Du bois vermoulu6-21-01Le matin d'après

INTERROGATOIRES
(THE INTERROGATORS)

Steed acquires a new musical taste - Tara gets grilled for a recipe

Tournage : Terminé le 22 octobre 1968

Diffusion : ITV , 1er janvier 1969 - TF1 23 janvier 1982 ( La saison 6 a été diffusée aux Etats-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Richard Harris & Brian Clemens

Réalisation : Charles Crichton

Christopher Lee (Colonel Mannering), David Sumner (Minnow), Philip Bond (Caspar), Patrick Newell (Mother), Glynn Edwards (Blackie), Neil McCarthy (Rasker), Neil Stacy (Mallard), Neil Wilson (Norton), Cardew Robinson (Mr. Puffin), Cecil Cheng (Captain Soo), Mark Elwes (Naval officer), David Richards (RAF officer).

Résumé

Plusieurs agents disparaissent et subissent un test anodin mais poussé d'endurcissement à l'interrogatoire. Peu après, tous les contacts de ces agents sont assassinés. Tara King est la prochaine sur la liste à devoir se plier aux questions…

Epilogue

Steed interroge Tara au dîner pour connaître la recette d'un plat.


CRITIQUES

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Denis Chauvet

Avis : Une intrigue solide : ce plan diabolique est un des meilleurs scénarios d'espionnage. Un bon épisode avec la présence inestimable de Christopher Lee. Beaucoup de suspense et une tension palpable. Le repaire de Mother dans le fond d'une cabine téléphonique est bien British ! Des jeux de mots sur les noms des seconds rôles : Izzy (easy) Pound, Puffin...par contre, suivre le pigeon en hélicoptère ! Tara se sort bien des interrogatoires et nous donne une bonne scène de combat. Un des derniers 'bons' de cette sixième saison !

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : Christopher Lee, le QG de Mother (et les tournesols), la couverture des espions (archer, footballer, vendeur de ballons et mention spéciale au musicien Izzy Pond), l’intrigue mais…, le combat Tara/Soo mais…Points négatifs : la chute de l’intrigue est peu crédible (fable de Casper à son retour), le combat Tara/Soo a une erreur de continuité car elle est vaincue mais réapparait victorieuse ! Le final très décevant : l’hélicoptère suit un pigeon, Steed vite repéré, les militaires crédules, Steed et les ‘chinois’ et la ‘ruse’ des balles à blanc. 2,5.

Steed3003 14 mai 2009

Plus que jamais la saison 6 aime prendre le spectateur à contre-pied avec cet épisode où tout n'est que faux-semblants. Richard Harris écrit peu mais quand il écrit cela donne des épisodes incroyables comme Vengeur Volant ou Jeux.

Brian Clemens écrit lui beaucoup, mais le résultat est inégal. L’alliance des deux pour cet épisode fonctionne parfaitement. Interrogatoires revient à une veine plus réaliste et s’avère être un thriller psychologique aussi réussi que Mon rêve le plus fou. L’intrigue est parfaitement construite. De la scène d’introduction au final, le spectateur ne cesse d’être prise au piège de nombreux rebondissements. Les séquences très courtes s’enchaînent à un rythme trépidant. 40 ans avant 24h chrono, la série pose également la question de la torture pour obtenir des renseignements. Et sa conclusion est sans appel : un verre de martini ou une tasse de thé sont bien plus efficaces pour soutirer des informations ! Moins fantaisiste qu’à l’accoutumée, cet épisode manque d’humour, hormis quelques répliques de Mère-Grand. On y retrouve une ambiance paranoïaque. Mais quelques scènes délicieusement absurdes (la filature du pigeon avec un hélicoptère, la fanfare au milieu d’une carrière vide) viennent nous rappeler que nous sommes bien dans Chapeau Melon et pas dans Le Prisonnier. Malheureusement quelques mauvaises ficelles scénaristiques, un comble pour un scénario écrit à 4 mains, empêchent cet épisode d’atteindre le 4 étoiles : deux fois de suite, Steed arrive pile au moment du meurtre d’un agent secret, et quelques minutes plus tard, c’est au tour de Tara King !  Une facilité déconcertante pour le spectateur.

Le style de mise en scène sans esbroufes de Charles Crichton convient tout à fait à l’écriture. Il signe ici une réalisation simple et efficace, avec des angles souvent inventifs. Charles Crichton installe tranquillement une ambiance oppressante. L’intensité des scènes d’interrogatoires rappellent la violence de Mon rêve le plus fou. Christopher Lee nous avait laissés sur notre faim dans Interférences. Dans un rôle bien plus intéressant, il nous livre une performance magistrale, excellant dans la rupture de ton. Il est pour beaucoup dans la réussite d’Interrogatoires. Patrick Macnee est lui aussi surprenant dans sa composition d’un Steed plus sérieux, annonçant celui des New Avengers. Quel dommage que ces deux grands acteurs, et amis à la ville, ne partagent quasiment aucune scène ensemble !

Une fois n’est pas coutume, John Steed perd son flegme légendaire. Quand la vie de ses collègues agents secrets est en jeu, le champagne est mis au placard ! On remarquera que Tara King est le seul agent secret féminin au centre d’interrogatoire. Et quand on souhaite l’interroger sur John Steed, elle prévient : « It could take some time ! » [« Ca pourrait prendre du temps ! »].

Dans cet épisode plus réaliste, on sent que la créativité des décorateurs a été bridée : les décors apparaissent plutôt fades, même le repaire de Mère-Grand, tout juste fleuri. Mais ce style moins fantaisiste est tout à fait dans le ton.

Dans des tenues très courtes, les jambes de Linda Thorson sont mises en avant ! Le régime entrepris en coulisses depuis plusieurs mois aurait-il donc touché à sa fin ?  On remarquera sa robe de soirée bling bling dans le tag final. Travail sans saveur d’Howard Blake. Il nous avait pourtant habitués à mieux.

EN BREF : Un thriller psychologique haletant porté par la remarquable performance de Christopher Lee.

Estuaire44 16 février 2014

The Interrogators confirme l'une des tendances fortes de cette saisons : à côté d'une fantaisie parfois exacerbée, nombre de scénarios en reviennent aux fondamentaux de l'espionnage, tels que connus à l'époque Cathy Gale. A quelques légères modifications près (les intermèdes des informateurs), on aurait pu pleinement y retrouver cet opus, d'autant que Steed renoue lui avec ses intonations viriles et violentes d'alors, sans avoir cette fois l'excuse d'une partenaire en danger ; Une telle évolution ne pose certes pas problème dès lors qu'elle se justifie par une intrigue de qualité, ce qui s'avère d'évidence ici le cas. L'arnaque montée par Mannering (très à la manière de Mission Impossible) s'avère originale et subtile, d'autant plus prenant que son procédé ne se dévoile que progressivement. Surtout l'ingénieux dispositif imaginé par les auteurs joue finement de qualités purement britanniques manipulées par le fourbe Mannering : le Fighting Spirit, le goût du pari et la joyeuse fraternité des pubs, autour d'une pinte de bière.

L'autre grand atout d'Interrogatoires réside bien entendu dans l'exceptionnelle présence du grand Christopher Lee. La très bonne nouvelle de l'opus est que l'acteur ne se trouve pas confronté à une resucée opportuniste et servile de ses prestations cinématographiques de la Hammer, comme ce fut malheureusement la cas lors d'Interférences. Bien au contraire, Mannering lui offre un rôle de Mastermind autorisant pleinement la rencontre de son talent et du Monde des Avengers. Issu d'une grande famille britannique et ayant connu une carrière militaire en ses vertes années, , tout comme son camarade Patrick Macnee, Lee se révèle particulièrement à son aise pour incarner une parfaite image de l'officier anglais, apte à duper ses proies. En outre l'acteur sait parfaitement y instiller sa noirceur personnelle sarcastique et élégante. De fait Mannering se montre aussi envoûtant et dominateur que le fut Dracula ou que le deviendra Scaramanga. On apprécie également les seconds rôles, dont des Chinois cousins de ce deux de Avec vue imprenable. La présence accrue de Mother permet d'apprécier les différentes facettes du personnage, bourru mais très humain.

Crichton confirme son talent de metteur en scène, apportant un véritable impact aux diverses scènes d'interrogatoires. Sans pour autant violer la règle de l'absence de sang à l'image, ces passages comptent parmi les plus dures de la série, rejoignant également sur ce point l'ère Cathy Gale. On songe notamment à un épisode comme Le Cocon, à l'inégalable cruauté. La caméra sait également souligner l'insolite de la situation, notamment lors de l'arrivée de Tara à la résidence ou lors de l'exécution d'informateurs très particuliers. Crichton tire également un bon partie des rares extérieurs de l'épisode, notamment lors de la poursuite en hélicoptère du pigeon, façon l'escadrille infernale de Satanas et Diabolo. Le réalisateur s'entend également à mettre en valeur un QG de Mother ambitieux, entre pagode, temple grec et salon de l'horticulture.

L'exploitation de l'excellente idée de base du scénario demeure toute fois entachée de quelques faiblesses. En définitive on retrouve une nouvelle fois la litanie des meurtres et des Avengers arrivant toujours pile trop tard pour les empêcher, parfois de manière tout à fait caricaturale ici. De plus les informateurs tombent ici comme des cheveux dans la soupe, leur fantaisie exacerbée résultant exogène  à la tonalité globale d'un épisode. On devine ici une difficulté liée à l'exercice toujours difficile qu'est l'écriture à quatre mains, ces claires interventions de Brian Clemens manquant de liant avec le script de Richard Harris. Si l'on comprend que la présence de Christopher Lee entraîne un grand espace dédié à Mannering, on aura rarement vu les Avengers aussi inopérants. C'est particulièrement vrai pour Tara, qui passe les trois quarts de l'épisode à ouvrir des tiroirs et à décrire leur contenu ) Mother, ainsi qu'à échouer à sauver les cibles. Le marchand des ballons finit par s'en sortir par lui même, ce qui apparaît particulièrement rosse pour notre amie. Son statut de femme l’empêche de réellement faire preuve d'héroïsme durant les interrogatoires, selon les mœurs du temps. Steed lui même n'intervient  que lors de la dernière ligne droite, après avoir longtemps papoté avec Mother et le jeune officier. En définitive ce dernier contribue au moins autant que lui à la résolution de l'affaire.

EN BREF: Si les Avengers demeurent trop périphériques au récit, l'épisode s'appuie sur un grand Chistopher Lee, dont le talent est idéalement mis au service d'une idée originale et astucieuse.


VIDÉO


Steed perd son flegme !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o Les extérieurs du centre d'interrogatoires sont filmés à Brocket Hall à Welwyn Garden City.

o Steed arrive à la cabine téléphone, QG de Mother pour cet épisode. Scène tournée à Cavendish Place, Londres.


Continuité

o Comment se fait-il que des agents secrets, logiquement entraînés et préparés, tombent aussi facilement dans le piège du Colonel Manning ?


Détails

o Lorsque Tara rend visite à Minnow, on aperçoit les noms de Clemens et Fennell sur les sonnettes.

o Le terrain vague vu dans Mais qui est Steed ? refait une apparition avec Izzy Pound et son 'orchestre '.

Acteurs - Actrices

o Christopher Lee (1922) a fait ses débuts en 1948 mais ce sont ses films d'horreur avec la Hammer qui le fit connaître mondialement dans les années 50 jusqu'au début des années 70. Il tourna de nombreux films avec Peter Cushing. Il a également joué dans La vie privée de Sherlock Holmes et il est L'homme au pistolet d'or dans le James Bond du même nom. Il avait déjà été pressenti pour être le docteur No dans le premier film de la série. Il fit également une apparition dans le second et troisième volets de La guerre des étoiles. En 2001, il fut fait Commandant de l'ordre de l'empire Britannique pour sa longue carrière (227 films) et officier des arts et des lettres en 2002. Il a joué dans un deuxième épisode des Avengers : Interférences, saison 5.

o Philip Bond (1934) a participé à de nombreuses séries britanniques : Dr Who, L'homme à la valise - 2 épisodes, Les champions, Jason King, Bergerac.

o Neil McCarthy (1933-1985) était instituteur avant d'être acteur et de jouer surtout des rôles de criminels, soldats ou bagnards. Il est apparu à la télévision dans Destination danger, Le Saint (2 épisodes), Département S, Jason King, Le retour du Saint, Les professionnels et au cinéma dans Zoulou et The hill. Il a joué dans deux autres épisodes de la série : Brought to book, saison 1 et La chasse au trésor, saison 5. Il souffrait d'acromélagie et il s'est éteint d'une maladie liée à la motricité.

A noter que…

o Howard Blake composa la musique de cet épisode.

o Un homme de couleur apparaît (le Colonel Soo), ce qui est contraire à la bible de la série.

o L'idée de la cabine téléphonique, ici porte vers le repaire de Mère-Grand, sera réutilisée pour le film. Mais cette fois-ci la cabine ne sera plus une simple porte, mais carrément un ascenseur!

Fiche d'Interrogatoires des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-13.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/613.html
http://deadline.theavengers.tv/King-14-Interrogators.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king15.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#142

 

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