sur la saison 3 et qu'il l'a appris par la presse, puis a appelé Quinn Martin

En 1978, quand je commençais une correspondance avec une texane fan de séries télé, elle m'envoya des pages de Starlog. Elle-même n'avait aucun souvenir de la série qui aux États-Unis était, dix ans après son annulation, oubliée...

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Crédits photo : TF1 Vidéo.

Images capturées par Patrick Sansano.