Le S95

7-12-02Commando très spécial

LE MONSTRE DES ÉGOUTS
(GNAWS)

Tournage : octobre 1976

Diffusion : ITV, 21 décembre 1976 – TF1, 26 février 1977

Scénario : Dennis Spooner

Réalisation : Ray Austin

Julian Holloway (Thornton), Peter Cellier (Carter), Jeremy Young (Chislenko), Patrick Malahide (George), Keith Marsh (Tramp Joe), Ken Wynne (Tramp Arthur), Morgan Shepherd (Walters), John Watts (Harlow), Keith Alexander (Malloy), Ronnie Laughlin (Mechanic).

Résumé

Un chercheur renverse malencontreusement une substance radioactive dans l'évier d'un laboratoire. Quelques mois plus tard, des secousses étranges apparaissent dans les égouts de Londres. Les Avengers doivent bientôt reconnaître que la disparition d'agents dans ces égouts n'est pas le fait des soviétiques mais d'une grosse bébête immonde…

Fin de l 'épisode

Purdey déclare, en servant la tomate géante à Steed et Gambit, que ce qui ne sera pas fini aujourd'hui sera resservi le lendemain et le surlendemain : "and the next" ajoute Gambit, "and the next" conclut Steed.


CRITIQUES

7-12-01


Denis Chauvet

Avis : : Vilipendé sur tous les sites anglo-saxons, Gnaws n’est pas si mal que cela ! Attendez de voir certains épisodes de la seconde saison... L’intrigue est originale, l’aspect glauque des égouts est parfaitement rendu et la scène d’action avec Jeremy Young (habitué des saisons Emma Peel) est très crédible. Considéré par les fans comme l’épisode ‘avec le rat’ (à ne pas confondre avec Pour attraper un rat !), il a néanmoins ses limites mais dans ce registre, le rat, inférieur aux chats et aux oiseaux, reste supérieur à la plante carnivore. Purdey est ravissante mais je ne goûterais pas à sa tomate à la sauce Tchernobyl !

Avec le recul (nouvel avis, août 2012): Un épisode connu pour être le nanar de la série, mais je le revois toujours avec un certain plaisir. Certes, il est un des plus mauvais de cette riche première saison, mais je lui maintiens ses deux melons pour son originalité et en sachant ce qui m’attend dans la seconde saison des New Avengers. Je suis peut-être novice en films d’horreur (bien trente ans que j’en ai pas vu un) mais je trouve que certaines scènes sont effrayantes comme la mort abominable de Carter. C’est sûrement l’épisode de cette série avec le moins de scènes en extérieur, et encore, les clochards sont vraisemblablement en studio, mais les égouts sont très bien rendus. Par contre, certains aspects sont…indigestes comme l’araignée et les bottes lumineuses, le discours simultané de Gambit et Chislenko. Mes séquences préférées sont le combat Purdey/Chislenko, la préparation de la mixture de Steed mise en sachets plastiques et l’apparition du rat dans le final (il ressemble à mon hamster que j’avais, petit !). Sans oublier la réaction du clochard : ‘He took Joe !’ et Gambit qui se prend un coup de queue… En tout cas, je préfère le rat aux castagnettes !

Steed 3003 11 janvier 2005

Après le très mauvais La mangeuse d’hommes du Surrey, les New Avengers renouent avec les histoires de monstre.

Avec ce scénario qui sort des sentiers battus, Dennis Spooner prouve que, comme sa glorieuse aînée, la série cherche à varier les genres. Néanmoins, le scénario (comme les old Avengers en leur temps) souffre d’une trop grande linéarité et d’un manque de rythme évident. Il n’y a pas de réelles surprises et, de plus, l’humour – un peu d’autodérision, comme le laissait supposer le titre original, n’aurait pas été de trop – est absent. Malgré tout, on se surprend à suivre l’épisode avec un certain plaisir, car, et ce sont là deux qualités récurrentes chez Spooner, les dialogues sont très bons et les personnages finement dessinés et tous charismatiques. De plus, même si tout l’aspect scientifique vise le E=M6 durant l’épisode, la problématique entre éthique et avancée des recherches est intelligemment traitée. On assiste même à un retour des russes (dans un contexte qui rappelle celui de Meurtres distingués) qui n’est pas pour nous déplaire. En bref, un scénario en demi-teinte, mais qui réussit tout de même à maintenir l’intérêt chez le spectateur surtout grâce à...

... Une réalisation exemplaire ! En effet, après son travail "foutraque" sur Jeu à trois mains, Ray Austin nous surprend avec une mise en scène qui rappelle, plan par plan, celle des... old Avengers ! En effet, entre les nombreux gros plans sur les personnages, des travellings limités, des zooms limités au minimum, des cadres serrés et, quasiment, toujours symétriques, Ray Austin reprend le style habituel des old Avengers, qu’il avait d’ailleurs joyeusement dynamité dans Un dangereux marché. Même les scènes d’attaque du monstre rappellent exactement celles du Vengeur volant ou d’Un tigre caché : elles sont en effet tournées en caméra subjective. Si ce copiage prouve que la série a du mal à se trouver une identité visuelle propre (ce qui est regrettable, surtout au bout de 13 épisodes !), il donne un cachet unique et nostalgique à l’épisode tout à fait efficace. En effet, ce choix de mise en scène permet à la série de renouer avec une qualité qui lui faisait souvent défaut : une vraie homogénéité visuelle. D’autant plus que Ray Austin a très bien su rendre l’atmosphère claustrophobe et poisseuse des égouts, avec notamment une maîtrise des jeux de lumière qui force le respect. Les scènes d’action, c’est de toute manière rarement le contraire avec Ray Austin, sont aussi très convaincantes ; comme l’interprétation d’ailleurs, avec notamment un Peter Cellier aux cris inoubliables et remarquable dans la peau du savant Carter. Pourtant quelques défauts entachent ce tableau d’honneur : tout d’abord des effets spéciaux, prépondérants dans ce type d’épisode, peu présents et ratés. Le fameux rat gigantesque fait plutôt sourire. Néanmoins, l’environnement sonore très soigné, digne de X Files, avec notamment des cris du monstre à vous donner la chair de poule (qui évoquent d’ailleurs ceux d’Alien, sorti un an plus tard), rattrape cet aspect et l’épisode remplit globalement son contrat en manière de scènes d’angoisse. D’autre part, l’épisode, à cause aussi d’un scénario à la peine, manque parfois de rythme ; un peu plus de nervosité dans la mise en scène n’aurait pas été désagréable. En bref, Ray Austin copie talentueusement les recettes de mise en scène des old Avengers et, par conséquent, sa mise en scène a très bien vieilli.

Dans cet épisode, la ritournelle « Je t’aime moi non plus » entre Purdey et Gambit, après quelques épisodes d’accalmie, reprend de plus belle : comme d’habitude, c’est plutôt drôle, mais surtout très redondant. Steed apparaît très peu dans cet épisode qui laisse surtout la part belle au duo Purdey-Gambit. Par ailleurs, Steed s’impose définitivement comme le patron de la bande : « The man said » [« C’est vous le patron ! »], comme le reconnaît d’ailleurs Gambit.

Le décor des égouts présents dans cet épisode est l’un des plus remarquables de la série. Le laboratoire est aussi très soigné. Malheureusement, le cimetière, que l’on aperçoit furtivement au début de l’épisode, fait peine à voir ; surtout en comparaison de celui du Mort vivant.

Malgré un joli pull à col roulé beige au début de l'épisode, Purdey est toujours aussi mal habillé : son affreux bandana et son polo de rugbyman nous font réellement regretter Mrs Peel ! Gambit, dont on revoit la veste marron de S95 dans la trop longue séquence d'intro, et Steed sont, eux, très bien habillés.

Une excellente musique à suspense accompagne l'épisode.

EN BREF : Un épisode dont le scénario et, surtout, la réalisation rappellent énormément la série originelle ; et ce n’est pas pour nous déplaire !

Estuaire44 25 mai 2015

L’épisode joue agréablement la carte du nostalgique, en renouant avec la grande tradition du cinéma B d’épouvante des années 50 et du début des années 60, avec son bestiaire et ses plantes devenus gigantesques. Dans cette optique le recours à la sempiternelle radioactivité se justifie pleinement, même si les travaux des deux chercheurs dévoyés préfigurent plutôt les plants transgéniques (et chacun sait qu’un Diabolical Mastermind a toujours un super plant). Cette savoureuse idée initiale va se voir traiter avec sérieux et qualité tout au long de l’opus, ou presque, alors qu’elle aurait pu aisément se traduire par un joyeux Nanar à la The Girl from U.N.C.L.E.. La mise en scène tire ainsi un excellent parti du décor de l’égout, étonnant par le ton claustrophobique et sinistre qu’il parvient à insuffler au récit. Les scènes de mises à mort relèvent de l’épouvante pure et rivalisent sans problème avec leurs modèles du cinéma. On se situe très loin de leur équivalent du Tigre caché ! Spooner sait rehausser l’horreur physique par la psychologique, la dérive psychotique de Thornton assaisonnant à merveille les évènements. La survenue de Chislenko tombe également à pic pour relancer l’action, parant à toute impression de tourner en rond.

Episode suscitant des réactions contrastées (l’égout et les couleurs), Le Monstre des égouts devrait toutefois ravir les nostalgiques, en renouant davantage qu’à l’accoutumée avec la série classique. Le retrait de Steed, ici guère plus présent que Mother en saison 6, permet de renouer avec une aventure vécue en duo. Gambit et Purdey, toujours impeccablement servis par l’interprétation, saisissent pleinement cette opportunité. Entre vacheries et complicité, ils nous régalent d’un de leurs meilleurs récitals. Le savant en rupture de ban d’un projet gouvernemental compose une figure bien connue. Le sujet, relevant davantage de la Science-fiction qu’à l’accoutumée et le tournage essentiellement en décors soutiennent également ce retour vers les Sixties. Il en va de même pour le cimetière, où l’on apprécie le détail de la pierre tombale à l’évidence factice et dépourvue de dates, indiquant à coup sûr que l’on a regagné les contrées de la fantaisie. Spooner et Austin savent également gommer toute référence visible aux Seventies, y compris concernant les voitures, pourtant régulièrement mises en avant chez les New Avengers.

Le revival va toutefois un pont trop loin, puisque l’on renoue aussi avec les tags idiots de la saison 6. On se retrouve en plein dedans, avec cette tomate radioactive qu’évidemment personne ne va manger, à moins de vouloir se retrouver  dans l’impérissable-summum d’horreur potagère que constituera bientôt L'Attaque des tomates tueuses (1978), en vente dans toutes les bonnes drogueries. Surtout, à l’instar du similaire Le Rocher du Dragon, aventure myrmicéenne du célèbre Simon Templar, l’épisode échoue au port en représentant  le monstre. Le décalage ruinant l’effet ne provient pas tant d’un effet spécial raté que d’une bestiole finalement bien plus kawaii qu’inquiétante. Cela s’avère contre-productif au possible. Comme l’avait déjà démontré La mangeuse d’hommes du Surrey, prédécesseur végétal du Monstre de l’égout, le suggéré demeure de souvent plus inquiétant que le révélé.

EN BREF : Tout comme en son temps l’excellent Man-Eater of Surrey Green, l’épisode greffe à merveille les films d’épouvante de série B au Monde des Avengers, ici retrouvé tel qu’en lui-même. On regrette qu’un monstre trop peu inquiétant s’en vienne gâcher le final.


EXTRAIT VIDÉO


Chasse au rat

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Posted by Le Monde des Avengers on Monday, June 8, 2015

L'horrible monstre !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

7-12-03


Tournage

Continuité

o Bien que Cyd Child déclare ne pas avoir participé à cet épisode (voir ‘à noter que…’), Joanna Lumley semble être doublée à deux brèves reprises lors du combat avec Chislenko. 

monstre 1monstre 1

Détails

o Le discours menaçant que tient Gambit à l’encontre de Chislenko dans les égouts est directement inspiré de la réplique devenue culte de Clint Eastwood dans L’inspecteur Harry.

o Une des tenues les plus affreuses de Purdey ; elle ressemble à une femme de ménage. 

Le Monstre des éougts Purdey

o L’action se passe dans les égouts situés entre Hyde Park et Buckingham Palace d’après les plans de Purdey.

o Un requin, un serpent ? Steed a trouvé la solution…

Le Monstre des éougts Purdey

o …mais l’animal n’a pourtant pas l’air si dangereux !

monstre 5monstre 1

Acteurs

o Jeremy Young (1934) a tourné dans trois autres épisodes de la série : Le club de l’enfer (saison 4), Interférences (saison 5) et Ne m’oubliez pas (saison 6). Également vu dans Le Saint (deux épisodes), Département S, Regan, Cosmos 1999, Les professionnels, Poirot, Taggart, Cadfael.

o Julian Holloway (1944) a tourné récemment (2004-2005) dans la série Father of the Pride. Il est le père du modèle Sophie Dahl.

o Peter Cellier (1928) a également joué dans Thriller, Poigne de fer et séduction, Les professionnels, Doctor Who, Bergerac, Inspecteur Barnaby. Il a un rôle récurrent dans la série connue outre-Manche, Yes, Prime Minister (1986).

o Patrick Malahide (1945) a pratiquement débuté sa carrière avec le rôle dans cet épisode. Il a tourné ensuite dans Regan, Les professionnels, L’inspecteur Morse, Poirot. Il a toujours une carrière active. Il est le banquier suisse apparaissant dans Le monde ne suffit pas (1999).

À noter que

o Le jeu de mots entre « Gnaws » [du verbe « to gnaw », ronger] et « Jaws », titre original des Dents de la mer...

o Si vous regardez en VOST, notez la traduction du « What ? » [soit littéralement : "Quoi ?"] de Steed à 31'02" : « Plaît–il ? » ce qui correspond finalement beaucoup mieux à son personnage !

o Anulka Dubinska était créditée comme ‘Pretty Girl‘ dans la distribution du journal Radio Times. Malheureusement, l’ancienne playmate du journal Playboy (1973) n’apparaît pas dans l’épisode ! C’est une erreur car elle jouait dans l’épisode précédent, Le S95 (voir la rubrique ‘acteurs’ de cet épisode).

o Cyd Child avait déjà travaillé deux jours sur la scène de combat dans les égouts mais tout n’était pas terminé lorsque l’assistant réalisateur lui signifia qu’il n’avait plus besoin des doublures pour le lendemain. Finalement, seul Val Musetti (la doublure de Gareth Hunt et Patrick Macnee) fut autorisé à rester, économie oblige. Les Français tenaient les cordons de la bourse. Ainsi, bien que Cyd Child apparaisse toujours au générique, elle n’avait pas de véritable contrat. On l’appelait lorsqu’on avait besoin d’elle. Elle n’a pas participé aux épisodes tournés à l’étranger. (Stay Tuned : The Perils of Cyd, Dave Rogers).

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé Poche

Télé Star

Jours de France


Fiche de l'épisode Le monstre des égouts des sites étrangers :

En anglais

http://theavengers.tv/forever/newave-10.htm
http://www.dissolute.com.au/the-avengers-tv-series/new-avengers/n13-gnaws.html
http://deadline.theavengers.tv/NAS1-10-Gnaws.htm

En flamand
http://home.scarlet.be/%7Epvandew1/avengers/newav11.htm

En italien
http://www.serietv.net/guide/gli-infallibili-tre/stagione_1.htm

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