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La Quatrième Dimension

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Posted by Le Monde des Avengers on Sunday, October 18, 2015

Série d'anthologie fantastique et de science-fiction américaine en noir et blanc de 5 saisons et 156 épisodes créée par Rod Serling.

This highway leads to the shadowy tip of reality ; you're on a through route to the land of the different, the unexplainable... Go as far as you like on this road. Its limits are only those of the mind itself. Ladies and gentlemen, you're entering the wondrous dimension of imagination. Next stop – The Twilight Zone.

L'anthologie représente un style de série bien particulier où chaque épisode constitue une intrigue fermée, sans personnages ni décors récurrents, soit une structure narrative aux antipodes du feuilleton. Les épisodes demeurent cependant souvent cohérents du point de vue du style et des thèmes embrassés, comme dans les recueils de nouvelles regroupant différents auteurs. Entre les premiers balbutiements de la production télévisuelle et l'émergence de la série moderne telle que nous la connaissons, inspirée des serials, l'anthologie va connaître un âge d'or durant les années 50 et la première moitié des années 60. Elle se situe dans la droite ligne des productions radiophoniques du même genre, bien établies et très populaires, organisées autour d'un sponsor. Parmi les nombreuses anthologies existant alors, trois sortent du lot et demeurent dans la mémoire audiovisuelle.

Doyenne de ce trio magique, Alfred Hitchcock présente (Alfred Hitchcock presents, 1955-1962) développe des histoires policières, occasionnellement tournées par le grand cinéaste qui en assure par contre toujours la présentation. La Quatrième Dimension en reprendra plusieurs procédés : introduction par Rod Serling, relative unité de lieu, chute toujours surprenante, contribution de grandes plumes du genre, la science-fiction et le fantastique se substituant au policier… Au-delà du Réel (The Outer Limits, 1963-1965) produira des épisodes de qualité, mais cantonnés à une science-fiction traditionnelle, héritée des pulps et d'une littérature remontant aux années 30 (space op, monstre de la semaine...). Elle paraît de moindre ambition et plus restrictive dans ses choix d'intrigue que la troisième anthologie, celle qui va nous intéresser ici, La Quatrième Dimension.

La Quatrième Dimension (The Twilight Zone, 1959-1964) eut comme maître d'œuvre Rod Serling, auteur et producteur (l'un des premiers showrunners) qui en assura également la présentation à compter de la deuxième saison. Si, comme le prévoyait son contrat, il écrivit la grande majorité des scénarios (92 sur 156), il fit néanmoins appel à de grands écrivains de science-fiction (Richard Matheson, Charles Beaumont...) qui, outre leur talent, présentaient comme caractéristique d'innover en emmenant le genre vers un sens de l'étrange plus déstabilisant et créatif que les concepts déjà datés développés par Au-delà du Réel. Le surnaturel s'inscrit désormais dans la vie quotidienne, avec un impact bien supérieur. De nombreux épisodes résultent en fait de l'adaptation de textes d'auteurs de cette nouvelle vague SF, ce qui ajoute une perceptible qualité littéraire aux récits. La série devient ainsi le témoin des tendances émergeantes de la Science-fiction et du fantastique au cours des années 60, période de bouleversements en tous domaines dont les Avengers se font également l'écho. Ce mouvement d'ensemble n'empêche d'ailleurs pas l'anthologie d'utiliser une grande variété de styles fantastiques, avec un large éventail évoquant déjà les X-Files.

Tout comme les Avengers jettent un regard critique sur la société anglaise, La Quatrième Dimension se caractérise également par une vision très sombre de l'Amérique, tout en se montrant étonnemment actuelle par les thèmes universels qu'elle traite : le public d'aujourd'hui ne peut que constater que les thématiques balayées par l'anthologie restent pertinentes de nos jours, et souvent même, ont pris hélas encore plus d'ampleur dans notre monde tendant toujours davantage vers les effarantes perspectives présentées par la série. La tyrannie des canons de la beauté, la quête à tout prix de la réussite sociale, la déshumanisation induite par la société de consommation, les mirages périlleux du progrès technologique se voient ainsi décrits au vitriol entre autres thèmes. L'anthologie dénote d'ailleurs par un ton généralement pessimiste, bien davantage que ses consœurs où le coupable est toujours démasqué ou le monstre vaincu. Rien de tel ici, même si certains épisodes vont se révéler des perles d'humour absurde ou malicieux.

Vue par le spectateur contemporain, la série, outre son côté visionnaire sur notre monde d'aujourd'hui (et de demain ?), demeure un fascinant documentaire sur l'Amérique des années 50 et de la Guerre Froide, avec sa paranoïa et sa terreur de l'apocalypse atomique dissimulées derrière le confort matériel, perçue à travers le prisme négatif des années 60 frappant à la porte. La Quatrième Dimension va jusqu'à parfois jeter un regard freudien sur ses personnages, à travers une large importance accordée à l'onirisme et de fréquentes références psychanalytiques. Comme en littérature, l'incompréhension, voire le mépris, manifestée par les redoutables commissions de censure de l'époque envers le Fantastique permet de contourner bien souvent l'obstacle et de véhiculer des messages bien plus forts que ce que l'on peut voir ailleurs…

Outre une mise en scène souvent inventive, ayant rarement recours aux trucages, une inoubliable musique de Bernard Herrmann (auteur du générique et compositeur attitré de Hitchcock) et de Jerry Goldsmith, une construction dramatique efficace (narration du point de vue exclusif du héros, personne ordinaire confrontée au surnaturel, histoires assez brèves, faible nombre de personnages, conclusions chocs précédées par l'instauration d'un climat très prégnant), le succès de l'anthologie se voit parachevé par une étonnante succession de stars du petit et du grand écran, parfois à la carrière déjà établie ou au contraire en plein envol. Citons, parmi bien d'autres : Patrick Macnee, Robert Redford, Peter Falk, Burt Reynolds, Martin Landau, Robert Duvall, Ron Howard, Charles Bronson, Lee Marvin, Elizabeth Montgomery, William Shatner, Dennis Hopper, Ross Martin, Buster Keaton, Ida Lupino, Barry Morse, Telly Savalas… Leur présence apporte toujours un sel supplémentaire aux épisodes et optimise fort agréablement l'aspect anthologique de La Quatrième Dimension.

The Twilight Zone connaît un succès davantage critique que public lors de sa diffusion mais son impact va bien au-delà, influençant de nombreux réalisateurs de cinéma et la plupart des auteurs de séries fantastiques durant les décennies ultérieures, y compris Chris Carter qui reconnaît son apport à X-Files ou encore Abrams pour Fringe. Elle constitue un moment crucial de l'histoire des séries télé et fait désormais partie intégrante de la culture populaire tant les annonces de Rod Serling demeurent dans les mémoires.

Bien avant la vogue des adaptations de séries au cinéma, La Quatrième Dimension donnera lieu à un film en 1983 où quatre grands metteurs en scène revendiquant l'apport de l'anthologie à leur œuvre (John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante, et George Miller) lui rendront hommage en donnant leur version d'épisodes devenus des classiques. Tout comme Alfred Hitchcock présente (1985-1989) et Au-delà du Réel (de 1995 à 2002), La Quatrième dimension fera l'objet d'une reprise, avec La Cinquième Dimension (1985-1989) et La Treizième Dimension (2002-2003). Sans être dénuées d'intérêt, ces deux séries, qui comptent également de grands noms parmi leurs réalisateurs et interprètes, paraissent tout de même anodines face à leur illustre aînée. La Warner et Leonardo Di Caprio travaillent ensemble sur une nouvelle adaptation au cinéma qui devrait sortir prochainement.

Curieux villages isolés, avions fantômes, distorsions de l'espace et du temps, étranges rencontres... nous allons explorer les 156 épisodes de l'un des sommets absolus du paranormal à la télévision, avant de conclure la balade (avec un l, donc) par le film de 1983.

Précisons que la cinquième et ultime saison sort en DVD le 22 septembre 2009, l'intégrale de l'anthologie sera alors enfin disponible. Avis aux amateurs…

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