Mon rêve le plus fou6-09-03Miroirs

GEORGE ET FRED
(WHOEVER SHOT POOR GEORGE OBLIQUE STROKE XR 40 ?)

Steed seeks the equation for a murder - Tara becomes an American

Tournage : Terminé le 17 avril 1968

Diffusion : ITV, 30 octobre 1968 - 2ème chaîne ORTF, 8 novembre 1969 ( La saison 6 a été diffusée aux Etats-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Tony Williamson

Réalisation : Cyril Frankel

Dennis Price (Jason), Clifford Evans (Pelley), Judy Parfitt (Loris), Anthony Nicholls (Ardmore), Frank Windsor (Tobin), Adrian Ropes (Baines), Arthur Cox (Anaesthetist), Tony Wright (Keller), John Porter-Davison (Jacobs), Jacky Allouis (Jill), Valerie Leon (Betty).

Résumé

Un intrus tire sur un ordinateur très sophistiqué du ministère qui était sur le point de révéler le nom d'un traître. George, l'ordinateur, entre en salle d'opérations, tandis que Tara se fait passer pour la nièce du suspect.

Epilogue

Steed demande à George la recette d'un cocktail mais le résultat est explosif.


CRITIQUES

6-09-01


Denis Chauvet

Avis : Le thème de cet épisode est d'une stupidité sans bornes mais heureusement que certaines scènes permettent de passer quelques bons moments. Les séquences interminables de l'opération de l'ordinateur sont d'un ennui indescriptible. Le meilleur passage est une excellente scène d'action qui se termine par la chute de Tara dans l'escalier dans une tenue séduisante, beaucoup mieux adaptée que les pantalons trop remplis ou les jupes trop courtes. Tara en nièce de Pelley se débrouille pas mal pour démasquer le coupable. A des années lumières des saisons précédentes…

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : la bagarre avec Tara costumée chez Baines, l’infirmière masquée et Steed, c’est le ‘butler’, le coupable comme dans un épisode de l’âge d’or. Points négatifs : tout le reste ! L’intrigue stupide, les opérations de transplantation de l’ordinateur qui servent de bouche-trous, la balle…dans le chapeau, Prunella/Tara bien naïve et deux fois assommée.

0,5 au lieu de 2 ; j’avais été bien trop clément lors de l’élaboration des fiches…

Steed3003 19 décembre 2004

Cet épisode, au titre original par ailleurs bien meilleur, choisit un thème plutôt original, pour son époque bien entendu : la cybernétique.

Il faut bien avouer que si ce thème est original, il est peu séduisant : c'est un des rares thèmes qui a finalement du mal à se frotter à l'univers de la série. Tony Williamson l'exploite de plus très mal. L'intrigue est poussive et avance bien trop lentement. Même si quelque grands moments joyeusement décalés (comme l'opération de George) parsèment l'épisode, il ne se révèle au final guère passionnant. Il est même parfois involontairement drôle ; comme quand par exemple on utilise l'éternelle (et usante) bonne ficelle du mourant qui dans son dernier souffle va révéler quelque chose de capital avec... un ordinateur ! L'épisode manque par ailleurs d'humour, trop peu présent. Seuls les quelques rebondissements, surtout présents vers la fin de l'épisode, et des personnages tous remarquablement bien dessinés réussissent à maintenir l'attention.

La réalisation de Cyril Frankel est plate et peu inspirée : on ne s'étonnera pas que ce soit sa seule réalisation pour la série. Il est aussi peu étonnant qu'il ait ensuite réalisé des épisodes de la toute aussi plate série Les Champions. Il a du mal à saisir l'esprit et le second degré de la série : la première opération de Georges en est symptomatique. On sent qu'il voulait en faire une scène à suspense, alors que on saisit dans les dialogues un second degré évident qui aurait pu donner une bien meilleure scène comique ; même si finalement la scène l'est mais, une nouvelle fois encore, involontairement. Cyril Frankel tente désespérément de donner du rythme à l'épisode avec de nombreux zooms, qui tentent de masquer la vacuité de son travail. Les quelques scènes d'action sont néanmoins bien dirigées. Comme les acteurs d'ailleurs : Dennis Price excelle en majordome anglais, comme Clifford Evans qui nous offre une brillante composition en Sir Pelly. Linda Thorson et Patrick Macnee sont aussi très bons.

On remarquera que Tara King dévale l'escalier la tête la première et s'en tire sans un bleu ! Un des rares délicieux moments de l'épisode est le moment où Tara King se fait passer pour la nièce américaine de Pelly : Prunella (dont elle n'aurait, selon l'aveu même de Steed, que les genoux en commun !) ; un moment un peu gâché par l'accent américain approximatif (dans la VO bien entendu) de Linda Thorson.

On a le droit a un déguisement des plus chatoyants pour Tara King au début de l'épisode, même si il se révèle nettement moins sexy que celui que portait Mrs Peel dans la séquence d'introduction de Maille à partir avec les taties. Les tenues rose bonbon lui siéent aussi très bien... Enfin, on remarquera que Linda Thorson porte le chapeau presque aussi bien qu'Honor Blackman. Les énormes ordinateurs paraissent extrêmement kitsch (d'autant plus quand on a regardé l'épisode sur un ordinateur portable !).

La salle d'opération est très laide, mais les extérieurs de l'épisode (comme la magnifique maison de Sir Pelly, dans lignée des superbes manoirs qui ont jalonné la série) rattrapent des décors manquant, en général, de soin.

La composition d'Howard Blake, qui remplace pour l'occasion Laurie Johnson, est exemplaire : rythmée ou douce, selon les passages, c'est un des points forts de l'épisode.

EN BREF : Malgré quelques bons moments et une excellente interprétation, difficile d'accrocher à cet épisode à l'intrigue poussive et à la réalisation manquant de finesse.

Estuaire44 16 février 2014

Il apparaît intéressant de comparer George et Fred à ce très lointain épisode Cathy Gale qu’est Le Grand Penseur (saison 2). Il est ressort en effet comme un quasi remake avec une situation très semblable autour d’un ordinateur de pointe enjeu d’une conspiration et des traitres présents au sein de l’équipe de recherche, même si les développements de l’action diffèrent grandement. On découvre ainsi un véritable intérêt à cet opus témoignant des progrès rapides accomplis en matière d’électronique, en une poignée d’années. Les années 60 constituent une période pivot en la matière et les tubes à vide, déjà en fin de cycle en 1962, ont ici totalement disparus au profit des transistors, voire des premiers circuits intégrés. Le modus operandi des saboteurs en découle largement et il s’avère amusant de vérifier à cette occasion à quel point l’évolution technologique peut influer sur l’écriture d’un scénario.

La part considérablement accrue de la fantaisie chez George et Fred vis-à-vis du récit d’espionnage classique que représentait Le Grand Penseur apporte également un éloquent témoignage de l’importante évolution connue par la série. Malheureusement cet ajout d’aspect s’avère ici bien inégal. Souvent divertissant  autour de Tara King, le récit multiplie par ailleurs les contre-sens. Si l’amateur de Science-fiction s’amusera en découvrant à quoi pouvait ressembler un récit Cyber durant les Sixties, bien avant la perception moderne des Intelligences Artificielles (les messages de George évoquent d‘ailleurs l’autrement plus pétillant From Agnes – With Love de Twilight Zone), l’interminable développement autour de l’opération chirurgicale ne fonctionne pas. Phénomène déjà observé avec le Jonas de A Surfeit of H2O, l’impact d’un Excentrique s’optimise lors de scènes brefs et marquants, centrés sur lui. Ici l’effet se délaye au fil du temps et des scènes répétitives, se prolongeant sans plus-value. L’idée de Tony Williamson provoque en définitive l’irruption du drama médical dans le Monde des Avengers, pas forcément la meilleure nouvelle qui soit.

En dehors de cette plaisanterie sans cesse davantage éventée, l’essentiel du récit se résume à des va-et-vient pareillement répétitifs, entre le laboratoire et le domicile de Sir Pelley, d’où un rythme bien lent. La plate mise en scène de Cyril Frankel ne tente rien pour dynamiser l’ensemble, malgré la jolie musique d’Howard Blake. L’épisode souffre également d’un manque patent de caractérisation des trop nombreux membres de l’opposition. Cette grave faiblesse  se ressent avec d’autant plus d’intensité que la distribution s’affirme de haute volée, avec de talentueux et chevronnés comédiens, hélas sous-employés. On regrette en particulier que Judy Parfitt achève son brillant parcours au sein de la série sur un rôle aussi limité à un cliché. L’unique exception réside chez le savoureux Loris, dont la qualité de majordome plaisamment caricatural établit de plus une passerelle avec la période antérieure (sans doute un ancien de l’école de What The Butler Saw), mais il ne saurait animer tout ce secteur du récit à lui tout seul.

Toutefois, si Steed réalise une excellente performance, l’opus se trouve une sauveuse en Miss Tara King. Efficace dans l’action, elle apporte surtout un humour précieux et une fantaisie autrement plus convaincante que le laborieux faf médical. Avec nombre de répliques malicieuses et une garde robe pour le moins haute en couleur, dont le spectaculaire costume de Catwoman, Linda Thorson brille par la vitalité qu’elle insuffle à son personnage et qui fait si défaut par ailleurs au récit. L’accentuation de son accent nord-américain nous vaut une divertissante caricature de Yankee. Décidément l’actrice aura su rapidement passer du statut d’encombrant héritage de l’équipe précédent à celui d’atout de la saison.

EN BREF: Le scénario n’exploite que très médiocrement le thème de l’intelligence artificielle et se résume à une succession d’allées et venues. Tara King parvient néanmoins à tirer son épingle du jeu.


VIDÉO


L'opération de George !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

6-09-02

 


Tournage

o La maison de Pelley se trouve à Rossway Park près de Berkhamsted.

o Les bâtiments administratifs du ministère de la technologie sont les studios d'Elstree à Borehamwood.

o Steed est suivi par Jacobs sur Sutherland Avenue à Londres.


Continuité


Détails

o Les titres de l'épisode sont écrits en rouge (en VF comme en VO).

o Le faux Sir Pelley déclare par erreur avoir passé cinq ans à Harwell. Il s’agit d’une petite ville de l’Oxfordshire, auprès de laquelle fut installé le principal centre de recherches nucléaires  britannique, de 1947 à 1990. Plusieurs réacteurs atomiques révolutionnaires y furent conçus, dans les domaines civils et militaires.

Acteurs - Actrices

o Clifford Evans (1912-1985) était un acteur, écrivain et metteur en scène gallois. Il a tourné dans deux autres épisodes de la série : Meurtre par téléphone (saison 4) et La porte de la mort (saison 5). Il fut un des nombreux numéros deux dans la série Le Prisonnier et participa également aux séries Les champions et Le Saint. Il était également grand amateur d'échecs.

o Dennis Price (1915-1973) débuta sur scène en 1937 puis tourna dans des films à succès dans les années 40. Un revers le fit sombrer dans une dépression mais Kind Hearts and Coronets (1949 avec Alec Guinness) fut son meilleur rôle. Il sombra dans l'alcoolisme dans les années 50 et son mariage fut un échec du à son homosexualité. Au début des années 60, il trouva des rôles dans des films de série B puis à la télévision mais en 1967, il fit faillite et se réfugia sur l'île de Sark et tourna dans pratiquement n'importe quoi (dont Vampyros lesbos et Les expériences érotiques de Frankenstein !). Il mourut d'une cirrhose du foie. Il fut considéré comme étant 'very nearly Britain's biggest film star'.

o Valerie Leon (1945) a pris du galon au théâtre puis au cinéma et à la télévision. Elle tourna dans deux James Bond (L'espion qui m'aimait et Jamais plus jamais), quelques films (No sex please : we're British, La malédiction de la panthère rose) mais surtout un film de la Hammer dans un rôle très déshabillé : Blood from the mummy's tomb (1971). Vue également à la TV dans Le Saint, Le baron, Amicalement vôtre, Cosmos 1999 et la série humoristique Carry on. Elle reste dans les mémoires pour toute une série de spots télévisés très populaires, réalisés pour l’après rasage Hai Karate. Elle y brûlait de désir pour un homme falot, mais aspergé du produit : le malheureux devait avoir recours au karaté pour se dégager…

o Anthony Nicholls (1902-1977) est connu pour son rôle de Tremayne dans Les champions (1968-30 épisodes). Il a joué également dans Le Saint, L'homme à la valise, Département S, L'aventurier, Cosmos 1999 et un épisode de la seconde saison : L'école des traîtres.

A noter que…

o Commentaire de Patrick Macnee sur cet épisode : "Les téléspectateurs voulaient voir des femmes. Steed était une sorte d'homme du 18ème siècle avec des femmes du 21ème siècle. Je n'ai jamais eu de problèmes avec ça. L'avantage avec Steed, c'était que les femmes venaient à son aide. C'était tout à mon avantage. Je n'avais pas à être macho." - (source : bonus DVD)

o Commentaire de Brian Clemens sur l'épisode : "C'est un autre exemple de l'avance des Avengers sur son temps. Il est question de cybernétique et de machines toutes puissantes. Pourquoi pas ? L'auteur était très étrange. C'était un dentiste, doublé d'un hypnotiseur. Il était aussi pilote dans la RAF (Royal Air Force) avec un autre auteur des Avengers, Dennis Spooner. Un soir, Tony [Williamson, auteur de l'épisode] lui a extrait une dent sous hypnose ! C'est ce que j'appelle un Avenger." - (source : bonus DVD)

o Howard Blake composa la musique de cet épisode.

o Coupures de presse lors de la 1ère diffusion française.

Télé 7 Jours

Télé Poche

Jours de France

Fiche de George et Fred des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-5.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/605.html
http://deadline.theavengers.tv/King-06-PoorGeorge.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king07.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#134

En espagnol

http://losvengadores.theavengers.tv/tara_george.htm

 

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