La dynamo vivante5-22-03Mission très improbable

LE VILLAGE DE LA MORT
(MURDERSVILLE)

Emma marries Steed – Steed becomes a father

Tournage : Terminé le 25 août 1967

Diffusion : ITV, 11 novembre 1967 – 2e chaîne ORTF, 6 octobre 1968

Scénario : Brian Clemens

Réalisation : Robert Asher

Colin Blakely (Mickle), John Ronane (Hubert), Ronald Hines (Dr. Haymes), John Sharp (Prewitt), Sheila Fearn (Jenny), Eric Flynn (Croft), Norman Chappell (Forbes), Robert Cawdron (Banks), Marika Mann (Miss Avril), Irene Bradshaw (Maggie), Joseph Greig (Higgins), Geoffrey Colville (Jeremy Purser), Langton Jones (Chapman), Tony Caunter (Miller), John Chandos (Morgan), Andrew Laurence (Williams).

Résumé

Mrs Peel accompagne un ami d'enfance à sa nouvelle demeure dans un village isolé. Elle découvre rapidement que toute la population est associée dans le crime et que tout nouvel arrivant n'est pas le bienvenu…

Épilogue

Steed ne parvient pas à ôter le casque de l'armure de la tête de Mrs Peel. Celle-ci est obligée de boire à la paille. Il réussit finalement à délivrer Emma mais se retrouve "prisonnier" à son tour en voulant lui montrer le bon fonctionnement : "My knight in shining armour !". [Mon chevalier en armure reluisante !]


CRITIQUES

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Denis Chauvet

Avis : Un nouveau one-man show de Mrs Peel mais, cette fois-ci, tourné en extérieurs. Malgré quelques curiosités du scénario (Mrs Peel quitte sa cachette pour s’exposer à l’hélicoptère), des bagarres peu crédibles (dans le cabinet du docteur et la scène finale) et une présence minimale de Steed, cet épisode ne peut pas laisser le fan indifférent. Mickle est un excellent salopard mais on peut se demander ce que trouve Mrs Peel à son ami d’enfance, Paul Croft, personnage inintéressant. Un grand moment de la saison qui alterne le tragique et l’humour ; la partenaire de Steed est même affectée, ce qui est peu banal. L’humour de certaines situations, comme le tueur dans la salle de lecture et les instruments de torture, tranche avec d’autres bien plus crues et inhabituelles pour la série (le saccage des affaires de Croft, la découverte des corps, le bain forcé de Mrs Peel).

Avec le recul (nouvel avis, février 2012): Le dernier ‘must’ de cette saison et, en même temps, de la période Peel, l’âge d’or de la série. D’excellents personnages participent à cette histoire tournée majoritairement en extérieurs dans laquelle Mrs Peel ne cache pas ses émotions rendant le personnage humain quoiqu’en disent ses détracteurs. Un épisode noir qui laisse néanmoins de la place pour l’humour dans quelques scènes et situations comme lors du grandiose échange téléphonique Mrs Peel/Steed.

Steed3003 18 janvier 2007

Brian Clemens excelle à mettre ses héroïnes dans les pires situations et ne manque jamais d’imagination pour leur faire subir de nombreux sévices. Cas unique, c’est la troisième fois en une seule saison (après Caméra meurtre et Le joker) qu’une Avengers girl se retrouve piégée.

Dès les premières minutes, on flaire le grand Chapeau Melon. La scène d’intro nous montre deux british attablés dans leur pub local, qui badinent tranquillement de la pluie et du beau temps tout en sirotant une pression, alors qu’une personne se fait tirer dessus à quelques mètres d’eux. Une minute brillantissime qui résume à elle seule tout l’esprit décalé de la série. Si l’intrigue de l’épisode n’est pas sans rappeler Voyage sans retour, elle se révèle encore plus surprenante et efficace. La paranoïa y est encore plus prononcée. Le Village en question nous fait inévitablement penser à celui du Prisonnier. Brian Clemens s’écarte avec succès du moule habituel de la série et prend des directions inattendues. Le schéma de l’épisode rappelle les survivals, ce sous genre du cinéma d’horreur dont La Colline a des yeux est un des meilleurs représentants, où des personnes sont coincées dans des villages de fous et cherchent à tout prix à s’en sortir. Il va au bout de ses ambitions et fait subir à Mrs Peel sa plus horrible torture (cf vidéo). Si une ambiance angoissante flotte sur une majeure partie de l’épisode, Brian Clemens n’a pourtant pas oublié d’alimenter son script en scènes d’action haletantes, avec notamment la poursuite de Mrs Peel à travers le village puis dans les champs. Si la tension ne relâche jamais, Brian Clemens ponctue tout de même l’épisode de touches d’humour : la bibliothécaire qui indique le panneau « Silence » à un homme armé qui met alors son silencieux, Mrs Peel coincée dans une ceinture de chasteté… La fin de l’épisode vire, elle, complètement à la comédie. Une rupture de ton parfaitement maîtrisée. De tous les scénaristes de la série, Brian Clemens est sans nul doute celui qui sait le mieux varier les registres, même au sein d’un seul et même épisode. Par ailleurs, Brian Clemens nous pose une vraie question, certes avec légèreté, mais l’interrogation est là : jusqu’où est-on prêt à aller par cupidité ? À partir de quelle somme serions-nous prêts à perdre notre intégrité ? En bref, un scénario à plusieurs lectures, passionnant de bout en bout.

Robert Asher effectue ici sa dernière mise en scène pour la série, après L’homme transparent et Meurtres à épisodes. C’est un départ en beauté. Il reste respectueux du style des Avengers et sait parfaitement l’assouplir pour arriver à un résultat à la hauteur du scénario. Il installe sans grande difficulté une ambiance oppressante, voire étouffante. Il filme avec assez d’inventivité le fameux village, seul lieu d’action de l’épisode, pour éviter la redite et par conséquent la lassitude. Il excelle tout autant dans une longue et impressionnante scène d’action qui voit Mrs Peel tenter d’échapper à ses ravisseurs. Une poursuite qui démarre avec un superbe zoom arrière pour laisser le spectateur découvrir Mrs Peel cernée par de nombreux assaillants. Les plans en hélicoptère s’imposent comme parmi les plus spectaculaires de la saison. Si l’interprétation de Diana Rigg est plutôt bonne, elle reste tout de même en deçà de ses performances dans L’héritage diabolique et Le joker. Quant aux acteurs jouant les villageois, ils sont tous parfaits dans l’ambiguïté.

À 6 ans, Mrs Peel portait des nattes. Anecdote aussi charmante qu’inutile que nous apprenons au début. Par ailleurs, elle remarque que le policier n’en est pas un à la vue de ses seules chaussettes à motifs ! Surprenant ! Cas unique dans la série, nous la voyons dans un moment aussi fugace qu’émouvant au bord des larmes à la vue du cadavre de son ami d’enfance. Par ailleurs, Mrs Peel joue de son « Mrs » pour contacter Steed en le faisant passer pour son mari auprès des villageois. Une conversation des plus drôles s’ensuit. Enfin, lorsque Steed délivre Mrs Peel de sa ceinture de chasteté, il ne peut s’empêcher le commentaire suivant : « It may surprise you to know that I’ve had little experience with this type of garment. »[« Cela peut vous surprendre mais mon expérience est limitée avec ce type de vêtement. »] .

On regrette que le village, théâtre de l’action et véritable vedette de l’histoire, ait été vu seulement 4 épisodes plus tôt dans La chasse au trésor, sous un autre nom. Oui, l’audience n’a pas la mémoire courte messieurs les producteurs ! Le reste des intérieurs, hormis le musée, est des plus banals mais c’est là l’effet recherché.

L’emmapeeler violet/bleu de l’épisode fait plutôt penser à un pyjama qu’autre chose. On regrette que les costumiers ne lui aient pas fait porter à la place la splendide robe blanche qu’elle porte dans le tag final.

Laurie Johnson a choisi une musique calme et bucolique pour mieux contraster avec l’atrocité des faits. Effet garanti !

EN BREF : Bourré d’angoisse et d’adrénaline, ce "Village de la Mort" est une pure merveille !

 

Estuaire44 15 Septembre 2013

Idéalement mis en place par une impressionnante et passionnément énigmatique séquence d'introduction, le sujet choisi astucieusement par Brian Clemens ne manque pas d'intérêt.  Il opère ainsi un novateur retournement de point de vue. La série s'était jusqu'ici spécialisée dans une opposition constituée d'esprits criminels, magnifiques et déments, totalement hors normes et individualisés. Ici c'est l'exact contraire qui survient, puisque les antagonistes sont les quidams peuplant un village. L'originalité provient justement de leur manque de distanciation vis à vis du public. Même si les sadiques prédominent au sein de cette micro société, l'effet miroir ainsi obtenu sollicite plus qu'à l'accoutumée le spectateur, l'obligeant à une ambitieuse introspection. L'épisode expose clairement à quel point l'humain peut recéler noirceur et violence sous le vernis de la civilisation. On songe au grand épisode de La Quatrième Dimension que fut Les Monstres de Maple Street, au traitement encore assombri d'une semblable problématique.

Le Village de la Mort renoue aussi avec bonheur avec une grande tradition à laquelle  l'anthologie de Rod Serling rendit honneur : le petit village en décalage avec le réel, revêtant rapidement la forme d'un piège périlleux pour le voyageur imprudent. Toujours un habile conteur, Clemens sait instaurer progressivement cette impression d'enfermement, avec une intensité dramatique sans cesse croissante. Il trouve une précieuse alliée en la personne de Diana Rigg, dont l'infinie palette de comédienne sait à merveille évoquer les multiples émotions ressenties par l'héroïne. De terribles événements scandent cette descente finement graduée au fond du gouffre, admirablement filmés par Robert Asher (querelle virant au crime, découverte des corps, fuite éperdue et vaine, torture  particulièrement éprouvante, attirail de cachot médiéval). Le village lui même prend place parmi ces grands décors à l'air libres dont la mise en valeur est devenue un atout de la série. Coïncidence ou non, la diffusion du Prisonnier vient de débuter le mois précédent. On songe bien davantage à cette série emblématique au cours de cet épisode, jusqu'à l'hélicoptère revêtant des allures de Rôdeur, que lors du futur Étrange hôtel.

Et pourtant l'indéniable performance du Village de la Mort n'apparaît pas aussi exempte de défauts qu'on le professe habituellement. La faute en revient à un lot non négligeables de  plus ou moins graves maladresses, dont la plupart aurait pu faire l'objet d'une utile économie. Le personnage de Paul Croft  disparaît ainsi bien trop rapidement. Outre l'intérêt pour le portrait de la protagoniste qu'une évocation plus développée de son passé aurait pu apporter, l'escamotage de son ami d'enfance résulte trop soudain pour ne pas légèrement prendre des apparences de prétexte fabriqué. On évoque souvent, à juste titre, l'absurdité d'une Mrs Peel traquée par l'hélicoptère et refusant obstinément l'asile proposé par les bois environnants. Mais il en va pareillement pour la discussion téléphonique entre elle et Steed. La scène est totalement idiote, car Steed, agent d'élite, révèle la supercherie de sa partenaire alors même qu'il ignore si leur conversation est écoutée ou non.

Emma passe le plus clair de l'épisode dans un pyjama pour bébé aux couleurs criardes, une espèce de paroxysme de la dépréciation de son élégance véhiculée par les Emmapeelers de sinistre mémoire. Le thème d'une Mrs Peel seule face au péril a déjà été exploité deux fois cette saison (Le Joker et Camera meurtre), auxquelles on pourrait encore rajouter la mésaventure de Steed lors du Dernier des Sept. De quoi malheureusement minorer l'originalité bien réelle du scénario. D'autre part, se peut du fait qu'ils interprètent des quidams, les seconds rôles du jour ne nous proposent pas les grands numéros d'interprétation auxquels nous sommes accoutumés. Surtout, on regrette un mauvais dosage de l'humour. Au lieu de finement s'intégrer à l'intrigue, il survient d'un coup d'un seul, sous la forme d'un burlesque massif et déchainé. Cela s'avère contre-productif et ruinant en partie le drame psychologique habilement construit jusque là. Le tag conclusif s'avère par contre des plus réussis.

EN BREF :La peinture du charmant petit village se refermant tel un piège mortel sur Mrs Peel est une complète réussite , de même que l'idée d'une opposition rompant totalement avec les esprits diaboliques. Le déferlement final de burlesque apparait toutefois contre-productif. 


VIDÉO

La torture de Mrs Peel !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o Little Storping in-the-Swuff (Swingingdale dans La chasse au trésor) est le village de Aldbury, situé dans le Hertfordshire (nord-est de Londres).

o La maison de Paul Croft est le Stocks Hotel de Aldbury, aujourd'hui un club de golf.


Continuité

o La combinaison violette de Mrs Peel devient rouge lors des prises studio (scènes de voiture) : cela est dû à la technique de projection employée. Contrairement au système usuel, l'arrière-plan qui défile est projeté sur les acteurs par devant et non sur un écran derrière. De plus, on peut remarquer à la sortie du village le panneau ’30 miles’ des deux cotes de la route ; un sens unique emprunté à l’envers !

o Dans les plans en extérieurs, c’est Diane Enright ou Cyd Child qui conduit (à gauche). Ce n’est pas non plus Diana Rigg qui est encerclée dans les plans éloignés ; l’attitude du corps de la doublure est différente. Dans le final, Patrick Macnee est doublé par Rocky Taylor (à droite).

o Même problème que pour l'épisode Meurtres à épisodes : les cheveux de Mrs Peel sont alternativement secs et mouillés. Cela est sûrement dû au fait que c'est Cyd Child (la doublure de Diana Rigg) qui "boit la tasse".

o L'enseigne du docteur est : Dr. JF Haynes. MD. Surgery. Or, c'est le Dr Haymes qui est mentionné dans l'épisode et le générique. Peu d'heures au cabinet soit dit en passant : Hrs 9.0 am-10.30 am. 6.30 pm-7.0pm.

o Lorsque Croft se rend au pub, à la recherche de son chauffeur, il arrive de la mauvaise direction. À en juger par ce que nous avons vu du village et de la situation de sa maison, il aurait dû arriver de l’autre côté.

o La scène, où Mrs Peel est confrontée aux quatre villageois, fut filmée en deux fois. Il suffit de regarder les ombres pour se rendre compte que cette séquence fut vraisemblablement tournée le matin et l’après-midi.

o Lors du combat final, Mrs Peel est couverte de crème, alors qu’elle en a beaucoup moins lorsqu’elle menace Jenny et Maggie. C’est vraisemblablement Cyd Child qui se trouve sous le casque et pas Diana Rigg ! (source : site, Mrs Peel we‘re needed !).


Détails

o Un peu de pub pour Breitling.

o Curiosité du scénario : pourquoi Emma ne reste-t-elle pas à couvert dans la forêt lorsque l'hélicoptère est à sa recherche ? Au lieu de cela, elle court à découvert, facilitant ainsi sa capture.

o The Happy Ploughman [Le joyeux laboureur] est le nom du pub. Il existe toujours sous le nom de The Greyhound de nos jours.

o Les "enfants" de Steed et Emma portent les prénoms des quatre producteurs : Julian (Wintle), Albert (Fennell), Gordon (LT Scott) and baby Brian (Clemens).

o On retrouve les objets du musée dans Le fantôme du château De'Ath, saison 4.

o On reverra le break Citroën DS19 Safari noir immatriculé AYR141B dans Trop d'indices, saison 6 – (source : Voitures de rêve et séries cultes/éditions Yris).

o On peut lire sur le panneau à l'entrée du village : "Welcome to Little Storping in-the-Swuff. Voted the best kept village in the country. Please help us keep it that way". (Première image de l’épisode).

o L’homme balancé de la voiture est le cascadeur Roméo Gorrara (source : site, Mrs Peel, we ‘re needed !). Il apparaît souvent dans la série ainsi que dans Le prisonnier.

o Allusion à l’empire britannique, ce thème était souvent évoqué en Grande-Bretagne dans les années 60. L’épisode Petit gibier pour gros chasseurs (saison 4) s’en fait l’écho.

o Croft a passé une annonce dans le Times pour trouver sa demeure ; journal qui ne peut rimer qu’avec sérieux !

o Sur la porte du musée : "Please obtain key from curator".

o La ceinture de chasteté (chastity belt) date de 1359, d’après la date relevée dans le musée.

o On peut lire près de l’instrument de torture de la pauvre standardiste : "Scold’s bridle-used to chastise the nagging wife". Cet instrument était utilisé pour empêcher les femmes de parler ou les punir d’avoir raconté n’importe quoi. Plus de renseignements ici .

o On peut voir du sang sur le visage de Forbes. La règle est parfois transgressée (également dans La chasse au trésor).

o Un jeu de mots en VO intraduisible en français. Mrs Peel explique le retard de Croft par : "runaway elephant ?" et Croft répond : "No, an elephant on the runway."

o L’hélicoptère traquant Mrs Peel est français, preuve de la perfidie bien connue des Froggies. Il s’agit en effet d’un SNCASE SE.3130 Alouette II, hélicoptère léger produit par Sud Aviation, noyau de la future Aérospatiale, à partir de 1956. Ses grandes qualités liées à un moteur à turbine révolutionnaire, une grande légèreté et adaptabilité, ou une large visibilité autorisée par le cockpit lui valent un immense succès. D’abord destinées à la Marine nationale, il acquit un grand renom comme moyen rapide de porter secours à des accidentés. L’Alouette II se fit d’ailleurs connaître en 1957 par une mémorable intervention au sommet du Mont Blanc, à la rescousse d’un hélicoptère américain écrasé. Appareil aux multiples applications civiles ou militaires, l’Alouette II fut vendue ou fabriqués sous licence dans le monde entier. Des  exemplaires modernisés demeurent encore produits  aujourd’hui.


Acteurs – Actrices

o Colin Blakely (1930-1987) a joué également dans L'homme à la valise, Les champions. Il est le docteur Watson de l'excellent La vie privée de Sherlock Holmes (1970). Il est également à l'affiche de plusieurs films dont Le crime de l'Orient-Express, Meurtre au soleil (tous deux adaptés des romans d'Agatha Christie) avec Diana Rigg, Le grand sommeil, Les chiens de guerre... Il est décédé d'une leucémie.

o Robert Cawdron (1921-1998) est né en France, à Garches. Il a participé au Club de l'enfer (saison 4). Il a également tourné dans Destination danger, Le Saint (cinq épisodes), Département S et Amicalement vôtre.

À noter que…

o Pour l'édition Optimum sortie en 2010 au Royaume-Uni, un commentaire audio de cet épisode a été fait avec Brian Clemens.

o Commentaire de Roger Marshall : « On  demandait souvent aux scénaristes de Chapeau melon et bottes de cuir d’où venaient leurs idées. Comme toujours, des sources les plus banales. Nous avions découvert dans l’autobiographie de Sydney Smith, un célèbre expert médico-légal, que le sol de certaines mines d’étain des Cornouailles était littéralement imprégné d’arsenic. Tout d’un coup, nous avions notre point de départ. Des gens avaient été tués partout en Angleterre et leurs corps avaient été expédiés vers ce village des Cornouailles. Les Avengers rencontrent Murder Incorporated [NDR : Nom donné à une organisation mafieuse italo-américaine des années 30/40 qui procédait de la même manière que dans l’épisode pour se débarrasser de personnes gênantes.] ». (Source : DVD 7 de la collection Optimum, Granada Plus Points).  

o Il y a un bref plan flou qui devient net lorsque Mrs Peel reprend connaissance; en fait un voile/filtre est enlevé de devant la caméra. L’image tremblote ensuite à quelques reprises sur le DVD kiosque lorsque Mrs Peel se relève et dit : ‘Wall ?’, ‘Skidded ?’ (image normale sur l’édition Optimum).

o Lors de sa première diffusion en France en octobre 1968, cet épisode fut présenté avec le carré blanc.

o L'instrument de torture porté par la "véritable" employée du téléphone, Hilary Dwyer (absente au générique) a dû être desserré pendant la prise des scènes car cela la faisait trop souffrir. À lire l’article sur le site Deadline : ABC Biography .

o Deux policiers (un vrai et un faux) sont présents dans cet épisode, ce qui va à l'encontre du "formatage" de la série.

o Introduction de Patrick Macnee : « Emma et son prince charmant [NDR : référence au tag final] ont mis un terme aux intentions meurtrières du Village de la Mort. Un village où l’on ne voudrait pas que sa tante s’installe … sauf pour perfectionner son lancer de tartes à la crème ! » (source : DVD 7 de la collection Optimum, Granada Plus Points)

o Pour la scène de torture dans le lac, la surface de l'eau devait apparaître sans mouvement pour montrer que Mrs Peel trempait depuis longtemps. Cyd Child, doublure de Diana Rigg, devait rester le plus longtemps possible la tête sous l’eau et bouger ses orteils pour qu'on la remonte. Le metteur en scène, Bob Asher, l'a remontée avant le signal car cette scène le mettait mal à l'aise rien que de la regarder. Plus de 15 000 mètres de film (50 000 feet) furent nécessaires pour une séquence d'une minute ! (Stay Tuned : The Perils of Cyd, Dave Rogers).

o Lors de la poursuite par hélicoptère, la tenue à base de laine de Mrs Peel n'a pas tenu après que Cyd Child ait escaladé la barrière. (Stay Tuned : The Perils of Cyd, Dave Rogers).

o C’est la seule fois où Emma est placée avant Steed dans les deux lignes : "Emma marries Steed – Steed becomes a father".

o Le village et l’hélicoptère font évidemment penser à la série Le prisonnier.

o Sur le DVD 7 de la collection Optimum, Brian Clemens présente l’épisode en noir et blanc afin de faire ressortir la rose rouge, seul élément couleur.  Clemens évoque le lieu de tournage, Aldbury, qui avait déjà été vu dans d’autres productions comme Les douze salopards, mais aussi dans des séries comme Les champions ou Le Saint. L’avantage est que le village n’était pas loin des studios et très accessible.  Le village est sinistre dans cet épisode où vous pouvez disposer de votre victime en toute tranquillité. Clemens cite Colin Blakely, un très bon acteur, qui a joué Jésus Christ mais il n’a rien de chrétien dans cet épisode !

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé Poche

Fiche du Village de la mort des sites étrangers

En anglais
http://theavengers.tv/forever/peel2-23.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmacol/522.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS2-23-Murdersville.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel50.htm
En italien
http://www.avengers.it/23col.htm
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_murdersville.htm