La grande interrogation

7-10-03Le S95

JEU À TROIS MAINS
(THREE HANDED GAME)

Tournage : août 1976

Diffusion : ITV, 19 janvier 1977 – TF1, 5 février 1977

Scénario : Dennis Spooner & Brian Clemens

Réalisation : Ray Austin

David Wood (Ranson), Stephen Grief (Juventor), Tony Vogel (Ivan), Michael Petrovich (Larry), Hugh Morton (Professor), Terry Wood (Meroff), Gary Raymond (Masgard), Noel Trevarthen (Tony Field), Annie Lambert (Helen), Ronald Leigh-Hunt (General), John Paul (Kendrick), Bill Bailey (Cary).

Résumé

Des informations secrètes ont été codées séparément sur trois agents qui ont une mémoire photographique ; celles-ci arrivent chez Steed qui les codifie pour avoir les informations complètes. Dans un autre lieu, un homme a inventé un appareil à lire les pensées. Juventor, un espion indépendant (et qui bégaye) s'en empare. Il va voir le colonel Meroff pour lui vendre des informations. Le colonel demande une démonstration.

Juventor sème alors Gambit et Purdey qui le surveillaient avec un autre agent, Larry. Heureusement ce dernier a réussi à les suivre et découvre l'endroit où Juventor fait la démonstration de l'appareil à Meroff sur un danseur de claquettes. Meroff demande alors à Juventor la signification du "Jeu à trois mains". Larry se fait capturer et vider le cerveau par Juventor, mais il s'échappe et rejoint Steed et son équipe et les amène sur le lieu où il était prisonnier. Ils découvrent le corps de Juventor, mort, celui-ci ayant transféré quelques minutes auparavant son esprit dans le corps du danseur de claquettes. Il réussit à retrouver les trois agents du début et à voler les informations du "Jeu à trois mains".

Steed et son équipe comprennent alors que Juventor n'est pas mort et qu'il est le danseur de claquettes. Ils se rendent au théâtre pour le stopper. Purdey, dans un superbe numéro de claquettes, met Juventor hors service.

Fin de l'épisode

Purdey termine son numéro de claquettes sous l'admiration de Gambit et Steed ; ils ont peur qu'elle soit devenue Juventor… mais elle dit une phrase sans bégayer et conclut en déclarant qu'elle savait danser les claquettes avant de marcher.


CRITIQUES

7-10-01


Denis Chauvet


Avis : Bien moins réussi que Qui suis-je ??? qui a le même thème, cet épisode a néanmoins quelques attraits comme Purdey déguisée en clown et le danseur de claquettes. Le bègue et Gambit posant nu devant l’œil effaré de Purdey valent également le coup d’œil. Sinon, le transfert d’esprit est ridicule et Steed en pilote de courses est peu crédible. Si on ajoute à cela des seconds rôles inconsistants affublés de noms débiles (Juventor), Three Handed Game n’a que quelques scènes qui le sauvent de l’ennui. Nobody is perfect : le système inventé par Steed a donc des défauts.

Avec le recul (nouvel avis, août 2012): Cet épisode laborieux déloge le précédent de la dernière place de la première saison. Il ne vaut pas plus d’un melon (contre deux lors de l’élaboration des fiches). Preuve que les goûts peuvent changer, car je ne supporte plus le danseur de claquettes (un ‘attrait’ dans mon premier commentaire). A noter que le bidule n’a pas de retour comme celui de Qui suis-je ??? : la personne reste un légume après usage. Là, contrairement à La grande interrogation, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Trois minutes, sur 51, sont ‘plaisantes’ : Purdey en clown et Gambit qui pose nu : ‘Mike, take your clothes off’. Ce sont les deux seuls passages que je repasserai dorénavant ! Le reste m’énerve ; les claquettes, le bégaiement, le transfert débile, la scène du billard, Purdey et sa tarte aux guimauves, les personnages insignifiants, le final ridicule…et il ne se passe rien pendant plus de vingt minutes, avant l’arrivée spectaculaire de la moto de Larry ! A noter aussi que Gambit prend son arme, ne sachant pas si Purdey est Juventor ! Long et ennuyeux dans l’ensemble, le niveau qu’on retrouvera lors de la seconde saison ! 

Steed 3003 29 décembre 2004

Après le très moyen La grande interrogation, Les New Avengers s'enfoncent un peu plus dans la médiocrité.

Dennis Spooner et Brian Clemens n'ont visiblement plus aucune inspiration (normal, puisqu'ils ont écrit jusqu'ici tous les scénarios, sauf celui de Pour attraper un rat). Leur scénario est en fait un remake à peine voilé de Qui suis-je ?. Malheureusement, alors que le regretté Philip Levene, auteur de ce sympathique épisode de la saison 5, avait choisi la voie de la comédie, nos deux compères ont préféré un ton insupportablement sérieux. Ainsi, après une séquence d'introduction à la limite du débile et involontairement drôle, on tente désespérément de suivre une intrigue dont on ne comprend pas grand-chose et qui traîne en longueur. Même pas un peu d'humour, quasiment absent de l'épisode (hormis quelques répliques de nos trois agents, et encore la plupart pas très drôles), auquel nous raccrocher. Non, cet épisode nous permet de découvrir l'ennui dans sa forme la plus pure. On regarde péniblement les minutes qui s'écoulent bien lentement sur notre lecteur DVD. Soudainement, à la trentième minute, quand Steed, Gambit et Purdey se voient enfin assigner une mission claire, on a un regain d'intérêt. C'est peine perdue, à part quelques scènes sympathiques (Steed qui rattrape une Formule 1 avec sa voiture, Gambit qui essaie vainement de se la jouer à la James Bond, Purdey qui se déguise en clown...), le désintérêt revient. Visiblement, nos trois agents, qui échouent tour à tour dans leurs missions, ne semblent pas très passionnés par leur enquête non plus. En bref, Brian Clemens et Denis Spooner ont écrit à 4 mains (c'est un peu à ce genre de blagues que vous pouvez vous attendre) un scénario d'une paresse incroyable : des personnages inconsistants, une intrigue éculée, et j'en passe.

Avec un scénario pareil, Ray Austin fait ce qu'il peut ; c'est-à-dire pas grand-chose. À part quelques scènes d'action réussies (le combat final, la moto qui atterrit dans l'appartement de Steed, la poursuite sur le circuit de F1) et des lumières soignées, c'est filmé très maladroitement, et, de plus, abominablement mal joué (à ce titre, Macnee cabotine plus que jamais, seuls Lumley et Hunt s'en tirent bien). En essayant de multiplier les plans et les cadres pour tenter, en vain, de rythmer l'intrigue, l'épisode ne contient aucune unité filmique. Le montage trop haché aggrave le tout. C'est, de loin, la plus mauvaise réalisation (faut dire que le scénario s'y prêtait) de Ray Austin. Enfin, on se souviendra longtemps de ces bruitages ridicules, dignes d'une série SF de piètre qualité.

Purdey (dans son maquillage de clown, notamment) apporte beaucoup d'humour et de légèreté à un épisode qui n'en contient quasiment pas par ailleurs. Elle fait même une tarte aux marshmallows qui, pour dire vrai, n'a pas l'air des plus appétissantes. Par ailleurs, le duel viril entre Gambit et Larry, assez drôle, est le seul aspect intéressant de l'épisode. Gambit réussit aussi à nous sortir de notre torpeur quand il essaie, sans succès, de se la jouer James Bond en couchant avec la femme qu'il doit protéger.

Les nombreux décors de Jeu à trois mains se valent tous dans leur laideur et dans leur tristesse. Mais où sont passées les couleurs vives qui nous réjouissaient dans les old Avengers ? Seul le théâtre n'est pas trop mal. Pour les extérieurs (à part quelques coins verts des plus bucoliques), c'est la même chose.

Purdey réouvre dans cet épisode sa petite boutique des horreurs. Dans l'ordre, une robe orange/marron ; ensuite une jupe multicolore assortie avec des collants roses. Heureusement, Gambit et Steed, et leurs charmants costumes, perpétuent une certaine idée de la mode britannique.

La musique est un des seuls points positifs de cet épisode, avec notamment un remix réussi du thème de la série et une musique dans la bagarre finale tout à fait burlesque (qui rappelle celle de la fin des Fossoyeurs).

EN BREF : Un ratage total ! Faut le voir pour le croire !

Estuaire44  25 mai 2015

Brian Clemens & Dennis Spooner déçoivent ici grandement : alors qu’ils avaient su porter à incandescence le thème des doubles dans Visages, c’est ici toit le contraire qui survient avec celui, pourtant particulièrement porteur, du téléchargement de l’esprit. Ce type d’histoire a valu de grands moments à Science-fiction, à l’écrit (Hypérion, la Culture, etc.), comme à l’écran (y compris dans des  séries comme Stargate SG-1, Buffy ou Dollhouse). Pourtant le récit ne décolle jamais, car les auteurs vont commettre plusieurs erreurs.

Le temps d’exposition du procédé s’avère beaucoup trop long, avec toute une négociation très cliché avec le colonel, qui ne servira plus à rien ensuite. La figure de l’agent de l’Est supervisant le Mastermind local n’a en soi rien d’original, car constituant l’un des marronniers de la série. Elle a néanmoins apporté de bonnes scènes et une tension dramatique à des épisodes tels Le Sorcier, Le dernier des sept ou encore récemment Cible !. Mais ici cela se traduit uniquement par  des passages verbeux ou ridicules (les claquettes), avant que le colonel ne disparaisse purement et simplement de la circulation, avant un ultime coup de téléphone sans intérêt.

Une fois laborieusement mis en place, le dispositif se voit traité de manière inepte. Totalement au rebours de l’excellent Qui suis-je ?, sur un sujet similaire, le récit évite complètement de confronter  les Avengers au péril représenté, une situation pourtant au fort potentiel ludique. On contraire ne s’intéresse qu’à des quidams à l’intérêt médiocre, en adoptant une structure de films à sketchs convergeant de fait avec la litanie des meurtres, poncif absolu de la série. Tout ceci résulte linéaire et prévisible au possible. La possibilité qu’un des New Avengers ne soit pas lui-même ne se voit évoqué que lors de la pirouette finale, ce qui s’avère particulièrement pathétique.

Le caractère décevant de l’épisode est encore accentué par une réalisation guère ambitieuse et parfois brouillonne, ainsi que par des décors fauchés au possible. La distribution se montre d’une qualité de jeu clairement inférieure aux normes de la série. Le défilé de grimaces grotesques supposées rendre compte de l’action de la machine entraîne l’opus encore un peu loin sur la voie du navet. Certaines faiblesses scénaristiques se montrent criantes, comme l’agent à l’esprit effacé qui se souvient malgré tout du chemin jusqu’à la maison de Steed !

On déplore également que, pour fonctionner, l’intrigue présente les New Avengers comme à peu près nuls, ne cessant de délaisser leurs protégés, pour papoter entre eux ou encore se déguiser en clown pour Purdey (incroyable négligence professionnelle). Ils ne font que subir, jusqu’à ce qu’à force d’indices, ils pensent au danseur lors d’un gag assez désarmant. En face ce n’est pas mieux, avec un tueur vaincu d’une pichenette par Gambit ou un Juventor présenté comme un génie du mal, mais restant communément là où les New Avengers peuvent le localiser. Tout cela ne vole pas très haut.

Comme souvent avec une structure à sketchs, certains éléments se situent au-dessus du lot ; La virée par Silverstone aère plaisamment le récit tout comme les sculptures agréablement  datées. Purdey et Gambit continuent à s’échanger de joyeuses piques et se montrent en verve. De plus la série se montre à l’avant-garde, car aujourd’hui le développement des neurosciences, et des capacités informatiques permettent au moins d’espérer simuler informatiquement le fonctionnement du cerveau (projet européen Human Brain). Mais ces quelques éléments ne sauraient contrebalancer l’impression persistante d’un véritable ratage.

EN BREF : Entre maladresses et clichés, l’association entre Brian Clemens & Dennis Spooner déçoit par son traitement si peu imaginatif du riche thème du transfert d’esprit. Les New Avengers apparaissent en outre singulièrement incompétents. 


EXTRAIT VIDÉO


Steed contre la Formule 1

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Posted by Le Monde des Avengers on Saturday, June 6, 2015

Steed contre la Formule 1 !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

7-10-02


Tournage

o Larry suit Juventor dans une demeure déserte, Cantley, et sert de cobaye : scène tournée à Cantley Manor Hotel à Wokingham dans le Berkshire. Laissé à l’abandon depuis plusieurs années au moment du tournage, le manoir a fait l’objet d’une importante rénovation pour devenir un superbe hôtel en 1983.

Cantley Manor Hotel

o Le circuit automobile est celui de Silverstone. Inauguré en 1948 sur le tarmac d’une base de la RAF, ce circuit voit la naissance du championnat mondial de Formule 1 (1950). C’est là qu’est tournée la poursuite de 007 par la Comte Lippe dans Opération tonnerre, spectaculairement interrompue par Fiona Volpe.

Silverstone 1Silverstone 2

o Le théâtre est le Wimbledon Theatre, situé The Broadway, à Londres. Ouvert en 1910, l’établissement fut très populaire durant l’entre deux-guerres. Et connaît un nouvel essor au début des années 2000 après une rénovation. Cet édifice de style édouardien est classé monument historique.

Continuité

o Durant le tournage de la partie de billard, Macnee fut doublé par un joueur professionnel, Le montage reste suffisamment rapide pour que cela soit difficilement perceptible, même si l’on ne voit jamais Steed réellement jouer un coup.

Détails

o Une carte des Etats-Unis trône au mur du bureau du général.

o La marque du magnétophone, assez imposant même pour l’époque, est Akai, disparue de nos jours.

o Steed et Gambit jouent aux billards comme dans Le dernier des cybernautes.

o L’ambassade est de quel pays ? Pas russe en tout cas même si le colonel s’appelle Meroff. J’opterai pour japonaise, Japanese

Jeu à trois mains

o Décor repris : le colonel a la boite en bois et bidule noir qu’on aperçoit dans le bureau du ministre,   La grande interrogation.

Jeu à trois mains

o Plusieurs épisodes étaient tournés en même temps et les décorateurs n’avaient pas le temps de tout ranger. Ainsi, on aperçoit le tambourin que Steed utilise avec Harmer à la fin de La grande interrogation.

Jeu à trois mains

 o Des références à Napoléon parmi les ‘œuvres’ d’Helen : Napoléon  à Moscou.  Gambit: "Napoleon's retreat from Waterloo? » Helen: "No, the gardener put that up to prop up the rhododendrons."

o La voiture de course dépassée par la Jaguar de Steed est une March 752. Steed prend le thé à côté d’une March 75 B Formula Atlantic. Le constructeur anglais March Engineering fut présent durant les années 70 et 80 en Formule1, ainsi que dans plusieurs autres catégories de courses automobiles.

o Les deux voitures appartiennent à et sont conduites par Val Musetti, important cascadeur automobile et authentique pilote de course. Il va devenir le responsable des cascades en voiture durant le tournage des quatre épisodes canadiens des New Avengers. En tant qu’acteur il a également accompli plusieurs brèves apparitions durant les saisons 2 et 3 de la série classique.

Acteurs

o David Wood (1944) a reçu l’O.B.E. (Officer of the Order of the British Empire) en 2004. Il est aussi écrivain, parolier et... magicien professionnel !

o Stephen Grief (1944) a joué dans les séries Amicalement vôtre, Poigne de fer et séduction, Le retour du Saint, Les professionnels, Mission casse-cou et surtout Blakes 7. Il tourne encore beaucoup pour la télévision et le cinéma. Il a été récompensé plusieurs fois au théâtre et sa voix est utilisée dans des spots publicitaires.

o Annie Lambert (1957) a débuté dans un petit rôle récurrent dans la série Cosmos 1999. Également vue dans Regan, Dr Who, L’inspecteur Morse, Poirot. Elle ne tourne plus depuis 1995. Elle est la sœur de Kit Lambert, figure du Rock anglais. Il fut le manager et le producteur des The Who et participa à l’émergence du mouvement Punk durant les années 70, avant de décéder en 1981, à 46 ans, des conséquences de sa consommation de stupéfiants.

Jeu à trois mains

o John Paul (1921-1995) est également le docteur Kendrick dans l’épisode Cible.

À noter que

o Ray Austin, le réalisateur, était le coordinateur des cascades des saisons Emma Peel ; on le voit dans l'épisode Les fossoyeurs et brièvement dans L'heure perdue (le laitier assassiné), deux épisodes de la saison 4.

o Joanna Lumley devait apprendre à jouer des claquettes pendant la pause déjeuner (tap dance) mais le résultat ne fut pas concluant et une doublure la remplaça dans la scène finale, à droite. (Stare back and smile, mémoires de Joanna Lumley, 1989). L’actrice est également doublée lors de la pirouette face à Juventor, comme dans Le repaire de l’aigle.

Jeu à trois mainsJeu à trois mains

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé 7 Jours

Télé Magazine

Télé Poche

Jours de France


Fiche de l'épisode Jeu à trois mains des sites étrangers :

En anglais
http://theavengers.tv/forever/newave-13.htm
http://www.dissolute.com.au/the-avengers-tv-series/new-avengers/n11-three-handed-game.html
http://deadline.theavengers.tv/NAS1-13-ThreeHandedGame.htm

En flamand
http://home.scarlet.be/%7Epvandew1/avengers/newav14.htm

En italien
http://www.serietv.net/guide/gli-infallibili-tre/stagione_1.htm

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