Amour quand tu nous tiens6-24-03Le visage

L'HOMME AU SOMMET
(TAKE ME TO YOUR LEADER)

Steed tries to bribe a little girl - Tara reaches a dead end

Tournage : Terminé le 29 novembre 1968

Diffusion : ITV, 5 mars 1969 - 2ème Chaîne ORTF, 28 novembre 1970 ( La saison 6 a été diffusée aux Etats-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Terry Nation

Réalisation : Robert Fuest

Patrick Barr (Stonehouse), Patrick Newell (Mother), John Ronane (Captain Tim), Michael Robbins (Cavell), Henry Stamper (Major Glasgow) with Penelope Keith, Hugh Cross, Elizabeth Robillard, Michael Hawkins, Sheila Hammond, Bryan Kendrick, Raymond Adamson, Matthew Long, Cliff Diggins, Wilfred Boyle.

Résumé

Les Avengers sont chargés de pister une valise rouge piégée qui donne des instructions. Elle doit les mener à Mr Big.

Epilogue

Steed et Tara ont chacun laissé une valise avec un message. Steed pour que Tara garde son chien, Tara expliquant qu'elle ne peut pas.


CRITIQUES

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Denis Chauvet

Avis : Un épisode qui se laisse voir, sans plus. La valise rouge pistée criant au voleur ('Stop thief') pendant tout un épisode montre néanmoins ses limites. Robert Fuest est à la réalisation et il y a certes de bons moments : le tueur au saxo, la scène de l'école de danse et le combat entre Tara et le karatéka mais Mr Big est connu beaucoup trop tôt et c'est de plus un méchant sans envergure, le tag du chien est d'une stupidité inégalable (rendez nous les moyens de locomotion de la quatrième saison) et la fin est bâclée. On se console en se disant qu'il y a pire dans la saison six….

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : quelques bons moments comme la planque dans l’aérodrome, les nombreuses voitures vintage autour de l’hôtel, la petite peste (avec baguette de fée et sucette), le tueur à Tara : ‘You change into something tight’, le combat avec le karatéka. Points négatifs : la valise rouge qui ‘parle’, Steed armé, la clé musicale, les scènes Mother avec le ‘cerveau’, le passage de la crypte, l’épilogue. Toujours deux melons.

Steed3003 17 mai 2009

Le titre original rappelant Les Envahisseurs (Amenez-moi à votre chef !) était plein de promesses. Le résultat est décevant.

Terry Nation nous avait déjà fait le coup du Mc Guffin dans Le Legs. Rebelote avec L’homme au sommet où la dague est remplacée par une mallette ! Après une scène d’exposition un peu lourdingue, où Mère-Grand nous assaille d’informations en moins d’une minute, on rentre directement dans le vif du sujet. Les enjeux sont posés clairement : que contient cette mallette ? Qui est l’homme au sommet ? Dans la première partie, force est de reconnaître que la sauce prend plutôt bien. Le spectateur reste constamment sur le qui-vive et alors que l’on craignait une intrigue linéaire, il y a suffisamment de surprises pour maintenir l’intérêt. La deuxième partie se montre plus laborieuse. Terry Nation nous perd entre les vraies et les fausses mallettes, multipliées jusqu’à plus soif. On se croirait dans Oscar ! Au bout d’un certain moment, on ne cherche même plus à comprendre. Il y a également un énorme trou dans l'intrigue : Tara King est coincée dans une crypte avec du gaz mortel. On la voit ressortir quelques minutes plus tard sans qu'aucune explication ne soit donnée.

Par ailleurs, la dynamique du trio Steed/King/Mère-Grand prend mal dans cet épisode. Surtout que le simple duo Steed/King fonctionne parfaitement et trouve lui sa propre dynamique. Certes moins rôdée que Steed/Peel, mais tout aussi efficace. Toutes les scènes avec Mère-Grand nuisent elle au rythme de l’ensemble. Quand à la découverte du véritable traître à la fin de l’épisode, ce n’est franchement pas une surprise : aucune autre piste n’avait été proposée au téléspectateur. A l'exception de Mère-Grand : crédibilité zéro . Quelques bonnes idées surnagent malgré tout : l’agent déguisé en épouvantail, la clé sous la postiche, la bouteille de champagne relâchée en même temps que le gaz mortel … On retiendra également la scène corrosive entre Steed et une fillette nettement moins innocente qu’elle en a l’air : «  Just remember one thing : money is not everything ! » (« Souviens-toi seulement d’une chose : l’argent ne fait pas tout ! ») / « Oh Mr. Steed, don’t shatter little girl’s illusions ! » (« Oh M Steed ne détruisez pas les illusions d’une petite fille ! »). On regrettera que le reste des dialogues ne soit pas à l’avenant. Malgré un début prometteur, l’épisode s’embourbe vite.

Robert Fuest paraissait le metteur en scène idéal pour une intrigue en perpétuel mouvement, où la tension ne doit jamais se relâcher. Mais, ne l’oublions pas, Robert Fuest est un jeune metteur en scène, débutant sur la série. Il montre ici ses limites. On le sent dépassé dans cet épisode ayant nécessité une impressionnante logistique : on aura rarement vu autant de décors et d’extérieurs dans la série.  Seul le budget plus élevé de la saison 6 permettait une telle débauche de moyens.  Et ayant du jouer sur un calendrier serré,  l’excellent Robert Fuest a préféré la simplicité au style. Sa réalisation apparaît plus sommaire et moins travaillée. Même les scènes de combat sont bâclées. Quand au duel entre Tara King et le karatéka sur le tatami, il est complètement raté : la doubleuse Cyd Child est filmée presque en gros plan !  Son travail reste néanmoins honnête. Le casting apparaît atone. Seule Penelope Keith dans le rôle d’une institutrice débordée et au bord de la crise de nerfs ressort. Linda Thorson, mise sur le devant de la scène, confirme aussi tous ses progrès et offre une prestation remarquable.

On le sentait dans les derniers épisodes. C'est confirmé ici. De jeune agent inexpérimentée, Tara King s’impose maintenant en égal de Steed. La romantique Tara découvre la 1ère clé de la valise grâce à l’inscription LOVE sur le blouson : « Love is the key of everything ! » [« L’amour est la clé de tout ! »]. Comme la semaine dernière, l’amour la met directement sur la bonne piste !  Elle lance donc la course et  remet même la main sur la mallette lorsqu’elle échappe à Steed ! « Good work ! » [« Bon travail ! »] remarque ce dernier. Elle n’hésite pas non plus à affronter un karatéka redoutable, qui impressionne même Steed. Elle le met pourtant rapidement à terre ! Le duo fonctionne parfaitement dans l’épisode : ils improvisent même un joli coup monté à la Mission : Impossible pour mettre la main sur la dernière clé. Steed n’hésite pas à corrompre une fillette pour les besoins de l’enquête. Mais rassurez-vous, cette dernière est nettement moins innocente qu’on pourrait le croire ! On notera un tag final très réussi … malgré l’absence physique de nos deux héros. Ils préfèrent communiquer, dans un parfait dialogue de sourds, par malettes interposées. L’homme au sommet propose un nombre de décors et d’extérieurs inédits jusqu’ici dans la série.

Les décorateurs débordés ont tout juste eu le temps de livrer des décors tous très classiques, sans aucune saveur particulière. Seule la crypte, rappelant Le fantôme du château De’ath, apparaît plus soignée.

Aucun costume marquant dans cet épisode. Steed nous offre une nouvelle variation de son costume avec un gris anthracite, une évolution plus douce que ce que l’on a eu jusque lors.

Howard Blake compose une musique très funk. Coïncidence amusante, elle rappelle fortement  celle que composera Laurie Johnson pour les New Avengers.

EN BREF : Malgré quelques bons moments, l’intrigue de L’homme au sommet est trop laborieuse pour convaincre. Et on sent toute la technique dépassée par cet épisode excessivement ambitieux.

Estuaire44 16 février 2014

Visiblement en panne d’inspiration Terry Nation nous propose ici une variation de la course à l’échalote  similaire à celle de son Legacy of Death. Mais là où son intrigue développait au moins une ambiance et une continuité narrative, ici il se cantonne à une succession tout à fait linéaire d’évènements. Cette enfilade de scènes s’appuyant sur le seul argument, vite usé, de la valise qui parle, déçoit par son manque d’ambition. L’auteur ne cherche même pas à susciter des quiproquos autour d‘échanges de valise ayant fait les beaux jours du théâtre de boulevard.  L’autre nique argument de l’intrigue, l’identité de l’homme au sommet, tourne court, car l’hypothèse d’une culpabilité de Mother demeure évidemment absurde. Avec Stonehouse, Nation retrouve l’un des marronniers des séries d’aventures  de l’époque, régulièrement observé par exemple chez le Saint : le personnage n’ayant aucune autre justification que d’être le coupable, devenant  dès lors des plus prévisibles.

On se trouve de fait face à une structure proche de ces films à sketchs si populaires durant les années 60, avec le lot commun de passages plus intéressants que d’autre. On appréciera vivement la petite fille vénale, les personnages d’enfants étant si rares dans la série et la demoiselles manquant pas de sel. Hélas la plupart des autres séquences à des péripéties expéditives et guères passionnâtes. Cantonnés à quelques instants les personnages rencontrés ne peuvent connaître de réels développements et demeurent des silhouettes. Cela s’avère particulièrement pour l’adversaire du jour, sans doute aucun l’un des plus anodins de la série. Le manque de stature de ses antagonistes (surtout comparé à l’ère Emma Peel) constitue bien l’une des faiblesses de cette sixième saison. Cette stérile atomisation du récit s’accompagne également d’un nouvel atterrissage dans une espionnite très classique, derrière la fantaisie de façade. Ce n’est donc pas une surprise de voir Steed tirer un coup de feu.

A l’inverse Tara se voit mise à l’honneur, faisant preuve d’ingéniosité et d’initiative, mais aussi d’autonomie vis-à-vis de son partenaire. Une heureuse initiative,  mais d’autant plus frustrante qu’elle se voit mise en œuvre dans un épisode aussi anodin. La multiplicité des décors, jointe aux contraintes techniques et financières ? obligent Robert Fuest à renoncer aux décors très design qu’il affectionne. C’est également le cas pour un QG de Mother vraiment minimaliste. La crypte très à la Hammer vaut cependant le coup d’œil, ainsi que la fenêtre ouverte sur l’aéroport désert de l’heure perdue.  Fuest parvient néanmoins à impulser du rythme à l’action et réussit quelques jolies perspectives (visage de Tara dans l’observatoire, gros plans sur le visage hurlant d’Audrey, etc.). Ces méritoires efforts, joints à un tag de fin plutôt amusant, ne parviennent pas à assurer le succès de Take Me To Your Leader.

EN BREF: Une méritoire mise en avant de Tara et les efforts de  Robert Fuest ne peuvent compenser un scénario linéaire et dépourvu de substance.


VIDÉO


Une institutrice désemparée !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o La séquence du début (qui se termine par la capture du motocycliste) fut filmée au terrain d'aviation de Bovingdon. L'épisode L'heure perdue y fut également en grande partie tourné.

o Beaucoup de scènes furent tournées à Londres : Tara et Steed arrivent à la cabine téléphonique en Rolls sur Blomfield Road ; Steed suit un contact sur Grantully Road et Tara fait de même à Maida Vale ; Le contact quitte l'hôtel et écoute ses instructions et Tara en profite pour s'emparer de la valise à Elgin Mews South ; L'hôtel est à Clifton Gardens et l'église à Hamilton Terrace.


Continuité

o A noter que la séquence de l'aérodrome avait dû initialement être prévue avec Steed car on peut discerner un conducteur au chapeau melon dans la petite voiture juste avant la collision avec le motard. Le passage a été réécrit mais une scène avait déjà été tournée !

o Parmi les nombreuses scènes en extérieur, on distingue des passants en arrière plan. Ce qui transgresse une règle de la série : aucun figurant.

o Comment Tara King réussit-elle à sortir de la crypte ?


Détails

o Le combat entre Tara et le karatéka est sur un thème entendu dans une scène similaire des Cybernautes, saison 4.

o L'Union Jack sur l'antenne de Mère Grand vient rappeler que la série est britannique avant tout !

o Take me to your leader est une phrase culte de la Science-Fiction, souvent la première que déclament les Aliens en débarquant de leurs vaisseaux. Elle est particulièrement présente dans le cinéma américain des années 50.

Acteurs - Actrices

o Patrick Barr (1908-1985) a débuté en 1932 et a fait plus de 100 apparitions à la TV ou au cinéma. Il est l'ambassadeur britannique dans Octopussy, son avant dernier rôle.

o Michael Robbins (1930-1992) fut employé de banque avant d'être acteur. Il débuta sa carrière en 1961 et on a pu le voir dans Le baron, Le Saint - 3 épisodes, Département S, Regan, Le retour du Saint, Dr Who et Mission casse cou. Il a participé à trois autres épisodes de la série : Square root of evil et Dragonsfield de la saison 1 et Monsieur nounours de la saison 2.

o Penelope Keith (1940) fait partie de la distribution de Rien ne va plus dans la nursery, saison 5 (nanny Brown) mais n'apparaît pas à l'écran. Coupée au montage ? Par contre, elle est la mariée dans Cœur à cœur (saison 4) mais n'est pas mentionnée au générique.

o Bryan Kendrick (1929-1970) est décédé d'un arrêt cardiaque. Le rôle dans cet épisode fut son dernier.

A noter que…

o Howard Blake composa la musique de cet épisode.

o Dans certains épisodes de la saison 6, de nombreux acteurs apparaissent au générique sans le nom de leur personnage.

o Les fans remarqueront un joli clin d'oeil à la saison 4. Alors qu'ils cherchent à débloquer la malette avec des instruments, Tara King fait remarquer à Steed : « I thought you could play the tuba ! You’ve got one in your apartment! » [« Je croyais que vous pouviez jouer du tuba ? Vous en avez un dans votre appartement! »]. En effet, souvenez-vous, Mrs Peel en jouait dans Coeur à coeur! Mais maintenant que celle-ci est partie : « That’s to put flowers in it! » [«C’est pour y mettre des fleurs! »] lui répond Steed! Le fameux tuba avait été également vu plus tôt dans la saison 6, lors du tag final des Evadés du monastère.

o Terry Nation a repris l'idée pour la série Amicalement Vôtre avec plus de bonheur (épisode : Un enchaînement de circonstances).

o Coupures de presse lors de la 1ère diffusion française.

Télé 7 Jours

Fiche de L'homme au sommet des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-22.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/621.html
http://deadline.theavengers.tv/King-23-TakeMe.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king24.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#150

En espagnol

http://losvengadores.theavengers.tv/tara_leader.htm

 

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