Jeux6-14-01Je vous tuerai à midi

FAUX TÉMOINS
(FALSE WITNESS)

Steed isn't double-crossed by a colleague – Tara doesn't find the secret in the milk

Tournage : Terminé le 11 juillet 1968

Diffusion : ITV, 6 novembre 1968 – 2e chaîne ORTF, 6 décembre 1969 (La saison 6 a été diffusée aux États-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande-Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Jeremy Burnham

Réalisation : Charles Crichton

John Bennett (Sykes), Barry Warren (Melville), Tony Steedman (Sir Joseph), Patrick Newell (Mother), William Job (Lord Edgefield), Dan Meaden (Sloman), Michael Lees (Plummer), Simon Lack (Nesbitt), Arthur Pentelow (Dr. Grant), Peter Jesson (Penman), Rio Fanning (Lane), John Atkinson (Brayshaw), Larry Burns (Gould), Jimmy Gardner (Little man), Terry Eliot (Amanda).

Résumé

Les Avengers sont confrontés à des menteurs invétérés ce qui permet à un maître-chanteur d'œuvrer en toute impunité. Tara piste le laitier et se rend compte que l'abus de lait peut être… dangereux pour la santé !

Épilogue

Steed beurre des tartines. Il refuse d'inviter Tara à dîner et ne trouve pas à son goût la nouvelle tenue de sa partenaire ! Est-il sous l'effet de la drogue ? Nous pensons que non…


CRITIQUES

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Denis Chauvet

Avis : Un très bon épisode tourné par Charles Crichton principalement dans les rues londoniennes. Le quartier général de Mère-Grand dans un bus à étage est sublime. Le thème est bien 'Avengeresque' et Jeremy Burnham a parfaitement su adopter les critères de la série. Le combat dans le lait et Tara dans une motte de beurre sont des scènes d'anthologie. Heureusement que Steed boit son café sans crème. À noter qu'il retrouve son aspect des saisons Cathy Gale lorsqu'il frappe son collègue dans les bois. Excellent épisode pour travailler… la forme négative !

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : un scénario original mais qui a ses limites (voir points négatifs), le QG de Mother très British (un routemaster…au milieu des vaches), le coup d’œil de Steed à Rhonda, le coup de poing de Steed, la filature de la voiture de lait, le combat dans le lait, ‘the butter machine’ (après le sablier, pas des pièges pour Mrs Peel !). Points négatifs : intrigue sans suspense et hasardeuse (et ceux qui prennent du black coffee comme moi ?), dialogues limités (au bureau de Sir Joseph, ‘no/nothing’ de Tara)…et le mensonge de Steed dans le tag : ‘You look ravishing !’. Trois comme sur la fiche.

Steed3003 21 février 2005

Après le scénario moyen d' À vos souhaits !, Jeremy Burnham revient pour une nouvelle intrigue… qui en comporte les mêmes qualités mais surtout les mêmes défauts.

Après avoir fait mourir les gens par éternuement, Jeremy Burnham les fait mentir avec du lait ! Une nouvelle idée incongrue me direz-vous, mais on en a vu d'autres dans la série… Surtout que la distribution de lait par le milkman est une pratique typiquement anglaise et que, souvent, plus la série s'amuse avec les clichés anglais, plus l'épisode est délectable. Une nouvelle idée qui séduit donc, mais, comme dans À vos souhaits !, plutôt mal exploitée. En effet, l'intrigue est loin d'être passionnante. Beaucoup trop classique dans son déroulement (meurtre, enquête, bagarre finale : la routine habituelle) et contenant peu de suspense, Jeremy Burnham ne convainc toujours pas en scénariste. Surtout que le méchant, un maître-chanteur des plus classiques, n'est vraiment pas inoubliable ; et comme le veut la loi hitchcockienne, meilleur est le méchant, meilleure est la fiction, donc…

Néanmoins, comme dans À vos souhaits !, les personnages sauvent la mise : servis par d'excellents dialogues, ils sont sans conteste le point fort de l'épisode. De plus, les dialogues contiennent beaucoup d'humour ; comme par exemple, Steed qui, à la vue de Mère-Grand, lui demande "Trouble in Botswana ?" (Bizarrement, en VF cela donne : "Embarrassé par quelque chose ?" ; alors qu'une traduction plus exacte serait : "Des problèmes au Botswana ?"), ce à quoi Mère-Grand répond du tac au tac : "Trouble in my abdomen. Too many oysters" ["Des problèmes dans mon abdomen. J'ai mangé trop d'huîtres ! "]. Par ailleurs, le rythme de l'épisode s'accélère vers la fin, où Jeremy Burnham a eu la bonne idée de faire dire aux personnages l'inverse de leurs pensées tout en gardant le ton de leurs pensées, ce qui donne un décalage très amusant. Une moins bonne idée est d'avoir voulu faire subir à Tara King le supplice de la machine à beurre ; ce qui donne à l'écran un résultat plus ridicule qu'effrayant. En bref, une intrigue médiocre, tout juste sauvée par ses personnages et son humour.

C'est le vieux routard Charles Crichton qui a mis en scène l'épisode. Il nous avait enchantés avec son travail sur Meurtres distingués, on l'est un peu moins ici. Alors que les réalisateurs de la saison 6 avaient, pour la plupart avec succès, bouleversé les codes artistiques de la série, Charles Crichton, au lieu de s'adapter, fait un pas en arrière et revient à la réalisation souvent plan-plan des saisons précédentes. Cependant, force est d'avouer que ce style est toujours aussi efficace, mais il manque tout de même de recherche et tous ces plans ont été vus et archi vus dans le passé. En empêchant la série d'évoluer, Charles Crichton lui donne un aspect figé et on ne peut que le regretter. Néanmoins, soulignons quelques qualités : la direction d'acteurs est excellente, notamment Linda Thorson réellement épatante dans cet épisode tant dans les scènes d'action (regardez quand elle court éperdument derrière la camionnette du livreur de lait) que dans les scènes de comédie. De plus, les scènes d'action sont plutôt maîtrisées dans l'ensemble, avec notamment une "poursuite" en voiture très bien filmée. On reste tout de même très déçus du travail de Charles Crichton qui n'a pas su insuffler à l'épisode une énergie qui aurait pu compenser les faiblesses du scénario.

Une fois n'est pas coutume, c'est ici Tara King qui démasque le complot avant Steed. Quant à ce dernier, après avoir battu son record de 32 secondes pour ouvrir des menottes dans Un dangereux marché, il réussit la gageure de pénétrer un coffre fort en une dizaine de secondes. Par ailleurs, on peut constater, après l'excellent Mon rêve le plus fou, l'évolution du personnage vers un côté plus sombre quand il n'hésite pas à s'en prendre violemment à l'un de ses collègues après que celui-ci, sous l'effet du lait, lui ait menti. Mère-Grand a établi son QG dans un bus londonien. La classe ! On peut voir la confiance totale qu'il a en Steed, quand il affirme à Tara : "He usually knows what he's up to" (VF : "En général, il se tire toujours très bien d'affaire"). Ne manquez pas le tag final et ses piles de sandwich : les tags finaux de la saison sont de plus en plus démesurés et ce n'est pas pour nous déplaire !

Steed est particulièrement bien habillé dans cet épisode, surtout dans son costume bleu et son magnifique smoking rouge (une couleur qu'il porte rarement). Tara King, elle, a un style vestimentaire encore plus ancré dans son époque que Mrs Peel : si on est client pour son pantalon rouge et sa veste jaune, son affreuse chemise "hippie" (qui évoque déjà le style Purdey) et son short violet ont tout de même très mal vieilli.

Beaucoup de vues d'un Londres qui semble figé, puisqu'on en reconnaît aisément les quartiers. Quant aux intérieurs, à part une fabrique à lait, plutôt réussie (dans la lignée des industries de la série : Dans 7 jours le déluge… ), le reste est plutôt vide et impersonnel.

La musique de Laurie Johnson est peu inspirée : répétitive, elle devient vite ennuyeuse.

EN BREF : Un Chapeau Melon en toute petite forme. Pas franchement indispensable.

Estuaire44 16 février 2014

L’idée première de Faux témoins se montre amusante et autorise quelques dialogues dignes d’un excellent vaudeville. Mais, une nouvelle fois cette saison, son exploitation ne s’avère pas sans défaut. Preuve souvent révélatrice d’un scénario mal maitrisé, la définition de la menace se montre fluctuante au cours du temps. Lors de la scène d’introduction et à diverses reprises au cours de l’action, la substance apparaît engendrer un véritable confinement mental de l’individu. Sans cela les agissements (et non pas seulement les déclarations) de Melville deviendraient inexplicables. Toutefois la drogue n’est décrite par son concepteur que comme un simple anti sérum de vérité et c’est d’ailleurs bien ainsi qu’il agit sur Tara.

Jeremy Burnham dose également ses effets sans guère de nuance. La plus grande part de l’intrigue demeure en substance un récit policier très sérieux, témoignant du retour des Avengers sur un terrain davantage balisé, derrière le paravent du gadget mystère. On reste tout de même confondu d’assister à l’arrivée d’un interrogatoire devant un simili juge d’instruction dans un Monde des Avengers tellement étranger à ces contingences durant l’ère Emma Peel. Et pourtant, dans on ultime segment, le scénario passe instannément au burlesque visuel proche derechef du contemporain Batman, avec, notamment  le gag énorme de la motte de beurre, dont un effet de patchwork manquant d’identité.

L’auteur limite toutefois les dégâts, en renouvelant suffisamment les péripéties pour que l’idée initiale, finalement assez mince, ne finisse pas par lasser. Surtout il parvient à adorner sa narration d’une belle galerie, haute en couleurs ; les deux méchants, interprétés avec un vrai sens du pittoresque élégant, ne composent évidemment pas des Diabolical Masterminds, mais se montrent suffisamment savoureux et cyniques pour soutenir les débats. Même si leur scènes de complicité résultent parasitées par le gimmick de l’anti sérum, nos Avengers apparaissent en grande forme. Ayant renoué avec son élégance vestimentaire de bon ton,

Steed se montre tonique à souhait. Burnham se montre cohérent en lui faisant retrouver les intonations brutales de son personnage des premiers temps de la série, puisque le corps de l’histoire retrouve les accents des années Cathy Gale. Patrick Macnee se montre d’ailleurs excellent sur ce registre renouvelé. Tara manifeste de la clairvoyance et de l’initiative durant tout le récit, même si l’on peut regretter une espèce de crise de nerfs quand elle attaque la literie, ainsi que l’improbable sortie de scène dans cette motte de beurre l’ensevelissant  dans le ridicule autant que dans la matière grasse (on n’aurait jamais infligé cela à Emma).  Mother et Rhonda apportent également une précieuse contribution avec ce bus composant l’un des meilleurs quartiers généraux de la saison tout en instillant une identité anglaise à l’épisode, de même que la figure détournée du laitier.

Faux témoins vaut également par la réalisation  inspirée de Michael Crichton, déjà fort habile derrière la caméra. Si sa mise en scène apparaît plus traditionnelle que le féru de design Robert Fuest, il rejoint celui-ci parmi les meilleurs praticiens de la  période. Son montage et sa maîtrise de la photographie dynamisent le récit et installent une vraie ambiance, notamment lors de la séquence initiale ou des affrontements en parking. Sa volonté de souligner les effets se montre le plus souvent pertinents, même si elle rend peu crédible que Steed puisse échapper à un tireur ayant largement le temps de le viser, durant al fuite hors du bureau de Lord Edgefield. Crichton met également admirablement en exergue les passages en automobile et délivre quelques forts jolis plans de Londres en extérieur.

EN BREF: Le savoir faire de Michael Crichton et des comédiens servent admirablement un épisode  ne mettant qu’imparfaitement en valeur son astucieuse idée initiale. 


VIDÉO


Tara a du mal à exprimer sa pensée !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o Tara arrête sa Lotus près d'une cabine téléphonique. Scène tournée à un croisement de trois rues à Shenley.

o La laiterie Dreemykreem Dairies est Home Farm à Elstree.

o Steed utilise un arrêt de bus 'portable' pour stopper le bus-quartier général de Mère-Grand. Scène tournée sur Hartforde Road à Borehamwood. Un véritable arrêt de bus a depuis été installé à cet endroit !

o La scène d'introduction a été filmée dans un parking d'Imperial Court à Londres.

o Tara suit la voiture de lait dans Wilton Crescent, un des quartiers les plus chics de Londres.


Continuité

o Dans la première scène du bus londonien, on peut voir que bizarrement il pleut du côté de John Steed (qui est installé au fond du bus), mais pas une seule goutte du côté de Mère-Grand.

o L’importante  présence du lait entraine plusieurs ruptures de continuité. Ainsi, Tara s’échappe de la laiterie trempée des pieds à la tête. Quand elle téléphone dans la foulée à Steed, elle apparaît totalement normale et correctement peignée.


Détails

o Steed s'est endurci, témoin son comportement envers Melville.

o À ne pas manquer la scène du bus vide (Q.G. de Mère-Grand), auquel un voyageur se voit refuser l'accès sous prétexte que c'est complet !

o Notez encore une fois la manière dont Steed détaille Rhonda au cours de la réunion.

o Sykes déclare à Tara que sa drogue permet d’éliminer le Syndrome de Washington. Ceci- fait référence à une anecdote célèbre aux Etats-Unis, montrant l’incapacité profonde de George Washington à mentir. Enfant, il coupa un jeune cerisier auquel son père tenait beaucoup, afin de tester le fil de sa hachette toute neuve. Il avoua son acte à ce dernier, se déclarant incapable de mentir. Touché par son honnêteté, son père lui pardonna. Washington demeure surnommé The Man who could not tell a lie, l’homme qui ne pouvait pas mentir.

o En début d’épisodes les Avengers jouent au cribbage. Tara a de quoi être suspicieuse car l’ustensile en bois sert à comptabiliser les points obtenus par un jeu de cartes et non par un lancer de dés. Dans la lignée du Steedopoly, Steed n’hésite à changer les règles à son avantage ! Remontant au XVIIème siècle, ce jeu est populaire dans l’ensemble des pays anglo-saxons. Durant la guerre de 39-45 il figurait dans tous les sous-marins américains, afin de servir de passe-temps à l’équipage. 

Acteurs – Actrices

o John Bennett (1928-2005) a joué dans Destination Danger, Le Baron, Le Saint (4 épisodes), Paul Temple, Dr Who, Le Retour du Saint, Les Professionnels, Bergerac, Hunter, Cadfael et un épisode de la saison 2 : Mission à Montréal. Au cinéma, il est apparu dans Lawrence d’Arabie, Le Cinquième Élément, Minority Report et Le Pianiste.

À noter que...

o Aka Lies.

o Commentaire de Patrick Macnee pour cet épisode : "Un homme merveilleux et chaleureux. J'ai adoré travailler avec le réalisateur Charles Crichton qui a été nominé aux Oscars pour Un Poisson nommé Wanda. Il avait réalisé plusieurs comédies, dont The titfield thunderbolt (1953) et The lavender hill mob (1951). Des classiques !" - (source : bonus DVD).

o La bagarre dans l’énorme citerne, qui contenait du véritable lait, était prévue un vendredi. Il faisait très chaud et il n’y avait pas d’air conditionné dans le studio. Cyd Child, doublure sur la série, refusa donc de faire chauffer le lait avant de tourner. La citerne fut remplie mais la scène ne fut pas tournée avant le lundi, journée très fraîche ! Lorsque Cyd Child est sortie de la citerne, elle a dérapé sur le sol glissant dans les lampes du studio. Un monteur électricien essaya de la relever mais il glissa à son tour sur le lait et les lampes dégringolèrent. Ils ont eu de la chance de ne pas être électrocutés. (Stay Tuned : The Perils of Cyd , Dave Rogers) .

o Cet épisode est 3e dans le top 5 des meilleurs épisodes de la saison 1968/1969 du guide The Avengers dossier.

o Dans la production française, les noms des seconds rôles et des acteurs qui les interprètent n'apparaissent pas, une fois de plus, au générique de fin.

o D'habitude dans la saison 1968/1969, les noms du réalisateur et du scénariste apparaissent à la fin de la séquence d'introduction. Ce n'est pas le cas ici.

o Le quartier général de Mère-Grand se trouve cette fois-ci dans un bus à étage. Cela a été repris dans le film.

o Un des cinq scénarii écrit par Jeremy Burnham pour la sixième saison. Ce scénariste est déjà apparu dans la série en tant qu'acteur : Voyage sans retour – saison 4, Les marchands de peur – saison 5 et Ne m'oubliez pas – saison 6.

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé 7 Jours

Télé Poche

Fiche de Faux témoins des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-6.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/606.html
http://deadline.theavengers.tv/King-07-FalseWitness.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king08.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#135

En espagnol

http://losvengadores.theavengers.tv/tara_false.htm

 

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