Les évadés du monastère6-06-03Clowneries

UN DANGEREUX MARCHÉ
(HAVE GUNS – WILL HAGGLE)

Steed makes a bid to buy arms – Tara comes with the package

Tournage : Terminé le 29 février 1968

Diffusion : ITV, 11 décembre 1968 – 2e chaîne ORTF, 29 novembre 1969 (La saison 6 a été diffusée aux États-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande-Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Donald James

Réalisation : Ray Austin

Johnny Sekka (Colonel Nsonga), Nicola Pagett (Adriana), Jonathan Burn (Conrad), Timothy Bateson (Spencer), Michael Turner (Crayford), Robert Gillespie (Lift attendant), Roy Stewart (Giles), Peter J. Elliott (Brad).

Résumé

Le vol de trois mille fusils de haute technologie amène les Avengers à s'intéresser à l'arrivée en Grande-Bretagne d'un colonel africain ; celui-ci a planifié un coup d'État et a besoin d'armes. Steed feint de représenter le gouvernement de cet état et participe aux enchères. Les fusils, mais aussi Tara King, sont en jeu...

Épilogue

Steed et Tara attendent un cadeau du président africain. Steed ouvre la porte et un rugissement se fait entendre !


CRITIQUES

6-06-01


Denis Chauvet

Avis : Cet épisode à l'élaboration singulière est souvent méprisé bien que le résultat soit de très bonne facture ; à noter une excellente scène d'introduction et une Tara blonde en rose bonbon à croquer ! Deux bonnes scènes d'action dont une poursuite en voitures, un vilain noir, chose unique dans l'histoire des Avengers et une méchante exquise font de cet épisode un agréable divertissement. La partie où Tara est blonde fut tournée sous Bryce tandis que la partie avec une Tara brune fut ajoutée au retour de Clemens et Fennell.

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : excellente scène d’introduction pré-titre (même si ensuite Tara essaie d’imiter Mrs Peel au trampoline), Nicola Pagett, très bonne vilaine, une poursuite Lotus/Rolls, des morceaux musicaux de la quatrième saison et une intrigue correcte. Points négatifs : Tara piégée deux fois, la fin trop longue dans le faux sous-bois, la chemise de Steed dans l’épilogue.

2,5 au lieu de 3.  

Steed3003 12 octobre 2004

On pouvait craindre le pire avec cet épisode : encore une ennuyeuse histoire de trafic d'armes, dans un contexte géopolitique, digne des saisons 2 et 3. De plus, cet épisode fut tourné (avec d'autres comme le désastreux L'invasion des terriens) avant que Brian Clemens reprenne en main la série. Et pourtant, il se révèle être l'un des meilleurs de la saison.

Tout d'abord, le scénario de Donald James est exemplaire : plein de rebondissements, il sait nous réserver de beaux moments de suspense (par exemple, quand Tara King passe le test du FF70 ou la séquence de la dynamite dans la cabine), comme la série ne nous en donne que trop rarement. Les dialogues sont, comme très souvent dans la série, brillants ; avec un humour savamment distillé. L'opposition entre le cynisme de Steed et la naïveté de Tara King fonctionne à merveille ! De plus, Donald James fut un des rares scénaristes à essayer d'ajouter une certaine continuité entre les épisodes, chose très novatrice pour l'époque et qui faisait souvent défaut à la série. Ainsi, dans l'épisode, il est souvent fait référence au manque d'expérience de Tara King. Malheureusement, l'ordre de passage à la télévision fut différent de celui de production (heureusement les DVD présentent, pour cette saison, les épisodes par ordre de production) et personne ne remarqua cet ajout. Néanmoins, Donald James ne respecte pas le cahier des charges de la série (mais était-il, durant l'ère John Bryce, encore en vigueur ?) en instaurant un personnage noir avec le colonel N'Songa ; on l'excusera, vu la qualité du reste et l'intérêt du personnage. On excusera aussi les nouvelles histoires de perruques ridicules de Linda Thorson, que Donald James tente de justifier en les rendant "nécessaires" à l'enquête. Ce qui fait doucement rigoler, surtout quand on connaît la vraie histoire ! Enfin, c'est sans surprise que l'on voit apparaître le nom de l'excellent scénariste Philip Levene dans le générique de fin, en tant que "conseiller de scénario".

Ensuite, la réalisation de Ray Austin (parallèlement cascadeur sur la série) insuffle énormément de rythme à l'épisode. Il y a beaucoup de plans et de zooms (voir, par exemple, les premières de l'essai par Spencer du FF70), alors que souvent dans Chapeau Melon les réalisateurs favorisent un minimum de plans, et le montage est particulièrement serré. Grâce à cela, on ne s'ennuie jamais. Le réalisateur des Cybernautes, saison 4, avait déjà utilisé ce procédé avec le même succès ! Les séquences d'action sont visuellement très réussies (même si quelques problèmes de doublures trop visibles sont encore à déplorer) ; avec notamment des effets pyrotechniques à couper le souffle, rien à voir avec les " pétards " des saisons précédentes. On sent que la série bénéficie d'un budget plus large !

L'interprétation très naturelle de Linda Thorson colle parfaitement au personnage ; Patrick Macnee, plus malicieux que jamais, est excellent de bout en bout ! Lady Adrianna Beardsley, délicieusement interprétée par Nicola Pagett, constitue une des plus belles méchantes de la série : manipulatrice mais courtoise, cruelle mais avec le sourire.

Les costumes varient entre l'indigeste (pauvre Linda Thorson affublée d'une perruque blonde et d'un manteau de fourrure rose bonbon !), le très moyen (Patrick Macnee revient après Les évadés du monastère avec son chapeau melon marron et sa chemise à fleurs) et le joli (notamment la tenue de Tara King dans le tag final).

Les décors sont dans l'ensemble plutôt beaux. Les extérieurs rivalisent de beauté, notamment ces jardins anglais où ont lieu les fameuses " démonstrations " et qui sont un régal pour les yeux.

Enfin, la musique accompagne très bien l'épisode.

EN BREF : L'épisode qui prouve que la série n'a pas besoin d'être fantaisiste pour être excellente.

Estuaire44 16 février 2014

Have Gun – Will Haggle se compose principalement de la récupération de scènes tournées lors de l’éphémère période Bryce (Invitation To A killing), agrémenté d’une histoire ajoutée en sus, afin de composer un épisode complet. Nul doute que cet agrégat ait été bénéfique pour le budget de la production et, surtout, pour permettre à Clemens de disposer d’un peu temps pour installer sa saison, au sein du train d’enfer que constitue la production d’une série télévisée. Toutefois il en résulte de bien dommageables conséquences pour le présent opus. Donald James doit composer avec tout un ensemble de scène fades et très passe partout limitant drastiquement son apport créatif. De fait, il ne peut que broder autour de ce corpus une histoire trop simple, limitée à quelques lieux communs. Les raccords résultent de plus évidents et pesants, notamment avec les transitions entre décors ou le nouveau recours à la prétendue perruque de Tara, en forme de cache-misère. La malheureuse n’est décidément pas à la fête, lestée d’un ensemble rose bonbon au kitch passablement vulgaire.

Outre leur manque d’intérêt intrinsèque, ces scènes récupérées s’éloignent également l’de l’esprit Avengers, pour se rapprocher d’une série d’action traditionnelle, comme des aventures du Saint tournées en décors naturels, l’humour et le charme en moins. Même le supposé Excentrique, en charge du laboratoire, résulte anodin et relativement réaliste (dans le monde réel aussi un expert n’aime pas donner un avis définitif !). On songe finalement plus encore aux Professionnels qu’aux New Avengers. Fort heureusement Donald James va comprendre qu’il serait vain et contre productif de tenter de renverser cet état de fait dans l’espace lui demeurant imparti, l’impression, déjà persistante de patchwork devant fatalement en ressortir renforcée. Au lieu de tenter de renouer avec la tradition de la série, il décide judicieusement de rester sur le créneau impulsé par les images originelles, tout en dynamisant et rehaussant la qualité du récit. Pour cela il va il va se baser sur deux éléments distincts, avec une réussite certaine. Il privilégie ainsi l’action en s’appuyant sur le savoir-faire incomparable de Ray Austin en la matière. Avec une claire économie de moyens, l’avisé metteur en scène, très à son affaire, parvient à susciter des scènes réellement prenantes, comme lors de l’introduction en trampoline, la tentative d’assistant du parking, ou l’affrontement final à la conclusion pyrotechnique.

Surtout James parvient à régler le public de deux antagonistes, certes éloignés des Diabolical Masterminds de naguère, mais néanmoins fort savoureux par leur élégance comme par leur cynisme jouissif. La présence de Johnny Sekka rompt certes avec le canon traditionnel de la série (pas de personnages de couleur, ni de policiers, de femmes tuées, d’enfants ou de sang visible), mais cela ne dérangera que les puristes. Avec classe et trompeuse onctuosité, l’excellent acteur compose un passionnant Colonel Nsonga, auquel son mélange de mégalomanie et de savoir-vivre apporte un vraie cachée. Il en va de même pour la sublime Lady Adriana, dont la gracieuse urbanité s’accompagne idéalement d’une avidité sans bornes, agrémentée d’une pincée d’authentique sadisme. Un bien bel alliage, auquel Nicola Pagett, également admirée dans Amicalement vôtre (The Long Goodbye), apporte une désarmante vitalité. De quoi regretter le faible nombre d’adversaires féminines de nos Avengers, au-delà des comparses. Nsonga et Adriana brillent lors de leurs crottons avec Steed, tout comme lors de leurs scènes en commun et constituent réellement le sel de cet épisode. Logiquement, James ne peut par contre rien tenter vis-à-vis du si morne et empesé Conrad, déjà défini lors de l’épisode initial. A l’impossible nul n’est tenu.

James parvient ainsi presque à sauver l’épisode, d’autant que les décors et les extérieurs (notamment de Primrose Crescent) résultent agréables à l’œil.  Mais échoue au port, du fait du trop faible nombre de scènes communes entre Avengers. Postérieurement à l’exposition initiale de la situation par Steed, ils demeurent séparés durant l’essentiel du récit, du fait là aussi, partiellement,  des passages antérieurs récupérés. On regrette aussi une nouvelle fois la minoration du rôle tenu par Tara, simple messagère durant le corpus initial, puis à la part finalement faible tenue dans les confrontations, physiques ou policées. C’est Steed seul, certes en bonne forme,  qui anime l’essentiel du récit, que cela soit dans l’humour (la montre) ou dans l’action, Tara finissant même par ressembler à une Damoiselle en péril de plus, lors du tronçon final. Le tag se montre légèrement plus divertissant que les précédents, mais se voit une nouvelle fois saboté par une abominable chemise 70’s de Steed.

EN BREF: Un épisode rapiécé, sacrifiant davantage aux intérêts de la production qu’à ceux du public. Mais un duo de savoureux et raffinés antagonistes parvient à sauver le récit de la vacuité. 


VIDÉO


Une cabane explosive !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

6-06-02

 


Tournage

o Conrad poursuit la Lotus de Tara dans Dagger Lane à Elstree.

o Steed arrive à Stockley House alors qu'il est observé par Nsonga et Giles. La maison est Starveacres à Radlett.

o Le bâtiment de la balistique est Haberdashers' Askes School à Elstree (en partie démolie de nos jours).


Continuité

o Durant la scène d’avant générique, on aperçoit un fil de fer barbelé surplombant la grille, quand les hommes masqués prennent leur élan sur le trampoline. A plusieurs reprises ce fil a disparu au moment du saut proprement dit. 


Détails

o La musique qu'écoute le Colonel Nsonga à l'arrivée de Steed est le thème principal de Petit gibier pour gros chasseurs.

o Le titre original fait référence à la série américaine Have Gun – Will Travel (1957-1963). Dans l’univers du Western, elle mettait en scène les aventures du dénommé Paladin, dandy justicier  installé à San-Francisco. L’expression originale était une phrase d’appel présente dans les journaux anglophones du début du XXème siècle. Les chercheurs d’emplois y faisaient paraître des annonces personnelles et cette formule annonçait qu’ils étaient ouverts à toute proposition. Passée dans culture populaire grâce à cette série à grand succès, l’expression fut parodiée à maintes reprises durant les années 50 et 60. Robert Heinlein, grand auteur de Science-fiction, publie ainsi le roman Have Space Suit - Will Travel, en 1959. 

Acteurs – Actrices

o Nicola Pagett (1945) est née en Egypte. Lors d'une représentation au théâtre de What the butler saw en 1995, son comportement anormal révéla une grave dépression qui la conduisit à l'hôpital psychiatrique. Elle en est sortie et a écrit un livre relatant cette expérience, Diamonds behind my eyes en 1998. Elle a tourné dans Destination Danger, L'Homme à la Valise, Amicalement Vôtre, Upstairs Downstairs (série à succès outre-Manche), Regan et la mini série Anna Karenina…Sa dernière apparition à l'écran date de 1999.

o Johnny Sekka (1939-2006) a tourné quelques productions en Grande-Bretagne avant d'aller aux États-Unis. Il joue le rôle d'un serviteur dans le drame La femme de paille (1964) avec Sean Connery. Il a tourné avec Patrick Macnee dans le film d'horreur Incense for the Damned (1971). Né à Dakar, il vécut à Paris d’avant de s’engager dans la RAF à 22 ans. Ancien de la Royal Academy of Dramatic Arts, il connut une belle carrière au théâtre. Il y devint, selon le Times, le premier comédien noir à interpréter un rôle écrit pour un blanc.. En 1993 il tient un rôle important (le Dr Kyle) dans The Gathering, film à l’origine de Babylon 5 mais ses ennuis de santé l’empêchèrent de participer à la série. Il décèda d’un cancer du poumon.

À noter que…

o Cet épisode, produit par John Bryce, durait 90 minutes. Le titre initial était Invitation to a killing et il devait être le premier épisode de la saison, mais il fut partiellement refait et coupé au retour de Brian Clemens et Albert Fennell. Des extérieurs de la première version contenaient même des scènes tournées en été et en automne, ce qui donnait un résultat épouvantable à l'écran.

o Quand le Colonel Nsonga tente de le corrompre, Steed réplique que la loyauté  est une vertu lui ayant été enseignée à Eton. Il s’agit d’un clin d’œil, car, en ses vertes années,  Patrick Macnee fut expulsé de la prestigieuse institution, pour y avoir organisé des paris hippiques clandestins.

o Il est recommandé pour la continuité de voir cet épisode (pas représentatif des Avengers) tout de suite après L'invasion des terriens.

o Ray Austin, coordinateur des cascades de la période Emma Peel, passe derrière la caméra pour la première (mais pas la dernière) fois.

o Peter Elliott doubla Linda Thorson dans la scène de trampoline. (Stay Tuned : The Perils of Cyd, Dave Rogers).

o Un acteur de couleur tient un rôle important dans cet épisode et transgresse les "règles" de la série.

o DVD (Studio Canal) : Dans la série " Oh, les belles rayures ", admirez celles qui déchirent l'écran entre 43'38" et 43'45" ! De gros problèmes de son sur le DVD (deuxième partie de l'épisode) ; peut-être pas un cas isolé ?

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé 7 Jours

Télé Poche

Fiche d'Un dangereux marché des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-11.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/611.html
http://deadline.theavengers.tv/King-12-Have Guns.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king13.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#140

En espagnol

http://losvengadores.theavengers.tv/tara_haveguns.htm

 

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