Clowneries6-08-02George et Fred

MON RÊVE LE PLUS FOU
(MY WILDEST DREAM)

Steed is sleepwalking - Tara tries to wake him up

Tournage : Terminé le 1er avril 1968

Diffusion : ITV, 7 avril 1969 - Antenne 2, 21 avril 1988 ( La saison 6 a été diffusée aux Etats-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Philip Levene

Réalisation : Robert Fuest

Peter Vaughan (Jaeger), Derek Godfrey (Tobias), Edward Fox (Chilcott), Susan Travers (Nurse Owen), Philip Madoc (Slater), Michael David (Reece), Murray Hayne (Gibbons), Tom Kempinski (Dyson), John Savident (Winthrop), Hugh Moxey (Peregrine).

Résumé

Les membres d'une entreprise sont assassinés les uns après les autres. Par une curieuse coïncidence, Steed est témoin des meurtres. L'assassin est à chaque fois conditionné pour accomplir sa mission et les Avengers suspectent un inquiétant psychiatre. Est-il vraiment le 'diabolical mastermind' ?

Epilogue

Allongé sur le sofa, Steed révèle à Tara qu'il boit du champagne parce qu'il aime ça ! "That's because I like it!".


CRITIQUES

6-08-01


Denis Chauvet

Avis : Un très bon épisode qui bénéficie de nombreux atouts : un 'faux' vilain excellent, une réalisation de tout premier ordre, des décors et des extérieurs variés et plaisants. Cette dernière contribution de Philip Levene à la série est certes violente mais originale, alternant la réalité et la fantaisie dans les scènes de conditionnement avec savoir faire. La musique stressante sied à l'atmosphère et nous assistons à une des meilleures scènes de combat de toute la série. Le personnage pitoyable de Chilcott et la scène finale sont les seuls points négatifs de cette aventure.

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : suspense et intrigue intéressants (répétitions des meurtres), Jaeger est plus machiavélique que le véritable ‘méchant’ aux motivations simplistes, l’excellente bagarre pour le calepin au centre optique, la jolie ‘nurse’. Points négatifs : l’amoureux transis pénible (qui me fait penser à deux/trois participants à ce forum), la Rolls bicolore (jaune/vert), les mannequins puérils, la fin vite expédiée.

Toujours trois.

Steed3003 9 décembre 2004

On pouvait craindre le pire de cet épisode : encore une histoire sur le thème éculé de l'hypnose ! Et pourtant...

Philip Levene écrit ici un des épisodes les plus violents (tant moralement que physiquement) des old avengers, mais aussi une de ses meilleures histoires. Son scénario tranche avec le ton bon enfant qui régulait souvent la série. Il exploite le thème de l'hypnose de manière nettement plus convaincante que l'avait fait Robert Banks Stewart pour Les aigles. Philip Levene nous surprend durant tout l'épisode tant par son habileté à piéger le téléspectateur : le meurtre est-il virtuel ou réel ? Il nous surprend également par son schéma narratif (nos deux agents n'arrivent pas par exemple sur les lieux du crime juste après l'écran titre), qui s'écarte quelque peu des standards de la série. Quelle bonne idée d'avoir donné un prétendant à Tara! On s'étonne d'ailleurs que les scénaristes n'aient pas pensé plus tôt au potentiel comique de ce type de personnages! Ce nouvel élément donne lieu à de nombreuses scènes de franche rigolade et permet au spectateur de découvrir les sentiments de Tara King envers son partenaire. L'écriture vive et alerte de Philip Levene donne à cet épisode des airs de films à suspense. De plus, il crée avec le docteur Jaeger (aux séquences d' "agresso-thérapie" hallucinantes) un des meilleurs méchants de la série, car un des plus complexes et des plus terrifiants.

Première réalisation de Robert Fuest pour la série, et première réalisation de celui-ci tout court, et autant dire que ce premier contact avec la série est largement concluant. Un talent est ici véritablement révélé. Comme le scénario, sa réalisation tranche avec celles de la saison précédente. Si ces dernières, par leur grand classicisme, avaient le mérite de vieillir particulièrement bien ; la série paraissait parfois un peu figée et se répétait souvent (voir par exemple les scènes d'attaque dans Meurtres distingués et Le vengeur volant). Robert Fuest travaille ici sur une large échelle de plans ; il réussit le tour de force de donner son propre style à la série (on reconnaîtra facilement ce style dans les autres épisodes qu'il a réalisés) : un montage serré, de nombreux zooms, des scènes filmées la caméra à l'épaule, des champs/contre champ limités au minimum pour les scènes de dialogues, la recherche d'angles inédits... Les scènes d' "agresso-thérapie " sont réalisées de manière diablement efficaces, il en est de même pour les scènes de meurtre. En général, Robert Fuest se montre aussi à l'aise dans les scènes de comédie, que dans les scènes d'action, pour une fois vraiment impressionnantes. La direction d'acteurs est une des meilleures de la série : Peter Vaughan fait ici une composition exceptionnelle dans le rôle de Jaeger, dans un rôle ingrat Edward Fox (Teddy) s'en tire très bien, Philip Madoc (Slater) est épatant en employé frustré. De plus, Linda Thorson est remarquable dans cet épisode, qui lui donne enfin l'occasion d'élargir son jeu ; seul Patrick Macnee déçoit par son léger cabotinage. Pour finir de vous convaincre, regardez ces mouvements de caméra à 32'04" et à 40'53".

Tara King fait dans cet épisode preuve de beaucoup d'humour dans cet épisode. Un humour certes moins recherché et moins cinglant que celui de Mrs Peel, mais tout aussi agréable. On remarquera que ses cheveux sont longs ou mi-longs selon les scènes ! On voit pour une fois Steed perdre patience et s'énerver ; son personnage continuera dans cette lancée durant la saison. Un grand moment d'humour dans l'épisode : quand Steed prend le prétexte de se prendre pour un cheval pour consulter Jaeger. Les sentiments de Tara pour son partenaire sont devinées de manière sous-jacente mais non équivoque dans cet épisode. Enfin, ne manquez pas le tag final où Steed révèle les raisons de son goût immodéré pour le champagne : tout simplement parce qu'il aime ça !

Entre la gigantesque et impressionnante salle d'observation, la salle d '"agresso-thérapie" et les extérieurs ensoleillés, on est comblé dans cet épisode. Seul, le bureau de Peregrine paraît bien vide.

Les chemises jaunes et les costumes marrons de Steed ont du mal à passer. Tara King est, elle, particulièrement bien habillée tout au long de l'épisode.

La musique de la séquence d'introduction est parfaite ; après le niveau descend, mais la musique reste agréable.

EN BREF : Un scénario surprenant doublé d'une réalisation d'une rare inventivité, avec de plus une Linda Thorson en très grande forme.

Estuaire44 16 février 2014

L'ultime intrigue composée par Philip Levene n'apparaitra certes pas comme la plus innovante, ni comme la plus enthousiasmante. Les Spy Shows des années 60 regorgent d'histoires de lavage de cerveau ou de suggestion mentale, on se trouve ici face à un véritable marronnier du genre. Les Avengers y ont d'ailleurs eu déjà recours à plusieurs reprises, de Lavage de cerveau à La Porte de la Mort, en attendant la suite. Cette impression de de déjà-vu se voit considérablement renforcée par le choix d'une énième succession de meurtres d'individus liés par une communauté d'intérêt. Si la forme varie considérablement, sur le fond il s'agit ainsi d'un argument similaire à celui du précédent épisode, Clowneries. S'il sait joliment jouer de l'ambiguïté entre réalité et psychose, Levene conserve par ailleurs  un rythme assez lent à ce scénario répétitif

Le modus operandi, trop rapidement dévoilé s'avère sommaire et expéditif,avec un effet s'amenuisant au fur et à mesure des itérations. On prend ici le pari-pris opposé du captivant et poignant affrontement entre Steed et le Wringer, sans même parler de celui entre le Prisonnier et l'ultime Numéro 2, dans Once Upon A Time. Sur le tard, Levene commet de plus une erreur de tempo avec un final aussi expéditif que relevant d'un burlesque hors sujet. Ce récit particulièrement sombre s'achève à contre courant, sur un gag de Cartoon. Steed et Tara expédient Tobias ad patres, exactement de la même manière que les clowns pour Lord Bessington dans Clowneries. La révélation de l'identité du vrai Mastermind (par ailleurs passablement transparent) apporte un retournement réussi, mais d'un impact limité dans cet opus non structuré en Whodunnit. Tout ceci demeure assez prévisible, la présence de Tobias n'ayant pas d'autre réelle justification au sein du récit.

Fort heureusement, Mon rêve le plus fou reste avant tout un grand épisode de production et de mise en scène. ici pour la première fois derrière la caméra pour la série,  Robert Fuest fut un brillant dessinateur de décors durant les années Cathy Gale, où il travailla souvent en association avec Peter Hammond, le metteur en scène le plus imaginatif et innovant de cette époque. De fait l'opus bénéficie grandement de cette double formation. De concert avec Robert Jones, Fuest nous régale de plateaux très design et bien dans l'air du temps, parfois aux lisères du psychédélisme (notamment avec le local d'observation du médecin ou la laboratoire). Tout en réussissant par ailleurs de superbes extérieurs londoniens, cette maîtrise des décors lui permet de réaliser l'un des plus beaux affrontements voyant Tara tirer le meilleur parti de ces derniers, l'un des atouts maîtres de cette sixième saison. L'affrontement dans le laboratoire s'impose comme l'un des sommets de la période, voire de la série tout entière, dans ce domaine particulier. Fuest sait également instiller une véritable atmosphère, jouant admirablement du montage comme de la photographie (superbes jeux d'ombres), annonçant déà un intéressant parcours ultérieur, tout au long de cette sixième saison, comme au cinéma.

La distribution bénéficie de l'appoint de quelques valeurs sûres des séries Sixties, comme Philp Madoc, décidément un acteur caméléon des Avengers, ou Peter Vaugham dont la présence toujours inquiétante, bien avant le Schubert des Persuaders, apporte beaucoup au subterfuge de la véritable identité de l'adversaire du jour. Susan Travers se montre également parfaite en infirmière maléfique, une aimable corporation décidément peu flattée au cours des diverses aventures de nos héros ! Joué avec crédibilité et sans emphase contreproductive par Edward Fox, Chilcott se montre admirablement calibré pour l'intrigue en cours, idéalement situé à mi chemin entre le ridicule d'un Basile (Etrange hôtel)  et le clinquant d'un Baron Van Curt (Mais qui est Steed ?). Son registre introduit un humour aérant agréablement le récit, remettant également à Linda Thorson d'affirmer son talent pour la comédie. Évidement la narration de Levene rend très prévisible l'affrontement avec son rival au Chapeau melon.

Sur le départ, Philip Levene offre d'ailleurs à Tara un beau cadeau avec cet épisode la voyant gagner encore en autonomie et en présence, dans les combats tout comme pour la résolution de l'affaire, tandis que Linda Thorson et Patrick Macnee ont définitivement débusqué le fonctionnement de leur binôme. Même si l'on remarque fugitivement la répétition de cette longue perruque toujours aussi injustifiée, l'actrice bénéficie ici d'une garde-robe particulièrement soignée, d'une splendide robe de soirée jusqu'à une tenue cuir taillée pour l'aventure. Décidément l'actrice parait bien mieux s'épanouir dans la vision élargie de Clemens que dans l'Action girl limitée de Pryce.

EN BREF: L'entrée en matière particulièrement réussie du réalisateur Robert Fuest compense largement un scénario relativement peu inspiré. Philip Levene accorde toutefois toute sa place à Tara, définitivement entrée dans la série.


VIDÉO


Steed se prend pour un cheval !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

6-08-03


Tournage

o Tara arrive en Rolls Royce à l'entreprise Acme Precision Company Ltd pour fouiller le bureau de Slater. La scène a été tournée à The Revell Offices Maxwell Road à Borehamwood.

o De nombreuses séquences de cet épisode ont été filmées dans Londres. Après avoir quitté l'entreprise, Tara poursuit Dyson dans Park Crescent et Portland Place - l'infirmière Owen attaque Chilcott à Weymouth Mews - la clinique de Jaeger se trouve à Mansfield Street - la séduisante infirmière emprunte Westbourne Terrace Road Bridge en quittant la clinique.

o Dans cette visite de Londres se détache Park Crescent (près de Regent’s park), lorsque Tara suit Dyson en sortant des bureaux d’Acme. Cette spectaculaire colonnade ionique ornant un immense bâtiment circulaire de style Régence (1811) est une œuvre du grand architecte John Nash, également créateur de Buckingham Palace, Trafalgar Square ou encore St Jame’s Park. L’intérieur est dédié à des bureaux de grandes sociétés.


Continuité

o Regardez le train passer à 28'00" derrière la fenêtre de l'appartement de Tara King : pas trop dur de deviner qu'il s'agit d'une maquette !


Détails

o L'entreprise a pour nom : Acme Precision Company Ltd .

Acteurs - Actrices

o Peter Vaughan (1923) a fait ses débuts à l'écran en 1959. Cantonné surtout dans des rôles de vilains, il a tourné entre autres dans The naked runner, Chiens de paille, Le piège, L'ultime attaque, Moi, Peter Sellers. Sa carrière se tourna vers la télévision dans les années 70 dont le rôle de Schubert dans l'épisode d'Amicalement vôtre, Un enchaînement de circonstances. Egalement vu dans Le Saint, L'homme à la valise, L'aventurier, Madigan, Poigne de fer et séduction, Regan, Les mémoires de Sherlock Holmes

o Edward Fox (1937) a commencé sa carrière en 1963 dans Le prix d'un homme puis dans des films connus comme La bataille d'Angleterre, Le messager, Chacal, Un pont trop loin, Les duellistes, Le grand sommeil, Le miroir se brisa, Jamais plus jamais, La route des Indes…. Vu à la télévision dans L'homme à la valise, Poirot. De 1958 à 1961 il fut marié à Tracy Reed, qui interprète l’ex fiancée de Steed dans Trop d’indices, cette même saison. Leur fille Lucy devint Première Vicomtesse d’Irlande par mariage !

o Derek Godfrey (1924-1983) a fait une carrière théâtrale importante et a joué avec la Royal Shakespeare Company. Il a participé aux séries Destination danger, Le Baron, Poigne de fer et séduction et Les Professionnels.

o Susan Travers (1939) a joué dans Destination danger, Le Saint, Van der Valk et Poigne de fer et séduction. Elle n'a plus tourné depuis 1974.

o Philip Madoc (1934) a joué dans quatre autres épisodes des Avengers : Le décapode et Six mains sur la table (saison 2), Mort d'une ordonnance (saison 3) et Meurtres distingués (saison 5). Egalement vu dans les séries britanniques Le Baron, le Saint, L'homme à la valise, Les champions, Paul Temple, Jason King, Regan, Cosmos 1999, Doctor Who mais son rôle de Premier Ministre David Lloyd George dans la série The life and times of David Lloyd George l'a vraiment mis au premier plan. Ses lectures dans des livres audio demeurent très populaires Outre-Manche. Il soutient activement le parti nationaliste gallois, le Plaid Cymru. Madoc explique avoir surtout joué des rôles de méchants du fait de son physique ténébreux, ce qu’il ne regrette pas car, selon lui, ce sont les meilleurs !

o John Savident (1938) a participé à de nombreuses séries : L'homme à la valise, Le Saint, Département S, L'aventurier, Colditz, Les professionnels. Connu en Grande Bretagne pour son rôle dans Coronation Street depuis 1994.

A noter que…

o Cet épisode n'était pas au goût des censeurs anglais et fut en conséquence diffusé très tard dans la saison le 7 avril 1969 à 22h30 au lieu du prime time habituel.

o Commentaire de Patrick Macnee pour cet épisode : "Cet épisode, le premier dirigé par Bob Fuest, n'a eu aucun budget ni délai. Il a du garder l'équipe prête pendant plusieurs heures pour plaire aux dirigeants des studios. Bob avait travaillé comme décorateur dans les saisons avec Honor Blackman" - (source : bonus DVD)

Fiche de Mon rêve le plus fou des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-27.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/631.html
http://deadline.theavengers.tv/King-28-MyWildestDream.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king29.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#160

En espagnol

http://losvengadores.theavengers.tv/tara_wildest.htm

 

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