Le matin d'après6-23-01L'homme au sommet

AMOUR, QUAND TU NOUS TIENS...
(LOVE ALL)

Steed becomes a sex idol - Tara falls for the enemy

Tournage : Terminé le 18 novembre 1968

Diffusion : ITV, 19 février 1969 - TF1, 7 juin 1980 ( La saison 6 a été diffusée aux Etats-Unis avant son passage au Royaume-Uni. La série étant britannique, seule la date de diffusion en Grande Bretagne, région de Londres, est fournie.)

Scénario : Jeremy Burnham

Réalisation : Peter Sykes

Veronica Strong (Martha), Terence Alexander (Bromfield), Robert Harris (Sir Rodney), Patrick Newell (Mother), Patsy Rowlands (Thelma), avec Brian Oulton, Frank Gatliff, Ann Rye, Zulema Dene, Peter Stephens, Norman Pitt, John Cobner, Robin Tolhurst, Larry Taylor, David Baron.

Résumé

Il y a des fuites de renseignements dans les plus hautes sphères du gouvernement. Les Avengers découvrent rapidement que l'Amour fait tourner la tête aux hommes d'âge mur ayant un poste à responsabilités…

Epilogue

Steed et Tara doivent se barricader derrière la porte de l'appartement : une horde de jeunes femmes excitées est tombée amoureuse de Steed. Ce dernier a oublié de retirer 'l'arme secrète' !


CRITIQUES

6-23-02


Denis Chauvet

Avis : Tous les sites font de cet épisode un 'must' ! Je trouve qu'il a des passages ennuyeux malgré une bonne réalisation. La femme de ménages répulsive, la clope au bec bécotant les pauvres petits vieux du ministère, me fait vomir ! Steed s'exclame : 'She must be quite a woman !' Détrompez-vous, il n'y a que des boudins dans cet épisode ! Même la femme de ménages 'transformée' ne casse pas trois pattes à un canard et on comprend mieux pourquoi Patrick Macnee s'est pété quelques côtes en essayant de rattraper Linda Thorson dans son pantalon jaune canari plein à craquer ! Ce 'bidule super actif' est à utiliser (avec parcimonie)... !

Avec le recul (nouvel avis, juillet 2011) : Points positifs : l’incroyabilité de l’histoire. ‘Fascinating’ comme dit Steed mais…Points négatifs : …comme il le dit aussi : ‘This is ridiculous’ et très loin de l’aura de la série. Une brochette de boudins plus ou moins répugnants, la vilaine au mégot donne des cauchemars et stigmatise les femmes de ménage (comme dirait les gauchos-bobos de tout poil). En tout cas, une que DSK n’aurait pas touché ! Mais il y a aussi Rosemary/Thelma, la pauvrette, et l’autre laideron : ‘Command me !’. Le QG de Mother (je hais le cricket), la musique (avec un accord honteusement emprunté au génial Hellfire), l’ensemble hideux et bien plein jaune/vert de Tara, la visite fastidieuse à Ink Inc. 1 melon.

Steed3003 16 mai 2009

Un nouvel épisode très psychologique après Interrogatoires, mais au contraire du réalisme de ce dernier, la série retrouve toute sa veine comique.

Après deux épisodes franchement moyens (A vos souhaits et Faux témoins), on attendait plus grand chose de Jeremy Burnham, ancien acteur pour la série, aspirant scénariste. Grave erreur! Jeremy Burnham relève nettement la barre avec cette comédie romantique à la sauce Avengers. Cette critique acerbe du sentimentalisme outrancier et mercantile est un pur régal. Surtout que la série a, elle, su toujours faire preuve de finesse et de pudeur à ce niveau. Avec intelligence et humour, Jeremy Burnham nous fait découvrir la plus puissante des armes : l’amour ! « More devastated than the atom bomb ! » [« Plus dévastateur que la bombe atomique! »] le reconnaît Steed lui-même. Jeremy Burnham nous livre une intrigue à multiples tiroirs, fascinante à suivre. Il affiche au passage ouvertement son mépris pour la littérature à l’eau de rose pouvant être écrite par une machine, un piano en l’occurrence, où chaque touche représente un cliché du genre. Bien vu ! Les personnages sont tous parfaitement barrés : Tate, qui passe de quelques minutes de vieux célibataire endurci à adolescent fleur bleue, Thelma, l’auteur en quête perpétuelle de romance, et Martha Robbins, dans une double prestation femme de ménage/femme fatale intrigante. Jeremy Burnham va très loin dans son délire : Martha Robbins s’acoquinant avec carrément tout un étage du ministère ! On appréciera également une conclusion aussi surprenante qu’hilarante.

Ce scénario si particulier, bavard et psychologique, aurait pu perdre toute sa saveur transposé à l’écran. C’est au contraire tout l’inverse. La réalisation de Peter Sykes est d’une modernité incroyable. Avec cet épisode, il rejoint Robert Fuest parmi les meilleurs artisans de la saison. A la fois nerveuse et élégante, inventive et alerte, les superlatifs manquent pour qualifier sa mise en scène. Quelques innovations bienvenues, comme la grue lors de l’extérieur montrant l’arrivée en voiture de Tara King chez elle, superbe plan. La vue subjective également est savamment utilisée. C’est quasiment du cinéma ! On en oublierait même que presque tout l’épisode se déroule en studio. Il réussit à insuffler un rythme trépidant à une intrigue pourtant avare en scène d’action. Il s’impose aussi comme le roi de la direction d’acteurs. Toutes les performances sont brillantes. Veronica Strong, dans un double rôle, s’impose comme l’un des meilleurs second rôles de la série. Sa transformation est tout à fait crédible, on a même du mal à la reconnaître lors de sa première apparition en femme fatale. Plus séducteur que jamais, Patrick Macnee est tout simplement brillant. En jeune femme éperdument amoureuse, Linda Thorson est aussi convaincante. Malheureusement, Peter Sykes signe ici sa dernière contribution pour la série.

« Cherchez la femme ! » s’exclame en français Tara King en sentant un parfum sur le cadavre de sir Rodney. La jeune agent commence à faire preuve de flair ! Eh oui, c’est elle qui met Steed sur la bonne piste, une piste qu’il ne soupçonnait pas jusqu’ici ! Mère-Grand s’exerce lui au cricket. Steed aurait lu trois fois le roman L’amour sous les tropiques. On a du mal à le croire, le sachant plus amateur des aventures de Tintin. Dans le tag final, Steed doit faire face à des jeunes fans en folie et il confesse : « It’s no joke being a teenage idol ! » (« Ce n’est pas marrant d’être l’idole des jeunes ! ») ! Quarante ans plus tard, la remarque vaut toujours.

Linda Thorson persiste dans les mini-jupes affriolantes. On est moins convaincu par son pantalon jaune (canari comme l’évoque avec humour Denis !) et sa chemise vert pomme !

Si l’on est un peu déçus par la parfumerie, le décor des éditions Casanova s’impose comme le plus fou de la saison !

Laurie Johnson s’essaie également à la parodie des scores romantiques. Il sort donc la guitare et fait grincer les violons. Le résultat est réjouissant, tout à fait dans l’esprit fou, fou, fou de l'épisode.

EN BREF : Une comédie romantique acide et sous acides dotée d’une distribution 4 étoiles ! Un must assurément.

Estuaire44 16 février 2014

En Juillet 1967, les Fab Four offraient au monde l’une de leurs plus belles et mémorables chansons : All your need is love. Avant de devenir indissociable de la conclusion psychédélique des tribulations du Prisonnier, cet hymne à l’amour universel va cette année là rapidement s’imposer comme l’un des étendards du fameux Summer of Love, puis de ce grand mouvement enthousiasmant la jeune Love Generation, en ce lysergique crépuscule des Sixties. Tout en s’affranchissant souvent de toute référence datée, Chapeau Melon et Bottes de Cuir a toujours manifesté le génie de saisir l’esprit de la formidable décennie où elle s’inscrivait. C’est donc très logiquement que cet épisode réussit un magistral clin d’œil à cette emblématique chanson, que cela soit par le titre original ou par le, pour une fois cette saison, emballant tag de fin, pastichant joyeusement ces nuées de jeunes filles en délire accompagnant chaque apparition des Beatles.

Mais surtout Jeremy Burnham développe le thème de cet amour tout puissant renversant toues convention ou différences de classe sociale. Fort heureusement il évite toutefois de développer une fable lénifiante, hors sujet dans cette série, pour au contraire recourir à un magistral contrepied en nous contant une fable grinçante. En effet la force de l’amour se voit ici dévoyée, utilisé pour assurer le triomphe d’individus particulièrement cyniques. Cet humour caustique s’inspire davantage du versant critique et politique de la Contreculture, en prenant à rebrousse-poil plusieurs éléments culturels (inversions des mythes de Cendrillon ou de la séduisante Mata-Hari). Tout en inscrivant l’aspect scandaleux de son intrigues dans des faits divers avant défrayé la chronique  de l’époque (affaire Profumo),  cette vision d’un amour réduit à un marketing mécanisé (excellente idée du piano) annonce la vision des Mad Men de Matthew Weiner, alors que s’impose la société de consommation et la conquête de esprits par la publicité et le marketing. Burnham pousse son pamphlet jusqu’à introduire explicitement les images subliminales, mises au point et employées dans les Années 50. Sous son aspect de comédie légère, l’épisode dépeint une sombre menace, avoisinant effectivement le discours du Prisonnier.

Cet aspect critique n’empêche pas l’auteur de régaler le public d’un épisode particulièrement divertissant. L’humour, noir ou fantaisiste demeure omniprésent, tandis que les évènements se succèdent à un rythme enlevé. On entre immédiatement dans une action ne mollissant jamais et évitant le poncif rebattu de la succession de meurtres comme ossature narrative. Peter Sykes assure une réalisation nerveuse et affutée, agrémentée de superbes décors et extérieurs londoniens (Primrose Crescent), même si l’on retrouve les habituelles voyantes doublures. Un montage nerveux accompagne idéalement cette histoire menée tambour battant, où se succèdent les rencontres les plus divertissantes. Si l’Excentrique vendeur de parfums ne restera pas dans les mémoires, Jeremy Burnham, fabuleusement en verve, fustige avec férocité une  succession de notables vieille école et misogynes. Réfugié Underground et dans la pratique du si classique cricket, Mother incarne une Angleterre traditionnelle et marginalisée, ne comprenant goutte à la terrible puissance de l’empire amoureux.

L’auteur personnalise avec soin les antagonistes du jour, bien loin des espions passe-partout trop présents cette saison. La charmante Thelma permet à Steed (ainsi qu’à son interprète) de réaliser un grand numéro de séduction. Plus cynique et manipulateur qu’homme d’action, Bromfield, incarné par le toujours formidable Terence Alexander, n’est pas sans évoquer le savoureux Lovejoy de la saison quatre. Grâce à lui Burnham pousse l’audace transgressive jusqu’à laisser largement transparaitre que l’amour s’affranchit volontiers  des contingences  du genre. Veronica Strong assure particulièrement le succès de l’épisode, par la saisissante double performance de la sublime et sensuelle Martha, particulièrement convaincante en femme fatale. Ses troublantes adresses directes à la caméra constituent un joli coup de mise en scène, quasi inédit au sein de la série.

Steed reste l’irremplaçable chef d’orchestre de la folie ambiante. Son flegme et parfaite maîtrise de soi rendent finalement acceptable la lacune scénaristique le montrant immunisé aux images subliminales. Les Romantiques se plairont aussi à imaginer qu’il a toujours au cœur son véritable et éternel amour… Les Cyniques évoqueront un cœur de glace insensible aux sentiments. Seule véritable réserve que laisse ce très grand opus de la sixième saison, Tara demeure passablement inerte et derechef Damoiselle en détresse, mais l’auteur la fait astucieusement percevoir le pot aux roses bien avant ces Messieurs, ce qui équilibre quelque peu les débats.

EN BREF: Le récit de Jeremy Burnham saisit parfaitement son époque et  associe à merveille une distrayante comédie à un discours critique sur les périls des manipulations modernes de l’esprit. Love All illustre tout le potentiel que conservait la série à son crépuscule. 


VIDÉO


Une maison d'édition très spéciale !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o Le ministère est l'hôtel de ville de Watford.

o Steed se rend au QG de Mère-Grand. Scène tournée à Borehamwood.

o De nombreuses scènes sont tournées à Londres : Tara se rend à la boutique de parfums des frères Bellchamber à Grosvenor Street, sir Rodney persuade Martha de le suivre sur Sutherland Avenue et Tara s'apprête à sauter de l'immeuble qui donne sur Osnaburgh Street.


Continuité

o A la fin de l'épisode, les pages du roman que feuillettent Steed sont blanches!

o Steed avait-il besoin d'une puce magnétique pour que Tara tombe amoureuse de lui ?


Détails

o Le O de Love est en forme de cœur. Le même procédé est employé pour From Venus with love de la saison 5. Ces deux titres sont malheureusement indisponibles en VO sur les éditions françaises.

o La saison six reprend très souvent des extraits des thèmes d'épisodes des saisons quatre et cinq. Le plus de l'épisode Love all est une musique quasi inédite. Seule la scène de bagarre chez Tara a le thème du...Club de l'enfer !

o Casanova Ink est le nom de la maison d'édition des romans à l'eau de rose.

o Le déclic est le message suivant : 'You will fall in love with the next person you see...'.

o Le nom du parfum est 'Reckless abandon'. Tout un programme…

Acteurs - Actrices

o Veronica Strong (1938) a fait sa première apparition dans la série Detective en 1964. Après son passage remarqué aux Avengers, elle a très peu tourné (deux épisodes de Paul Temple entre autres) et son dernier rôle date de 1982.

o Terence Alexander (1923) a débuté sa carrière en 1947 et il s'est surtout tourné vers la télévision dès le début des années 60 : Le baron, L'homme à la valise, Les champions, Paul Temple, Amicalement vôtre, Mission casse cou, Dr Who, Bergerac où il a un personnage récurrent. Il est l'inoubliable Piggy dans Voyage sans retour, saison 4 (Steed veut lui faire brûler la moustache) et il participa aux New Avengers dans Les anges de la mort.

o Patsy Rowlands (1934-2005) fit ses débuts dans Tom Jones en 1963 mais elle est surtout connue pour son rôle dans Carry On.. Elle a participé à la série Destination danger.

o Larry Taylor (1918-2003) est le père de Rocky Taylor, le cascadeur qui a souvent doublé Patrick Macnee sur la série. Il a joué dans Destination danger, Le baron, L'homme à la valise, Le prisonnier - 2 épisodes, Le Saint - 6 épisodes, Département S - 2 épisodes, UFO, Jason King, L'aventurier, Thriller.

A noter que…

o Un des cinq scénarii écrit par Jeremy Burnham pour la sixième saison. Ce scénariste est déjà apparu dans la série en tant qu'acteur : Voyage sans retour - saison 4, Les marchands de peur - saison 5 et Ne m'oubliez pas - saison 6.

o Dans certains épisodes de la saison 6, de nombreux acteurs apparaissent au générique sans le nom de leur personnage.

o Patrick Macnee s'est brisé plusieurs côtes dans la scène de la fenêtre. Il a ressenti une douleur et il se rendit chez son médecin qui le diagnostiqua.

Fiche d'Amour quand tu nous tiens des sites étrangers

En anglais

http://theavengers.tv/forever/king-20.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/tara/624.html
http://deadline.theavengers.tv/King-21-LoveAll.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/king22.htm

En italien

http://www.serietv.net/guide_complete/agente_speciale/stagione_6.htm#153

En espagnol

http://losvengadores.theavengers.tv/tara_love.htm

 

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